i I ^ f V > fj? sjr/ * ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION. TOME II. J-. T'' IMPHIMEKir. DE PLAS-^A.N ET C" . KIE DE VAIGIRVRD. *' 1 J, ANNALES T3ES SCIENCES D'OBSERVATION COMPBENANT l'AsTRONOMIE , LA PflYMQtE, LA ChIMIE, LA MlNERA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhTSIOLOGIE ET l'AnATOMIE DES DEUX REGSES, LA BoTANlQUE, LAZoOLOGIE, LES THEORIES MATHEMATIQUE^; et les prikcipales applications de todtes ces sciences a la Meteorologie, a l' Agriculture, adx Arts, et a la Medecine; PAR MM. SAIGEY ET RASPAIL. TOME II. PARIS, AU BUREAU DES ANNALES, RUE DE VAUGIRAKD, X* 17. 1829. ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION. tOIS DES PBENOMENES ATTRIBUES AC MAGNETISME EN MOUVEMENT; PAR M. Saiget. Je me suis deja occupe de ces phenoirienes dans deux ar'icles des Annales (t. I, p. 48 et i85) ; j'ai fait voir, par de nombrcuses experiences, que si les distances d'une pelite aiguille aimanlee a un disque inetallique tres-niiuce sont en progression par diffe- rences, Jes nombres d'oscilialions que perd cetle aiguilJe entre deux amplitudes donnees, a cause de la presence seule du disque, forment une progression par quotient dont le rapport varie pour les differens metaux, mais de telle maniere que les amortissemens de I'aiguille, supposee osciller dans I'epaisseur meme des disques, deviendraient lotites egales entre elles. Ces lois empiriques sont ceiles qui reglcnt la marche d'une aiguille aimantee oscillant dans I'air; elles sont I'expression des actions combinees de ce fluide, du disque raetallique^ du fil de suspension de I'aiguille, et peut- elrede quelque autre cause inconnue, Ils'agit maintenant de faire la part de chacune de ces forces. Action du fil de suspension de I'aiguille. Les experiences suivan- tes ont ele faites avec une aiguille aimantee a saturation, cylin- drique, d'un millimetre de diametre, de 41 millimetres de lon- gueur, pesant 29 centigrammes, el suspendue par un fil de cocon dedoublc. On savait deja, d'apres les experiences de Coulomb, que de pareils fils n'ont qu'une force de torsion tout-a-fait ne- gligeable. J'ai fuit osciller mon aiguille, dans les memes cir- constances, en employant d'abord un Gl de 72 millimetres de longueur, puis en le reduisant a la moitie, et enfin au tiers, sans (2 ) jamais poiivoir ulitciiir la difference d'uiie oscillation entre deux ampliUules quelconques. D'aiUeurs, la torsion d'lin fil de co- con , rot-elle de ronire des forces qu'il s'agit d'estimer ici , ii n'en r^siilterait qu'une tres -petite acceleration dans la vilesse d'oscillalion de I'aiguilli; ; mais ii n'y aurait point cause nouvelle d'aniortissement, puisqti'une aiguille aiiriantee ou non aimantee, suspendue a un l\\ d'une force de torsion quelconque, oscillerail dans le vide absolu, en decrivant des arcs parfailement egaux, sans jamais s'arreter, si, apres avoir derange cette aiguille de sa position d'oquilibre, on I'abandonnait eusuite i la force de tor- sion du fil. Nous pouYons done faire completement abstraction de cette force, tant qu'il ne s'agira point de mesurer la duree des oscillations de I'aiguille. Action de fair. L'appareil qui m'a servi k faire les experiences en question, dans Fair plus ou moins rarefie, est represente par la fi"-. I, pi. I. La cloche de verre SS porte une lubulure occupee par un bouchon g k, dans lequel passe im tube de verre c f/. Ce boucbon el ce tube sont representes plus en grand dans la fig. 2; I'axe du tube est occupe par une tige de graminee f d, tres-egale sur touJe sa longueur, et divisee en millimetres. Le tube passe dans le bouchon a frottement dur, mais la tige de paille glisse dans le tube a frottement tres-doux. A la partie inferieure de la tige est attache un fil de cocon dedouble d c, termine par un petit etrier de papier c, dans lequel est placee horizontalement I'ai- j;uille aimantee ab servant aux experiences; et afin que ces der- nieri's soient bien comparables entre el les, on a soin de coller Taiguille a Tetrier, de maniere a en former un systeme invariable, dont le point de suspension soit toujours le meme point c. Quand le bouchon g h est mis en place, et colle dans la lubu- lure pour plus de sCirete, on precede a la graduation de la cloche S S. On commence par diviser en degres un cercle un peu plus grand que rouverture de la cloche, et trace sur un papier. Ce cercle est place sur un marbre, ou sur une plaque de verre RR, bien unie et bien horizontale; on pose la cloche par-dessus, et de telle maniere que !e fil de cocon dc soit exactement dans la verlicale passant par le centre du cercle; alors, an moyen d'une double equerre, on eleve des verticales par chaque point dc divi- sion du cercle, ou phitot a la rencontre du bord exlerieur de la (3) cloche avec les rayons du ccrcic meiies par ces points de division. Ces verlicales peiivent etre tracees du haul en has dc la surface exl(''rieure de la cloche, au moyen d'un tire-Iigne charge d'encre ordinaire : les traits ainsi oblenus, si I'on a eu soin de bien des- secher la cloche, ont assez de nettete et finissent par adherei tres- forteinent au verre. De celte nianiere, la cloche, toute irreguliere qu'elle soit, a son contour divise, non en parties egales, mais par des plans qui, paj.^ant tons par le fil de suspension de I'aiguille, comprennent entre eux des angles difedrcs part'aiiement (''gaux. Cela fait, on met la tige /"a son zero, puis on enfonce on retire le tube ed, de maniere a aniener I'aiguille a b en contact avec un disque horizontal wi n, soulenu par trois petits tubes de \evre ppp verticaux et colles a leur base au moyen d'un pen de cire. Enfin, on tire plus ou moins la tige f, et Ton connait, au nombrc de millimetres dont elle a marche, la distance de la face inferieure de raigiiille a la face superieure du disque. Quand cette distance a ele bien determinee, si RR est la platine dc la machine pneu- matique, on recouvre la cloche SS d'une autre cloche TT; on rarefie fair plus ou moins, puis on fait osciller I'aiguille, en I'e- cartant de sa position d'equilibre. II ne faut point ici employer d'aimant assez energique pour troubler I'etat magnetique dc I'ai- guille; mais on fera agir sur celle-ci un aimant tros-1'aible, jus- qu'a ce que I'aiguille atteigne ou meme depasse un peu I'ampli- lude a partir de laquelle on veut compter ses oscillations. On saisit I'instant ou le trait de la division de la cloche, qui marque cette amplitude initiale, coupe en deux parties egales la base circu laire de I'aiguille cylindrique; cette premiere operation exige quel- quefois beaucoup de temps. On compte eosuite les oscillations, en regardant toujours du meme cote du zero de la division; de telle sorte que les oscillations se comptent par paires. Si, par exemplr, i la 18* oscillation, I'aiguille n'a pas encore atteint son amplitude finale, et qu'a son retour h la 20% elle i'ait depasse d'autant, on en conclura qu'elle fait 19 oscillations entre les deux amplitudes en question. Dans le cas oii, a la 20" oscillation, I'aiguille aurait depasse Tamplitude finale et s'en trouverait eloignee deux fois plus qu'a la i8' oscillation, epoque i\ laquelle elle n'aurait point encore atteint cette amplitude, on diviserait 2 oscillations par 5, et I'on en conclurait que le nombre d'oscillations cherche est (4)_ 20 — I ou 19 \. Qiiaiid I'aiguille fait an plus 26 oscillations pour perdre 10 degres d'amplitude, on pent encore, apres beaucoup d'cxercice, estimer aiiisi une demi-oscillalion. Mais de 35 a 5o oscillations, necessities pour perdre 10 degres d'amplitude, 011 ne pent plus tenir couipte d'uiie demi-oscillation ; et au-dela, I'indecisiou pent aller a plusieurs oscillations. Voici alors com- ment j'eii determine le nombre, a une unite pres, qtiand I'indeci- sion s'eleve jusqu'a 6, lernie auquel je suis arrive dans le cours de mes experiences. Je saisis I'instanl 011 i'indecision commence, et I'instant oii elle cesse ; c'est-a-dire que je note le nombre des oscillations, d'abord quand le bout de I'aiguille semble decide- Mient coupe en deux parties egales par lo trait de la division, puis fjuand ce trait est vu avec la meme evidence, quitter le milieu de I'aiguille; je prends la mDjenne entre ces deux nombres, et j'ai iin premier resultat. J'obliens un second resultat, en recommen- oant la serie des oscillations, puis un troisieme, et ainsi de suite jusqu'a ce que la moyenne de tous les resultats deja obtenns ue snit pins troublec d'nne oscillation par I'addition des resultats snbsequens. Quant au point de depart de I'aiguille, il n'est jamais erronc d'un quart d'oscillation, parce que cette amplitude initiate repond toujours a un angle tres-considerable, et que Taiguille y cpronve un amortissement tres-rapide. On me pardonnera d'etre tnfre dans ces details d'observation ; ils etaient necessaires pour conrevoir comment j'ai pu determiner des fractions d'oscillation, que Ton n'estimerait pas avec plus d'exactitude au moyen d'un appareil construit a grands frais, puisqu'il s'agirait toujours de saisir, pour ainsi dire au vol, les indications de I'aiguille. D'un autre cole je ne voulfiis point augmenter la longueur de cette aiguille, non plus que I'epaisseur des disques metalliques dont j'ai fait usage. Jedesirais connaitrela loide Taction mutuelled'une ligne sur une surface; la suite de mes recherche.s a pronve que j'avais en cela raisonne juste, et que je n'aurais pu debrouiller les phenomenes tres-compliques du magnctisme en mouvement, si, a I'exumple de quelques pbysiciens qui s'en sont occupes avant inoi, je m'etais servi de gros barreaux aimantes et de plaques d'un ponce d'cpaisseur. 11 s'agissait d'abord ici d'observer I'effet de la resistance de I'air snr la niarchc (k- I'aiguille aimnnti'.'e. Si Ton pouvait faire le vide (5) absolii, une paieille aiguille su?]ienduc i>;ir tin til de torsion y Jecrirait de5 oscillations d'une ainpliliidc invariable , et par conse- quent ne s'arrelerait jamais sous la double influence de la torsi'in dii filet de la force magnelique du globe. Alois, on ponrrait eUi- dier Taction amortissante dcs disques melalliques , sur I'aiguille en niouvement, abstraction faite de loule force ctrangere et pcr- tiirbatrice ; on presenterait le disqnc a I'aiguille , i differentes dis- tances, et le nombre des oscillations de cette derniere entre denx amj)litudes tres-rapprochees, serait inversement proportionnel a Taction amortissante. En effet, la duree de chaque oscillation etant line quantite a pen pr^s invariable (d'apres les experiences qui ont deja ete faites a ce sujet , et d'apres celles que nous rapporie- rons par la suite ), si, pour faire perdre a Taiguille un degred'ani- plitude il fallait, parexemple, que cette aiguille extcutat lo o.-- cillations dans un premier cas , puis, dans un second cas 20 os- cillations, il s'ensuivrait qu'a chaque oscillation Tamplitude diminuerait, terrae moyen, de rr de degre pour le premier cas, et de ^ pour le second; c'est-a-dire que les forces amortissantes seraient entre elles comme ces fractions, ou en raison inverse des nombres 10 et 20, puisque, pour dclruire la quantite de mou- vement qui anime Taiguille dans ce degre d'amplituJe, il eQl fallu d'abord un nombre d'iustans marque par 10, puis un nombre de pareils iastans marque par 20. Mais, dans Timpossibilite de produire uii vide absolu , il reste la ressource d'attenuer la resistance de Tair, k iel point que ses cffets puissent etre negliges, comme du meme ordre que les er- reurs d'observation. En effet, les geometres ont demonlre que la resistance de Tair aux corps solides qui s'y meuvent, est en raison- inverse de la densite de ce fluide elaslique, quand tout reste in- variable, excepte cette densite; or, en admettant qu'une aiguille fasse 10 oscillations entre deux amplitudes voisiues et dans Tair a j6o millimetres de pression , elle en devra faire le double, c'est- a-dire 20 , dans Tair comprime deux fois moins, ou a 58o mm. de pression; enfiu 7800 dans Tair a i mm.; el, dans ce dernier cas, on pourrait negliger la fraction 7-5V0 ' '!"• exprime la perle faite sur un degre d'amplitude pour chaque oscillation, relative- ment a la fraction notable qui exprimerait la perte correspondanle, occasionce par la presence d'un disque melallique. (6) J'ai done observe lu uiarche des oscillations de i'aiguilie aiinan- lee, flans de I'air plus ou moins rarefie. Une fois I'aiguilie diri- gee sur le zero des divisions de la cloche SS, on faisait le vide avec precaution, a 2 lignes par exemple. Quand I'aiguilie avail repris sa position d'^quilibre, troublee par le jeu des pistons de la mnchine pneumatique, on I'ecartait a 90° au moyen d'un faible aimant, et Ton complait les nombres d'oscillations qu'elle execu- lait pour revenir successivcment a 80 , a 70, a 60 , et jnsqu'a lo dt'gres d'ainplitude. Celte operation faite un nonibre suffisant de fois, on laissait rentrcr un pen d'air pour arriver a 4 lignes de pression ; on recomniencait les niemes observations, et ainsi de suite, jusqu'a ce qu'on I'Qt revenu a la pression atmospherique. Par des motifs que j'expliquerai plus loin, j'ai recommence les memes observations un tres- grand nombre de fois, et dans des circonstances tres-variees; je ne donne ici que les moyennes de toutes ces observations ; les pressions de I'air sont exprimees en lignes. ISombres d'oscillations que I'aiguilie libre, ecarlee primi- tivement d 90° d' amplitude , execute pour revenir aux amplitudes de 1 G 8 10 20 40 355 80 60 5o 40 ^o 0,0 22,0 57,0 55,5 9'5 21,0 55.4 53,0 ^y^ 20,5 54,5 5i,8 9'i 20,0 53,7 5o,8 »,9 '9,7 33,0 49<7 8,5 18,8 5i,5 47,4 7,« 17,3 29,0 43,6 4,5 10,5 18,0 27,5 79,0 110,0 i55,o 75,5 io5,o 148,0 73,8 102,8 145,0 72,3 100,7 142,0 70,8 98,6 139,0 67,5 94,0 i32,5 62,0 86,5 122,0 40,0 57,0 83,0 200,0 220,0 2l5,0 210,5 206,0 196,5 i8i,o 128,5 En relranchant successivement ces nombres les uns des autres, on obtient les nombres d'oscillations que I'aiguilie execute de 90 i 80 degres, de 8oi 70, et ainsi de suite, toujours de 10 en lo degres; les voici ; ( 7 ) PBESSIONS DE l'aIB. Notnbres d 'oscilla (0?!.'* que I'aig lUle lib) •e execute de qo de 8o de 70 de 60 de 5o de 40 de 5o de '. a 8o a 70 i 60 a 5o a 40 a 5o a ao a 10 a 10,0 12,0 i5,o 18,5 25,5 5i,o 45,0 75,0 4 9' 5 1 1,5 144 17,6 22,5 29,5 43,0 72,0 6 9?^ 1 1,2 14,0 17,3 22,0 2r),o 42,2 70,0 8 9'> iO'9 i3,7 17,1 21,5 384 41,5 68,5 lO ^^'9 10,8 1 5,5 16,7 ai,i 27,8 404 67,0 20 8,5 10,5 12,7 i5,q 20.1 26,5 58,5 64,0 4o 7.8 9'5 11.7 14,6 184 34,5 55,5 59,0 555 4,5 6,0 7,5 9'^ 12,0 17,0 26,0 45,0 On voit, par ce dernier tableau , que si le nombre des oscilla- tions de I'aiguille enlre 20 et 10 degres d'amplitude, est de45,5 dans I'air ordinaire a 555 lignes de pression , ce nombre ne s'eleve qu'a 75 dans I'air a 2 lignes de pression ; c'est-a-dire que Ton n'oblient que 75, la oOi il faudrait avoir 7625, d'apres la theorie generaleraent admise sur la resistance de Pair, consideree comm e siinplement proportionnelie a la densite de ce ga?, ; en sorte qu'ici celte resistance serait plutot proportionnelie a la dixieme puis- sance environ de la densite de I'air; ou encore que, si une seule molecule d'air, qui se rencontre sur le passage d'une aiguille ai- mantee, fait perdre i celle-ci une quantile de mouvement repre- sentee par 1, il faudra non pas seulement 2 molecules egales a la premiere, et placees dans les meraes circonstances , mais environ 1000 molecules pareilles, pourproduire une perte de q'lantite de mouvement representee par 2; ou enfin que reifet produit par 1 serait la moitie de I'effet produit par 1000. Pour parler aux yeux, j'ai represente ces singuliers resultals par des courbes(fig. 4) ? en portant les pressions de i'air, comme abscisses, sur I'axc AX, et les nombrcs d'oscillalions de raiguille entre 20 et 10 degres, 5o et 20 degres, etc., comme ordonnees, siir I'axe AY. Ainsi, la courbe a be represente les observations faites entre 90 et 80 de- gres d'amplitude; ces memes observations seraient representees par la courbe a b' c' , en admellant la proporlionnalite des pns- ( « ) sions lie I'air aux resislances qui leur correspondiMit. On voit que loutes ces conrbes s'arieteiu a 2 lignes ile laxe AY, parce queines observation? ne s'etendent point au-del.'i. Qui doute qii'on iie pui.-^se prolonger ces conrbes de maniere a ce qn'eiles viennent couper I'axe en question, k des distances finies de I'origine A? n'est-a-dire qu'en I'absence complete de I'air, les mouvemens oscillatoires de raignille anraient un terme plus ou moins eloigne? Lorsque j'obscrvai pour la premiere fois ce singnlier phenomene, que je vis mon aiguille aimanlees'arreter dans le vide de la machine jineumatique, a pen pres en doux Ibis plus de lenips que dans I'air a la pression atmospherique , el qu'i'.ne experience , qui devait embrasser 21 a 22 mille oscillations, se teruiinait apres la 25o°", je CPUS avoir couimis quelque grossiere erreiir, on que mon ap- pnreil s'etait derange , ou que I'air elait renire sous le recipient de la machine, nonobstant I'indication de I'cprouvette harome- trique. Je recommencai I'experience avec des precautions de plus en plus minulieuses, et tonjours j'obtins le meme resultat. J'en- levai tout le fer environnant jusqu'a nne grande distance; apres avoir produit le vide , je demontai la machine pnenmafique pour en enlever toutes les pieces faites de ce metal ; je fis varier beau- conp la distance de I'aiguille a la platine du recipient; puis, soup- fonnant que le lailon de cette platine el cclui des corps de pompe agissaient encore scnsiblemerit sur Faiguille, malgre leur grande distance a cette derniere, je portai les deux cloches sur une table qui rcposait sur le sol, loin de toutc matiere ferrugineuse , et la je repetai les experiences en plein air : les resnltats furent abso- hnnent les memes que dans I'air au-dessus de la machine pneu- matique ; d'oii je conclus que les experiences faites dans ce fluide a la pression de 2 lignes, et loin de la machine pneumatique, eussent t'ourni les rnenies resnltats qu'au-dessus de la platine du recipient , et dans un air egalement rareCe ; car les nombres d'os- cillations de I'aiguille, entre deux amplitudes donnees, etant en- viron deux fois plus grands dans le vide a 2 lignes que dans I'air ordinaire, une difference de deux oscillations dans le vide, par exemple, eOl etc indiquee par une difference d'une oscillation dans i'air; el tette derniere difference n'ayant point ete observee , on en pent conoltne que !a premiere n'exisle pas non plus. Avec la (9) cloche giaduee seulement , j'obtins les niemes nombres d'oscilla- tions que lorsque cette cloche se trouvait rccouverte du recipient de la machine pneuraatique, ce qui indiqiiait suffisamment que I'action du verre pouvait aussi elre negligee sans erreur sen- sible. II etait necessairc de faire des observations de plusieurs especes, avantque de pouvoir deciiler si Ic ralenlissement de I'aiguille ai- mantee osciilant dans le vide , devait Gtre attribue a la resistance d'un fluide imponderable, ou a Taction du globe entier qui, dans ce cas, agirait conime les disques metalliques. C'etail done Tac- tion de ces disques sur Taiguiile aimantee, qu'il fallait commcn- cer par bien etudier; il fallait en outre s'assurer positivemenl si les substances non metalliques^ comme le verre, le bois, la pierre, n'avaient pas une influence appreciable sur les mouveraens de Taiguiile aimantee; enfin il restail a savoirsi le magnetisme pro- duisait a lui seul tous ces phenom^nes, ou s'il ne faisait qu'en accroitre Tintensite. Ce n'est qu'apres avoir rcsohi ces diverges questions, qu'il sera permis de hasardcr une explication sur la nature de Tobstacle que Taiguiile aimantee rencontre dans le vide de la machine pneumatique. Action des disques metalliques. J'ai d'abord fait des experiences avec un disque de cuivre ayant i5o millimetres de diamfetre, 1,011 millimetre d'epaisseur, et une densite de 8,6342. Ayant place ce disque win horizontalement, sur les trois tiges de verre p p p, comme on le voit dans la fig. i , )'ai fait descendre Tai- guiile ab, jusqu'au contact avec le disque; puis j'ai successive- menl releve cette aiguille de i mm. , de 2 mm. , et ainsi de suite, en la faisant osciller, dans chacune de ces positions, a partir de 5o degres d'amplitude, et comptant les nombres d'oscillations qu'elle executait pour revenir a 4o , puis a 5o , puis a 20 , et fina- lementa 10 degres d'amplitude. Comme les actions mutuelles du disque et de Taiguiile peuvent etre censees avoir leur origine au milieu de leurs epaisseurs, j'augmente tout de suite de 1 mm. toutes les distances , qui sont alors comptees du milieu de Tepais- seur du disque a Taxe de Taiguiile, dont la forme est celle d'un eylindre. Les experiences ont ete faites dans Tair a 2, 2 lignes de prefsion. ( 10) DISTANCES Noynbres d'osci vre, execute nations que pour revenlr raiguille, en de 5o degres presence du cui- d 4o 3o '20 10 niiliim. 2 4,o 9»5 17,5 32,0 3 7,o 16,5 3i,5 56,0 4 io,o 23,5 43,5 77'5 5 12,0 29,0 54,0 95,5 6 i4,o 53,0 6i,5 109,0 7 i5,5 56,5 67,5 119,0 8 17,0 39,5 72,5 128,0 9 18,0 42,0 77,0 i36,o lO 18,5 43,5 80,5 142,0 1 1 i9'0 45,0 82,5 147,0 i3 20,0 47,0 86,0 i53,o i6 21j5 5o,o 9»'5 161,5 21 22,5 52,0 94»5 166,0 3i 23,0 53,0 96,5 169,5 Comme les nombres precedens ne sont que les rnoyennes entre un petit nombre de resultats , je n'ai pousse I'exactitude que jusqu'a une demi- oscillation. On deduit de la les nombres d'os- cillations que I'aiguille fait de 5o a 4o degres , de 40 a 5o, de 3o a 20 , et de 20 a 10 , savoir : DISTANCES. 5o — 4o 4o' — 3o 3o — 20 20 — 10 2 4,0 5,5 8,0 14,5 3 7,0 9'5 i5,o 24,5 4 10,0 i3,5 20,0 34,0 5 12,0 17,0 25,0 41,5 6 14,0 '9'0 28,5 47,5 7 i5,5 21,0 . 3i,o 5i,5 8 17,0 22,5 33,0 55,5 9 18,0 24,0 35,0 59,0 10 18,5 25,0 37,0 61.5 1 1 i9'0 26,0 37,5 64,5 i3 20,0 27,0 39,0 67,0 16 21,5 28,5 41,5 70,0 21 32,5 29,5 42,5 71,5 3i 23,0 3o,o 43,5 73,0 inflni 33,4 3 0,8 44.f< 74.7 ( " ) Les nombres de la derniere ligne de ce tableau sonl deduils, par interpolation, de ceux du tableau de la page 7 , pour I'air a la pression de 2,2 lignes. Si Ton prenait les differences entre tons les nombres d'une nieme colonne et le nombre final qui indique combien d'oscillations I'aiguille execute loin du disque , on obtien- drait les amortisseinens , et Ton verrait qu'ils sont encore en pro- gression par quotiens, les distances etant elles-niemes en pro- gression par differences. Mais il est aise de concevoir que cette loi , qui d'ailleurs repre- sente parfaitement bien les observations, n'est point celle de Tac- tion mutuelle du disque et de Taiguille ; car, si cette aiguille pou- vait etre souslraite a I'action de la force incoiinue qui, dans le vide ineme , detruit tout mouvement osciliatoire, elle executerait un nombre illimite d'oscillations entre deux amplitudes quelconques, de telle sorle que les amorthsemens deviendraient tons infinis, comme etant les differences enire des nombres finis et ce nombre illimite. Voici alors comment on pent discuter les nombres du ta- bleau precedent. Je prends , pour exemple, le nombre en tete de la seconde co- lonne , qui indique qu'a 3 mm. de dist;ince , I'aiguille fait seule- ment 4 oscillations pour venir de I'amplitude initiale 5o a I'am- plitude finale 40 , c'est-a-dire pour perdre 10 degres d'amplilude. Cette perte est due a Taction du disque, et a celle de la force in- connue qui, loin du disque, produil la meme perte en 23,4 os- cillations, comme Tindique le dernier nombre de la meme co- lonne. Or, dans les deux cas, I'aiguille fait des oscillations sen- siblement isochrones ; quant a Tetendue et i la rapidite du mouvement, les 4 oscillations , dans le premier cas, sont a peu pres les moyennes respectives des 23,4 oscillations que, dans le second cas, on supposerait partagees en quatre parlies egales; de telle mani^re que, par exemple, la premiere oscillation de Tun serait la moyenne des 6 premieres oscillations de Tautro. On pent ainsi supposer , dans les calculs suivans, Tidentite parfaile de toules ces oscillations ; et si, en mecanique , on admet que deux forces qui agissent sur le meme corps, et suivant la meme direc- tion, donnent une resultante egale a leur somme, on pourra ad- metlre ici que les effets du disque et de la force inconnuc , sur Tai- ft ( 12 ) guille aiinaiUee , se superposent, vu que ces deux actions concou- lent dans le inCme sens a produire des effets analogues. Puis done que la force inconnue fait perdre ;\ I'aiguille lo degres d'amplitude en 23,4 oscillations, elle liii fait perdre proportion - nellement 1,71 degr^s en 4 oscillations. Done le disque fait perdre A lui seul 10 — 1,71 ou 8,ag degres en 4 oscillations; il ferait perdre proportionnellemenl 10 degres en 4?8 oscillations, et e'est ce der- nier nombre que nous eussions oblenu, si nous avions pu obser- ver Taction du disque sur I'aiguille, loin de toute cause elran- gere. En raisonnant de meme sur tous les nombres du tableau precedent , on oblient ceux du tableau suivant, qui expriment les nombres d'oscillations de I'aiguille, en presence du disque me- tallique, abstraction faite de loule force perturbatrice, et dans la supposition ou I'aiguille ferait librement un nombre infiai d'os- cillations entre deux amplitudes quelconques. Nombres d'osc nations que I'aiguille aimantee fail sous uence seule da disque de cuivre. DISTANCES. L'infl 5o — 40 4o — 3o 3o — 20 20 — 10 2 4,8 6»7 9^7 18,0 3 9'9 i3,7 22,5 36,4 4 •7j4 24,0 36, 1 62,3 5 24,6 57,8 56,6 93,5 6 54,8 49,6 78,3 i5i 7 45,9 66,0 101 166 8 62,0 83,7 126 216 9 76,9 1 09 1 60 28. 10 88,5 1 33 2 1 5 348 1 1 101 167 232 471 i3 125 220 302 65 1 16 265 .38o 56 1 III 1 21 577 702 833 i663 3i i353 11 54 i5oo 3174 En divisant les nombres d'une merae colonne par le premier, on oblient leurs rapports, savoir: ( '5 ) DISTAKCES. 5o — 4o 40 JO 3o — 20 20 lO 2 i,oo 1,00 i,oo 1,00 3 2,o6 2,04 2,02 2,02 4 3,62 3,58 3,72 3,46 5 5,12 5,64 5,84 5,19 6 7,25 74-^ 8,07 7,25 / 9,56 9,85 10,4 9,20 8 12,9 12,5 12,9 12,0 9 16,0 16,2 16,5 i5,6 lO 18,4 19.8 21,9 >9'3 1 1 21,1 24,8 23,9 26,1 i3 25,6 52,8 3l,2 36,1 i6 55,3 56,7 57,8 61,7 21 120 io5 85,9 92»4 3i 282 172 i55 176 Les valeurs moyenties de ce litbleau sont sensibleuient en rui- son direcle du carre des distances; ils le dc\iennent encore raieux si I'on augmente toales ces distances d'un tiers de millimetre; en effet, on trouve alors 2 1 4i 63 7 1 Rapports moyens Obserr^s. Calcules. 1,00 2,11 3,60 5,45 7»74 9^76 12,6 . i,oo . 2,04 . 3,45 . 5,22 • 7j37 . 9^88 .12,8 DISTANCES. 9 5 10 ■ 'I '^ 16 1 3i -■ Rapports moyens ObserTes. Calcules. 16,1 . . . 16,0 19^9 • • • »9?6 24,0 . . . 23,6 3i,4 . . . 32,7 57j9 • • • 49»o 101 . . . 83,6 196 . . .180 Le tiers de millimetre dout j'ai dO augmenter toutes les dis- tances fie I'aiguille au disque, afin de niettre plus d'accord entre I'experience et le calcul , indique avec une tres-grande probabilite une pareille erreur sur la fixation de I'origine des distances ; raais ( '4 ) ceilc crrciir ne pouvait guore etre evittie, el j'avoue n'avoir pas pris de precaution pour qu'elle le fQl ; en voici le motif. Quand on abaisse Taiguille jusqu'i son contact avec le disque , et qu'en- suite on fail le vide, on voit cetle aiguille s'eloigner du disque, sans doute par un raccourcissement du fil de suspension. Get effet n'esl point cntieremenf delriiit par le lotablisscment de I'equiiibre de temperature; il ne pent etre attribue a la compression du verre , car en faisant le vide, la cloche graduec i e se dilate que d'une quantile inappreciable. On pourrait uiesurer cet effet au moyeii d'une lunette de mire; je me suis conlenle de faire cetle coirec- tion , par le moyen de la loi precitee, que j'avais deja entrcvue dans de precedenles experiences. On obtient ensuite les nombres des oscillations que Taiguille executerait sous I'influence seule du disque, en prenant pour point de depart un quelconque des nombres de chaque colonne du tableau de la page 12, et calculant les autres d'apres les nom- bres des secondes colonnes du tableau precedent. ISomhres calcules des oscill dions que I' aiguille execute tolSTANCES. sous I'influence seule du di sque. 5o — 40 40 — So 3o — 20 20 — 10 2 T 4,8 6,7 10,1 >7,9 3 \ 9,8 i3,8 20,7 56,6 4 3 16,6 25,2 34,9 61,8 5 3 25,1 55,2 52,9 95,6 63 55,5 49,6 74,6 l52 7 3 47,5 66,6 100 177 8 3 61,6 85,9 129 229 9 ; 77,0 108 162 287 10 ■ 94,3 l52 198 55i •! i ii5 159 259 419 >3 3 157 220 55 1 585 .6| 256 538 496 878 ai ■ 403 563 846 1498 3i ■ 866 i2i5 1826 325 1 En comparanf les nombres de ce tableau avec ceux du tableau ( ,5) de la page 12, on Irouvcra que I'accord est assez rcmarquable ; et Ton va voir que les differences qui se presenlent vers la Gu de chaque colonne, ne sont qu'apparentes el disparaitraient par des corrections d'une deini-oscillation au plus dans les nombres don- nes par I'observation. Us'agit maintenant de recoinposer, par le calcul.le 2' tableau de la page 10, au moyen du tableau precedent. Soil a- le nombre d'oscillations que raiguille fait de 5o a qo degres et a la distance de 2 3 millimetres, par exemple, sous I'influence du disque et de la force inconnue dont il a etc question plus haut. Chaque oscil- lation fait done perdre i I'aiguille un nombre de degres marque 10 X 10 par — ; mais la force inconnue produit a elle seule une perte de done le disque fait perdre a Taiguille, pour chaque oscil- 23,4 lation, 10 10 X 25,4 egalant ce nombre a la perte de — — degres que, d'aprfes le ta- bleau precedent, le disque fait eprouver a I'aiguille dans lememe temps, on aura une equation d'oii Ton deduira la valeur At x , savoir : ^ _ 4,8 X 35,4 4,8 + a5,4 ■ On fera done le produit de chaque nombre de la colonne (5o — 40) du tableau precedent, par 25,4; de chaque nombre de la colonne (40 — 5o ) , par 5o,8; de chaque nombre de la colonne (5o^ — 20), par 44»8; de chaque nombre de la colonne (20—10), par 7457"? puis on d'visera ces divers produits par la sonime de leurs facteurs, et I'on formera le tableau suivant, qui indiquc les nombres d'oscillations que, d'apres le calcul, I'aiguille aimantee devrait executer sous I'influence du disque et de la force inconnue, ct que I'observation donnerait immediatement, comme on le voit par le 2' tableau de la page 10. ( '6 ) ISombres d' oscillations calculcs que I'aiguille exixute au- DISTANCES. dessus du disq pression. le de cuivre. et dans I' air d 2,2 lignes de 5o — 4o 40 — 3o 3o — 20 20 — 10 2 5 4,0 5,5 • 8,3 • 4,4 ^ i 7,0 9,5 14,2 24,6 4 3- 9,7 l3,2 »9,6 33,8 5 3 12.1 16,3 24,3 41,5 6 3 i4,i 19,0 28,0 47,7 n 1 / 1 .5,7 21,1 3o,g 52,5 8 1 17,0 22.7 53,3 56,5 3 9 3 17,9 24,0 35,1 59,3 lO ■ 18,7 24,9 36,5 61,6 3 19,4 25,8 37,7 65,4 «3 ? 20,4 27,0 39,5 66,2 i6 1 21,3 28,2 41,1 68,8 3 21 > 22,1 29,2 42,5 71,2 _ 3 Ol i 22,8 3o,o 43,7 73,0 Ell comparant les nombres de ce tableau avec ceux du 2' ta- bleau de la page 10, on trouve que la moyenne des errenrs est de o,igpour la premiere colonne, de 0,16 pour la seconde, de o,5g pour la troisifeme, et de 0,37 pour la quatrieme : moyenne gene- rale, 0,28, ou un pen plus que le quart d'une oscillation. II re- sulte de la que les nombres d'oscillations de I'aiguille entrc deux amplitudes voisines, et sous I'influence seule du disque de cuivre, sont proporlionnels aux canes des distances de I'aiguille au dis- que; et que, par consequent, la force avec laquelle s'opere celte action leciproque, est en raison inverse du earn; de la distance. Cette loi tres-simpie va se trouver confirmee pour tons lesdisques metalliques et meme pour les disques non melalliqiies. En y joignant In proportionnalite des actions aux masses, que nous allons etablir, il sera possible de calculer Taction elementaire d'une particule de I'aiguille sur une particule du disque. ( La suite au prochain ntim&ro.) ( '7 ) REGHERCHES SUR L'ELASTICITli; DES CORPS QUI CRIST ALLISENT RilGULlEREMENT. PAB t>l. Felix Savabt. Ce memoire important se troiive insere aux Annates de ctiimie et de physique , torn. XL, pag. 5 et no; il est accoinpagne de nombreuses figures. Nous Irauscrivons ici le resume qu'en fait I'auteur lui-mume. Premierement. L'elasticite de toutes les diamelrales d'un plan quelconque perpendiculaire a I'axe d'un prisma de cristal de roclie, peul etre consideree comme etant sensiblemenl la meme. Deuxiememeiit. Tons lis plans paralleles a Taxe sont loin de posseder le meme etat elastique ; mais si Ton prend trois quel- conques de ces plans, en s'astreignant seulement a cctle condi- tion, que les angles qu'ils forment entre eux soient egaux, alors leur ^lat elastique est le meme. Troisiemement. Les transformations des lignes nodales d'une serie de lames taillees autour de I'une des aretes de la base da prisrae sont tout-a-fait analogues a celles qu'on observe dans une serie de lames taillees autour de I'axe intermcdiaire dans les corps qui possedent troix axes inegaux et rectanguiaires d'elasticite. Quatriewement. Les transformations d'une serie de lames per- pendiculaires a I'un quelconque des trois plans qui passent par deux aretes opposees de I'hexaedre sont, en general, analogues i celles d'une serie de lames (aillees autour d'ime ligne qui partage en deux parties egales Tangle plan compris entre deux des trois axes d'elaj-licile dans les corps oii ces axes sont inegaux et rec- tanguiaires. Cinquiemement. An moyen des figures acoustiques d'une lame taillee dans un prisme de cristal de roche, a peu pres parallele- ment a I'axe, et non parallelement a deux faces de I'hexaedre, on pent toujours distinguer queiies sont celles des faces de la pyra- midequi sont susceplibles de clivage. L'on pent arriver an memu a, a I >8 ) resiillat par la disposition des modes dc division d'une lame prise :"i pen pres parallfelement i I'une des faces de la pyramide. Sixiemement. Quelle que soil la direction des lames, I'axe opti- que ou sa projection sur leur plan y occupe loujours une position qui est liee intimement avec rarrangement des lignes acoustiques ; ainsi, par exemple, dans toutes les lames taillees autour de I'une des aretes de la base du prisme, I'axe optique ou sa projection correspond constamment a I'une des deux droites qui composent le systeme nodal forme de deux lignes qui se coupcnt rectangu- luirement. Quoiqu'on decouvre sans doute une grande analogic avec ies phenomenes que vient de nous offrir le cristal de roche, et ceux que nous avons observes dans les corps oii I'elasticitc est differen- le suivanttrois directions perpendiculaires entre elles, neanmoins on est force de reconnailre que, par rapport au mode d'experien- ce dont nous faisons usage dans ces recherches, le cristal de roche ne pent pas etre mis au nombre des substances a trois axes rec- tanguiaires et ineganx d'elasticite, et encore bien moins au nom- bre de celles dont toutes les parties sonl arrangees symetrique- ment autour d'une seule ligne droite. En effet, les memes pheno- menes s'y reproduisent constamment dans trois positions diffe- renles; et il semble que tout s'y rapporte aux di verses directions de clivage, anx faces et aux aretes du rhomboedre primitif. Ain?! toutes les lames taillees parallelement aux faces naturelles de I'hexaedre jouissent exactement des memes proprietes, et ces proprietes sont tros-differentes de celles des lames egalement pa- rallfeles i\ I'axe, mais qui sont normales a deux faces de I'hexaedre. De meme encore, les lames paralleles aux faces clivables de la pyramide font entendre les memes sons et produisent les memes figures acoustiques; tandis que les lames paralleles aux trois au- tres faces presenlent des figures differentes dc celles des lames precedentes. 11 semblerait dune resulter de cette idenlite de phe- nomenes pour trois positions dislincles, qu'il y a dans le cristal de roche trois systemes d'axes ou de lignes principales d'e- lasticite. Mais, dans cette raaniere de voir, quelles seraient pour chaque systfeme les directions memes de ces axes? C'est ce que Ton peul, jusqn'A un certain point, determiner en comparant les phenome- ( '9) nes que nous avons observes dans le crislal de rochc, avec ceux que le bois nous a presentes. En eSt'A, toules les lames taillees autour de I'une des aretes qui resullent de la rencontre d'une face de la pyrauiide avec la face adjacente de I'hexaedre, produisant un systeme nodal compose de deux lignes qui se coupent reclan- gulaireinent, dontl'une correspond loujours a I'arete meme dont il s'agit, el les transforuialions des iignes acoustiques y ctant tout-a-fait analogues a celles d'uue serie de lames taillees aulour de I'axe inlermediaire dans le bois, il suit de la que celle arele, qui n'est rien autre chose que la grande diagonale du rhombuedre primilif, doit elre regardee comme I'axe iiitermediaire d'elasti- cile. Eusuite, couime le maximum de redressement et d'ecarte- menl des branches de I'hyperbole nodale a lieu dans la lame parall^le a la face clivable de la pyramide, et qu'en meme temps cette lame est une limite pour les sons qu'elle fait entendre, il est egalement naturel de supposer qu'elle doit encore contenir dans son plan un autre axe d'elasticite, qui ne peat correspondre qu'i la seconde des lignes nodales croisees, c'est-a-dire a celle qui sert de second axe a rhyjjerbole nodale, et qui est en meme temps la petite diagonale de la face losange du rhombo^dre pri- raitif. Cette ligne peut done etre consideree conmie I'axe de plus grande elaslicite de chaque syjteme. Enfin, en suivani la meme analogic, comme la lame qui est taillee parallelemenl au plan diagonal dont I'intersection avec la face losange du rhombotdre en forme la grande diagonale, est encore un maximum d'ecarte- ment pour les sommets de I'hyperbole nodale, il en faut con- clure que ce plan contient I'axe de moindre elasticite, el en meme temps que cet axe est perpendiciilaire a I'axe intermediaire , et forme, avec celui de plus grande elasticite, un angle de 67° 4o' i3", puisqne telle est I'inciinaison de la face du rhomboedre sur le plan diagonal. Ainsi, premi^rement, I'axe de plus grande elas- ticite et I'axe intermediaire sont contenus dans le plan qui forme la face du rhomboedre, et ils sont perpendiculaires entre eux ; deuxiemement, I'axe intermediaire et I'axe de moindre elasticite sont contenus dans le plan diagonal, et ils sont egalement per- peudiculaires entre eux. Telles sont les consequences auxquelles semble conduire I'ana- logic qu'on observe entre les transformations successives des ( ^» ) li'Ties nodales clans les lames de bois el tie crislal de roche. Ce- ptndant I'existence simultanee de trois systemes d'axes d'elasli- cile dans ce dernier corps, apporte une complication si grandc dans les diverses parties du phenomene, dans la marche des sons particulierement, qu'on ne pourra determiner definitivement I'e- tat elastique de cette substance que par nne methode analogue a celleque j'ai employee plus haul pour le bois, c'est-i-dire en coni- parant enlreeux les nombres de vibrations d'une s^rie de petites verges de menies dimensions, et taillees suivant les diverses di- rections pour lesquelles les experiences precedentes paraissent indiquerque relaslicil^ diiYere le plus. Sans rien prtjuger sur les resultats auxquels ces nouveiles recherches pourraient nous con- duire, on pent des a present prevoir qu'il doit y avoir une grande difference entre le plus grand et le plus petit degre d'elasticite dans le cristal de roche, puisque , parmi les diverses lames de hetre, substance oii ces deux extremes sent comme un est a seize, il n'en est aucune donl les sous laissent entre eux un intervalle de plus d'line tierce majeure, tandis que, parmi les lames de cristal, il en est dont les deux sous sont i.\ la quinte I'un de I'autre. Comme nous ravens deja remarquc plus haul, la chaux car- boaatec transparente et la chaux carbonalee lerrifere paraissent jouir de proprietes clasliques qui sont, en general, analogues i celles du cristal de roche; on y reconnait de meme trois systemes de lignes principals d'elasticite, qui paraissent tout-a-fait sem- blables entre eux ; mais I'extreme facilite avec laquelle la chaux carbonatee se laisse diver, permet d'y decouvrir une particula- rite qu'on ne pent pas apercevoir dans le cristal de roche, et qui pourra montrer a quoi tient que les lames taillees aulour de I'uue des aretes de la base de I'hexaedre, presentent toules un systeme nodal compose de deux lignes croisees rectangu- lairement. Comme on salt , le rhomboedre de la chaux carbonalee est sus- ceptible d'une division mecaniquc suivant des directions paral- leled a ses plans diagonaux; or, ces plans se coupant perpendicu- lairement deux i\ deux , I'intersection de chacun de ces couples avec les faces losanges du cristal , forme la grande et la petite diagonale •<) ) pense en arfjenl occ.isionee par la construction de ces oiivrages. L'economie done que Ton obtient est, comme on I'a vu , d'au- tant plus considerable au passage des ecluses, que leur chute est plus t'aible , tandis que le minimum de depenses de leur construc- tion correspond toujours a une chute determinee. Si done, a de<- sein d'economiser I'eau, on abaissait la chute des ecliises au-des- sous de la limite correspondante au minimum de dtpenses de leur construction, on acheterait en efl'et, pariin sacrifite d'argent , le Tolume d'eau dont on obtiendrait ainsi la faculte de disposer; il est done d'une necessite preaiable d'en eyaluer le prix. Or, ee prix est incoDtestublement le capital du revenii que I'on acquiert par remploi du volume d'eau economise, soil 5 I'extension journa- liere de la navigation, soit au prolongement annuel de sa duree. Nous avous eru devoir rendre ce calcul sensible en I'appliquant au canal Saint-Denis. 17. L'equation qui exprime le rapport de la chute des ecluses a la depense de leur construction, est ceilc d'lme hyperbole rap- portee A I'un de ses grands diametres ; la meme depense corres- pond toujours , par consequent , a deux chutes differentes en decA ou au-dela de celle qui rend cette depense la moindre possible. On refrouve, par cet exemple . que cetle depense leste la meme dans les ecluses de macounerie, quand leur chute est egale a la moitiede la profondeur du canal, ou quand elle est double de cette profondeur, c'est-a-dire dans ce cas particulier, soit qu'on con- struise quatre ecluses, soit qu'on en construise une seule de chute quadruple. 18. En general , on pent toujours former une equation de deux expressions identiques, I'une de la depense a faire pour la con- struction d'une seule ecluse, I'autre de la depense a faire pour la construction d'un certain nombre d'ecluses qui racheteraient la meme penle. Cette equation apprend que le nombre cherche des chutes partielles est cgal au carre de la chute totale divise par le carre de la profondeur du canal : nous donnons une table de ces chutes d'ecluses equivaleiites pour les dix premiers nombres na- turels. Enlin , nous faisons de I'un des termes de cette table une application au canal de Saint-Denis, et nous trouvons que si les chutes de ces ecluses, que nous aviuns fixees a 2", 60 , eussent ele leduites au tiers, c'est-a-dire a o^jSGO, la depense de leur con- ( 5'' ) slniclion n'en fQl pns devemie plus graiide; tandis que, sur la quantite d'eau consacree au service de la navigation , on en aurait economise un volume suffisant pour en doubler I'activite au be- soin, et par consequent pour en augmenter le revenu dans la meme proportion. 19. Les recherches theoriques qui sent I'objet de ce meraoire nous ont conduit i ce resultat remarquable, savoir : que la re- duction de chute des ecluses , loin d'augmenter la depense de leur etablissement, pent, dans beaucoup de circonsfances, contribuer a diminuer cette depense, en meme temps qu'elle opere dans toutes, surle volume d'eau necessaire a I'enlreprise de la naviga- tion, une economie plus ou moins considerable, la plus iuipor- tante el la premiere de celle qu'on doit se proposer d'oblenir. 20. Ces recherches presentent une nouvelle application de la methode ordinaire de maximis et niinimis a des questions relatives a I'art des constructions. Notre savant confrere, M. Coulomb , donna, il y a pres de cinquante ans , en s'occupant de questions de la meme nature, les premiers exemples de cette application; elle peut etre utile dans une multitude de cas , que les ingenieurs instruils de tous les corps sauront aisement discerner, et I'usage qu'ilsen feront les conduira plus infailliblement qu'aucune autre voie a perfectionuer les regies et les procedes des differens arts qu'ils exercent. [Mem. de I' Acad, des Scienc, torn. VIII, p. i65-2i3. ) SUR UNE ENCIVE INDl^LlilBILE ; PAR M. Henri Bkaconnot. La destruction tres-prompte de I'encre ordinaire ne presentant, dans les actes prives et publics, aucune garantie ni aucune stabi- lite, a fait desirer depuis long-temps ime encre capable de register au temps et aux agens chimiques les plus euergiques : mais mal- heureusement les recherches tentees jusqu'a present pour resou- dre un probleme qui interesse toute la societe n'ont rien offert, i\ ce qu'il parail, de bien satisfaisant. Occupe d'experieucts sur la ( 5' ) teinlure, coiijointement avec M. Parisot de Nancy, dans I'inten- tion de produire des couleurs brunus, foncees , solides et a has prix, nous limes torrefier avec de la potasse plusieurs nialieres organiques, precisement coiiimc je I'avais fait, daus le temps, avec de la sciure de bois pour obtenir I'lilmine arlificielle ; nous nous apercOmes que les resullals variaient suivant la nature des sub- stances employees ; ainsi, avec les malieres peu azotees, nous ne parvinmes d fixer sur les etoffes qu'une couleur peu foncee, qui disparaissait, en grande parlie, par les lessives alcalines, tandis qu'avec des malieres auiniales, telles que la chaire, le cuir, la corne, etc. , il nous fut poss^ibie d'obtenir des nuances beaucoup plus foncees qui avaient deja I'avantage de resister aux alcalis. Soupc'onnant que cette difference pouvait etre due, soit a I'azole ou an soufre contenus dans les matieres animules (nous rappelant d'ailleurs que Fourcroy indique le suifure aicalin comme le dis- soUant du charbon), il nous vint en idee d'ajouter, au melange deraatiere animate et de potasse destine a etre torrefie, de la fleur de soufre, et nous pQmes fixer sur les tissus one matiere colorante d'un brun marron fonce plus solide que toutcs les autres couleurs connues en teinture. Je pressentis des lors que cette maliere co- lorante pouvait oflVir une encre indelebile : on verra bientol, par les epreuves que je lui ai fait subir, que mon pressentiment s'est completement realise. Voici la maniere de proceder, et les pro- portions qui m'ont paru les plus convenables pour obtenir cette encre indestructible. Sur 20 grammes de potasse de Dantzick, prealablement dissou- te dans I'eau bouillante, j'ai ajoute lo grammes de matiere ani- niale (i), divisee convenablement, et 5 grammes de fleur de sou- fre; j'ai fait bouillir le tout, jusqu'a sec, dans un vase de fonte ; j'ai chauffe ensuite plus iorlement en agilant continuellement, jusqu'a ce que la matiere se ramollit, en evitant toutefois qu'elle n'entrat en ignition; puis, apres y avoir ajoute peu a peu la quantite d'eau convenable, j'ai filtre a travers une toile lache; il (i) Jc me suis scivi de parures de peau tannee que j'avais sous la main. Les tanueurs designent sous ce nom les portions inegales des peaux qu'ils rctranchent avec une espece de couleau; ils s'en servent pour engraisser les lerrcs ou comme combustible. ( 3. ) en esl resulle nne liqueur tics-foncee, qui peut se conserver in- tl^finiment dans uii flacon ; inais ii faut avoir soin de le tenir aussi constamment bouche qu'il est possible, ce qui n'est point embar- rassant, car une seule plumce de cette liqueur suiBt pour ecrire une ou deux pages in-4°; ellc possede d'ailleurs toutes les qua- lites que Ton peut desirer dans une encre indestructible; elie coule beaucoup niieux que I'encre ordinaire, n'embarrasse point la plume par des matieres tenues en suspension. Elle resiste d'ail- leurs aux agens chimiques les plus puissans , ainsi qu'on va en juger. Une bande de papier ecrit avec cette liqueur, traitee par une dissolution concentree bouillante de polasse caustiquc, a ete en grande partie detruite; mais les lambeaux du papier, qui avaient echappe a la destruction, laissaient voir les caracteres dans toule leur integrite. Du papier ecrit avec la nieme liqueur, plonge un instant dans I'acide sulfurique mediocrement concentre, s'y est dissous en partie en passant ;\ I'elat gommeux; mais sur la por- tion non dissoute, et tres-amincie, on pouvait lire I'ecrilure com- me auparavant. Les caracteres traces sur du papier, avec la liqueur dont il s'a- git, n'ont eprouve au bout de 24 heures aucune alteration de la part de I'acide nitrique concentre, nieme a I'aide d'une chaleur suflisante cependant pour detruire entiereinent ie papier. Un autre uiorceau de papier ecrit avec cette liqueur, apres avoir ete plonge pendant quelque temps dans une forte dissolution de chlorure de chaux, mele d'acide hjdro-chiorique, a ete ensuite immerge pendant 24 heures dans la potasse caustique; puis on a fait bouillir le tout jusqu'A siccite, et on I'a delaye d ins I'eau ; il n'est reste de cette double action du chlore et de la potasse, qu'un petit lambeau de papier sur lequel les leltres etaient tres-dis- tinctes. Si je ne me fais pas illusion, je crois pouvoir conclure que cette liqueur peut, a juste titre, poiter le nom d'encre indelebile, puisqu'elle resiste aux plus puissans reactifs; je la livre done au public avec oonfiance. La meme liqueur sera aussi, je n'en doute pas, employee avec le plus grand avanlage en teinture, pour obtenir des bruns mar- rons, plus ou moins fonees, sur le colon, le lin et la sole, ou pour ( '^'^ ) rcmbrunir d'aiUres coulenri; sous ce rapport elle aiii-a line gran- de superiorite siir les brmiissiires ilues, soil au fer, qtii jaunisseni quelquefois a I'air, ou a la suie qui e.si encore en usage clans quel- ques grandes manufactures, quoiqu'elle ue donne qu'une couleur fugitive. J'ai reniarque aussi qu'une etoffe prealablement teinte en rouil- le, par un sel de fer, prend dans la m£nie liqueur colorante unc nuance plus foncee que la nienie etoffe qui n'a pas ete iinpregnee de sel de fer. Au reste, je n'ai pas besoin de faire observer quo cette encre indelebile pourra aussi, sans aucun autre melange, etre employee avec le plus grand succes pour marqucr le linge d'une raaniere ineffafable. Nancy, le i" avril 1829. {^AnnaL. de chim, el de physique, lorn. XL, pag. 219.) RECHERGHES S«R LES METAl'X QUI ACCOMPAGNENT LE PLATINE , ET SUR tA METHODE d'aNALYSER LES ALLIAGES NATIFS 00 LES MINERAIS DE PLATINE; PAR J. J. BERZELIUS. Les anciens chimistes prenaient lous les metaux contenus dans le sable plalinifere, excepte I'or , pour du platine, jusqu'au mo- ment oOi Collel-Desooliis fit connaitre deux substances nouvelles; un sublime bleu, qu'il oblint en chauffaiit le platine au contact de I'air, et la maliere colorant en rouge le muriate ammoniacal de platine, qu'il altribua a la presence d'nn metal nouveau , auquel il ne donna aucun nom parliculier (i). Pendant que CoUet-Des- colils etait encore occupe de ses experiences, Fourcroy et Vau- quelin(2), instruils de son travail , cornmenc6rent des recherches semblables, et decouvrirent plusieurs propriet^s de ce nouveau metal, qu'ils nommerent ptene ; mais ils confondirent comme Collet-Descotils, sous ce nom, lous les metaux inconnus qui ac- compagiient le platine. Wollaston decouvrit (5) peu de temps (i) Annates de chimie, t. XLVllI, p. i53. (2) Ibid., t. XLVllI, p. 177; t. XLIX, p. 1S8-219, ett. L, p. 5. (5) Philosophic. Transnt-., iSo45 p- 4'Q"42^- ( •'-1 ) apies le palladiiim , et plus lard le rhodium , ol niontra la manierc d'oblenir ces mctaux de la partie dii sable plalinifere qui se dis- sout dans I'eau regale. Tennant (i) , en s'occupant dc la partie de la mine insoluble dans I'eau regale, trouva presque en meme temps I'iridium et rosniium , et Ton voit a present que c'etaient princi- paleiiient ces metaux qui avaienl produit les phenomenes obser- ves par les chimistes francais dans leurs experiences. Quoique ces recherches eusscnt fourni des methodes de separer et de purifier chacun des iiouveaux metaux contenus dans la mine de platine, cepiMidant elles n'etaient pas applioables a I'analyse du sable platiniiere ; car, comme on le verra par la suite, les proprieles de ces metaux avaient ete trop pen eludiees pour qu'on pOt en deduire ime methode exacte d'analyse ; au^si ne voit-on pas sans etonnemeiit que, parmi le grand nombre d'analjses de mineraux plus ou moins interessantes, f'aites par les chimisti-s, il n'aiipasete fait uneseule tentative pour determiner la composition quantitative du sable platiniiere. Comme on a trouve depuis quatre ans le platine dans le sable auril'^re de I'Oural, et en telle quantite que I'exploitation parail en devenir avantageuse , on a propose de deterniint r la richesse de ce mineral de platine , comparativeinent a celle du platine du Bre- sil 5 et de rechercher les proportions de ses principes. La diffe- rence des resultats qu'ont obtenus d'abordquelques ingenieursdes mines en Russie, etplus tard3I. Laugier, ctrecemment fli Osann, montre evidemment qu'on ne connait pas encore assez ces me- taux pour obtenir une analyse exacte. Le gouvernement russe a envoye a plusieurs chimistes d'Europe des echantillons de mi- nerals de platine de Siberie , en les priant de les analyser. Le tra- vail dont je presenle ici le resullat a I'Academie royale doit son origine a une invitation pareille, que j'ai acceptee avec d'autant plus de plaisir, que ce genre d'experiences etait entierement nou- veau pourmoi; mais j'avoue n'avoirpas cm d'abordqn'un travail aussi etendu serait necessaire pour arri veri quelque precision. Dans mes premieres tentatives, je m'apercus bienlot que j'etais au-des- sous de mon sujet ; j'observai des [ihenomenes pour Pexplication fi) Philnsnph. Trnnsncl., \Hrr\, p. /|I5!. ( .5 ) dcsqiiel;! je manquais de tout guide, et il me fut ainsi impossible de decider laquelle des inelhodes indiquees jusqu'a present serait preferable. C'est ce qui in'a determine k etudier separeinenl la nature de ces divers metaux , pour pouvoir choisir, a I'aide des coniiaissances obtenues , les meilleures methodes pour les separer les uns des aulres. 1. Rhodium. Excepte les premieres experiences de Wollaston , je n'en con- xiais pas d'autres sur ce metal, que celles que j'ai publiees il y a quinze ans dans les Annals of Philosophy, torn. Ill, pag. aSa de Thomson; mais elles contiennenl , comme je viens de le prouver, quelques erreurs, principalement sur le chlorure et le poids alo- mistique de ce metal. Pour connaitre plus exactement les combi- naisons du rhodium , il est necessaire de determiner le poids de son atome,et de chercher dans quelle proportion ce metal se combine avec le chlore et I'oxigene. Poids atotnistique et chlorure du rhodium. Les sels rouges de rhodium n'ayant jamais ete analyses , je re- solus d'en determiner la composition, surtout m'en promettant des donnees plus sOres pour calculer le poids de son atome, que celles que j'avais obtenues dans mes experiences anterieures. La difficulte etait seulement d'obtenir ces sels d'une portion de rho- dium metallique qui, comme on le sait, est insoluble dans I'eau regale , et I'oxide f)btenu par la voie sfeche ne pouvant les former. Cepeudant je reussis de la maniere suivante : je melai du rho- dium metallique porphyrise avec du chlorure de potassium, ou avec du chlorure de sodium; je les broyais ensemble Ires-intime- ment, v\ je chauffai le melange dans un courant de chlore. Pour cela , on I'introduisit dans utie boule de verre soufllee sur un tube barometrique , el on y fit passer du chlore pendant qu'elle etait chauffee avec la lampe a esprit-de-vin. La coujbinaison se .'it au mieux, en chauifant a une douce chaleur rouge le fond de la boule. Comme ou ne pouvait pas distinguer I'instant oii le rho- dium n'absorberait plus de chlore, j'entretins I'experience pendant ( :^''5 ) quelques lieiircs : neamoins, les parties metalliqnes qui n'ctaicnf pas bien broyeus resit-rent sans cfre attaquees. La masse saline retVoidie etaitagglomeree et rouge; eile fut dis- soute dans tres-peii d'eau chaude, filiree et pr<5cipilee par I'alcool; le precipife rouge fut jete sur un filtre , et lave avec de I'alcool de 0.84 de densile, pour eniever lout ie clilorure de potassium on de sodium eii exces. L'alcoo! relint toujonrs im pen de sel en dia- solulion, quoiqu'il paraisse y etre insoluble, une fois qu'il s'est depose a I'etat solide. En distiilant la solution alcoolique , la plus ^rande parlie du rhodium fut rednite en metal. Sel de sodium. Ce sel fond dans son eau de cristallisalion ; il fut seche sur le bain de sable jusqu'a ce qu'il form3t une masse seche; pendant celte operation, il perdil 5o p. lOO de ton poids. Pour chasser les dernieres parlies de I'ljau , on I'inlroduisit dans une petite boule soufflee siirun tube barometrique etd'un poids connu, et on I'y chauffa presquc jusqu'au rouge, en faisant passer conti- nuellemenlducblore, tant que celui-ci enlevait encore des traces (I'humidite. Le sel ayanl ele pese exactement, I'analyse fut faite en faisant passer un courant d'hydrogene par la boule. Ce gaz , qui avail ele prepare par le zinc ordinaire, pouvait conlenir de I'hydrogene arsenie ; on le fit passer d'abord , pour Ten priver, danr un vase oOi se trouvait un morceau de linge plie et mouille, iivec une dissolution concentrce de sublime corrosif , et ensuite sur le chlorure de calcium. La boule ayanl ele chauffee avec la lainpe a esprit-de-vin , le sel se reduisit tr«.s-promplement ; il se degagea de I'acide muriatique, et le metal se Irouva reduil. L'ex- perience fut conlinuee jusqu'a ce que I'hydrogene sortant, mis en contact avec on bouchon mouille avec I'ammouiaque, ou inlroduil dans un flacon conlenaut un pen de eel alcali, ne montratplus les moindres indices de vapeurs de muriate d'ammoniaque. Apres le refroidissement de I'appareil , I'hydrogene rest<5 avail forme, par I'influcnce du metal reduil, avec I'air introduit , un pen d'eau. Pour la chasser, on fit passer par la boule , en la chauf- fant doucement, un courant d'air sec, qui enlraina I'eau formee. Alors on determina la perte en poids qui reprcsentait le chlore uni au rhodium. Ou fit ensuile di.-soiidre ie sel dans I'eau, el on jeta le metal sur uh fiilK! tres-pelil et pese, donlle poids des cendres elnil eonnu. ( ^>J ) On Ic lava lon^-teinps a I'eau cliuudo, jusqu'a ce (ju« le> caux dc lavage , en en evaporant nne gdiiUe sur une spatule q"' ^s' probablement le nombre le plus exact, etdont je me servirai dans la suite. Apres cette determination du poids atomistique du rhodium , jetons un coup-d'oeil sur les sels analyses. II est evident qu'on doit regarderle sel de potassium comme compose deKCl'' -j-^^'' ' et si on calcide sa composition d'apres cette formule , on obtient les resultats suivans : ( ^'9 ) Calcul. i"'rxpOr. j'rxpci. thioruie de polnssiuin. 4i,5o 4i)45 4'j64; Chlore 2Q,5'5 29,56 29.40; Rhodiiiin 28,97 28,09 28,96. Ce sel conlienl de IVau de cristallisation , qu'il ne perd pas ii 100° centig. Si, apres I'avoir seche long-teiups a cette tempera- ture, on le chaufl'e presqu'au rouge dans le chlore, I'eau sera de- gagee. 100 p. de sel m'ont doune 4,88 p. d'eau. Cette quantite correspond a un a tome ; car, si on calcule I'eau d'apres la for- n)ule R{:r^ + RCl'+_H (i), clle est egale a 4?77 P- c. du poids de sel. D'apres le poids atomistique etabli, le sel de sodium est repre- sent6 par 3 Na Cl^ -|- 2RCI'. La comparaison entre le calcul et I'analj'se donne : Calcul. I" exper. 2' exper. Chlorure de sodium. 45,55 45,85 45, 3o; Chlore 27,48 27,19 27,47; Rhodium 26,97 26,96 27,23. J'ai dit que ce sel contenait 3o p. c. d'eau de cristallisation; ce qui donne 6 atomes d'eau pour chaque atome de sel marin, ou 18 at. pour le sel eulier. Si on calcule la quantite d'eau d'aprfes la formule 3 NaCP-(-RCP + 18H, on trouvera 29, 52. II suit de la que les sels rouges de rhodium ne sent point pro- portionnels dans leur composition au perrhlorure de platine , mais a un chloruru intormeJiaire entre le protochlorure et le perchlo- rure, que nous ne connaissons pas encore, quoique les experiences (i) Le trait au-dessous d'unc lettre indique deux deg atomes representr par cette lettre. ( 4o ) d'Ednionl Davy j)eiirieUent d'eri soupconner I'cxistence. II se [)resente maiiitenant la question de savoir si le rhodium ne forme pas avec le chiore une combinaisoii proportionnellc au perchlo- rure de plaline , et s'il ne serait pas possible de la former en dis- solvant les alliages de plaline. J'ai cherche , en consequence, a combiner le rhodium avec le piatine, en evaporant a siccile u« melange de dissolution des deux metaux, et en ruduisanf le re- sidu par I'hydrogene. Le metal fut ensuitc bien lave et traile par I'eau regale; mais la plus grande partie du rhodium resta indis- soute. La solution , melee avec du chlorure de potassium et eva- poree, donna des crislaux jaunes de sel de plaline; les eavix meres devinrent de plus en plus rouges, tt enfin le sel de rhodium se dessecha en un anneau rouge. Une pelile quantile d'eau froide dissolyit le sel rouge en laissant le sel de platinc souille d'une petite quaiUilt: de rhodium , analogue aux pclites quantites de sels provenant des eaiix meres que les cristaux impurs conliennent toujours, mais dont cependant on pent les debarrasser en les fai- sant cristalliser plusieurs fois. II est ainsi demonlre que, dans I'a- nalyse des minerais de piatine, il ne se forme pas un sel de rho- dium proporlionnel au perchlorure de plaline. Pour savoir comment le chlorure rouge se comporle seul, je dis- solvis le sel de potassium dans I'eau ; j'en precipitai le potassium par I'acide lluosiliciquc ; je flltrai, j'evaporai, e! je repris le residu par I'eau , qui laissa indissous un pen de fluorure double de sili- cium et de potassium. J'evaporai de nouveau, je dissolvis le re- sidu dans I'acide muriatique concentre, et j'evaporai encore une fois pour chasser le fluorure de silicium , (|ui adhere opiniatre- mcnt au rhodium. Le sel sec est d'un brun noir; il ne cristallise point, devient inou a I'air, et peu a peu humide, etsupporle une tres-forle chaleur sans perdre de chiore et sans changer de solu- bilile. Si on distille une solution de ce sel dans I'eau regale con- centree, il n'est point change; sa couleur, il est vrai, devient d'un beau rouge fonce ; mais si, apres la distillation de I'eau re- gale, on salure Tacide resle par la potasse, on oblient le meme sel que celui que j'avais analyse. En melant le sel de potassium avec du chlorate de potasse et de I'acide muriatique, et en evaporant Icntcmen! , on n'oblient en- core que le sel ordinaire. Les experiences demontrent que le rho- ( 4' ) dium a si pen tie tendance a s'unir a 4 atomes de chloie , que cette combinaison n'a pu jusqu'a present Titre obtenue ni isolee, ni a I'elat de sel double. J'ai essaye aiors comment le rhodium secomporterait si on I'ex- posail a une temperature elev«e, aun courantde chlorc ; re metal, dans i'elal de division oi^ on I'oblient en reduisant le sel double par riiydrogene, ftit mis dans un appareil semblable A celui que i'avais employe pour la reduction par I'hydrogene; on y fit passer du chlore; et, lorsque I'air atmospherique fut chasse , on chauffa avec la lampe a espril-de-viu , de maniere que le loud de la boule rougil faiblement ; de leinps en temps on essaya s'il y avait encore augmentation de poids, et quand ii ne s'en montra plus, on in- terronipit I'experience. Le metal avait augmeiite de volume , et prcsenta, apres le refroidissement , une poudre d'un rose pale. Dans le tube, en avant de la boule, le chlore avait depose un sublime doiil la partie externe etail jaune , et qui se dissolvait en Jaunedans I'eau. La quantile en etait trop petite pour determiner ce que c'etait en efFet. Plus loin , on voyait une plus grande quan- tite d'un sublime non cristallin d'un rouge fonce , qui se dissol- vait dans I'eau avec une couleur rouge , et qui consislait en R CP ; dans la partie superieure de la boule , il s'elait depose une couche mince d'un gris blanc, insoluble dans I'eau et les acides , mais decomposable par une lessive conceutree de potasse, qui laissa un oxide hydrate, d'un brun jaune; mais la quanlite en etait trop pe- tite pour I'examiner plus exactement. Ce sublime gris s'obtient aussi en preparant des sels doubles rouges par la voie seche. La poudre rose avec son sublime, dont la quantite etait tres- petite, obteuue de loo p. de rhodium , pesa 1 54.25. Cela corres- pond ii une combinaison d'un atome R Cl^ avec un atome RCP, ou a une combinaison de deux atomes de metal avec cinq atomes de chlore. Celte poudre rouge est insoluble dans I'eau et dans I'acide mu- riatique. La potasse ne raltaque pas a froid; mais en les taisant bouillir ensemble, la poudre se decompose, et il se forme un oxide gelatineux, dont la couleur est melee de jaune, de brun et de gris. La composition de cet oxide doit etre R-faR. L exces de potasse en dissoiit une portion en se colorant en jaune , et cette solution n'est pas precipitee par les acides. ( 4--^ ) Si Toil Iraile i Iroid I'oxide encore huinide par I'acide imiria- lique, celiii-ci se colore en jaune, sans que I'oxide change de couleur; mais, si on le fait digerer avec I'acide, on obtient une dissolution rouge, et il resle une poudre d'un gris rouge, ou d'un violet sale qui, par la dessiccation, s'agglomere, et supporte une doiice chaleur sans se decomposer; en la reduisant par I'hydro- gene, elle donne de I'acide muriatique, et il reste 60 p. 100 de rhodium; c'est consequeminent du proto-chlorure de rhodium = RCP. Dans la solution rouge que donne I'acide muriatique, il se trouve probablement une portion do proto-chlorure dissoute, comme cela a lieu avec les chlorures de plaiine et d'iridium ; mais, si on cvapore le sel a siccite , et qu'on le rtprenne par I'eau , il ne reste rien ou que tres-peu de proto-chlorure en dissolution. Le sel conlient en meme temps un peu de chlorure de potassium in- troduit par la polasse contenue dans I'oxide. Oxide et oxisels de rhodium. Dans nies anciennes experiences sur le rhodium , j'ui montre que ce metal, mele en poudre avec de la potasse caustique et un peu de nitre, s'oxide au rouge naissant, et donne une combinai- son brune d'oxide de rhodium et de potasse, qui, Iraitee par i'a- cide muriatique, exhale un peu de chlore et change d'aspect. Dans CCS experiences je commis I'erreur de prendre I'oxide ainsi traite pour le proto-chlorure du metal; je le sechai Fortement, et, I'ayant introduit dans un creuset de platine pese, je I'exposai a une tres- haute temperature, jusqu'a ce qu'il fOt reduit. Comme je pris la perle pour du chlore , et que je m'en servis pour calcu- ler le poids de I'atome, j'oblins pour ce poids i5oi,36, ou ^50,68 quej'ai inscrit dans mes tables. Le poids de I'atome trouve par mes dernieres experiences m'ayant demontre la faussete de I'ancienne determination, j'ai cherche la cause decelte erreur, et j'ai trouve que ce que j'avais pris pour du proto-chlorure etait un hydrate d'oxide de rhodium. On obtient le meme hydrate, mais sonille d'un peu de potasse, en lavant long-temps avec de I'eau I'oxide prepare par voie seche. Le degagemenl de chlore, que j'ai aussi remarque dans mes experiences recentcs, parait provcnir d'un ( 43 ) peu d'acide nilrique reste aver, la potasse dans I'oxide; mais la quantile en est tres-faible. En chauffant celte substance dans une petite cornue de verre , je n'ai obtenu , a la chaleur rouge , que de I'eaii et une trace d'un gaz qui n'etait ni de I'oxigene, ni dii chlore ; I'eau adhere si opi- nialrement a I'oxide, qn'elie n'a ele chassee qu'apres une heure de chaleur rouge. L'oxide reduit alors par I'hydrogene a donne, pour loo parties, 6,o4d'eau, et i5,56 p*. d'oxigene. L'oxigene de I'eau est un tiers de celui de I'oxide; ainsi I'hydrale, calcule d'apresIaformuleR -j- H , consiste en rhodium 75.9, oxigene 17,5, et eau Q>fi. Si la quantile de metal, dans celte experience, est un peu trop grande, cela provient de ce que, dans Toxidation par voie seche, quelques parties restent inattaquees, et ne peuvent etre separees, parce que I'oxide est insoluble. J'ai chauffe ensuite le sel rouge de chlorure de potassium et de rhodium avec du carbonate de sonde pulverise dans une petite cornue en verre, jusqu'a ce que, a une temperature au-dessous du rouge, tout degngement de gaz cessat. Le gaz recueilli sur le mercure, et I'acide carbonique enleve par la potasse, ilestrestc, des parties du gaz recueillies dans le commencement . 3,7 p. 100 d'oxigene, et des dernieres, 4?5p. du volume du gaz obtenu. Si I'oxide avait ete reduit de 11 a R, il aurait dQ rester 145- d'oxi- gene p. 100. La quantile insignifiante d'oxigene que le metal perd dans cette experience demontre qu'il est dispose a former une combinaison entre R et R. La proportion qui a eu lieu dans cette experience entre le peroxide el le protoxide indique une combinai- son de 5 el 4 R pour un R, et doit faire conclure que ces oxides se combinent en plusieurs proportions. L'oxide prepare en chauffant le metal avec la polasse et le nitre a la mCine composition que celui qui est prepare avec le sel rouge, avec celte difference seulement que ce nest que R qui se combine avec la potasse, au lieu de I'oxidnle. L'oxide de rhodium et son hydrate sont reduits par I'hydro- ( 44 ) eeiie sans I'applicalion de la chaleur, el ils leslenl cliaiids taut que la reduction dure. On sail que le rhodium s'oxide lorsqu'ou le fait rougir; el, a cet egard , il n'a pas plus de droit que le nickel et le mcrcure a Olre comple parmi les metaux noijies. Cent parlies de rhodium dans I'etal de division oii on roblienl par la reduction de ses sels rouges, au moyen de Thydrogene, exposi;es au contact de Pair a une pleine chaleur rouge, ont augmenle de poids jusqu'a 1 15 par- ties, ou un peu plus; ensuite, en continuant de chauffer, et pe- sanl toutes les dix minutes, on a trouve qu'clles augmentaicnt lenlement jusqu'a 118, 25 parties Le metal est alors change en une poudre noire. Dans une autre experience, I'augmenlation de poids cessa a 1 17,9. II est evident que ces oxidations ne doivent pas plus s'arreter a I'etat d'oxidule qu'avec le fer metaliiqiie; et il doit plutot arriver ici, comme avec le fer, qu'il se forme dcs combinaisons du pe- roxide avec le protoxide. D'apres raugmentation de poids dans les experiences citees, I'oxide prepare par la calcination est compose de R-)-3 R; c'est-a-dire que le peroxide et le protoxide contien- nent une egale quanlite d'oxigene. Cent parties de mdtal pren- draient alors, d'apres ce calcul , 18, 4 P- d'oxigene. J'ai dcja dit qu'on peut preparer un oxide compose deR-{- aU. II suit de tout ce qui precede, que le rhodium possede un pro- toxide; maisjen'ai pas cherche a I'isoler, el les proprietes en soul ainsi encore inconnues. .le crois que c'esl de cet oxide que depend le phenomene que la solution, dans les acides, des sels doubles ci- tes , tire au vert fonce , pendant que les solutions de I'oxide pur sonl d'un jaune citron. Les oxisels du rhodium sont presqu'entie- rement iuconnus; car on n'a prepare jusqu'ici que le sulfate de rhodium , diml la solution est jaune. Comme il n'est pas decide si ces solutions jaunes sont au meme degre de combinaison que les ohlorures rouges, j'ai fait quelques experiences pour eclaircir ce point. Le sulfate de rhodium , obtenu par la dissolution du sulfure de rhodium dans I'acide nitrique, a 6te dissous dans I'eau , et la so- lution, a laquelle on avail ajoute de I'acide murialique , a ete precipitee par le chlorure de barium. 11 s'est forme, malgre I'ex- ( ^1^ ) ces il'iinide imirialique . un pnicipite hriiii jaiine de suH'alc deba- ryte et d'oxide de rhodium , dont !a nature ne m'est pas bien con- nuc, et la liqueur apres la precipitation elait jaune citron. Filtr^e, evaporee dans une cornue a siccite , elie a donne de I'acide mu- rialique sans melange de chlore, ct la masse saline restante s'cst dissonle dans I'eau en la colorant en rouge. Le sulfate de baryle, uni a i'oxide de/hodium , a ete bouilli long-tenips avec de I'acide muriatique concentre, qui a dissous,la plus grande partie de I'oxide ; cependant le sulfate de baryte n'est point devenu blanc. La solution muriatique etait jaune citron , mais elle est devenue rouge par la dessiccation, et I'eau en a alors separe du chlorure rouge. L^ne preuve encore que les oxisels jaunes sont proportionnels aux chlorures rouges, c'est qu'en distiilant le sel rouge de potas- sium aveo I'acide snlfurique, j'ai obtenu de I'acide muriatique, et il est reste dans la cornue nn sel double tres-peu soluble , d'un jaune fonce, qui se dissolvait avec une couleur jaune dans I'eau, mais seulement en tres-petite quanlite. J'ai reconnu ici la cir- constance remarquable , que I'oxide de rhodium et ses conibinai- sons avec les bases sont dissous par I'acide muriatique comme par un oxacide avec une couleur jaune , et que la couleur rouge du perchlorure ne se montre qu'en faisant bouillir la dissolution, ou en I'evaporant a sec. II semble que c'est une solution dans I'acide muriatique, et que I'hydrogene de I'acide ne parait s'uuir a I'oxi- gene de la base qu'd une temperature elevee. La meilleure maniere de preparer les oxisels de rhodium est de dissoudi e dans I'eau le sel rouge de potassium ou de sodium , d'a- jouter a la solution plus de sous- carbonate de soude qu'il n'est necessaire pour decomposer le chlorure de rhodium , et ensuite d'exposer cette solution, qui n'a etc que tres-peu troubiee, a I'e- vaporation spontanee, dans un vase onvert. Arrivee a une cer- faiiie concentration, elle se prenden gelee , et depose un hydrate d'oxide, qui , apres avoir ete lave , peut etre dissous a I'aide de la chaleur dans les acides. II contient de I'alcali , et je ne sais pas si on peut Ten purifier conipletement. La solution dans les acides est d'un jaune franc; et, si elle est salnree, elle a une saveur as- tringeute pure. Le nitrate se desseche eii un sirop jaune, qui ne ( 46 ) inontre auciin signc de cristallisation. Je ii'ai pas prepare d'aiilres scls a I'etal solifle. iji on ajoule de rammoniaqiie a iin sel rouge de rhodium, i! ne se precipile rieu d'abord; mais apres quelque temps la couleiir de la solution devient plus claire, puis jaune , et enfin il se depose un precipile d'un beau jaune citron. Ce precipite est une combi- naison d'oxide de rhodium et d'ammouiaque; seche, il est jaune pale et pulverulent; chauffe dims un vase distillatoire, il donne sans aucune decrepitation de I'eau et de I'azote , et i! reste du rho- dium metallique. Si on ajoule au sel rouge de potassium de I'acide sulfnreux, et qu'on le laisse tranquille pendant quelque temps , il se depose une poudre jaune p3le , presque blanche , et la couleur rouge de la li-. queur s'affaiblit. Ce precipil(i, lave et seche, est blanc et pulve- rulent; distille, il donne do gaz sulfureux et de I'oxigfene , et 11 reste du sulfate acide de polasse et de i'oxide de rhodium, qui, par I'hydrogene , se reduisent en un melange de sulfate de polasse et de metal, pendant qu'il se degage de I'eau et de I'hydrogene sulfure. II contient 28 p. c. de rhodium , ce qui s'accorde avec la composition R S + R S. Ce sel se dissout un peu dans I'acide sulfurique, et le colore en jaune. La polasse caustique bouiilante le decompose, et il se forme un hydrate d'oxide jaune, qui, dis- sous dans I'acide muriatique, donne du sel rouge : d'oii il suit qu'une parlie du sel cjui a ele reduil par I'acide sulfureux, est reslee dans la dissolution. J'ai niele la solution avec du sous-carbonate de soude ; et , en I'evaporanl, il s'est precipite un oxide gelatineux, d'un vert jaune fonce, et la liqueur fillree etait faiblcment verte, comme un sel de cuivre; cependant c'etait du rhodium dissous qui produisait cetle couleur; car, eu saturant la liqueur par I'acide muriatique, et I'cvaporant, elle a pris une couleur rouge. L'oxide precipite s'est dissous dans I'acide nitrique avec une couleur verte jau- ualre; mais en meine temps il s'est depose du rhodium metal- lique. D'aprfescela, il semble que le protoxide de rhodium ait, comme le protoxide de cuivre, une tendance a se separer eu oxide et eu metal, quand on le dissout dans un acide. Quoique le rhodium soil insoluble dans I'eau regale, cependant ( 47 ) il peutrure dissous en le fondant avec du snlfate acidc dc potasse. Celle propiiete est de grande impoilance pour I'analjser, puree qu'on pent, par ce moyen, deconvrir et separer memo de Ires- petitts qiiaiitites de ce metal dans le platinc , I'iridium et I'os- mium. Le rhodium se dissout a la chaleur rouge, en degageant de I'acide sullureux ; mais la solution s'opere lentement , el il est ne- cessaire que le crenset de platine oii elle se fait soil bien ferme, pour que I'exces d'acide ne se vaporise pas trop vite. Aussitot qu'en otant le couvercle on voit la masse saline se solidifier h la surface el crislalliser, on retire le creuset du feu , on le laisse se refroidir, on dis^-out le sel dans I'eau ohaude, et on traite le re- sidu avec une nonvelie quantile de sulfate acide de potasse. Si on veul separer de celle maniere le rhodium du platine ou de I'iri- dium, il fautrepeter la fusion tanl que les nouvelles portions de sel se colorent encore. Pour ne pas employer dans les analyses des quanliles trop grandes de sulfate acide de polasse , j'ai qnelque- fois, quand le sel semblail avoir perdu la plus grande partie de son acide libre , ajoute des quanliles pesees d'acide sulfurique dis- tille; j'ai chauffe avec precaution, jusqu'a ce que son eau fQt chassee. el alors j'ai continue la fusion. Le residu doit elre re- fondn jusqu'a ce que le flux resle incolore, el consequemment ne contienne plus de rhodium. Le sel double fondu est rouge et transparent, s'il contient peu de rhodium; mais, s'il en est presque salure, il est noir et oh- scur. Refroidi , il est d'un jaune clair, ou fonce , d'apre? la quan- lite de metal qu'il contient; quelquefois je I'ai oblenu rose. II se dissout ti-es-lentement dans I'eau froide, aisement dans I'eau bouil- lanle. La solution est jaune ; le metal n'en peul elre precipite par- faitemenl, ni par un alcali, ni par Thydrogene sulfure ; il faut sursalurer pour ce!a la liqueur avec du sous-carbonate de potasse ou de sonde, evaporer a sec dans uu creuset de platine, chauffer jusqu'au rouge el enlever le sel par I'eau. L'oxide de rhodium qui resle est lave d'abord avec I'acide muriatique, ensuile avec I'eau, reduit par I'hydrogene, et alors pese comme metal. Si un alliage de platine contient en meine temps du palladium, le sulfate acide de polasst; le dissout avec le rhodium. Le metal, reduit et pese, est alors traite par I'eau regale; la solution neutra- liste est preripitee par le ryanure de mercure ; on separe le cya- ( 48 ) nure de palladium , el on souslrait le poids du palladium du poids total des deux metaux. On peut se servir aussi du sulfate acicle de potasse pour dislin- guer le rhodium de I'iridium. Ou fond I'essai avec le sel dans un lube dc verre feime par un bout; I'iridium est oxide par I'acide sulfurique, mais il ne se dissout pas, tandis que le rhodiuui sc dissout et forme une masse saline coloree. 2. Palladium. Plusieurs chimistes out fait des experiences sur le palladium , el n'ont fait connaitre qu'un seul degre de combinaisons avec I'oxigene et le chlore. Les experiences que j'ai failes demontre- ront que le palladium possede les memes degres de coiubiiiaisons que le platine. Poids atomistiqiie du palladium. Dans mes anciennes recherches sur le poids atomistique de ce metal , j'employai , pour Ic determiner, la fusion du metal avec le soufre et la reduction du chlorure de palladium par le raercure ; et, en supposant que le soufre eClt pris un utonie ct le chlore deux , j'avais trouve, d'apres la premiere delerminalion , environ 711, et, d'apres la seconde, 701 pour le poids alomistique du palla- dium. Les experiences qui ont servi de base a ce nombre sont Irop difficiles pour elrc faites avec I'exactitude que comporle la deter- mination du poids de I'alome. Je me suis servi, a cause de cela , de la reduction , par I'hydrogene, du sel double connu dcpuis long-temps, du palladium avec le chlore et le potassium. Pour- tant il y a encore ici la difficulte, qu'on ne peut doser la quantile du chlore dans le sel avec une exactitude parfaite, parce que le sel seche t\ une chaleur hop douce retient de I'eau ; et, si on le rhauffe trop, il se degage de I'acide murialique, et il se forme de Toxide de palladium. .I'ai lache d'eviler eel inconvenient en cal- colant le poids de I'atome, d'apres la quantite de chlorure de po- tnssium cnnlenue dans le sel. 1) 1,767 gr. de chlorure de palladium el de potassium, chauf- fes auparavant jusqu'au moment oii le sel commeufa a fondre,ont ( 49 ) donne 0,573 gr. dechlore, 0,576 gr. de palladiimi, et 0,809 gr. de chlorure de potassium. 2) 2,606 gr. de sel, chaufles fortement dans uii courant d'air SL'C, mais pas jusqu'a fusion, ont donne o,563 gr. de chlore , o,85i gr. de palladium, et 1,192 gr. de chlorure de potas- smm. Si on calcule ces nombres , on trouve que Ic sel de palladium conlient autant de chlore que le sel de potassium; car 1, 192 gr. de chlorure de potassium contiennent o,566 gr. de chlore. Si ce sel, comme la suite le meltra hors de doule , est compose de KCF-f"P'J CF, I'atome de palhuiium pesera, d'apres la premiere experience , 664,61 , et, d'apres la derniere, 665,184. Le nombre mojen des deux est ainsi 665,23. D'apres la quantite de chlore trouvee dans une derniere experience, on oblient 669,09, et la mojenne des trois serait 666,5 1. Cepeiidant j'ai des raisons de croire le numbre 665.84 '"^ i''^'s pres de la verite. Clilorures de palladium, et leurs sels doubles. a) Proto-chlorare. Le sel q'l'on obtient en ajoutant du chlorure de potassium a une solution de palladium dans I'eau regale, apres avoir evapore I'acide en exces, et en evaporant a cristaliisation , est le meme dont j'ai cite I'analyse. II contient du chlorure de palladium , et cristallise avec la meme forme que le sel double de proto-chlorure de platine et de chlorure de potassium decouvert el analyse par Magnus ; il en possede aussi la composition ato- mistique. Si on I'a prepare en melant des solutions concentrees, et s'il s'est depose en pelites aiguilles crisfallines, il est jaune d'or; mais 11 est d'un brun vert, s'il cristallise en prismes plus grands. II a la meme couleur apres la fusion, s'il cristallise en se refroidissant avec la meme forme que lorsqu'il se s^pare de sa so- lution aqueuse. Le dichroisme, qu'on a attribue a ce sel , ne s'est pas presente dans mes experiences. Ce sel se dissout dans I'eau et dans I'alcool de 0,84 de densite ; mais, en di^tillant la solution spiritueuse, la plus grande partie est reduite en metal; il se re- duit aussi en le faisant bouillir avec I'acide sulfureux. Le proto-chlorure forme avec I'ammoniaque , un sel double 2. 4 ( 5o ) sembliible; celui toime avec la sonde t si beaucbiip plus so- luble. b) Perclilorare. Si Ton dissoul le sl! du potassium decril dans I'eau rt'gale , et qn'oii evapore a sec, il se depose vers la fin , avec degagenient de deutoxide d'azote , un se! rouge en cristaux mi- croscopiques. Si on pese le sel employe avant el apr^s, on trouve qu'il a auginente en poids d'un double alome de chlore , et qu'il est ainsi compose de K CP -|- Pd CI''; resultat qui est aussi con- firme par la reduction au moyen de I'hydrogene. La couleur de ce sel esl variable selon la grandeur des cristaux; si, comme cela arrive souvent, ils sotit si pelits qu'on ne puisse reconnaitre leur forme par le microscope, elle est d'un rouge de cinabre; mais , s'ils onl des dimensions appreciabies, elie est d'un rouge brun. La forme des cristaux est alors un octaedre regulier, comme dans le selde platine qui lui correspond ; ce qui confirme de nouveau que le palladium apparticnt avec le platine a la meme serie de corps isomorpbes. Ce sel a plusienrs proprietes reraarquables ; chauffti, il laisse dtgager du chlore , et le proto-chlorure forme se fond. II est tres- peu soluble dans Teau , qui le dissout en se colorant en jaune, mais de telle manicre qu'il se separe en proto-chlorure, et qu'il reste du chlore libre dans la liqueur; il n'y en aqu'une tres-faible portion qui se dissout sans 6tre decompose. Si on fait bouillir le sel avec de I'eau, il se degage une grande quantite de chlore; inais ici le sel subit encore une autre decomposition. II se forme de I'acide mnrialique dans la liqueur, et il reste un oxide encore inconnu , d'une rouleur d'ombre foncee : la meme chose arrive si Ton faitbuuillir ou evaporer la solution dans I'eau froide; mais la quantite d'oxide forme est raoindre. Si Ton dissout le sel dans I'eau bouillanle, dans un flacon qui soit exactement renipli et hermeti- quemenl ferme, on obtient une solution obscure semblable a celle du proto-chlorure, quaud elle est concenlree; mais, en se refroi- dissant, la liqueur devient plus claire, et abandonne des cristaux de perchlorure. lUparait que, dans la liqueur, il s'optre une de- composition parlielle et une recomposition de ce sel. Les cristaux qu'elle depose sont tres-pelits , et la quantite est tres-faible; I'a- cide niurialique un peu etendu dissout ce sel sans le decomposer, et il reparait apres I'evaporation de I'ac ide. L'eau qui tient en dis- I 5, ) solution du chlorure de potassium, du sel marin ou du sel am- moniac, ne le dissout pas : r.ussi pent- on enlever ces sels avec nne quaiitite d'eau peu considerable. L'alcool ne le dissoiit et ne le decompose pas : celte propriele est imporlai.te pour les analyses; car, comme il se troiive toujours du cuivre avec le palladium dans les minerais de plaline, il est difficile de les s(;'parer avec exactitude , parce qu'ils se compor- tenl presque de la nieme maniere ; mais , comme ils donnent tous les deux des sels doubles avec le chlorure de potassium, dontce- lui de cuivre est soluble dans l'alcool, on pent les separer de cette maniere. J'en citerai les details dans I'analyse des minerals de platine. Si on verse de I'ammoniaque sur ce sel , il se change en proto- chlorure avec degagement d'azole. On obtient avec I'ammoniaque on sel double tont-A-fait sem- blable , lorsqu'on mele du sel ammoniac i\ une dissolution du pal- ladium dans I'eau regale, et qu'on evaporea sec a une douce cha- leur. II a tous les caracleres exterieurs du sel de potassium, el est aussi peu soluble. Je n'ai pu produire un sel double avec le sel marin, probable- ment parce qu'il est Ires -soluble dans I'eau, et que, par celte cause, il se decompose dans la solution avant de se solidi6er. Je n'ai pu isoler et obtenir a I'elal solide le chlorure de palla- dium contenu dans ces sels. Une solution concentree de palladium dans I'eau regale necontient, en tres-grande parlie, queduproto- chlorure et du nitrate de protoxide ; cependant, si Ton y verse goutte a goulte une dissolution concentree de chlorure de potassium, il seprecipite d'abord un peu de sel rouge; ce qui prouveque la liqueur contienl aussi du perchlorure , et alorsil se forme une plus grande quantite de proto-chlorure double. On pent oblenirce perchlorure en dissolution, en decon)posant du sel double par la potassse , et en versantensuite sur I'oxide lave et seche de I'acide muriatique concentre. L'oxide se dissout en colorant I'acide en jaune brun tres-beau ; il resle une petite quantite du sel double de potassium provenanl de la potasse contenue dans l'oxide, mais la solution sent le chlore. Le chlorure de potassium le precipite presque en- tierement a I'elat de perchlorure double; mais, si on evapore, il se degage du chlore, et il reste du proto-chlorure. ( ;i2- ) Daiisl'njialy-^edes minerais deplatine, ii arrive quclquefois que, lorsqu'on distille a une chaleur douce de I'eau regale jusqu'ii sec sur le minerni, et qu'on dissout ensuite h residu dans I'eau, la so- hilion senl le chlore ; ce qui provientde la decomposition du per- chlorure de palladium. II faut alors chauffer la liqueur tant qu'elle sent encore le chlore, parce que, autrement, on precipiterait du peri'hiorure double de palladium avec le perchlorure de plaline. c) Proto-cldorare de palladium et alcalis caustiques. Si Ton ajoute de I'ammoniaque a un sel de palladium, il se forme un precipite qui se dissout bienlol avec une couieur jaune, et quelque temps apres, la liqueur devient incolore. L'action va plus vite quand la liqueur et rammoniaque sent coQcenlrees ou chaudes. Lorsque je remarquai cette propriete pour la premiere fois , je crus que le palladium etait ramene par i'ammoniaque a un degre inferieur de combinaison , quoiqiie je n'eusse jamais observe un degagement d'azote. Je trouvai cependant apres que le meme ef- fet a lieu quand on verse goutle ;\ goutte une solution de proto- chlorure de palladium dans la potasse caustique ; la couieur dis- parait en un instant, et les principes du prolo-chlorure restent dans la liqueur. II est ainsi evident que c'est I'exces d'alcali , et non une reduction, qui fait disparaitre sa couieur jaune. Si Ton ajoute de I'ammoniaque caustique au proto-chlorure de palladium, jusqn';'t ce qn'un obtienne une liqueur ciaire et inco- lore, et si Ton evapore ensuite a sec, il reste, par la dissolution de la masse seche dans I'eau, un residu insoluble, pulverulent, d'nue couieur verte jaunatre, qui, soumis a la distillation seche, donne d'abord un pen d'ammoniaque libre, ensuite de I'acide murialique, de I'azote, et enfiu du sel ammoniacal, el qui laisse la moitie de son poids de palladium melallique. Ce sel est analogue au mercurius prcecipitatus albus des pharmaciens , et est compose d'uu atonie de proto-chlorure de palladium et d'un double atome d'ammoniaque. Sa formation depend de cette cir- constance, qu'il contient de I'ammoniaque et non de I'ammonium, et sa decomposition a une temperature elevee provient de ce que le chlore du proto-chlorure forme avec I'ammoniaque du chlo- rure d'ammonium , de I'azote et de I'acide muriatique. La for- mule, pour la composition de cette substance, est I*d CP + NH'. C 53 ) II est impossible que la combinaison iacolore avec la potasse soil composee de K. + Pd CV- Quand on dissout le proto-chlorure de palladium et de potas- sium dans I'ammoniaque caustique, on oblient une liqueur inco- lore qui ne prend point de couleur, tant qu'elle contient un exces d'ammoniaque. Exposee a une evaporation spontanee , elle donne descristaux incolores radies, meles d'une poudre jaune, dans la- quelle la masse enti6re se change en I'evaporant a chaud. Cette inatiere jaune est un sel ammoniacal semblable, mais il contient en meme temps une combinaison de protoxide de palladium et d'ammoniaque; il a donne 57,5 p. c. de palladium. Quand on evapore la solution d'un sel de palladium dans I'am- moniaque, jusqu'a ce que I'exces de r.et alcali soil chasse, mais que le sel ne soit pas encore colore en jaune , et qu'ensuile on ajoute du cyanure de mercure, il ne se forme aucun precipite dans le premier moment; mais, apres queiques instans, il se de- pose des ecailles nacrees et incolores qui contiennent le cyanure de palladium. Si on verse de I'eau sur le perchlorure de palladium et de po- tassium, et si on ajoute alors du cyanure de mercure, le sel est decompose, et on obtient un cyanure de palladium floconneux , d'un rouge p31e, qui change pen a peu de couleur, et devient plus clair pendant que la liqueur sent I'aciile hydrocyanique. Oxides et oxisels du palladium. Ces combinaisons ont ete peu examinees : on n'a coimu jus- qu'ici quele protoxide, et meme ses proprietes n'ont pas ete bien etudiees. On sait que le palladium, chauffe jusqu'a une cerlaine tempe- rature, devient bleu ; mais on ignore quelle en est la cause. J'ai chauffe du palladium tres-divise, tel qu'on I'oblient en reduisant ses prolo-chlorures par I'hydrogene, dans un courant d'uxigtne jusqii'au rouge uaissant; il a pris une tres-belle couleur bleue , mais la balance n'a manifeste aucune augmentation de poids, et le changement s'est borne A la surface. Par I'hydrogene, la cou- leur disparut : c'etait ainsi ^videmment un oxide. On a dit que les sels de palladium dcvenaient bleus par Tarn- ( 54 ) moniaque , mais cela depend du cuivre, et n'a rien de commun avec la couleur bleue que le palladium prend en le calcinant a I'air; probabieineiit que par cetle oxidation snperficielle il se forme des conibinaisons de deux oxides de palladium analogues aux oxides bleus de Tiiidium et de I'osmium. En fondant le palladium avec la potasse el le nitre, il s'oxide beaucoup moins que les autres melaux qui accompagnent le pla- tine, et il se forme du protoxide. Quand on mele le pefLJilorure avec ie sous -carbonate de soude. et qu'on chaiiffe a une chalenr qui n'aille pas au rouge, tant qu'il se degage du gaz, on oblient de I'acide carbonique et la moilie de I'oxigene qu'abandonne I'al- cali, pendant que I'autre moitie reste en combinaison avec le pal- ladium et forme du protoxide. Lorsqu'on traite le perchlorure par I'alcali, il se forme un degre d'oxidation inconnu jusqu'ici, qu'on pent appeier le peroxide de palladium, et qui, d'apres la composition du perchlorure, est compose d'un alome de radical et de deux atomes d'oxigene , on sur loo parlies de 7^,92 de me- tal, et 25,08 d'oxigene. Le protoxide conlient 86,94 de mclal, et i3,oG d'oxigene. Quand on verse sur le perchlorure de la pdlasse ou de la soude causlique on larbonalee , il se dissout , pour la pins grande parlie, avec une conleur d'un jaune brun fonce ; et si on aban- donne la solution quelque temps a elle-meme, elle se prend en gelee, et depose de I'hydrate d'oxide ; si I'on filtre la liqueur, ce qui passe est jaunc a cause de I'oxide dissous. L'oxide hydrate est d'un jaune brun fonce, presque comme la terre d'ombre , et il devient encore plus fonce lorsqu'on le lave a I'eau bouillante ; il conlient de la potasse qu'on ne pent oler par les lavages. Quand on chauffe le melange de perchlorure et d'alcali jusqu'a I'ebulli- lion, l'oxide precipite devient noir, et la liqueur alcaline inco- lore ( 1). L'oxide de palladium , mcme a Petal huniide , ne se dissout que tres-lentement dans les acides, mais il se dissout en effet. Ces (i) A une tempciatuie plus haute, il doiine de I'oxigc'ne et passe it I'etal de protoxide. L'oxide biun donne en mftmc temps de I'eau, et avec une telle violence que lout est piojete liors de la coinue. L'oxi l,o3qOO 5o 0,99480 lO.T 1,02289 160 i,oo-i9.'> ( 58 ) «Une inspection rapide de la derniere colonne, dit I'auteur, fail voir des p;irliciilarites tres-frappantes dans la marche de la dilation des corps examines. Pour faciliter mes recherches, j'ai repiesente les volumes par on trace grapliique semblable a celui dont on fait un usage frequent en mefeorologie : les abfcisses etaient les degres de rechelle de Reaumur; les ordonnees expri- maient les changcmens de volumes correspondnns (-n parlies dti volume primitif a zero. « Voici les consequences tirees de noire figure qui nous parais- sent le plus dignes d'attention; depuis la temperature de zero jusqu'aux environs de 55", les chaugemens de volume du metal sont a tres-peu pres proportionnels a la temperature, la premiere branche de la courbe approchant beaucoup d'etre une ligne d"oite. Au-dela de 55°, oil se Irouve a pen pre? !e maximum de volume, la dilatation est remplacee par une contraction d'abord tres-ra- pide, mais qui diminue pen a peu jusqu'ii environ 55% oCi uu rebroussement de la courbe indique un minimum de volume. « Les dilatations qui suivent commeucent par etre trcs-lenles, et s'augmentent aprfes graduellemenl josqu'au ^rS" degre, lerme de la liquelaclion du metal; entre 75° tt 80" la dilatation est en- core tre-'forte; mais au-dela de ce terme elle reprend une mar- che qui parait etre rigoureusement semblable a celle que nous avons observee avant I'oscillation irreguliere de volume, c'est-a- dire entre o el 55°. Prolongeant en arriere jusqu'a zero la dilata- tion observee au-dela de 80°, elle donne an volume primitif la meme valeur que I'observalion; d'oil Ton conclnl que rosciliation de volume (entre 55 et 75) n'a aucune influence snr le volume liiinl apres la liquefaction. » L'auttur donne ensuite les volumes du metal de 3 en 5 degrees, entre 01 el 80 degres, c'est-t'i-dire dans I'intervalle de I'anomalie. Les voici : 52"— 1,007^97 5o° — 0^992921 6S° — 0,996802 55 — 1, 008564 55 — o,992i5o 71 — 1,001057 58 — 1,007555 56 — 0.991557 74 — 1,008022 41 — 1,006590 59 — 0,992071 77 — 1,015765 4'l — 1,001466 62 — 0,995640 80 — 1,017920 '17 — 0,996196 65 — 0,994788 ( 59) « II ne parail pas hors de propos, continue I'aqleur, d'indiquer ici en peu de mots une maniere facile de se convaincre par I'ex- perieiice de I'existeiice de ranomalie dans la dilatation de i'allia- ge examine. cQu'on remplisse du metal fondu, un tube de ihermomfetre qu'il est bon de chauffer auparavant un peu au-dela de 60 dcgres; on y parvient aisement en plongeant le bout chauffc dans le metal coule, pendant qu'on aspire I'air par ['autre bout. Qu on le laisse pea a peu se reftoidir , on verra assez long-temps apres la solidifi- cation du metal, le tube .'e rompre subilemenl [)ar une quantite de peliles crevasses. Pour trouver la temperature du metal, qui repond i ce phenomene singulier. nous avons plonge ies tubes, apres Ies avoir remplis, dans un petit bain d'eau, muni d'un ther- mometre et chauffe jusqu'a environ 60 degres. LaissanI refroidir le tout, nous nous sommes convaincus que la temperature en question est a tres-peu pres egale a l\o'. Cette anomalie apparente s'accorde evidemmeiit avec la marcbe du volume enoncee plus haul; car, vu que le metal devient solide a 75° et se moule, pour ainsi dire, sur la forme interieure o 1,061549 Tempera- ture. Vf)hime du j)liosphore. i9°o i,oo85o4 5o,6 1,046120 54,8 i,o5i;64 59,5 1,05670a 44?2 1,059524 49,0 1,065454 55,5 1,067985 58,5 •,071 143 66,6 1,075070 68,5 1,079086 Le point de fusion du phosphore tombe enlre 25 et 5o dogr^s. Les changemens de volume du phosphore solide sont proportion- nels a la temperature, a I'exception de quelques irregularites qu'on est tres-fonde i attribuer a des erreurs d'observalion. La liquefaction prodiiit une expansion subitc, entierement in- dependante de la temperature. Le phosphore a I'etat liquide se dilate beaucoup plus furtement qu'avant sa liquefaction ; mais ces changemens sont encnre sen- siblement proporlionnels a sa temperature. {Annal. deCliimie et de P/iys., t. XL, p. 197.) NOTE SIIR LA PESANTEUR SPECIFIQTJE DES AILIAGES , ET LEl'R POINT DE Fi'-in^ : PAK M. A. Th. Kiu'PFEn. ( Extrait. ) L'autenr fait d'abord connaiire les i)rocedi'S qu'il emploic pour peser ses alliages; ils n'offrent rieii de nouveau, et nous pouvons nous borner a donner les resultats definitifs auxquels il parvient. Alliages deplomb et d'etcdn. Les metaux ont ete combines dans la proportion simple ou multijde des poids de leurs atnmes, parce que I'auteur croyait qu'il devait exister une relation simple entre la diluUition de ces alliages et leur composition chimique. Les poids des atomes ont ete pris duns la table de M. Berzeliiis, et I'auleur est paiverui aux resultat.x suivaiis, moyens enlre luiis ceux qu'ii publie. (6. ) Proporlioii en atonies. Dcnsile observee. Densite calculee. Differences. Plomb.. tla'w. . 1 etain, 1 etain, I tlaiii, 1 etain, 2 etain, 5 etain, 4 etain, 5 etain, 6 etain. 1 plomb. 2 plomb. 5 ploiiib. 4 plomb.. 1 plomb . 1 plomb.. I plomb , I plomb.. 1 plomb.. 1 \,oooo 7,2gi 1 9,4263 10,0782 io,5c68 1 0,555 1 8,7454 8,3914 8,1730 8,0279 7,9210 9,:5466 . 10,0956 . 10.4122 . 10,6002 . 8,7518 . 8,3983 . 8,1826 . 8,0572 . 7,9326 . 0,0100 0,01 54 0,0 '2 54 o,o43i 0,0064 o,oo6() 0,0096 0,0093 0,01 16 Ce tableau fait voir que I'etain et le plomb se diiatent en se melant. Cette dilatation augmente ;'i partir des alliages de 2 ou 3 at. d'etain siir 1 de plomb; et s'il existe un point oil la dilata- lion ?oit nolle J i! doit .^e trouver eiitre ces deux alliages; il se trouve en efi'et vers le milieu, comme I'auleur s'en est assure directement. Amalgame d'etain. L'auteur a determine de nouveau la densiie du mercure; il I'a trouvee de i3,5886, en prenant pour unite celle de I'eau au maximum de densite. A 26° centigrade*, elle est i5,555o, et celle de I'etaiu 7,2868. Toules les experiences suivan- tes ont ete rapportees a la meme temperature de 26°. Proportion en atonies. 3 etain, 1 mercure. 2 etain, 1 mercure. 1 etain, 1 mercure. 1 etain, 2 mercure. Density obseiv6e. Densite calculee. Rapport. 8,8218 9,5 1 85 10,5447 ii,58i6 8,7655. . (,,2658. . . i,oo6632 . i,oo5685 10,2946. . 11,5480. . . 1, 004865 . 1,002960 Les amalgames suivans ont ete faits dans des rapports en vo- lumes, a la temperature de 17"; densite de I'etain 7,291 1, dcnsile du iiHTcme 15,5569. Proportion pn volumes. 1 etain, i mercure. I etain, 2 mercure. 1 etain, 3 mercure. ( 62 ) Densite observee. Densite calciilt-f. Rapport. 10,4729 . . 11,4646 . . 12, 0267 . , 10,4240 11,4683 11,9905 1,00469 1,00294 Ces observations prouventque I'etain el le mercure eprouvent en general une contraction consiJerabie en s'amalgamant ; mais cette contraction est nuUe lorsqu'on allie un volume d'elain a deux volumes de mercure; car la petite difKrence entre les resul- lats de I'observation et du calcul qu'on remarque dans le tableau precedent, pent etre comptee pour rien. Amalgame de plomb. Les experiences suivantes sont rapportees a la temperature de 17°. Proportion en volnmes Densitfe observee. Densite calcul6e. Rapport. 1 plomb, 4 ™ert;ure. . . . i3,i58i 1 plomb, 3 mercure. . . . i5,o3g7 1 plomb, 2 mercure. . . . 12,8648 i3, 1 1 16 [3,ooo3 12,8147 i,oo355 i,oo3o3 1,00592 Cest done ici I'amalgame compose d'un volume de plomb sur trois de mercure qui eprouve la moindre contraction. Un autre resullat curieux, qu'ii est facile de tirer de ces obser- vations, est que la dilatation de tons ces amalgames par la chaleur est plus petite que ceile qu'on trouve par le calcul, en supposant que chaque metal conserve la dilatation qui lui est propre; il est done prouve que le rapprocheirient des molecules augmente la j resistance que leur attraction mutuelle oppose a I'effet de la | chaleur. Voici les points dc fusion des alliages d'etain et de plomb qui ont servi aux experiences pn'cedentes : plomb 334° etain 23o 5 at. d'etain, 1 at. de plomb 194 4 at. d'etain, 1 at. de plomb i8g 5 at. d'etain, 1 al. de plomb 186 a at. d'etain, 1 at. de plomb 196 ( 65 ) 1 at. d'elaiii, i at. cle ploiiib 241 1 at. d'tlain, 3 at. de plomb 289 a vol. d'elain, 1 vol. de ploinb 194 [jinnal. de Chim. et de Phys., t. XL, p. 285.) magni5:tisme animal. ABLATION d'hN CANCEK DV SEIN PENDANT LE SOMMEIL MAGNETIQIIE ; PAR M. Jules Cloqijet. Le 8 avril, M. Jules Cloquet fiit consulte par une dame 3geo de 64 -Tns (1), pour un cancer ulcere du sein droit, couiplique d'un engorgement considerable des ganglions axillaires corres- pondans. Ce chirurgien pensa que le seul moyen de sauver la malade etait de pratique: I'operation, mais comme elle ue se trou- vait pas dans des conditions Ires-favorables, il I'engagca a prendre I'avis de quelques-uns de ses confreres. M. le docteur Chapelain, medecin ordinaire de la malade, appuya pres d'elle les motifs de IM. Jules Cloquet, ct cbercha a la decider a iine operation qu'elle redoutait exlremement et a laqiielle elle se refusait. Cette dame, d'une constitution eminemment nerveuse, Ires-irritable, elait Ires-facilenient impressionnee par Tactinn du magnelisine animal que M. Cbapelain avait employe sur elle depuis quelques iiioi.-, mais sans succes, dans le but de dissoudre I'engorgement du sein. Celui-ci proposa done a M. Cloquet de pratiquer I'operation pen- dant que la malade serait dans le sommeil magnelique, afln de lui eviter, par la suspension de la sensibilite, les douleurs de I'operation et les accidens qui en sunt ordinairement la suite. M. Jules Cloquet n'y voyant pas d'inconvenient, y consentit, per- suade qu'au premier coup de bistouri la malade se reveillerait, et I'operation fut fixee au dimanche la avril. La veille et I'avant- veille, la dame fut somnambulisee plusieurs fois par M. Chape- lain, qui, dans cet etat. la disposal t a supporter sans crainte I'operation, taudis qu'a son reveil elle en repoussait I'idte avec horreur. Le jour fixe M. Jules Cloquet, en arrivant a 10 heiires etdemie, (1) Miidame Flandrin. mere d'lm riche negociant, rue Sainl-Denis. n. i5i. trouva la inalade liabillee el assise sur un fauteuil, dans I'altilude d'une personne paisibleuient liviee au sonimeil naturel. 11 y avail line heme a peu pres qu'elle elait revenue de la messe, qu'elle entendait habiluellemenl i la meme heure, et M. Chapelain I'avait inise dans le sommeil magnetique depuis son relour. La malade i)arla avecbeaucoup de caline de I'operation qu'elle allait subir. Tout elant dispose pour I'operer, elle se deshabilla elle-meme, et s'assil sur une chaise. M. le docteur Chapelain soutint le bras droit, le bras gauche tut laisse pendant sur le cole du corps. La duree de I'cperalion a ete de lo a 12 minutes. Pendant tout ce temps, la nialade a continue a s'enlretenir tranquillement avec I'operaleur, et n'a pas donne le plus leger signe de sensibilite. Aucun niouvement dans les membres ou dans les traits, aucun changeinent dans la respiration ni dans la voix, aucune emotion, meme dans le pouls, ne se sont manifestes; la malade n'a cesse de presenter eel etat d'abandon et d'impassibilite aiilomatique qu'elle offrait a I'arrivee de M. Jules Cloquet; on n'a pas ete oblige de la contenir, mais seulement de la soutenir. Mais, chose digue d'observalion, lorsque le chirurgien vint a laver la peau aux environs de la plaie avec une eponge imbibee d'eau, la malade manifesta des sensations semblables a celles produites par le cha- touillement, et dit plusieiirs fois avec hiiarite : « Ah ! finissez, ne me chalouillez pas.... » La plaie etant reunie par des emplatres agglutinatifs et pansee, I'operee fut mise au lit, toujours dans I'elalde somnambulisme dans lequel on la laissa pendant 48 heu- res. Le premier appareil fut leve le mardi suivant : la plaie fut nettoyee et pansee de nouveau; la malade ne manifesta aucune sensibilite ni douleur; le pouls conserva son rhythme habitue!. Apres ce pansement M. Chapelain revcilla la malade, dont le sommeil magnetique durait liepuis deux jours. Elle ne parut avoir aucune idee, aucun sentiment de ce qui s'etait passe, mais en apprenant qu'elle avail ete operee, et voyant ses enfans autour d'elle, elle eprouva une emotion tres-vive que M. Ch;ipelain fit cesser en I'endormant aussitot. Le 6 avril, la plaie a ete pansee pour la seconde fois : elle est en bon etat; la malade est calme, et aucun accident n'est survenu. « Je ne suis que simple narrateur, ajouteM. Cloquet, je ne prends aucun parti; jedis ce que j'ai vu. » [Arcltiv. gener. de medecine , tome XX, p. i3i, mai 1829.) ( 65) ADDITIOINS AU Ml5>!0Il\E SUR LES BKLEMNITFS (i); PAR M. RASPAIL. 1". En expliqiiant ia fonnalion de.i stiies myonnnntes qu'offre toujours une coupe tiansversalc de Belfmniles , je me suis abstenu de parler de I'analogie que ces stries preseiitenl avec les stries des globules inorganiques que Ton Irouvc si frequemment dans cer- tains gisemens. Cepemlarit, cornine cette objeclion ponrrait bien m'elre adressee, jo dois la prevenir. On sail que ia nature et I'arl peuvcnt produire des masses sphe- riques dout une tranche offie des stries divergentes du centre a la circonference; ces slries divergentes qu'on observe sur une coupe transversale d'une Belemnite pourraient done etre altribuees a leur spalhisation plnlot qu'a leur organisation primitive. Mais il n'est pas probable que la spathisation qui , pour se pro- duire, anrait besoin de traverser lant de couches animales con- centriqnes, se snit operee comme diins une masse homogene inerte, oij rien ne rempechait d'obeir ii un centre d'action. Si les stries n'avaient pas preexisle a la spalhisation, I'organisalion de la Belemnite se scrait infaiUiblemont opposee a leur formation reguliere. Ces stries se remarquent sur Ics Belemnites agatisees comme sur les Belemniles sjialhisees. II est vrai qu'elles sont moins sail- iantes quand on use la surface de la coupe transversale sur une pierre i aiguiser, et qu'alors on voit plus evidemment que chaque emboitement a srs stries propres. Mais ce dernier fait acheve de prouvcrque ces slries sont organiques, tl non deseffets de la cris- tallisalion, puisqu'il en est alors des Belemnites, jusqn'a un cer- tain point, comme des batons d'oursin. Enfin , si Ton admeltait que ces slries sont les effets de la spa- lhisation, il faudrait admettre aussi que les couches concentriques sont dues a la mtMne cause, puisque, dans Ics cas ci-dossus enu- (i) T'o\. les Anna/. J tome I, p. 271. ( ^G ) meres, ces deux efl'ets son I inseparables. Par consequent, Its Belemnites seraient des cristallisalioiis, el non dcs organes. Or, celte d»;rniere opinion est insoulenable : la presence d'une inaliere animale , les formes exlerieures, le prelcndu siphon , ralveolile, le« spirozoltes , lout est la pour fixer la place des Belemnites dans le regne animal (i). Le raisonnemcnt que nous avons ttabli pour rexplication des rayons divergens subsiste done, des I'instant que I'analogic des Belemtiiles subsiste. '2°. L'os de si;cbe nous prescnle aussi des cellules convergentcs ; mais elles sonl vides , el leurs parois spathisees alternent tres- souvent , el cela d'une nianiere irreguliere les unes avec les autres. J'ai Tail pressentir que les couches dont se compose l'os de sechc , quoique posterieures les unes aux autres, ne sont pas cepeudant des incrles juxta - positions de maticre calcaire. Je ferai bienlot connaitre la theorie generate de I'ossification , qui comprendra, comme cas particulier, I'ossificalion de la sechc el de la IJelemnite, si je puis m'exprimer ainsi. Si Ton voulait verifier I'analogie de la structure d'un bclton d'oursin aveccelle de la Belemnite, il ne faudrait pas toujours se servir des batons d'oursin fossiles ; car leur coupe transversale offre difficilement alors les couches concentriqucs ct les vais- seaux . 5°. Les auteurs citent quelquefois des Belemnites a deux poin- les, el semblent en conclure que ces individiis sonl le noyau prt- milif dc la Belemnite. Quoique dans la description des especes que j'ai publiees, j'ai deja explique la cause qui a aminci la base de la Belemnite , jusqu'a lui preter, a I'oeil uu , la forme du som- met, cependant, comme celte explication se trouve, pour ainsi dire, noyce dans les details dcscriptifs, el qu'elle pounail bien echapper a rattenlion des lecteurs, je crois devoir ne pas laisser passer I'occasion dela developper. Je poss^de plusieurs individus qui, a I'ceil nu , offienl celte or- ganisation; mais, en les examinanl avec un peu d'altention , on (i) J'ajoulerai que ces stiies sc montrent sur les couches memcs qui bor- dent rempreinte alveolaiic. \ ( G7 ) ilecouvre qu'a une certaine distance de la base de la Belemnite , le cone exierieur s'est exfolie; qn';\ iin millimetre environ de dis- tance, le niTmie accident est arrive au cone immedialement place au-dessous de I'externe, ensuite a un autre , et ainsi de suite jus- qu'au cone, pour ainsi dire, medullaire, qui conserve son integrite, mais qui , 6 cause de son petit diam^tre, simuie en quclque facon une pointe; mais jamais celle pretendue pointe n'est , comme J'autre, integre , iisse, etTilee et aigue. C'est la tout le mystere de c» tie seconde pointe qu'on a cru remarquer sur certains individus de Belemnite. La tlieorie de la formation de cettc pointe appa- renle decouie evidemment de I'opinion que j'ai publiee sur I'ana- logie des Belemnites; car, supposez un appendice cutan^, en- fonce dans le derme d'un animal , vous concevrez sans peine que, si une force queiconqiie vient a Ten arracher, toutes les circons- tances que je viens d'indiquer seront dans le cas de se reproduire. C'est ainsi qu'en arrachant une plume de volatile, on voit que la base du cone exterue reste attachee a la peau sous forme d'un go- det ; ct, si Ton viut examiner alors la base de la plume a la loupe, on s'assurera que Its bases des divers cones membraneux qui en forment le lube se sont exfolies graduellement d'une ma- niere analogue aux exfoliations de la Belemnite. 4°' P''"' I'l description succincte et necessairement incomplete des echanlillons de terrains que j'ai eu a ma disposition , les geologues auront pu se convaincre qu'on trouve aux environs de Castellane, la chlorite et le blue lias. M. Cordier, professeur au iVIuseum , qui a visile depuis pen ces contrees, m'a appris que Castellane et ses environs ne possfedent que deux terrains geolo- giques ; la craie chloritee el ses raames, le lias avec ses depen- dances et ses couches feuillelces sous forme d'argile schisteuse. En consequence, toute ma division ferraginei appartient ;\ la forma- tion du lias , et la division cornel i la formation de la craie chlo- ritee. 5". J'ai re^u de M. de Pouzolz, ofTicier en garnison a Thion- ville, une petite collection de Belemnites, qui m'ont fourni I'oc- casion de former un groupe nouveau,quuique compose de formes connues. Je les comprendrai sous la denomination de Bel. Thion- villm, non pas que je prelende par \h elablir qu'on ne les retrou- vera pas ailleurs; mais ces denominations , tiroes du lieu oii on a ( ^^ ) Ciiil pour la pitiniere lois une observation , u'oflVeiil pas les iiicoii- vtiiicns de celles qu'oii emprunliirait ii des caraclerts geiieriques Irop Versailles et Irop pen tranches pour se preter a des qualifi- calions. Au resle , en genealogie , cet usage n'est pas nouveau; et de mcnie qu'on a dit, le calcaire alpln , le calcaire jurassique , on pourra dire , je pense , sans conimelire une innovation nui- sible : Beleninites de Thionville. Ce groiipe doit etrc place dans In section teretcs , dc la i" divi- >ii)n ferruginei, a cote des Bel. blacliesii , dont il se rapprdche l)eaucoiip. Br I. TldonvUlcei. Tcretes, sSDpe pariim compicssi, basi aliquolies expans" sed asulcl, apice long^ fil acute conico, i — 2 — 3 — 5 sulcato, ila ut transversa illius sectio, fructus a — 3 — 5Iocii!aiis sectionem emulelur, et aliqiiaiido asulco. LiiieS meduilari (si/j/io«eaiict.) cxceatricS, iti» ut alveolites obliqaoincessugrassalussit; colore ardosiaceo, Iseves, nullis spirozoitibus scatente$. BELEMNITES DE THIONVILLE. Cylitidriqucs, souvent un pen comprimees, quelqiiefois s'eva- sant a la l)ase qui n'est jamais marquee d'uii sillon lateral; leur soinmet s'effile en un cone asscz long et aigu , qui est longitudi- nalement marque de 1, a, 3, 5 sillons, en sorte qu'nne coupe transversale imite une coupe d'un fruit a -j, 3, 5 loges, qiielque- fois n'oiYrant aucun sillon. Le cone central ou niednllairc (siphon des auleurs), est tout-a-fait excenlrique, ce qui a oblige I'alveo- lile in se diriger obliqueincnt (1). La coulenr est noir d'ardoise ; aucun spirozoile ne s'y montre. (i) On pourrait demauder comment il se fait que le sommet de ralveolite soil loujours loge dans le centre medullaire de la Bclemnite, et pourquoi, si I'alveolite est un parasite, il ne penetrait pas dans la Belemnite par toute aulrc parlie ? Nous sommes ici sur le terrain des analogies et par consequent des suppositions : on pent icpondre que I'alvioliti', place ^ I'elat d'oeuf dans le corps de Tanimal, dont la Belemnite etait un appcndice cutane, ou dans son dernie, s'insinuait par le canal medullaire, parce que c'est toujours la partie la plus tcndre et la plus succulente d'un organc; et qu'entin, & force d'usrr les parois en s'avan(;ant dans I'inltrieur de I'organe, I'alveolite elait cause que la Belemnite caisait au moindre choc. Qu'on observe Ics Belcmniles ( 09 ) Observaliun. Co groupe a iitc trouvc Jans Ics couchca iurciicurcs du lias, ;\ Jeux lieucs Je Thionvillo, siir I;i rivedroile de ia Mo- selle, aupres dn village, de Dis'rof; les Belemnites claiciil accoiiv- pagnees du beaucoup de Gryplicea arcuata. Qiiand on examine I'empreinle alveolaire sur une coupe loiigi- ludinale de hi Bclemiule , on croirail que le cotti de I'alveoiite qui se trouve dans la partie la plus large de la Belemtiile, est plus incliiie que I'autre; ct ceiui-ci sc rappmclie, par rapporl a la Uasc dela Belemniie, de Tangle droit. Mais celte obiiquile n'est qu'iine obliquite de position, ct non une obiiquile de structure; car, si Ton suppose la Beleninite coupee !i sa base par une ligne pcrpeu- diculaire non au canal medullaire de la Beleninite , niais a une tigne imaginaire qui diviserait ralv'eolile en deux parties cgales , teilesquedoivenllefaireles tranches des^inoes par les articulations des concameratioris , alors on voit que les deux coles de I'alvcd- lite sont egalemenl inclines. Les individus que j'ai refus out, les plus grands, 0^,09 de long, sur o%oi6de large a la base. lis se rapportent plus specia- lemenl aux formes que M. de Bhsinville a designees commc des especes disliiictcs , sous les noms trop multiplies de unisillonuee , trisillonnee, quinquesillonnee, etc. Especes ou formes de ce groupe. Bel. bisulcatus. Bl. Monogr. des Belemnites , in-4% p. 79, pi. 0, fig. 7, a , b , c. Bel. qu'mquesulcatas. Id., pi. 5, f:g. 8. Bel. compressiis. Id., pi. 5, fig. 9. Bel. excentricus. Id. , pi. 2 , fig. 8. Bel. apicicunus. Id., pi. 2 , fig. 0. Bel. ensifurmis. IM. 2, fig. 10. Bel. brevis. PI. 5 , fi. 1 , 2 , 5. Bel. curtains. PI. !\, fig. 5. qui oflficnt une emprcintc alvtolaire, on vena toujuuis inilubilableincut que les hords sont brises ct jamais uetlement terniines. J'ai pouitant observe quclquefois que I'alveolilc avail pris , pendant un petit espace, une aulie route que le canal medullaire, mais qiie, couinie s'il s'etait aperv'u qu'il fc'elait I'oui voye, il ii'avait pas larde i revenii a sa dircc lion habiliielle. Alors le somiuet de I'eiiipreinle alveolaire est double. ( 70 ) La Bet. tripariilus lie serait-ii pas le soinmel J'une deces formes ? Bel. longissimus. PI. 4? fig- 7- Toul autant de formes Irop ana- logues, que I'auleur assure avoir ete trouvees, ou dans le lias, ou dans le calcuire oolilhique. SUR LE GENRE HIEROCHLOE ET SES ANALOGIES, ET SCR I,ES ANALOGIES DU FESTUCA FLABELLATA liAMCR ; PAR M. KASPAIL. Deux glumes {cd) , tanlSt plus courtes, et tantot plus longues que les fleurs, pellucides, luisantes, et coiiime vernies, membra - Ileuses , traversees de trois nervures , dont les lalerales plus cour- tes. Trois bales, dont les deux inlerieures m;l!es , et la troisieme hermaphrodite. Les paillettes cles deux bales inferieures [f) care- nees rigides, membraneuses au sommet , hcrissees de petits poils 4 base bulbeuse, traversees par cinq nervures, plus, deux extremes , que Ton confondrait volontiers avec les bords , mais qui sout, aiusi que la mediane, herissees de cils obliquement re- dresses et presses; la mediane se developpant en arete, soit api- cul.iire , snit dorsale, et qiielquefois partant d'une profunde scis- sure, par le dechirement de la partie membraneuse qui occupe li j>Iace qu'elle eOt traversee, si elle avail continue a croilre sous la forme de nervure ; la paillette superieure (g ') lineaire , mem- braneuse, traversee de deux nervures, et, par consequent, bica- renee, plus ou moins cnntournee; trois etamines males ifilaniens pcu developpes, ecailies auriculees - aigutis (/«'). — La base /J;r- ii/c a paillette inferieure (/") plus lisse, plus molle , herissee qucl- quefois vers le sommet seulement des memes polls tuberculeux que les paillettes m3les, sillonnee de cinq nervures, et toujours niutique, membraneuse au sommet. La paillette superieure i^g') carenee est marquee d'une seule nervure, ou , jiar exception, de deux, et elle est herissee de quelques polls au sommet, deux eta- mines et ecailies auriculees-aigues (/<) , ovaire glabre (/) , ter- luine par deux stigmates presque sessiles , blaacs et distiques du cole exterieur. Graine arrondie, un peu aplatie, mais sans sillou ; Icls sont Ics caraeteres generiques de ce genre. ( ;• ) Linne , ne consiJerant que I'avortement de I'organc fcmelle dans les bales inferieiircs, avail place V Hierocliloe odorata dans !e genre Holcus, a eote d(; VHolcus mollis , dont Tune des deux baits manque le phis souvent d'ovaires. Gmelin (Flor. sibir, torn, i", p. loo), ayant egard sans doule an nombre des bales et an fa- des, erigea VHolcus odoraius de Linne en genre, sous le nnm de Hierocliloe. Los auleurs ont conlinne a conserver te genre; mais sa place a ele marquee plus loin. M. Rob. Brown , s'occupant de ses airini- nites naturelles , le placait pres de V Anthoxanlhtan odoratam ; et ce rapprochement a paru d'une verile ingeniense a un auteur conteniporain. Mais voyez comme nos classifications par families naturelles sont tout aussi arbitraires que nos classifications arlifi- ciclles ! Pour rapprocher r/fi>roc/i/oe de Y Anllwj-anllium , \\ faut snpposer que les b;lles inlerieures perdent leurs organes males et leur paiilelte superieure, et que la paillelle inferieure se depouillc tout a coup de toules ses formes exlerieures , de sa rigidite , de ses nervures, etc. , pour revetir les formes insoliles des paillettes in- ierieures el uniques AeVAntlioxantlium; une fois ce rapproche- ment etabli par un bouleversement qui n'est pas certes frequent dans la nature de ces plantes, il faut encore que la bale ferlile change loutes ses formes , la disposition de ses nervures ; qu'eile perde ses ecailhs, el que les sligmates de son ovaire se depouil- lant de leurs riches fibrilles mamelonnt'es, affectent laforme bordee dc filirilles simples, que nous avons designee sous le nom de sligmates teniwformes. 11 faut avouer que Linne , dans sa classifi- cation arlificielle , forcait moins I'analogie en piacant cetle planle dans le genre Holcus ; il ne fallait , pour legitimer celte reunion , qu'une Iroisieme fleur dans VHolcus lanatus; or, cc gramen a deja, dans le sein de sa locuste, le rudiment de cet organe superieur. Car, de la bate superieure de la deuxieme fleur part un pedoncule assez visible pour qu'on ne soil pas lenle de le revoquer en doute. Du reste, la forme des sligmates, des ecailles, des pailleltes, et nieme des glumes rend ce rapprochement moins force que celui qu'avail entrevu iM. Uub. Brown. II est vrai que, dans ma clas- sification des graminees, j'ai place moi-meme VHierocldoe pres de VAntlwxantlium ; mais c'clait dans des vues cerles dilTerenles de cclles de M. Rub. Brown, el je n'ai jamais cu rinlentiou de fairc ( 70 coqsiiloror ma classification que comme un nioycn arlificiel , mais sftr, de relrouver les genres que j'admettais ; ct je n'ai jamais iaisso passer I'occasion de declarer que cello clusse si natiirclle ne pent etre coupee en iamilles naturelles , que par des coupes arbilraires, ol par des rapprochemens forces. Je me propose de suivre, dans cclle courlc nolice, une marclie plus nalurelle que ceile des families naturelles. Je chercherai a re- counailre, par les principes que j'ai eu deja I'occasion de deduire de I'experience, dans quelles limiles les caracteres generiques du genre Hierochloe Tpcuycnt varier; el la consequence qui decoulera naturellement de ce travail a ele trap peu prevue, pour qu'elle ne fOt pas capable de surprendre les esprits, si je I'enoncais sans ces preliminaires (i). i'. L'arete dont sont munies les paillettes inferieures males (/* ) de cerlaines especcs de ce genre, est un caiaclere trop variable, pour ne pas en faire abstraction. Supposons done un Hierocltloe rautique (pi. 2, fig. I). 2°. Depouillons des poilsa base bulheuseles paillettes inferieures mrdes, en ne conservant que les oils qui herissenl jusqu'a une cor- laiiie hauleur les nervures extremes et la mediane : les poils a base bulbeusc disparaissent el apparaissent lies-frequemment ; e!, d'apres tout ce que j'ai eu I'occasion d'observer dans la loiigue se- rie de mes recherches , leur presence est presque toujourseu har- monic avecl'avortementdes organes sexuels. S'ils disparaissaient, il est infinimeul probable que I'organc fcmelle se dovelopperail dans lesein des deux paillettes de la fleur ordinairemenl nj;lle de nos H ierochloe. Or, cct organe fcmelle se developpeassez frequem- ment dans ces b5les inferieures. Gmelin elson ami le baron Bielke avaien>t souvent observe ce fait dans le scin de la deuxieme brde ; Roeler et Uolh ont vu les deux inferieures ferliles, et j'ai moi- meme frequcmment trouve eel ovaire assez avance en developpe- ment, dansl'/f. antarcticadeAa Nouvelie-Hollande (pl.4.fig- IX.t')> des lies Malouines (pi. 2, fig. 11*'] II n'y aura done ricn de contraire aux regies de I'analogie, que d'admettre que la nature complete fi) Les niSmcs ledres designanl les mSmes organes, le lecleur n'auia pas besoia d'autres renseignemens pourse relrouver dans la verificalion desfigur(.s d'analyse qui couvrent les tiois plancheis de ce travail. cetlc ebanche ilans les deux bales ini'eiieures de VHicrucldoc. JNous aurons done alors deiix glumes inegalcs lisses el a Irois neivures, des bales lisses liermaphrodiles , doiit la paillelte infeiieure care- nee, membraneuse au sommet, esl traversee de cinq iiervures, dont les exuemcs et la niediane sont herissees de oils assez longs, el j'ajouterai meme , donl la base esl oinee par derriere d'une houppede polls. Or. qu'oii comiiaredescrijilion ;'» description, figu- re u figure, et notre Hicroc/itoe se ttansroriiiera en Poa (pi. 2, fig. IV). On ponrrait objecter que la paillette superieure do la fleur fer- tile dans VHierocfUoe est uninerviee, et que dans les Poa, au con- traire, elle est binerviee. Mais celle paillelte se Irouve aussi , quoique plus rarement, binerviee dans las Hierochloe, ainsi qu'on le voit (pi. 2, fig. II g). Et si celle planle n'etait pas condamneea ravorteuieiit dcs organes infcrieurs , elle conlinuerail a se deve- lopper par lu sotnmel, et sa nervure mediane fournirait au deve- loppement d'une fleur superieurc, et deviendrail, de cette nia- niere, binerviee elk-niC-me. Uien nt; se detache ordinairement de sa substance, parce qu'elle se trouve frappce d'epuisement. Oq objecleca encore la fwrme des sligmalcs , el celle de !a graine, coinmc offrant des dilTerencescaracterisliques. Mais, si I on se rapjiclle que toutes les graiues onl un sillon dorsal, lorsque la paillelte superieure de la bale qui les renfernie est munie , a su base, d'un pedoncule d'une fleur superieure qui laisse sur la graine one empreinte , en pressant contre sa surface , on reslera con- vaincii que la graine de VHierochloc serait analogue a celle des Poa, si la paillelte superieure de la Iroisieme fleur de VHierochloc donnait naissance au pedoncule d'une fleur superieure. Quanl aux stiginates, plus svelles dans les Hierochloe, ils n'en onl pas luoins la plus grandc analogic avec les sligniates des Poa, ainsi qu'on pent les coufronter par la fig. VIII de la pl. 4 ; et rien nc s'oppose a ce que les stigniates des Poa ordinuires devien- nent plus elances, ou que ceiix de VHierochloc elendent leurs fi- briiles et deviennent de la sorte plus elargis. En consequence , admettons la suppression de I'arete , la inaturite de Torgmc fe- nielle donl le rudiment avorle, et le developpenient de la ner- vure mediane de la paillelte superieure, Irois circonslances qui n'ont aucune stabilile reeile , el ce genre \ o[An de V A nthoxan- tliitmT^assc immedialement comme especc daus le genre Poa, tel ( 74 ) que je Tai limile dans ma cla3sificalion. Je ferai raetne , a ce su- jet, I'aveu d'une mepiise dont roiigirail sans doute iin de ces bo- tanistes qu'on pourrait appeler les puristes de la science, mais que le bolaniste philosophe ii'aura pas beaiicoup de peine a me pardonner, apres avoir mOreinent pese I'analogie piquanle que je viens de signaler. J'avais disseque et dessine nne flour isolee que j'avais detachee d'un echanlillon qui ne nrappartenait pas, et >non eliquelte sc trouvait perdue. Cette lucusle m'avait offerl , comme on le voit suria pi. 4? fig- IX, danschaque bale in£erieure, des organes femelles si bien conforiiie*, quoique prives de slig- mates, que je les considcrais comme sphaceles par une de ces causes nonibreuses dont on retrouve a chaque instant les efTels dans la dissection des gramiuoes. Je relrouvai unorgane complot dans Tune de ces trois bales , et je ra'assurai que rien ne s'oppo- sait a voir dans cette fleur celle d'un Poa , qui serait devenu arisle ; j'annonpai meme cette idee dans les principcs de ma clas- sification. Bienlot apres j'eus I'occasion de dussiner VHierochloa antarctica , provenant de I'herbier de M. Rob. Brown lui-meme; et le hasard m'ayant fait placer les deux analyses en presence, je reconnus ma meprise; j'avais dessine deux fois , et sous deux noms divers , le meme echantiilon ; mais mon erreur ne me fut point inutile, car je venais de decouvrir qu'en m'ecartant dis principes des ecrivains, j'^tais retombe dans ceux de la nature ; je puis , je le pense , me dispenser d'en rougir. La nature est dans le cas de menager de semblables surprises auxbolanisti'S les plus avises. Car, que i'ovaire spbacele sedeve- Iop[ie dans le sein de chaque bale infcrieure, et que la nervure mediane se developpe en arete sur le dos de chaque paillette infe- rieure, comme on le voit fig. II, pi. i , des ce moment, anxyeux de ceux qui n'admettent que les anciens erremens de la classifica- tion des graminees, VHicrochLoe antarctica deviendra une espeoe du genre Arena. Je suis meme tente de croire que ce cas s'est presente a I'egard de Techanlillon de Forster. M. Labillardierc avait rapporle VAira antarctica Forst. a son genre Disarrhenum quj n'est que VHicrocldoe antarctica. M. Rob. Brown [Prodr. nov, holl.) annonce que sur la foi de I'echantillon meme , il a reconnu que VAira de Forster etait une espece d' Arena. Mais le savant Anglai n'en jugcait olors que d'apres Its principts* generiques de Ljnnt' , el il nc nous donne pas d'autrc renseignemenl «u sujct des diffe- rences des deux plantes. J'invite I'auteur ii verifier ma conjecture, et i eu moliver la refatalion, dans le cas oii j'aurais nial provu le fait que je signale. II est infinimont probable que la dissidcnce qui regnea cet egard cntrelui et M. Labillardiere, neprovi*-nt que de la presence des organes generateurs dans les fleurs inferieures de la locuste que HI. Rob. Brown aura analysee, et de leur absence dans les fleurs inferieures de la locuste qu'aura analysees iM. La- billardiere : que celte conjecture soil fondee ou non, il ne sera pas inoins utile i la science que M. Rob. Brown nous donne une explication accoinpagnee de loutes les circonslances necessaires pour eclairer la qnejlion. Jc profile de I'occasion que me fournit le rapprochement que je viens d'etablir entre les Poa et les Hierochloe, pour reveler un autre rapprochement enire les Poa, le Festuca flabellata Lamck., et deux autres especes nouvellement decrites , que nous allons reconnaitre comme de simples transformations de cette dorniere. Le Festuca flabellata dont on voit la panicule ( pi. [\, fig. I ), et I'analyse ( pi. 4, fig. II ) , affecte tons les caracterts generiqiies d'un Port, tel que nous avons decrit ce genre dans notre classifi- cation. Deux glumes {c d) inegales, dont Tune i — nerviee , et I'autre 5 — nerviee. La paillette inferiture (/") carenee et Iraversoe de cinq nervures, dont les Jeux mcdianes moiiis prononcees, la graine carence par devant et sillonnee par derriere , Its ecaiiles auriculato-bidentees (A) et I'ovaire (() glabre, surmonte de deux stigmates distiques [k) ; a ces caracteres essenticis on ne saurait mecunnaitre un Poa. Le sommet de la paillette est, il est vrai , surmonte du prolongeraenl de la nervure mediaue sous forme d'arele, niais on voit ce prolongement varier de loutes les ma- nieres; et, du reste, il est aujourd'hui certain que ce caraclere ne pent pas meme elre un caractere specifique. Rcmarquons au reste que, dans les vrais Festuca , I'arete est en general le prolon- gement des cini] nervures reunies. et non pas le prolongement exclusif de la nervure m^diane. La surface exterieure de la pail- lette est his[iii]e dans le Festuca flabellata, mai^ ce caraclere dispa- rait si souvenl sur les vrais Festuca, que nous n'y ntlacherons qu'une importance individuclle. Le port de la planle, la structure rompactc de sn panicule le rapprocherait du Dactylis, genre que ( 70) j'ai confonilu avec Ics Festuca; hiiiis les Daclylis, couimc les Fesluca, ont leur paillette inferieiire et la face anttTieure dc la gi'dine concave, et le Festuca flaOellata a ces deux organes carenes , sorle de caraclere qui, en definitive, est le seul qui eepare reeiie- inent les Fesluca des Poa. Ainsi, dans notre classification, le Festuca flahellata vient so ranger comme Poa jlabellala, Les pail- l(;tles iiiferieures de ce dernier n'offrent pas a leur base ces poils ployes en zigzag, et qnelquefois appliques centre la nervure me- diane qu'on leniarque vers la base des paillettes inferieures de nos Poa indigenes ( pi. 2, fig. IV ). Mais ces poils tombent a la miitn- rite sur nos Poa; et le Poa flabcllaia que j'ai figure (pi. l\, fig. II), itait parvenu a sa plus grande maturite; les auteurs qui Pout observe aiiparavani ne le possi'duient pas, selon ce que je puis pre- sume r , a un elat inoins avanne. Je vais faire coiinaitre des tails qui rendront infiniment probable I'existence de ces poils pli^ses a la base des paillettes encore jeunes de notre Poa flabelLata. Parmi les grauiinees dc la Flore des i!es Malouines que je dois ;i I'obligeance de iM. Durville, se trouvent deux especes qui vicnnent dans ces parages aussi aliondanimenl que le Poa jlabellata. L'une a etc publiee sous le nom A^Arundo alnpecurus , par M. Gaudi- cVaud [Flor. des iles Malouines, Ann. des Sc. nat., mai 1825), el I'autre sous celui d'^r. anlarctica , par M. Durville [Flor. des iles Mai., Ann. de la Soc. linn, de Paris, vol. IV). Ayant fait Fanaly^e de ces deux gramens , et surtout du der- nier, je ni'apercus que les caracteres qui avaient engage les deux auteurs a placer ces especes dans le genre Arundo , c'elaient les poils en zigzag, analogues a ceux que nos Poa portent a la base de leurs paillettes; que, du resle, les deux especes n'avaientaucuii autre rapport avec les veritables Arundo , te!s que j'cn ai fixe les caracteres distinctifs dans nia classification. La deteruiinaliou de ces deux especes etait d'i.illeurs consequenle, a I'epoque oii Ton faisait entrer duns les Arundo lous les gramens difficiles dont la base des paillettes elait orr)ee de poils; inais ce fait aclieve de i.ous prouvcr qu'alors la classification des graininees etait une classi- fication arbitraire et de convention; car, si les agrostograplies avail nt voulu etre fideles a des principes , ils auraient dft aussi faire passer nos Poa dans les Arundo. Mais ce n'esi pas la ce que nos deux gramens m'oflVirenlde plus ( ;; ) piquant. VArundo alopecurus Gaudich. in'offiail, avec Ic Fesluca flabcllnia, les plus grands rapports d'analogic. Done d'une stature inoins clovee, il est vrai, ses feuilles sont disposees en eventail, sa panicule (pi. 4, Og. I.) nioins rigide que celle du F. jla- bellata (pi. 4, fig. II), est tout aussi riclie el aflfecle la niGuie forme cl Ics menies dimensions. Ses locuslej, plus elancees (fig. V, pi. 2), presenlentle meme aspect exterieur. Ses paillettes infe- rieures n'cffrcnt aucun de oes polls en zigzag qui ont determine W. Gaudichaud a fairc passer celte espfece dans le genre ^Jrundo; el la substance ligneuse de ces paillettes, en m'apprenant que la locuste devait avoir atleint la malnrite , m'expliqiiait a-scz la cause de I'absence de ces polls (1). Mais je ne Irouvai jamais dans rinterieurdes bales que les org;mes males avec un rudiment avorle ( jd. 2, fig. yii' J), que les regies les plus saines de Taualogie doi- venl nous faire considerer comme un ovaire avorte; j'ai uisseque une foule de locusles sans avoir pu Irouver autre chose que ces organes; et qu'on ne dise pas que les graines elaient toaibees; car, dans cc groupe de plantes, les graines restent toujours envc- loppees des deux paillettes; du reste , qnand la graine a muri, on ne rencontre plus de traces d'anlhferes; et les ecailles peuvent dillicilinienl ?'iibtenir a I'etat dinlegrite. A cet avortemeut des organes de la generation se joignait (par une synipalhie que j'ai deja signalee dans nn travail pn cedent) ravortcment de deux ner- vures de la paillette inlerieurc. Tontes ces cii'constauces, je les relrouvai exactemenl sur I'y/r. anlarclica l>urv. (pi. 2, fig. Ill), inais ici le^ poils en zigzag du genre Poa n'elaieiil point tombes , cl la paillette n'^l.iii nulkinent chargte des asperites qui couvrent celles de VAr. alopecurus Gaud. La plante elle-meiue avail un au- tre fades, et sa pauiciile elait liiieaire ainsi que ses feuilles. Afin de decoiivrir maintenant les analogies, et je puis dire d'avance ridenliie de ces Irois espfeces, soumeltons loules leurs differen- ces a line espece d'equalion, en deleruiinant la valcur des ca- (1) Je me souviens que M. Durville me declarait que ce n'est que d'apiis les echantillons de M. Gaudichaud qu'jl avail pu determiner cet A. alope- curus , et que ['absence complete dps poils so serail sans cesse opposee i ce qu'il le d»'leimin;'it sans ce secours. ( ;8 ) ractercs par les principes que j'ui ctablis dansle precedciil travaif. ( Voy. J tin. des sr. d'obs., loin. 1, p. 4o6.) 1° La forme de ia panicule n'cst point un caraclere speci- fique =o ; 2° La fonne des feuilles n'esl pas un caraclfere d'une aulre va- lour = o; 5° La stature de la planle n'est pas un caraclere specifique = o ; 4° II faut en dire autant des asperites qui couvrent les pail- lettes =z o ; 5° La couleur des paillettes, verdStre dans VAr. antarctica, fig. II, pi. 3, et jaune de paille dans VAr. alopecunis Gaud., depend de I'age de la plante et du sol ou de I'exposilion; naais comiTie caraclere specifique =: o. Or, loules les differences de VArundo antarctica existent inclu- sivemenl dans les caracteres i°, 2°, 3% 4°> 5°; done ces differen- ces =^o; done, VArundo antarctica et VAr. 'alopecunis sont deux formes individuelles, et, par consequent, deux effets saillans des influences qui ont preside a la vegetation tie la mfinie cspece de graine. Mais, d'un autre cote, i° I'absence de I'ovaire ou plutot son avorteuient ne conslitue qu'un accident local et non un caractere d'origine. Done :^ o ; 2° Gel avorteinent entraine presque infailliblement la dispari- tion des nervures laleraies. Gette disparition ctant la consequence d'nn accident, ne pent pas etre un caractere specifique. Done =: o ; 30 La longueur des paillettes est non-seuleinent un caractere nul sur des especes fertiies, mais encore elle est ia consequence de Taccident n" 1°. Done = o ; 4' La forme du sommet de la paillette n'est pas un caractere specifique, et le proiongement de la nervure mediane est un ca • ractfere individuel. Done comme caractere specifique =:o. Or, VArundo alopecurus ne diff^re du Festuca flabellata que par les caracteres 1°, 2°, 5°, 4°' Done VArundo alopecurus et le Festuca flabellata ne different nuUement entre eux comme especes ; mais VArundo antarctica est identique avec VAr. alopecurus ; done ces trois especes doivent etre reunies comme accidens d'une seule espece au Poa flabellala Nob., et des lors cclle-ci reunit tous les caracteres generiques de I 79) Port, jusqu'aux polls en ligza^', qui, jusqu'ici, n'ont etc Irouve*, iivec telle disposilion , que sur les cspcces de ce dcrnitr genre (i). Plus le nonibre dcs especes d'un genre s'augmenle , et moins on aiine les reunions analogues a celle que je propose. II faut avoner que celte aversion serait fondee , si ioutes ces especes ttaienl solidenienl elablies, puisque les divisions sont creees pour la fucilile de la memoire, et que Ton se retrcuve avec peine au milieu d'un Irop grand noinbre d'especes , qu'aucune division ne viendrail classer. Mais si je parviens , comme je suis en droit de le pronieltre , a appliquer au genre Poa ks reductions que j'ai operees pour le genre Festuca, la reunion que je propose n'eprou- vera plus de difliculle , a moins qu'on ne veuilie faire des genres a une seule ou deux ou trois especes. Au reste , alors ineme que celte reduction des especes que je viens d'aunoncer ne serait pas possible , si les Poa que je viens de determiner, ne se dislinguent pas des aulresPort, par un caractere susceptible d'etre exprime par une formule generique, en depit de rencombrement que leur ar- rivee amenerait , ii faudrail bien ne pas les cxclure. Quant aux Hierocliloe, dont j'ai demontre I'analogie avec le genre Poa, qu'on ne pense pas que je les reunisse a ce genre. Comnie leurs caracleres, quoique cerlaineirient accidenlels, sont faciles a reconnailre et a designer, que ces lormes se relrouvent habituellement dans les memes parages, et reparaissent avec Cons- tance et exclusivement dans les memes lieux, nous devons syste- matiquement les considerer comme des especes I'ormant un genre distinct, puisqu'en verlu des principes que je crois avoir elablis dans le travail precedent, I'espece doit etre delerniinee, une forme conslautc dans un climat, une exposition et un sol donnes. Or on pout etab'ir, en principe geographique , que les Hierocliloe (i) J'oycz, sur la disposition des poils caracteristiques de I'Jrundo phragmi- tcs L. {Cynodon phragmitcs Nob.), le Bull, dcs sc. nat. ct de geol., lorn. XIV, n" 2iS. Je proCterai de cette circonstance pour annoncer que la variele que j'avais intitulee Cyn. Petiti, et qui croit dans la Ibntaine de Satcc;, prfs Nar- bonne,est idenlique avec VArundo maxima Foiskal, ainsi que je in'cDSuiscon- vaincu par I'analyse. J'ai tout lieu de croire que VAr. isiaca Delile n'en dif- fere pas. Ainsi cette- variete doit recevoir le nom dc Cynodon maximiis Rsp., avec la synonymic {Ar. maxima Forsk. ct Ar. isiaca Dclii. ?) ( So ) ne cnmmenoenl a se montnr, dans I'lin et I'aiitrc hemisphere, (iiio vers le fx)' ,O(.4 o'",oo5 A[)pendix de Pod flabellatd Nob. Poa flabellata; loculis contortis, p;ltjmis paleisque iinearibus, stigmalibussimpliciler distichis (pi. 4? ''&• XI). Festaca flabellata Lainrk. ; Daclylis cwspitosa Forst. ; Giayenl Pernetty, ton). I, p. 545. Festuca flabellata Gaud, et Durv. ! Flor. des lies Malouines. Culmus 4-6 pedalis , rubens , sub paniculam nudus, basim vcrsi'is foliis inibricatis et distiche flabellatis vestitus, limbo lato , colore luteo. Panicula dactyliformis (pi. 4, fig. I), o^jiSlonga, 0°", i3 palens , rubens; locuslis adpressis confertissime etbrevis- sirae pedunculatis ; et plerisque ut in Cynosuro abortu 1- palea- ceis, fonnam locustaruui Dactylis glomeratm reiei-iii\\^ihi\s; ^\a- mse (c, ^/) lineares, membranacere leves, carinatae , ina^quales 3-5 florae flosculo longiores; inler. \- nervia, superior 5- nervia. Palea inferior ( /") cari'nala, scabrata, uno latere compresso, altero convexo , quinque nervis exarata quorum intermedii bini graci- liores et medianus mucronis inslar apicem irregulariter erosum superat basi pilis plicalis? caducis, Poarum instar, ornata. Palea sup. {g) bicariiiala membranacea, binis nervis crassis exarata. (87 ) apicc fisso. Ovarium glabruin stigniala gerens simpliciter dis.licha, albicanlia, loiiga, ?at longo slyio imposita. 8laiiiiiia feime an- tlieris lioearibus; squamae (/«) binte auriculalo-acutae. Varietates masculcc : Var. A. Poa alopecurus; panicula et fiicie prioris (p. 2, fig. V el pi. /,, fig. I ). Arundo alopecurus. Gaud, et Durv.! Flores des iles Malouines. Sequentibus a priore differt : statura bipedali , foliis laevibiis convolutis, panicula minus a foliis dislante. Locuslis majoribus. paleis non mucronatis sed acutis, 3 - nerviis. Obs. Vagina aliquando o^^ao longa ; ligula membraiiacca , acuta aut bifida o", 08 longa, limbus o"", aS longus. Var. /3. Poa antarctica; foliis paniculaque linearibus, locustis laevibus (p. 2, fig. Ill, et pi. 4? fig- H)- Arundo antarcUca, Diirv. ! Flor. des iles Malouines. Apra?cedenli difiert sequentibus : culmo gracillimo, foliis fere setaceis, vagina superior! 0°, i5 longa. Ligula o'°,o5 longa, acuta, limbo o^joS longo, o",oo lato. Panicula o", 10 longa o^jOiS pa- Itnte, paupenima. Locustis laevissimis herbaceo colore. Poa flabellata cum varietalibus ubique frequens in arenis ma- ritimis, iles Malouines. Infra cespites Pom flabellaiac innumeri aptenodites suos nidos cottdunt in insula aptenodiium (Durville). Sequitur tabellu mensuraj parlium floralium (i). Poa flabellata. — alopecurus. — antarctica. Glutn. inf. o°',oo45 O^jOOJ o°',oo7 Gl. sup. o°>,oo8 o^jOoS Palea inf. o^jOoS O^jOOJ o,°'oo75 Pal. sup. Anther. o°',oo45 o^jOoS o^jOoS C^jOoSS o,"'oo4 Squat o°',ooi5 N.B. J'invite les botanistes ^ me gratifier des especes de gra- minees dont ils pourraient disposer. Co n'est que sur un grand uombre d'echantillons dc localiles differentes qu'on pent etablir des descripiions comparatives. Je profiterai de cette circonslance (1) .Ic prie Dies lecteurs de ne pas negligcr I'cxplicalion des planches'; je tArhe en gunuial de la rendre descriptive. ( 88 ) pour exprimcr ma reconnaissance a tous ceux qui, jusqu'i pre- sent, se sent inonlres si genereux envers moi ; ce sent Mftl. Leon Diifour, Prost a Mendes , Hooker, Durvilie, Petit, d-ePouzolz, Soleirol, de Cuisne, Lc Normand a Vire, Banon a Toulon, Buchinger a Strasbourg, Enieric a Castellane, Fee, Lesson, etc. Explication cles planches 2, 3, 4- N.B. 6=:locusle d'une panicule. c=^ glume inferieure. rf= glu- me superieure. /"= paillette inferieure. g=z paillette superieure. A^=ecailles et la letlre qui suit=une des formes du tableau pu- blic {Jnnal. des Sc. nat., iSaS). izrovaire. i'=ovaire avorte. /:= stigmales disliques. /= graiiie mOre. Les organes des bales ste- riles sont designees par les memes lettres, mais accentuees. p'=: feuille caulinaire. p= feuille paniculaire. t=z pedoncules de la panicule qui repr^senlent le bourgeon des feuilles caulinaires. ( PI. 2. ) Fig. I. Hicroc/doe odorata Nob., var. mutica. J'ai represente dans tous leurs details deux locustes, appartenant chacune a im iudividu separe. Tous les organes marque? A appartienneut a la locuste A. Tous ceux marques B appartienneut a la locuste B. J'ai voulu montrer par la combien les formes accessoires etaient susceptible? de varier sur des individus differens. L'individu A etait plus rougealre , et sa locuste, comme on le voit, plus grele que celle de I'autre. Elle avait o'",oo4 de haul et I'aulre o",oo5. Fig. IL Hierocldoe antarctica. L'organe marque h" a ete Irouve ainsi que l'organe i' dans une bale male. Le premier rappelle evi- demment la forme de deux ecailles sur I'une desquelles serait or- ganiquement adherent un ovaire rudimentaire avec les rudimens de ses deux stigmales. Fig. III. Variett; avortee du Poa flabcllata '^oh.; c'est VArundo antarctica Durv. Flor. des iles Mai. L'organe /«'y offre un ovaire avorte sous forme de cone. Fig. IV. Bale A'onPoa bulbosa de nos environs destinee a faire ressortir I'analogie de nos Poa avec la variete precedente. Les poil* Hwt ici appliques contre le dos de la paillette, mais en les ( 89) detachant, on voit que primitiveiiiont ils sont ployes en zig-zag comme dans la fig. III. Ces poils-la sont caduques, et A la matu- rite on n'en Irouve plus de traces. Fig. V. Vaiiele avortce du Poa flabcllata Nob. ; c'esl VAr. alo- pecurus Giiud'ich. On voit un ovaire avorte en h'j. ( PI. 5. ) Fig. I. Bale de VHierocliloe odorata, var. aristata. Pig. II. Hicrocliloc pauciflora R. Br. ! Flor. Melv'd. Fig, III. Hieroc/iloeBorealis'id. ! Ibid.; la pailletteinferieure (/"") de la 2' fleur male est divisee jusqUes vers la base, et du milieu de celte division partune arete assez longue.L'autre, c'est-a-dire la 1", estentiere au sommet (/"'). La paillette infcrieure fertile (/") presente quelquefois 4 nervures par I'avortement d'une laterale; mais les nervures ne sont bien visibies qu'au sommet. Les stigma- tes (/i) ont deux ou troispoiis a la base qui tiennentlieii defibrilles. Ces deux plantes sont representees ici de grandeur naturelle. Je les tiens de M. Hooker, professeur ii Glascow, en !^cosse. ( PI. 4. ) Fig. I. Panicule reduite du Poa flabcllata. Celle de la variete alopecitrus est un pen moins compacleetplus aplatie par la dessic- cation , parce que toutes ses locusles sont vides. Fig. II. Panicule reduite de la variete antarctica du Poa flabeL- lata Nob. Fig. III. Panicule reduite de VHotcus odoratus Mich. ! Fig. IV. Panicule de VHierocliloe odorata, telqu'il se trouve en Russie. C'esl hi la seule difference enlre ces deux prttendues es- peces. L'Holcus odoratus de Michaux possedeaussi des feuilles ba- silaires tres-longues ; mais ces I'euilles appartiennent a des jets avories, et leur allongement est une consequence du milieu dans Icquel croissent ces individus, je veux dire, des prairies inoudees du Canada. Fig. V. Panicule reduite de VHierocliloe antarctica Durv. Fig. VI. Panicule reduite de VHierocliloe redolens Vahl. des lies Malouines. Fig. VII, J'ai represente n\\\n6\y\(^\\\\^'n\ilQV Agrostisspicavciiti ( 9«> ) que j'ai decrit dans le travail sur les caracteres specifiqiies des j^raminees. (Voy. Jnn. des Sc. d'obs., torn, i, p. 421.) Fig. VIII. Sligmate gross! cent fois d'lin Poa annua, pour mon- trer son analogic avec les sligmales des Hieroc/tloe. II est vu par sa surface exlerne qui seule est dislique. Fig. IX. Hierocliloe redolens dc la Nouvelle-Hollande, tire de I'herbier dc M. Rob. Brown. On voit (<') un ovaire avorte lei que j'en ai trouve tres-souvent dans les especes de gramiuees nionogames. On remarque a la base trois nidiniens ou d'elamincs <>u d'ecailles. Get ovaire appartient aux billes inferieures de cet Hierocliloe. Fig. X. Hierocliloe rcdolem des iies Malouines ou du detroitde Magellan. Fig. XI. Poa flabellata Nob. {Fesluca flabellata Lamck. et Durville.) BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE. CHIMIE ORGANIQUE. EXAMEN DES KECHERCHF.S NOTJVEILES SUR l'aMIDON ET SUR l'hORDEINE ; PAR Rl. GiiJBOTiRT. {Journal de Cliimie medicalc f)""" aunee , mars et avril 1829.) Je ne sais pas pourquoi les anciens qui ont represente la fortune volant sur une roue, n'onl pas pense , pour faire le pendant, a nous montrer la pauvre verile s'avanpant sur une torlue. II y a pres de cinq ans que tout ce que vient de nous redire ftl. Guibourt, a ete lu et mis au jour avec une publicite assez grande ; rien ne fat adopte alors ; tout fut nie avec une opiniatrc aversion. On se rappelle sans doute encore la seance de la section academique de pharmacie, da'iis laquelle les membres les plus respectables s'ole- vaient centre celte innovation scientiflque avec des transports qui tenaient de I'indignation. Et certes, on etait en stance publique , et I'on se menageaitafin de conserver le rfccora/tt ; mais ausortirde I'auguste assemblee, c'etait bien pis encore ! Jamais i'auteur d'unc niauvaise action ne provoqua un dechainement aussi unanime. Comment? declarer a messieurs les pharmaciens, que leurs ana- ( 9' ] lyses organiques servaient inoinsa nous faire connailrcla nature , qu'a nous apprendre la si-rie des manipulations tie leur laboratoire ! qu'il leurarrivait tres-souvent dc prendre des melanges, meme grossiers, pour des substances immediates ; cl surtout des organes pour des cristaux! On se facherait a moins. Aussi, pendant tout ce laps de temps , qui ne laisse pas que d'etre une grande portion de notre vie(i), rien n'a ete oublie pour livrer au ridicule nos heretiques conceptions. M. Cavenloufut charge d'atlaqucrde front I'ennemi de la chimie pharmaceutique; et, il iaut I'avouer, il s'en lira en homme qui se sentait soutenu. II n'avait, disait-il, repete aucune experience; seulement, sur I'invitation de U. Edwards, il avail mis loeil a I'oculaire , mais il s'6lait hal.^ de le relirer, voyant bien d'un seul coup toute i'absurdite de la decouverle, et ''ne voulant pas deroger; et il ne manqua point de comparer nos opinions aux reveries de Paracelse. Celte leponse lue avec assu- rance, ecoutee avec indulgence, fut inseree dans les Jnnales de chimie et dc physique, torn. 5i , mais a I'insu de M. Gay-Lussac, qui etaitalors absent. Ce savant, a son retour, nouspria de croire combien cette insertion le contrariait , et nous invita a lui confier une reponse qu'il insererait dans le plus prochain numero ; nous cedames k I'invitation de cet iilustre academicien; notre reponse fut inseree , et le combat finit i'aute de combattans. ( Voy. Annal. de chimie et de p/iys., t. 32. ) On abandonna celte manoeuvre qui etait evidemment capable de compromeltre trop de reputations ; car, comment ne pas se compromeltre , quand on veut refuter sans avoir vu?"On conlinua a analyser comme auparavanl; a creer, comme auparavant, de nouvelles substances; a professer, comme auparavant, !es anciennes idees. De temps en temps on alterait le sens de ce que nous lisions a I'Inslitut; le Journal de pharmacie etsurtout le Journal de chimie medicate ne restaient pas en arriere dans ces sortes de procedes. Disions-nous que, toutes choses cgates d'ailleurs. , le viicroscope d'Amici est infer ieur a tout autre microscope? On nous faisaitdire que le microscope d' Anuci est leplus mauvais de tous les viicroscopes. Le president de I'Academie retirait-il des mains de M. le secretaire une leltre qui n'elait pas (i) Grande tevi spatliim Tac. (9=) encore du domaine dc la correspoudance? le Journal de chimie medicate ne manquait pas de dire que celle letlre avail ele inter- rompiie a cause de certainr.s personnalites. Enfin, il n'est pas jus- qu'aux beaux vers de Lefranc- de- Pompignan qui ne soient devenus des amies eiitre les mains des redacleurs de ce dernier journal. Nos lecteurs nous dispenseront de leur dire que nous ne repondimes a des precedes aussi nialadrnils que par le silence de la conviction, et que nous laissames au bon goflt et a Topinion publique le soin d'en ("aire une ample justice. Car, telle est la na- ture de la v(5rite; attaquce de toules parts, elle s'avanee en silence a travers ceux qui I'altaquent, et se trouve bientot, comme par enchanteraent , maitresse de ses ennemis, encore toiite criblee de leurs coups. Tandis que nos pharmaciens persiflaient , que nos professcurs dissimulaient, les observateurs nalionaux eletrangers,' les chimi^tes de province, les manufacturicrs les plus habiles, re- pelaient nos experiences, les discutaient, les adoptaient, et nous honoraient d'une indulgence a laquelle,j usque-la, nous n'avions pas ete accoutumes. Enfin, la cause du microscope ctait gaj;nee; cet instrument devenait, pour ainsi dire, un reactif. Force etait bien i messieurs les pharmaciens et les chimistes de la capitate del'adop- ter , et dese laisser entrainer par I'opinion (jui est larcine da monde. Cependant comment faire ? accorder gain de cause a un auteur qu'on avait tant poursuivi ! chanter palinodie! faire une espece d'ainende honorable ! on ne doit pas s'y altendre. fllais une section de I'Institut avait deja donne un exemple assez piquant (i); on n'avait qu'a le suivre; ce parti parut plus conforme a I'honneur du corps. En consequence, M. Guibourt s'est charge de declarer que, depuis I'altaque de M. Caventou, la question etait reslee indecise; il I'a reprise de nouveau; il la decide; et, comme c'est M. Guibourt qui refute M. Caventou, la pharmacie pourra, sans deroger, croire enfin que la (ecule est un organe; nos professeurs de chimie pourront , sans chanter palinodie^ annoncer A leurs elfevesque M. Guibourt vient dc demontrer ce que M. Raspail n'a- vait fait qu'entrevoir; et M. Berzelius lui-meme qui, suria foi de M. Caventou, avait repousse expressement cette decouverte, ne (i) Voyez Jnnales des Scicnc. d' observation, t, 1, p. 23o, et surtout p. 265. (93 ) refusera plus cJ'y croire. Car I'autorile de M. Guibourt est hien digne de balancer celle de M. Caventou. W. Guibourt adople tout , A I'exception d'une idee qu'il altaque en consequence Ires-longue- nient, mais, on doit I'avouer, avec des formes honneles et en prose, ftl. Guibourt el ses honorables colleagues sont enfin con- vaincus que la science doits'exprimer, non avec le delire poetique, mais avec le calme de la raii^on ; or, a ces conditions nous ne de- daignerons plus de repoiidre. Nous examinerons , dans deux paragraphes separes, comment M. Guibourt prouve ce qu'il adopte dans notre travail, et com- ment il relutc ce qu'il n'adopte pas. 1". M. Guibourt conviont enfin que chaque grain de fecule est nnorgane, nffeotant toules les formes et I'aspectque nous luiavions assigne dans notre travail ; que cet orgaue se compose d'un tegu- ment et d'une substance y incluse ; que I'empois, au lieu d'etre ui^ hydrate au maximiun ou au minimum d'amidon , comnie I'avait imagine si ingenieusement M. Caventou , ne doit au conlraire ses proprietes qu'a la dissolution de la substance soluble de la fecule, et a la suspension des tegumens qui, adherant ks uns aux autres, formcut des especes de couches elastiques et tremblottantes ; que I'amidine de M. Theod. de Saussure n'est autre chose que la reu- nion des tegumens echappes a la decomposition. Mais iM. Guiboiirt a grand soin de dire a ses auditeurs que M. Caventou avait deja enlrepris de combattre les conclusions de M. Raspail; « et son memoire, ajoule-t il, oflVe plusieurs objections pressantesauxqiielies ce dernier n'a pas direclemcnt repondu (voir les Annal. de c/iim. et de phjs., lom. 3i ct 02). La question etait done restee indccise ; j'ai pruOle d'une occasion qui s'est offerte de lalraiter, pour fuire quelques experiences dont je vais rendre compte. » La finesse de cetle precaution oratoire n'a pas echappe aux aca- demiques auditeurs de M. Guibourt, qui se sont demande, en sou- riant tout b:is, pourquoi JL Guibourt ne citait pas ces objections pressantes. Car, jusqu'a eel instant, il n'est pas tin pharmacien de la capitate qui n'eul pense faire une mauvaise plui^anlerie en tenant le langngede M. Guibourt. Quoi qu'il en soil, ce dernier se garde bien de citer uue seule de ces objections pressantes de M. Caventou. M. Guibourt a fait ce travail a temps perdu, nous (94) dit-il (p. 98); ii n'a pas on sans doiite le temps de rc-parcr ccl oubli, qui est dans Ic cas, il faut I'avouer, de compromellre la gloire do son triomphe [snurn cuique). Nous avions repele, pondant pres de six mois , et de la maniere la ]ilus varioe, toiites les experiences contcnues dans notre travail; elle sent assez nombreuses ; et nulle d'cntre elles ne s'est Irouvee en defaiit, lorsqne nous les avons soumises aux obseivaleurs qui nous ont fait I'lionneur de les examiner. Malgre tout ce noaibre de faits , on ne vonlut rien croire, au moins dans la classe des pbarmaciens de Paris et de queiques chimisles d'une haute repu- tation. M.Guibourtn'a fait qu'une seule experience; et, je I'augure, elle suffira a ramener la conviction dans I'esprit de nos iliustres maitres; et, descelleannee-ci, nous entendrons dire, dans les cours ' publics, qui; M. Guibourt a tout demontre. Pour produirc un tel succes, il iaut sans doute que Texperience soil decisive et nou- velle; la voici : M. Guibourt a broy6 de la fecule dans unporphyre; quelque temps apres , il a vu que colte substance formait, avec . I'eau, une colle tenace , qui prenait la durele de la pierre en se- chant. Battue dans un niorlier, elle donnail lieu a uu mucilage ana- \o-, p( ISu/Min des scienccx wathem. phys. ct cliimiquc, i«j6, iSs;, 182S. ( 98 ) I'iiir (Ic s'iiitci'poser enire les deux jiailis, et ile docidtM' iinc qiit-s- licn qui, a I'irisii de M. Guibourt, clait depuis long -temps dc- cidco. 11 s'evfilue a coiiiballre la volalilite de la substance colorable de la lecule, niais par uue experience inexacle; il aurait pu s'e- pargncr de tant de peines; car, par des experiences un peu pins longues, et que nous croyonS'un peu plus decisives, nous avions deja prouve que cette substance n'esl pas volatile , inais seuleraent decomposable , et par la dessiccalion a une certuine temperature, et par la lermenlation; enfm , qu'une ebullition prolongee environ quatre-viiigts heures ne parvient pas ;"i depouiller la lecule (i) de la I'aculte de se coloier par I'iode. Voila a quoi Ton s'expose quand on se renfermc exclusivement dans la lecture du Journal de Phar- macie, ou de celui de C/dmie medicate; on court risque d'etre ac- cuse ou d'ignorance , ou de plagiat. Mais revenons-en k uotre sujel. Quoique la substance qui prete a la fecuie la faculte de se colorer par I'iode ne soil pas volatile, nous soutiendrons encore qu'elle est etrangere i la fecuie elle- meme; car, soieiit deux substances organiques, Tune soluble el I'aulre insoluble, et cependant possedant toules les deux la pro- prietij de se colorer par un reactif, n'est-il pas deja presumable que cette propriete ne lient pas ;\ leur nature essentielle, mais a quelque cbose d'accidcntel ? Et si, avec le temps, ces deux sub- stances vienneut a penire cette propriete, sans changer aucune- inent leurs autres caracteres, ce qui n'etait que presumable ne de- viendra-t-il pas alors evident? Or, dans le mcmoire que iM. Gui- bourt n'a jamais lu , nous avoiis fait connailre que la substance soluble exposee a I'air perdail de jour en jour la faculte de se co- lorer par I'iode, et qu'enfin , meuie a I'aide d'un acide, il de- venail impossible de ramener au bleu le melange d'iode el de fecuie; cependant cette deruiere conserve toutes ses autres pro- prieties pendant le cours de I'experience. M. Guibourt pourrait dire qu'il y a la metamorpbose; mais, si les tegumens eux-memes su- bisseul le memesort en reslant toujours sous forme de vesicules, (i) Mem. de la societ. d'liist. naturellc, sur Ic:: thsus orgnniqiics , (in de la I" section de la i" parlic, p. 35. ( 99 ) on ii'admettra plus dans ci; cas l'clTi;t d'niu; metamorphose. Or, cr cas-lu s'obstrvt; peiidaat la germination de la graine de froment; on voit les tegnmens se vider chaqiie jour de la substance soluble , et ne plus se colorer qu'enpurpurin Ires-clair, et cela, apresl'em- ploi d'un acidc. J'ai vu mC'ine, apresune longue fermentation, des legumens qui ne se coloraient plus du tout, et qui pourtant n'a- vaient prcsque rien perdu de leur forme de tegument. La fecule, du restc , n'esl pas la seule substance que I'iode colore en bleu ; la resine de gaiac a cela de commun avec la fecule. Voila, je pense, des raisonsqui seront assez fortes aux yeux d'un homnae reserve, pour liii faire aduietfre la possibilitede la presence d'une substance etrangere a laquelle la fecule devrait sa propriete de se colorer en bleu par une solution ioduree. M. Guibourt est sans doute un peu plus severe, quand il s'agit d'admeltre des substances nouvelles; et Ton ne pent qu'applaudir a une reserve qui est d'un si heureux augure en chimie organique. Mais comment s'est-il relache de cette reserve , en nous indiquant d'un seul coup une substance nouvelle dans le salep, et ensuite , dans la fecule, une troitieme substance qu'il appelle gclatineuse? Nous avous di-ja txplique la cause de la substance nouvelle du salep ; consacrons quclqnes lignes a examiner cette troisieme sub- stance de la fecule. « Si on place sur I'eau du porte-objet, dit M. Guibourt, la fecule broyee, a I'instant ot!i elle touche I'eau, il s'etablit des courans d'une vitesse extreme dus a remission de ta matiere soluble des grains dechires; une partie de cette matiere disparait enlierement , une autre reste attachee aux grains sous fonne dc gelce , et disparait aussi par I'application d'une douce chaleur. » II serait interessant de connailre la veritable significa- tion du mot dispai-aitre ; I'auteur veut-il dire que cette matiere est enlevee du loyer du microscope par les flots de I'ebullition ; il est probable que I'auteur n'a pas eu le temps de faire bouillir la fecule au microscope; du moinsil nenous I'apprendpas; au rests, cette circonstance toute mecanique u'indiquerait pas une nouvelle propriete. IMus loin M., Guibourt nous dit « que I'iode colore en bleu-cicl la substance soluble ; en bUu-fonce la matiere gelatineuse, et cela avant les tegumeus, qui restent un instant incolores. » Ce sent la tous les caracleres de cette substance nouvelle , au snjel de iaquelle I'auteur ne parait pas meme tres-rassure'; car il semble tiisuilc se servir iriJiirereiiwueiit des iiiols tie substance soluble, oil de substance golatiiieuse. Quant a nous, nous ne chenherons pas a nons prononcer i eel egard ; nous nousconlenterons de faire observer que le grain de I'eculc n'est pas seulemenl compose d'un tegument et d'une substance soluble, niais que ce tegument, coniiiie toules les cellules vegetales, renfenne d'autres t(''gumens, ainsi que nous Tavous fait connaiire depuis lung- temps dans les divers travaux que M. Gnibonit n'a pas lus (i) ; que c'est cet amas de tissus internes que ftl. Guibuurl aura pu apercevoir un instant ; car, eu acbevant de se vider, ils deviennent d'une transparence telle, qu'ils semblent elre dissous. Quant a Taction de I'iode, il ne faut pas perdre de vue que la solution aqueuse d'iode en as- sez grande quantite est capable de coaguler la substance soluble de la fecule, comme le I'ait I'alcool, quoique d'une maniere moins intense, et que c'est ce coagulum que M. Guibourt aura peut-etre apercu. 3Iaiscene soiit pasles seules nouveaules que M. Guibourl ait vues; d'abord il annonce que les tegumens se colorent plus forlement en bleu que la substance soluble, oparce que, dil-il, ils absorbent I'iode par leurs deux surfaces, et surtout par la surface interne, qui n'offre ni Ic poll , ni la densitd de I' exterieure , et qui est beaucoup plus penetrable d I'iode. » N'est-ce pas li\,qu'on nous passe I'expres- sion, de I' observation transcendante? Que de progres n'avons-nous pas faits dans la science du microscope depuis que j'ai lu nion niemoire sur la fecule? On refusa de croirc alors a la possibilite d'analyser un grain de fecule; et aujourd'hui M. Guibourt ana- lyse el pese I'epaisseur d'un tegument! On se recriait sur la peli- lesse d'un organede| de millimetre, et I'lnslitut a declare que des corps de j^^ de millimetre sont doues de mouvemens spontanes ! Uecidement la science perd sa timidile. Vient ensuite I'article oblige sur le prelendu iodure d'amidon ; on en veut a toute force. Le point est un pen embarrassant pour iios chimistes : admetlre que chaque grain de fecule est une vesi- (iile, c'est evidemment admetlre que I'iode ne se combine pas en proportions definies avec elle : aussi M. Guibourt elude la question (i) Lor. cit., § 55. ( •«• ) nu sujet lies legumens ; il se rejette sur la substance soluble, et voit dans !e melange de ceile-ci avec I'iode, une veritable combi- naison.Voici les preiives de !M. Guibourt : « Lorsqu'on y verse dc I'eau iodee, I'endroit meme oii lombe ce liquide devient d'uii bleu fonce; mais la couleur disparail entieremenl par I'agitation. On pout oblenir cet effet un grand nombre de fois, jusqu'a ce qii'cnfin loiite la liqueur contienne la qnantite d'iode necessaire pour produire la couleur bleue. Comment supposer, ajoute M. Giiiboiirt, que cette liqueur si parfaitemenl iiicolore, et qui cependant contient une quantile notable d'iode, ne le tienne pas en veritable combinaison ? » Nos leoteurs penseront sans doule que nous avons commis quelques meprises, en transcrivant ces mots; nous pouvons leur garantir que non. M. Guibourt pense done qu'une faible quantife de matiere co- loranle dans une immense quantile d'eau puisse rendre celle eau ooloree; il va plus loin, il voit dans cette experience la preuvo qu'il existe un iodure hlanc d'amidon , comme on I'avait dit avant lui. Je ue transcris pas le reste de I'alinea , parce que je n'ai pas le bonheur de le comprendre. Nousavions annonce dans notre travail , que la solution aqueuse d'iode vcrsee dans la substance soluble de la fecule la colorait d'a- bord en bleu, mais que cette coloration se dissfpait peu a peu a I'air, et que le liquide devenait incolore. Voici comment M. Gui- bourt explique ce fait; nous transcrivons : « L'rau iodee seule, c'est-a-dire I'eau pure chargee d'une petite quantite d'iode, est coloree en jaune orange au moment qu'on vient de la preparer, mais, au bout de 24 a 48 heures, elle redevient parfaitement inco- lore , meme dans un vase ferme (1). Cet effet peut tenir, soil a la decomposition dc I'eau par I'intermtde de lalumiere, d'ou resul- teraient de I'acide hydriodi(jue et de I'oxigene, soit a la fixation des deux elemens de I'eau sur I'iode, ce qui donnerait lieu aux acides iodique et hydriodique. L'eau ainsi decoloree, mise en contact avec I'iode, en dissout une nouvelle quantite en repre- (1) M. Guibourt ne nous dit pas comment ii a fcrme ce vase, et de quelle cau il s'est seivi. II semble oublier que I'iode est volatil, el que les sels de l'eau commune, ou attaches aox parois du vase, en saturent prcsque tuujours line netile quantite. ( i"2 ) nant uiie couloiir orangee qu'elle ne perd plus avcc le temps (i J; niais revenant a la premiere (2) , il parail probable que la cause qui agit dans sa decoloration , en detruisaiit tout ou parlie de I'iode libre qu'elle contient, determine luissi la decoloration de Tiodurc bleu d'auiidon, et le ramene au moias a I'^tat d'iodure blanc ; et cette decoloration est si peu due i\ la deperdilion d'un principe volatil eprouvee du cote de la fecule, qu'il suffit d'y ajouter un peu de chlore ou d'iode pour rotablir la couleur bleue. » Ces explications sont sans doule fort ingenieuses; mais on ne leur reconnaitra pas ccrles le merile de rexaclitude et de I'a-pro- pos. Au lieu de les refuler phrase par phrase, il nous parait plus convenable de leur opposer les fails et rex]ierience , et de poser prealabletnent la question; car M. Guibourt la denature, la tour- niente juscju'a la rendre meconnaissable. Avant I'ebullition, si Ton colore les grains d'amidon par I'iode, produit-on un iodure d'amidon ? Pour produire un iodure, il faut que I'iode et la base se com- binent atome a atome, en sorte que les formes des deux molecules se transforment en ime troisifeme. Or, les grains d'amidon en se colorant par I'iode, ne changentni de forme, ni de diametre, ni d'aspecl; on peut les decolorer par I'ammoniaque, et les colorer encore par I'iode, et ainsi de suite a riiifini, sans qu'ils cesseiit d'etre les memes. Done il ne se forme pas la un iodure d'amidon, ou bien il faut changer la signiflcation des termes. II ne se passe pas ici d'autre phenomene , qu'a I'egard du ligneux que I'iode co- lore en jaune, et que I'ammoniaque decolore, sans que le ligneux ait subi la moindre alteration dans sa texture. Eh bien! est-ou dispose a admeltre un iodure de ligneux? Alors meme que, par envie de disputer et d'embrouiller la question, on s'opiniStrerait a vouloir prononcer ce vieux mot A^iodure d'amidon,nos experiences n'auraient-elles pas prouve que eel iodure nese produisait pas comme on I'entendait avant la de- (i) Mais voili une eau qui a bien des caprices : elle se decompose d'abord, €t ensiiite, sous rinfluence des memes causes, clle refuse de se decomposer. (2) Geci signific siuiplemcnl que M. Guibourt revient a la premiere expli- cation. ( '"^ ) couverlc? (lar on soiilenait ctrtos bien alois que I'iodc el raini- (lon se comI)inaienl a la maniere ordinaire, ct qn'une molecule iraiiiidnn s'unissait a una molecule d'iode. On vent conserver les niols ? eh bien ! qu'on ne denature pas les laits. Ce ne sont pas les chungemens de mots, mais les changemens de faits qui constituent les decouvertes. Apres Pebullilion, d'autres pheaomenes se montrent; mais, a regard des tegumens, nous devons evidemment raisonner comnie a regard des grains integres dc fecule; la seule diniculte se re- tranche done dans la matiere soluble, qui, n'oCfrant aucune or- ganisation , peut faire croire t\ une combinaison reelle. Mais celle substance soluble perd de jour en jour la propriete de se colorer par I'iode, que Ton y ajoute ou du chlore, ou de I'acide, ou de I'iode; et cependant cclle substance soluble conserve toutes ses autres proprieles. N'est-il pas rationnel de conclure que la faculte de se colorer par I'iode lui est communiquee par une substance etrangere a sa composition , et dont elle peut se depouiller comma d'une chose accidentelle ? U me semble que cette explication n'a rien d'aussi etrange que celle de M. Guibourt. Eh bieu ! des lors, tons les phenomenes ne s'expliquent-ils pas d'une maniere natu- relle? Les tegumens sont impregnes d'une substance susceptible de se colorer en bleu par I'iode; cette substatice est melangee a la substance soluble , et c'est elle qui prete a celle-ci la propriete de se colorer par I'iode comrae les tegumens. Cette substance se de- compose soil par la chaleur, soit par la fermentation, tandi»que, dans I'un et I'autre cas , la substance soluble de la lecule reste integre (i) ; tout n'esl-il pas ainsi explique? Et pourquoi se creu- ser la tete pour obscurcir la queslion, et suspendre un instant en- core le (riomphe de la verite ? M. Guibourt qui vieiit d'accorder que le grain de lecule est un organe compose d'un tegument externe et d'une substance so- luble, a besoin de se laire pardonner par ses honurables coi- iegues une aussi scandaleuse concession; el il se hale de modifier (i) La clialem- ne depouille [las aussi vite It-s Itguniens tie la laculte de se colorer par I'iode, patce que les leguiiieiis, en qualite dc lissus, eiiiprisonncnt eiroilement rclenieut de cette coloration. ( '04 ) sii pensee. II exisle biea, dit-il , uu tegument; inais ce tegument dittere dc la substance soluble plulol par la forme que par la na- ture ohimique. « Car, ajoute-t-il , le tegument meme de la t'ecule (ic pomme de terre fmit par disparaiUe enticremcut par I'ebulli- tion. » M. Guibourt se trompe etrangement ; dans le long memoire qu'il n'a pas lu, nous avons fait conuaitre qu'une ebullition pro- loMgee pendant 80 heures parvient a dechirer, a diviser de toules les manieres le tegument , mais jamais ti le rendrc soluble. La fe- cule bouillie assez long-temps dansl'eau (4 heures), el conservee pendant deux ans dans un flacon d'eau, soil bouche, soit ouvert, nous a montre sos tegumens aussi-bion conserves qu'au moment nirme de I'operalion. On me demandera comment une telle erreur aurait pu echap- per a M. Guibourt; j'aurais ete fort embarrasse de I'expliquer, sans une petite note que I'auteur a eu soin de metlre au bas de la jiage. « Si Ton fait bouillir, dit-il, dans une grande quantile d'eau quelques granules d'amidon, ou ne retrouve plus au microscope uu seul tegument. » M. Guibourt ne nous dit pas le nombre des grains de fecule qu'il a mis dans I'eau ; car, s'il en a mis I'equiva- lenl d'une vingtaine , d'une centaine meme dans 1 gramme d'eau . il serait a la verile assez difficile d'en rencontrer dans la goutte d'eau qu'on soumeltrait au microscope, a moins qu'on n'eQt la patience d'examiner goutte a goutte tout Icliquide; et certaine- ment M. Guibourt n'a pas eu cetle patience. Cependanl je crois entrefoir dans les precedes de M. Guibourt une autre cause de sa meprise. « J'adresse nies remercimens, dit M. Guibourt dans une note, a M. Gabriel Pellelan , qui a bien voulu laisser son miscros- cope a ma disposition, el pendant un temps fort long^ commande par les /ongwes interruptions qu'il m'afallu?nc»re anion travail (p. 98). » Or, nous avons eu I'occasion d'examiner le microscope de M. Ga- briel Pellelan ; c'est une e^pece de noix de coco, qui a appartenu ii M. Haiiy ; la structure en est trop vicieuse pour qu'on puisse s'cn servir dans des experiences delicates; une simple loupe montec est preferable a unsemblable microscope; la lumierese repand a vec lant d'abondance d.ins le corps de rinstrument, que Ton n'ypeut presqiie apeicevoir que les corps opaques; et je doute qu'un te- gument de I'eculo ne se confonde pas, a I'aide de ce microscope, avec le reste du iiquide. Nous avions conseille a M. Pellelan d'a- ( 'o5 ) dapter au poite-objel uii diaphragme destine a inlercepler uiio partie des rayons; ce quo nous dit M. Guibourt nous porterait a croire que ce conseil n'a pas et6 suivi. Nous sommes bien loin, comme on le sail, de defendre la cause des riches microscopes; inais pourtant il est nccessaire, avec tons ies microscopes, d'ecar- ter foules Ies sources d'illusion ; et la trop grande lumiere au mi- croscope compose en est une bien puissante. Puisque MM. Ies pharmaciens de la capitaie reviennent enfin de leur premiere aver- sion, ils devraient chercher avant tout ii connaitre Ies regies a suivre dans I'emploi d'un instrument qu'ils ont si long-tems re- fuse d'adopter. n'ignorance, excusable du resle, dont M. Guibourt fait preuve dans cette circonstance , aurait pu nous dispenser de refuler si longuement son travail; mais nous avons cru qu'il etait de I'inte- ret de la ^cience, que nous enlrions dans Ies details Ies plus minu- tieux ; ils pourront sans doute etre de quelqiie utilite aux collogues de M. Guibourt, qui desireraient enfin aborder cette nouvelle carriere. M. Guibourt termine ce qu'il appelle son travail sur la fecule, par un article sur Vaynidine; ii nous fait I'honneur de convenir que cette substance, creee par M. de Saussure n'est qu'un amas de tegu- mens. Mais, crainto de trop compromettre I'iimour-propre deson honorable collegue M. Caveutou, i! ( ense qu'on peut la conside- rer conin)e de Vamidonviodifie ; el declare « que Ies chiniistes qui n'adopleront pas ses idoes sur la difference purement de forme, de I'amidon soluble avec le tegument, ct qui Ies regarderaient comme deux corps differons , pourront so servir de ce nom d'amidine, pour designer sans periphrase la fecule soluble. » Or, comme M. Guibourt pense que Ies tegumens soiit aussi solubles que la substance soluble , il s'ensuivra qu'il permet qu'on appelle I'ami- don eulier du nom d'amidine : ce qui necessitera la peripbrase qu'il avail en vue d'eviter. Mais M. Guibourt se trompe au sujet de Vamidine , comme au sujet des tegumens. Nouspouvons lui as- surer que Ies uns et Ies autres sont egalenient insolubles, et que, s'ils paraissent se dissoudre , c'est seulemenl parce qu'ils montent en suspension pendant I'ebullition. S'il en est ainsi, le tegument est d'une nature diflerenle de la substance soluble, d'apres Ies regies de la chimie organique ; car ( I'jt) ) on considcre le ligneiix comine distinct de la goiiimc, ct cepcii- dant CCS deux corps iie different que par rinsolubilite el la solu- Ijilile; parlcrai-je de I'oleine, de la steariiie , de la cholesleri- ne, etc., qui ne se dislinguent que par leur fusibilite? Pourquoi done refuser de considerer le tegiinient comme une substance dislincte de la substance soluble? M. Guibourt nous reponJ : « 1° Parce que la noix de gale et les precipiles metalliqties pre- cipitent I'une et I'autre de ces substances;* ( M. Guibourt se tronipe, car Ins teguuiens etant insolubles ne peuvcnt former un precipite dans le sens propre du mot) ; 2° « Sur leur coloration commune par I'iode ; » (nous renvoyons i\ ce que nous en avons dit plus haut); <.3°sur ce que la substance soluble la plus pure devient insoluble lorsqu'une fois ses parties so sont agglutinees par la soustraction du liquide qui les tenait divisees;» (mais on sait que toutes les substances solubles subissent la meme altera- tion, et que ce n'est pas par des alterations, mais par des pro- prietes essentielles, que Ton juge de la nature d'une substance) ; «4° enfin, sur ce que le tegument meme de fecule de pomme de terre finit par disparaitre entierement par Tebullition, lorsque la masse du liquide est telle que rien ne s'opposc a I'ocartement de ses molecules ; » ( on a vu plus haut par quel genre de procude M. Guibourt est parvenu a s'assurer de ce fail). La seule distinc- tion enfm qu'admet M. Guibourt, c'est que les molecules du te- gument, par reffet de I'organisalion, sont plus rapprochees que les molecules de la sulx^fance soluble. Que vent de plus M. Gui- bourt en chimie orgauique ? Si M. Guibourt avail pris la peine de lire, je ne dis pas nos travaux subsequeus, mais le seul memoire donl il ait eu connaissance, il aurait vu que nous considerions cc tegument comme forme aux dtipens de la substance soluble, idee que nous avous developpee dans le Memoire sur les lissus orga- uiques, et que nous avons appliquee a tons les lissus vegetaux. Hordcine. c Je ne puis terminer ce memoire, dit M. Guibourt, sans presenter aussi quelques observations sur I'Hordeine, corps dout les chimistes onl tonjours regarde I'existence comme dou- teuse, sans qu'aucun se soil occupe d'en presenter la nature. » Cetle fois-ci M. Guibourt depasse la plaisanterie; il 11 'a pas fait la moindrc difficulle de copier, san.s le citer, presque toutes les idees du memoire sur I'hordeine el le gluten, qui a ele lu par nous a ( H,7 ) rinslilul il y a deux ans, el qui clopnii un an se trouvc imprimc cii enlier dans les Mimoircs da museum d' Idstoire naturelle. Quel- ques mots sunt par lui changes dc temps en temps; mais la copie est si conforme a I'original que nous ii'avons Irouve qu'un seul moyen de souslrairu M. Giiibourt a raccusntioii d'un plagiat. La pluparl des rcdacteurs du journal dans lequel M. Guibourt public ses nouvelles decouvertes, out I'habitude, en analysant des me- moires, de laisser purler I'auteur a la premiere personne, afln sans doute de conserver scrupuleusement ses propres expres- sions; ils signent ensuite de leur nom cette copie, ce qui porte bien des gens a attribuer au copiste la pensee de I'auteur copie. M. Guibourt, dans cette circonstance, n'aura pas voulu s'ecarter d'un usage etabli par les precedens; et, par erreur, le prote aura place en lete de I'analyse la signature que IM. Guibourt avail sans doute eu la precaution d'apposer a la fin. Si noire conjecture est fondee, nous biamerons M. Guibourt de n'avoir pas fait calquer la planche qui accompagne noire memoire. La description des tissus sans figures ne pent servir de rien aujourd'bui. Nous le biamerons encore d'avoir remplacu par le mot ligncua; le mot de son tres-divise dont nous nous sommes servis pour designer I'hor- deine; enfin d'avoir altribue la nature indigesle de I'orge, non a la quan'.ile de ce sofi, mais a sa qualile. La preuve qu'en apporte M. Guibourt c'est que le ble en renferme autant que I'orge. JVl. Guibourt est dans I'erreur; et les meuniers ou boulangers sont la pour lui certifier le conlraire. II est vrai que Ai. Guibourt pourra nous repondre que le ble possede un pericarpe aussi cpais que I'orge. Mais nous avons fait observer dans le travail que M. Guibourt a copie, que le pericarpe du ble se divise en frag- mens plus gros que celui de I'orge, et que par consequent ces fragmens restent au-dessus du bluteau, tandis que les fragmens microscopiques du pericarpe de Torge passent a travers ses mail- les avec la pure farinc. ISous venons de faire la part des fails, on nous permeltra sans doute de ne pas negligcr la part des hommes. Nos divers travaux de chimie microscopique avaient produit assez de scandale pour qu'on fut en droit de les supposer sullisamment connus ; et pour- tant, pendant tout le cours des di verses lectures de M. Guibourt a la section academique de pharntacie , pas one scule voix ne ( 'o8 ) s'eleva pour rappeler les sources dans lesqiiels M. Guibourl pui- sait d'une maniere aiissi large. Le secretaire tneme, qui ortlinai- rcment, el lorsqu'il s'agit de quelqiie precede pharmaceiilique, doiine des preuves ei frequentes d'erudition, lui qui, quclques an- nees aiiparavaiU , recueillait avec une exactitude jcrupuieuse toutes les attaques dont nous etions I'objet, !M. Virey enfin trans- crivit les paroles de M. Guibourt sans les accompagner de la moindre note explicative. Le seu! Journal de chimie medicate (i) a ose consigner dans un petit coin ignore du rapport d'une seance de sa Societe, «que MM. Lassaigne «;t Laugier croyaient se rap- peler que M. Raspail avait public des resultats analogues a ceux de M. Guibourt. » Maintenant , que les savans d'Allemagne viennent se plaindre encore qu'on les copie en France sans les citer; n'aurait - on pas niauvaise grfice d'exiger que nos pharmaciens lisent les ouvrages etrangers, pnisqu'ils ne sont pas meme tenus de lire ceux qui se piiblient 6 Paris, que dis-je ? ceux contre lesquels ils se dechainenl.3 Pour nous, beaucoup plus debonnaires et plus desinteresses, nous felicitons M. Guibourt de son succes, bien Join de lui en envier la gloire. Nous lui conseillons de poursutvre sa tache, en lui recommandant seulement de ne pas trop rema- nier dans sa copie Ic texte de rorigiuai. II lui reste i decouvrir que la lupuline est une glande, que I'ulmine est un melange de carbonisations, que I'acide pectiquesst un melange d'un tissu et d'un acide quelconque, mais connu , que la gomine adraganthe ne doit ses proprietes qu'a une immense quantile de tissus im- pregnes de gomme, que le gluten est un tissu i son tour, que la graisse a aussi ses teguinens, que les tissus se forment par la com- binaison des sels avec la substance organique, que le sulfate et I'inulured'amidonn'existent pas, etc., etc II connaitlecheminqui conduit a ces decouvertes, qu'il le suive avec securite; nous en avons ramasse une a une toutes les epines, il n'aura plus a y cueillir que des roses et des lauriers. (i) Aviil 1829, p. 308. C »"9 } CHOLESTIilRINE DANS l'huile de jaunesd'otufs ; par M. Lecanu. (Journ. de Pharm.; Janvier 1829, pag. i". ) Si, au lieu d'exposer au-dessous de 10° le liquide hiiileux de Tceuf de poule obtenu a la temperature ordinaire de 18 a 28% on I'abandonne a Ini-meme a la temperature moyenne de 12 a i5% au bout de quelques jours, on remarque qu'il s'en separe , sous i'orme de lames brillantes et nacrees , une nouvelle matiere so- lide , parfaitement distincte de la stearine , qu'on ne peut en au- cune maniere confondre avec elle. Cette matiere existe pour — '— environ de son poids dans I'huile d'oeuf ; fillree et pressee entre iles feuilles de papier, elle est en masse compacte, dure, cassantc , presque completement incolore , insipide, et d'une legere odeur d'huile d'oeufs. L'eau ne la dissout pas ; I'alcool et i'etherla dis- solvent au contraire avec assez de Cacilite , surtoiit a chaud, sans agir sur les papiers ri-aclifs. Apres I'avoir bien sechee au bain-ma- rie , si on I'expose a Taction de la chaleur, elle fond vers le 145° du thermometre centigrade; el a une temperature plus elevee, elle se decompose et se volatilise en partie , sans paraiire pro- duire d'acides gras ; la potasse caustique en dissolution conoen- Iree ne la dissout pas, et ne parait pas I'alterer. Quoique cetle matiere no fonde qn'a un degre un peu plus eleve que la choleste- rine, cependant I'autcur a raison de la cnnsiderer comme appar- tenant a cette espice ; car, faire autnnt d'especcs qu'on observe- raitde degres differens de fusibilite, ceserait s'exposer a multiplier les produits a I'infini. COLORAXION DE LA RESINE DE GAIAC. On savait deja que I'iode , le brome , Ic chlore colorenl en bleu la resine de gaiac. M. Regimbau vient de s'assurer qu'un melange de resine de gaiac , de sublime corrosif et de savon blanc con- tracle une coulenr bleue assez intense. DECOMPOSITION SUCCESSIVE DES SULFATES DANS LES EAUX PAR LES SUBSTANCES oRGANiQUES ; piu' IM . VoGEL. (Joum. (Ic Pliarm. ; fiivricr 1829 , p. 64. ) Deux gros de sulfate de soude dans deux litres d'eaii distillee, I'urent pnrtages en deux cruches de gres que I'auteur en remplit toul-a-fait. Dans une de ces solutions fut place un demi-gros de olycyrrhizineobtenue d'apresleiuode de Dcebereiner; ilfitdemerae une solution saluree de sulfate de chaux : un litre de cette solu- tion fut melt; avec un demi-gros de glycyrrhizine. Apres deux ans, les deux cruches bicn bouchees et conservees dans I'obscurite furent ouverles ; celles qui renfermaient la glycyrrhizine dega- -'•eaient une forte odeur d'hydrogene sulfur^, et avaieut contracte une saveur trcs - aniere et hepatique. Par Tebullitiou , il s'en de^-a^eait du gaz hydrogene sulfure, et de I'aciilecarbonique. Mais lomme I'aulenr a fait ses experiences dans des cruches de gres qui sent poreuses, il pourrait se faire que cet acide carbonique provint de I'air exterieur inlroduit dans le vase. L'auteura prevu celtc objection, et il se propose de faire. I'experience dans des vases de verre. GEOLOGIE. TERRAINS HOUILLERS. Note sur les terrains iiouillers, et sur les calcaires qui leur soNT iNFERiEURS, EN Belgique ; par M. H. de Villeneuve. {Annates des sclenc. natur., t. XVI, p. 162. ) — Celle note ne contient rien d'important ni de precis; I'auteur croit que le calcaire de Belgi- que est toujours anterieur a la houille qui lui succede de tres- prcs; en sorte qu'il serait peut-elre convenable de reunir fces deux formations en une seule. TERRAINS TERTIAIRES. Observations sur un ensemble de depots marins plus recens que les terrains tertiaires du bassin de la Si'iof, et conslituant une formation geologique distincte, prect^dees d'un aperpu de la non-simuUaniilc des bassins tertiaires 5 par M. J. Pesnoyers. ( .1. ) [Annal. ties scienc. natur., t. XVI, p. 171. ) — L'auttiir doit pu- blier ties-prochainement, et en cominuu avec M. de Tristan, uno description des terrains terliaires du bnssin de la Loire. 11 se bor- ne aiijourd'hni a quelques considerations generales sur les ter- rains tertiairos, snr la succession de leurs bas.sins, et sur les cau- ses probables d'une pareille succession. II parle ensuite de terrains tertiaires plus recens que ceux du bassin de la Seine, et finit par donner une liste de localites qui presentent la formation marine de la plus aocienne periode des terrains tertiaires recens. Mais son article, renipli de citations, n'est point susceptible d'extraits. Sur les circonstances qui pakaisseut avoir accompagne le depot BES TERRAINS TERTIAIRES; par 31. Marccl de Serres. [Annal. desscienc. nadir., t. XVI, p. i^5.) — L'aufeur donne ici les conclusions d'un travail sur les terrains tertiaires qu'il pnbliera plus tard. 11 lui paniit prouve i" qu'au raoins, a partir du lias, les climals ^tant deja difiercncies, ii existait sur la terre diverses zones habitees par des animaux particuliers et couvertes dc vegelaux uuxquels la temperature de ces zones convenait; 2" que, lorsqu'il n'y a pas eu transport des animaux et des veg^etaux d'une zone dans une autre, leurs debris se trouvent encore dans les lieux qu'oc- cupaient les etres dont ils rappellent I'existence; mais que, lors- qu'il y a eu deplacement, il y a eu melange des debris de corps organises d'une zone avec ceux d'une autre zone; 3° que les de- pots tertiaires des bassins dependant de I'Ocean semblent plus ancjens que les memes genres de depots des bassins littoraux de la Mediterranee, puisque le second calcaire terliaire est pres- que le seul qui ait une grande etendue dans les bassins mediter- raneens, tandis que le premier occupe a peu pres entieremcnt les bassins oceaniques : 5" que les depots terliaires ont ete produits par des causes analogues a celles qui agissent encore, mais avec une moindre energie, et que le grand nombre d'especes sembla- bles aiix notres qu'ils renferment, indique que leurs depots n'ont pas debeaucoup precede la periode geologique actuelle. Memoire geognostique sur une partie des environs d'aix, de- PARTEMENT DES BoucHEs-DU-RHONE ; par M. Rozet. [AiDial. des sclcnc. natin-.. t. XVI, p. i i5.) — M. Rozet pense que tous les geologues ( ..2 ) qui ont decrit les terrains des environs d'Aix, se sont phis nu moins trompes. II rcsullcrait des nonvelles rccherches de I'auleur qne ces terrains se coniposent : i° d'un calcaire magnesien cor- respondant au zeohstein des Allemands ; 2° d'un gres, sans doule bigarr(5, qui recouvre le calcaire precedent avec leqtiel il est lie ; 5° d'un calcaire, en strates minces, dont la puissance n'exccde pas 40 metres, et qui est analogue au muschelkalk des Allemands; 4°d'une formation calcar^o-marneuse on lias ; 5°de marnes janncs, identiques avec ceux de? parties ini'crieures de la grande oolite; 6° enfin d'un gres horizontal, a decouvert, et renfermant des helices. Ce memoire a ete In ^ I'Academie des sciences en avril 1827. L'annee suivante, M. Cordier a visile le meme pays, mais non les memes points. Ce geologue ne regarde point le calcaire, n" 3, comme appartenant a la formation du muschelkalk; il pense anssi que le terrain n" 2 n'est pas le gres bigarre. MINERAIS DE FEll PISIFOllME DE POSITION ANAtOGI'E A CELLE DES BRECHKS OSSEtJSES ; par M. Al. Broncniart. [Annal. des sciences nat., t. XIV, p. 4ioO Observations addilionnelles sur I'arlicle precedent; par le meme. {Ibid, torn. XVI, p. 89.) Lettre de M. le professeur Necrer Sadsscre, au sujet des breches en meme temps osseuses et ferrugineuses des mines de fer de lu Carniole. ( Ibid, torn. XVI, p. 91. ) M. Necker-Saussure conGrme, par des preuves directes, les conjectures de iVI. Brongniart sur la contemporaneite des breches ferrugineuses avec les breches a ossemens. II a trouve des osse- mens de mammiferes, et notamment des dents de VUrsas spelmus, dans les breches de fer ( fer hydroxide ), qu'on exploile dans les districts de la haute Carniole. M. Necker-Saussure donne la des- cription geoiogique de ces districts, et il J'a accompagnee d'une coupe deslinee a I'intelligence du texte, Ces fentes, ou breches de fer, se Ironvent dans un calcaire qui , par sa couleur, se rapproche descalcaires compactes des terrains jurassiques, mais qued'autres circonstances semblent placer dans les calcaires de transition. ( "3 ) (iiTES DE Manganese de Roinanoche ; par M. de Bonnard (Atinal. des Sc. nat. , t. I", p. 285, mars 1829). Les filons de ce manganese sonl encaisses dans une roche gra- nitique. Le mineral, melange de peroxide et d'hydrate de manga- nese, contient une proportion de baryte assez considerable (do i3 a 17 pour 100), combinee cbiiniqueinent avec le manganese. Le toil de ces (ilons est forme d'argiles on mnrnes argileiises. lis ne reposent pas immediatenient sur le granite, inais sur des con- ches qui presentent des passages analogues a ceux qu'on observe . ailleurs entre le granite et I'arkose. L'auteur conclut que I'on doit rapporter cette formation manganesifere a la formation de Tar- kose , et qu'il en est ainsi du manganese de la Dordogne, que Ton exploite a Tbiviers, sous le uom de pierre de Perigueux. Celte derniere conjecture vient meme d'etre veriQee par M. Du- frenoy. BOTANIQUE. FLORE ET POMOPJE FRANCAISE , Ou histoire et figures en couleiir, desfleurs et des fruits de France, on naturalises sur le sol francais ; par M. Jaume Saint-Hilaire, i"-i2" livraisons. Prix de la livraison : 2 fr. 75 c. , in-8°; 5 fr. in-4°» pap- vel.; 9 fr. m-i". Paris, 1828; chez l'auteur, rue de Furstemberg, 11° 3. Differens paysde I'Europe possedentl'iconographiedeleur Flore et de le\ir Faune. L'Angleterre se distingue aujourd'hui par le luxe de ces sortes de publications; et deux ou trois journaux mensuels y sont destines a nous faire connaitre, par de belles figures coloriees, et par de boimes descriptions, les plan les exo- tiques que Ton est parvenu a lultiver dans Its jardins, ou a fairi; fleurir dans les serrcs. L'esprit national protege , cbez nos voisins, ces entrejirises soinptueuses , qui, a leur tour, propagent le goOt de la botanique dans cetle classe des lecteurs que rebute Tappareil lechnique de nos systema; nous avons entenda dire que, depuisla publiratiiin dn Botaniral register, et du Botanical magazine , d<'s ( "4 ) simjilus amateurs ont rapporle en Anglclerre, soil dii Bongale, soil dc rAim'Mique , etc., plus de plantes lemoiquables que les voyagenrs scicnlifiques eux-nienies. La France, jiisqu'a preseni , s'est uiontree moins empressee d'encourager nos iconogr.iphes. Dcpuis la Flore francaise de Lamarek, nous ne manquons pas de compilations qui, sous des nonis differens, nous reproduisent le catalogue de nos richesses vegetales ; maislesauteurs n'ontd'autre ressource, pour indiquer une figure qii'il soil possible au loctour d'aller confronter, que de cittr Allioni, Fuchs, Matthiole, Jacquin , Villars, Gouan , et une foule d'aulres ouvrages ou trop chers, ou bien peu faciles a se procurer, et dont les figures surannees lais- senl souvent autant de doutes que la description qui y renvoie. M. Jaiime Saint- Hilaire s'est propose de remplir cette lacune en France, et de mettre la connaissance des veg/taux a la portee de toutes les classes de la societe. L'ouvrage dont nous annoncons les douze premieres livraisons, est destine a completer celui que I'auleur a deja public, sous le nom de Plantes de la France, dccrites et peintes d'apres nature. Cette iiouvelle enlreprise se pu- blic par livraisons de quatre a cinq planches, accompagnees d'un texte convenable, imprime chez Didol; l'ouvrage aura environ huit cents planches representant de douze a quinze cents especes de fleurs ou de fruits. Les figures que nous avons sous les yeux rivalisent souvent avec cellos des recueils anglais, sous le double rapport du dessin et du coloris, a I'exceplion de quelqnes poires dont les laches purpurines sont trop peu fondues el tr.inchent un peu Irop avec le jaune ou le vert du resle du fiuit. M:us ce defaut n'est pas frequent, et il est probable que le temps fera tomber tout ce que cette couleur a de raide et de trop bril- lant. L'auteur ayant concu le plan de son ouvrage dans I'inleret de I'agronomie et dans celui des amateurs , ne pnbliant au reste que des planles indigenes , n'a pas cru devoir multiplier les ana- lyses. Le texte est depouiile de I'appareil des synonymes, luxe oblige dans un traite scientifique, mais deplacc dans un ouvrage d'agrement et d'utilite. Les descriptions sont ecrites en francais, et I'auteiir les fait suivre de lous les renseignemens susceptibles d'interesser les amateurs d'hoi licullure et d'economie rurale ou domestique. Afinden'elre pointgene dans la publication, M.Jaume ne s'aslreint i\ aucun ordre methodique ; chaque planche est ac- ( ii5 ) compagiiec d'un texte cuuvenable sans pagination. Quaiid I'ou- vragesera compiet, 11 sera loisiblo auxacheteiiisde disposer toutes les planches d'apres I'ordn; syslemaliqiie fpi'ils jugeionl conve- nable d'adopier. Lo genre Campunule est presque epuisc , et ces douze livraisons renferment en outre des primeveres , des "en- lianes et des violettes. PHYSIOLOGIE AM3IALE. COMMUNICATION DES VAISSEAUX TJTERINS ET PLACENTAIRES. M. Biancini avail publie des experiences lendant a prouverqii'il existe une circulation directe et immediate entre la mere et ie foetus. M. Ri-aiii conibattit celte opinion , par sa Lettera ad uno amico. M. Daliso Casabianca a envoye a la Sociefe medico-jdiy- sique de Florence un memoire, dans Icquel I'auteur assure qu'as- sisle de AJ. Vinciguerra, et en presence des plus celfebres profes- seurs de physiologic ct d'anatomie de I'universile de Pise , ii a (ail onze experiences siir les animnnx, et qu'il est parvenu a faire passer le mercurede la mere dans les veines du {oslns^elvicevcrsa. [Antologia, Firenze, 1S28. ) L'emploidu mercure dans ces sortes d'experiencesesl une source assez abondante d'illusions. Si I'au- teur a fait ses experiences sur des ruminans , comme les placen- tas du chorion sont etroitement emprisonnes dans la calotte des placentas uterins, il ne serait pas etonnantque le mcrcure, apres avoir brise les anses des vaisseaux des placentas uterins, ne fQt entre par le dechirement des membranes infiniment delicates du placenta fetal dans les veines du chorion. Mais nous invitons I'au- teur a praliquer ses injections sur les truies, ou meme sur la lemme, et nous pouvons iui predire d'avance qu'il n'obliendra pas le meme suoces. (Voy. Annal.des sc. d'obs., tom. I", p. 455. j BRANCHIES DES FOETCS. I. Sur les Metamorphoses qu'eprouvenl le canal alimentaire et les branchiesdans les tetards de grenouilles; par M. Huschke. {his, 1826, 6' cahier, p. 6i3.) II. Sur les arcs et les vaisseaux branchiaux chez le poulet dans I'oeuf; par le meme. [Jbid. ; t. XX, /',• et 5* cab., p. 401.) f i«G ) Dans le premier de ces deux travaux, M. Hu^olike, apres nvoir deorit les changemens successifs que subissent les arcs branchiaux chez les lelards, avail conjecUire, quoiqu'en se fon- dant sur de siuiples hypotheses, que les foetus des anunaux su- perieurs pourraient bien etre munis de branchies pendant les premiers temps de leur existence foetale; il pensait alors que la Rlmde thyroidienne elait dans les foetus des mammifires, I'ana- Lue des branchies reduites i I'elat rudimentaire. Dans le second il mnonca avoir constate sur les foetus des oiseaux, I'exif fence de branchies que M. Rathke y avait deja decrites comme des fentes branchiales. Dans le memoire que nous aliens transcnre texluellemenl, on verra que M. IVathke , et ensuite M. Baer, qui marche avec tant de fidelite sur les traces de M. Rathke, a decouvert les fentes branchiales sur les mammiferes. Ces de- couverles de M. Rathke ofifrent cerlainement beaucoup d'inte- ret, maispourtant, avant de les admetlre comme evidemment nrouvees , il nous parait necessaire d'attendre que le sujet ait Le remanie sous lous ses jours et sur un plus grand nombre d'individus. Des objets aussi delicats peuvent souvent donner le change sur la nature des organcs qu'on observe ; et I'on ne saurait trop inviter les analomistes a profiler de toutes les occa- sions possibles pour verifier a leur tour I'existence des arcs branchiaux, et des ouverlures branchiales des foetus d un 5ge pen av.nce Nous allons exlraire texluellement les principaux passa- ges du memoire de M. Baer, dans I'analyse suivante : Nous ferons connaitre, dans una livraison prochaine, le travail original de M. Rathke, qui vient de paraitre dans le dernier volume des Actes de Bonne. Des branchies et des vaisseaux branchiaux dans les embryons DES ANIMAUX VERTEBRES ; PAR M. tE PROFESSEOR Ch. ErN. BaER. {Rep. gcnei: d'Anatomie, tom. VI, i" partie.) Je viens de recevoir une lettre de mon honorable ami M. le docteur Rathke, parlaquellc il m'ecrit ce qui suit : « J'ai aussi irouve des traces de branchies chez des embryons »hun.ains, savoirdans un embryon de six on sept seraaines, ex- I '17 ) » pulse de I'uteiiis tout lecemmenl. II y en a deux dc chaque colt-. .>une anterieure, plus considerable, el one posterieure, heaucoup ..plus petite. Comme les ientes qui les separent penetrent ju.-que »d:ins Ic pharynx, elles sont lellenicnt dislinctes qu'il ne peut res- oltM' aucnn doute sur leur existence. » Cette communication me rappelle des recherches que j'ai faites I'hiver dernier sur des embryons humains. Les pins petils d'enlre tux ne m'offrirent point de fentes branchiales. Elles manquent egalement dans les embryons d'autres animaux vertebras, dans le°s premiers temps de la formation , ce dont je me suis convaincii plus d'une ibis sur des oiseaux, des grenouilks ct des serpens. L'age oCi on Its voit le micux chez les embryons humaiiis me parait eire celui de cinq semaines L'embryon dont je parle presentait trois fentes branchiales, pen reconnaissables a I'exte- rieur, si on ne pressait pas en arric^e les parlies laterales du cou : car la partie dri cou, situee devant la premiere fcnle. recouvrail les arcs branchiaux, sous forme d'un opercule court, (fi on pcul donner ce nom, avec M. Ralhke, au lobe qui, dans rembryon des oiseaux, fc trouve sur la premiere fente). Mais celte espeio d'opercule n'etait pas arrondi ; il etait aussi applique sur les ou- vertures, au lieu de s'en ecarlcr, comme chez les oiseaux. La fente la plus posterieure etait beaucoup plus courte que les deux autres anterieures. Elles devinrent extremement distinctes apres I'incision du pharynx. Cependant je ne doute pas qu'il n'y ait chez Thomme, et peut- etre dans tous les vertebres terrestrcs, primitivement quatre feules branchiales; mais je pense aussi qu'elles ne se forment, ni ne disparaissent en meme temps. On sail deja, par les recherches dc Huschke, qu'il y a dans chaque arc branchial des embryons des oiseaux, une arcade vasculaire, qui d'un tronc commun , venaut du coeur, conduit a I'aorte ; toutes ces arcades ne passeot pas jmmediatement dans le' Irunc de I'aorte , comme on pourrait Ic presumer, d'aprt's Texposilion de M. Huschke, mais i'aorte se compose de deux racines , et chacunc dc celles-ci recoil les ar- cades vasculaires de son cole. Aussi se manifeste -t-ii , peti a peu, plus d'arcades vasculaires que M. Huschke n'en a vu ; or, CCS memes arcades vasculaires existent aussi dans d'autrcj animaux vertebres. ( 1=« ) ^ Dejii riiiver tiemier j'avais trouve, dans ilcs embryons de chien de Irois jours, de chaque cote, qiiatie arcades vasculaires gorgees de sang, et je croyais reconnaitre, en outre, de chaque o6te un cinquieme vaisseau, Ic plus poslericur, tres-delic, qui ne semblail charrier que du sang incolore. Dans d'autres recherches que j'ai faites, le printemps et I'ete suivans, sur le developpement du poulet, j'ai trouve que celui-ci possedait le troisietiie jour qualre arcades vasculaires de chaque cote, ayant une origine commune dvi Iniibe de I'aorte, et for- mant I'aorte vers le dos , de telle maniere que les quatre ar- cades de chaque cote, en se reunissant, constituent une racine de I'aorte. Ces arcades vasculaires naissent pen a peu les unes aprcs les autres ; la plus anterieure sc reconnait dejA vers le milieu du second jour, bienlot une seconde se manifesle der- ritre la premiere, en menie temps que celle - ci devient plus graude, et enfin apparaissent une troisieme et une quatrieme. La 4° arcade est encore tres - faible au commencement du troi- sieme jour. Vers cette epoque se forment aussi les trois fentes entre les arcs l)ranchiaux, et dcvant la premiere paire de ces arcs Touvcrture buccaie, comnie la somme de deux fentes branchiales anterieures qui se sent rennies. Aussi cette ouverture buccaie pri- mitive n'est pas, a proprement parler, I'ouverture buccaie des teiTips posterieurs; ce n'est que plus lard que se deveiojipent les machoires , et avec elles la cavite buccaie; on peut considerer I'ouverlure en question comme un orifice de la cavite pharyn- gienne, rnpporl phjsiologique qui I'assimile deja aux ouver- tures des branchies. CepenHant, pour eviter la confusion, je ne rangerai pas celle fente impaire parmi les fentes branchiales. L'ouverturc auriculaire, qui ne se manifesle qu'au cinquieme oa sixifeme jour, ne se reuuit pas avec les fentes branchiales. A la fiu du troisieme jour, cet appareil branchial est deja un pen change; les ouvertures non-seuiementsout plus grandes, mais la quatrieme arcade vasculaire est plus grosse, et egale presque les aulres. Lc quatrieme jour, la premiere arcade vasculaire de- vient de plus en plus mecounaissable, et cela par deux raisons : d'uu cote, le tissu cellulaire se developpe davanlage an premier arc branchial, et cache par consequent I'arcade vascul.iire; d'uu autre cute, celle-ci se relrecit et n." laisso j)his passage, dans la se- loiidc iiioitie du quatrieme jour, qu'a iin filel sanguin tnince, pen colore, et a la fin de ce jour on ne la reconnait plus du tout, Cetle premiere arcade vasculaire donne naissance, par son point ie plus convexe, i I'artere carotide, et lorsque I'arcade s'atrophie, sa partie qui se continue avec le bulbe de I'aorte devient le tronc de I'artere carotide qui recoit alors son sang en arriere des arca- des vasoulaires suivantes. La seconde arcade devient aussi plus laible, tandis que la troi- sieme et la qualrieme arcades recoivcnt la majeure partie du sang, et, derriere elles, il s'en forme ime cinquieme, encore petite lorsque la premiere est obliteree. Pendant que cela se passe dans les arcades vasculaires, la premiere fenle branchiale se ferme insensiblement ; et il en parait en revanche une nou- velle, entre I'arc qui etait primitivement le quatrifeme, et celui qui s'est forme en dernier lieu. Au commencement du cinquieme jour, il y a par consequent Irois arcades vasctdaires de chaque cute, savoir : la Iroisieme, la qualrieme et la cinquieme , en comptant celles qui ont disparn deja. A la fin du cinquieme jour, les fentes branchiaies, encore exislanles, commencent a se remplir de tissu cellulaire, et s'el- lacenl ordinairement tout-a-fait le jixieinc jour, la fente la plus auterieure restant reconnaissable le plus long-temps : elle est, a compter du quatrieme jour, reconvene d'uue sailiie en forme de lame, que Ton peul comparer a un opercule. Tant que les fentes branchiaies penetraient jusque dans la ca- vile pharyngieune, les arcades vasculaires ^taieot contenues dan>< les arcs branchiauxcorrespondans; maisaussitot quecesfentessont remplies. les arcades vasculaires abandonnent levoisinage de laca- vite phuryngienneetse retirent : par la elles serapprocheut dej;\ , a compter du sixieme jour, de leur forme future. Joignez a cela que I'arcade la plus posterieure du cote droit disparail peu a peu, et n'cst plus reconnaissable le seplieme jour, altendu que le cou- rant du sang du vcnlricule droit est dirige de manierc a passer devantcette arcade, pour entrer dans I'arcade la plus posterieure du cote droit, et dans I'avant-deruiere du cote gauche. Comme en outre les deux arcades primitivement les plus anterieures se sont obliterees, et que la troisieme et la qualrieme sont au tonlraire renforcees, le sang qui entre par les arcades dans les ( 120 ) raciiies de raorte, se porle par consequent anssi en arri^re vers I'origine de chaque racine de I'aorte et de la dans la carolide, qui est un prolongement de la racine de I'aorte dans le sens op- pose. Ainsi une partie de la racine primitive de I'aorle devient le tronc de I'artere carotide. II existe, par consequent, au huitieme jour, trois arcades vas- culaires a droite, et seulement deux a gauche; ces cinq arcades sortent du coeur, avec deux aulres petits troncs vasculaires, main- tenant entierement separes, qui se sont formes du bulbe de I'aorle. Les arcades anterieures des deux cotes et I'arcade moyenne du cote droit proviennent du ventricule gauche ; les deux poste- ricures sortent du ventricule droit. Toutes se reunissent en deux racines de I'aorte, qui sont d'un volume encore assez egal ; I'ex- tremite atitericure de chacune de ces racines donne naissance im- mediatement a I'artere carotide. A I'endroit oii I'arcade anterieure (primitivement la troisieme) passe dans la racine de I'aorte, on voit deji se detacher une petite artere, formee nouveliemenl, qui se rend dans le membre anterieur. La tete et le membre an- tirieur se developpant davantage et exigeant de plus en plus de sang, I'arcade anterieure pous?e la majeure partie du sang dans les vaisseaux qui se rendent a ces parties, et insensiblement de moins en moins dans la racine aortique de son cole. II en re- sulle que I'arcade anterieure se montre de plus en plus decide- ment, comme le tronc brachio-cephaliqiie ; c'est, en un mot, un tronc innomine qui, le treizieme jour, n'envoie plus qu'une fai- ble branche communiquante dans la racine de I'aorle, dont il se delache de plus en plus ; cette branche faisait primitivement par- lie de la racine de I'aorte. Dans les deniiers temps dc I'incuba- tioii, les troncs innomines sont entierement degages de la racine de I'aorle. Les arcades posterieures des deux cotes euvoient, par contre , des branches dans les poumons voisinx. Au huilieme jour, ces branches sont encore tres-faible.s et difficiks a Irouver; mais elles ne tardent pas a grossir, et, dans la derniere moili6 de la pe- riode d'incubation, elles se montrent les coulinualions imme- diates des arcades, tandis que leurs passages dans I'aorte devicn- ( 12. ) nent de plus en plus fuibles, et soul noinines conduits arteriel.s, (de Bolal.) Ces conduits sont tres-ineji^aux; celiii du cote droit est plus court que celui du cote gauche, qui est I'uniqne reste de la ra- cine de I'aorte de ce cote, el: beaucoiip plu? etroit que la racine de I'aorte du coie droit. A droite on voit, en effet, i'arcade moyenne se renforcer et de- venir le comtncncemenl de I'aorte descendante, qui recoit les autres communications seulement comme des parties subordon- nees. L'oiseau etant sorti de I'ceuf et ayant respire qnelque temps, tout le sang du ventricule droit afflue dans le poumon ; les con- duits artcriels s'oblit^rent, et il y a deux uirculations separees, I'une se faisant du coeur droit a travers le poumon dans le coeur gauche, I'autre du coeur gauche a travers le reste du corps dans le coeur droit; o'est ainsi que la circulation, simple d'abord, se divise insensiblement en une circulation double; et il esi facile inaintenant de se faire une idee generale de toutes ces metamor- phoses Cinq paires d'arcades lasculaires sortent pea d peu d'avant en arriere du bulbe de i'aorte ; jamais ces cinq arcades ne sont en acti- vitc a la fois. Entre ces cinq arcades vasculaires il se forme quatre ouvertures branchiales, mais qui n'existent pas non plus simaliane- ment; devant elle se trouve une ouverlure baccate ou pharyngienne. (Je preftro nommer ainsi I'ouverture buccale dans les premiers temps , altendu que c'est en effet le passage futur de la cavite buccale a lacavil^ pharyngienne.) Ces fentesou ouvertures bran- chiales limitent quatre arcs branchiaux, la derniere arcade vas- culaire n'etant pas separoe du reste du corps. Le plus anterieur de ces arcs branchiaux est primitivement fort semblable aux autres, raison pour laqueile je n'ai pas hesite a lui donner le m^me nom ; il se developpe aussitot apres la di.-parilion de son arcade vasculaire, beaucoup plus forlement , et se cnnverlit en mdchoire inferieure, par I'effet d'un depot aboudant de nialieres nouvelles, et par les cartilages el les os qui s'y forment plus tard. — De ces cinq paires d'arcades vascalaires la premiere de chaque cole et la cinquieme da cote gauche s'effacent bientot. La troisieme ar- cade de cliaquc cole devient le tronc Irrachio-cephaliqac ou innomitie ; ( r.. ) la qiialviemc arcade da cole droit dcvient le Ironc de i'aorte descen- dantc ; la cinquieme du coti droit et la quatrieme dii cote gauche, s.^i conrertissent en artercs pulmonaires. Le tronc covimun, trcs-courl , da t'aoric proprenient dite , se forme par la transformation de la cavite unique da balbe aortique en deux canaiix distincts. Ce qui m'a fait croire que le syjleme vascuhiirc ties inarii- iniferes subit une metamorphose sniiblable, c'esl que les qualre arcades vaseuiaires que j'ai observees clans les einbryons do chiens, avaient la plus grantle resseiublance avec les qualre ar- oales vasculaircs de Tembryon d'oiseaii dans la premiere moitie du qualrieme jour; la premiere arcade, par exemple , offrait !a meme courbure qu'elle affecte dans I'oiseau, avaiit sa disparilion, et qu'il semblait deja y avoir la disposition pour une cinquieme arcade. Mais il faut qu'il y ait une difference dans cette me- tamorphose, puisqu'elle no prodiiit pas les menies resultats ; car, cLins le chien I'aorte descend sur le cote gauche, il n'y a qu'un conduit arleriel, et celui-ci ne mene pas dans la partie des- cendante, mais dans la partie ascendante de I'aorte. Mais les re- cherchf^s me manquent pour ponvoir determiner en quoi consisle cette difference. Quand on compare le systeme vasculaire des gauritns et des ophidiens adultes avec celui des oiseaux, on trouve d'abord que I'aorte unit par denx racines, absolument telle qu'elle se montre dans I'oiseau avant qu'il soil eclos. Nous voyons ici une organi- sation passagere chez les oiseaux, persister chez les sauriens et les ophidiens, pendant toute la duree de leur vie; je fus, par consequent, agreablement surprisde trouver, dans des embryons de lezards, cinq arcades vasculaires en activite a la fois, de sorte que meme les vaisseaux branchiaux offrent simultanement des rapports qui, chez les oiseaux, ne se montrent que successive- ment. On observe cet etat dans les embryons du lezard griscom- mun [Lacerta agilis) avant la ponte de I'oeuf. Tons les lezards et serpens ovipares ne pondent les oeufs que lorsque I'allantoide de I'embryon est deja assez avancee pour pouvoir se charger de ia fonction respiratoire. La respiration de ces embryons de le- zards, quand on les place sous le microscope, dure pendant des heures entieres : il n'est done pas dillicile de se convaincre de I'existence de toutes ces arcades vasculaires. Jc n'ai pas pu me ( '23 ) procurer desscrpens de cefle periodc, iiials d'une pcriode uii peu anterieure; j'ai observe chez eiix qiialre arcades vasculaires de cliaque oole; or, comine la moitie anterieure des embryoiis de serpens ressenible, a s'y ineprendro, a celle des embryons de lezards plu< jeune<, et que la distribution des vaisseaux est plus tard la niCme, je ne doule pas un instant de I'identite de la me- lamorpbose vasculaire dans ces deux sortes de reptiles. Dans un second inenioire I'aiiteur annonce avoir reconnu evi- deminent, ceqne dans son premier mtinoire il avail admis, seule- nient paranalogie, rexistence dccinq paires d'arcades vasculaires, entre le coeiir et Taorle, dans les niammileres (i). CEIL, OSSIFICATION Du coBPs viTRE ; par M. RiJHN. [Jounuil des Progr. enmcd. , torn. XIV, p. 257; 1829.) Ce cas a ete observe sur un homme mort a I'age de trenie ans. Le nerf optique etait atrophic; la choroiile elait presque privee de pigmentum , et touie la place dn corps vitre etait occupee par iin OS du meme volutne, cellnleux dans son interieur, et sur le- auel la sclerotique serablait s'etre nioulee. Le cristallin etait trans- forme en un corps dur, blanc jaunalre : la cornee etait rougeatre ; on voyait quelques traces d'iris : la retine etait intacte. EmPLOI de la VENTOUSE , DES LIGATURES ET DE LA SAIGNEE OENERALB ET LOCAfcE DANS LES PLAIES ENVENIMEES. Redi avait d^ja vu que les meilleurs moyens de prevenir les ef- fets de la morsure des viperes consistait a scarifier, comme le prescrivaient les ancieus, i'endroit mordu, ou bien a y appliquur Eoit une ventoiise, soil une ou deiix sangsues bien affamees, ou eufin a faire sucer la plaie par un homme (2). M. le docleur Barry, en 1825, vonlant itaycr sa lh<^orie rela- tive a I'influence de la pression atmospherique sur la eirculation (1) Ce travail n'est qu'iin developpement tiop hj'potliulique de la iettre de M. Ratbke. Nous en avons publie I'extrait textuel, vu que la plupait des idees de rantcur ecLappent i I'analyse. (a) Obsti'V. sur les viperes. ( "'^l J (111 sane , avail enlrepris uuc seiie d'experienccs j)ro|)res a Je- inontrer que I'application de la ventonse previent relict du poison on le suspend, iorsqu'il a coininence use montrer, aiais que I'em- |ioisonnement reprend son coiirs des qii'on enleve !a ventoiise. Ces fails ont ete reconnus vrais ; mais Icui' application a la iheo- rie du doctcur Barry etait cvideniinont Ibrcee. Ledocteur C.WistarPennock(i) avail entrepris une serie d'ex- periences qui conflrmenl les resullatsoblenns par le douteur Barry, stir I'emploi des ventouses, dans le cas des plaies euvenimees, mais qui infirmenl la theorie de ce dernier. U avail vu que la ven- louse suspendait I'effet de rerapoisonnenient ; que si, pendant que la ventouse est appliquee , on faisait a la peau one incision entre elleel le point on le poison a etc depose, la mort avail lieu aussi proinpleinent que si le vide n'avait pas M produit; mais, conlre ['assertion positive du doctcur Barry, que , si aprt;s avoir laisse la ventouse appliquee iin temps donne, on cessait tout a coup de I'aire le vide, la mortarrivait promptement, et que Ton ne pouvait pas, upres I'applicalionde la ventouse, tenirimpunement une dose de sub- stance veneneuse en contact avec le tissu cellulaire. Le docteur Barry admettait que la cause de la circulation, el par suite de I'ab- sorption, residait exclusivement dans la pression atmospherique, et que, par consequent, la ventouse s'opposaita rempoisonnement en soustrayanl le poison a I'influence dc la pression atmosphe- rique. M. Pennock trouva au contraire qu'en produisant sur la partie empoisonnee une forte pression , par exemple une pression de quinzelivrcssur la cuisse d'un lapin, aucun signe d'empoison- nement ne se manifestait; mais qu'en faisant cesser la compres- sion , les effets de I'empoisonnement se montraient par des mou- vemens tetaniques qui etaicnt bientot suivis de la mort (2). On trouve a la fin de cc meinoire, qu'un tube de plaline d'un 'i) Tlie airier, journ. of the nwd. sc, mai 1826. (2) S'il est vrai que les experiences du docteur Barry ne prouvent nulicraent I'influence de la pression atniosplicrique sur la circulation du sang, il faut avouer que celles du docteur Pennock ne ref'utent point celte opinion, (^ai ici la compression fait I'oOSce dc ligature, inlercepte la comnumication des vais- scaux d'unc manierc niecanique, et ne pent point representer rinflucnce de la pesanleursm le cours du sang. ( •^■' ) pouce 3 de long , ayant etc eiifonce Irop avaut dans la veine f«;- «iorale, cchappa des mains de I'auleiir, el disparut. Ayant sacrifie I'animal, rauleur retroiiva ce tube dans I'ureillette droile du coeur. L'auteur introduisit line autre fois un lube de platine long d'un pouce 5 , ft pesant 19 grain«, dans la veine femorale d'un raou- ton; Tanimalneparul en sonffrir d'aucune maniere; il fut lue une demi-heure apres , et le tube fut retrouve avec beaucoup de peine dans le lobe infericur du pouinon gauche. M. Arislide llodrigiie (1) vient de publier vingt-qualre expe- riences faites sur des lapins , principalement au inoyen de la slrychnine et I'acide hydro-cyanique tres-intense, qui onl foiirni a l'auteur les resultats generaux suivans : Quand on fail le vide sur une partie au-dessous de laquelle on a introduit un poison, on enipeche la production des effets du poison et tons les syraptomes d'un trouble general, tant que le vide continue. On pent alors sauver la vie a I'animal en enievant le poison, au moyen d'une incision, pourvu qu'il n'y en ait pas eu une trop grande quantiie d'absorbee auparavant. Les ventoiises n'cnlevent pas le poison ; mais ainsi que les liga- tures , leur emploi est lout aussi efficace , que le vide soil complel ou non. En incme temps environ que le docteur Rodrigue, M. Ver- niere (a) pubiiait des experiences tres-bien dirigees, qui anienent evideminent i\ conclure que la ventouse ne produit qu'un effel niomentane; que la ligature mcine fortement serree est inutile , lorsqu'on ne fait pas coiiler au-dehors le sang einpoisonne qu'eile tient emprisonne dans le membre qu'elle euibrasse; mais qu'alors meme que 1« poison a penetre fort avanl dans le torrent de la cir- culation , le mal n'est pas au-dessus des ressources de I'art, et qu'il (i) Experiences tcndant a demontrer I'utilite des ventouses et des ligatures dans le traitetnent des plaies enveniuiees; par le docteur Ahistide Roduigie. {The amer.Jourii. of the ined. sc, 182S.) (2) Observ. sur la saignee generale et locale, cotnme inoyens iherapeutiques dans les empoisonnemens. [Rcpcrt. gen. (Tanalomie, tome VI , 1'''= partie, p.89,ear MM. Marcei.de Serbes, Dubriieil, et Jean- Jean. {Mnn. da Mas. , torn. 17, p. 269.) Ce memoire est un extrait d'un travail special que les auteurs se proposent de publier sur cette caverne. lis y decrivenl les dif- ferentes cavernes de Lnnel-Vicil, ainsi que les os qu'ils ont pu y renconlrer appartenant au genre hyene. L'elude comparative de ces ossemens, et surlout de la structure des dents, les porte a ad- meltre deux espuces nouvelles , i" VHyena prisca, qui a beaucoup d'analogie avec la seule espece decrite par M. Cuvier, sous le noni d'//. spclma; 1' une troisieme qui leur parait fi)rl douteuse , et qu'ils proposent de noinnier H. intermedia , non pas qu'ils pre- teiidenl que ces irois especes fossiles soient dilFerentes de nos es- peces vivantes; question que Ton ne pourrait rtisoudre qu'en pos- sedant des squelettes complels. VHyena prisca des auteurs de ce memoire est la meme que celle dont MM. Jules de Crislel et Brayard ont deja signale ['exis- tence. (Voy. nos Annales, tom. I"', pi. 4- ) MM. Marcel de Serres , etc. , ne citeiit pas ce travail; mais il est facile de recon- naitre I'idenlite des carnassieres decrites dans les deux memoires. Quant a Vintermedia des Irois auteurs actuels, les differences que presenlent ses dents consistent principalement dans la niolaire inferieure, qui offre deux petits tubercules pointus a sa surface interne entre le talon el le lobe posterieur. Reciierches zooLOGiQTJES POUR SERViR A l'histoire des lezards ; par M.-H. Milne Edwards. [Ann. des sc. nat. , tom. XVI, p. 5o , 1829.) L'auteur considere les larges plaques squammeuses qui recou- vrent la face superieure de la t^te, comme les caracleres dont I'etude est la plus utile a la classification , et il leur donne des noms speeiaux; il a represenle au trait les formes diverses qu'elles af- lectent. sur quinze especes qu'il decrit dans ce travail. Les diffe- ( '^« ) rcp.ces de oes formes consistnnt ilaiis des nuances que lesinoL^seulHi ne sauraient reiidre, nous renverrons nos lecteurs aux figures du memoire meme. L'auleur distingue une plaque occipitalc , deux pa- rielalcs, une plaque interparietale, deux fronto-parietales , une plaque frontale, deux palpebral es , anterieure et posUrieure, deux fronlo- nasales , une iniernasale , une rostrale, et deux nasates. Chez les lezards le bord posterieur des plaques occipitale et pa- rietale est silue a pen prts an niveau du meat auditif; dans les amclva, au contraire, elies n'arrivent jamais aussi loin en arriere. Le nombre des rangees abdominales figure aussi dans les carac- teres specifiques employes [lar I'auteur; mais les pores femoraux ii'y jouent qu'un role tres-secondaire. La valeur des caracteres propres a classer ces sauriens a ete verifiee sur les e-peces indi- genes principalement. Les treize especes decriles par I'auteur sonl distribuees en deux grandes coupes, i° lezards donl le collier est separe des ecailles du thorax, dans toute son etendue, par de pe- tites granulations squammeiises; 2° lezards dont le collier, librs seulement sur les coles, se confond avec les ecailles du thorax , pres de la ligne uiediaDe , dans une etendue plus on moins con- siderable. La premiere division se subdivise en deux : plaque frontale tres-developpee : plaque frontale pen dcveloppee et re- irecie a sa partie posterieure. Cinq especes nouvelles sont ajoutees aux especes anciennes, savoir : Lacerta Lalandii , qui habite le cap ; Lacerta Dugesii , qui habite file de Madere ; Lacerta Dumerilii , qui habite le Se- negal, le Lacerta Knoxii, qui est propre a TAlrique ; et le L. Leschenaullii, du Coromandel, Le Lacerta lepida Baud, devient synonyme du L. occllata Daud. ; les L. bilineata D. et viridis. Id. sont synonymes du L. vurius Laur; le L. arenicola D. est reuni au L. stirpium; le L. Fusca? est peut-etie le L. schreibersiana de I'auteur; leZ. agills L. se reunit au L. inuralis ; le L. boskiana D. au L. velox Pall. Nous doulons que la forme des cotitours des plaques de la tele de ces reptiles soil un caractere plus constant que ceux dont on avail cherche a faire usage. Au reste , Merrem avail deja eu re- cours a ces formes varices, dans son Teniamcn systematis amphi- biorum. ( '29 ) HlSTOIRE NATURELLE DES POISSONS ; pOT MIM. Ic baiOn ClTVlER fit Valenciennes. Vol. P' et II , avfc atla'?. Paris, 1829; Levrault. Description d'une pastenaghe fluviatile du meta; par M. Rotjein. {Jnn. des Sc. nat. , torn. XVI , p. io4; 1829. ) On consid^ie les Kales comme appartenant exclusivement ii la mer. M. Roulin en decrit une qu'il appelle Pastenagiie de Humboldt , qui habile la partie siiperieiire dii Rleta , dans la province (le Saint Martin ; ii en existe aussi d;ins plusieurs ri- vieres d'Amerique. La forme dn corps de celfc pastenague est elliptique , le dos d'un brun olivalre , assez fonce , mai que de pe- tites lignes noires convergentes. Le ventre est tres-blanc a sa par- tie moyenne ; la bouche formee en arc est garnie de dents mousses symetriquementdisposees : la queue est arrondie, legerement co- nique : elle porte , a distances symetriques , des piquaus A pen prfes corame notre raie bouclee , et vers I'union du tiers posle- rieur aux deux tiers anlerieurs , un ou deux aiguiilons allonges , aplatis, termines par uue poiute tres-aigue , et donf les bords amincis sonl garnis de dentelures dont la pointe est dirigee en ar- riere. Son grand diametre de la parlie nnterieure a I'anus est de I pied, 4?7 pouces, et le petit diametre est de 1 pied, 0,9; I'e- paisseur du corps est de o pied , 3,o : celte espcce est figuree. On a pretendu que la blessure faile avec les deux aiguiilons etait raortelle ; cependant I'auleur cite des fails qui prouvent que cela n'arrlve pas dans le plus grand nombre de cas. Systematische Beshreibung, etc. Description systematique des pa- pillons de I'Enrope; par J.-N. Weigen, i" vol., 5' cab. de 4feuilles, et 10 pi. lithogr. Aixla-Chapelle , 1828; Mayer. EssAi suR une monographie des zygemdes , suivi du Tableau me- thodiquc des Upidopttres d'Europe ; par M. Boisduval. L'n vol. in-8% avec 8 pi. color. Paris, 1829; Crochard. Description de Q€Arante nocvelles especes de scarabeides du BRESiL ; par M. lecomteG.-G. de .Mannerheim. 5o p. , 2 pi. coloricc's. ■'■ 9 Note sue deux insectes del'ordre des HymenopUres , places dans deux families diffirentes , et pourtant dont I' an est le male et I' autre lafemclle; par M. Van der Linden. (Ann. dcs Sc. nat. , torn. XVI, p. 48; 1829.) Vers la fin de Tele, M. Wesinael a ete assez lieureux pour siir- prendre dans raccouplemeiit le Tengyrf, Tengyra sanvitali Lat. , et la iTiethoque , Met/i iciineumonidcs Lat. Un de ces genres doit done elre supprime, et o'est dans la famille des helerog3rnes que doit etre place celui que Ton conservera. L'anteur appelle I'attention de.< entomologistes sur la Mutilla diadema Fabr. , coniine pouvant etre la femelle de la Myzine sexfasciata. Description de la carinaire de la mediterranee ; par MM. Quoy et Gaimard. [Annal. des Sc. nat., torn. XII et torn. XVI, p. 1 54; 1829.) Description d'une nohvelle espece de carinaire [Carinaria de- pressa) ; par M. Rang. {Bull, des Sc. nat. et de geologic, torn. XII, p. 343.) Description de la carinaire vitree ; par M.-O. Costa. {Ann. des Sc. nat. , torn. XVI , p. 107. ) MM. Quoy et Gaimard out accompagne leur description d'un dessin detaille. L'iudividu qu'ils ont rencontre etait mutile; ce- pendanl les auteurs ont pu se convaincre que leur espece etait nouvelle. M. Rang a Irouve sa carinaire inulilee dans les mers de Mada- •gascar; mais ce qui en restait encore a pu lui suffire pour recon- nailre une espece nouvelle, et pour ajouter quelques details ana- lomiques a ceux qn'on connaissait (W\h. L'espece dont M. Costa a publie la dcsciiption , accompagnee d'un dessin de grandeur naturelle, se rapporte a la carinaire de la Mediterranee, que Peron et Lcsueur ont fait connaitre dans les Annales da Musruni. ( >5' ) Divers ordres de couleurs des Globules croiiiophores (i) chci plusieurs mollupqucs cephalopodes ; descriplion de quelqiie? esp^ces iioiivelles, et particulierement de rArgoiiaute ; par M. San Giovani. (Ann. des Scienc. nat. , torn. XVI, p. 5i5. mars i8ag. ) M. San Giovani a dcjii publie un havail snr les pelits globules dont la surface de? cephalopodes esl parsemee, ut qui conservent, ni^nie apres la niort de I'animal, la propriete de se coniracler et de se diiater. Ces globules n'ont qn'nne seule couleur. Dans le travail present, Tauleur se propose de classer qiielques especes par lui observees, en raison de la coulenr et de la disposition de ces globules. — Loligo vulgaris; eel animal possede des globules jaunes , ruses et bruns. — Loligo sagitiata ; ses globules sont d<; quatre ordres : safran , rose, bleu fonoe, bleu clair. — Sepiola Rondeletd ; un seul ordre de globules chromophores : d"im brun tirant sur le iioir. — Sepia officinalis ; deux ordres de gbibules : ocre et chatain fonce. — Octopus mosckatus ; deux ordres de glo- bules : le safran et le chatain Ibnce. — Octopus leucoderma ; deux ordres de globules chromophores : le chatain clair et la couleur fl'ocre. L'auteur decril cette espfece nouvelle qui ne posseile qu'un seul ordre de ventouses sur chatjue bras. — Octopus macropodus ; trois ordres d'organes chromophores. Le safran, le chatain fonce, et le bleu fonc^ tirant sur le noir. Sur chaque bras deux ordri s de ventouses. La couleur de la peaii est carmelite briliante, et la sur- face en est lisse. — Octopus vulgaris ; quatre especes de globules chromophores : safran , rouge pale , noiraire et bleualre. Vient ensuite V Argonauta argo , que l'auteur decrit avec beaucoup de details; la surface de son corps reunit, et avec plus de vivacile, tons les ordres de couleurs des aulres poulpcs. (i) II faudrait ecrire chromophores : la langue italienne a secoue le joug de I'etymologie : inais les itdactetirs du journal auquel nous empriinlons cet ailicle, auiaient du se confoiiner aux exigences de notre langiic en traduisant !<■ tiav.iit de M. San Giovani. ( '^J^ ) Si'R LE LiTiopE, genre noiive.'Mi tie Molliisqiics gasteropodos ; pt»r ,M. Rang. [Annal.desSc. nat. , loin. XVI, p. />o5, mars 1839.) Ce mollijsque, tr^s-abondaiU depuis les iners de Terre-Ncuve jnsqu'aii cap de Bonne - Esperance, vit sur les Facusnatans, avec les Allanles et plusieurs especcs de Cr^seis. Quand il s'ecarte de ees planles a de pelites distances, il conserve nn fil au inoyen du- <|iiel il s'en rapproche a volonte. II est pourvii d'un pied etroit ; la U'te est munie de deux tentacules conico-subnles assez dislans, et portanl les yeiix a leur base exterieure ; lesbranchie* forment nn peigne dans une cavite onverle en avanl; I'antis esl en avant du cole droit : la coqnille est pen epaisse , cornee, legerenient epi- dermee, un pen transparente , conoide, a tours de spire nn pen arrondis; le dernier plus grand que tons les antres reunis, i som- metpointu, sillonne; I'ouvcrtnre ovale, pins large en avant qu'en arriere , i\ bords desunis; le droit se recourbant en avant vers I'extremite de la columelle, de maniere h former un contour profond; la columelle arrondie, simple, arquee , Ironquee i\ son cxtremite anlerieure, ou elle saille en dedans de rouverture; point d'opercnle. (La place de ce genre se trouverait dans I'ordre des Pectinibranches in cote des Phasianelles ; mais I'absence de ropercnle semble devoir I'ecarter de ces dernieres. ) L'auleur en a distingue deux especes , L. melanostoma , et L. maculala, ornee de taches brunes sur sa coquille. N. B. Les zoologisles trouveronl sans doute que la botanique a usurpe toutes les planches dans les deux dernieres livraisons ; nous les prions d'user d'indnlgence a cet egard. Les planches du nu- mero sui vant seront consacrees a la zoologic ; on y trou vera figurees plusieurs especes de lepidopteres, ainsi que lanatomie microsco- pique complete des deux esptces de Strongytus qui ont eld tron- vees dans la cavite du tympan et dans les broaches du Delphinus phoccena. Rudolphi les regarde comme idenliques; nous pensons tomme lui que la petite especc ne differe pas essenliellement de la grande. Cependanl certaines differences, qu'on remarque sur la partie posterieure du corps, pourraient a la rigueur faire conside- rer la petite comme une especc distincte sous le nom de Slrongy- ( ."' ) las minor. Ces deux especes sonl viviparcs et a sexes distiiicls 5nr des iiidividiis separes. ^^• MEDECINE LEGALE. EXAMEN CRITIQUE DES BECHERCHBS QUE M. BaBBBEL VIENT DE PUBUEK DANS LES Annates d' hygiene pubitque et de medecine legale, i" n°, avril 1829, stiR les moyens de distinguer lb sang dk DIVERS ANIMAUX. La medecine legale n'esl pas uue science a part, possedant des priiicipes speciaiix el des regies deduites d'uii certaiu ordre dc fails qui ne pourraienl se classer dans aucnne aulre science. C'est lout siuiplemenl de la chimie manipulaiil devanl la loi sous les auspices d'un professeur de la i'aculte de medecine. La medecine legale se divise done, corame la science donl elle n'est qu'une application, en deux parlies si dislinctes , qu'on pourrait, a la rigueur, les considerer chacune comme une science isolee. La premiere, qui a pour objel les corps inorganiques, prmniee que d'exaclilude et de ve- rile ; qui, crainte de parailre ignorer quelqui: cliose, soil porte a dormer une reponse a lout, et prefere decider hardiment, afin dc trapper cetle classe de lecteurs qui n"estiment pas ceux qui dou- Itnt, plulol que de doiiUr el de meriter ainsi les suffrages moiiis ( '34.) nombreiix el puitaiil iiioins utiles des s;iges , qui out appiis, par I'experieuce, que le cloute philosophiquo est le i'vhe aim'; de la verite ; il est facile de prevoir a combien de graves ecarls Ton s'expose. Quoique las medecins eii general se livreiit aujourd'hui avecun zeledigned'eloges a I'etude des sciencesaccessoires, il n'en est pas moins juste de dei;larer qu'il s'en trouve encore un assez grand nombre , surtout dans la province, dont le portrait que nous venons d'esquisser exprime assez fideleuient les traits; or, combien la l3che que la loi leur impose est doublement plus dangereuse, s'ils allient, dans des recherches aussi delicates, des connaissances bornees i unc assurance sans bornes? operant seuls et sans temoins, decidant, en dernier ressort, devant des juges qui pretent a leur decision une conGance d'autaut plus etendue, que la prudence leurprescrit de se declarer eux-memes incompelens, ils n'ont a es^uyer d'aulre attaque que celle d'un defenseur dont les objections ont d'autant moins de force, qu'elles paraissent dictees, non par la conviction, mais par I'interel de la defense, et qui du reste sont troji etrangers aux etudes chiaiiques pour lutler avec avantage sur ce terrain nouveau. Ce sont la les seuls motifs qui nous ont determine depuis quel- que teinps a signaler les abus que la medecine legale fait chaque jour de la chimie organique ; et si nos efforts n'ont pas ete cou- ronnes d'un succfes eclatant (ce que dans notre position nous n'a- vons pas la folle pretention d'ambitionner) , ils ont du moins eveille les souppons des plus credules, et nous avons la certitude que nos ecrits ont convaincu les hommes reserves du danger evi- dent de ces sorles d'investigations legales. On avait pretendu que, devant la loi, il elait possible de recou- naitre, au moyen du microscope, a quelle espece d'auimal, ou du moins a quelle classe appartiendrait le sang d'une tache don- nee. Les fails que nous opposanies a cette opinion forcerent celui qu'on en disail I'auteur ;\ la desavouer d'une maniere authenti- que (i). M. Orfila, a I'aide des procedes en grand, annonca qu'on pouvait distinguer une tache de sang d'une lache rouge quelcon- (i) Voyez le flutledn des scimc. medicates, y sucliou du liuUclln univeisci, tome XIV, n" 57, 58; mai 182S. ( .55) que. Nous prescntumes un compose fort simple qui repondail. comme le sang, a loii? les reaclifs inrliqiits par M. Oifiia (i); ct cela fl'iine manifcie si exacte, que M. Orfila ne trouva d'aiilr<> moycii fie rcpondre qu'en changeant son premier travail. L'au- teur, par un stratageme saus doiite fort adroit, sembia voiiloir prouver que nous avions tort de io refuter, parce qu'il «e refulait Ini-meme; et quelqties personnes ne soupconnerent pas d'abord la finesse de ce procede. Nos armes etaient du reste si inegales! !>!. Orfila nous refutait avec tout I'avantage d'une voix vehemen- te, nous nous defendions pardes Icttrcs ecrites a I'Academie doni M. Orfila est membre, et par dos lettres qu'on refnsait d'y lire, et que qtielques journaux avaieut grand soin de ne pas publier. 11 est des gens pour qui le bruit est one preuve, et le silence I'aveu du vaincu ; pour ies convaincre, il faul les etourdir; aussi dans le principe bien des gens se crurent convaincus. Mais que peuvcnt lous les moyens reunis contre la force de I'evidence? II n'esi peut-6tre pas dix medccins competens et indcpendans, qui de bonne foi voulussent aujourd'hui declarer devant la loi, que telle 'ache est une tache de sang. Cependaut M. Barruel , preparateur en chef du cours de M. Orfihi, rencherit sur {'opinion du professeur lui-meme , et il annonce que Ton peut reconnaitre en medecine legale a quelle espece d'animal appartient une tache ensanglantee. M. Barruel n'a point recours au microscope; il avoue que, dans ce genre dc rccherches, cet instrumenl n'amene que des resultats negatifs ; c'est I'odorat qui lui sert de r<^actif. On serait en droit de repousser loutes les experiences dc M, Barruel, par cela seul qu'avant de chercher a nous faire dis- tinguer a quelle espece d'animal appartient une tache ensanglan lee, il serait necessaire d'etablir les signes propres a I'aire recon- naitre le sang en general. Mais nous admettrons un instant que le principe que suppose M. Barruel est prouve; et nous ne cher- cherons ici qu'a combaltre ies nouvelles experiences de I'auteur; heureux si les reflexions que nous crayons de noire devoir de (i) Voir le Journal gciivr. de tiwdecine, toin. Cll, p. 555 el suiv. ( '315 ) j>ublier, peuvenl paiveiiir jusqu'aux oreilles des homines chiirgcs d'appliquer la loi qui condanine, ou do defendre I'accust: inno- cent. Extrait da travail de M. Barruel. I.c sang de chaque espece d'aniinal contient un princtpe parti- culicr a chacune d'elles; ce principe , qui est tres-volatil , a one odeur semblable ti celle de la sueur, ou de I'exhalaison cufanee ou pulmonaire de I'auimal d'oi'i le sung provient; ce principe est a I'elat de coiribinaison dans le sang : tant que cette combinaison existe , il n'est point sensible ; mais dfes qu'on rompt reqnilibre do cette combinaison , le principe du sang se volatilise , el des lors il est non-seulement possible, mais meme assez facile de recon- naitre I'animal auquel il appartient; dans chaque espece d'animal le sang du male fournit cette odeur d'une maniere plus prononcec que celui de la femelle, et chez rhoranie la couleur des cheveux apporte des nuances dans I'odeur de ce principe; la combinaison de ce principe odorant est soluble, ce qui permet de le decouvrir dans le sang entier. comme dans le serum. M. Barruel se pro- pose de continuer ces recherches , pour determiner la nature du principe du sang. II a de fortes presomptions de croire que c'est une substance acide toule parliculiere, et qu'elle e.xiste dans le sang a I'etat ile sel. Pour ronipre cette combinaison, I'auteur se sert preferable- ment de I'acide sulfurique; il sulTit, a cet ("gard , de verser quel- ques gnuttes de sang ou de serusite dans un verre de montre, d'y verser ensuile un leger cxces d'acide sulfurique concentre, envi- ron le tiers ou la nioitie du volume du sang, d'agiler avec un tube de verre. Immediatement le principe du sang se manifeste. Essaye par ce moyen , le sang de rhomme degage une forte odeur de sneur d'homme , qu'il est impossible de confondre avec toule autre; celui de la femme, une odeur analogue, mais beau- coup moins forte, cnfin cello de la sueur de la femme; celui de bceuf, une forte odeur de bouverie ou cclle de la bouse de boeuf ; celui du cheval une forte odeur de sueur de cheval ou de crottin; celui debrebis, une vive odeur de laine inipregnee de son suint ; celui de moulon, une odeur analogue a celle de lirebis melangee d'une forte odeur de bouc ; celui dc chien , I'odeur de la transpi- ( '37 ) ration de chieii; celui du cuchon , uiie odeur ilesagreable de por- cherie; celui de rat, une odeur desagreable de rat; le sang dc^ ponies, des dindes, des canards et des pigeons, degage une odem parliculiere propre u chacun d'eux ; le sang de grenouille donnc une forle odeur de joncs marecageux, et le sang de la carpe une odeur analogue i celle du mucus qui revOl Ic corps des poissons d'eaii douce. D'apres JM. Barruei, le sang dessechepcut, encore apres quinze jours, offrir la meme reaction; il suflit de decouper la portion de lingc tache, de la mettre dans un verrc de montre, de verser par dessus une petile quantite d'eau, et do la laisser en repos pen- dant qnelque temps; qiiand la tache est bien humcctee, on verse dessus I'acide sullurique , on agile le melange, el Ton flaire I'odeur. M. Barruei considere ces recherches comme iinportantes dans le cas de suspicion d'homicide, de viol vrai ou suppose, et surtout dans le cas de defloration simulee. Refutation du travail precedent. Ce n'est point une idee neuve qu'un acide soil capable de de- gager d'une substance organique I'odeur qui hii est particniiere; el il n'est pas de chimisle qui , en s'occupant d'une analyse ani- male ou vegelale, n'ait eu de frequentes occasions de conslater ce fait. C'est une idee nioins neuve encore qu'un priucipe odorant pnisse elre assimile a un sel qu'on decele eu Ic decomposanl. M. Barruei n'a sans doute pas eu connaissance du memoire sur les tissus organiques paru en 1827, dans le lom. Ill des Mem. de laSociete d'fiistoire natureile de Paris. 11 aurait lu , § 455 1*^* P^*' roles suivantes : Les odeurs ne proviennent que de la rotatilisation d'un scl a base d'ammoniaque; et la plus fetlde deviendra agr cable des que I' on diminaera la proportion de la base ; le vinaigre , par excmple, verse sur I' urine ^ ramenera I'odeur desagreable produite par les asperges ^ a I'odeur flatteuse de la violette Mais , comme les proportions d' acide ou de base rarieront r/iaquejour, il arrivera aussi que cliaque jour ces sets prendront des caractircs dijfercns el des odeurs de plus en plus intenses ; en sorte que. lorsque la base sera en e.vccs , I'odeur ponrra derenir insupportable. Mais si t'on verse alors un acide capable dc satiircr cet exces de /'dse, on nbtiendra ou un scl acide , on ( . 38 ) (in acide caseique (dans le gluten), ainsi (/(le iiousl'avonsd6jd vu, ou iin double sel neulre ( i ). Quant a I'aciclite speciale ilu principe aromatique tlu sang, M. I5arruel ne I'a constatce jusqu';'i present que par des conjec- tures. Mais ces conjectures sont elles - memes basees sur des in- terpretations erronees de fails dont il est bien facile de constater la valeur. Lorsqu'on verse de I'acide sulfurique sur du sang frais ou delaye, il se produit un grand degagemcnt de chaleur, les par- ties aqueuses s'evaporent, et a la faveur de rette operation, I'a- cide sulfurique pent etre porle jusqu'a une cerlaine distance, et en assez grande quantite pour donner des signes de sa presence aux papiers reactifs. Outre ccla, le sang renferme du carbonate, du lactate el de rhydrncblorate de sonde ; I'acide sulfurique concentre doit done degager des acides lactique {acetique) et carbonique, et du chlore. En faisant les experiences, d'apres lesprocedes indiques jiar M. Barruel, nousavons tres-souvent demele I'odeur sulfurique ou le chlore (2) ; et un papier sans colle, impregne de nitrate d'ar- gent place au-dessus du degagement d'odeur, a conlracte la cou- leur violette d'une inaniere bcaucoup plus intense , et en bien inoins de temps que ne I'a fait un papier analogue expose a Pair dans le meme appartement. M. Barruel a done eu tort d'attribuer k une propriete caracteristique et speciale une acidile qui pent provenirde taut de causes elrangeres. Mais, en laissant de cote la question des principes, passons a I'application que M. Barruel pretend faire de ces recherches a la medecine legale. Si un auteur avait chercheo etablir la possibilite de reconnaitre I'arsenic par son odeur alliacee seule, qu'en serait-il resulte? On se fftt eleve de toutes parts conire la nullite dangereuse d'un pa- reil reactif; et, lorsqu'il s'agit des substances odorantes du r^gne organique, on se montrerail plus conQant? Mais qui pourrnit ne (1) M. Br.iconnot a repioduit, Annalas de phys. et de chini., octobre 1827, |>. iSg, sans les citer, tonics les ideas emises par nous sur la non-existence de I'acide caseique et de I'hordcine. (2) L'acide sulfurique concentre degage, de I'albumine de I'neuf exposee quelques jours a I'air, une quantity de chlore assez forte pour jaunir I'albu- inine, sc iairc sentir 4 I'odorat, et rougir eu dis minutes un pai)ier bleu sus- pendu il six lignes de distance. pas concevoir que noii-seulemeot les odeurs sonl fugaces, Ver- sailles, et varienlen raison des circonstances et de I'imaginalion sous le rapport des caracteres et de riiilensile ? A qui ii'eht-il pas arrive de respirer avec une certaine suavite line odeur, qui lui a paru repoussanle, des qu'il en a recnnnu la source, et vice versa} Enfiii , n'est-il pas evident que tons les nez ne peuvent pas servir de reactifs ? Que les uns ne flairent point , que les autres sont ca- pables, en flairant, de denaturer, nieme a I'odorat d'un tiers , I'o- deur auparavant tres-reconnaissable d'une substance? Le reactif est done sujet i induire en erreur ; inais la substance essayce est , par son inconstance, nonmoins Irompeuse que le reactif. Le sang exhale le premier jour niie odeur differente de celle qu'il exhalera le second, surlout si Ton opere en ete, et que le sang soil resti- huniide. Le sang sec se refuse, quoi qu'en dise M. Barruel, a ces sortes d'investigalions ; qu'il laille s'en prendre a noire nez, ou a la substance elle-meme , le sang de niouton desseche pen- dant un jour, et delaye ensuite dans I'eau d'un verre de niontrc, ne nous a presente rien de bien appreciable, nienie ii I'aide d'un grand exces d'acide svxifurique. En traitant de nieme le sang frais de mouton, nous avons cru reconnaitre d'abord I'odeur de I'a- cide sulfurique , ensuite celle de I'acide hydrochloriqtie , ensuile celle de I'acide caseiquc , et long-temps apres , celle du suint de mouton , et cela encore parce que nous avions present i\ I'imagi- nation le travail de M. Bairutl. D'autres fois I'odeur du suiiil de mouton se manifestait d'une maniere plus prononcce ; niais nous doutons que les hommes reserves osassent decider, a I'odeur, que tel sang qu'on leur presenterait sans averlissement prealable, ap- partinta tel animal plutot qu'a tel autre ; il faut etre averli , afin de le reconnailre. Cependant , en admettant que les caracteres odorans du sang lussent, conune I'annonce M. Barruel, susceptibles d'etre recon- nus d'une maniere assez certaine , les experiences de ce chimiste sont trop peu nombreuses et Irop peu combinees entre elles, pour qu'nn soit en droit de baser sur leur verification une declaration legale. M. Barruel n'a opere que sur une doiizaine d'aniniaux ; it qui nous cerlifierait d'avance que, parmi les nombreuses cspeces enu- mcrees dans les catalogues de zoologie , il ne puisse s'en trnuver ( »4<' ) donllesatig, essaye par I'acide siilfuriqiiu , laisse ilegager une odeiir analogue a celle du sang d'hommf ou de femmc ? Ce sont li des liypolheses, nous dira-t-on ; mais refutezles avaut de rien declarer devant la loi ; si, sur cent aiiimaux, vons en avez ob- serve qualre-vingl-dix-neuf, je serais encore en droit de soutenir devant la loi, jusqu'a preuve du conlraire, que le centienie de- jouerait vos reactifs. Car, enfin , il faut bien se penetrer de la gravite de la deposition et de scs consequences; il s'agit ici du regne de I'organisation : se inontrer moins exigeant qu'a I'egard du regne inorganique, ce serait une temerite en toute autre circon- stance, ce serait un crime devant la loi. On est autorise a penser que M. Barruel n'aurait pas laisse cette lacune dans son travail, s'il avait eu le temps de la combler. Mais comment n'est-il pas venu a I'esprit de ce chimiste de pre- voir une objection qui , a elle seule, sulfit pour renverser tous ses resullats ? M. Barruel, comme I'avail fait avant lui M. Orfila , dans son travail surle sang, a opere sur des substances bien isolees et bieii proprcs ; il a etudie les reactions odorantes qu'elles fournissaient par I'acide sulfurique, et il a pris soin de noter , d'une mauiere pourtant un peu vague, I'analogie de ces diverses odeurs. Mais a-t-il pense que , devant la loi, le sang lui serait offert aussi pur que dans le laboratoire? qu'aucune substance etrangere ne serait capable d'en allerer I'odeur et de la rendre mensongere et illu- soire? Or, si la sup[)Osition est admissible, le travail de M. Bar- ruel n'est-il pas proprea fairenaitre !es meprises les plus crueiles? et des lors ne doit-il pas etre regarde comme non avenu en mc- decine legale? Exan)inons done la question sous ce point de vue , etreprtnons les experiences de M. Barruel. On ne niera pas sans doule qu'un crachat puisse sc Irouversur le lingc tache de sang, et sous la tache meme. Or, un crachat, ou simplement do la salive humaine, deposee dans le sang de mou- ton delaye, donne par I'acide sulfurique une odeur qui simule tantot I'odeur la plus forte de bouc, tanlot I'odeur caseique du fromage pouri, tantot I'odeur de certaines plaies. La salive des- sechee seule , ou melangee avec du sang dess-eche, offre, quoiquc d'une maniere moins intense, les memes caracteres odoriferans. Dn Huge porte pendant une semaine sur la peau a etc tenu ( >4' ) jilongi': (liins I'eaii ordinaire pendant ime heure ; cetle eau melte avec du sang de inouton a donne, par I'acide sulfurique concen- tre, I'odeiir do la sueur d'homme. On sail que ie satyriam hirclnum repand sponlaneinent nne odenr telide de bouc. N'ayant pas sous la main des fleurs frai- ches, nous avons fait une infusion de fleurs dess('chees de cette piante , que nous conservons dans I'herbier depuis cinq a six ans. Ce decoctum, par I'intermede de I'acide sulfurique concentre, a exhale une odeur sensible et reconnaissable de bouc. Melange avec du sang de chat, ce decoctum n'a rien perdu de son odeur hircine. Nous avons melange avec du sang de mouton une parcelle 4^ ) ^ive, on enfin do la siilive, le chiiniste doclarera , a I'aide des leaclifs, (]ue ce sang n'est pas du sang de femme ; et pcul-etre, induit en erreurpar la versatilite vague des odeiirs, dec!arera-l-il que ce saug est du sang de bouc , ou de tout autre animal aiissi imnionde. f En consequence , le vice de ce reactit' I'era taiilot elargir te coupable , et tantot condainner et diffamer I'innocent. Nous presentons ici les cas les plus cominuns , les plus grussie- rement combines. Mais que serait-ce si quelque adroit fripon vc- nait ;\ compter sur la credulite du chimiste, et s'il poursuivait avec une opiniatre sceleratesse I'elude dt; conibinaisons plus compliquees? I'uisque I'acide sulfurique est capable de degagcr (les odeurs prononcees, nou-seulement du sang, mais de tontes les substances odorantes, dans quel dedale nous jette la medecine legale, en nous indiquant ce reactit? Et no serait-il pas temps, cnfin , que celte science deposal une assurance, que dis-je, une temerilti, avec laquelle on la voit chaque jour cumpromettre ses resiillats , et donner aux hommes prudens de si justes sujels de crainte? ]M. Barruel a joint a son travail une note sur les moyens de dis- tinguer des laches jaunes produites par la bile, I'acide nitriqueou I'iode. '< D'apres I'auteur, toute tache produite par la bile ou sa niatiere jaune, touchee par une dissolution faible de potasse caus- tique, ne change point; il n'y a nl diminution , ni augmentation d'inlensile de couleur. Toute tache produite par I'iode traitee par la meme dissolution de potasse caustique, disparait a I'inslant meme , et le tissu animal revient a sa couleur naturelle. Au con- traire, toute tache produite sur un tissu animal, par I'acide ni- trique, prend une couleur plus foncee, et devient jaune orange ; c'est une tache indelebiie. D'apres I'auteur, ces caracteres sont snlTisans pour prononcer en toute sftrete sur la nature des tacbes jaunes Irouvees dans le canal digestif. » D'apres nous, ces carac- teres sont propres a induire les juges en erreur, tout aussi facile- mentqueles experiences sur Fodeur du sang. Car, apr^sces trois substances coloranles jaunes, il en est dans la nature peut-etre des cenlaines encore que la chimie n'a jamais abordees, et qui sont susceptibles d'etre introduites aussi frequemment dans le canal alimenlaire, que les deux substances eirangeres du travail de ( '43 ) >1. Banuel. Mais comment M. Biiriin;! a-l-il oublie de nous ap- premJie a distinguer les substances coloranles jaunes que la lein- ture emploie chaque jour? Les alcalis ne loncenl-ils pas la couleur jaune de la gaude , et , a I'aide de I'unique reaclifde M. Banuel, ne pomrait-on pas confondre les laches de cette plante avec celles que piodiiit sur un lissu animal I'acide nitiique ? Les alcalis ne se combinent-ils pas avec la ( ouleur du safran i' n'enlevent-ils pas aux tissus animaux les laches produiles par une solulion aqueuse de cette substance ? Et ne serait-ou pas en droit des lors de les con- londre avec celles que I'iode produil? Voila des points qu'il serait necessaire de trailer, quand il s'agit d'instruire les experts en me- decine legale. Ensuite. csl-ce bien a I'aide d'un seul reactit" qu'on doit oser constaler legalement I'existence d'nne substance quel- oonque ? Non , et a cet egard nous en appelons aux chimisles les plus exerces a I'analyse des divers corps de la nature. R. CORRESPONDANCE. Terrain A LIGNITES. — Dans un memoire iniprirae, tcnie II, pag. i58, des Memoires de la societe d'hisloire naturelle de Paris, M. Rozet fait la description d'un terrain a lignites, qui existe pres de Castellane (IJasses-Alpes) , et que I'auteur indique au \ ersanl- (Hiesl de la monlagne de Koubiou. Gel ingenieur s'est mepris sur la localile. Ces lignites ne se Irouvenl pas sur la monlagne de Koubiou, inais bien i I'ouest de la montagne de Destoiirbe, quar- tier de Uaillaup, a une demi-lieue de Castellane, sur la gauche de la grande route qui couduit a Draguiguan (Var), et qui tra- verse Coiiole megane , montagne placee entre celle de Deslourbe et de Roubiou. Ces lignites appartienneul , non-seulement aux dicotyledones comme le dit I'auteur, naais encore aux monocoly- ledones, ainsi que vous en jugerez par une caisse de ces lignites que j'aurai rhonneur de vous adresser incessamment. .I'ai rhonneur, etc. Emeric. Castellane, 5 niai 1829. Deux ESPiiCE^ de Myrrhe. — J'ai continue mes recherches sur la iMyrrhe. el je siiis parvenu a decuuvrir qu'il y en a. meme dans ( '-14 ) l(! commerce a Paris, dt'u\ c-sp^ccs bien dislinctes : la vraie ou ancieniic, ft la fausse ou moderne; celte dernifere, a ce que Ton dit, est apportee de I'Inde; ce serait celle de Pline, mais de la seconde de ses especes, qui, d'apres cet auleur, venait par la mer Rouge et par caravanes jusqu'a Aiexandrie. J'ai quelque lieu de croire que ma deuxieme e^pcce ou la fausse est celle que iMM. Ehrenberg et Hemprich ont decouverte en Nubie et qu'ils rapportent au Baisamodendron myrrlia. Au surplus voici les caracteres 40 ) une ephemeride pour faciliter la recherclie tie cet astre lors de sa prochaine reapparilion. 8. Rccherc/ies sin- la maniere dc discuter Ics analyses chimlqaes pour parvenir a dclenniner exadement la coinposition des mineraux, par IM. F. L. Beudant. Nous en avons doniie I'extrait, ilansleiiu- mero de mars, pa,^. 397. g, Memoire sur I'cquilibrc ct le mouremcnt dcs corps clastiques , par M. Poisson. Nous y reviendrons. 10. Nole sur le probleme des ondes, par M. Poisson. 11. Memoire sur la tlieorie analytique de lachaleur, par M. Fou- rier. Nous ferons connaitre, dans un article special, I'ensemble des recherches de I'auteur sur cetle theoric. ACADliMIE DES SCIENCES DE PARIS. Seance du 9 mars. — SI. Dcleau envoie un instrument qu'il noin- nie kiotome ariicule, destine a la resection des amygdales. M. Heurteloup depose un nouvel instrument lithotrileur, qu'il nomme mandrin d virgule. MM. Arago et Dulong sont charges d'examiner un Opsiometre presente par M. Lehot. M. T;inohun fait connaitre des modifications apportees a la lithotricie. M. Hericart de Thury lit une seconcVc notice sur le double pnits lore de la gare Saint-Ouen. La qnantite d'eau lournie s'eleve maintenant a 120 metres cubes par jour. Des deux courans su- perposes et separes I'un de I'autre, I'inlerieur est le plus remar- quable; il jaillit a 3,2 metres au-dessus du sol. M. H. de Thury propose i'l I'Acad^inie d'adresser ses deux notices au ministre de I'interieur et au prefel de la Seine, dans le but d'encourager le percemenl des puits aux environs de Paris. M. Girard fait obser- ver que, dans les puits arlt'siens perces a Abbeville, relevation de I'eau coincide avec la hauteur du la maree. M. H. de Thury con- firme ce fait, qui a la verile s'observe moins bien ti inesure qu'on s'eloigne des cotes, el qui, a Paris, n'existe sOreincnt plus. M. Le- gendre est d'avis que le percementdes puits dans I'interieur nieme de Paris serait tres-utile; il appuie la proposition de M. H. de 'Jhury, ia(|uellt; est adoptee. ( '47 ) ivi. Bubinet annonce qu'il a delermine la force magiielique hori- zontale dii globe, par une methode derivee de celle qiie M. Pois- son a iiiKiginee en 1825. RJais il mesun; Ics forces magneliques, noil par des oscilhilions, mais par la torsion des fils mutailiques. Tl est arrive a ce iheoreme ; Un pole magneliqiie qui, d une distance d'un metre, aglt sur un pole egal aa premier nrec une force d'un mil- ligramme, est dirige par la terre avec une force horizontalc dc 020 milligrammes. M. G. Cuvier fait un rapport favorable sur Ics collections recueil- lies par MM. Fabre Renaud, Blosseville et Brossard, a bord de la Gabarre, la Chevrette, dans leur expedition a Pondichery. M. Pouillet lit un memoire sur devaluation des /mutes tempera- tures en degrcs du tliermometre d fair. M. Rozet lit une Notice geognostlque sur qaelques parties du depar- tement des Ardennes et de la Belgique. ' 16 mars. — MM. Chevallier et Langlnme adresscnt a I'Acade- mie un fragment de pierre siliceuse qu'ils ont pu sub^tituer a la pierre a lilhograpliier. M. G. Massucci envoie de Borne la figure d'une nacelle desti- nee a la navigation aerienne. M. Cordier fait connaitre deux letlres qui lui ont ele adressees par MM. Tournal de Marcel de Serres, relativeinent aux cavernes a ossetnens de Bize. 23 mars. — MM. de Freycinet et G. Saint-Hilaire donncnt lec- ture de letlres qu'ils out recues de MM. Quoy et Gayuiard. Elies sontdateesderilc de France, et fournissent des details sur I'excur- sion du capitaine Durville a Tucupia, et sur les renseignemens qu'il a recueillis relativenient au naufrage de Lapeyrouse. M. Sylvestrefait un rapport favorable sur un travail de M. Bon- nafous, qui a entrepris des experiences comparatives sur I'emploi des feuilles de raQrier sauvage et greffe, pour la nourriture des vers i soie. M. Cuvier f.iil un rapport sur les collections et les dessins d'liistoire natur«-ile apporles d'Egyple par M. Erifaud. !M. G. Saint-Hilaire presente un memoire sur les rapports do structure organique et de parente qui pcuveut exister entre les animaux des ;1ges hisloriques et actuellement vivans, et les espe- ces antediluviennes et perdues. ( i/»8 ) M. Baiideloctjue annonce qu'il a trouvc le moyen de broyer la tete d'lin foetus inort, avec un instrument de son invention. L'o- peration a dure de 6 i\ 8 minutes , el le broiement lo secondes seulement. 5o mars. — M. G. Saint- Hilaire donne lecture du memoire qu'il n'avait fait que presenter a la seance precedente; il croit a une succession non interrompue du regne animal , operee par voie de generation, depuis les premiers ages du monde jusqu'a nos jours. L'auteur y voit une serie progressive comme la sui- vante : Iclhyosaurus, plesiosaurus, pterodactylus, mesosaurus, te- leosaurus, megalonix, megatherium, anoplolherium, palseothe- riiim, elc.,lousanimaux transformes de maniere a ce qu'aucundes genres qu'ils composent ne subsiste aujourd'hui. L'auteur cherche a demontrer que les differences de constitution atmosplierique ont pu etre assez grandes et assez puissantes pour ainener les diffe- rentes espfeces des types primilifs a ce qu'elles sont de nos jours. En faisant varier la chaleur, la secheresse , le mouvemeut , dans I'etablissemeut d'Auteuil , oQ Ton fait eclore des ceufs de poulet sous Tinfluence d'une chaleur arlificielle , il a pu produire des es- peces de monstre a volonte , ce qui semblerait justifler son opi- nion , qui du reste est celle de M. Lamarck. M. GayLussac fait un rapport sur differentes questions relatives i\ la construction des paratonnerres sur les magasins a poudre ; ces questions avaient ete adressees a I'Academie par le miuistre de la guerre, ;\ I'occasion de la chute de la foudre sur le magasin a poudre de Baionne. L'avis de la commission est , que la commu- nication entre le sol et le paratonnerre de ce magasin n'etait pas bien etablie. MM. Milne-Edwards et Audouin presentent un ouvrage ma- nuscril , intitule : Histoire des Craslaccs ampldpodes. M. Quetelet envoie une statistique des Pays-Bas. M. Cordier presente , de la part de MM. Lecocq etBouillet, les trois premieres livraisons d'un ouvrage intitule : Vues et coupes des principales formations g^ologiques du departement du Puy-de- Ddme, accompagnees de la description et des echantillons des rocfies qui les composeJit. On annonce I'arrivee de V Astrolabe a Toulon. M. Poinsol fail un rapport sur un memoire de MM. Dubois et ( >49 ) Bigeon , sur les developpees ties courbes planes. Ce memoire ne ren- lerme rien de nouveau. M. Dcsprelz lit un memoire sur les modifications que subissent les metaux par Caction combince de la chaleur et du gaz ammoniacal ; 11 a constate que le I'er el le cuivre s'emparent de I'azole. Ces me- taux augmentent beaucoup en volume ; celui du fer s'accroil par- fois de 11,5 pour lOO. II est vrai que le poids s'en trouve rare- ment augmente , a cause que I'azole s'est degiige par cet exces de leiiiperature. Qairil. — MM. ChevalUer et Langlnme presentenl des dessins lithographies par leur nouveau procede. MM. Quoy et Gaimard adresscnt un dernier memoire conte- nant leurs recherches depuis I'ile de France jusqu'a leur retour. M. Robert de Marseille envoie im memoire sur I'identile de la derniere epidemic de Paris , avec celle qui a regne dans les An- tilles. M. Julia Fontenelle adresse une lettre contenant de nouveaux details sur I'influence du froid chez les nouveaux-nes. M. Serullas annonce que le corps designe par le nom de chlo- rnre d'azote est un veritable chlorure d'ammoniaque; tous les composes que Ton regardait comme des azotures contiennent aussi de I'hydrogene. i3 avril 1829.— MM. Becquerel et Pouillet ayant oblenu egalite de voix comme candidats a la section de physique , en rempla- cement de M. Lefevre-Gineaii , la nomination est remise a lu seance suivante. M. G. Cuvier fait un rapport favorable sur le memoire de M. Koulin , concernant I'hisloire naturelle du tapir, et parlicu- liferement celle d'une nouvelle espece de ce genre que I'auteur a decouverte dans les hautes regions de la Cordilliere des Andes. M. Cuvier, tout en convenajit que la tele de ce nouveau tapir ressemble, plus que celle du tapir ordinaire, a la tele du paloeo- therium, ne croit point cependant que le nouveau tapir soil une metamorphose de I'espece antediluvienne. M. Benoiston de Chateauneuf presenle un memoire sur lalon- g^viteen France, depuis le commencement du dix-neuvieme siecle. M. Serullas lit son travail sur le corps iiomuie chlorure d'a- ( -50 ) zole, qui est une combinalson d'azote et crammoiiiaquo. L'argent Julminanl e?t de meme Forme d'argciit et d'ammoniaque. M. de Blainville fait un rapport sur iin mcmoirc contenant la description d'un cetace ^chouc sur la c6te do Saiiit-Cyprien ; i! pense que c'est la une hi\\e\i^e Jubaiic de Linne, et non une es- peee noiivelle. M. Sylvestre lit pour M. Tessier un rapport favorable siirrou- vrage de M. d'Harcourt, intitule : Reflexions sur I'etat agricole et commercial des provinces centrales da royaume. M. Poisson fait un rapport tres-favorabie sur le memoire de M. de Pontecotilant , relatif aux grandes inegalites de Jupiler et de Sattirnc. M. Poisson lit i\ne. note sur la constitution inliiue des Guides. 20 avril. — M. Magendie fait un rapport favorable sur le me- moire de M. Leroy d'Etioles, relatif aux dangers de I'insufTlation dans les poumons des noyers ou des asphyxies. M. llobiquel annonce qu'il est parvenu a faire cristalliser la raatiere colorante de I'orseille. M. de Rossel depose la deuxieme parlie du Pilote francais , et I'expose des travaux relalifs a la reconnaissance hydrographique des cotes occidentales de France, par M. Beauttmps-Beaupre , suivi d'un precis des operations geodesiques qui ont servi de base aux cartes et plans des trois premieres parties du Pilote francais , par M. d'Anssy. M. Cagnard Latour adresse une note sur la cristallisation de la silice. M. Desfontaines fait un rapport favorable sur un memoire de M. Cambessedes, relatifaux plantes de la famille des sapindacees. M. Cordier annonce que I'Academie ne pent faire de rapport sur les pierres precieuses (topazes blanches ) , presentees par un marchimd iiitei'esse. M. Becquerel est nomme membre de la section de Physique. Fleursartificielles en cire. U est des fleurs, remarquablespar la beaule de leurs formes et par Teclat de leurs couleurs, qu'on rend meconnaissables par la dessiccation, et qui, dans un herbier, ne conservent plus rien de leur premier aspect et de leurs premieres grSces. La peinture peut en reproduire, il est vrai , leseffets prin- ( '^' ) cipaux; mais elle ne pennet puint d'aborder de pres leurs carac- teres et leur structure. Telles ?ont les Orchidees, les Bromelia- cees , les Cactees, etc. On a essaye , pour suppleer a la nature ■vivante , les precedes artificiels; el il I'aut avouer que des mains habiles ont tr6s-souvent ravi pour ainsi dire, a la nature , ses plus beaux secrets. Mais jusqu'a present ces imitations heureuses, faites a I'aide des tissus ouvrages, ne supportaient ni I'approche du regard, ni I'emploi de la loupe. An moyen d'un noiiveau precede, mesdames Louis et Hereau sont parv<;nues a composer des fleurs en cire, qui tromperaient le botaniste le plus exer(o. La diapha- neite des petales , la moliesse des contours j la flexibilite des tiges, la variele des nuances et des teintes, rien enfin n'a oppose des obstacles insurmontables a la magie de leurs artifices. Nous invitons les amateurs ^ en juger par leurs propres yeux ; ils trou- veront de nombreux echantillons decctart nouveauchezM. Louis, libraire, rue du Paoii, n. 2, et a I'exposition an profit de I'exlinc- tion de la mendicile, salle Lcbrlin, rue du Gros-Chenet. Necrologie. Au commencement de cette aniiee est mort le ce- lebre physicien anglais IM. Wollaslon. Quoique malade des suites d'une apoplexie qui le privait de I'usage de ses membres. il dic- lait encore, avant de niourir, des memoires sur divers sujets. Ces memoires ont ete remis a la Societe royale de Londres. Le 28 fevrier 1829, la science a perdu Dominique-Sebastien Leman , I'un de nos plus zeles mineralogisles. Ne a Naples le 5o decembre 1781, il fut amene en France en 1793 parses parens, francais d'origine , que les eveneniens politiques forfaient de chercher un asile hors de I'ltalie, apres avoir perdu leur for- tune. Leman, age alors de quatorzeans, fit ses premieres eludes au college de Juilly, et les lermina aux ecoles centrales de Paris, a une epoque oil I'elude de la nature faisait parlie des etudes classiques. Leman en contracta le gofit de bonne heure, et se fit deja rernar- quer par ses professeurs. C'est la qu'il se lia d'amilie avec iM. Des- marest, dont il devint par la suite le beau-frere. Simjde dans ses goOls, modcste dans ses pretentions, il vit passer devant lui les places sans les solliciter, les faveurs sans les envier, et peut-etre meme sans en soupconner I'existence. Avide de savoir, mais plus avidc encore d'independance , il sut se creer une position qui Ini (.52) pcrmetlait Je satisfaire I'un de ses goQts sans s'exposer a sacrifier I'autre, En France, on ne lougit pas d'oblenir par inlrigues une place qu'on exerce sans talens, et Ton rougirait de devoir son ai- sanceaux ressources d'une profession lucralive. Leman secoua de bonne heure ce prejuge (i) , que Ton ignore en Allemagne et en Angleterre, et il ful commerfanl d'histoire natureile. afin de Tes- ter auteur indopendant, II faut le dire pourtant a la louange de notreepoque, ce titrc ne lui enleva I'intimite ni des Luplace, ni des Haiiy , ni des savans les plus capables d'apprecier I'etendue et la solidile de ses connaissances ; et tel professeur plus eleve en dignity que lui, venait quelquel'ois consulter hiunblement le simple marchand d'histoire natureile. Heureux de-trouver une existence sociale au sein de ses propres eludes , Leman publiait sans bruit et sans coterie les nombreux resultats de ses rechcF- ches, soil dans le Bulletin de la societe philomatique, dont il etait membre, soil dans le Dictionnaire des sciences naturelles , dont il etait le principal directeur. C'esl h lui que nous devons la jolie decouverte de I'identile de la gyrogonite avec les graines de chara, ainsi que la delerniination de plusieurs aiitres fossiles jus- qu'alors incerlains. Ami sincere, bon parent, il devint, par ses soins et ses travaux, le cnnsolateur et le soulien d'une mere qui ne I'a precede que de quelques annees daas la loinbe. Leinan est mort frappe d'une altaque d'apoplexie foudroyanle. Depuis quel- ques mois un affaiblissement sensible de ses fnculles mentales semblait lui presager cetle catastrophe, i laquelle il a survecu quelques heures seulement. Jeunes amis de la science, detournez vos regards loin de ces places que Tintrigue achele par lant de laches complaisances , ou qu'elle vend a de si cruelles conditions. Voulez-vous vous creer une existence egalement a I'abri et du besoin qui flelrit I'homnie, et de I'esclavnge qui ie degraile, croyez-moi, attendcz tout de vous-memes, el imilez le savant celebre et modeste que la science vienl de perdre dans la personne de notre collogue Dominique- Seliastien Leman. (i) Lc celebre WoUaston n'a jamais cru deroger a la dignite de la science, en vendani les echantillons des substances dont la decouverte lui avail coiil6 tant de depenses et tant dc travaux. MM//iefy.ri/ie 71 (ir rofiffyon ^ do VCA flabellata..^,. Y" '"'"^/f\ .Uor,^>,^r,r/>/iy,- ,/i, ,/,fiff ///A/{tU///.tJA' ^/ ,f/t,i/.>,/if.r ./// //.AVfrt lliilxll.iLa . /.,^.y ^ ^(vM ^UCA flate ■ ^-^^/^s./ .lfo/t,/,/rr/o,//,\v (/u /''A'STICA flalu-llafa . /,.W. i ilabellata .j:,,,,,^. r.P/^^ •nr, . (hf Jcvi^/>^- f/'o/>j'. Tom .!/■ ^% J/»„ot/,;,/>/„,' ,/„ y,'„r,' ///AVH> ('///.<>/: ,'/ „n- -40 40- -3o 3o- Ol>s. -20 Cal. 20- -lO DISTANCES. Ohs. 2,5. Cal. . 2,5 Obs. 3,n. Cal. Ohs. Cal. 2 \ . . 5jO 5,0. . 5,0 7,0. . 7?o 3 \ 4,3. . 4,5 5,7. . . 5,5 9,0- • 9»» i3,o. . i3,o 4 ; 6,5. . 6,5 8,5. . . 8,3 i3,o. . i3,5 20,0. . iq,6 5 ; 8,5. . 8,6 11,0. . .11,0 17,0. • 17,7 26,0. . 26, 1 12.0. .12,3 16,0. . .15,8 24,0. • 24,7 58, 0. . 37,7 9 \ i5,8. .14,1 20,2. • -'9?^ 00,0. • 29,9 47,0. . 46,5 \i 3 18,3. .16,9 25,2. . .22,1 54,5. . 35.4 54,0. . 53.0 i3 5 20,3. .18,3 25,7. . .24,0 3;,5. . 36, 60,0. . 57,^ Dp ces nombres d'oscillations observes, j'ai deduit les nombres ( «54 ) d'oscillations que I'aiguille executerait sous I'iafluence seule du disque ; puis je les ai calcules dans I'hypothese de la loi du carre des distances. J'ai alors obtenu les resiiltats suivans : 5o- -4o 4o- -3o 3o— -20 20- Obs. -lO DISTANCES. Obs. Cal. Obs. Cal. Obs. Gal. Cal. 2 5 3,6. . 2,() 3,3. . 3,3 5,6. . 5,6 7,7- • 7,7 5 j 6,3. . 5,3 7,0. . 6,7 1 1,2. . 11,4 15,7. • i5,7 4 -3 9»o- • 9'0 11,7. • 11,4 18,3. • 19,5 27,3. . 26,6 5 3 i3,3. . i3,6 17,1. • 17,2 27,4. . 2q,5 40,0. . 40,2 7 5 s4,6. • 25,7 35,3. . 32,6 51,7. . 55,3 77,4- • 76,1 9 f 48,6. • 4i,56 ) iii.ilie, qui s'elove ici au huiti^me cln lotal , pent s'expliqiier, d'a- hord par les errcurs d'observation que laisse soiipconner la colonne des rapports donnee ci-dessus, et, en second lieu, par la difference de densite des deux cuivres, en sorte que le plus dense exercerait, a egalite de masse, une action un pen plus forte que I'autre; il pourrait arriver aussl que les crhantillons d'un meme metal agis- sent diversemeut sur I'aiguille aimantee, d'aprcs leur degre de piirete et le mode de leur extraction ou de leur fabrication ; enfin, il serait possible que le metal , de meme que le fer, reagit sur le ma"-netisme naturel de I'aiguille. Nous reviendrons plus tard sur toutes ces questions ; mais nous pouvons, des a present, adopter les deux lois suivanles , sans craindre de commettre des erreurs notables : Un dhqiie metallit/ue, suppose indefini, exerce sur I'aiguille aiman- tee une action qui eyt en ruison inverse da carre de la distance de I'aiguille audisque, et en raison dircctc de I'rpaissciir ou de la inas^e de ce dernier. Ainsi, qnand on vondra calculer I'effet d'un disque trcs-epais, sur les oscillations d'une petite aiguille aimantee, il laudrapartager le disque en tranches infiniment minces, dont chacune agira pro- porliunnellement a sa masse, et en raison inverse du carre de sa distance a I'aiguille, puis sojnmer toutes ces actions par I'emploi flu calcul integral. Si I'aiguille avait une grosseur considerable , il faudrait la consiuerer comme partagee en un nombre iulini d'ai- •millesliueaires, etle calcul consisteraitendeuxintegralions relatives, I'une aux eleniens dn disque, et I'antre aux elemens de I'aiguille. Mais, avant ([iie d'etablir une theorie mathemalique de ces phe- nomenes, il est essentiel de les observer dans des cas tres-varies, et d'en circonscrire, pour ainsi dire, ledomaine. Apres avoir cons- tate Taction des plaques metalliques sur I'aiguille aimantee, et en avoir determine quelques lois, il est bon de s'assurer s'il existe une action des plaques non metalliques sur les oscillations de I'aiguille. M. Arago s'elait d'abord prouonre pour I'affimialive; M31. Prevost etColladon, en repetant ces experiences, n'avaient remarque aucun indice d'aclion dans le bois , le soufre et le tritoxide de fer; MM. Ixobili et Bacelli essayerent aussi vaiuement de faire agir, sur des aiguilles meme tres-sensibles, des disques de verre , de resine, de bois ou de carton, soit par la rotation de ces disques, soit par ( '5r ) l('s oscillalii.iis do. raigiiiUc. M;iis ces dcriiioi;, pliy^icicns u'-iyant point iiuliqtie ;i quelle distaiue ils placaicut leuis aiguilles, M. Aiago cnit devoir attiibuer nw trop eloignenieiit de celles - ci la niiUite de leur aclioii siir les plaques non metalliques. En e£fet, line ai- guille suspcndiie sur de I'eaii faisait , d'apres lui, 50 oscillations entre 55 et 45 degres d'aniplitiide, quand la distance de la face infeiieuie de Taigiiille a la surface de I'eau n'ctait que de o,65 mil- limetre , tandis qu'elle executait 6o oscillations a 52,2 millinu'lres de I'eau. A'oici, ajoutait-il, les resultats que la meme aiguille a donnes en la placant sur de la glace (eau gelee) : a 0,70 millim., il s'ecoule 16 oscillations, de 55" a 43°. a 1 ,26 millim. ... 34 a 3o,5 millim. ... 56 a 52,2 milliin. ... 60 Sur un plan de verre (crown-glass), avec une autre aiguille : a 0,91 millim., il s'ecoule 122 osciUalions, de 90° a 4>°' a 0,99 millim. . . . iSo a 5,o4 millim. . . . 208 ;i 4?oi millim. . . . 220 M. Arago ajoutait que Ton parviendrait probablement a rendre sensible meme Taction des gaz compriuies. Mais environ trois niois apres cette prediction, et a la suite d'un voyage que M. Arago venait de faire en Italic, parut, dans les Annate'; de C/iimie et de Pfiy\sc(/ue, une note qui, niise au bout d'un article insignifiant de geologic, et sans aucune indication dans la table des niatieres, scmblait devoir ef happer aux regards des physiciens ; cette note conservait a M. Arago I'exactitudc de ses observations, et a MM. Nobili et Bacelli la certitude du principe qu'ils avaient pose ; e'est-a-dire que si M. Arago avail observe un effet tres-sensible, ia oil MM. ^'obili et Bacelli n'avaient absolument rien vu, et si I'un adniett.iit ce que les autres niaient foriuellcuient, la plus parfaite harmonic rcgnait neanmoins i-ntre ces habiles observateiu's ; un mot suflisait pour la mcttre en eAidenre : il lut convenu qu'une acliun de surface, a Paris trcs-energique , et presque insensible a Ileggio, avail simule au physicien franc.iis les phenomenes du nia- ( '58) gnelismt; par rotation, phenomenes qui s'etaient presenles sans alteration aiix regards des phjsiciens italiens. II faiit pourtant avoiier que ces experiences devaient etre repri- ses et discvitees avec soin. La physique, dans son etat actuel, ne pent se payer de mots : si les actions de surface se font sentir a de grandes distances, on doit s'en occuper comme d'une classe nou velle de phenomenes; ilfaudra, dansbeaucoup de cas, faire la part de ces actions, et dans les observations du magnetisme en mouvement, on ne pent negliger I'inlluence de cette cause perturbatrice. L'ex- perience suivante est propre a lever tous les doutes sur cet impor- tant objet. Experience i. Un disque de verre (crown-glass), de 90 millime- tres de diametre, et de 1,7 millimetre d'epaisseur, fut mis sur les trois supports p,p,p de notre appareil (pi. I, fig. 1), au-dessous de I'aiguille aimantee ab; on fit le vide, et Ton mit I'aiguille en mouvement. A la distance d'environ un millimetre, mesuree entre le disque et I'aiguille, le nombre des oscillations de cette derniere se trouva diminue de moitie ; mais il s'agissait de prouver que cette diminution n'etait pas simplement un effet de surface, une resistance de I'air interpose entre le disque et I'aiguille. A cet effet, je repetai I'experience, en laissant rentrer Pair peu apeu, et j'obtins les resultats suivans : Pressions de I'air. 3 ligne; 10 14 335 Nombres d' oscillations que I'aiguille aimantee execute d I miUimctve du disque de verre. 5o — 4o 4o- 12,(1 i3,8 I i,G >2,9 10,7 1 j,o 10,5 i5,o 10,0 12,5 8,0 10,0 2J,7 23,1 22,3 21,5 20,5 18,0 36,o 32,4 32,0 3i,5 3i,o 25,0 Quant aux nombres d'oscillations que I'aiguille execute librement dans I'air a differentes pressions, ils se trouvent consignes dans le tableau de la page 7 (tome T de cos Annates), et les nombres cor- I ( 'r>o ) respondaiU a cle* pressimis qui n'y sont pas indiquees, s'obtieiiiient aisenient par interpolation. Pour discuter les observations prece- dentes, je les ramene toutes, par le calcul, a la menie pression initiale de 5 lignes. Par exemple, raiguille faisant 8 oscillations de 5o a 40 degres d'amplilude, dans I'air ordinaire a 555 lignes de pression, il s'agit d'en conclure combien elle fera de ces oscillations dans I'air a 5 lignes. Voici la marche du calcul dans ce cas particu- lier, qui pourra servir d'exemple Si en 8 oscillations I'aiguille perd 10 degrus d'amplitude, chaque 10 oscillation lui fait perdre, terme moyen, — de degre. Cette perte est due a la presence du verre et a toutes les autres causes que je groupe en une seule; celle-ci, d'apres le tableau de la page 7, fait perdre j-de degre par chaque oscillation : done la perte oc- casion^e par le verre est, pour chaque oscillation, 10 8 12,5 D'un autre cote, soil x le nombre des oscillations que raiguille, en presence du verre, doit executer dans I'air a 5 lignes, chaque 10 oscillation faisant perdre, terme moyen, degre. Mais, d'apres 10 le tableau cite, la perte est de par chaque oscillation, pour I'aiguille oscillant hors de la presence du verre : done ce dernier produira une perte exprimee par 22,9 et comme la perte occasionee par le disque de verre doit etre la meme dans les deux cas, on aura I'equation 10 22,9 8 '2,5 ( '(^<' ) de laquellc on tire a; =: ii,3. En procedant de menie pour tons les nombres dii tableau precedent, on formera le suivant : Aticiennes Nombres d'osc nations q ue I'aiguille aimantee execute d presxions 1 millimetre du disqiie de verre, et dans I'air d 5 li^rnes de I'air. de pression. 5o — 4o 4o — 3o 3o— 20 30 — lO 5 12, i3,8 23,7 56,0 5,7 11,8 i5,i 23,4 53, o 10 11,1 i3,5 23,3 33,3 i4 1 1,0 i3,4 22,5 33,2 42 11,3 '3,9 23,1 34,7 335 11,3 »3,4 25, o 3i,7 movennes 11,4 i3,5 23,5 33 j7 A deux ou Irois exceptions pres . chaque valeur de ce tableau s'accorde assez bien avec la moyenne conespondante , poiu- qu'on puisse attribuer les differences anx erreurs de I'observation , et aux petites variations de la longueur du fil de suspension de I'aiguille, occasionees par la presence de I'air {^voyez, ace sujet, p. i3 et i4 du cahier precedent). Par consequent, on ne peut pas admettre A' action de surface, au moins a un niillinielre du disque ; car les oscillations se trouvenl tres-bicn representees et calculees, en tenant simplement compte de la resistance de I'air suppose indofini. Ce serait done une grande erreur que d'altribuer a la couclie d'air comprise entre le disque et I'aiguille, une resistance plus grande que si ce disque etait enleve; et si de 535 a 5 lignes de pression, cette couche ne produit aucun ellet appreciable et distinct de sa resistance dans I'air iilimite , on peut croire qu'un pareil resultat s'observerait encore au-dessousde 3 lignes, jusqu'au vide ab- solu. 11 est inutile de faire ici les meiiies calculs pour des distances de I'aiguille au disque de verre plus grandes qu'un millimetre. Voici les observations moyennes jusqu'a 4 millimetres : Nomhres d'oscUlations que I'aiguille aimantee eivecute en pn senre (hi ilisque dc verre, dans I'air d 3 lignes de pression. 2,3 3,3 4,5 5,3 2,3 5,3 4,3 5,3 5o — 4o 4o — 5o 5o — 20 Obs. Cal. Obs. CiI. 0!)s. C;)!. Obs. Cal. 11.4. . J 1,5 i3,5. . i5,6 20,5. . 25,7 53j7- • 33,5 i5,5. . i5,5 19,0. . 1,^,9 5i,o. . 5i,o 45,5. . 46,5 18,0. . 17,9 22,5. . 22,3 35,0. . 35,2 55,0. . 54,8 19.5. . ig,4 24,5. . 24,5 38,o. . 57,7 60,0. . 60,0 Nomhres d'oscillaiions faites sous i'inflaence seute da disque. 22,7. .25,0 24,5. . 2^,9 50,9. . 52,0 62,4. . 61,6 4^,0. . 4/54 5i,8. . 5i,5 107 . .107 120 . .127 84, >. . 80,0 90,0. . 87,0 176 . .182 220 . .2l5 i32 . .122 i34 . .i32 271 . .275 33i . .327 On a ici augmente toutes les distances de i,3 niillimetre afin de compter les distances du milieu de I'epaisseur du disque a I'axe de I'aiguille aimantte. II est done piouve, par ces resultats, que le verre amortit les oscillations d'line pareille aiguille, et que son ac- tion est, comme pour les mctaux, en raison inverse du carre de la distance. Mais cette influence est extreniement faible, etcesse d'etre sensible pour le disque et I'aiguille en question, a 5 millimetres de distance. En comparant les nombres d'oscillations que I'aiguille fait en presence de ce disque de verre, et en presence du disque de cuivre (de I'experience 1) qui a la meme epaisseur, on trouve, pour la distance de 2 3 millimetres , Verre, (Cuivre. Rapport. De 5o° a 40" 25,7 2,6 De 4>i ;» 5o 25,6 3,3 De 3o a 20 53,5 5,6 De 20 a 10 65,4 7»7 0,10 0,12 rapport iiiojen, 0,1 25 : done Taction du verre, a volume egal, n'est que les 12 ou i3 centitmes de celle du cuivre; mais, apoids ( i62 ) cgal , die en devietit les /|4 centienies environ. Je nc cite ce rap- port que d'line maniere approchoe, me proposant de donner inie liste complete des actions des corps sur I'aiguille aimantee, quand cette action serabien definie. I! est inutile de dire que le hois et le niarbre exercent une action comparable a celle du verre ; on ne pent manqner de s'en apercevoir. pour pen qu'on ai)porte de pre- cision en de semblables experiences; el la premiere precaution que snggere cette remarqne, consiste a eloigner de tons corps etrangers les disques soumis a I'experience, en ne les posant point immediatement sur une table de marbre, sur une feuille de verre, ou sur un bloc de bois. L'appareil le plus simple sera presque toujours le meilleur, parce qu'an moins on n'aura pas a craindre Paction perturbatrice des pieces qui enlrent dans la composition d'une macbine compliquee. C'est ici le lieu d'indiqner I'crreur que I'on peut commettre en negligeant les precautions dont je parle. Je suppose, parexemple, que, voulant examiner Taction d'un disque de cuivre, d'un milli- metre d'epaisseur, on le mette immediatement sur une plaque de verre tres-epaisse. Pour fixer les idoes, j'admets que I'aiguille soit en tout semblable a celle dont je me suis servi dans mes preceden- tes experiences; elle fera librement, dans I'air, 45,5 oscillations entre 20 et 10 degres d'amplitude; placee a un millimetre du dis- que de cuivre, la distance du milieu de son epaisseur, an milieu de I'epaisseur du disque, sera de 2 millimetres; et, sous I'influence seule du disque, et d'apres le tableau de la page 14 > elle fera i3,2 oscillations entre les memes amplitudes. Par consequent, I'ai- guille perdra , en somme, et pour chaque oscillation, un nombre de degres marque par + -^ = 0,978 ; 45,5 l3,2 et les 10 degres d'amplitude seront perdus en ^ ou 10,2 os- cillations : tel est le nombre que I'observation devrait fournir. On en obliendra un tout different par I'emploi de la plaque de verre. Celle-ci etant supposee divisee en tranches d'un millimetre d'e- paisseur, on voit que la distance de la premiere tranche a I'ai- ( .65 ) guille sera de 3 millimetres, celle de la seconde tranche, 4 millime- tres, et aiiisi de suite. Or, puisqu'a volume egal, I'action du verre est les o, 125 de celle du cuivre, on trouvera que la perte en degres, occasionee pour chaque oscillation , a cause de la presence seule du verre, est la somme des termes de cette progression o,i25X4X«o/ 1 , I , 1 , 3,3 I 9 lO 25 avec autant de termes que la plaque de verre a de millimetres d'e- paisseur. On n'exagere pas beaucoup, en supposant cette epaisseur infinie ; alors la somme des termes entre parentheses est, coumie on sait egale a ' — ' et I'expression precedente de- vient fnialement o,245. En I'ajoutant a la perte precedente 0,978, la perte totale s'eleve a 1,225 degre , pour chaque oscillation; et les 10 degres d'amplitude setrouveront perdus en 8,2 oscillations, au lieu de 10,2 qu'on obtiendrait si Ton observait Taction du dis- que de cuivre loin de la plaque de verre : c'est done une erreur du 5' environ sur le nombre cherche; et, (]uand on mettra I'ai- guille a 2 millimetres du disque metallique, I'erreur nouvelle ne sera pas proportionnelle a la premiere, parce que les actions du dis- que et des tranches du verre decroissent comme le carre de la dis- tance, tandis que la resistance de I'air, et Taction de la force in- connue, dont il a ete question , restent invariables. II ne faut done pas s'etonner des differences enormes que pre- sentent les resultats obtenus par les physiciens sur cette classe de phenomenes tres-interessans. Si, a Texception de MM. Arago et Baumgacrtner, aucun d'eux n'a pu constater Taction des disqucs nunmetalli([ues sur Taiguille aimantee, on pent douter qu'ils aient bien observe Tinfluence reciproque des matieres non magrieti(|ues, influence qu'ils ont consideree comme absolument nuUe. Cette question etait a reprendre, et voici de quelle maniere je Tai reso- iue. Experience 3. J'ai pris une aiguille cylindrique de plomb decou- pelle, de memes dimensions que Taiguille aimantee, et pesant '17 centigrammes; je Tai suspendue horizontalement , comme on ( '<>4 ) le voit on ah' (pi. I, fig. 5), dans nn etrier de papier c', a un lies- petit fil de laiton vertical cc\ dont on pent negliger le poids ; ce fil esttermine, a sa partie superieure, par un second etrier de pa- pier c, dans leqiicl est placee raigiiilleaimantee a/i, parallelement a la premiere. Quand Ics aiguilles sent disposecs de maniere a ce que, etant bien horizontales et hien paralleles entre elles, la tige cc' soil dans la verticale du fil de suspension cd, on colle les ai- guilles en place, et Ton obtient ainsi un sjsteme invariable, ca- pable d'osciller sous rinfluence magaetique du globe, mais avec plus de lenteur que si I'aiginlle ainiantee a^pouvait sc mouvoir isolement. La distance des deux aiguilles, comptee entre leurs axes, est de 29 millimetres. J'ai fait osciller ce systeme dans le vide de hi machine pneuma- tiqne, et voici les mojennes des resultats que j'ai obtenus : PllESSlONS Nombres d'oscilLutions des aiguilles d' acier el de plomh. DF. l'aIH EN LIGNES. 5o — 4" 40 — 5o 5o — 20 20^ 1 2 4 (i 8 '9'4 18,5 »7'7 17,5 2 5,0 25,6 22.7 22,1 37,7 55,8 54.7 55,8 57,0 55,2 5l,2 5o,o 10 555 17,0 12,0 21,7 i5,5 55,2 24,0 49>2 57,0 J'ai I'ait onsuite osciller ces aiguilles au-dessus du disqiie de cuivre qui Svait servi a I'expericnce 1. De cette maniere I'aiguille de plomb, tres-rapprochee du disque, pouvait en etre inflnencee, landis que I'aignille aimantee, tres-eloignee du meme disque, n'en ressentait aucune action appreciable, et ne thisait partie du systeme que pour I'entrainer dans son mouvement oscillatoire. II s'agissait de constater, comme pour le verre, I'absence totale d'une preten- due action de surface que produirait la couclie d'air interposec en- tre le disque et I'aiguille de plomb. C'est dans ce but que j'ai rc- petc les observations a differentes pressions de Pair: a oici la pre- miere serie pour la distance d'un millimetre : ( «^^5 ) PBEsSIONS BE l'aIU. Nombres d' oscillations dcs aiguilles < celle-ci d i miltimelrc da disq 'arifv el dc pioinb , ue de cuivre. 5o — 4" 4o — 3o i6,o i5,(i i4.5 1 i,o 3o 20 25 25 22 i8 20 10 5 () 10 335 i3,(. 12.0 1 1,5 9'" 5/ 55 35 27 En ramenant toutcs ces observations a ce qu'elles seraient dans Pair a 3 lignes de pression, en s'appuyant sur les nombres du ta- bleau precedent, et en suivant d'ailleurs le nieme mode de calcnl que pour le verre (page i5g), on trouve : ANCIENNES ^ ombres des oscillations des aiguillfS d'acier et de plomb. PRESSIONS celle-ci a 1 millimetre du disque de cuivre. dans fair d DE l'AIR. 3 it g ties de pr essint). 5o — 4" 40 — 3o 3i)— 2 J 2(1 — 10 3 i3,o 16,0 25,0 57,0 6 12,5 i5,7 23,8 36,5 10 12,3 i5,6 23,4 55,3 335 12,5 14,8 24,3 35,3 moyenncs 12.5 i5,5 24,1 36, o Ilsemble ici que les nombres d'oscillations augnientent a mesure que Pair devient plus rare, ce qui indiquerait une I'aible action de surface ; mais on doit faire attention que, quand I'air est extrait du recipient de la machine pneuniatique, la distance des aiguilles au disque aiigincnte un peu, coinme il a deja ete dit plus haut, et il arrive que Taction du disfjue diminue, on que le nonibre des oscil- lations des aiguilles augmente ; par consequent on pent encore considerer Taction de surface comniealjsolument nuUe, au nioins a la distance d'un millimetre. On ramene de meme a 3 lignes de pression de I'air les nombres d'osiillations lies aiguilles, observees a diverscs piessions, et a des distances de plus en plus grandes; on prend la moyenne des resul- tats coriespondans ; on cherche ensuite Taction du disque seul; puis, en augmentant toutes les distances de i,a millimetre, afin de les compter entre les milieux des epaisseursdu disque et de I'ai- guiile, on trouve que les nombres d'oscillations sont proportionnels aux Carres des distances, comme il est indique dans le tableau suivant : Nombres des osci nations des aiguilles d'acin' el de plonib, dans Disl. I air d 3 lignes de pression, en presence du di.i que de cuivre. 5o — [0 40 — 00 5o — 20 20 — 10 mm. Obs. Cal. Obs. Cal Obs. Cal. 'Obs. Cal. 2,2 12,5. . 12,5 i5,5. . i5,5 24,1. . 3^,1 36, 0. . 36,5 3,3 1 5,0. . i5,2 18,7. . 19,1 28,6. . 3j),3 44,0. . 44^2 4,3 i6,5. . i6,5 21,5. . 21,0 32,2. . 32,0 4g,o. . 48,0 5,2 17,5. . 17,4 22,5. . 2i,2 34,0. . 33,7 5i,o. . 5o,5 infini 18,8. . 18,8 24,2. . 24.2 36,6. . 36,6 54,6. . 54,6 On voit que la proximite du disque reduit a un tiers les nom- bres d'oscillations que les aiguilles executent librement; ce qui indique une action assez considerable du cuivre sur le plomb. L'aiguille formee de ce dernier metal, est aussi influencee par des disques de zinc, d'etain, de plomb et de verre; mais je ne donne- rai point les details de ces nouvelles experiences, qui nc sont qu'une confirmation de la premiere. II demeure prouve qu'une reaction s'opere, non-seulement entre l'aiguille aimantee et les divers corps metalliques ou non metalli- ques, mais encore entre les matieres non susceptibles de I'aiman- lation ordinaire. Dans tous les cas, cette action mutuelle est tres- sensiblement en raison inverse du carre des distances, et ne pent etre attribiiee a une resistance de la couche d'air situee entie le disque et l'aiguille. Quoique je me propose de donner plus tard une liste des actions reciproques de tous les corps, je ne puis me dispenser d'appliquer ( '^: ) it'i mes methodes cle calciil aiix expeiiencf s 4> ^j t), 7 el 8, citees dans ces Annates (t. I, p. 5i-55), et relatives a Taction dcs disques de cuivre, de zinc, d'etain et de plomb siir raiguille aimantec; car les resullals que je vais en deduire serviront de bases a qxielqiies- unes des observations par lesquelles je tenninerai cet article. J'ai done calcule les nonibres d'osciUatlonsque raifjiiille ferait sous I'in- fluence seule de ces disques ; j'ai fait les corrections des distances necessitees pour mettre le plus d'accord possible entre les resultats observes et les resultats calcules; j'ai rapporte toutes les actions a I'unite de distance ; et apres avoir pris la nioyenne de chaque serie de valeurs, j'ai compare entre elles ces diverses inojennes. J'ai tenu compte des densites et des epaisseurs des disques, en determinant ces elemcns avec plus de precision que je n'en avals d'abord apporte, et je suis arrive aux resultats suivans que Ton pent considerer comme assez exacts, bien que je ne les donne que comnie une premiere approximation : Action absotiie dcs disques sur I'aiguille aimantec. Cuivre 100 Zinc 36 ttain 21 Plomb 12 ^'erre i3 IM Seebeck a donne [Annalender Pkysick and C/iemie, 1826, n° G, p. 2o3), lesnombres d'osciUations qu'une aiguille de 2 j pouces de longueur, placee a 5 lignes des diverses plaques metalliques, execu- tait enlre les amplitudes de 45 et lodegres. J'ai calcule, en partant de ces experiences, les nombres d'osciUations que Taiguille eQt fait sous I'influence seule des disques; j'ai ramene ces derniers a une meme cpaisseur; enfin, j'ai rapporte tons les nombres en question a I'unite de distance, en supposant que I'aiguille de M. Seebeck eQt une epaisseur d'une demi-ligne ; c'est-a-dire que j'ai pris pour la distance observee, 3 lignes -f- la demi-epaisseiu- du discjue -f la demi-epaisseur de I'aiguille. Mors, en designanl par mo Taction absoluc (In cuivre. j'ai pu completer le tableau suivant, en y inse- ranl les uombres i!e la derniere colonne : ( '(^B ) Nature Epaisseur IN ombre Aclioii absoUi<; de la plaque. de la plaque. (I'oscillations - des melaux. Marbre. . • .fl 1 I v/. Fer. . . . . 0,4 lig. . 6. 1618 Argent. . 0,3 55. 127 Cuivre. . 0,-5 02. 100 Or.. . , 0,2 89. 5o Zinc. . . . . 0,5 71. . 46 Laiton. . 2,0 62. . 5o l5;tain. . . 1,0 68. 3o Platine. . . . 0,4 9V 21 Plomb. . 0,75 89. 8 Antimoine 2,0 90. 8 Bismuth. . . . 2,0 . 106. 2 Rlercure. . 2,0 1 12. I En replacant ici les resultats des experiences de IMiVI. Herschcl et Babbage, Nobili et Baceili, deja citces dans ces Emmies (t. I, p. 48), on aura tout ce qui a ete fait jusqu'ici pour determiner I'ac- tion des divers metaux sur Taiguilie aimantee. Herschcl et Babbane Nobi'i ft BacnKi. Cuivre 100 et 100 Zinc go et 93 Laiton itain 47 ct 46 Plomb 2 5 et 25 Antimoine .... 1 1 et 9 Bismuth • 1 et 2 100 5o 23 21 17 Ces dernieres experiences ont ete i'aites avec des disques tournans. En lescomparant avec les precedcntes on trouve que les nombres donnes par MJl. Ilerschel et Babbage .sont beaucoup trop forts et d ivent etre rejetes; a nioins pourtant qu'on ne double Taction du cuivre, ou qu'on ne divi.se par 2 celles du xinc, de I'etain et du ](lomb. La moY^iiiie ties rcsultats donnes par MM. Nobili Pt Ba- relli, par lM. Seebcck et par moi, est 57 pour le zinc, 2 ; ponr I'e- tain, 12 pour le plomb, quand on admet 100 pour le cuivre ; et j'ai trouve 30, a 1 et 12. Ceci montre que Ton peut estimer I'e- nergie comparative des plaques sur raiguille aiuiantee, soit en imprimant a ces plaquesun mouvenient de rotation sur elles-memcs, soit en laisaut osciller I'aiguiUe au-dessus de ces plaques en repos. I>ii premit're mt'tlu)de donne presque iuimediateinent Ics resultats cherclies, puisque les actions sont proportioniielles aux sinus tics deviations de Taiguille; niais cette niethodc exige un appareii coin- plique. La scconde, au contraire, est Ircs-simple dans I'emploi de I'appareil cprellc neccssite ; elle est susceptible de beaucoup plus de precision; elle permet tie faire les experiences tlaus le vide presqu'aussi I'acilcnient que dans I'air ; mais les resi\ltats immediats de I'observation doiveut etre soumis a une assez longue suite de calculs. Voici la marche qu'il faut suivre pour arriver a des resul- tats sur lesquels on puisse compter. Aiguille a'nnantie. Cette aiguille doit otre d'un Ires-peiit dianie- Jre, afin tpie Ton puisse, sans erreur sensible, considerer son ac- tion comme provenant des points de son axe. Elle sera bien egale sur toute sa longueur, parl'aitement rertiligne, et suspendue de maniere a sc placer ilans une situation exactenient horizontale ; pour etre i-assiire siu" rinvariabi'ite de son point de suspension, on <^ollera I'aiguille dans son etrier. Pendant toute la iluree des expe- riences, il faut etre certain que les circonstances atuiospherif[ues sont demeurees les inemes; car si, parexemple, apres avoir com- mence vers 1« milieu tie la journee une serie d'experiences, on la reprenait sur le soir, il arriverait que, par le raccourcissement du 111 de cocon, les distances dc raiguille au disque seraient augnien- tees, et qu'on ferait des erreurs tres-notables, comme de 2 on 5 oscillations sur i5. Bisques. Les disqucs doivent etre epais dc 1 millimetre au moins, et de 2 miliimetres au plus. Leur diametrc ne peut avoir moins que deux fois la longueur de raiguille, si Ton ne vent faire les experiences que jusqu'a tpiclques millimetres de distance. lis seront tl'autant plus grands, par rapport a I'aiguille, qu'on voudra etendre les experiences a de plus fortes distances. Je conseille de les decoupcr dans une feuille laminee, et de ne point les mettre ( ';«> ) sur le tour, si ce n'est pour Icur donner un bonl parfaitement cir- culaire ; mais on fera mieux de les IVotter en tout sens sur une pierre unie , puis de s'assurer qu'ils demeurent sensiblement en eqiiilibre quand on les a poses par leiir centre sur une pointe ver- ticale. II ne faut pas s'en tenir a la niesurc directe de leur cpaisseur, mais on doit determiner celte dimension moycnne en prenant la densite de tous ces disques et en mesurant exaclenient leur diame- tre:on peut aisement obtenir leur densite aunmillieme pres, mais il serait bien difficile de mesurer leur epaisseur a un centieme, quand elle n'est que d'un millimetre, et il importe de determiner cette dimension avec bcaucoup d'exactitude. Observaiions. On ne se bornera pas a compter les oscillations de I'aiguille a une seule distance de la plaque, et entre deux seules amplitudes. On doit repeter cette observation de millimetre en millimetre, jusqu'a ce que les amortissemens deviennent insen- sibles; car on ne peut jamais etre certain de connaitre la ve- ritable position du zero des distances. Si, par exemple, on s'etait trompe, sur cette determination, d'une petite fraolinn de milli- metre, en la designant par x, et I'ajoutant avec son signe a toutes les distances observees , on I'introduirait dans les equations de condition qui expriment la loi du carre des distances , et I'on en deduirait sa valenr la plus probable, soit par la metbode des moindres carres, soit par quclqu'autre metbode plus expeditive, soit enfin par simple tatonnement. On verra tout al'beure celle que i'ai ciu devoir adopter. Calcul. Quand on aura toutes les series d'observations qui ex- priment les nombres d'oscillations que raiguille execute pour arriver d'une amplitude initiate a des amplitudes qui diminuent successivement de dix degres, par exemple ; quand on connaitra de plus les nombres d'oscillations que I'aiguille fait librement entre les memes amplitudes, on calculera, i" les nombres d'os- cillations que I'aiguille fait sous la seule influence du disque, en s'y prenant de la maniere suivante. Soit a les oscillations que I'aiguille fait librement, et b celles qu'elle execute en presence du disque; sous I'influeme seule de ce disque, elle en fera un nombie represente par a h ( '7' ) •j!".On divisera tous les nonibies ainsi obtenus par le premier de chafjue serie, et on aura leurs rapports; 3°. On prendra la nioycnne de tons ces i-apports, relatifs a la meme distance, mais a des amplitudes diverses, et Ton aura de cette maniere une serie de rapports expuimant les nombres d'os- cillations aiix distances i -{- x, 2 -\- x, d -\- x, etc., en designant par X I'erreur commise sur la position du zero des distances ; 4°. Pour determiner cette erreur, on dressera une table de rapports croissant , d'abord comme le carre des distances 12345 etc., puis, comme le carre des distances 1.1 2,1 5,1 4?' 5,1 etc., puis, comme le carre des distances 1.2 2,2 3,2 4?2 5,2 etc., et ainsi de suite , en augmeutant les distances successivement d'un dixieme de millimetre. En comparant les rapports observes a ceux du tableau que Ton a ainsi dresse ime lois pour toutes, on recon- nail bieiitiJt a quelle serie on doit s'arreter. Si la serie observee tombe eutre deux series calculees , un prend les difference.? de part et d'autrc, et Ton place la serie observee entre les deux series calculees, a des distances proportionnelles aux dilTferences en question. De cette maniere, on peut obtenir a un dixieme on meme a un centieme de millimetre la correction du zero des distances; et Ton est plus satist'ait du resultat ainsi obtenu, que si Ton avait cherche a mesurer directement la veritable distance de I'aiguille au disque ; car il serait presque impossible d'eviter une erreur assez forte, sur cette mesure, dans I'iacerlitude on Ton se trouverait de reconnaitre, sur la surface du disque, le point dout la distance a I'aiguille exprimerait la distance nioyenne de tous les points de la surface du disque au plan paiallele passant par I'aiguille. D'ailleurs , ce n'est pas rigoureusement des milieux des epaisseurs du disque et de I'aiguille qu'emane Taction mu- tuelle de ces corps, mais de points plus rapproches de leurs faces qui sont en regard; et il n'y a qu'une loi pareille a celle que nous ( '7= ) arons deterniinee preccJemment , qni piiisse faire •■onnailro la distance roelle des centres d'aclion. 5°. Une fois les distances bien conuiies, on pent calcider les nombres d'oscillations faites sous rinflnence senlo du disqnc, en partant de la loi du carre des distances , et en accordant le mienx possible les nombres calcules avec les nond>res deduits de I'ob- servation, soil par tatonnement , soit par une laethode reglee. 6°. Connaissant les nombres d'oscillations que I'aignille fait, sous I'influence seule du disque, a I'unite de distance et entre diverses amplitudes, et ces nombres etant determines concurrem- ment avec tons ceux qui se rapportent a de plus grandes distances, on calculera maintenant les nombres d'oscillations de raiguille , a I'unite de distance, pour I'unite d'epaisseur, d'apres celte loi , que les nombres d'oscillations de r(dguille soul en raison inverse de L'ipaissear du disque. 7°. Quand on aura ainsi determine, pour tons les disques ra- menes a I'unite d'epaisseur, les nombres d'oscillations que I'ai- guille fait a I'unite de distance et entre les niemes amplitudes, on choisira Taction absolue d'un disque pour unite on pour cent, etl'on calculera les actions absolues de tons les autres disques, d'apres la loi que les actions des disques sur I'aiguille sent en raison inverse des nombres d'oscillations execuiees , par ceile derniere, dans les memes circonslances. C'est en suivant cette marcbe que Ton pourra determiner les rapports exacts de Taction absolue de tons les corps sur I'aiguille aimantee, et dc tons les corps les uns sur les autres. On verra si cette action est, comnie la pesanteur, inberenlc a la matiere, on si elle varie avec la purete, la densite et Tetat d'aggregation des corps. Mais auparavant, il est bon de savoir d'apres quelle loi reagissent deux elemens materiels, quand on fait varier la distance qui les separe; de reconnaitre si cette action est attractif ou repul- sif; si elle peut changer de signe, et enfin si elle s'exerce toujours suivant la droite qui reunit les deux elemens : c'est cette action elementaire cpii sera Tobjet d'un de nos prochains articles. SUil L'INFLUENCE MAGNI-ITIQUE DU RAYON VIOLET; PAR M. v. Zantedeschi, professeup, , A Pavie Lorsqu'en 1812 le professeur Morichiiii publia ses experiences surl'influence magnelique du rayon Yiolet, il n'y eut pas de pliy- sicien en Europe qui ne voulQt les repeter et les varier : mais mal- heureusemeiit les tentalives des hommes les plus habilcs ne furent point couronnees du succes qu'on avail droit d'en attendre. Aiissi il n'est pas etonnant que plusieurs des snvans les plus recomman- dahles aient alors niis en doutc les ri'sultats du professeur italien. (^e ne fut qu'en 1826 que madamc Sonierville confirma, par les experiences les plus dccisives, le fail avancc par lui. ijue le rayon violet etail doue d'une propriele magnelique. >ieanmoins les phy- siciens ne furent pas encore satisfaits ; ils ne pouvaient ni verifier a ieur gre les resultats obtenus, ni decouvrir les causes qui s'oppo- saient a la reussite des experiences. Get etat de choses m'a engage a enlreprendre sur ce sujet une serie d'expj'riences , dans cette nieme ville on, en 181 5, le professeur Configliacchi avail deja fait des essais reniarqua])li's. Ce n'est qu'avcc une grande defiance que j'entrcprenais de nouveau un travail que ce savant me paraissait avoir conduit jnsqu'au bout avec une admirable sagacite; cepen- danl le succes de mes reclierclies a dtipasse ce que je pouvais espe- rer. Je vais cxposcr bricvemenl la mctiiode que j'ai suivie et les causes qui peuvent enipecher raimanlaliun que Ton a en vue de produire. Quant a la metliode, j'introduis dans une chanibre obscure un rayon solaire au nioyen d'un heliostat, el je le disperse de maniere que le spectre se forme horizonlalemcnt ; ensuilc je plare, sous le rayou violet, dans une direction perpendicidairc a celle du ineri- dien magnelique. rcxlrcniile seulement des fils ([ue je \eux aiman- Icr. D(! celle maniere j'ai oblenu les rL-sultals suivans : 1) Ayant place, dans la position indiquee, un fil d;; fer doux, bieu poli, long de 4 pouces, et d'mi ([uart de ligne de diametre . au bout de 5 niiuuies je Irouvai ([ue rexiremile exposee au rayon ( ■r4 ) violet avail acquis iiii pule iioid. An bunt ile 8 minutes, ce fil, pie- sente a une aiguille aimantee, offrait des pules bien prononces. 2) J'exposai de la meme maniere deux fils de fer doux, pareils au precedent, a raction de la lumicre blanche; au bout de 5 minu- tes, les deux extiemites exposees avaient acquis un pule nord ; mais il etait fai])le, et, au bout de quelques minutes, il avait disparu. Dans le premier cas. conime dans celui-ci, jc m'assurai avec licaii- coup de soin que les fds employes ne posscdaient pas prealablemenl de niagnetisme sensible. 3) Le rayon violet renversa Ics pules Ires-prononces d'lm fil de fer doux; il developpa tres-distinctement en six ou sept minutes ceux d'un autre fd qui manifestait a ses deux extremites une trcs- faible repulsion pour le pole d'lm aimant. 4) Ayant place, par une extreniite. une aiguille aimantee dans les rayons rouge, jaime, orange et vert, et ayant observe la nature de ses poles et lour energie au bout de six ou sept minutes, je n'y ai trouve aucune alteration quelconque; je n'ai remarque nun plus aucun effet produit par cette operation sur une aiguille qui n'avait pas de magnetisme sensible. 5) Un fil de fer convert d'une conclie d'oxide, et fortemcnt ma- gnetise, ayant ete expose au rayon violet, en 3 minutes le pole sud fut transforme en un pole nord. 6) Un fil de fer doux, bien poli el aimante, ayant ete expose par ses deux extremites au rayon violet, il se forma en 10 minutes un pole nord a chacune de ces extremites. 7) Si le fil de fer est oxide, le meme eft'el s'obtienl en 5 minutes. Les dimensions de tous les fils employes etaient toujours les memes que cclles du premier dont il est fait mention. Toutes ces experiences qui, repelces plusieurs fois. dotnierent toujours les memes rcsultats, ont mis hors de doute la propriete magnetisante du rayon violet ; mais je dois ajouter que j'ai rencon- tre, en les faisant, des diflicultes inevitables qui im'ont revele clai- rement les causes du mauvais sncces des tentatives de plusieurs physiciens. Je ne rapporterai pas ici en detail les fails qui m'ont conduit a des resultats generaux, soil parce que cela serait trop long, soil parce qn'il n'en resulterait aucun avantage pour I'etude de la science. Je me bornerai a signaler les observations suivantes : 1". Les fils de fer provenant d'une mine sulfureusc ne peuvcnt ( «:5 ) s'aimaiiler; il en est tie inenie du I'er qui a ete foitement tieuipc, aiiquel je suis cependant parvenu quelqiiefois a communiquer quel- ques legt'ies traces de niagnetisme. 2°, A des temperalmcs basses on pen elevees, telles que — 6" R. , o» et + 10°, on n'obtient qii'une aimantation equivoque : ct c'est en vain que Ton essaie de renveiser les poles d'un fil aimante ; c'est ce que m'a dt'inontre une tres-longue suite d'experiences I'aites I'hiver dernier. Tandis que, lorsqu'on opere ;\ ■'- 20" centi- grades, comme madame Somerville, ou a + 25° ou -|- 26" R.,^ comme je I'ai fait moi-meme en juin ot juillet de I'an precedent, on obtient des resultats tres-frappans. 3°. Les fils d'un diametre un peu fort n'acquierent que difficile- nient une aimantation un peu prononcee. 4°. En prouienant le rayon violet du milieu a I'extremite de I'ai- guiile, on n'obtient que des effets faibles , incertains et comme nuls. Je terminerai cette note en me proposant d'examiner si Taction du rayon violet n'est point une action chimique. On a pu d'abord attribuer cette action aux faibles courans qui s'etablissent du rayon rouge au rayon violet, et dont j'ai reconnu plusieurs fois I'existence au moyen dun multiplicateur convenablement dispose ; mais si telle etait la cause du phenomene, la portion du fil placee sous le rayon violet devrait, comme on sait. acqucrir un pole sud ; or, on a vu qu'elle acquerait constamuient un pole nord. On pourrait croire encore que I'aimantation dont il s'agit est due a la difference de temperature des diverses parties du fil; mais alors encore, d'aprcs les doctrines thermo-eleclriques, c'est le pcMe sud qui devrait se developper dans I'extremite exposee au rayon violet. D'ailleurs, dans ce cas, lorsque la temperature est la meme dans toute I'etendue du fil, il ne devrait paraitre aucune aimantation; or, nous avons vu (6) qu'il se forme alors uti pole nord a chaque extremite. J'ajouterai enfin qu'ayant fait naitre artificiellemcnt sous le rayon violet une temperature plus basse que celle du milieu anibiant , j'ai observ^e les memes effets que precedemment , quoi- qu'a un degre moindre d'intensite. Ces considerations me conduisent a penscr que le rayon violet agit chimiquement. Je inc confirme dans cette opinion en voyant que les carl)urcs , et uon les snlfures dp fer, peuvent iicqucrir le ( ^7(^ ) magnc-tisiiie; que les aigtiiHes arlificielleiiient oxidees presenlenf le phenointne en question avec plus ile promptitude et de deve- loppemenl que colics qui ne le sont pas ; ct que, selon le degre de temperature, riufluence magnetique dii rayon violet s'accroit, s'af- faiblit et s'annulle. En \ue d'etendre mes idees sur ce dernier point, je vouhis essayer si j'obtiendrais dcs effets analogues de la lumiere d'une chandelle, et de celle do la lune. An bout de trois quarts d'heurc j'obtins une legere aimantation dans une aiguille soumise au rayon violet de la lumiere d'une chandelle ; mais celle de la lune n'eut aucnn effct. Je dois dire que, lorsque j'operais sous le raj'^on lunaire. la temperature n'excedait pas -f- 5° R. Lorsque j'aurai renouvele I'experience dans luie autre saison, j'en publierai le residlat. D'apres tout ce qui precede, je suis convaincu que les physi- ciens, en opeiant de la maniere indiquee, verront naitre sous le rayon violet une aimantation qui n'a besoin pour se manifester, ni du ciel d'ltalie, ni de celui d'Angleterre, mais seulement des pre- cautions que j'ai signalees plus haut. lis reconnaitront egalement que I'ainiantation ainsi obtenue n'est pas passagerc, niais perma- nente, comme je m'en suis assure en retrouvant au bout de huit mois mes fils et mes aiguilles encore magnetiques. Pavie, loavril 1829. [Biblioth. iinh. de Geneve, t. XLI, p. 64-) NOUVELLES RECHERCUES SUR LA CHALtVK SPECIFIQVE DES GAZ, PAR MM. At)G. DE LA RlVE FT F. M ARCET, ( Comtnuniqures a la Soc'M^ dc Physique et d'Hlsioire nalurelle tie Geneve, le 16 avril 1829.) Nous avions deja etc amenes a conclure, d'apres nne suite nom- breuse d'experiences que , sous le memc volume et sous la meme pression, toutesles substances gazeuses, quelle que soitleur nature, ont la meme chaleur spicifique (1). On objecta aux consequences (1) Annnles de Cliimie et de Physique, t. XXXV, p. 5; ol IliOI. unit'., I. XXXVl,p. 100. ( '77 ) que nous avions tirees de nos recherches, que les masses de gaz que nous soumettions a Texperience etaient trop pelites pour que nous pussions apercevoir des differences entro deux chaleurs specifi- ques, lors meme que ccs dilTerences auraient existe. Cette objec- lion, la scule qu'on ait elcvee contre I'exactitude du procede que nous avions employe, etait trop importantc pour nous avoir echappe ; aussi I'avions-nous deja disciitee dans notre Memoire, et avions-nous cherchc a la refuter par diverses considerations; nous avions, en particulier, montre que notre appareil indiquait des differences de capacite entre des volumes egaux d'air atmos- pherique pris a divers etats de densite ; preuv-e que notre procede etait assez delicat pour accuser ces differences , lorsque reelleuient elles existent. ISeanmoins, connne nous nous etions pen etendus sur ce point particulier, nous avons senti qu'il j aurait quelque avantage a reprendre cette partie de notre travail , afin de chercher a appre- cier exactement quelle pouvait etre Tinfluence de la cause d'er- reur que nous venons de signaler. Dans ce but, nous avons com- mence par repeter les experiences que nous avions dejci iaites sur la chaleur specifique de Fair atmospherique a difterentes densites, et nous les avons etendues a trois autres gaz, en nous servant toujours du meme appareil que nous avons deja employe dans nos precedentes rccberches. II n'est peut-etre pas inutile de rap- peler que notre metbode consiste a juger, par la temperature plus ou moins elevee qu'acquierent des volumes egaux de diverses substances gazeuses exposees a la meme source de cbaleur et placees dans les memes circonstances, de leur plus ou moins grande capacite pour le caloritjue. Le gaz est inlroduit dans une boule de verre tres-mince, fixee a I'extremite d'un tube recourbe qui plonge par son autre extremite dans une capsule pieine de mercure; la colonne de mercure qui s'eleve dans le tube deter- mine, par sa hauteur, la pression plus ou moins grande a laquelle est soumis ce gaz, dont les plus petites variations de tempe- rature sont indiqueesparson augmentation ou sa diminution deforce elastique que rendent sensibles les mouvemens du mercnre. On pent, par ce moyen, lorsque la pression, a laquelle le gaz est soumis, est de 68 a 70 centimetres, apprerier une difference d'un vingt- cinqin'euie de degre centigrade. La l)0ule de verre est renfermee ( '7^ ) (Jans une boule cle cuivre tres-miiice et noircie ititeiieuremeiU, au ceiitir tie laqucUe elle est placee, et dans laquelle on fait le vide; c'est cettc boule de cuivre que Ton plonge dans un bain d'eau entretenu a une temperature conslante plus elevee que la temperatine ambiante. La chaleur arrive alors viniquement par rayonnement sur la boule de verre qui renFerme le gaz, et toutes les circonstances ctant pariaitement semblables pour chacun des gaz qu'on intro- duit successivement dans la boule, le rechauffement plus ou moins grand qu'ils arquierent dans le raeme temps, doit dependre de ieur clialeur specifique. Le tableau qui suit indique de combien de degres se sont re- chauffes dans le meme temps, savoir cinq minutes, des volumes egaux A'air aimosplierique, d''acide carboniqiie, de protoxide d'azote, et cVhydrogene soumis successivement a differentes pressions et ex- poses a une temperature amliiante de 10° centigrades plus elevee que la Ieur, c'est-a-dire de 20°, eux-memes ayant ete d'abord amenes a 10°. Les degres de rechauffement out ete calcules en prenant dans chaque cas le rapport entre I'augmentation de force elastique qu'a eprouvee le gaz au bout de cinq minutes, et celle qu'il a acc[uise lorsqu'il s'est mis en equilibre de temperature avec I'eau dont il est entoure, c'est-a-dire lorsqu'il s'est lui-meme rechauffe de dix deerres. GAZ SOUMIS A L EXPERIENCE. Air atmospherique (iaz acide carbonique Pression a hiquelie le gaz RechauDement du est soumis. gaz en 5 minutes. centimetres degres 66 6,70 46 7M 25 8,55 (i8 6,f]6 55 6,96 42 7,80 27 8,45 >7 9,5o ( '70 (iaz protoxide d'azote (iaz hydrogent" Pression k hiquellc If gaz Recliauflfeinent du est boumis. gaz en 5 minutes. centimetres degies 67 6,69 5o 7,20 37 7,60 (1) 27 8,5o G5 7,00 5o 7j4o 32 8,10 22 8,60 II resulte de I'inspection de ce tableau que, dans les memes cir- constances et dans le uieme temps, unmeme voitime d'un gaz quel- conque se rechauffe d'autant plus qu'il est soumis a une pression plus faible , ce qui prouve que la chaleur specifique des gaz sous le meme volume est d'autant moindie qu'ils sont plus rarefies. Nous n'avons point cherche a calculer les rapports exacts qui re- gnent entre la force elastique d'un gaz et sa capacite pour le calo- rique ; il attrait fallu, pourcela, multiplier beaucoup les experiences et les dinger d'une autre maniere. Notre but etait seulement , et nous croyons I'avoir atteiiit, de montrer que I'appareil dont nous avions I'ait irsage dans nos precedentes experiences, etait assez sen- sibles pour doiiner des differences entre les chaleurs specifiques des gaz lorsqucces differences existent, etque, par consequent, s'il n'en avail point donne entre les divers gaz, rediiits aux memes volumes et soiunis a la meme pression, c'est quo reellement ils ont tons, dans ce cas , la meme capacite pour le caloriquc, quelle quo soit leur nature chimiqtie. Nous ne nous sommespascontentes decette premiere preiive de (i) II s'est evideramcnt glisse une erreur dans la detciminatioii dt; cc nonibre, qui doit etie plus elcve; nous ninis en soniines aper(^us trop lard i'onr ponvoir refaire I'expeiicnce, notre appaieil etant d^ja dcnninte quaiid linns avDHs calciilf les n-siiilals ([ii'il imus avail Ibuinis. ( 'S-J ) rexactitiule des resultats auxqiiels nous ttions parvenus dans noire preceilfnt travail ; ntiais reprenant les experiences memes qui nous y avaient conduit . nous avons clierche a les repeter en ope- rant sur dcs masses beaucoup plus considerables. Dans rebut, nous avons substitue h la boule de verre dont nous nous ctions servi jusqu'alors, une autre beaucoup plus grande et cependant tres- mince ,. puisqu'elle ne pesait qu'un pen nioins de 22 grammes, quoiqu'elle pCit contenir 0,4 gram, d'air atmospherique, sous la pression des 68 centim. et a la temperature de 13° centig. , pres- sion et temperature qui sont celles auxquelles le gaz etait soumis dans nos experiences. Le tube recourbe, qui etablissait la commu- nication entre I'interieur de la boule ct le reservoir du mercure, etait de 4 millimetres de diametre environ, de maniere que le mercure pouvait s'y mouvoir librement, et obeir facilement aux plus pelits changemens de force elastique du gaz; ce tube etait interrompu , a 12 centimetres environ de distance de la boule , par un robinet de verre qui pouvait s'y ajuster par frottement et sans ciment, et qui permettait de faire le vide dans I'interieur de la boule, et d'y introduire successivement differens gaz. L'absence de tout metal et de tout mastic nous a permis d'operer sur certains gaz, tels que le clilore et Vhydrogcne sulfure, que nous n'avions pu, du moins le premier, soumettre a I'experience avec notre prece- dent appareil. II faul seulement avoir soin , lorsque Ton opere sur cesgaz, de laisser dans le tube de I'air ordinaire, afin d'eviter un contact immediat entre eux et la surface superieure de la colonnc de mercure, qui serait sans cela attaquee tout de suite. Cette pre- caution ne pent rien changer aux resultats, vu que la quaalite d'air atmospherique qui reste dans le tube est comme infinimenl petite par rapport a la quantite de gaz qui est dans la boule, et que, d'ail- leurs, la legere impurete qui en resulte pour ce gaz ne pourrait avoir d'influence que dans I'appreciation des chaleurs specifiques relatives des diverses substances gazeuses, si I'on arrivait a trou- ver qu'elles different les unes des autres sous ce rapport. La nouvelle boule de verre a ete placee, comme la prcccdente, .lu centre d'un ballon de cuivre de 23 centimetres, ou huit pouces environ de diametre, dans lequel on faisait le vide et dont les parois Ires-minces etaient noircics interieurement. On s'est assure, apres cliaciue experience, qu'il avail bien lenu lo vide, el en gr- ( .8. ) Yieral que loules les parties de rapparoil etaieiit en hmi etal. Voici quelques details sur la maiiiere dunt nous avons fait rhaque expe- rience. Nous comniencons par faire un \ide aussi parl'ait que possible dans la houle de veriT, pour y introduire le gaz, que nous y lais- sons souniis a la pression de 6g centimetres environ ; nous faisons ensuite le vide dans la bonle de cuivrc, et nous la placons dans une masse d'eau entretenue constamment a la temperature de lo" 11, ou 12,5 centigrammes ; nous sommes assures que le gaz a pris la temperature de cette eau quand la colonne de mercure qui est dans le lube , api es avoir monte ou descendu , reste pendant quelque temps part'aitement stationnaire. Mous transportons alors rapidement la boule de ciiivre dans un second baquet rempli d'ean a la temperature de 5i° centigrammes ou un peu moins de 25° K. Aussitot le gaz, en se recbauffant, augmente de force elastique, et fait descendie la colonne de mercure ; a partir de I'instant ou le rechauflement commence, nous observons, de minute en minute, de combicn la colonne de mercure s'abaisse, ce qui nous doune les accroissemens successifs de la force elastique de ce gaz, d'ou il est facile de conclure les augmentations correspondantes de sa tempe- rature. L'experience faite , nous nous assurons qu'aucune des portions de I'appareil n'a perdu, et nous la recommencons, soil avec le uieme gaz, soitavcc un nouveau , que nous introduisons dans la boule de verre, apri;s y avoir fait plusieurs fois le vide pour chasser completement le premier. Nous n'entrerons pas dans le detail minutieux des precautions diverses que nous avons prises pour rendre les experiences aussi exactes que possible; nous nous bornerons a faire remarcpier que nous avons eu soin d'employer des gaz bien purs et bien dessecbes, et d'operer avec de grandes masses d'eau que nous agitions continuellement afin que leur tem- perature fQt bien la meme tout autour de la boule de cuivre, qui enetait completement entouree. Chaque experience a etc repetee plusieurs fois, et il n'a pas meme ete necessaire, le plus souvent, de prendre des moyennes entre les resultats qu'elles ont donnes, tant ils etaient d'accord les uns avec les autres. Les gaz que nous avons soumis a l'experience sont : Vair atmos- plierique, Vacide carlioiiique, \e protoxide d' azote, V hydrogine percar- bitre fga' oh fiani) , Vacide siilfavciix , Vhydrogine stilfiire , le chloii ( '^^ ) el Vliytlrogenc. Nous avions choisi, pour comniencer, Ics gaz que nous venous de nommer, qui nous seniblaient differer le plus les uns des autres par leurs proprietes chimiques et physiques; comme les resultals qu'ils nous ont fourni ont ete parfaitement semblables les uns aux autres, nous n'avons pas cru devoir elendre nos re- cherches aux autres substances gazeuzes (|ue nous avions d'ailleurs deja examinees sous ce rapport dans notre premier travail. Le tableau qui suit pent donner une idee exacte de chacune de nos experiences ; la premiere colonue contient les noms des gaz sur lesquels on opere ; la seconde indique au bout de coni- bien de minutes chaque observation est I'aite, a partir de I'inslant oil le rechauffemeul a commence, ou de I'instant ou la boule de cuivre a passe de I'eau a i2,5 degres dans celle a 3i dcgres ; la troisieme renferme le nombre de millimetres dont la colonne de inercure s'abaisse , ou les accroissemens de force elasti- que du gaz correspondant a chacune des epoqnes de I'observa- tion ; enfin, la qiiatrieme colonne donne en degres centigrades les rechauffemens du gaz deduits des augmentations correspon- dantes de sa force elastique. L'clevation de la temperature est fa- cile a cahuler dans chaque cas, en se rappclant qu'a la pression de 69 a 70 centimetres a laquelle les gaz ont etu soumis , chaque degre centigrade correspond, comme il est facile de le demontrer, A une difference de 2,5 millimetres environ dans la force elas- tique, ou a 25 des divisions de notre echelle, qui donne tres-exac- tement les dixicmes de millimetres ; d'ou il resulte que nous pou- vons facilement apprecier, dans le rechauffement, une difference de 5^,, ou 0,04 de degre centigrade. (jaz soumis a I'txperienct;. Epoque des observations. minutes 2 5 4 Air atmospherique 5 6 8 Accroissement AM chautVemens du gaz dc la force corr espondansde sa force ilasliqiic dugaz. t-lastique. millim. d egres centigr. 2J,0 9,20 28,1 11,24 5 1, 5 12,0o 35,5 i5,4o 54,6 i5,84 35,4 i4,iG 56, 14,40 ( 'f^^ ) tpocjiK! des Accioissenicnt R^cbauflcineiis du pas (leduitsdtfiaccroisscmens GaKsoumis a I'eip^iiencc. observations. dc la force correspoiidynsde sa force elaslique du gaz. flaslique. minutes millim. degres centigr. 2 20,0 9,20 5 28,0 1 1,20 4 5i,5 12,60 Acide carbonique 5 35,7 i5,48 6 34,7 i3,88 / 35,5 l4i20 8 35, 9 i4,36 2 23,0 9.20 5 28,0 1 1,20 4 3i,3 12,52 Protoxide d'azole 5 33,4 1 3,36 6 54,5 i3,8o 7 35,5 14,20 8 3G,o 14,40 2 23,0 9,20 3 28,0 1 1,20 Hydrogene percarbure 4 3i,5 12,60 ({i;az olefiant) 5 53,1 ? l5,24? G 34.5 i3,8o 2 23,0 9,20 Acide siiHureux 3 28.0 1 1,20 4 3i,5 12,60 ^ 2 20,0 9,20 Hydrogene siilfure 5 28,1 11,23 4 3 1,7 12,68 •2 22,9 9'»6 3 28,0 1 1,20 Chlore 4 5i,6 12,64 5 33,5 i3,4o 6 54,4 13,76 2 23, <) 9»44 5 29.0 1 1,60 4 32, 12,80 llydrogriic 5 35.8 1 3.52 (i 34,7 i5,88 ; 35,5 i4.'-Jf) 8 3(j, 1 .4.44 ( '84 :. n faiit ol)server sur (!e labieaii i° que, pour certains gaz, tel;* que I'acide sulfureux , I'liydrogene suHiire ct le chlore , nous n'a- vons pas pn pousser les oljservations aiissi loin que pour Ics aiilres, a cause de la difiTiculte que nous avons eprouvee d'empocher qu'an bout d'un certain temps ils ne se nielangeassent completenicnt avec I'air que nous avions laisse dans !e tube, et ne vinssent atta- quer la surface de la colonne de mcrcure ; en effet, des que nous apercevions la plus legere trace d'action , nous etions obligo de cesser robservation, de peur de ne pouvoir mesurer exactement la hauteur du mercure; 2° que celle des observations relatives au gaz defiant, qui a ete faite au bout de cinq minutes, est reelle- ment erronec, conime le prouvent I'accord parl'ait des autres avec les resultals correspondans olilcnus pour les autres gaz ; 5° (|ue les degres de rechanilVment observes pourle gaz hydrogcne , different trop de ceux qui ont ote observes pour les autres, pour qu'on puisse attribuer cctte difference a une simple ei'reur, mais qu'il existe une autre cause a laquelle elle est due, et sur laquelle nous reviendrons. Si nous comparons entre cux les resultats fournis par le tableau qui precede, nous voyons que des volumes egaux de tous les gaz que nous avons soumis a I'experience , non compris riiydrogcne, ont acquis au bout du meme temps une meme augmentation de force elastique, et par consequent im meme accroissenient de tem- perature. Ainsi , au bout de 2 minutes, leiir force elastique a aug- mente de 20 millimetres, et par consequent leur temperatiu'e s'est elevee de 9°, 20 : pour le chlore seulement, I'augmentation de force elastique n'a ete que de 22,9 millimetres , ce qui correspond a im rechauffement de 9", 16 ; la difference de quatre centiemes est trop petite pour qu'on puisse I'attribuer a autre chose qu'a une erreur d'experience ; c'est ce que prouvent d'ailleurs les autres resultats obtenus pour le chlore, et qui sont tels, que leur difference, par rapport aux autres gaz, est nulle, ou bien en sens contraire. Au bout de 3 minutes, Taugmcntation de force elastique a etc pour I'air et pour I'hydrogene sulfure de 28,1 millimetres, et pour les autres de 28,0 niillimelres ; ('e qui correspond a un rechauffement, pour les deux premiers gaz de ii°,2j, et pour les derniers de 11°, 20. En poinsuivant de semblables comparaisons, on trouve que , dans les cas pen nombreux ou il y a des differences entre les ( ,85 ) degres de rechauffement observes pour les divers gaz au bout d'un meme temps, ces differences rapportees ii I'air atmospherique ne sont que de 0,04 degre, excepte dans les deux seuls cas oii elles se sont elevees a 0,08; et, comme elles sont tantot en plus, tantot en moins, pour le menie gaz, elles disparaissent si Ton prend line moyenne entre les experiences qui ont ele laites au bout des temps differens. II nous parait prouve maintenant, par la suite des experiences dont nous venons d'exposer les details, que des volumes egauxde differens gaz, places dans les memes circonstances, acquierent dans le nieme temps le meme degre de rechauffement; resullat qu'on ne pent expliquer qu'en admettant, ou que ces gaz ont la meme chalcnr specifique, ou que I'appareil n'est pas assez sen- sible pour nous iaire apercevoir des differences dans le degre de rechauffement, si reellement elles existent. Cette derniere suppo- sition nous parait tout-a-fait invraisemblable, vu que la boule de ■verre pesant un peu moins de 22 grammes , et contenant 0,4 gram- me d'air atmospherique, elle ne peut a elle seule absorber tout le calorique, et rendre nulle I'influence du gaz sous ce rapport. En effet, le volume constant du gaz, dontle poids depend de la pe- santeur specifique qui lui est propre , est assez considerable pour qu'une difference de quatre centiemes de degre dans son rechauf- fement compare a celui d'un autre, n'en produise pas une d'un dixieme dans Icur chaleur specifique relative. C'est ce qu'il est fa- cile de demonlrer par la formule des chaleurs specifiques , eu sup- posant que le calorique rayonnant qui arrive sur la boule de verre placee au milieu du vide , se repartisse proportionnellement a leur masse et a leur chaleur specifique entre la boule et le gaz qu'elle renferme. On voit, eneffet, qu'en calculant ainsi la capacite de deux gaz pour le calorique , dans les cas oii les degres de rechauf- fement observes dans le meme temps sont differens, on arrive a deux nombres, dont I'un ne differe de I'autre que d'un dixieme. En mettant done de cote les observations qui donnent une identite parlaite daus les degres de rechauffement, et en ne tenant compte que de celles beaucoup moins nombreuses, qui donnent une diffe- rence, on parvient neanmoins amontrerque, si les chaleurs spe- cifiques des gaz different entre elles , elles ne penvent differer que d'un dixieme. f i8.S ) Quant a 1.1 Hicuhc condiictrice tie chaqiie gaz pour le caloiique, jl narait que, I'liydrogene excepte , elle diirere I'ort peu, comme d'autres fails I'avaietil deja demontre , et <|ue les diirerences de temperature et les masses de gaz n'etaient pas , dans nos expe- riences, assez considerables pour qu'elles piissent exercer ime in- nuence sur la vitesse du rechauffement. II n'y a que I'hydrogene pour lequel celte influence ait etc sensible d'une maniere evi- dente, puisqu'au bout de 2 minutes il s'est rechaufl"c de 9°,44 y au lieu de9%2o; an bout de 3 minutes de 1 i°,6o, au lieu de i i'',24; au bout de 4 minutes de i2%8o, au lieu de la^Go, etc. Ce n'est qu'au bout de 6 minutes que son rechauffement est devenu sem- blable a celui des autres gaz, parce que la difference entre sa tem- perature et celle de I'enceinte devenant beaucoup moindre, I'effet de sa plus graiide conductibilite a dQ disparaitre. D'autres re- cHerches anterieures aux notres avaient deja montre la faculte que possede rhydrogene de semeltre, beaucoup plus rapidement que tousles autres gaz, en equilibre de temperature avec les corps ambians ; c'est done bien a cette circonstance , et non pas k une autre cause, telle qu'une difference dechaleur specifique, qu'il faut attribuer la vitesse plus grande de son rechaufi'emenl, dans les pre- miers instans. On pourrait peut-etre tirer des experiences qui precedent , la consequence que I'influence qu'exerce la conductibilite differente des gaz n'est pas nulle, mais que le rechauffement est le meme pour tous, parce que Ic pouvoir condacieur est dans cliacund'eux pro- portionnel d la c/ialeur specifique qiCil possede; c'est-a-dire, que le gaz qui tendrait a se rechauffer le plus vite, a cause de sa plus grande conductibilite , aurait une plus grande capacite pour le ca- lorique , qui ferait qu'en definitive son rechauffement ne serait pas plus prompt. Nous ne croyons pas necessaire de discuter se- rieusement cette consequence, 1° parce que toutes les experiences qui ont ete faites jusqu'a present, montrent que les gaz different tres-peu entre eux, sous le rapport de la conductibilite , et que, vu la maniere dont nos experiences ont ete dirigees, cet element ne pent exercer aucuue influence ; 2° parce que cette consequence nous conduirait, pour les chaleurs specifiques des gaz, a des re- sultats Irop opposes a ceux auxquels ont conduit les experiences 'anterieures, pour qu'on put les admettre ; 3° enfin, parce que ( »«: ) I'exemplc dc rhydrogeiie , en faisant une exception a cette loi hy- pothetique, montre que, lorsque la ditference de conductibilite est reellement un peu g^rande, elle exerce une influence facile a apprecier. Qu'il nous soit permis de citer encore, en preuve de la sensibi- litede notie appareil, la maniere exactedontilindique , parunre- chauffenient plus rapide , le pouvoir conducteur plus considerable de rhydrogene. Si la boule de verre exercait seule une influence sensible sur ce rechaulTeuient , et que la masse du gaz inlerieur fCit trop petite pour y influer en quoi que ce soit, on ne devrait voir aucune diflerence entre la temperature acquise dans les memes circonstances, au bout d'un meme temps, par I'hydrogene, ou par un gaz moins conducteur. Nous croyons done pouvoir tirer des nouvelles recherches que nous venons d'exposer, les memes conclusions que nous avions deja enoncees dans notre precedent memoire : 1°. Que, sous la meme pression et sous le merae volume, tons les gaz ont la meme chaleur specifique. 2°. Que, sous le meme volume, un meme gaz a d'autant moins de chaleur specifique , que la pression I'l laquelle il est sou mis est moindre. [^Bibliotheque universelle de Geneve, t, XLI, p. Sy.) RECHERCHES SCR LES METAUX QUI ACCOMPAGNENT LE PLATINE, ET SUR LA METHODE d' ANALYSER LES ALLIAGES NATIFS OU LES MINERAIS DE PLATINE; PAR J. J. BeRZELICS. [Suite de la page 55 du numero precedent.) 3 Iridium. Tennant, el plus tard M. Vauquelin (i), sont les seuls qui aient fait des experiences sur ce metal, et ce que nous en savons est le resultat de leurs travaux. Cependant, on vena combien peu ces travaux pouvaient servir de guide dans une recherche analytique. (i) Annaks dv Chimic, toin. LXXXIX, p. 20.>. ( iHB > Preparation de ['iridium. L'iriiliiim «e trouve on commc parlie constituante ties minerais de platiiie,ou combine avec I'osmium en un alliage natif particulier. Dans le premier cas, il est dissous avec le platine par I'eau regale, et dans le deuxieme cas il resle indissous A I'elat d'une poudre noire. La separation de I'iridium d'avec le platine etant le but de I'analyse , je n'en parlerai que dans la description des methodes aualyliques, et je nc m'occupe- rai ici que de la decomposition de la combinaison de I'iridium avec I'osmium. Ces deux metaux adherent ensemble avec une force qu; en effet est etonnante, si I'on fait attention que la place qu'ils occupent dans la serie electro-chimique ne parait pas tres-differente. Chaque tentative pour decomposer cette combinaison doit com- iriencer par la pulverisation. Elle est en pelits grains de grandeur differente , qui sont tres-durs et tres-compactes. On ne pent les piler dans un mortier de pierre, parce qu'on ne pent y donner des coups assez forts. L'operatiou se fait mieux dans un mortier d'a- cier, on dans un cylindre sur unc lame d'acier; cependant la du- rete des grains est telle, qu'ils s'enfoncent dans I'acicrety restent, si les coups sont assez forts. On les pile d'abord autant que possi- ble, et ensixite on les porpliyrise, jusqu'a ce que Ton puisse eten- dre la poussiere sur la main, comme du graphite. Quand ils sont une fois ecrases, la porphyrisation en est assez facile. II faut donner beaucoup de soin a cette operation, parce que la poudre fine est tres-vite decomposee, tandis que la grossiere n'est que faiblement allaquee. La poudre etant aiusi obtenue, on la fait bonillir dans I'acide murialique, qui dissout le fer avec eflervesccnce; on de- cante la solution du fer et on lave bien la poudre. J'avais cru pouvoir eviler cette operation penible^ en fondant 1 partie de I'alliage d'osmium et d'iridium avec 6 parties de bis- muth ill une chaleur si forte, qu'un quart de bismuth se volatilisa. ,\e m'altendais a ce que, en dissolvant le bismuth dans I'acide ni- trique, I'alliage d'osmium et d'iridium resterait dans un grand ctat de division; mais les grains ne fureut pas changes, ils avaient seu- lement perdu un pen de leur poids. La poudre n"est pas attaquee sensiblement en la chauffant dans I'oxigene ou dans Ic chloie. On pent rendrc solubles les melaiix ( '«9 ) dc fliiix manieres, en Ics fondant aveo Ic pcrclilorure double de piatine et de sodium, ou aveo le nitre. Je ne rccommandcrai pas la premiere de ces niethodes, parce qu'elle a rinconvenient de melanger les deux metaux avec un pen de piatine ; cependant je crois que I'experience que j'ai faite mc- rite d'etre citee. Deux parties de la poudre metallique furent melees avec trois parties de chlorure anhydrc et introduites dans une cornue de verre qu'on chaufifa pendant deux heures au bain de sable, i nne temperature aussi elevee qu'elle put le supporter. L'osmium et I'i- ridium separent, quoique incompletement, le piatine, etse combi- nent avec le chlore et le sodium. D'apres ce qu'on savait jusqu'a present de Tosmium, on aurait pu eroire que le chlorure d'osmium se serait volatilise, et que I'iridium serait reste a I'etat de chlorure double: mais cela n'a pas lieu. On trouve, il est vrai, dans le col de la cornue, un chlorure vert d'osmium, et plus en arriere, un sublime rouge de chlorure d'iridium; mais la quantite de tous les deux est tres-petile. Le sel fondu se dissout tres-facilement dans I'eau avec une couleur brune si foncee, que la solution est presque tout-a-fait opaque. Ce qui ne se dissout pas est du piatine en pe- tites paillettes luisantes; mais elles contienncnt aussi une combi- naison de piatine avec l'osmium et I'iridium, qu'on ne peut de- truire par la voie Immide que tres-difficilement. La solution seutait I'oxide d'osmium; etant melee avec de I'eau regcde et dis- tillee, il se volatise de I'oxide d'osmium avec I'eau ; cependant la plus grande partie de l'osmium reste dans le sel. Si, apres avoir desseche le sel et I'avoir broje avec du carbonate de soude, on le distille dans une cornue de verre, il se degagera du gaz acide carbonique et un peu d'oxigene, et il se sublimera de I'oxide d'osmium. Une partie de I'oxide suit cependant I'acide carbonique, qui, pour cela, doit etre absorbe par I'ammoniaque. Le sel reste dans la cornue est encore mCle d'oxide d'iridium et de piatine metalli(]ue. Le sel etant enleve par I'eau, on traite le residu par Teau regale, qui dissout le plaline avec ini pen d'iritlium, et laisse indissous I'oxide d'iridium , Icqucl, reduit par I'liydroginc, donue I'iridium metallique. La decomposition par le nitre est la meilleure et ne laisse pres- que rien a desirer. On mele la poudre fine avec son poids ou un ( '9" ) peu moins de nitre, qu'on a tbndii auparavant pour qu'il nc con- tienne pas d'eau. On introduit le melange dans une petite cornue de porcelaine, a laquelle on adapte un recipient tubule portant un tube qui plonge dans un flacon renfermant de rammoniaque eten- due. On chauffe la cornue d'abord tres-doucement, et on cvitc que le degagement de gaz ne devienne trop violent, parce qu'alors la masse monte aisement. Vers la fin, on augmente la chaleur jus- qu'a rincandescence. Quand il n'y a plus de degagement de gaz, rexperience est terminee. Le sel est dissous dans I'eau froide, et la solution est introduite dans un flacon bouche a I'emeri, dans lequel on met de I'acide mu- riatique et beaucoup d'acide nitrique, afin qu'elle devienne tres- acide. EUe sent alors fortement I'oxide d'osmium. On met la li- queur claire dans une cornue et on la distille, en lutant bicn les jointures et en refroidissant beaucoup le recipient. La partie non dissoute est de meme melee avec de I'acide nitrique et de I'acide muriatique, et distillee dans une autre cornue. La liqueur qui passe il la distillation contient, comme dans I'operation prece- dente, de I'osmium, et le residu dans la cornue retient I'iridium avec une portion d'osmium. II faut separer la liqueur claire de la mati^re insoluble, pour eviter les soubresauls, pendant I'cbullition, qui jettent facilement une partie de la solution d'iridiiim dans le recipient. On ne pent filtrer les solutions alcalines a travers le papier, parce qu'elles en sont desoxigenees en partie ; le papier se colore en vert, et les li- queurs passent tres-lentement. L'acide nitrique est ajoute en ex- ces pour detruire les chlorures doubles de rosmiimi, et amener ce metal a I'etat d'oxide volatil. Ce qui reste dans les deux comues apres la distillation etant filtre, on ajoute du chlorure de potassium, et on evapore pour chasser les acides muriatique et nitrique en exces. La masse saline seche est bien melangee avec du sous -carbonate de soude, et chauffee dans une cornue, comme je I'ai deja dit, et I'oxide d'os- mium qui se volatilise, est recueilli; on dissout ensuite le sel dans Teau , et I'oxide d'iridium reste libre. Quand on y soupconne du platine, on I'enleve avec I'eau regale. Quelquefois il contient un peu de rhodium, qu'on separe en le fondant avec le sulfate acide de potasse. ( «y' ) Apies toutes ces opeialious , riiuliiim relient neanmoius opi- uiatrement une portion d'osmium. On ne Ten pent delivrer qu'en Ic reduisant par I'hydrogene a une chaleur tres-douce, et en le tbauffant ensuile a une chaleur rouge obscure a I'air libre , tant qu'on sent I'oxide d'osmium. II faut rcduire et oxider plusieurs Ibis riridiuni pour le debarrasser cntierement d'osmium, ce qui i«e se lait que tres-diflicilement et tres-Icutemcnt. Si Ton cbauffe josqu'a rincandescence,les deux metaux se condunent de nouveau intiniement, s'agglomcrent, et I'osmium ne peut plus etre brQle. Pour obtenir tout I'osmium, j'ai fait rougir doucement I'iridium dans un courant d'oxigene, et j'ai conduit It; gaz dans I'anuuonia- que caustique. Quand Tiridium contient bcaucoup d'osmium, celle methode est bonne , mais elle ne vaut plus rien si on veut separer les derniti-es portions d'osmium. On peut aussi separer la plus grande partie dc I'osmium en chauffant doucement le me- tal dans le chlore ; il suit alors le gaz sans se condenser, et doit etre recueilU dans I'ammoniaque caustique. Je dirai plus tard, en parlant de I'oxide volati! d'osmium, comment on reconnait que I'iridium ne contient plus d'osmium. L'iridium reduit par I'hydrogene est gris, melallique et tout-a- fait semblable au platine obtenu du muriate ammoniacal de pla- tine. II est insoluble dans I'eau regale, dans I'acide suliurique et dans le bisulfate de potasse. II a une grande affinite pour I'oxi- gene, de sorle qu'il s'oxide en le chauffant au rouge dans un grand etat de division, et se change en oxide d'iridium. Dans un etat plus compacte, tel, par exemple, qu'on i'obtient en le chauffant jusqu'a Tincandescence dans I'oxigene , il s'oxide moins lacilement. Chauffe a une forte chaleur a I'air librc, avec la potasse caustique ou carbonatee, il s'oxide et se combine avec I'alcali, qu'il colore en jaune. Si Ton ajoute du nitre, I'acces de I'air n'est pas neces- saire. A une forte chaleur rouge, il decompose le nitre et I'oxide se combine avec la potasse. Poids de L'atome d'iridium et de celui dc platine. J'ai determine le poids atomistique de I'iridium en reduisant le chlorure noir d'i- ridium par I'hydrogene. Ce chlorure cristallisc, comme on salt, en octaedres reguliers, comme le sel de platine correspondant, et est ainsi isomorphe avec ce dernier; aussi a-l-il la meme composi- tion atomistique. Cent parlies du sel d'iridium, chauffces d'abonl ( ^(p ) doucenient dans un courant de chlore, ont perdu dans la rcdiic- tion par I'hydrogene 29 parties de chlore. Le sol de platine don- nant la meme perte, ces deux metaiix paraissent, comme h cobalt et le nickel, posseder un poids atomistique presqiie egal. Dans mes experiences anlerieures, je doterminai le poids atomistique du platine de la nieme maniere; mais je ne connaissais pas encore les methodes d'obtenir du platine pur, que je viens d'apprendre par mes recherches; c'est pour cela que j'ai resolu de comparer le poids atomistique du platine pui* avec celui de I'iridium, Le perchlorure de platine et de potassium a ete precipite d'une solution alcoolique de perchlorure de platine, par une solution sa- turee de chlorure dc potassium dans I'eau, delivre par des lava- ges i I'alcool de toute liqueur adherente, et seche d'abord a I'air, ensuite dans un courant de chlore a une chaleur presque rouge. 6^981 grammes rednits par I'hydrogene, ont perdu 2,024 gram- mes de chlore. Le platine obtenu pesait 2,822 grammes, et le chlorure de potassium 2,1 55 grammes. On saitque le sel double est compose de RCl' + PtCl'*. Si Ton calcule le poids de I'atome d'apres la quantite du chlore , on trouve i234}34; ^t, d'apres le chlorure de potassium, on a 1233, 18. Cette difference provient naturellement de I'impossibi- lite dc faire les experiences avec une exactitude absolue, et de pe- tites erreurs qui peuvent se trouver dans le poids de I'atome du chlore et du chlorure de potassium. Peut-etre viendrait-on plus pres de la verite en prenant le nombre moyen des deux resultats, 1235,26. La difference entre la quantite du chlore dans le sel de platine 0,2898, et la quantite du chlore dans le sel d'iridium 0,2900, est dans les limites des erreurs inevitables d'observation. Je crois ainsi le poids atomistique de I'iridiuni egal t\ celui du platine. II faut avouer que mon iridium n'etait pas absolnment libre d'os- mium; mais comme ce metal possede a tres-peu pres le meme poids atomistique que I'iridium, une petite quantite contenue dans le sel d'iridium ne pent pas influer d'une maniere remarquable sur la quantite de chlore. Chlorures (Ciridiurn simples et doubles. L'iridium se coml)ine avec le chlore dans un plus grand nombre de proportions qu'au- cundesautres metaux, savoir, 2, 5, 4 et C atonies. Notre nomen- clature manque de noms pour un si grand nombre de combinai- ( "95 ) sons. J'appellerai la premiere, contenant 2 atomes de chlore, proto-chlorure (chlorure); celle de3 atomes, sesqiii-proto-cliloriire (sesqiii-chloriire); celle de 4 atomes, perchlorure (chloride), et celle de 6 atomes, sesqui-perchlorure (sesqui-chloride). a) Perchlorure et ses sels doubles. L'iridium n'etant dissous par I'eaii regale que quand il est allie avec d'autres metaux , avec le platine, et meme, dans ce cas, qu'en petite quantite, on ne pent former ces sels par la voie humide qu'apres I'oxidation du metal par la calcination avec la potasse, ce qui est tres-long. Cependant, j'ai trouve que le perchlorure se forme tres-aisement quand on chauffe un melange intime de la pondre fine du metal et de chlo- rure de potassium ou de sodium au rouge naissant dans un cou- rant de chlore, comnie je I'ai fait u propos du rhodium. La masse saline est separee par I'eau de I'iridium non attaque, et comme elle pourrait contenir un degre infcrieur de combinaison avec le chlore, on ajoute de I'eau regale, et on evapore a siccite. L'exCes du chlorure de potassium ou de sodium peut etre ote par de pe- tites portions d'eau; car le sel double est insoluble dans une. so- lution de ces sels. On le dissout alors dans I'eau bouillante, et on evapore k cristallisation en ajoutant un peu d'eau regale, parce que les circonstances les plus insignillantes peuvent le reduire en sesqui-proto-chlorure. Ce sel est noir, comme M. Vauquclin I'a deja remarque, et cristallise en octaedres reguliers, qui ne contiennent point d'eau. Comme il a, de plus, la composition atomistique du sel de pla- tine correspondant, il s'ensuit que I'iridium et le platine sont iso- morphes. Ce sel, quoique noir, donne une poudre rouge. II est insoluble dans I'alcool, et peut etre precipite, par ce liquide, de .ses solutions. Le precipite est, selon la grandeur des grains, brun ou rouge fonce. On peut le precipiter entierement , quand la li- queur d'oi'i on le precipite, ou I'alcool, contiennent du chlorure de potassium en dissolution. M. Vauquelin dit que ce sel et le sel ammoniacal correspondant sont tres-peu solubles dans I'eau ; mais je n'ai pas obtenu le mCme resultat. Le sel en poudre se dissout tres-vite jusqu'a saturation; mais, s'il contient du chlorure de po- tassium ou de sodium, ces sels sont dissous par I'eau, et le sel d'iridium reste comme insoluble dans la liqueur incolore ; la solu- tion des sels doubles dans I'eau est jaune en couches minces , et ( -94 ) d'uii rouoe fonce en couches plus epaisses; c'est pourquoi dans un verre ellc est considerce en masse d'un beau rouge fonce, tan- dis qu'clle parait jaune an bord de sa surface. Ce sel supporte une chaleur rouge faible , sans etre decompose et sans se fondre. A une chaleur plus forte, il se change, sans se fondre, en sesqui-proto- chlorure; ct, a une chaleur encore plus forte et soutenue, il se vo- latilise du chlore et du chlorure de potassium , et il reste de I'iri- dium metallique avec une partie du chlorure de potassium. Avec le chlorure de sodium on obtient un sel double noir, qui cristal- lise ou en tables ou en prismes quadrangulaires termines par deux plans, et qui est isomorphe avec le sel de platine correspondant. II contient de I'eau de cristallisation, et est compose de KCP + IrCl'+6H. Avecle chlorure d'ammonium, le perchlorure d'iridium forme un sel double semblable au sel de potassium, qui est tres-peu so- luble dans I'eau, et insoluble dans I'alcool. II se decompose a la distillation seche, et laisse de I'iridium metallique. Sa formule est : NH4Cl-l-IrC14. Suivant M. Vauquelin, ce sel, delaye dans I'eau a travers la- quelle on fait passer du chlore jusqu'a decomposition complete du sel ammoniac, donne le perchlorure; mais il faut bieu etre en garde contre la formation du chlorure d'azote. On pent aussi ob- tenir le perchlorure en lavant bien I'iridium calcine avec la potasse et le nitre , traitant par I'eau regale , et evaporant a consistance sirupeuse. II se depose ensuite une portion de sel double de po- tasse; on decante la solution concentree du perchlorure, et on I'e- vapore pour chasser I'acide en exces. Dans nies experiences, cett« solution n'a montre aucun signe de cristallisation ; mais elle for- mait une masse noire, dure et fendillee, qui se detachail du verre et pouvait supporter une forte chaleur sans se decomposer. Le perchlorure se dissout facilement dans I'eau avec la meme couleur que les ehlorures doubles. II se dissout aussi dans I'alcool , mais d s'y change facilement en sesqui-proto-chlorure. II retient opinia- Irement I'eau; il donne, par la distillation seche, de I'acide mu- ( '95 ^ riatique, d'oii resulte la formation d'oxide d'iridium, et la masse perd sa solubilite dans I'eau. A une chaleur plus forte, il perd du chlore, se reduit en un chlorure inferieiir, et enfin en metal. b) Sesqui-proto-clilorure et ses seb doubles. On obtient le sesqui- prnto-chloriire en traitant riridium, apres I'avoir chaiiffe avec la potasse et le nitre , et I'avoir bien lave i I'eau bouillante , par I'a- cide muriatique qui dissout une grande partie de la masse en se (olorant en noir bran. On evapore la solution a siccite, et on en- leve le sesqui-proto-chlorure par I'alcool; il reste une portion de sous-sel double avec le chlorure de potassium. On obtient la meme combinaison en chauffant I'iridium seul, on mele avec du nitre, dans le chlore ; il se sublime une quantite pen considerable d'une substance d'un brun fonce. Obtenu ainsi , le sel est insoluble dans I'eau ; il le devient encore, si on le chauffe seul a une chaleur aussi elevee qu'il puisse supporter sans se decomposer. La couleur de la solution du sesqui-proto-chlorure est la meme que celle du per- chlorure, et n'en differe que par une nuance qui ne pent etre de- crite. La dissolution du sesqui-proto-chlorure, contenant la meme quantite de sel que I'autre, est plus foncee, et tire surle jaune brun ; cependant on ne pent guere distinguer les deux dissolutions avec quelque certitude par la couleur. Le sel double du sesqui-proto-chlorure avec le chlorure de po- tassium se prepare en melant du chlorure de potassium a la solu- tion du premier, ou en chauffant un melange de perchlorure d'iri- dium ou de potassium avec de I'iridium porphyrise dans une cor- nue de verre jusqu'au rouge. La masse ne fond pas ; si on la traite ensuite par I'eau, pour separer I'iri Hum indissous, et si on eva- pore la solution, un pen de perchlorure double non decompose cristallise d'abord. On decante les eaus-meres , et on les evapore ; inais, en les abandonnant a une evaporation lente, spontanee , clles ne donnent point de cristaux reguliers , mais seulement des vegetations sur les bords. Le sel n'est pas noir comme le sel du perchlorure , mais d'un jaune brun fonce. Quelquefois il tire au bleu ou au vert; ce qui provient d'un peu de sel de proto -chlo- rure. II est presque insoluble dans I'alcool. J'ai determine la com- position du sesqui-proto-chlorure par I'analyse de ce sel double, dont j'ai precipite la solution cdncentree par I'alcool, pour obte- nir le sel pur a I'clat solide , quoiqu'il soit impossible de le debar- ( '96 ) rasser de quelques traces clu sel de pioto-chlorure on de perchlo- rure. Cent parties dc ce sel, sechees a line temperature au-dessus de 100° c. , jusqu'a ce qu'elles ne perdisscnt plus en poids , out donne , dans deux experiences : Chlorure de potassium. . . . 3a,30. . . 5 1,8 Chlore 23,77. • • ^454 Iridium 44,o3. . . 43,8 En comparant la quantite du chlore uni a I'iridium avec celle qui est dans le chlorure de potassium, on trouve qu'elle est 1 ^ de celle du dernier; car, dans 52,2 de chlorure de potassium, il y a 1 5,25 p. de chlore et i5,25 X 15:== 22,865. La quaiUite de uietal corres- pond a un atome d'iridium. Ce sel est ainsi compose de KCP + IrCP. Le sel double avec le chlorure de sodium, obtenu d'une manierc semblable , se fond i la chaleur rouge, et se dissout aisement dan* I'eau et I'alcool. Les solutions concentrees ressemblent a un me- lange de sang dcs veines et d'eau. Avec le sel ammoniac, on ob- tient un sel double, tres- soluble, en ajoutant un peu de sel am- moniac a la dissolution du sesqui - proto-clilorure. II donne une masse saline confuse , de couleur jaune brun fonce. c) Pro lo-chlor lire et sels doubles. Lorsque I'iridium, obtenu en reduisant ses sels doubles par I'hydrogene , est expose an rouge naissant dans un courant de chlore, il I'absorbe, se gonfle ot se change en une poudre legcre , tros - salissante , d'un vert d'olive fonce, et son augmentation de poids correspond an poids de deux atomes de chlore. II s'est change consequemment en proto-chlo- rure IrCP. Si Ton expose ce proto -chlorure dans une cornue de porcelaine a une forte chaleur, il se decompose; du chlore se de- gage, entrainant un peu de sesqui-proto-chlorure et de perchlo- rure. Si I'iridium contient un peu d'osmium, cclui-ci se volatilise aussi, quoique incompletement. Le residu est de I'iridium metal- lique. Le proto-chlorure d'iridium, prepare de cette maniere, est in- soluble dans I'eau. L'acide muriatique bouillant eu dissout une ( '97 ) Irace, el dcvicut vordatrc. L'caii regale ne le change point, et n'cn dissout qu'une petite quantite ; cependant le piotochlorure forme par une autre voie , n'est pas tout-a-fait insoluble. Si on le decom- pose par la potasse, et qu'alors on traite par I'acide muriatique en exees, le chlonire se reproduit, et une partie s'en dissout dans I'ex- ct-s de I'acide. La couleur de la solution est melangee de brun, de janne et de vert. Si Ton fdtrc la solution et qu'on I'evapore, elle devient jaune a un certain degre de concentration , et laisse a la fin une masse jaune transparente surle verre. Le residu sec, mais pas chauffe fortement, se dissout completeinent dans une petite quan- tite d'eau chaude , avec une couleur jaune ; mais , si Ton etend apres la solution avec beaucoup d'eau froide, elle se trouble , et la plus grande partie du proto-chlorure se precipite avec une couleur d'un vert brunatre , pendant que la liqueur retient une couleur d'un vert jaune. Ce phenomene parait dependre de ce que le chlorure s'unit chiniiquement avec I'acide hydro-chlorique, et donne ainsi la com- binaison jaune, qui pent etre evaporee sans perdre sa solubilite, qui est dissoute par une petite quantite d'eau, mais est precipitee par une grande. Des combinaisons seniblables de I'acide hydro- chlorique avec les chlorures d'autres metaux sont deja connues. Avec le chlorure de potassium, on obtient un sel double ver- datre, radie et cristallise. On le prepare en precipitant une solution du sel double du sesqui-proto-chlorure par I'alcool, et distillanl la liqueur alcoolique brunatre. Une partie de I'iridium se reduit en metal , et une autre se change en proto-chlorure. Avecle sel ammoniac, il forme aussi un sel double; si Ton verse de I'ammoniaque caustique sur du perchlorure d'iridium et de po- tassium, il se produit, en quclques momens, une efl'ervescence ; il se degagc du gaz azote; la liqueur preud une couleur brune, et il reste une matiere presque blanche. En evaporant a siccite la li- queur filtree , et reprenant le residu dans tres-peu d'eau , il restc encore une portion indissoute de cette matiere blanche, ou d'un gris blanc. La solution est d'un brun jaunatre. Si Ton y verse de I'alcool , il se precipite un sel qui parait brunatre dans la liqueur alcoolique , mais qui est d'un gris brun apres avoir ete seche. II est soluble dans I'cau, et compose de IrCl'4- NH4CP. ( '98 ) La matU'ie insoluble que I'ammoniaque forme dans le pcrchlo- rurc d'iridium ct de potassium de I'experience precedente, est, apres la dessiccation , d'un giis blanc , tirant au vert, et un pen so- luble dans I'eau, de aianiere qu'elle diminue par les lavages. En evaporant les eaux de lavage, ellc se reproduit sans alteration. Chauffee, elle se fond un peu, se gonfle , et se decompose en lais- sant 56,5 p. c. d'iridium, dont elle contient consequemment plus que le sel precedent. La proportion relative de ses principes vola- tils n'a pas ete determinee; je ne puis done rien dire de certain sur sa composition. U) Sets doubles da sesqui-perclilorure. Si, dans la description de I'osmiure d'iridium, on desseche la masse traitee par I'eau regale, et qu'on y verse successivement de petites quantites d'eau pour dissoudre le chlorure de potassium qu'elle contient enexces, il arrive ordinairement que la premiere portion n'est que faiblement coloree; mais la suivante est d'un rose plus ou moins fonce , comme la solution d'un sel de rhodium. En la decantant et ajou- tant tres-peu d'eau, on pent obtenir plusieurs fois des solutions de couleur de rose, que Ton recueille separement. Aussitot que le perchloi-ure commence a se dissoudre, la couleur tire au jaune, et alors on ne reunit plus ces solutions avec les premieres. La liqueur rouge etant evaporee a sec, on broie le residu, et on le lessive avec de I'alcool a 0,84, qui dissout le chlorure de potassium, et se colore en rouge par un peu de sel d'iridium. II reste enfin une poudre saline brune qui se dissout en rose dans I'eau , et qui , soumise a I'evaporation spontanee, crislallise en cristaux quadri- lateres, bruns, transparens, d'un rouge de rubis, formes de pris- mes rhomboidaux termines par deux plans. Ce sel ressemble tel- lement a un sel de rhodium, qu'il serait pardonnable de le croire tel ; mais il a une composition toute differente de celle du sel rouge de rhodium et dc potassium, et ne contient point de rhodium; 100 parties de ce sel, chauffees taut qu'il s'est montre de I'humi- dito, out ete reduits par I'hydrogene. On a trouve 24,17 p- de chlore , 25,9a de metal, et 5 1,91 de chlorure de potassium. En calculant ces resultats, on trouve que la quantite de chlore uni a I'iridium est egale a celle qui est dans le chlorure de potassium. Au contraire, la quantite de metal n'est que les deux tiers de celle qui se trouve dans le perchlorure d'iridium , et tres-pres de celle ( »99 ) du sel de rhodium, ov"! le potassium et le rhodium auraient pris des quantites egaies de chlorc. Pour voir si le metal obtenu etait du rhodium, je I'ai term long- temps en fusion avec du sulfate acide de potasse, mais il ne s'en est rien dissous, et j'ai obtenu un oxide d'un bleu noir. Get oxide d'iridium, reduit par I'hydrogene, et chaufTe avec du chlorure de potassium dans le chlore , n'a pas donne de sel rouge, mais le sel ordinaire d'iridium rouge ou d'un brun fonce. Je n'ai pu produire il volonte le sel rose, pas meme en saturant de chlore la solution du sel de perchlorure, ou en la faisant bouillir avec du chlorate de potasse et de I'acide muriatique, et evaporant. Ce resultat et la (4roonstance que le sel rouge avait depose dans les solutions et evaporations precedentes une poudre verte, qui ne se montre pas avec les sels du perchlorure, me fit soupconner que ce sel conte- nait un autre metal que I'iridium. Cette substance verte indissoute se comporte cependant comme du proto-chlorure d'iridium, et je n'ai jusqu'a present aucune rai- son de croire que le metal, dans ce sel, soil different de I'iridium. En calculant la composition du sel on trouve qu'elle s'accorde avec la supposition qu'un atome de chlorure de potassium s'est combine avec un atome de perchlorure d'iridium, dans lequel le metal est combine avec 6 atonies de chlore, et que la formule est 5 K C I* + I r C 1*'. La composition calculee, comparee avec celle que donne I'observation, conduit aux resultats suivans : Calcules. Observes. Chlorare de potassium. . . 52, a i 5 1,91 Chlore 24,78 24,17 Iridium a3,oi 23,g2 Les differences du resultat analytique proviennent de I'inipossibi- lite d'oblenir ce sel entierement degage de perchlorure double d'iridium. Ce sel est precipite de sa solution aqueuse par I'alcool , avec une coulour rose pfde ; mais il reste beaucoup du sel dans la liqueur alcooliqne, qu'on pent distiller sans que le sel soit reduit u uu chloiurp infericur. Ou peut precipiter par I'hydrogene sulfure ( 200 ) l<'s antics chlorines de ririiliiim pendant que celui-ci reste dans la liqueur. C'est pourquoi une solution d'iridium, precipitee parl'hy- drogene sulfure, passe par le filtic coloree en rose. Cependant, si Ton sature completement la liqueur avec I'hydrogene sulfure, et qu'on la laisse digerer a 60" c. dans un ilacon bouche, le sel qu'elle contient se decompose peu a peu pour la plus grande partie, quoi- qu'il en reste toujours une portion qu'on ne peut precipiter dc cette maniere. Oxides et sets oxlgenes de I'iridimn. L'iridium a une grande affinite pom- I'oxigene; il se combine avec ce gaz a une chaleur rouge, et le retient au plein rouge; mais il se reduit a une temperature plus elevee, comme le nickel, ■et sans addition. A chacun de ses chlorures correspond uu oxide qui forme des sels particuliers avec les acides ; c'est ce qui reiul tres-difficile leur denomination ; notre nomenclature n'etant appli- cable qu'a deux degres d'oxigenation, j'emploierai provisoiremeut pour ces oxides les memes noms dont je me suis servi pour les chlorures. Ces oxides sont le protoxide I r; le sesqui- protoxide ir ; le peroxide Ir, et le sesqui -peroxide Ir, Leur composition est determinee par la circonstance qu'ils sont produits par la de- composition des chlorures au moyend'un alcali. u) Protoxide. Quand on fait bouillir le proto-chlorure obtenu par la voie sechc avec une lessivc mi peu concentree de potasse caustique, le protoxide se separe en une poudre pesante noire, qui est a peine attaquee par les acides , quoiqu'ils se colorent un peu «n vert. La lessive alcaline avec laquelle on fait bouillir le proto- chlorure se colore pen a peu en pourpre , et enfin en bleu fonce ; ce qui parait etre dQ a ce que le protoxide est amene a un degre superieur d'oxidation. La quantite que I'alcali en dissout est tres- pelite. Si Ton precipite un proto-chlorure double avec du carbonate de potasse, on obtienl un precipite vohmiineux d'un vert gris, qui jest I'hydrate du protoxide. II se prepare facilement en melant du <;hIorure de potassium a la solution du sesqui-proto-chlorure d'iri- -.dium et de sodium, et en evaporant; il se depose du perchiorure ( ••*«' ) d'iiidiumet de potassium, et le proto-chlorure double rcste dans la liqueur, que Ton precipite par une Irgere digestion avec le carbo- nale de potasse. 11 faut prendre garde de ne pas ajouter uii exces de ce dernier sel, parce que !e protoxide d'iridiuin serait dissous avec une coiileur d'un jaune vert. L'bydrate est dissous par les acides, a I'aide de la chaleur, en sels de protoxide d'un vert sale. La solution dans I'acide nitrique, abandonnee a elle-meme, prend pen A peu une belle couleur poiir- pre ; niais, evaporee a une douce chaleur et reprise par I'eau, elle est d'un beau jaune vert; comme precedeminent, je n'ai pas fait des experiences sur chaque sel de protoxide ; je me suis contcnte de deiuontrer leur existence. b) Sesqul-protaxide. C'est celui qiii se forme de preference, lant par la voie seche que par la voie humide. Par la voie seche on I'obtient en melant bien le per-chlorure d'iridium et de potassium avec son poids de carbonate de soude ou de potasse , et chaufl;mt dans un vase clos jusqu'a ce que la masse commence a rougir au fond. Si Ton pousse la chaleur plus loin, I'oxide chasse I'acide carbonique et se combine avec I'alcali, et Ton obtient alors avec I'eau une dissolution jaune contenant de I'oxide. A une chaleur moderee la solution de I'alcali est au contraire incolore et libre d'iridium dissous. La masse saline, dissoute dans I'eau bouillante et filtree, laisse sur le filtre une poudre fine d'un bleu noir, qui a une grande ten- dance a passer a travers le papier quand la solution saline est pas- see et qu'on verse de I'eau pure, et a former une liqueur trouble d'un gris bleu qui devient claire en tombant dans I'eau saline. C'est pour cela qu'on doit laver cet oxide avec une solution de sel ammoniac, dont on chasse le reste par la chaleur. Dans cet etat, le sesqui-protoxide est insoluble dans les acides ; 11 n'est pas meme dissous lorsqu'on le fond avec du bi-sull'ale de potasse, qui oxide I'iridium bien divise jusqu'a ce degre; I'hydro- gene le decompose sans I'aide de la chaleur ; il s'echauffe avec ce gaz et se reduit en metal; ce qui parait provenir de ce qu'il a^ comme le metal, la propriete d'effectucr la reunion de I'oxigene avec rhydrogene. Mele avec des corps combustibles et chauffe, il se decompose avec une vive detonnation. Je suis persuade que cet a. >4 ( 202 ) oxide a etc pris, par !cs ehimistes (pii onl travaillc sur riridimn, pour du metal dans nn etat tros-divisi. J'ai dt'lcrininc la composition do cct oxide par la mcthode doni je me suis deja servi pour Ic rliodinm et pour le palladiimi; mais ellc donne ici des resultats Lcaucoup pins concordans. On rccucille le melange de gaz acide larbonique et d'oxigene qui se degage, en chauifant le per-chlorure d'iridium et de potassium avec le sous- carbonate de soude, et on en fait I'analyse. Le gaz a ete recueilli dans quatre eprouvettes graduees. Apres Tabsorption de I'acide carboniquc par la polasse causlique , le residu a ete , dans la premiere, o,ii4; dans la seconde , 0,12; dans la Iroisieme , 0,11, et dans la quairieme 0,112. Si Ton suppose que I'oxigene que I'alcali perd avec Tacide carboniquc soit avec celui que le metal s'appropric dans le rapport de 4 a 3 , le melange des gaz qu'on obtient doit etrc forme de 88,89 p. d'acide carbonique et 11,11 p. d'oxigene; conmie le resultat de I'expericnce est d'accord avec cette supposition, il s'ensuit que le sesqui-protoxide conticnt 2 atonies de radical et 5 atomes d'oxigene. Le sesqui-proto-chlorure, precipite par im alcali, donne un pre- cipite brun fonce qui est I'hydrate du sesqui-protoxide. II arrive cependant quelquefois que, meme apres une digestion, il ne se forme pas de precipite, et j'en ignore la cause. Le precipite re- tient toujours de I'alcali qu'on ne peut oter par le lavage; obtenu par rammoniaquc, il se reduit avec une legere detonnation quand on le chauffe. II se dissout dans les acides et donne des sels oxi- genes particuliers, dont les solutions rcssemblent a un melange de sang veiueux et d'eau. Get oxide se forme aussi quand on calcine I'iridium avec de I'alcali et du nitre ; cependant, avec lelibre acces de I'air on n'a pas besoin du dernier. La combinaison fondue est d'un jaune brun fonce. La solution se decompose aussi facilement que celle du ca- nieleon mineral, et les causes les plus insignifiantes de reduction determinent la precipitation dn protoxide, ct d'autant mieux que la liqueur est plus etendue La combinaison solide dc la potasse et dn sesqui-protoxide d'iri- dium contient plus du dernier que I'eau n'en pent dissoudrc ; c'est jxiurquoi clle en est decomposee, et il reste du sesqui-protoxide imi a une moindre quanlite do potasse. Cptf(! partie insoluble, se- ( aoS ) parcc dc la combinaisou uvcc I'alcali, est soluble dans les acides. Due autre parlie de la masse, calciiiec avcc I'alcali, est tout-a- fait insoluble; c'esl en partie de riridiuui non oxide, on du pro- toxide qui ne s'est pas combine avec I'alcali, faute d'une suffisante quantite de celui-ci ou d'une temperature assez elevee. C'est pour- quoi il se dissoiit beaucoup plus d'iridium avec le nitre dans une cornue de poroelaine, qu'avec la potasse caustique dans un creuset d'argent, parce qu'on pent donner dans la premiere une plus forte chaleur. L'oxide d'iridium fondu, a une temperature tres-elevee, avec du carbonate de potasse dans un creuset de platine, se combine avec I'alcali en une masse saline jaune ou jaune brunatre, qui, comme on le reconnait, en I'utant du creuset refroidi, n'en a nullemeut attaque le poli. Mais si Ton verse de I'eau sur le sel et qu'on le chauffe, il se depose sur le platine une pellicule d'oxide d'un brun vert, qui ressemble a une tache epaisse de soufre sur I'argent. La meme cbose a lieu dans un creuset d'argent. Les creusets de pla- tine sont de meme un peu tachetes quand on y fond de I'iridium avec du sulfate acide de potasse. Je n'ai pas pu remarquer, en dis- solvant l'oxide , obtcnu par la calcination avec I'alcali , dans I'acide muriatiqtic, qu'il se soit forme une portion de sel de per- chlorure ; et je conclus de la que le sesqui-protoxide est le plus haut degre d'oxidation que I'iridium forme par la voie seche. c) Per-oocide. Je'n'ai pu I'isoler; il est si completement soluble dans les alcalis caustiques ou carbonates, qu'aucune portion n'en est precipitee, soit qu'on en ajoute peu ou beaucoup, soit a froid on par digestion. En faisant bouillir le per-chlorure double de po- tassium avec une solution de carbonate dc potasse ou de soude, il y a une effervescence, et il se precipite une substance noire qui, apres avoir ete lavee, jouit de toulcs les proprieles du sesqui-pro- toxide, et donne avec I'acide muriatique une solution brune obs- cure, qui ne fournit pasdu per-chlorure double de potassium. Pour cxpliquer la manicre d'agir des alcalis sur le per-chlorure, on pour- rait croire qu'ils ne le decomposent pas, parce que cet oxide n'exis- lerait point ; mais ce qui prouve que cette explication serait fausse, c'est que le sulfure d'iridium prepare par Ic per-chlorure et I'hy- drogene sulfure est dissous tres-facilement par I'acide nitrique ( 204 ) cii sull'ale d'iridiurii qui se comporle de la mfeme maniere avec les alcalis. Si Toil niele le sulfate avec du chlorure de barium, il se pieci- pite line combinaison trts-fixe de I'oxide avec le sulfate de baryte; et si Ton ajoute au sel de per-chlorure du nitrate de protoxide de inercure, une petite quantite de ce nitrate precipite une maliere floconneuse d'un jaune brun qui est un sous-sel de per-chlorure (une combinaison de per-chlorure et d'oxide), et la liqueur con- lient du per-chlorure de mercure en dissolution. Une plus grande quantite du sel de mercure precipite un melange jaune clair de proto-chlorure de mercure et de sous-sel. En faisant digerer ce precipite avec la liqueur, on obtient, selon les circonstances, du per-chlorure on du proto-chlorure de mercure et du proto-chlo- rure d'iridium, el la couleur du precipite devient d'un vert gris. d) Sesqui-peroxide. On I'obtient en ajoutant du carbonate de potasse ou de sonde au chlorure rose d'iridium et de potassium exempt d'ammoniaque. Il ne se trouble que tres-peu ; mais si on le met en digestion, il se precipite un hydrate gelatineux, qui, jele sur un fdtre, est jaune brun ou verdatre, et ressemble tellement a I'hydrate d'oxide que les sels de rhodium fournissent dans les memes circonstances, que I'on ne pent Ten distinguera I'apparence. La liqueur filtree est jaune, a cause d'une partie d'oxide dissoute par I'alcali. Si Ton traite I'hydrate lave, par I'acide muriatique, il se dissout comme I'hydrate d'oxide de rhodium avec une couleur jaune, et ne devient rouge que quand il est presque evapore a sec. Le sel qu'on obtient est du chlorure double regenere , duquel I'alcool n'extrait pas luie trace de sesqui-per-chlorure isole. Cela prou^e que I'hydrate d'oxide est une combinaison d'oxide et de potasse. Si Ton chauffe I'hydrate sec dans un vase distillatoire, il se decompose avec une decrepitation presque instantanee, et il est jete hors de la cornue comme I'hydrate d'oxide de palladium. Comme le sesqui-per-chlorure conlient un atome de metal et six alomes de chlore, ce sesqui-peroxide doit etre forme d'un atome de metal et de trois atomes d'oxigtne. Teunant et Vauquelin ont decrit, comme caracterisant principa- Icment I'iridium, un Oxide bleu qui se dissolvait en bleu dans les acides et les alcalis. Get oxide existe en elTet ; mais, comme il con- lient mbjos d'oxigene que le sesqui-protoxide cl plus que le pro- ( io5 ) toxide, il appartienl i ces combinaisons doiit le fer, le manganese, le tungstene et le niolybdene moDlrent des exemples, et dont la plupart possedent aussi la menie couleur bleiie foncee Je n'ai pu isoler cet oxide bleu aussi coinpleteuient qii'il eQt ete necessaire pour une analyse; car il contient ordinairemcnt de I'alcali, sur- tout de rammoniaque, avec laquelle il s'unit en une combinaison detonnante, qui cependant ne fait pas d'explosion, niais decrepite seulement. On I'obtient quelquefois qiiand on traile I'iridium en vase clos avec la potasse caustique ; quelquefois, quand on fond le per-chlorurc double de sodium avec I'iridium, et qu'onprecipite la solution par I'animoniaque caustique. La maniere la plus sOre de le preparer est d'ajouter a une solution d'un per-chlorure double un exces d'ammoniaque caustique, et d'evaporer le melange jus- qu'a ce qu'il ne sente que peu rammoniaque; il devient successi- vement bleu, et enfin I'oxide bleu se precipile. Si Ton evapore la liqueur u siccite, I'oxide disparait de nouvcau. L'oxide precipite est jete sur un filtre. Quelquefois la liqueur filtree est tout-a-fait incolore ; quelquefois I'oxide se dissout dans I'eau de lavage en lui communiquant une couleur bleu pfde; en cela, il sc comporte en- tierement comme les oxides bleus de tungstene et de molyb- dene. On pent obtenir les solutions d'iridium avec toutes les couleurs de I'arc-en-ciel, sans que cela depende de corps etrangcrs. EUes sont roses dans le sesqui-per-chlorure ; d'un rouge fonce, orange ou jaime selon la concentration du per-chlorure et du sesqui-pro- to-chlorure ; vertes quand ces derniers sont meles avec I'oxide bleu, et enfin bleues ou pourpres quand, a ce qu'il semble, elles con- tiennent une combinaison du sesqui-proto-chlorure ou du sesqui- protoxide avec plus de proto-chlorure ou de protoxide qu'il ne s'en trouve dans I'oxide bleu. La couleur vert sale appartient au proto-chlorure. Vauquelin et Tennant out trouve que les solutions d'iridium perdent leur couleur par I'acide sulfureux, par les scL de protoxide de fer et par I'ammoniaquc ; mais cela n'a lieu que quand elles sont tresetendues, aulremeut elles restent d'un vert jaune. Ces reductions ne vont jamais plus loin que jusqu'au proto- chlorure; car, quand on verse ces reactifs dans la solution d'un proto-chlorure, sa couleur ne change pas du tout. La presumption que I'iridiura, dans le degrc ioferieur de scs comljiuaisons avec Ic ( 2()6 ) chlorc ou I'oxigene, forme iles combinaisons incolores, ost aiiss^i sans ibiuieinont. Sal fare d' iridium. L"iridium paiait se rcMinir avec Ic soiifre en autant de propoi'- tiuns qu'avec I'oxigene, tous ses chloiures etant decomposables par riiydiogene sulfure. Ces precipites sont d'un biun obscur on presque noir, et ressemblent entierement a ceux que donnent le platine, le palladium cl le rhodium. lis lie deyicnncnt pas acides pendant qu'on les seche, comma le fait le sulfure de platine ; mais quand on les chauffu dans un vase distillaloire, ils donnent de I'a- cide sulfureux au commencement; ce qui prouve qu'une oxidation a commence pendant leur dessiccalion. Lc sulfnrc d'iridium se dissout plus facilement dans les hydrosulfates que le sulfure de platine. Precipite d'une semblable solution par un acide , il est solul)ie jusqu'a un certain degre avec una coiileur rouge brune ; de maniere que I'eau de lavage, apres que I'acide est passe, est fortement coloree. Un grand exces d'acide en empeche la solubi- lite ; c'est pourquoi, a mesure que, par I'evaporation de la liqueur, I'acide devient plus concentre, ce qui etait dissous se separe, mais non en totalite. La plus petite quantile d'acide nitriqne dans la liqueur le change pendant Tevaporation en sulfate d'iridium. Les degrcs plus eleves de sulfuration se dissolvent avec une grande facilite et sans residu. Quand il y a exces de sulfure, il sc forme du sel de protoxide, et la solution devient d'un brun vert ou d'un brun rouge. Y a-l-il exces d'acide, on obtient, siirtout a I'aide de la chaleur, du sulfate de peroxide d'iridium, et la liqueur devient d'un jaune brun clair et pur. Si I'acide est concentre, il arrive, comme avec le sulfure de rhodium, qu'il reste beaucoup de sulfate forme, indissous dans I'acide, qui se dissout quand, apres avoir decante cet acide, on ajoute de I'eau. Si le sulfure d'iridium est mele avec du sulfure de platine, on pent culever, par I'acide nitrique, la plus grande partie de Tiridium souille par un peu de platine, le sulfure de platine rcstant pour la plus grande partie indissous tant qu'on n'emploie pas la cbaleur. Quand on distille du sulfure d'iridium, il s'evapo)e de I'eau, de I'acide sulfureux, et plus tard du soufre. pendant qu'il reste lui tulfurc criridium giis, sembluble au sulfiuc de plomb, qu'on ne pent decomposer par la chaleur seulc. Ce sulfure n'est plus solu- ble dans Tacide nitrique et a peine dans I'eau regale, qui cepcn- dant I'attaquc avec le temps, et se colore en un beau vert faible. Ce degrc de suUuration parait etre Ir S ; et il donne avec I'eaii regale du sulfate de protoxide, qui est la cause de la couleiu- verte. Si Ton grille ce sullure, il se degage beaucoup d'acide sulfureux, ct la masse devient d'un brun obscur. Elle se change en un sous- sulfate qui n'cst pas decompose par la chaleur. REMxiRQUES GlilN^RALES StJR l' ANALYSE DES MATIERES VEGETALES ET AMMALES. Nous nous proposons de donner sur I'etudc des matieres orga- niques, tant du regne vegetal que du rcgne animal, une serie de memoires dont cet article peut etre considere comme I'introduc- tion. Les principes d'analyse que nous allons exposer en peu de mots seronl successivement developpes quand I'occasion de les appliquer se presentera pour la premiere fois, ou lorsqu'ils seronl suggeres par I'observation elle-meme. On peut les resumer en un seul principe, treS-general et tres-evident, qui consiste a etudier un objet, non pas sous un ou plusieurs rapports particuliers, au moyen de telle ou telle methode scientifique, mais en lui-meme, sous le rapport de loutes ses proprietes, avec le concours de toutes les sciences reunies. Dans I'etude des objets naturels, ct surtout dans I'examen des matieres organiques, on s'est plus ou moins ecarte de ce principe ; et de la trop grandc specialite des recherches il est resulte des errcurs nombreuses , et des theories encore plus nuisibles aux progres futurs de I'analyse. Ainsi, d'un cote, nous serons amenes a combattre ces erreurs et ces theories, et, d'un autre cote, nous devrons montrer, par les resultats memes de nos observations, rexaclilude ile nos methodcs, et la fecondile du prinf.'ipe qui leur sort de base. ( 20« ) Afiii de mettre plus d'ordre dans ['exposition somuiaire de ce^ methodes d'analyse, nous irons des propiietes generales aux pro- prieles particulieres dont peiivent joiiir les matieres souraises u I'observation. Nous nous occuperons ici de chacune de ces pro- prietes, abstraction faite de toutes les autres ; mais nous les indi- querons dans leur ensemble et dans leur correlation lorsqu'Ll s'agira d'etudier un objet determine. De la forme. Les matieres organiques qu'il s'agit d'analyser sont presquc loujours tres-divisees. Nous'reviendrons plus tard sur les moyens auxquels on doit avoir recours pour opurer cette division me- canique; il ne s'agit ici que de determiner la forme des parti- cules qui composent , par leur reunion , une substance don- nee. A la Yue simple il est impossible, non pas d'assigner la forme exacte d'une particule organique, mais meme de decider si cette derniere est cristalline, ou si elle conserve des traces d'organisa- tion. C'est ainsi que la fecule avail ete consideree comme formec de petits cristaux, parce qu'a la vue simple elle offrc des points brillans, qui simulent les reflets des facettes qu'on supposait a chaque grain feculent ; tandis qu'au moyen du microscope il etait aise de voir que ces grains sont arrondis comme des vesicules. II est done indispensalile, pour determiner la forme de ces parti- cules, d'amplifier considerablement leurs dimensions. Mors on pourra les calquer sur un papier, ou les mesurer immediatement. Les contours seront, ou parfaitement circulaires, ou eliiptiques^ ou plus oti moins irreguliers. On fera done connaitre les rapports des diametres, etles variations que peuvent offrir le grand nombre des individus soumis a I'observation. Si la matiere que Ton observe est cristalline, on mesurera les angles formes par les aretes et les faces des cristaux, les rapports des dimensions, et, par la cristallographie, les formes primitives les plus simples dont les formes observees ne sont que des deriva- tions; car il pent arriver que les cristaux d'une meme substance, alTectent diverses formes secondaires et se groupent de maniere a trompcr un observateur superficiel. Le calcul des formes secon- daires sera tres-souvent propre a indiquer les pelites corrections ( »"9 ) qu'il I'audra apporter a I'observation directe pour la faire coitici- der avec quelque foiui* primitive tres-simple, et, par cela nieme, ties-probable. Nous ne craignoiis point d'annoncer que Texameu des formes des parlicules organiques sera d'un trtjs-graiid secours dans I'e- tude de ces dernieres, et que souvent il sera possible, k la simple inspection au moyen du microscope, de reconnaitre que tel objet est forme de telle substance, ou de determiner la place et la fonc- tion que telle matiere remplit dans I'organisation, et menie de faire des analyses completes de certains composes que la chimie seule debrouillerait diflicilement, et erigeratt peut-etre en matiere immediate. C'est ainsi que M. Raspail a fait I'analyse microscopique de Vhordeine, pretendue substance homogene que Proust avait ex- traite de la farine d'orge, et qui, examinee au microscope, n'etait qu'un melange de grains feculens , \ides ou encore remplis de leur gomme , de fragmens du pericarpe de la graine impregnes de resine, de cellules du perisperme, de debris des enveloppes calicinales, d'embryonset de polls, etc., tous objetsreconnaissables au premier coup d'ceil pour quieonque les avait precedemment etudies sous le rapport de leurs formes. De la densite. Apres avoir mis a contribution toutes les ressources de la geo- melrie et de la cristallographie pour determiner la forme des particules organiques, on doit essayer sur ces dernieres Taction des agens naturels. Nous commencerons par examiner Taction de la pesanteur; c'est-a-dire que nous chercherons a connaitre le poids specifique ou la densite de ces particules. Quand celles-ci peuvent etre obtenues en tres-grande quantitc, on en determine la densite par les precedes ordinaires de la physique, en pesant la substance dans Tair et dans uu vase que Ton acheve de remplir avec un liquide convenable. Mais il est un second precede auquel on aura recours dans le plus grand nombre de cas. Ce precede n'est autre que celui par- iequel on pent reconnaitre que des globules de fecule diflerent essentiellemeiit des globules de graisse, par cela seul que les pre- miers se precipitent au fond de Teau , tandis que les seconds y ( 2 I O ) . siirnagcnt; d'oi'i il resulte que les substances qui composent ces (k-ux especes tie globules sont tie densites diffeientes , et par consequent de nature diverse. Mais il ne suffit pas de dire que telle matiere est plus ou moins dense que tel ou tel liquide ; il taut encore assigner le poids specifique d'une particule avec une precision suffisante pour qu'on puisse assurer que cette particule est de meme nature que telle autre substance prise en masse, ou qu'elle en differe au moins par cette propriete. II est bon, par exemple , de pouvoir demontrer qu'un grain de fecule possede exactement la densite de la gomme , un globule de graisse celle de riiuile, un raphide celle de la silice, etc., et de pouvoir ainsi completer la preuve de I'identite de ccs niatieres correspondantes. Suppose done qu'il s'agisse de determiner exactement la den- site d'une espece de fecule qu'on ne pent obtenir qu'cn tres-pitite quantite ; on en niettra quelques grains dans I'eau , qui tons , quand ils seront mouilles, se precipiteroat au fond du liquide. Mais si li ce tlernier on ajoute goutte a goutte un autre liquide beaucoup plus dense, jtel qu'une dissolution metallique tres-con- centree, il arrivera un instant o\x les grains de fecule se soutien- dront indifferemment a toutes les hauteurs dans la liqueur melan- gee, dont il suffira maintenant de prendre la densite pour avoir celle de la fecule en question. II est bien entendu que les liquides employes ne doiveiit avoir aucune action immediate sur les globules. On pourra, par ce precede, reconnaitre la densite de toutes les matieres organiqucs proprement dites, parce qu'il est possible d'avoir des liquides dont les densites varient entre les liniites ex- tremes. Mais un autre avantage que Ton retirera tie cette methode, c'est de pouvoir faire des analyses mecaniques, ou la separation plus ou moins complete des matieres qui entrent dans certains melanges. Car, en aduiettant que deux substances, dont les den- sites different entre elles d'un dixieme de leur valeur moyenne , sclent melangees ensemble, on les geparera completemcnt dans un liquide dont la densite aurait cette valeur moyenne, el tliffererait par consequent d'un vingtieme de chacune des deux autres. On voit evidemment que cette analyse mecanique est en tout point semblable a Tanoiysc par les dissolutions, et que celle- ci meme n'cst que le dernier leriiie de la premiere. Dans I'une et tlans ruulre, il y a plu>ieurs precautions indispensubles ;i prendre, ^ 211 ) et I'on n'obtient pas toiijonrs dcs resultats satisfaisans ; car il pcuf se laire que des niatirrcs tiTS - dilTciTnUiS dans Iciir coniposilion aient a peu pies la mOme densite, tommc aussi il pent arriver que ces inatiores jouissent d'une soliibilite presqne egale dans differens menstrues. Les mouvemens, soil ascendans, soitdescendans, de corpuscules places dans nn liquide en repos, sont quelquefois tres-lents ; et ce retard provient de trois canses principales. Par la premiere, un corps immerge perd une partie de son poids egale an poids du liquids deplace. Si, par exemple , le corps peso loi , tandis que le meme volume liquide pese lOO, la pesanteur qui, dans le vide, ferait parcourir a ce corps 4»4o44 metres durant la premiere se- conde, ne ha fera plus parcourir qu'un chemin egal au precedent rednit dans le rapport de loi -f- loo a loi — lOo, c'est-a-dire environ 22 millimetres; car la force motrice, representee par la difference des poids du corps et du liquide deplace , doit mettre en mouvement ces deux masses ; la premiere, pour la fairc des- cendre, et la seconde, pour la faire remonter d'une quantite egale. La dcuxieme cause de ralentissement consiste dans la viscosite da liquide, en vertu de laquelle le volume de ce liquide, qui doit remonter k la place du solide , ne peut sc mettre en mouve- ment sans eiitrainer une masse plus ou moins considerable du liquide environnant. Enfm, la troisieme cause de retard se ren- contre dans des couches fluides qui s'altachent aux particules solides par un effet d'affinite, et qui participent a tous les mou- vemens de leurs noyaux. Dans ce cas, il ne faut plus comparer la densite du liquide avec celle du corps solide , mais' bien avec la densite moyenne du noyau et de son enveloppe. Et si Ton fait attention que le noyau peut diminuer presqne indefiniment sans que I'epaisseur de sa couche decroisse d'une maniere sensible, on ronfoit qu'il peut arriver dcs cas ou la densite du noyau, quelque considerable qu'ellc puisse etre , n'eleve la densite moyenne en question au-dessus de celle du liquide pur, que d'une quantite tout-a-f'ait negligeable. Ainsi, en poussant extremement loin la division mecanique d'une matiere meme tres-dense, si des cou- ches liquides restent adherentes a ses particules, ou si, en d'autres termes, ces derniercs sont susceptiblcs de se mouillcr, elles pour- ront employer un temps considerable a se precipiter au fond du ( *l» ) vase ; el, dans tous les cas, gette precipitation ne pourra jamais etre complete, vu que les couches liquides ne se penetrent que difliciiement. Dans la circonstance particuliere oil les corpuscules ont a pen pies la densite du liquide, Icurs couches se feront mu- luellement obstacle, et les corpuscules, au lieu de former un de- p(5t compacte, se maintiendront a distance en preseutant I'aspect d'uu nuage floconneux. II ne faudrait done pas s'etonaer que des particules organiques, dont la densite s'ecarle toujours tres-peu de celle de I'eau pure, emplojassent desheures et meme des jours enliers a se precipiter au fond du liquide ou a venir surnager a sa surface ; ni que d'au- tres particules fussent animees de certains mouvemens, spontanes en apparence , qui ne seraient que la consequence des agitations imperceptibies d'une faible masse liquide, exposee a mille causes exterieures de perturbation. Taut d'erreurs de ce genre ont ete commises, des systemes tellement extravagans ont etc rinevitable suite de I'oidili des principes d'h^'drostatique que nous venous de rappeler, qu'il n'etait pas inutile de s'y arreter un moment. Nous allons passer maintenant a d'autres considerations. Electiicite, On u'a guere mis a profit Paction des courans eiectriques de la pile que dans le but de provoquer la decomposition des substances minerales. Une petite pile serait employee avec avantage dans I'analyse des matitres organiques, soit pour decomposer les sels formes de ces matieres, soit pour separer les elemens de certains produits immediats, soit pour donner lieu a quelques pheno- menes de coloration, comme les anneaux eiectriques de M. Nobili, soit enfin dans les analyses microscopiques. II serait bon , par exemple, de chercher I'explication des differences que prcsentent certaines matieres vegetales dans leur conductibilile pour les flui- des eiectriques. Nous tentcrons a ce sujet quelques experiences. Magnelisme. La presence du fer dans les productions naturelles pent etre reconnue au moyen d'une aiguille astatique tres-sensible. Peut- §tre y aurait-il quelque diflerence entre Taction magnetique du fer siniplement depose a I'etat d'oxidc dans tm corps organise, et (ai3) Taction de ce metal Terilablement combine avee les tissuj. Une polarite ponrrait peut-etre aussi 6tre observee dans diverges plan- tes ties-ferrugineuses, on dans differens organes d'line m€me plante. Chaleur. II arrive souvent que des matieres insolubles ou peu solubles dans un lic|iiide, a la temperature ordinaire, s'y dissolvent plus abondamment par une chaleur elevee. Quelquefois cette dissolu- tion n'est qu'apparente, et provient de ce que les particules de la substance en question s'eleventet se soutiennent dans le liquide par reffet du boiiillonnement. Tel est le cas de I'ulmine, que les chimistes regardent conime soluble dans I'eau uhaudc; mais a I'aide du microscope, on voit les particules charbonneuses dont I'ulmine se compose nager dans un liquide incolore. Tel est aussi le cas de ces substances reputees immediates, et en realite par- faitement bien organisees, dont les differentes parties s'isolent a la laveur de I'ebullition, et dont les unes se dissolvent effective- ment, tandis que les autres, flottant dans le liquide, restent indivi- duellement imperceptibles, et presentent, dans leur ensemble, ce louche que les chimistes n'ont jamais pu bien caracteriser. La fusion ignee pent aussi n'etre que partielle en realite, bien que complete en apparence; pour donner lieu u celte derniere illusion, il suffit qu'une substance qui Ibrmerait comme le ciment d'un produit organique vienne a se liquefier par la chaleur et a entrainer les particules desaggregees des autres substances restees a I'etat solide. C'est ainsi que des globules de graisse semblent se fondre entierement par la chaleur; mais, a I'aide du microscope, on apercoit alors les togumens de ces globules flotter dans la matiere huileuse qu'ils recelaient auparavant. Pour lever tous les doutes que Ton pourrait avoir sur la realite d'une dissolution, il sera done quelquefois indispensable de re- courir an microscope; car, dans les circonstances douleuses, s'en tenir a la vision ordinaire, ce serait agir a la maniere d'une per- sonne qui s'efforcerait de voir a la lueur des etoiles ce qu'elle ne pourrait bien distinguer qu'a la clarte du jour, ou qui, plutot que d'onvrir les yens a la lumiere. plongeraif ses doi^s dans un ( 2i4 ) liqiiifle pour y decouviir ties parliculcs indissoulos. Tel est pour- tanl le travels do cerlaius cliimisles, qui, bicn qu'avcrtis de ieurs mepriscs, rei'usent pourtant de recourir a un moyen d'invcstiga- tion aussi simple, et persistent opiniatrement dans Ieurs vicillcs habitudes, et par consequent dans Ieurs erreurs , dont le nombre va croissant de jour en j our. Les tissus et tous les produits organiques renferment de I'eau en quantite variable. Ce liquide est ou hygrometrique ou essen- tiel a la composition des substances. Savoir a quel point on doit dessecher ces dernieres quand on vent en faire I'analyse elemen- taire, est une question qui a fort embarras^se les chimistes, et qui est loin d'etre resolue; il faudra la reprendre, en essayantdes pro- cedes nouveaux et approprius a I'etude de cliaque substance. 11 est indispensable en effet de pouvoir distinguer I'eau hygrometrique d'avec I'eau de constitution , pour arriver a la composition ele- mcntaire des matieres immediates, ou bien de prouver, par des experiences peremptoires, I'impossibilile qu'il y a de separer net- tement ces deux portions d'un meme liquide. Enfin, pour completer I'etude de Taction que la chaleur exerce sur les matieres organiques dans le cas ou celles-ci ne sont point alterees par cet agent, il i'audra determiner leur point de fusion ou de volatilisation, leur dilatation, leur capacite et leur conduc- tibilite pour la chaleur, et, si Ton veut, leur pouvoir emissif ou absorbant. Action de la lumiire. Nous arrivous maintenant aux observations les plus interessan- les, a celles qui reposcnt sur la vision. C'est, en effet, par le moyen de la lumiere que nous acquerons les notions les plus varices et les plus importantes , et sur la nature inlime des corps et sur leur mode d'organisation. Nous devons cet avantage a I'admi- rable structure de I'ceil el aux rapports intimes que la lumiere pent avoir avec les dernieres particules materielhis ; car ces particules, dan? leur rencontre par un faisceau lumineux, impri- ment a chacun des rayons elementaires dont il se compose des modifications qui se perpetuent ju?qu'a I'arrivee de ces rayons dans notre ceil; de telle maniere que, pour nous, ces rayons rem- plissent la fonction d'orgaues extremement delies , aii moyen ( 2l5 ) (lesqiiels il nous sernit possible do palpor , pour ainsi dire, les molecules mfmes do l;i matiere. Les modifications des rayons Itmiincux sont, il est vrai, en noinljie prcsque infini, hien que nous n'en puissions percevoir que les principales ct les plus ca- racteristiques ; dans I'insuffisance de notre organe visuel, il est done neoessaire de recourir a des mojens artificiels, soil pour angmenter I'energie de nos perceptions, soit pour les rendre plus distinctes les unes des autres. Le microscope est, comme on sail, I'instrument ([ue Ton choisit de preference pour atteindre ce but. Les observations au microscope presupposent, danscelniqiii vent les faire, une conuaissance plus ou moins complete des phenomenes optiques, ou du moins de ceux que Ton a jusqu'a present etudies. Sans doute, il y a dans le regne organique une multitude de fails que Ton pcut snffisamment bien observer, quand on n'ignore pas les lois les plus ordinaires de la lumiere ; mais il en est quelques- uns dont I'observation reclame une conuaissance plus explicite de ces lois; et Ton ne pent nier, qu'a merite d'ailleurs egal, I'obser- vateur qui possedera le mieux les theories optiques sera aussi le- plus capable de proceder avec ordre, clarte et precision, a I'etude des corps organises et a I'analyse de leurs produils. II n'esl done pas etonnant que I'emploi du microscope dans I'analyse des malieres organiqucs presente des difficultes de plus d'un genre aux observateurs qui n'onl point I'habitude de manier eel instrument, ou qui ne possedent que des connaissances d'op- lique trop superficielles ; et les nombreuses illusions auxquelles le microscope a entraine de pareils observateurs n'ont pas me- diocrement servi les chimistes , quand ils ont voulii repous- ser un moyen d'investigation qui mettait a de si rudes epreu- ves et leurs travaux scientifiques , et leurs theories si mer- veilleusemcnt combinees , et par-dessus tout leur reputation d'liabiles observateurs. M. llaspail, a qui la science devra cette revolution, a deja dit plus en detail quelles oppositions sys- lematiqucs s'eleverent a i'annonce de ses premieres recherches, ct comment les cris d'indignation qu'il avail d'abord souleves se calmerent pen a pen, et finalemeut laisserent enlrevoir comme Ires-prochaine celte regeneration de la chimie organique. Je me bornerai ici a presenter quelques considerations generales sur I'emploi du microscope dans ce genre d'analyse. ( ^'^ ) 11 faut tl'abord bien se persuader que, dans I'emploi de ccl instrument, tout se passe confonneuient I'l des principes d'optique parfiiitemcnt deflnis, qui peurent subir I'epreuve des calculs Ics plus minutieux; que, par consequent, il n'y a d'iltusions que pour les observateurs qui ne connaissent pas ces principes, ou qui ne peuvcnt en I'aire une application raisonnee. Pour I'observateur suffisamment instruit, ces illusions n'existent pas comnie telles; ce sont purement et simplement des phenomenes accessoires, qui compliquent la determination des formes observees, qui, dans quelques cas, rendent cette determination impossible, mais qui ne peuvent jamais etre prises pour la realite. Ce qu'il faut done chercher avant tout, c'est a diminuer la complication des pheno- menes optiques, a debrouiller leurs indications, et a parvenir, im- mediatement ou par le calcul, aux formes et aux proprietes des matieres qui donnent naissance a de pareils phenomenes ; et si Ton rencontrait, dans le cours des observations microscopiques, certaine circonstance inexplicable par toutes les theories connues, on aurait fait une decouverte reelle, qu'on devrait alors signaler et poursuivre dans ses consequences. En consequence, et c'est une opinion que tout le monde parta- gera, il ne sufTit pas d'etre academicien pour faire de bonnes ob- servations microscopiques ; il faut plutot savoir de quelle maniere les rayons de lumiere sont reflechispar les surfaces de separation des differens milieux ; comment ils se refractent en passant de I'un de ces milieux dans I'aulre ; jusqu'a quel point le voisinage des corps occasione la diffraction de ces rayons ; qiielles l-ois president a leur decomposition et a leur recomposition totale ou partielle ; ce qui se passe au point d'entrecroisement ou d'interference de deux rayons sensiblement paralleles; enfin, quelles circonstanccs peu- vent donner lieu aux phenomenes si compliques de la polarisa- tion. Au moyen de toutes ces connaissances, soit qu'on les possede par soi-meme, ou qu'on les reclame de la complaisance d'un collegue ou d'un ami, on ne s'exposera jamais a prendre des sur- faces courbes pour des surfaces planes; des protuberances pour des trous; les couleurs du prisme, comme appartenanl a des objets qui ont decompose la lumiere ; I'opacite, pour le caractere d'un corps parfaitement diaphane ; le noir pour le blanc ou le blanc pour le noir, suivant la position de I'objet relatirement au foyer {.,^•7 ) des lentilles, etc, crreursqi)i,se rcnouvelant pipsque tousles jours, seraient capahles tie jeler des doules sur I'utililt; reelle des instru- mens d'optique appliques al'etude de rorganisation, et de couviir du meuie ridicide les decouvertes chimerujues de I'ignorauce en iiiveur, et les resultats dc travaux judicieusement poursuivis avec une opiniatre coiistaijce. II faut I'avouer, la plupart des observations miemscopiques d'au- jourd'hui meiitent, jusqu'ii un certain point, la defaveurquiles en- toure. Wais an temps oii Ton fit les premieres observations (Je ce genre, le meme savant ne bornait point encore ses etudes a unc seule des sciences exactes ; il etait a la fois naturaliste, physicien et geo- ^metre ; il apportait ainsi dans les recherches micruscopiqucs aux- quelles il se livrait les connaissances acgessoires qui devaient le djriger et affermir sa marche : c'est alors qu'ai) moyen d'une simple loupe furent executes les beaux travaux des premiers observateurs. Mais depuis que des sciences , qui devaient se preter un appui mutuel out fait completement divorce, Jes lois de i'organisation sout demeurees inconnues aux physiciens et aux chimistes, et les naturalistes out perdu de vue les proprie- tes essentielles de la matiere aussi-biei]i que le mode d'action des agens universels. En consequence , les premiers ayant voulu appliquer immediatement aux produits des rcgnes organiques les principes qui les avaient guides dans I'etude des substan- ces minerales, ils se sont trompes de meme que les naturajistes quand lis ont pretendu etudier I'organisation des especes, en ge- neral, sans physique ni chimie, et specialement, a I'aide du mi- croscope, sans connaitre la uiarche des rayons lumineux. Et si quelque esprit judicieux se presentait aujourd'hui qui voulut re- lablir Tordre dans les etudes elevees, et rapprocher des sciences faites pour marcher ensemble , ne recueillerait-il comme prix de ses louables efforts que I'animadversion des deux partis? Les sa- vans du premier ordre, les vrais amis du progres des lumities, devraient-ils partager ces petites passions, cet esprit de coterie, qui d'orxlinaire aiiirae la mediocrite scientiiiqwe? Mais non, des physiciens, des astronomes, ne repousseroni pas, iorsqu'il s'agit de I'etude des particules organiques, rinstrument qui, sous uftp autre forme, leur a ouvert rimniensite fles c^paces teiestes. Ils o'igflor^atpasjsaus doiite qu'ii cette epoque on I'^jn veiwU de faire ( 2'8 ) I'application des lunettes aux cercles astronomiques , les vieux observateurs lefiii-aient opiniatrement de preter les mains i cette innovation, qu'lls consideraient comme une source d'illusions et d'erreurs inevitables; et que, bien des annees apres, Hevelius observait encore, a Dantzick, au.moyen de pinnules, malgre les conseils et I'exeinple de Hallei, qui , a ses coles meme, manoevr- vrait avec succes la lunette astronomique. On a recemment applique rachromatisnie au microscope, dan* le but d'en pouvoir agrandir le champ visuel ; de cette maniere, on a beaucoup diminue les aberrations de sphericite et de refran- gibilite ; mais on a perdu en clart6 ce que Ton gagnait en preci- sion, puisqu'une tres-grande quantite de lumiere s'est trouvee perdue par toutes les reflexions partielles que lui font subir les sur- faces des lentilles composant le systeme achromatise. Un pareii syst^me, il est vrai, par cela seul qu'il agrandit le champ de \a vision, et qu'il permet d'eloigner I'objet de la lentille, convient parfaitement aux dissections et aux manipulations en general ; mais quand il s'agit d'observer purement et simplement une particule organique , il vaut mieux se servir d'une simple loupe montee, c'est-a-dire composee d'un objectif globuliforme, d'un oculaire et d'un reflecteur. J'ai essaye comparativement une semblable loupe et le microscope d'Amici, et j'avoue avoir ete beaucoup pins sa- tisfait de la nettete des images produites par le premier, que de I'agrandissement nebuleux de ces memes images obtemies par le moyen du second. II y a, ce me semble, un point au-dela duquel les perfectionnemens du microscope deviennent illusoires ; et ce point, que I'on atteint plus ou moins vite d'apres les objets soumis a I'observation, est celui oii la perte occasionee par les reflexions aux surfaces des lentilles, contrebalance I'avantage du grossisse- ment. Toute piece qui n'est pas absolument necessaire a la cons- truction du microscope doit etre soigneusement ecartee ; a plus forte raison faudrait-il I'eloigner, si cette piece devenait nuisible au but principal que Ton se propose d'atteindre avec un micros- cope, celui de bien voir. Tel est pourtant le cas du miscroscope d'Amici, qui n'est que le microscope ordinairement achromatise, mais dans lequel les rayons de lumiere se trouvent brises a angle droit entre I'objectif et I'oculaire. Pent -on croire serieusement que I'avantage, s'il y en a, de voir dans une direction horizontale ( 2 10 ) I'image des objets que Ton aiirait examines dans le sens vertical, compense la triple dt-perdition de lumiere produite par les re- flexions irregulieres sur les trois faces dn prisme en question, et quelquefois aussi la perte due a la polarisation dans certaines po- sitions du reflecteur ? Quand les objets que Ton observe au mi- croscope ont plus qu'un centieme de millimetre, on peut les voir parlaitement bien au moyen d'un grossissemet de cent; si ces objets avaient des dimensions bien moindres, on pourrait porter le grossissement a quelques centaines de fois ; mais aller a des grossissemens de mille, en conservant les contours des images in- colores et bien determines, est una chose impossible par la nature meme des matieres dont on compose les lentilles. C'est par la meme raison que les astronomes ont limite a quelques centaines de fois les grossissemens de leurs lunettes. Les observations que Ton peut faire, relativement a Taction des matieres organiques sur la lumiere, sont les suivantes. On definira d'abord la couleur que prennent les particules observees au mi- croscope, soil par reflexion, soit par transmission. On dira si ces particules sont diaphanes, translucides ou opaques dans leur etat naturel de division. II arrive souvent que la meme substance est opaque, vue en masse et a la simple vue, tandis qu'elle est trans- parente dans ses particules microscopiques; la fecule, par exem- ple, est dans ce cas. Mais I'observation la plus importante consiste a determiner le pouvoir refringent de ces matieres. Je suppose, pour fixer les idees, qu'il s'agisse de la faire sur un grain de fecule. Celui-ci, vu dans I'air, au moyen du microscope, et par la lu- miere transmise a travers une tres-petite ouverture, est tout-a- faitnoir,excepte vers son centre, oii un petit point brillant indique le passage des rayons qui n'ont point subi de refraction, et qui se sont propages suivant I'axe du microscope. Cette circonstance annonce deja que la fecule n'a pas une forme aplatie, et qu'elle n'est pas non plus composee de vesicules simplement gonflees par de I'air. Un de ces grains mis dans I'eau ne parait plus ombre que sur les bords, et dans I'huile on ne le distingue plus qu'avec peine. Maintenant, si Ton examine une table de refraction, on trouvera que la gomme possede a peu pres le meme pouvoir re- fringent que I'huile, et que, par consequent, il n'est pas impos- sible que la fecule soit de la gomme sous une forme particuli^rc. ( uao ) Poui fompleter ectio prciive, il siiHit tie molanger tic ia lot ulr avec d* ia goinme ramollie par I'eau, dc I'aire secher leutemoiit la p&lu qtii en lesultc, et d'en examiner une laniere au microscope. Les grains de fecule, part'aitement intacb, rie paraitront rependani plus ombies sur les bords, mais simplement lermines par des lignes circidairos provenant des envtdoppes qui onl iin pouvoir refringent superieur a coliii de ia gommo. On arriverait an meme resultat en empioyant denx iiquides dont les pouvoirs refringens seraient I'un superieur, et I'autre inl'erieur ;\ celni de la t'ecuie, et en suivant la methode il'observer les refraclious imaginees par 1\1. Brewster. Cnrarfirrs chimiques. Nous n'avons rien a dire^ pour le inonieut, sur les prociules par ksqueis on opere la separation des diverses matieres organi- (|ues solubles. L'analjse elementaire ne iaisse nou plus rien a desirer. Nous ne voulons parier ici que d'un seul piiacipe qu'il n'efit jamais fallu perdre de vuc. Les matieresorganiques ne sonl pas renferm<3es dans les vegetaux et dans les animaux, eomme les substances minerales au sein de la terre. Les elemens des mine- raux s'etant reunis par juxtA-position, on pent les desunir de nou- veau, en les attaquant de proche en proche dans un ordre inverse ; et le reactif qui sera capable d'operer cette desaggregation en un seul point pourra evidemment I'achever dans toute la masse. II n'en serait pas ainsi d'un etre organise ; cree d'line maniere in- comprehensible, toutes ses parties se correspondent et se deve- loppent simultanement; les elemens materiels y sont amenes de milie manieres diverses, k travers mille canaux imperceptibles qui s'oiivrent, se ferment, se vident et s'obstruent, non-seulement sous rinfluencedes agens physiques, mais sans doute aussi par des causes qui nous echapperont toujours. Quand le principe de I'organisation vient a etre detruit, ses effets n'en subsistent pas moins ; tellement que si Ton veut isoler une ou plusieurs des ma- tiei-es immediates contenues dans un corps organise, force est bten a chacun des reaclifs que Ton emploie dans ce but, d'aller saisir, par tous ces chemins etroits et siiuieux, les elemens pour lesquels iis ont de I'afrmite. II amve alors que des portions d'un reactif, on se trouveut omprisoniiees dans quelqiies cellules , on ( 221 ) - hieii demciirenl, sous foinie d'un coijjs iuerle, an lieu memo dans lequel s'esl uperee ieur conibinaisoii avec la niatiere organique. Xinsi , quelques traces de dissolvans. quclqucs alomes d'acidc ou d'alcali, demeurent toujours dans Ics tissus qu'ils onl altaqucs, et qu'ils n'ont pas completemenl deliiiits. Que I'on veuille a pre- sent chasser ces atomes d'acide par des atomcs d'alcali, ou ce* derniers par les premiers, les uns sc combineront avec !es autres et resteront, a I'etat de sels, dans les pores de la substance orga- nisee. L'erreur que partageaient les chimistes sur la nature de ccs pro- duits, qu'ils consideraient comme iuimediats, Ieur avait I'aire croire a une extreme instabilite de toutes les substances organiques ea general. Pouvail-on voir rien de plus fugitif, par exemple, que I'existence de I'amidon, qui, a une iaible chaleur, se Irauslormajt en enipois, empois au minimum, empois au maximum, empois de loutes les consistances, en amidon modifie, en amidon soluble, en amidon insoinble, en amidon gelatineux, en hydrate d'amidon. en amidiuc, en ligneux amilace, en l)assorine. Mais depuis que tout le nionde sait qii'un grain d'amidon est un organe coniplet, i'orme principalemcut d'une gouime emprisonnee dans un sue , on voit • iairenient qu'en ouvrant ce sac la gonniie pouvait sortir et se dissoudre dans I'eau ; et que, pour ramener le grain d'amidon a win etal primitifd'insolubilite, il fallait tout au moins remelire la gommedans son sac el termer celui-ci. Uu pareil exemple suffipa sans doute poiu- faire comprendre que I'instabilite des produits organiques est parfois illusoire, et que, croyant alterer la nature de ces derniers, on nc fait que desunir les parties d'un systeme orga- nise. iVinsi. quoi qu'on ait pu dire, les matieres organiques reelle- ment iroawkliates, mais donl le nombre devra eire coiisiderable- ment dimiuue, j.ouissent d'une existence tout aussi duraJiIe, re- Mstent a Taction deletire des reactifs avec autant d'energie qu'.iua Ires -grand iwmbre de malieres du regne mineral. ¥a Ton sp trompe, dans beaucoup de cas, lorsqu'on croil pouvoir detruire If s dernieres traces de I'organisation d'lui prodint vegetal ou ani- mal par I'emploi des dissolvans neutres, des dissolutions alcalines OM d«s addes etendus, a« moyen memc de la chaleur : les ti&sus oi-ganiq«e(i se trouvewt alors, il est ivrai, pius ou moins alteres et I'livis^ps; mais on aperroiit toujours, surtout a laidedu microscope, ( ■2-2'i ) Iciiis lanibcaiix, ilelies et Uansparens, Holler dans les liqueurs, passer a travtMs les fillres, se deposer a froid, el remonler a chaud, soil par lour propre dilatalion, soil par les agilations du liquide. L'extreme difficulte que Ton eprouve a delruire rorganisation des lissus lient probablcment au carbone qui en fait la base, et qui, par sa cohesion, resiste peut-elre plus qu'aucune des autres ma- tieres a Taction du plus, grand nonibre de reactifs. Cette fixite du carbone se trouve sans doute beaucoup augmentee par la combi- naison de cet element avec des matieres terreuses, comme la chaux, ralumine, le fer et surtoul la silice. Aussi quand on chauffe un tissu organique jusqu'au rouge, les elemens gazeux le quittent presqu'en totaiite, mais la plus grande partie du carbone conserve son oiganisalion; et quand, par un feu soulenu, on a brOle tout ce carbone, les matieres terreuses, sous forme de cendres, repre- sentent encore le tissu primitif, qui semblo n'avoir subi que des changemens de couleur. Enfin, et c'est une erreur sur laquelle il sera le plus difficile de faire revenir les chimistes, un petit nombre d'elemens, trois chez les vegetaux et quelquefois quatre chez les aninaaux, pourraient-iU donner naissance, parleurs combinaisons mutuelles, meme en des proportions tres-variees, a toutes cea matieres prelendues imme- diates qui pleuvent aujourd'hui dans le domaine de la chimie? Ne pourrait-on pas d'abord mettre plus de soin el faire preuve do plus de sagacite dans Textraclion et dans I'etude de ces matieres j et, en second lieu, considerer un tres-grand nombre de produits organiques comme des combinaisons de substances vegetales et animates dansle sens propre du mot, avec les substances minerales qu'on en retire par incineration ? II ne faut pas avoir fait une longue elude de I'organisation en general pour demeurer convaincu que les matieres terreuses n'y sont point accidentellement, comme des impuretes ou des melanges, mais bien a I'elat de combinaison avec les tissus, et precisement pour donner naissance a ces tissus. Par exemple, I'analyse elementaire assigne la meme composition au Sucre, a la gomme, a I'amidon et a tous les bois, sauf les ma- tieres terreuses, qui, d'abord en tres-petites quantiles dans la gomme et dans I'amidon, s'elevent a quelqucs cenliemes,et meme quelquefois a plus d'un dixieme, dans les differens tissus ligneux. Suivant cette nouvelle maniere d'cxpliquer I'immense variete des C "3 ) pioduits organiques, la gouime serait un compost de sucre ct dc matieres terreuses ; rainidon serait de la gomme renfermee dans une couche aussi gommeuse, mais plus durcie par ces matieres; le ligneux enfin ne serait qu'une reunion de cellules de meme nature sucree, rendues plus consistantes par une plus grande pro- portion d'oxides metalliques. Toutes ces analogies sont en effet confirmees par les transformations si I'aciles de ces substances, d'abord en gonune, et finalement en sucre. Memes simplifications pourraient etre apportees a I'hisloire des huiles, des graisses et de tous les tissus adipeux. Ces resultats, une fois bien constates, seraient plus satisfaisans pour I'esprit, beaucoup plus simples en iheorie, et plus feconds dans la pratique des arts que cette multi- tude de produits reputes immediats, qui fatiguent la memoire sans etre d'aucune ulilite pour la science, a laquelle meme ils ont im- prime un mouvement retrograde ; car le temps qu'on aurait pu consacrer a son perfectionnement reel, il faudra I'employer a de- truire des erreurs, a combattrc des illusions et des prejuges, a con- vaincre, ou du moins a reduire au silence, des hommes en general etrangers aux sciences dont nous invoquerons le secours, d'une confiance aveugle dans le pouvoir de la chimie, quelquefois pas- sionnes, et d'autant plus opiniatres dans leurs systenies que ceux- ci sont plus denues de preuves positives. Le lecteur jugera de la tache que nous nous imposons, a I'inspection seule du tableau suivant, oii nous avons reuni, par ordre alphabetique, toutes les richesses de la chimie organique : Acides. abietique acerique acetique allantoique aloetique ambreique amniotique amylique anemonique blanc anemonique volatil Origine. pinus Abies acer campestre alcool et bois allantoide aloes ambreine amnios amldon anemone nemorosa anemone nemorosn Inrenteurs. Baup Lassaigne Braconnot Pelletier et Caventou Vauquelin et Buniva Tiinnermann Schwa rz Schwari asparliqtie ben/uTfiiif bolfetiqne bonibif|iie butiiiqiie camphoricHie caprlqlie (3aproiqnfc caibazotique carthamique caseique cerique ceTadiqUe chlorocyaiiique cholesterique choliqiie chyazique argenlure chyazique-lernire cbyazique-suifurc citrique codeique ccerlileo-sult'ijiiquo c(teruleo-hyp osnirtil- colopholiqiie coniique cosmique croconique crotonique cyanique cyanoinique delpliique elaiodique ellagique equisetique erythrique filicique flayique ( 2%^4 ) asparagus o/ficinnliK l)enjuiit bo let us ps-enrfoigniarius ver a soic {bombyx) be II ire ( amphre bfeDl'fe de vauhe beilrre de vache, etc indigo civthamus tinclorUls fromage [caseuin) cire saponifiee ceTadille {vctAlynm Sa- iiadilla) bleu de Priisse et chlore (holesterine bile bleude Prusse el argent bleu de Pnisse et fer bleu de Prusse et s^uft-e citron opium indigo, indigO acide pinique con'uim maculatum beaume meteoiMt^ue preparat. du potassium ou iatrophique ou fulminique urine huile de dauphin huile de ricin noixde galle equisetum jlaciatilc urine t'ougere male huile animale de t)ippel Plisson Biuconnot Chaussier Chevreul Kosegarten Chevreul Chevreul Liebig Doebereiner Proust Plaff Pelietier et Cayentou BertboUet Pelietier et Caventou Tiedmann et Gmelin. Porrett Porrett Porrett Sch^ele Robinet Berzelius Berz^lius IJnverdorben Peschier John Gmelin Woebler Brugnatelli Chevreul Bussy et Lecanu Braconnot Braconnot Brugnatelli Batso Unveriiorbe'n foriiiique fulminique fungique gallique garancique glaucique hircique humiqiie hydrocarthamique hydrocyanique hydro feiTOcyaiiique hydroindigoique iatrophique igazurique isatique kinique krameriqiie laccique lactique lampiqiic licheniqiie malique margarique uiargaritique meconique mellitique menispermique inorique irmcique nanceique nitroleucique nitrosaccliarique oenothionique oleique oxalique pectiquo ( 225 } lu urn lis alcool, acide niuique, argent boletus juglandii noix de galle ou aliiarine scabiosa succisa graisse de bouc vegetal tharbonne carlhamiis tinciorius uu prussique l)lei] de Prusse indigo iatrapha tarcas stryclinos ignalia isatis tinctoria quinquina kranicria tr'uindra lacque lait combustion lent(! Lichen islandicus pommes, etc. graisse huile de ricin opium meliite menispermam cocculus morus alba gomme, sucre de lait, etc. sues aigris (Nancy) leucine Sucre de gelatine ou sulfovinique huile et graisse sel d'oseille pulpc vegelale I^owiz Gay-Lussac€t Liebig Braconnot Scheele ,| Zenneck Runge Chcvreul Sprengel Doebereiner Porrett Doebereiner Pelletier et Caventou Pelletier et Caventou Doebereiner Vauquelin Peschier John Scheele Faraday Pfaff Scheele Chevreul Bussy et Lecabu Sertuerner K laproth BouUay Klaproth I Scheele Braconnot Braconnot Braconnot Sertuerner Chevreul Bergniann Braconnot phocenique pinique polygalique prussique purpurique pyreumique pyrocitrique pyrokinique pyromalique pyromucique pyrotartrique pyrourique rhabarbarique rheximique ricinique rosacique sebacique selinique silvique solanique sorbique stearique suberique succinique siilfoadipique sulfonaphtalique sulfosinapique siilfovinique tanacetiqiie tartriqiie ulmiqiie iiriqiie uvique vegeto-sulfurique violique lumique ( 2a6 ) huile de dauphin resine des coniferes polygala senega bleu de Prusse urine huile animale de Dippel acide citrique acide kinique acide malique acide mucique creme de tartre acide urique rheum palmatum rheum Rhabarbarum huile de ricin urine suif selenium paLustre pinussylvestris solanum nigrum sorbus aucuparia graisse quercus suber (Lifege) succin naphtaline moutarde alcoolet acide sulfur. tanacetam vulgare creme de tartre charbon vegetal urine raisin ligneux et acide sulfur. violette ou nanceique Chevreul Baup Peschier Scheele Scheele, Proust Unverdorben Lassaigne Pelletier et Caventou Lassaigne Scheele FourcroyetVauquelin Scheele Range Henderson Bussy et Lecanu Proust Thenard Peschier Unverdorben Peschier Donovan Chevreul Brugnatelli Gehlen Faraday Henry et Garot Dabil, Sertuerner Peschier Scheele Braconnot Scheele kestner Braconnot Peretti Braconnot Substances alcalinen ou neutres. aconitine adipocire adragantine agedoite albyperle albumine animale albumine vegetale alcool alizarine alontine altheine amanitine ambreine amidine axnidon ammoline amygdaline anemonine angusturine animinc aais-uhnine apalioe aposepedine asarine asparagine atropine baregine bassorine bfituline bleu d'indigo breine brucine brun d'indigo bryonine burcerinc butirine ( aa; ) Orlgine. Invenleurs. aconitum neomontanum Brandes graisse Fourcroy astragalus creticus Bucholz reglisse calciils ceufs et sang vegetaux gommeux Sucre et ligneux garance angelica archangelica althcea officinalis amaiiita (champignon) Letellier ambre gris Pelletier amidon Th. de Saussure plantes feculentes huile animale dcDippel Unverdorben amygda I us communis Doebereiner anemone nemorosa Heyer bonplandia trifoUata Brandes huile animale deDippel UnAerdorben anis [anetiiuyn fcenicu- Robiquet Melandri Robiqiiet etColin Trommsdorf Bacon lum) IVomage asarum europeum asparagus officitialis atropa Belladona eaux de Barege gomme bassora betula alba indigo arbol a brea Brandes Braconnot Gorz Vauquel. et Robiquet Brandes Vauquelin Chevreul Berzelius Baup bruccea antidysenterica Pelletier et Caventou indigo bryonia alba baume de sucrier beiine Berzelius Vauquelin Bonastre CheTreul caieinc calendiiline camphre cantharidine caphopicrite capsiline carmine Caroline caryophylline castorine cathartine ceraine cerasine cerine cetine chelidoTiine chitine cholesteriwc cicutine cinchonine cire coernlin colocynthine conien cornine corydaline coumarine cristallin cucurmine cyanoinine cynapine cynodine cytisine dahline daphniiw; datiscine dattii'iiit^ dflphinr ( .uS ) cafe calendula offlcinali.s lytta vesicatoria oil rhabarbarin poivre d'Espagne kermes (cochcnille) carotle vert des plantes castoreum cassia senna cire oil prunine cire sperina cell clielidoniiun ntajtis clyties d'inscctes calculs biliaircR cicuta virosa cinchona. cordifoUa abeilles indigo CHciunis CoLocyniliis conium niaculatiun cornus florida corydalis bulbosa (;amplire de Tonka indigo curcuma ionga urine mtliusa cynapium cynodon dactylon cytisus Inlnirnuni dahlia daphne aipina datisca cannabina datura istrainonium drlphimam slaphysa uriu llobiquet Geigcr Robiquet Bucholz Pelletier et Cavenlou Wackenroder Einhof Bizio Lassaigne et Feneulie Boudet et Boissenot John John Chevreul Godefroy Odier Poulletier Brandes Pelleticr el Cuventoii Waller-Crinn Vauquelin Brandes Carpenter Wackenroder Buchncr Unverdorben John Braconni^l Ficinus Semmola Chevall. et La^istiigne Payen Yauqiielin Brandes - Bra ndes (ligitaliiie iliosmine (Iracinc elaine elaterine olatine elemine emetine entomeirine eritrogene erylhrophyllo esculine ethai ether acetiqiie ether arsenique ether benzoique ether chromosulfur. ether citrique ether fluoborique ether hydriodique ether miiriatique ether nitrique ether oxalique ether phosphorique ether sulfurique extractif tibrine filicine I'ungine I'uscin garancine gelatine gelee ( •■^•■^'J ) (ligtlalis purpurea diosmacrenata draccena draco oil oleine momordica elalerium elatine hydropiper? amyris elemifera ou violine elytres d'insectes sane Leroyer Cadet de riasMi( otirl Melandri Chevreul Vauqiielin ? Bavip Pelletier el Magendie Lassaignc Bizio Canzoneri cesculus liippocasttL- num cetine Chevreul alcooletacideacetique de Lauragais alcooletacide arsenique Boullay alcool et acide benzoi- que alcool et acideschrom. Gay-Lussac et sulfur. alcool et acide citrique alcool et acide (luo- Cay-Liiss.et Thenard borique alcool et acide hydrio- Gay-Lussac dique alcool et acide muriat. Basse de Haineln alcool et acide nitrique Navier alcool et acide oxalique alcool et acide phospli. Boullay alcooletacide sulfur. decoction de vegetans sang fougere mille Batso champignons Braconnot huile animalede Dippel Lnvcrdorben garance OS et peaux sue de groseilleii ( a3(» ) gentianin i^entiana lutea Henri etCavenlou glaiadine gluten Einhof, Taddei glaiiine eaux minerales gluine glu (yiscum album) Bouilloi>-Lagrang< gluten cereales glutine gluten glycerine huile et graisse Scheele glycyrrhicine reglisse Doebereiner grossuline rihes grossularia Guibourt guaranin paulliniasorbills {^^im- ranai) IMartius gummine ou gomme helenine inula helenium John hematine bois de campeche Chevreul hematosine sang Chevreul hematoxiline bois de campeche Chevreul? hircine graisse de bouc Chevreul hordeine hordeum vulgare Proust huiles grasses huiles volatiles hyosciamine hyosciamus niger Brandes iatropine iatropa Curcas Nimmo igrusine huiles essentielles Bizio indigogene indigo Liebig indigotine indigo Chevreul inuline inula helenium Rose isolusine poly gala senega Peschier jalappine convolvulus jalap pa Hume jamaicine geoffrcea jamaicensis Huttenschmidt laccine gomme laque Funke laurine laurus nobilis Bonastre legumine legumineuses Braconnot leucine muscles Braconnot leucocerine ligneux amilace amidon Th. de Saussure lignine ou ligneux lupuline humulus lupulus Yves mannite manne Proust masticine mastic Matthews ( -^S' ) meJuIliue moelle des plantes John melaine sepia Bizio melanicine urine melanourine urine Braconnot morphine opium Sertuerner myricine cire John naphtaline huile de naphte Faraday narcotine opium Robiquet nicotianine nicotiana tabacum Hermbtaedl odorine huile animalede Dippel Unverdorben olanine huile animalcde Dippel Unverdorben oleine graisses et huiles Chevreul olivile gomme d'olivier Pelletier opian ou narcotine Sertuerner osmazome muscles, sang, etc. Vauquelin, Berzelius oxide caseeux vieux fromage Proust oxide cystique calculs urinaires Wollaston oxide xanthique calculs urinaires Marcet parigline salsepareille Pallota phcenicin indigo "Walter-Crum phocenine huile de marsouin Chevreul picromel bile Thenard picrotoxine menispermum cocciilus Boullay piperine piper nigrum Oersted pollenine pollen John polycroite a-ocus sativus Bouillon-Lagrangc ct Vogel polygaline polygala senega Peschier prunine prunus cerasus John pseudotoxine extraits aqueux des ve- getaux Brandes purpurine garance Robiquet et Colin pyrelaine bois distiile Berzelius pyrretine bois distiile Berzelius quassine cassia Thomson, Pfaff quinine quinquina Pelletier et Caventou rhabarbarin rheum rhabarbarum Rudolfi ihaponticine rheum rhaponticum Horneman ( 2J3 ) Iieine rheum rabarhnruin Vaiiqiieliii rouge d'intligo indigo Berzeiius siilicine satix alba Fontaiia sambucine sambucas nigra Ellason sandariciiie sandaraque Giese sangiiinarine sanguinaria canendensis Dana santaline bois de santal gaponine xaponaria o//lciiialis Osborn sarcacoUe peiwea sarcacolla Thomson scillitine scilla marithmi A'ogel senegine poly gala senega Gehlen sereusine huiles essentielles Bizio smilacine srnilax salsaparilla Folchi solanine solanum nigrum Desfosses .!.;.■ stearine graisses Chevreul ;• strychnine strycltnos mix vomica Pelletieret Caventou strychochromine strychnos uux vomica Pelletier et Caventou styracine sty rax Bonastre suberine q uercus suber Chevreul Sucre de Cannes Sucre de raisin Sucre de lait Sucre de diabetes surinamine geoffrcBa surinamensis Huttenschmidt tannin pur noix de galle Berzelius tremelline tremella mesenterica Brandes ulmine ulmus cam.pestris Vauquelin nree urine Rouelle veratrine veratrum sabadilta Meissner, Pelletier et Caventou vert d'indigo indigo Chevreul violine viola adorata BouUay xanthine ga ranee Ruhlmann zanthopicrite zanthoxylum claea Herculis Chevall. et Pelletan zeine zea mais Bizio zymome gluten Taddei ( La suite prochainemeni ( ^^^ ) Deviations physiologiques et metamorphoses beelle!; dti Lohum ; PAR iM. liASPAIL. J'entends par deviations physiologiqiies cc que nos pcres nom- maient monstruosites. Ce dornier mot, qui fut cree le nieuie jour que celui de miracle, doit disparaitre de la science, puisque I'idee fausse qu'il exprimait en a deja disparu. Les jeiix appai-ens de la nature ne sont que des combinaisons moins ordinaire? de se? lois : cherohons a trouver la formule de ces Combinaisons ; nous anive- rons ainsi a la tonnaissancc plus complete des lois elles-meines. Mais n'allons pas publier autant de mcmoires que nous aurons I'occasion de trouver de ces deviations isolees : qui ne connait aujourd'hui les cas de passage de la feuille au petale, du pelale A I't'tamine, etc.? Et que signifie qu'on nous dccrive unc fleur possedant onze segmens, au lieu de six, a sa corolle; six etamines, au lieu de trois; trois styles reunis en un seul, au lieu d'un seul style , et qu'on emploie a cette description superflue six pages, au lieu de deux lignes? Ces faits de details, si communs et si faciles a decrire, pourront entrer, en vertu de la loi des complaisances reciproques, dans les compilations de physiologic ; mais la science n'en retire que des mots. Le seul moyen de tirer parti de ces deviations naturelles, c'est d'en observer autant qu'on pent en rencontrer, et de ne les publier qu'alors que de leur ensemble doit resniter ime confirmation ou une base d'une theorie physiologique. C'est la le motif qui me porte aujourd'hui a publier, dans deux paragraphes scpares, les deviations nombreuses que j'ai eu occa- sion d'observer, en mai et juin 1828, sur le ray-grass d'un champ assez etendu, qui longe la Fosse-aux-Lions pres Genlilly; et la metamorphose evidente du Loliiun en Fesiuca, qui est devenue demontree ;'i mes yeux, en observant, on juin 1829, les Lolium de la prairie de Gentilly meme. Deviations physiologiqiies nr Lolum. Je crois devoir, avant de les exposer, rappeler la structure du Lollimi, telle que je I'ai eta- blie dans ines precedens memoires; et j'invite mes lecteurs a me su vre, en ayant sous les yeux un Lolium ordinaire. Si Ton remonte de la racine vers la panicule, en ayant soin de a- 16 ( .34 ) lie pa# pertlre ile viie roidic d'alleriiiilioii ties orgaiies , void le qu'oii observe ; clans I'ordre altenie uvec la t'euille qui tcrmine le chaiime, on trouvera, immediatemeut au-dessous de la locuste la plus inferieure, la feuille spiculaire , qui est reduite a I'etat d'un bounelel un peu echancre au-dessous de la locuste, s'abaissant vers la parlie opposee du chaume qu'elle euibrasse. J'ai deja de- montre , dans un travail precedent, que ce bourrelet etait I'equi- valent dela t'euille veritable, et que trcs-souvent il se developpait sous cette forme. Ce point une I'ois etabli, il est facile de faire voir que tous les organes de I'epi ne sont qu'une repetition exacte des organes du chaume : car le rachis de I'epi devieut I'analogue du chaume ; il part, comme celui-ci, de la base d'une feuille pari- nerviee , qui s'oblitere , ou plutot se developpe peu dans certains cas , mais qui , dans le plus grand nombrc de cas , se presente adosse contre le rachis des Loliitm; et c'est de la base anterieure de cette feuille parinerviee ([ue sort la glume des locustes de cette plante, comme c'est de la base anterieure de la feuille parinerviee, qui se irouve adossee contre la base du chaume, que sort la premiere feuille du bourgeon; celle-ci, comme la glume de la locuste, al- lerne avec la feuille parinerviee, et par consequent avec le chaume oa le rachis. Quant a la locuste, son analogie avec le bourgeon lui-meme n'a plus besoin aujourd'hui de demonstration; je ren- verrai, a ce sujet, a mon Mcmoire sur la formation de I'embryon. J'ai deja demontre encore que le rachis lui-meme peut rester A 1,'etat de feuille ou de glume, et que la feuille parinerviee et ce ra- chis peuventne faire qu'un seul tout, ainsi qu'on I'observe ausom- met d'un epi de Lotium meme. Ces notions preliminaires une fois bien concues, les innombrables deviations que j'ai en I'occasion d'observer, eijtre autres lieux, dans le champ de ray-grass dont j'ai deja parle , vont se grouper d'elles-memes dans des cadres presque tout traces d'avance, et s'expliquer sans le moindre effort : 1°. Deviations de la glume inferieure. L'inverse de ce qui arrive toujours a la derniere locuste d'un epi de Lolium, s'obsei"vait sur la plupart des articulations d'une multitude d'individus: de meme que le rachis reste sous la forme de glume au sommet de I'epi , ici, au contraire, la glume ordinaire etait devenue rachis d'un nouvel epi , en sorte que la locuste dont elle edt ete la glume se trouvait nichee dans la bifurcation des deux rachis. ( 235 ) a°. Diciations de la paillette inferieure de la bale infcrieure de certaines locustes. La nervure mediane s'etait detachee pour four- nir a la formation de la locuste. La paillette etait ainsi devenue parineryiee. Les organes de la generation s'etalent formes aux de- pens des brdes qui auraient da se former dans son sein ; et, des ce moment, la glume inferieure, en conservant sa forme de glume, longue, verte, ligneuse, etait devenue la paillette inferieure de la bale inferieure; et, aproprement parler, ces locustes n'avaient point de glume. Ce cas, je I'ai observe sur un Lolium de la forme qu'on . nomme tenmlentum, et qu'on ne trouve que dans Ics moissons. Mais sur les bords de I'etang de Gentilly, a droite, j'ai recueilli un nombre immense de Lolium cristatum qui, par suite d'uno de- viation semblable, n'oftVaient pas meme les traces des glumes. En ee cas, le Lolium n'entrait plus dans aucune classification soit na- turelle, soit artificielle; il est vrai que son ovaire et son fades rappelaient encore son origine. 3°. Deviations du pcdoncule qui part de la base de la paillette pari- nerviee dans une locuste. Ce pedoncule, au lieu de rester blan-- chatre, grele, et de supporter une bale, s'elargit, devient rigide, canalicule largement, fortement berbace, et supporte une locuste au lieu d'une bale, par le mecanisme suivant. La paillette infe- rieure placee au bout de ce pcdoncule dcvient glume en conlrac- tant des formes nouvelles, et une consistance plus forte; la pail- lette superieure a celle-ci, et qui eut ete la paillette parinerviee de la bale, devient la paillette parinerviee d'un nouveau rachis. Ce qui eflt fourni aux etamines dans la bale se change en paillette inferieure, qui alterne avec le rachis; et ce qui eut fourni au pe- ricarpe dans la bale devient la paillette parinerviee , et la ner- vure mediane de I'ovaire se change en pedoncule de la bale sui- vante. Le perisperme devient I'appareil male qui alterne avec la paillette parinerviee qui est nee du pericaipe, et Tembryon devient I'ovaire. Je prie mes lecteurs de ne me suivre que le crayon a la main, et de peindre ce que je decris ; ils se convaincront par leurs propres yeux de la facilite avec laquelie cette theorie expli- que tous ces phenomenes. Quand ce mecanisme a eu lieu, il ar- rive tres-souvent que les entrenceuds inferieurs se rapprochent tellement, que Ton serait porte icroire que le nouveau rachis part du centre des deux locustes. Mais tout se retablit a I'imagination ( .30 ) dt'S qirbu lait alteution a I'ordre d'alteniatiuii do lous tes oigancs. 4". Dei'ialions de la paillette parinerviee , qui urdlnaivement fe trottve adossce centre Ic racliis du Loluiin. Cctte paillette cxisle Ic plus ordinuirement , surtout dans les Lolium bien nourris et vi- goureiix ; mais elle est adossee conlre la base interne du large ra- chis d'ou part la locuste; et pour bien I'observer, il laiit rame- ner en dehors la locuste elle-meme. On reraarque alors qu'elle est le plus souvent largement echancree au sommet, possedant deux nervures laterales herbacees, qui, en se prolongeaut, la ren- dent bilobee : quelquefois rechancrure s'otendant jiisqu'a la base de I'organe, celui-ci semble divise en deux paillettes uninerviees. Dans la deviation qui nous occupe, la separation deses deux par- ties nous parait encore plus considerable; cliaque moitic se re- jette en dehors, et vient pour ainsi dire rcjoindre I'autre sur le dos externa de la locuste qui, outre cellc reunion de circonstances, n"a point sa glume ordinaire. Ces deux nioities acquiercnt une con- sistance et des formes telles, que, si cetle deviation etait cons- lante sur toute la longueur de I'epi, ce Lolium ne devrait plus etre range que dans les Triticum. J'ai rencontre un cas ou, par le raccourcissement de trois entrenoeuds, trois locustes, ainsi munies de deux glumes, semblaient implantees sur lameme articulation, et representaient, de la sorte, une articulation iVHoideam non ariste. 5*. Deviations de la direction de la glume inferieuredes locustes, et de la paillette parinerviie dont nous venons de purler. La glume in- ferieure se dirige verticalement vers la terre, et simule I'eperon que Ton remarque a la base de la glume inferieure de I'Andropo- gon acicularls de Retz. (\'oy. les Annalcs des sc. d' observation, torn. I, p. io3. ) Les deux moities de la paillette parinerviee du rachis contractent souvent aussi la meme direction, ainsi que toute la locuste; et j'ai eu soin de m'assurer qu'aucune cause me- canique n'avait produit cette deviation. 6°. Deviations de la nervuremediane de la paillette inferieure de la hale. Ce fait avail deja ete annonce comme un des points princi- paux de ma theorie geuerale de la vegetation. Dans une traduc- tion que M. Trinins a publiee a Saint- Petersbourg de ce dernier travail, ce savant academicien annonca n'avoir rien trouve de semblable , quoique . depuis la publiration de mon memoire , il ( 257 ) eOt cherche avec coiisluiict; la verification de ce fail. Coin iic m'etoniie pas; il y a iiiie certaine falalilo qui preside a la recher- che des laitsqu'ou admet avec peine d priori. Ces fails, reconnais- sables pour d'autres, semblent passer inapercus; et il faut en avoir perdu de vue des centaines, pour parvenir a les fixer une fois. D'un autre cote, ces fails sufvivcnt pen a I'observation; on les detruit en les observant ; pour les alteindre, on serait force de casser, de briser tout ce qui les conslitue. De la vient qu'il est souvent difficile d'en offrir la preuve a ceux a quile hasard a refuse de la presenter. J'ai trouve cette annee-ci encore cette deviation qui est bien plus froquente dans les iV«5<«? que dans les Lolium. Je conserve un echantiilon dont la nervure mediane s'est de- veloppee sous forme de pedoncule avorte , dont on ne voit plus que le point d'inserlion a la base de la paillette ; en sorte qu'ici les organes de la generation se trouvent enveloppes par deux pail- lettes parinerviees ; ot si le pedoncule de la paillette inferieiue eQt produitime bale, on aurait eu une seule b;llc donnant nais- sance de chaque cole an complement de la locuste. D'autres in- dividus m'ont olfert ce meme cas, mais avec des modifications legeres ; ainsi, sur lesuns, la paillette inferieure avait fourni, par sa nervure raediane , a la formation du pedoncule d'une bale supe- rieurc qui etait surmontee de plusieurs autres bales, el par ses deux nervures laterales a la formation de deux moilies separees de paillette parinerviee; et ces deux moities conservaient chacune leur nervure verte et carenee. L'autre paillette parinerviee etait intacte et donnait naissance a des bales analogues a celles dont je viens de parler, en sorte qu'ici encore les organes de la gene- ration semblaient exister entre un pedoncule florigere el une paillette parinerviee. D'autres fois, le pedoncule forme aux depens de la nervure mediane de la paillette inferieure, devenait rachis d'une locuste, et portait neanmoins,de chaque cote de sa base, une moitie de la paillette sous forme de bractee uninerviee. 7°. Deviations de citaque moilie de la paillette parinerviee. Dans une bale , chaque moitie de la paillette parinerviee, apres s'etre isolee de l'autre, avait donne naissance, I'une a une paillette su- perieure parinerviee, du sein de laquelle s'elevait un ovaire, et l'autre a deux paillettes externes dont la superieure parinerviee, ft qui portaicnt dan? leur sein un ovaire a leur tour. La bale que ( a38 ) je decris eqiiivalait done <\ trois bales; car la paillette veritable- ment inferieure, par rapport a ces deux moities de paillette, etait tniinie aiissi d'tin ovaire. Ce fait n'a rien d'inexplicable ; puisque c'est de la nervure mediane de chaque organe inferieur que tire son orjgine I'organe superieur, il n'y a rien d'impossible a ce que chaque nervure soit appelee dans certaines circonstances a remplir les memes fonctions; car les nervures ne different entre elles que par le degre de leur developpement. 8°. Deviations des organes de la generation. Je ne parlerai pas ici des ecailles de venues moitie ecailles et moitie antheres, des eta- mines arrivant par tons les passages a I'etat de paillette ; ces fails n'offrent rien qui ne s'explique d'avance par la theorie que nous avons publice dans notre memoire sar les tissus organiqites. Mais j'ai observe dans un Lolium ramitie , trouve en juin 1828, dans les moissons du coteau de Sainl-Maurice, des deviations d'une haute importance en physiologic, Un ovaire portait de chaque cote une feuille uninerviee, qui etait le prolongement de chaque nervure laterale ; la nervure mediane, c'est-a-dire celle qui est logec dans le sillon postei'ieur de I'ovaire mOr , s'etait changee en pedoncule portant a sou sommet la repetition de cette deviation. La face anterieure de cet ovaire etait herissee de fibrilles sligmatiqucs et de stigmates complets. Mais le sommet etait perfore etlaissait voir dans son interieur un ovaire normal alternant avec I'ovaire perfore. Ainsi done I'ovaire represente, par sesdeux nervures laterales, cha- que portion de la paillette parinerviee, et par sa nervure mediane, le pedoncule qui part de la base de cette paillette. L'ovaire n'est done que le tronc ordinaire, que I'entre-noeud dont les feuilles soit entieres soit parinerviees ne sont que le prolongement. Enfm I'embryon lui-meme qui , si I'ovaire ne se fQt pas perfore, eOt conserve sa forme et les destinations de I'embryon , est suscep- tible de se developpcr avant sa maturite, et meme avant la fecon^ dation, dans le sein de I'ovaire. Car ici il ne parait nullement que la fecondalion se soit operee, puisque les antheres etaient closes, que les stigmates etaient encore vierges, et qu'enfin tons ces or- ganes s'etaient methamorphoses avant leur etat adulte. J'ai ren- contre d'autres modifications de cette deviation ; mais toutes cu- rieuses qu'elles sont, elles peuvent Stre facilement ramenees par la pensee ;i cette deviation principale. II me teste a decrire une ( 239) metamorphose complete , generale et constante, qui fera saii,'- doute rabattre beaucoup de I'importanre qu'on attache a I'im- muabilite de I'espece dans les graminees. Metamorphose du Lolicm en Festuca. elatioh. M. Link (i) an- nonca , en 1827, avoir reconnu, d'liiie maniere indubitable, que ce qu'on appelait ordinaircment Festuca loUacea n'etait qu'un LoUum monstrueux. Mais la description sur laquelle I'auteur appuyait son opinion, laissait tant ;'i desirer, que, tout convaincu que j'elais dr mon cote, et par ma propre experience, de la possibilite de cette deviation, cependant j'eus de la peine a croire que M. Link eut vu ce que j'avais vu moi-meme. Car les caracteres que M. Link assignait a cette espece eussent tout aussi-bien pu convenir a unc deviation du fjolinm qu'a une deviation de Bromus pinnatus, de Glyceria f/aitans, et je disais meme alors a une deviation de Fes- tuca elatior (2). En ecrivant ce dernier mot, je ne me croyais pas aussi pres d'une troisieme verite, et je n'aurais peut-etre pas ose alors supposer qu'en tracant les mots Loluim, Festuca loliacea, et Festuca elatior, je laisais, sans le savoir, la synonymic de la meme esptce. Une seule promenade dans les prairies de Genlilly, an mois de juin 1829, m'a demontre tous ccs passages sur des milliers de pieds separes; et ce n'est par aucune idee preconcue, par aucune prevision theorique , que mon attention s'est porleesur ce point. Sur les bords d'une portion de la prairie situee a I'en- tree du grand Gentilly, et destinee a I'exploitation d'une blancbis- serie, je remarquai un Grarnen en epi , dont les epillets etaient tres-longs et fortement divariques. Je crus apercevoir un Bromus pinnaius ; et I'humidite de cette localite rendait a mes yeux le (;iit assez piquant pour meriter une remarque. Mais ce Grumen etait un LoUum par le fades, et un Festuca par la presence d'un pe- doncule et d'une seconde glume ; c'etait done la ce que les auteurs ont appele Festuca loliacea que je cherchais depuis long-temps aux environs de Paris, et que j'avais sans doute bien des fois foule aux pieds sans le reconnaitre. Je me convainquis d'abord que le Fes- tuca loliacea n'est qu'une deviation de» LoUum quicroissent cote a (1) Linnou\mei; fades et couleur absolument identiques; etamines egalement lineaires et jaunes, quelquelbis lavees de pur- purin; ecailles auriculato-aigues; ovaire glabre,mais surtout stigmate.s inseres au^ dessous du sommet, plus ou moins, selon Page de la plante : enfin, un certain caractere d'identite indefi- nissable, qui ne permet nullcment d'emettre le moindre doute foiide, quand on a les ecliantillous sous les yeux. Le Fcstuca lollacea est done une deviation incontestable du LoUum. Je yais indiquer par articles les differentes modifications de ces passages, que j'ai eu I'occasion d'observer sur le grand nombre d'individus qui m'ont passe sous les yeux, parce que ces divers points me servirontci la demonstration de la seconde partie de la proposition que j'ai avancee : 1". La glume inferieure de la locuste, glume qui, sur toute la longueur du rachis, afl'eotait le meme cote, variait en lon- gueur depuis y jnsqu'ii 5 3- millimetre; alors elle etait her- bacee sur-le-champ de sa surface, elle possedait trois nervures, une mediane et les deux autres sur le meme cote. L'autre cote n'en avait pas. 2°. Sur d'autres individus, la glume inferieure etait accompa- gnee d'une autre glume membraneuse, placee sur le cote oppose a I'insertion de celle-ci ; ce qui rappelait evidemment les deux moities de la paillette parinerviee du rachis, aux depens de la- quelle se serait formee la nouvelie glume de la locuste, par I'a- Vprtement d'une de ses deux moities. I ( 24. ) 3°. Sur d'aulres pietls, la glume ini'eiieuie, au lieu d'etre lute- rale, comme le n" i, alternait evidemnient avec la glume supe- rieure; mais alors la bSle inlerieure etait pedoneulee assez lon- guement. 4°. Sur toutes ces locustes, dont jc ne note ici que les princi- pales variatiotis, la glume superieure rappelait, par sa longueur et par le nombre septenahe de ses nervures, la glume uuique des LoUum ordinaires. 5°. Mais, di-s que le pedoncule de la locuste s'allougeait d'une maniere plus sensible , les differences des glumes s'effacaient, la superieure perdait le nombre de ses nervures et se raccourcissait; rinterieure devenait alterne et s'allougeait ; et sa locuste couiparee avec une locuste des Festuca elatior qui couvrent la prairie, n'of- frait plus la moindre difference caracteristique. Car le Festuca ela- tior a la meme paillette inferleure que le Lolium , avec le som- met membraneux, les cinq nervures quelquefois accompagnees d'intermcdiaire,-, la paillette parinerviee, les etamines, les ecailles, I'ovairc, lesstigmates du/>o/(«m; eufin, en supprimant les glumes, il est impossible d'etablir entre les orgaues iloraux de ces deux es- peces la moindre difference reelle. II ne reste done plus, pour les distinguer, que la panicule de I'un [Festuca elatior), et I'epi de I'autre ( Lolium ), que les deux glumes du premier, et la glume unique du second. Or, le Lolium nous offre des locustes qui de- viennent pedonculees, et qui revetent ainsi le caractere des pani- cules ; et nous a vons suffisamment fait remarquer, dans nos diverses publications, qu'entre le pedoncule unique de la panicule spici- forme et le pedoncule ramiOe de la panicule composee, il n'existe pas la moindre diirercnce essentielle. Quant aux glmnes, les Z-o- /u(m en acquierent deux assez comniunement, pour couvrir des Carres enliers de la I'orme surnommee Festuca loliocea; done il n'existe aucunebarriere insurmontable entre le Loliujn etle Festuca elatior. II parait que le LoUum ne passe au Festuca elatior que par I'in- termediaire du Festuca toliacea ; celui-ci porte encore la glume su- perieure du Lolium ; au moins il I'offre moins simplifiee, ses pail- lettes florales sont moins courtes en general que dans le Festuca elatior. Mais, a part ces differences du plus au moins, qui du reste ne sont pas constanles, i'oeil le plus exerce n'en decouvre Glum, infer. 5 . 5-; 3 ^ •^J"^ 35 2 ^, 2 ^ Glum, super. 5 , / 3 :, 3 ,4 Paillette infer. 6^ . 7 7 4 5i, 6 , 6 i, Paillette super. ^ i 7 5 1, 6^ 7, ( 242 ) plus d'aulre; on en jugera par les figures que je tacherai de faire entrer dans une des planches des llvraisons suivantes de nos An- nates. Voici, en attendant, le tableau destine a exprimer en milli- metres ces differences de laille , resultant d'un grand nombre d'observations ; Festuca loliacea. Festuca elatior. 7» 7 Or, ces memes differences s'observent sur les LoUum eux- memes ; et je pose en fait qu'il est impossible de rencontrer deux Lolium qui n'offrenl pas, avec un autre Lollum, des differences, soit de longueur absolue , soit de longueur relative entre les or- ganes divers de la locuste. Aussi la distinction des especes de Lo- lium n'est basee que sur des observations isolees et incompletes; et si Ton voulait maintenir lei Lollum tenue , multl/lorum, crtsta- tum, composltum, ramosum , etc. , il serait plus raisonnable encore d'en creer au moins cent autres especes. Je me flatte de pouvoir le demontrer, les echantillons el les descriptions des auteurs a la main, si ma proposition trouvait des incredules. Je n'ai point cite dans cette enumeration le Lolium temuleniam ou arvense des au- teurs , non pas que je doute du passage du Lolium perenne au Lolium temulenlum , mais parce qu'en admettant les principes q'je j'ai poses sur I'espece dans les graminees, le temulentutn offre une difference appreciable qui , quoique due a la nature de son habitat, permet de le dislinguer d'une maniere systematique. Quant au Festuca elatior, et meme au Festuca loliacea, qu'on ne pense pas que, dans la classification, je cberche a les reunir aux Lolium ^ la classification est artificielle, elle nous sert a classer ce que nous trouvons, et dans I'etat oi'i nous le trouvons; la physiologic s'oc- cupe de son histoire et de son origine. Un jour peut-etre pourrons- nous classer physiologiquement ; mais il serait temeraire de I'en- treprendre dans I'etat actuel de la science , et il faut attendre que la direction imprimee a ces investigations ait enrichi la science de faits plus nombrenx et aussi incontestables. En attendant, ran- ( 24.-5 ) geons les plunles dc maniere i'l pouvoirleb retroiivcrsoua lu in;iin, quand le coins de nos dtiules en reclame la consultation, et n'at- tachons qu'une importance passagerc a ces denominations fas- tueuses de classifications par families naturelles. Quoi de plus na- turel que le genre Lolium! et pourtant ce genre, comme on le voit, est plus naturel dans nos livres que dans la nature! Cependant il serait encore possible de reparer ce defaut de la classification, et de la faire cadrer avec la nature. Ce serait, ou bien de dlviser cliaque genre en deux parties , qu'on ponrrait de- signer sous le nom dc partie systcmatiqiie, qui renfermerait les ap- plications les plus materielles de la classification , et partie pliysio- logique, qui comprendrait les cas evidens de deviation, sauf a re- produire et a replacer ces deviations par un double eniploi, dans la place que leur assignent ailleurs leurs nouveaux caracteres ; ou bien d'admettre comme caractere generique du Lolium les ecailles glabres et auriculato-aigues, et surtout I'insertion des stigmates distiques sur la face anterieure de I'ovaire ; par ce dernier carac- tere, ce genre ne se rapprocherait que des Bromus ; par le premier, il s'en distinguerait provisnirement d'unc maniere a peu pres suffi- sanle. Voici quelles seraient alors les phrases systemaliques des plantes que ie viens de decrire : L L I tJ M Stigmata disticha subapicem ovarii inserta (vid. Ann. des Sc. d'obs.. lorn. I, pi. 2, fig. 1 ); squamae binae auriculato-acutae. * Spica;. Lolium perenne ; gluma subligiiea, viridis, locusta Integra bre- vier, paleis muticis. {Lolium perenne , tenue , compositum, multiflo- rum, etc.) Hab. in pratis et seeds vias. Loliujn temulentum ; paleae aristatae, gluma lignea viridis, lo- custa integra longior. (Lolium temulentum, ar v ens e). Habit, inter messes. **Paniculae. a) Paniculd simplici. Lolium festucoides ; gluma superior! coriacea 7-nervia ; glumd; ( 244 ) inferiori 3-5 jicrvia. [Festiica loliaceu.) Hal/it. in praiis pingiiibus ail or as. h) Paniciild compositd. Loliian festuca ; glunia superiori 3-nervia, inferiori i - nervia (Festuca elatior .) Habit, in pralis idiginosls. _ Obs. J'ai eu lieu de remarqucr que, dans la prairie de Gentilly, la forme Lolium perenne se trouve sur les sentiers foules au pied, el peu inondes pendanl I'hiver ; que la forme Fesluca loUacea se trouve dans les lieux plus gras et un peu moins battus ; et qu'enfin la forme Festuca elatior couvre comine une moisson toute la partie spongieuse de la prairie , celle qui, dans I'hiver, est entieremenl submergee. Que \e Festuca elatior ne puisse pas ensiiite pousser plus loin les variations de sa forme, et subir les passages de bien d'autres Fes- tuca, c'est, je crois, ce qu'on ne saurait souteair, lorsqu'on se sera convaincu par soi-meme du passage que je viens de signaler; et le travail que je publie aujourd'hui a ce sujet, bien loin d'infirmer ce que j'ai dit de cette espece dans le tom. I des Annates, p. 4^5 , ne fera , je pense , que le confirmer aux jcux d'un botaniste philo- sophe. N. B. Je prie mes lecteurs de corriger les fautes suivanles qui se sont glissees dans le memoire sur les Hierochloe. P. 8o, lig. 25, tom. II, australis , lisez : borealis. P. 84, lig. 17^ borealis , li- sez : australis. P. 89, lig. 9^ borealis, lisez : alpina. \iN\TOMlE COMPAREE DE DEUX ESPEOES DE StRONGYLUS QUI VIVENT DANS LE DeLPHINIS PHOCENA ; PAR M. RASPAIL. Jacques-Theodoi'e Klein (1) fit,le premier, connaitre une espece d'Enthelminthe qu'il avail trouve dans la caisse du tympan du Del- phinus pkocena. La figure dent il a accompagne sa description n'est (1) Hisi. nnt. pise. )ni.<:s. , I, p. 3~, 7i\, tab. V, fig. .5. ( 24 r. ) lieu moins que sufllsanle dans I'etat acliiel de la science; et sans ie nom du niarsouin que ce strongle habite, elle poiirrait convenii' ;\ une multitude d'autres vers intestinaux. Camper (i) en retrouva dans la caisse du tympaii el dans les hronclies du meme cetace. Uudolphi (2) recut ensuite de M. Albers des individus de deux sortes que ce dernier avail trouves ef>alemenl dans la caisse du tympan et dans les hronches du marsouin ; et il en donna une des- cription assez etendue. Vrolik eut (5) I'occasion de confronter la grande espece avec la description de Riidolphi, dans une brochure de quelques pages, miais I'auteur ajouta peu de chose a ce qu'avait observe Rudolphi. Au mois de mars 1829, ftl. Breschet , ayant recu des tetes de marsouins conserves dans le vinaigre, eut la complaisance de me faire passer, par M. Ruhn, les deux sortes d'individus que Rudolphi avail decrits. La plus petite espece m'etant arrivee la premiere, je fus fort etonne de voir qu'elle ne s'accordait ni avec la description de Ru- dolphi, ni avec celle de Vrolik, et je m'occupai d'en laire I'ana- tomie afin de m'asstirer si les organes interieurs presenteraient les memes differences que les exterieurs. La plus grande espece m'etant ensuite parvenue , grace a I'obligeance de ces messieurs, je pus completer mon travail ; car je possedais non-seulement les femelles , mais encore les niilles. II en est tres-souvent des vers intestinaux comme des fongosites parasites; la localite qu'ils habitentest jusqu'a present leur meilleur caractere distinctif. Cependant il n'est pas demontre encore que ce caractere, tire de la localite, ne soil capable de faire diviser des choses semblables, et qu'on ne puisse trouver que la meme espece a ete revetue souvent de detix noms differens. Les caracleres ge- neriqvies des Enthelminthes sont si vagues a leur, tour qu'on aura ete sans doute tres-souvent expose a reunir, dans un meme grou- pe, des especes fort diverses quant a leur organisation intcrieure; (1) f'on Krankheiten dcr Thiere, p. 47- {2) Entoz. hist, nal., tom. II, p. 227. f5) M'arneming van TJ'ormen ; in-8", ArnstPidani ( --^-le ) et I'organisalion exterieiire est si pen altordable a I'oeil im on A la simple loupe, que les caracteres qu'elle a fournis pfesqne exelii- sivement perdront peut-etie de Iciir valeiir, lorsqu'on les soiiinel- tra a line revision nouvelle. On ne sanrait done trop inviter les auteurs qui s'occupent de I'etude dcs vers inteslinanx , a ne plus les decrire d'une maniere incomplete, mais a nous donner dc bonnes figures des organes cx- terieurs et interieurs, et a les acoompagner de descriptions detail- lees. Un pen de perseverance et I'habitnde qu'elle fait contracter suppleent suffisamment aux diffievdtes que presente la petitesse de ces objets ; il est mSme qnelquefois plus facile de dissequer les plus petites especes que les plus grandes. Pour celles-ci, on est oblige d'employer des ciseaux, et Ton en troiive rarement d'assez aceres; ponr celles-la , au contraire, la pointe d'une aiguille un peu aiguisee sur la pierre devient le scalpel le plus convenable et le plus commode a manier. C'est du reste ce que mon experience confirme a I'egard des deux especes que je vais decrire ; et je puis assurer que I'anatomie de la plus petite m'a prepare et explique I'anatomie de la plus grande. Des que j'eus reconnu que cette petite esp^ce ne pouvait pas exactement conrenir aux descriptions de Rudolphi et de Vrolik, je clierchai a lui donner un nom qui, sans prejuger la question de lenr identite ou de leur difference, rendrait le langage de la description moins ambigu ou moins prolixe, et j'appelai la petite esT^ece Strong jt us minor. C'est par celle-ci que je vais commencer. Anatomic du. Strongyhis minor femelie. La fig. ts, pi. -y, offre sur un fond noir la femelie de ce petit ver, de grandeur naturelle, et grossie a la loupe. Sa longueur est de Oj^oiiS, et sondiametreest environ deo^jOoi. Une ligne rougeatre coupee transversalement par des bandes moins foncees , s'elend depuis les parties les plus voisines de la tete jusqu'a une certaine distance de la queue. Cette ligne est exterieurement coupee par deux petits filets blancs qui se dirigent Obliquement et presque parallelemcnt. L'animal presente le menie aspect sur ses deux flancs, et comme il est toujours flechi pardevant, il arrive que la position qu'il prend en vertu de cette flexion, offre toujours un des flancs a I'oeil de I'observateur. Si Ton veut ouvrir longitudinalement le corps de l'animal, c'est par cette ligne rougeatre qu'il faut y proceder, en y enfoncant legerement la i 24: ) pointe aiguisee d'une aiguille, et en la poussant devant soi lant qu'on n'eprouve pas de resistance. Cette operation reussit mieux toutes les fois qu'on a laisse macerer le ver dans I'eau pendant quelques jours; et Ton peut alors parvenir a ouvrir I'aninial jus- qu'a I'ouverture dclabouche, I'etaler sur le porte-objet comme on le voit en partie sur la figure i"; on s'assure alors que oliaque cote du corps est traverse longitudinalement d'une bande plus Iransparente que le reste du fourreau; que c'est cette bande qui se dechire par la pointe d'une aiguille, et que c'est a travers sa mem- brane transparente qu'on distingue cette ligne rougeatre dont j'ai deja parle et qui n'est autre chose que le canal intestinal. Sur la figure 1" on voit que la bande niembraneuse opposee a cellequ'ona dechiree separe le corps en deux parties egales, sur la droite des- quelles se distingue le canal intestinal purpurin. Quand on exa- mine cette bande longitudinale et transparente au microscope, on remarque (fig. 2, c) qu'elle est a son tour traversee longitudina- lement par un yaisseaii plus ou moins verdatre , qui parait com- pose d'un lasis assez serre, et que je ne saurais mieux comparer qu'ii une nervure microscopique de I'epiderme de certaines plan- tes. Ce vaisseau ne parait pourtant pas appartenir aux couches inferieures a cette membrane. Car lorsqu'on enleve I'epiderme de I'animal , on enleve en meme temps ce vaisseau ; et si on observe I'epiderme avi microscope (fig. 2 a'), on decouvre qu'il est traverse longitudinalement de tubes transparens qui ont environ 7^ de millimetre en largeur, et qui sont distans les uns des autres de 77^ de millimetre a peupres. Chaque moitie de I'animal enpossede 65 environ. Cette membrane epidermique, d'une transparence tres- grande, oppose une telle force a I'instrument tranchant, quele plus souvent, au lieu de se dechirer, elle ne fait que se refouler en ar- riere , et qu'on ne peut I'obtenir que comme un fourreau qui se detacherait du reste de I'animal. Des ce moment les deux parties du corps semblent ne plus tenir entre elles, et elles se separent spontanement. Chacune de ces deux moities est charnue, blanche, lavee d'une teinte indeterminable de jaune et de purpurin; on reconnait facilement qu'elle se compose de couches musculaires transversales, mais si serrees qu'on ne pourrait les considerer com- me des masses isolees. Quant au systeme nerveux, il serait impos- sible d'en reconnaitre des traces a cause del'exiguite de ces organes*. ( 'MS ) Le canal intestinal s'etend longiliulinalomont depuis le l)<>nt an- lerieuret le pins gros de I'animal, jiisqu'a rextremite la plus cirdee. Cet ori;ano est toujours rougeatre, ses parois sont fortes et rosis- tantesTquclquefois apics une longue maceration dans I'ean, il arrive sur certains points qne la couchc interne et rougeatre s'est decomposee , et qu'il ne reste plus la que la membrane externe qui est pellucide. Quand on I'obscrvc an microscope, on croirait que ce canal est tapisse de globules sanguins rcvetus d'une couche rou- geatre. Je I'ai represenle au grossissement de lOO diametres (pi. 7< fig. 8); on y voit (a) la bouche, qui est simple et arrondie; {!,) I'ffisophage qui, a la loupe, est l.lanchatre ou jaunatrc; en [b ) est un etranglement qui separe I'oesophage du canal intestn.al proprc- ment dil (r). La structure de I'oesophage dilYere essentiellement de celle du canal intestinal lui-meme ; mais cette difference ne peut se decouYrir qu'a I'aide des reactils. Si Ton place la partie anterieure du corps de ce Stro>,gylus dans racide.sulfurique concen- tre (pi. S, fig. i) , elle devient tellcment transparente que Ton peut distingue'r Ics traces des lubes longitudinaux qui traversent I'cpi- derme", et que j'ai decrits plus haut. Le canal intestinal (c), propre- ment dit, se modifie a peine dans cet acide; mais I'oesophage (/;) offre alors quatre cercles paralleles et distans entre eux, qui sem- blent jouer le role ou de valvules ou de sphincters; la bouche (a) reste aussi simple qu'on I'avait soupconne en considerant I'organe sans acide (fig. 8, pi. 7)- L'oesophage est long de ^ miUim. Jesuis parvenu a poursuivre le canal intestinal jusqu'a Yanus; mais a quclque distance de cet organe Ic canal intestinal perd deja et sa couleur rougeatre et la consistance de ses parois. On voitl'a- nusen (/), fig. 5, pi. 8, sur la partie posterieure du corps observee dans I'alcool au grossissement de 100 diametres. Le canal intestinal y arrive a travers les organes de la generation, qui I'enveloppent et ie derobent ainsi aux regards. Le canal intestinal est accompagne dans toute sa longueur de deux organes blancs cylindriques , qui sont les deux orgarnes generateurs. On en voit la partie anterieure (pi. 7, fig. i )• Je n'assurerai pas que leur point d'insertion ait lieu comme semble I'indiquer la figure; je crois meme que les deux extremites re- viennent s'inserer beaucoup plus bas apres avoir fait faire une anse .'1 rbacun de res organes; car, loutes les fois que j'ai ouvert le ( ^49 ) corps de I'animal, en lo fendunt longiludinalement, il in'a paru que je Icj entrainais avec la pointe de raigiiillc el (jiic je les deroulais autoiir d'elle. L'aiialogic rend plus que probable cette deruiere supposition ; niais j'ai dCi rcpresenter ces deux organes lels que je les trouvais sous mes yeux apres la dissection. En continuant d'a- vancer d'avant en arriere, on voit vers Ic milieu du corps de I'ani- mal que chacun de ces deux organes fdifonues s'amincit (pi. r', fig. 6 et fig. '^ee' e"), pourse terminer en une espece de cloche (/) qui vient s'aboucher par son ouverture avec un sac plisse, transpa- rent, contcnant dans son interieiu" un sac plus etroit (g) qui ren- ferme les oeufs. En avancant toujoiirs vers la partie posterieuie du corps de I'animal, on trouve que ces deux organes (fig. 6, pi. 8 tines a la copulation ; (7, r, s, l) lobes de la mem- brane copulatrice. ( 355 ) P^OTICE SUR PLUSIElJRS ESPECES DE LEPIDOPTERES NIJUVEAUX I)U MIDI DE LA FRANCE ; lAR J. P. Uambtjr, docl.-med. li y a deja plus d'line amiee que je desirais fairc connaitre aux entoniologistes les especes nouvelles de lepidopteres que j'ai re- cueillies en 1827 aux environs de Montpellier. Des circonstances m'en ayant empeche, quelques-unes, depuis ce temps, ont etc publiees, telles sont les Noctua contril/ulis , Magnolil , obesa cl quelques autres. Tous les jours nos contrees ineridionales en fournissent de uouvelles. M. le comte de Saporta , qui habite la Provence, est le naturaliste qui en a fait connaitre le plus grand nombre. Lc catalogue methodique de M. Boisduval a donne un elan gene- ral ; et tout fait esperer qu'aucune coutree de la France n'echap- pera desormais aux investigations des entomologistes; le midi surtout sera encore long- temps une mine inepuisaljlc, autant par la varicte de son sol, et pai' le grand nombre de plantes remar- quables et etr ingeres au reste de la France qui y croissent , qu'a cause du petit nombre de veritaljles entomologistes qui s'y trouvent. J'ai fait figurer deux noctuelles deja connues : r. La iV. cailino , trouvee par M. Lefebvre, en Sicile, qu'il a publiee d'apres un individu gate. M. de Saporta, auquel I'histoirc des Lepidoptercs doit deja beaucoup, a aussi trouve ce papillon en Provence; mais je crois etre le premier qui I'ai decouver( en France. ■2". La A'^. satsfllce (^contribulis , Bd. , Dup.), qui n'est point rc- connaissajjle dans I'ouvrage des Lepidoptercs de France , continue par M. Duponchel, et aussi parce que j'ai ajoute la description de la chenille. J'ai conserve a cette noctuelle le no.m de SalsoLcc, que je lui avais donne dans ma collection, parce qu'avec la iV. Soda, ce sont les deux premieres noctuelles que je sache vivre exclusi- vement siir des plantes salees ou maritimes, et que ce fait devra ( 25G ) fixer I'attention des observateuis qui sont eloigncs des plages de la Medilerrani'e , on qui seront a memo d'explorer ces localites , encore si pen connues. M. Boisduval , a (jiii j'ai communique la pinpait dc mes espe- ces pour le supplement a son catalogue, a voulu absolument me dedier la noctuelle qui est figuree et decrite sous ie nom de D/. Ramburii. GENUE VANESSA fab. Vanessa Elym'i; Alls siiiuato - deiitalis fiilvo nigroque variis. Aiiticis supra fascia transvcrsali maculis quinque albis. Posticis subtus ocellis quinque , secundo tertioque obsoletis, pi. 5, ilg. i et 2. Cette vanesse, quoique tres-differente pour le dessin , et meme un peu pour la forme des ailes, pourrait bicn n'etre qu'une varietc de la V. cardui; pourtant j'ai quelque raison de croire qu'elle forme une espece. D'abord je I'ai trouvee a une epoque oii la V. cardui ne parais- sait point encore ; en outre j'ai vu \\\\ individu completement sem- blable au mien dans la collection de M. Cliabrier fils, a Montpel- lier, qui ni'a assure en avoir pris deux dans les memes lieux ou j'ai rencontre le mien. Les ailes sont fauves ; les superieures ont en dessus la base, et une partie du bord interne, d'une couleur doree verdatre. La moitie externe de I'aile est occupee en partie par une large lache noire qui descend jusqu'a Tangle posterieur, et qui est de- coupee par une bande marginale de taches fauves; pres de cette bande, et plus interieurement on voit une autre bande courbe composee de cinq tacbes blanches, qui descend de la cute jusqu'au milieu de I'aile, et dans sa direction le rudiment de deux autres taches. A I'extremite interne de la grande tache noire, existe pres de la cote un gros point noir. Les ailes inferieures ont le cote externe largement borde de noir, avec une ou deux bandes transverses vers le milieu de I'aile d'un noir lave de fauve. Les nervures qui soul noires se dilateut a leur cxtremile en des taches dc cefle couleur. ( 25r ) De plus, I'ailc ofFrc posterieurement nne serie transverse de cinq laches noires un pen ocnlaires. Le (lessous ties ailes siiperieures ressemble a pen pres aii-des- sus, k I'exception du sommet, qui est d'une couleur rousse melee de blanc, avec les marques des taches blanches du dessus ; la cote est a la base fortement striee de noir. Le dessous des iiiierieures est d'une couleur rousse melee d'un peu de blanc et de noir, avec les nervures blanchalrcs, et trois taches oculaires, dont la premiere du cote de I'anus, tres-marquee, et les deux snivantes presque effacees. Le corps et les autennes sont a peu pies conune dans la V. cardui; ses palpes sont un peu plus blanches. II differe de la V. cardui, i" en ce que les ailes superieures sont un peu plus etroites, et que les deux dents internes du bord posterieur des inferieures sont un peu plus saillantes; a" en ce que les ailes superieures n'ont qu'une bande blanche en dessus; 3° parce que les taches noires des inferieures sont en dessus un peu oculaires, pluspetites et a peu pres egales qn'en dessous ; qu'il j en a deux (2'et3'') presqu'effacees , et qu'en outre cette surface de I'ailc est beaucoup moins marbree. J'ai trouve ce beau lepidoptere sur les bords de la Mediterra- nee, aux environs de Montpellier, le 5 juillet. GENRE NOCTUA fab. N. Anomala. (G'. Pcecilia, Och. BrjophUa,Treit. Boisduval.) Paulo minor N. Algm, alls supra pallido-griieis , extinio fulvo maculatis. An- ticis slrigis quatuor transversis , nigris , siuualis, exleraa senata. Macula reniformi geminata , nigra. Orbicular! nigra punctiformi, subnulla. Pal- pis capite longioribus. Anlennis vix pectinatis, pi. 6, fig. 9. Cette petite nocluelle a presque I'apparence d'une phalene, surtout a cause du dessin des ailes inferieures, qui est presque semblable a celui des superieures , mais elle a tous les caracteres d'une noctuelle , et doit je crois etre placee a cole de la IS. Algm. Elle esl un pen plus petite que la N. Alga:. ( 258 ) Ses ailes soiit en-dessus d'un gris pule, avec quatre lignes trans- verses sinucuses sur les superieurcs, dont la plus extcrne est en forme do scie, avec rcxlremilc dcs deals uoires. Entrc cette ligne el la suivante, on voit deux laelies ranvesplus on moins marquees. La lathe reni forme est double, noire, et I'orbiculaire , presquc nulle, ne consisle qu'en un tres-pelil point noir. Les ailes inferieures offrenl qnel([ues lignes transverses, inler- rompues, dont la posterieure en scie et sur la(iueUc sont appuyees des taches jaunes. La marge des quatre ailes est d'un gris blenatre, la frange est grise , un peu jaune a son cote interne et bordee interieurement d'une ligne de points noirs. Le dessous des ailes est d'un gris un peu roussAlre. Tout le corps est de la couleur des ailes. Les antennes du male sont un peu peclinees. J'ai trouve cette nocluelle sur les pierres et sous les pelils ponls, aux environs de Monlpellier, dans les mois de juillet et d'aoQt. N. SalsoLm [contribuUs, Boisduval, Dup.). (Genre Hadena, Och.) Alis anlicis supia giiseo-i'ulvis, slrigis tribiis transversis, pallidioribus, externa ill medio sifnum M. figurante. iMacula paUidiori subler niaculas ordiiia- rias. Alis posticis supra albidis ad niarginem fuscantibus. Fascia iiiar- ginali luteola. Antenuis maris subpectinatis, pi. 6 , Bg. i. M. Boisduval a range cette nocluelle dans son nouveau genre Luperlna {Apamca Treit.), et a cote de la N. testacea; mais je crois qu'elle serait mieux placee dans le genre Hadena Och. , apres la N. Genistce; ce qui prouve que la plupart des genres crees par Oclisenheimer sont a peine des coupes pour lesquelles il n'y a aucun caractere generique. C'est pour cette raison que j'ai conserve le nom de nocluelle aux especes que j'ai decrites dans cet opuscule ; car il me semble que la plupart des coupes qui doivent porter dans cette famille le nom de genre sont encore a elablir. La ISoctua Salsolcc est de la gran- deur de la N. dcntina et ressemble lui peu a la iV. Gemstw. Les ailes superieurcs sont en dessus d'un gris cendre nuance de fauve brunr.tre plus ou moins fonce. Leur longueur esl travcrsec ( 259 ) par trois lignes sinueuses un peu plus pales que I'aile; la derniere formant dans son milieu la lettre M ilont les angles s'avancent jus- qae dans la frange. Les parties anguleuses de cette ligne sont couvertes interieure- ment par des traits sagittes d'un fauve brun. Les deux autres lignes renfernicnt les deux laches ordinaires, dont I'orbiculaire est obli- que, de la couieur de I'aile, et plus foncee au centre; la renilorme est d'un fauve brun avec quclques parties tlaires; au-dessous de ces deux tachcs on voit une autre lache prde, bordee en partie par Ic chevron qui part de la ligne interne ; celui-ci est conique, d'un brun fauve, il est entoure en partie ainsi que les taclies ordinaires par une ligne noire. Une partie de I'espace contenu entre les deux lignes extcrnes, et de celui qui avoisine la cote, a peu pres dans sa nioitie interne, est d'une coideur prde. La frange est d'un fauve brun edairee a son cote interne , et traversee par quelques lignes cendrees. Elle est bordee interne- uient par une serie de lunules noires. Les ailes inferieures sont blanchiltres. un peu bruncs, ainsi que les nervures vers la partie posterieure, avec vuie bande marginale jaunatre peu apparente. Leur frange est blanchatre, sinueuse, bor- dee interieurement de six lunules noires. Les ailcs en dessous sont blanchatres, avec le bord anterieur, une lunule, et une ligne ponctuee aux inferieures, brunes. Le corps est de la couieur des ailes, avec une ligne noire sur la partie anterieure. La poitrine et I'abdomen sont d'un gris cendre, les antennes sont d'un gris brun, tres-peu pectinees dans le male, qui ne diflfcre en rien de la femelle. Ce papillon parait dans les mois de mai, de juillet et d'aoQt. La chenille est brune en dessus , ou d'un biiin un peu fauve, avec des atomes blanchatres; elle est plus pfde et verdatre en dessous. On voit en dessus trois lignes longitudinales de points blancs, et quatre points noirs peu distincts sur chaque anneau. Sur les cotes il y a une bande jaune, souvent fauve au milieu. La tete est verdatre, blanchatre superieurement, avec un reseau brun. Les pates sont verdatres. Les stigmates sont oblongs, blan- ( 2i}<» ) chatres ct hordes de noir, places snr line partie plus t'oiicee, for- luant prcs(jiie une taclic. CcUe clicnillc esl iiii pen renllee en dessus a son extremite pos- terieure. Elle vil svu' les Salsola et les Chenopodium maritimes. On la trou\ e au mols de juin, aout et scptembre. Elle s'enterre pour se transformer, et passe I'hiver en chrysalide. TS. Sod2 ) existe iinpaqiiet serrede poils blancs; leurcouleurestgeneralemenl plus fonccc que cello ties femclles. On trouve cette espece dans les mois de mai, d'aoQt et septem- bie; elle voltige le soir dans les endroits herbeux du bord des rivieres, aux environs de Montpellier. iV. amnicota, (Genre Leucania Och. Treit. Boisd.) Statura A', rlparice , N. obsolelm simillima. Alls anticis supra luteo - lufis. Nervo medio in puncliini dilatalo. Serie transversa, obliqua, vix incurvala, intenupta, nin;roruni punctoruni; aliquando fere nulla. Alis posticis fusco- luteolis ; omnibus subtus margaritaceis , pi. 6 , fig. 5. Cette espece ressemble beaucoup a VobsoLeta , mais elle est plus petite et parait en differcr notablement; ce qui me fait croire que c'est une espece distincte, c'est qu'elle ne varie pas dans plusieurs individus. La couleur des ailes superieui'es est d'un jaime roux en dcssns. La nervure mediane, pcu visible d'abord, s'elargit en un point a I'endroit de ses dernieres ramifications; elle est d'un blanc jaunatre avec quelques rameaux peu visibles. Derriere cette nervure on voit une legere teinte d'un brun rose, quelquefois a peine sensible, qui se continue jusqu'a la marge, et du sommet de I'aile on en voit partir une tres-legere eclaircie, sou- vent insensible. La ligne transverse de points est reduite a deux ou trois, cl nieme elle pent manquer tout-a-fait. Les lignes longitudinales qui bordent les nervures et celles qui existent entre elles sont assez marquees et d'un brun rose ; on voit aussi un trait de cette couleur vers Tangle interne du bord pos- terieur de Taile. La frange est d'un brun rose, bordee interieurement d'une suite de tres-petits points noirs. Les ailes inferieures ont la base et le bord anterieur d'un blanc jaunatre luisant, le reste est d'un brun jaunatre assez fonce, excepe le bord interne, qui est blanchatre; le bord posterieur de I'aile est un peu dechiquete par une couleur jaune , sur laquelle existent qnelques petits points peu visibles ; la frange est blanchStre. ( 2G3 ) Le dossous dcs ailcs est blanchatre avec mi reflet brilhiiil coii- leur (le nacre. La tele et les antennes sont d'nn rou\ hnuiAtre. La partie anterieure du corps est marquee de trois ligncs brunes, le reste est jauiiatre, un pen brun vers la base des ailes. L'abdo- men est d'un giis loussatre, et la lace anterieure des cuisses est brune. Le male n'a pas les antennes sensiblement pectinees, il porte a la base de I'abdomen unc touffe de poils noirs dans laquelle est lenferme un paquet de poils couleur de paille. Elle differe de laiV. obsoleta, i° en ce que la nervure mediane est moins apparente, plus droite, et s'elargit en un point ; 2° en ce (|ue la ligne de points, quand elle existe, est presque droite au lieu d'etre courbe ; qu'elle n'est pas composee de plus de quatre points, qui quelquefois manquent, et que le rameau continuateur de la nervure mediane n'en presente jamais; 3° les ailes inferieures sont plus brunes et toutes brillent, a leur surface inferieure, d'un reflet couleur de perle. Cette espece se trouve dans les memes lieux et aux memes epoques que la N. riparia, mais elle parait plus rare. N. Ramburil. (Boisd. , Ind. M. supl. Genre Catepliia, Och. Treit. Boisd.) Statuia iV. Alchymislw. Alis anticis supra fiKsco-fulvo-violaceis. Strigis ni»ris augulati.s. Macula reniforaii extcrne ilavescente. Alis poslicis Alchimisla:. Omnibus subtus nigro rufescente latissime marginatis. Antitis macula cen- frali nigra, pi. 5 , fig. 3. Ce lepidoptere est de la taille de la N. Alchymista; le dessus des ailes superieures est d'un fauvc brun un pen violet, mcle de noir bleuatre et de jaune fauve par endroits; I'aile est Iraversee par deux lignes noires, sinueuses, anguleuses, dont I'externe est dou- blee par une autre ligne d'un noir plus pale et bleuatre. Entre ces deux lignes sont placees les deux taches ordinaircs. L'orbicu- laire est irreguliere d'un fauve violet. La reniforme est de la meme Gouleur avec un point d'un noir bleuatre a sa partie posterieure ; elle est bordee du cote externe ( ^6r, ) par line ligne jaune interronipue posterieiiiement, et devanl la- qiielic il cxiste une petite eclaircie blanchatre. Au-dessous de cette tache, il existe un espace d'un jaune fanve, borde interieurement par le chevron qui part de la ligne interne. Celui-ci est borde de noir, renfle a son extremite, retreci a sa base en un pedicule etroit. La base de I'aile offre quelques lignes placees sans ordre. L'espace compris entrc la ligne externe et la frangc, est traverse par une ligne tres-sinneiise, jaune, interrompue et pen apparente. Cette ligne est bordee interieurement de fauve obscur, dans lequel on apercoit quelques traits sagittes. La frange est de la cou- leur de I'aile, un pen sinueuse, bordee interieurement d'une suite de lunules noires. On voit cinq points blancs sur la nioitie externe dc la cute. Les ailes inferieures sont blanches, avec le cote interne et une large bande marginale d'un noir fauve ; la frange est de la meme couleur avec deux taches blanches qui s'avancent un peu sur I'aile. Le dessous des ailes est blanchatre avec une nuance de gris jau- natre au bord anterieur, et une large bande marginale d'un noir fauve; les superieures out de plus une tache noire ccntrale. Le corps est en partie d'un fauve violet et d'un noir bleuatre avec une double ligne noire sur la partie anterieure. L'abdomen est d'un brun rougeatre plus clair sur les cotes, avec quatre pinceaux de poils en dessus et un autre terminal. Les antennes sont noiratres, point pectinees. J'ai trouve cette noctuelle le 6 juillet sur le tronc d'un chene, aux environs de Montpellier. Cette description est faite d'apres un male. iV. CaiUno, Lefebvre, Boisd. (Genre Opkiusa, Och., Treit., Boisd.) Statura _V. stolidcB. Alls anticis supra strigis tribus transversis, fascia media rufa. Margine late albo-fusco coerulescente , macula renifoinii maxima externe bidentata , posticis albis ; fascia margiuali nigra , puncto albo ex- terna interiupta, pi. 5, fig. 4- Cette noctuelle est de la taille de la iV. stoUda; ses ailes supe- rieures sont traversees en dessus par trois lignes sinueuses , dont { 263 ) la derniere est oljliqiic dans iin sens oppose aiix aulres. Ces Irois lignes partagent I'aile en quatre portions. La premiere, en comniencant par la plus exlerne, est d'un blanc bleuatre ombrec de brun du cole de la frange; celle-ci est d'un brun roux bordee interieurement d'une serie de petits points noirs; la seconde portion est d'un noir un peu roux , avec quelques endroits d'un cendre liiuve ; elie est occupee en partie par la tache reniforme , qui est tres-grandc , bidentee a son cute externe, et bordee d'une ligne tres-noire ; son cote interne forme une tache noiratre etroile, qui est eclairee interieurement par une ligne blanche, laquelle horde aussi les deuxnervures qui aboutissent a sa base ; le reste de la tache reniforme est d'un cendre fauve ; cette couleur s'etend jusqu'ala cote. La troisieme portion est roussatre, avec deux lignes transverses d'un brun ferrugineux, noires vers la cote. Enfin , la derniere partie presente a son cote externe une bande etroite, d'un brun roux, bordee par la ligne interne ; plus interieure- ment , une autre bande d'un noir bleuulre ; le reste est d'un gris roussutre avec un double trait noir transverse. Les ailes infei-ieures sont blanches avec une bande marginale d'un noir un peu fauve ; cette bande est flexueuse a son cute ante- rieur, oil elle forme un angle , echancree a son cote posterieur par ime tache blanche oblique ; les nervures du milieu de I'aile en un arc central sont noiratres. La frange est blanche avec une tache brune dans son milieu. Le dessous des ailes est blanc, un peu gris au bord anterieur avec une lunule centrale ; trois bandes sur les superieures, et deux sur les inferieures, noiratres. Les antennes sont noires, pas sensiblenient pegtinees. Le corps est grisatre teint de roux, avec deux pelites bandes noires longitudinales sur la partie anterieure. La poilrine est blan- che ; I'abdomen est d'un gris roussatre , finement ponctue de noir en (lessus. Cette description est faite d'apres un individumule, que j'ai pris, lo 2 mai, dans un endroit sablonneux, sur le bord du Lesk , aux en- virons de Montpellier Cette noctuelle se tienl a terre, et son vol ressemblc a c(;lui des IS. ciiigularis et Al^h-a. ( m ) Plmlena (ihiaria. [Phal. geoinctrica L. ; P\i;\\et\n Fabr.) Statura Ph. TFanariw alis griseo-rufis, cxlinio fuscantibus. Anticis serie trans- versa obsoleta piinctorum alborum, omnibus siibtus puncto lineaqiie punc- tata nigris. Anlennis pt'ctinatis , pi. 6 , fig. 2, Cette phalene est toute d'un gris roussatre, devenant plus som- bre vers I'exlremite des ailes. Les superieures offrent en dessus, a peu pres vers le tiers pos- terieur de I'aile, une ligne coiirbe de points blanchatres peu visi- bles, et qui sont accompagncs d'un tres-leger point noir; on aper- coit aiissi sur I'aile des atonies noirs, qui, dans certaines parlies, forment presque des lignes; la marge est bordee d'une suite de traits noirs. Les ailcs inferieures sont pales en dessous, surtout vers la base. Toutes ont en dessous un point noir, un peu marque en des- sus, et une ligne transverse de points noirs. La teinte des ailes varie selon les individus ; quelquefois la ligne de points blancs est presque nuUe, et les atomes noirs qu'on y re- marque sont plus ou moins nombreux. Les antennes du male sont aussi pectinees, et ses jambes poste- rleures renflees; les autres jambes ont leur face antcrieure brune. Cette phalene se prend a la mi-septembre dans les clairieres des bois, o0 ) BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGHAPHIQUE. ASTROIVOMIE. Sur U plan iniariable du systeme solaire. — Dans la seance dir a3 mars 1828, iM. Poinsot a prosente a rAcademie des Sciencci de Paris une note fort importante , relative a la theorie et a la determination exacte du plan invariable des aires dans le systeme dn moude. On sait que, dans le mouvement d'un systeme de corps qui reagissent d'une maniere quelconque les uns sur les autres, si Ton projette sur un plan les aires que tracent autour d\m point fixe ou foyer les rayons vecteurs, menes de ce foyer a toules les parti- i:ules egales du systeme , lasomme de ces aires projetees deraeure tonstanle, nonobstant les variations qu'eprouve cJiacune d'elles, par la liaison et Taction reciproque des differens corps; et c'est en cela que consiste lu principe si connu de la conservation des aires. En considerant ainsi des aires sur les divers plans qu'on pent niener par le nieme foyer, on voit qu'il exisle uu plan distingue de tons les autres par la propriete suivante : si Ton projette les aires sur un des plans perpeudicuiaires a ce plan unique que nous disons etre distinct de tous les autres, la somine des projections est toiijours nuUe; on reconnait aussi que la projection des aires sur le plan unique dout il s'agit , est la plus grande possible. Cette pi-opriele avait deju <■'.(• remarquee par les geometres; ils avaient clioisi ce plan pour siniplifier le calcul dans la recherche du mou- vement de quelques syslemes , et, par exeuiplc. lorsqu'il s'agis- sait du mouvement d'un corps solide qui tourno librement autour de son centre de gravile. L'auteur ajoute : c'est ce meme plan que M. Laplace a considere dans notre systeme planetaire, auquel il a donne le nom de plan invariable. II a cherche la position que ce I'laudevnil nvnii- ;iii couiniericcmrnt de 1 ^.'jo . et scs foimido liii ( ^;o ) ont doiine, pour cette epoqiie, I'inclinaison dii plan sur I'eclip- tique egale a i",768g et 1 14°>3979 pour la longitude de son uoeud ascendant. M. Poinsot remarque que ce grand geometre, en eta- blissant son analyse , n'a considere que les aires decrites autour du soleil par les differentes planetes regardees comme autant de points, dont chacun serait charge de la masse entiere de la pla- nete et de ses satellites. Or, on sait que M. Poinsot a decouvert une nouvelle theorie des momens et des aires, ou ces sortes de quantites ne sont pom- lui que I'expression geometrique des cou- ples ou forces de rotation , qui s'exercent actuellement dans le systemc. Tons les geometres connaissent ces belles et inge- nieuses recherches qui ont contribue a perfectionner la sta- tique, et qui ont a la fois I'avantage de la clarte et dc la profon- deur. II conclut aujourd'hui de sa theorie des momens, que le plan vraiment invariable n'est autre chose que celui de I'aire qui resul- terait des aires simultanees decrites par les particules du systeme, si Ton composait entre elles toutes ces aires a la maniere des simples forces appliquees sur un point, et que, par consequent, pour determiner le veritable plan invariable, il faut combiner en- semble , non-seulement les aires que M. Laplace a considerees, mais encore d'autres aires que son analyse ne comprend point, savoir : celles qui provicnnent des mouvemens particuliers des sa- tellites autour de leurs planetes prnicipales, et celles qui naissent de la rotation de tons ces corps et du soleil lui-meme sur leurs propres axes. M. Poinsot fait remarquer que le plan de cette aire resultante est le seul dont on puisse affirmer qu'il demeure immo- bile dans le ciel, ou qu'il reste loujours parallcle a lui-meme, quels que soient les changemens que la suite des siecles puisse ap- porler dans les muuvemens, dans la figure et la position mutuelle des differens corps celestes. II ajoute que, si Ton ne compose enlre elles qu'une partie de ces aires simultanees , on ne pent plus dire que I'aire partielle qui en resulle soit invariable de grandeur et de po- sition dans I'espace; d'oii il suit que le plan determine par M. La- place pent varier, et qu'ainsi il n'est pas propre a faire reconnaitre les changemens qui peuvent survenir avec le temps dans la posi- tion des orbes et des equateurs planetaires; I'auteur en conclut done que. pour obtenir ce resultat, et donner ainsi aux uf^lvo- ( ^70 iiomes futiirs le moyen de comparer d'une maniere precise le* observations separees par de tris-Iongs intervalles de temps , ii Taut recourir au plan qu'il propose , parce qu'il est seul invariable. II nomme ce plan Vequatcur du systetne da monde. Telle est la consequence principale de la theorie nouvelle que M. Poinsot a presentee ii I'Academie. Quant a la determination de cet equateur du systeme solaire, I'auteur remarque qu'elle de- pend non-seulement des masses des differens corps celestes, mais encore des momens d'inertie de ces corps par rapport a leurs axes, quantites qui nous sont jusqu'a present inconnues. Aussi I'auteur fait-il observer que la question qu'il traite a deux objets trcs-differens. Le premier est unc theorie importante qu'il est ne- cessairede rectifier pour I'esactitude et la perfection de la science; le second est une application particuliere qui suppose la mesure de ccrtaines quantites que le temps seul et I'observation peuvent nous faire connaitre. II en resulte, dit I'auteur , que le plan dont il s'agit doit differer sensiblement de celui que !\I. Laplace a de- termine, parce que, si les aires dues aux revolutions des satel- lites, on meme a la rotation des planetes, sont des quantites as- sez petites pour qu'on puisse^es negliger a I'egard des autres, il n'en est pas de meme de I'aire due a la rotation du soleil, qui est une quantite considerable , et qui ne doit etre omise dans aucun cas. En supposant d'abord le soleil homogene, M. Poinsot trouve que I'aire due a la rotation de ce grand corps sur lui-meme, vaut plus de 5o fois celle que la terre decrit en meme temps par son mouvement de revolution dans son orbite annuelle. Si , comma il est trtis-vraisemblable , la densite n'est pas uniforme , mais si elle croit de la surface au centre, en raison de la profondeur, I'auteur trouve que I'aire dont il s'agit s'eleve encore aux deux tiers de la valeur precedente. Et, dans I'hypothese mC'me oi'i la densite du soleil augmenterait depuis la surface oil elle serait nolle, jusqu'au centre ou elle serait inGnie, comme I'ordonnee d'une hyperbole s'approchant de I'as^^mptote qui lui est parallele, cette aire decrite aurait encore la moitie de la valeur qu'on a trouvee dans le cas d'homogeneite. Ainsi, pour cette hypothese , qui parait extreme , la resultante des aires, determinees sans tenir compte de cette cjuantitc, difTireatilant de la veritable, que si Ton eut onblie. dans ( 27^ ) le caltiil, an uioiiis 20 glol)es tels que le iiotrt; , qui auiaient cir- cule comnie la tene a la aieiiie dislance dii soleil , mais dans un plan incline de 7 a 8 degres au plan de notre ecliptique. L'auteur conclut que cettc omission altere d'une maniere tres-sensible la position du plan invariable, parce qu'il est aise de voir qu'elle change de plusietirs minutes son indinaison a I'ecliptique, el de plusieurs degres la longitude de son noeud ascendant, et que , par consequent, il n'est pas moins necessaire, dans I'application que dans la theorie, d'avoir egard a cette partie des aires qui vient de la rotation du soleil. II est certain que le seul plan rigoureusement invariable, est celui que l'auteur determine. Quant aux modifica- tions que pourraient autoriser la constitution du sjsteme solaireet la forme des mobiles , il serait necessaire de les fonder sur inie dis- cussion detaillee des divers elemens. Les consequences ne pour- raient etre qu'approchees ou assujettics a toutes les limitations que Ton aurait introduites dans le calcul. Au reste, M. Poinsot se propose de developper toutes ces considerations dans un 3Ie- moire qu'il doit lire tr^s - prochainement t\ I'Academie. {Analyse des iravaiu-de I' Acad. roy. des Sclmc. , en 1828,/j. 6 , part, math.) PHYSIQUE. Sur les couleurs des reseaax ; par M. Babinef. —On sail que Fraunhofer a donne des mesures Ires-precises et tres-nombreuses sur les spectres des reseaux. Voici comment on pent rcproduire ce phenomene : on trace, sur une lame de verre, des lignes paral- leles et tres-serrees , au moyen d'un diamant mu par une vis mi- crometrique; M. Lebaillif a forme, pour M. Babinet, un roseau pareil, qui contient 100 traits par millimetre. Si Ton regarde, u travers ce reseau , la flamme d'une bougie, ou, si I'ou veut, une ouverture rectiligne etroite et fortement eclairce, on lecoit d'a- bord I'image directe de cette fente sans aucune alteration : puis, ii droite et a gauche, une foule de spectres ou d'images colorees, d'autant plus larges, qu'ils s'eloignent plus de I'image directe, maisdont les parties correspondantes sont egalement espacees; cii, sorte que ces spectres. d'al)ord separes pres de I'image directe. ( ^r"' ) Onissenl })ar sc supfrposer en parlie. M. Babinct doniie imc exjili- cation lios-siiuple cle ce pheiionioiie, en s'appuyaiit sur la theorie (les inlcileiences donnee par Fresnel. Dans celte theorie , on ad- met qu'un point quelconque d'un rayon luniineux, pris dans le vide on a la rencontre des corps diaphanes et des surfaces refle- chissantes, pent etre considere conuiic ini centre d'emanation de luiiiiere. Snpposons, pour fixer les idces , que la luuiiereincidente au reseau dont nous venous de parler tombe perpendiculairemcnt sur le plan de ce reseau, et que I'oeil soil place en ariiere a une certainc distance , et ne considerons que les rayons d'une meme couleur qui se trouvent dans le plan niene par I'oeil perpendiculai- remcnt aux traits du reseau ; voici ce qui arrivera. Si les distances de I'ceil aux extremites de I'intervalle compris entre deux traits consecutifs du reseau , avaient pour difference la longueur exacte d'une ondulation lumineuse, la premiere moitie de cet intervalle enverrait a I'oeil des rayons qui differeraient precisement d'une demi-ondulation avec les rayons emanes de la seconde moitie (le rinlervalle; toute lumiere serait delruile par reffet des interfe- rences , ct riutervalle en question serait enlierement prive de cette espece de lumiere. Mais si Ton vient a rendre opaque le milieu de lintervalle, au moyen d'un nouveaii trait qui en occupe precise- ment la moitie , on arretera par le iait les rayons qui interleraient avec ceux qui ont encore la liberte de passer, soit a gauche, soit a droite. L'intensite la plus vive pour ees derniers aura lieu dans cette supposition, que le noiiveau tiait occupe les second et troi- sieme quarts de I'intervalle , en laissant libre les premier et qua- triemequarts, ou, en d'autres termes,si les intervallesetleslargeurs des traits du reseau sont tels que les distances de leurs extremites a Foeil de I'observateur different precisement d'un quart d'oscillation. Quand cette condition n'est pas remplie, il y aune partie des rayons qui sont completeuient detruitspar les interferences, et la lumiere des ouverturcs est moins vive que dans le premier cas. Cette re- marque sur la vivacite des rayons qui traversent un reseau , avait cchappe a Fraunhofer; elle est due a M. Babinet. Maintenant, il est clair qu'il y aura d'autres inter valles entre les traits du reseau, ou, ce qui revienl au meme, d'autres distances a I'oeil de I'observateur, pour lesquelles se reproduira le meme , phenonuMic iclativciuent aux autre.'? rayons lumineux : de la fur- ( =74 ) iiiatiun il'uii spectre de toutes lescouleurs, si la lumifere incidenle est de la luniieie blanche. Ce phenomene se reproduira toutes les fois que la largeur d'un trait ajoiilee ^ I'intervalle qui le separe du suivant , fera une somme egale a la longueur d'une ondulation lu- niineuse , on de deux ondulalions, on d'un nombre entier d'ondu- lalions. A la suite de I'article de M. Babinet. se trouve une explication du meme phenomene, donnee par M. Th. Young, et inseree par le redacteur des Annates de Chimie et de Physique (t. XL, p. 166 et'78). Tficnno7netrcumadimumet d minimum. — On pent se procurer uu thermoniHtre a maxiumm el a minimum tres-exact, en faisant une legere addition au thermometre metallique de Breguet. Voici comment : Au milieu du cercle gradue qui marque le chemin que suit la pointe de I'aiguille, on creuse une rainure concenlrique a ce cercle. On y dispose deuxpetits curscurs tres-legers, situes de 4.haque cote de I'aiguille , et tels qu'ils puissent ceder au moindre effort. II est clair que, quand I'aiguille fait une excursion dans un sens, elle pousse devaut elle I'un dcs curscurs, et que celui-ci qui reste ensuite au point oii I'aiguille I'a amene, indique une tempe*- rature maximum, ou une temperature minimum, suivant le sens de la marche de I'aiguille. Pour mettre cet instrument en expe- rience , il suffit d'approcher les deux curseurs de I'aiguille , jusqu'a ce qu'ils la loucheut. Cette disposition qui, pour les temperatures atmospheriques, parait devoir conduire a des resultats exacts, pent elrc appliquee au thermometre a cadran, et a la plupart des thermometrcs mctalliciues. Quand on I'applique au thermometre de Breguet, il taut que la spire soit assez forte pour que le mou- vement de I'aiguille ne soit pas gene par la petite resistance que presentent les curseurs" (ou bien, si cette resistance est constam- ment la meme, il sufTna de determiner, une fois pour toutes, la perte de torsion qu'cllc fait eprouver a la spire, et cette perle , estimee en degres du thermometre, sera une correction qu'il fau- dra reporter sur toutes les observations de temperature maximum ou minimum. ) (Extrait du Cours de Physique ct de Chimie indus- tricltes , que M. Lechevalier, lieutenant d'artillcrie, public actuel- lemcnt a Paris, chez Bachelier; et a Metz . chcz madame Thiel. ) ( 37^' ) EcoLilement et pression du sable. — • M. Huber-Burnaiid a fait u Yverdun plusieurs experiences interessnntes sur I'ecoulemetit et la pression du sable. On fait passer ce dernier a travers une gaze en colon, presentant i5 fils snr 18 dans I'espace d'un centimetre. Le sable ainsi tamise est place dans une caisse, dont le fond presente une fente qui a, pour le moins, deux millimetres dc largeur. Voici les resiiltats sur Vecoitlement. La vitesse de recoulcment du sable ne depend point de la hauteur de ce sable, au moins jusqu'a des hauteurs dccuplees. II parait que la quantite de sable ecoulce croit dans un rapport plus considerable que I'aire de I'orifice, quand on i'ait varier sa largeur seulement. Celui qui s'ecoule par des orifices faits sur les parois verticales de la caisse, a une vitesse indepen- dante de la hauteur du sable ; mais rien ne s'ecoule si le diametre du trou perce horizontalement est moindre que I'epaisseur de la parol. Le sable verse dans un tube deux fois coude a angle droit, ne remonte point dans la l)ranche opposee ; il s'etend a peine dans la branche horizontale. Quelle que soit la pression que Ton fasse subir au sable renferme dans une caisse, elle n'influe en aucune maniere sur la quantite de sable qui s'ecoule par une ouverture quelconque. Vna regie implantee perpendiciilairement dans le haat de la colonne de sable, et dans la direction de I'ouverture in- lerieure , descend dans le sable et avec le sable , sans s'incliner d'aucun cote, et avec une vitesse parfaitement uniforme. Des grains de sable mis en tas s'eboulent de telle maniere , que les surfaces sont inclinees de 3o a 33 degres sur I'horizon. Voici les resultats sur la pression du sable. Ln ceuf mis dans I'interieur du sable contenu dans une caisse, ou sur le fond meme de cette caisse, reste intact, meme sous une pression de 25 kilo- grammes. D'une boite cylindrique partait horizontalement un tube qui redevenait vertical, et qui etait ouvert parses deux bouts; on versa du mercure , et le niveau de ce liquide s'etahlit a la meme hauteur dans la boite et dans Ic tube; ensuite on mit sur le mer- cure de la boite une colonne cylindrique de sable, de 65 centi- metres de hauteur; mais le niveau du mercure dans le tube ne va- ria que d'environ 2 millimetres. L'auteur a fait plusieurs autres experiences pour demontrer que la pression du sable contenu dans un cylindre, s'cxerce presque en totalite contre les parois, et non conlre le fond. Quo ce fond soit un simple morceau ile papier ( ^7^ ) limueole «'t applique a I'exlremittJ iiilcrieuie du cylindre; qu'uii •ippuie ce dernier par sa base; qu'on le reniplisse alors de sable on (je toutc autre iriaticre globuleuse, telle que des poids sees, puis qu'oH le souleve verticaleuient; le papier qui en forme le fond res- lera en place, malgre le poids considerable de la colonne. [Biblio- l/ieqae iiniverselle dcGiinb\e, t. \L, p. 22.) GHIMIE. Sur lesodium. — iM. Serullas avait deja fait voir que le potassium^ mis sur le mercure, et expose al'airhnmide, decompose lavapeur d'eau , et que I'hydrogene qui se degage pousse en sens contrairo le morceau de potassium. Ce mouvement n'a plus lieu sur le mer- cure renferme dans une cloche qui ne contient que de I'air sec : ramalgamation s'opcre Iranquillement. Mais le sodium projele \ ivement sur le mercure , est lance avec violence hors du bain, et donne lieu a une petite explosion, ac- compagnee de chaleur et de lumiere. Quand on le projette sur une dissolution gomnicuse, le sodium ne tarde p;is a s'enflammer, parce qu'il est retenu par la viscosite du liquide , ce qui permet a. la clialeur de combinaison de s'accumuler : la flamme est jau- uatre, tandis que celle du potassium est bleuiitre. ( Ann. de Cliim. et de I liys. , t. XL, p. 527. ) Purification de L'oxide de manganese ; par "Si. Lassaigne. — On traite d'abord le peroxide de manganese par I'acide murialique etendu , p»iis a chaud, par 4 ou 5 fois son poids d'acidesulfurique concen- tre, et on evapore a siccite. On traite ensuite la masse par 8 on- 10 fois son poids d'eau bouillante. On precipite le cuivre que la dissolution powrraitcontenir, enyersant un peu d'acide sulfurique, et faisant passer un courant d'hydrogene sulfure : on fdtre pour separer le sulfure de cuivre. On fait bouillir pour degager I'exct'js d'hydrogene sulfure , et on precipite par le carbonate de sonde. Ce precipite n'est plus compose que de carbonates de manganese et de fer ; on le lave et on le traite it chaud par un exces d'acide oxa- bqiic.^ L'oxalalc de uianganc.-e se pn'cipilc. cl ( cbii de fer rote en ( 277 ) • lissolulion. On ralrine le premier en vase clos , ct Ton obtient le protoxide i!e uiangaiie^e pnr. [Ibid, p. Sag.) Lettre de M. Braronnot d M. Gay-Liissar , sur unc enct-e indelebile. « En voiis ailressant quelques observations sur une raaliere co- lorante brune, je me suis beaucoup trop empresse, d'apres quel- ques essais fails a la hate, d'annoncer qu'elle pouvait etre em- ployee avantageusement comme encre indelebile ; car, I'ayant soumise dernierement a de nouvelles eprenves, je n'ai pas tarde i me convaincre qu'elle ne meritait pas cc titre , puisque les carac- leres qu'elle a fournis ont disparu par des macerations successives danslechlore etla potusse. [Ibid, p. 4-^9; ^ cj- -^""-j '^^h. preced. , p. 5o.) Examen c/iiinique du curare. — Ce curare est un poison qOe MM. Pelletier et Petroz ont recueilli sur une fleche. lis en ont ob- tenu une substance vegeto - animale , une resine et une matiere grasse , plus, un principe amer, solide, translucide, d'une cou- leur blonde , soluble dans I'ulcool et dans I'eau , mais non dans I'ether, ramenant i'aiblement la couleur du tournesol rougi par un acide , precipitee de sa dissolution aqueuse seulenient par la noix de gaile et les autres matieres astringentes ; ce serait peut-etre , d'apres les auteurs, un nouvel alcali vegetal. On I'obtient en trai- tant le curare par I'alcool , puis par I'eau, ajoutaut du sous-ace- tate de plomb , precipitant ce metal par un courant d'hydrogene sulfure ; enGn, versant de I'acide sulfurique etendu de beaucoup d'alcool, qui chasse I'acide acetique auquel ce nouvel alcali serait combine ; purifiant par le charboQ animal , et separant I'acide sul- furique par un leger exces de baryte, et eel exces par un courant (I'acide carbonique. On concentre la liqueur, et ondessecbe la ma- tiere amere sous le recipient de la macjjine pneuraatique. [Ibid, p. 2l5. ) Acide as pariiquc ; par M. Plisson. — L'auteur avail fail voir I'i- dentite des matieres cristallines trouveesdans les asperges, les ra- tines de reglisse, de guimauve et de la grande consoude : c^es^t Vasparagine. En la precipitant par I'oxide de plomb, et decompo- ( ^78 ) sant Ir 5cl qnifii rcsiilte, par I'liydrogene siilfure, I'auleur a oIjIciui nil nouvel acidc , qii'il a iiomme aspartique ; il est en poiidre eris- Inlline, qui, an microscope, parait coniposee dc longs prismes Iranspareiis et incolores. L'auteur traite fori au long- Ic chapitrc des aspartates. En prenant I'alome d'oxigene poin- loo, celui d'acide aspartique peserait 1690,817. (Ibid, p. 5i8.) Precede pour exiraire I'uree; par M. Henry fils. — On verse a cet effet, dans I'urine fraiche un leger exces de sous-acetate de j)lorab on d'hydrale de ce nietai ; on decante la liqueur apres le precipite; on separe tout le plomb par des additions d'acide snl- furique en petit exces. Apres la separation du sel blanc , on con- centre tres-rapidement sur un feu soutenu, en mettant dans le li- quide une certaine quantite de charbon animal. On le passe sur une toileserree , et on I'evapore d'environ un tiers de son volume; par le refroidissement , la liqueur se prend en une masse aiguillee, jaunatre, formee de beaucoup d'uree et de quelques sels. Les cristaux egouttes et exprimes sont traites par une tres- petite quantite de carbonate de soude , afin de separer I'acelate calcaire qui pourrait rester, et on les met en digestion dans I'alcool , i 58 ou4o°. Ce mcnstruefdtre et distille laisse pour residu I'uree. {Jour- nal de Pliarmacie , avril 1829. ) Nouveau combustible fossile. — M. Macaire-Prinsep vient d'analyser un mineral combustible, trouve depuis deux ou trois ans dans une carriere de lignites qu'on exploite pres d'Urnach , dans le canton de Saint-Call. II est en petits cristaux blancs, aciculaires, implan- tes dans les intervalles des fibres des lignites, ou en enduits lamel- leux translucides, places entre les couches ligneuses qui resultent de I'accroissement annuel des troncs d'arbres. Son eclat est gras, comme nacre : sa densite est d'environ o,65; il est sans saveur et sans odeur; ses proprietes chimiques se rapprochent de celles de la naphtaline. II est forme de carbone jS, et d'hydrogene 24, tan- dis que la naphtaline, d'apres I'analyse de l'auteur, serait compo- see de carbone 86, et d'hydrogene i3,8. La composition de ce nouveau fossile est done la meme que celle du gaz hydrogene protocarbone. {Bibliotlieque universelte de Geneve, t. XL, p. 68.) J ( -70 ) I'HOCEDES DIVERS I'Ol'U LA CUXSERV ATION DE.S SUUSTANCES AMMALES ZT VEGETALES DESTINEES AUX COLLECTIOKS SCIENTIFIQIIES. On connait les avantages et les inconveniens des divers liquides dont on a fait jusqu'ici usage pour conserver ies preparations ana- tomiques ou les individus du regnc animal et vegetal qui enri- chissent nos cabinets. L'alcool, qu'en voyage on netroiivepas toujours sous sa main, entraine dans des depenses auxquelles la bourse d'un particidier refuse de se preter. Ce menstrue dissout les substances grasses, sncrees, et les matieres colorantes , et ne peut par consequent satisfaire dans tons les cas les vues du collecteur. Les dissolutions d'alun, de nitrate de polasse , ne reniplissent qu'imparfaitement leur destination , et alterent les tissus. Le sublime corrosif , outre les dangers qu'offre son emploi , ne conserve pas mieux les substances dans leur integrite. M. John Davy (i) vient de proposer la dissolution de gaz acide sulfureux dans I'eau, qu'on filtre ensuite afin de donner de la transparence au liquide. Cette preparation joint a la modicite du prix, la propriete de conserver indtfiniaient les substances, et de rendre transparentes les parties les plus tenues de I'organisation. L'auteur garde de cette maniere, depuis trois ans, diverses pieces anatomiques, qui sont aussi fraiches qu'au moment de leur im- mersion ; les flacons sont bouches hermetiquement et lutes avec de la cire. Le meme procede, d'apres l'auteur, pourrait s'appli- quer aux substances vegetales. Les pieces d'anatomie patholo- gique peuvent egalement etre conservees intactes dans la meme liqueur. II faut avoir soin de plonger ces substances dans la solution, avant que la putrefaction se soit declaree. Si Ton veut rendre I'organisation des tissus plus apparente , on doit employer une so- lution assez forte. On n'a besoin que d'une solution faible, quand il ne s'agit que de conserver des pieces anatomiques. (i) Trans, of the soc. med. chir. ofthe Edinb., vol. HI, part, i ( 2R0 ) Ce proccdc nc saurait sans doulc conveiiir aux substances ilwnt on vcut conserver et la forme exacte et les couleurs. M. Vignal, preparateur du cours de botanique de la Faculle do medecine de Paris, vieiit de decouvrir qu'un moyen excellent de conserver les substances animales, c'est de les laisser plongees dans une eau contenant un execs de camphre en grumeaux. Tant que les grumeaux de cainphre existent dans I'ean, les pieces se con- servent sans alteration, meme au contact de I'air. Elles se conser- veraient indefiniment dans un flacon bouche a I'emeri. M. Vignal, qui nous promet de plus amples details a cet egard, conserve dans un flacon ouvert, et depuis un an, un fetus de deux a trois mois. Ces dissolutions ne paraissent pas convenir a la conservation des substances vegetales, encore moins a celle des champignons. En 1827, M. F. Luedersdorfl'(i) a conseille I'emploides huiles grasses melangees d'alun ou de creme de tartre. L'alun doit etre aupara- vant separe, par une forte clialeur, de son eaude eristallisation. II penetre alors dans les plantes prcsque aussitot avec Ihuile , al)- sorbe toute leur humidile, et conserve entierement leurs cou- leurs. On n'a qu'ii tremper la plante dans le melange : on la place ensuite entre du papier gris pendant vingt heures , pour que I'huile la penetre entierement. Alors on la place dans du papier sec, et, en peu de temps , elle sera prete pour I'herbier. En voyage , on pent laisser les plantes dans un vase plein d'huile, pour se reser- ver le soin de les dessecher au retour. Quant aux champignons , I'auteur les plonge dans le suif de mouton expose a une chaleur de 42 a 45° R. , apres avoir perce I'epiderme du cTiampignon sur dif- ferens points. Le suif penetre dans la suljstance des champignons; on enleve le superflu apres le refroidissement : de cctte maniere , le champignon conserve non-seulement sa forme, niais encore ses couleurs. La composition chimi([ue des champignons ni'avait fait pen- ser, depuis long- temps, que I'infusion de noix de galje pourrail remplacer avec avantage I'acide pyroligneux dont on se sert ordi- nairement pour conserver ces especes de cryptogames. L'acids; (i) Dns Aiiftrocknen der Pflanztn, etc. , iij-8" de i5o pag. Berlin , 1S37. ( '-»8i ) pyroligneux altcre Ics couleiirs cl la consistance dii cliumpignon. L'iufusiundenoixdegalle, un peu alcoolisee , lue semblait devoir obvier aces iiiconveniens ; et I'cxperience n'a pas dementi uies pre- visions. M. Petit, a qui i'ai communique ce liiit, a conserve ainsi, pendant deux moisau moins, et sans aucune alteration , les champi- gnons lesplusfugaces. Bien loin deseramollir, cesindividusavaient acquis dans le liquide une plus grande consistance, et ils avaient conserve parfaitement leurs couleurs. Cependant le vase etait sim- plement reconvert d'un liege, efla superficie du liquide ofTraitdes moisissures en assez grande quantite. II laut avoir soin de leiiir le champignon plongo entiercment dans la dissolution. R... L. CHIMIE MEDIGALE. ExAMEN DF. l'analyse, faite par M. Caventou, d'un sang offrant des caracteres particuliers. MiM. CoUineau et Gendrin ont consigne (dans le t. CVI dn Journal general de Medecine, ]a.ns[cr 1829, p. O7) une observa- tion fort interessante dont leur pratique les a rendus temoins. L" 7 novembre 1828, M. Colllneau fut appele, a sept hemes du matin, par un marchand chapelier, age de trentc-neuf ans, d'une forlo constitution, mais d'un caractere mobile el tres-irritablc. Depuis a peu presune heure et demie, cet homme eprouvaitdes verti-^es, une pesanteur et un malaise de tete, surtout vers la partie poste- rieure de la base du crane, accidens auxquels 11 n'etait pas sujet, et quil'effrayaient tellement, que, malgre la crainte que lui causait la saignee, il se soumit sur-le-champ a cette operation, qui fut pra- liquee au bras droit. Le sang, au sortir de la veine, etait trouble, d'un rouge clair, sale, et dcvenait marbre, rouge-blancbatre, k mesurequ'il se refroidissait dans la cuvette. Quelques gouttes.qui tombaient sur le carreau, blanchissaienten peu d iustans, et pre- naient I'aspect du chocolat au lait. La saignee fut de pres de vinnt onces. Au bout d'une heure et demie, il s'etait forme un caillot d'un volume mediocre, nageant dans une grande quantite d'un fluide blanc et opaque, tout-a-fait semblable a du lait. M. le doc- tenr Gendrin alia le meme soir voir le malade; le sang etait tel que 2. '9 ( -iS-i ) M. Collineaii I'avait examine le malin, c'cst-a-dite, vingt-quatre heiires apros la saignee; le caillot, (jiii ne formail pas le cinqnieme de la masse dii sang, suniagealt; il ctait d'un rouge plus violiltre que dans I'etat physiologique ; il etait reconvert d'une couche coucnneuse, blanche, tres-peu consistanle, qui n'avait pas plus d'une ligne d'epaisseur. Cettc couche etait diaphane et comme g^- latiniforme. Le serum dans lequel nageait le caillot presentait cxactement le ineme aspect fju'il avait la vcille, an soir; il avail le goGt fade du .serum ordinaire; M. Gendrin en recueillit six on- ces qu'il porta a M. Cavcntou, pour en i'aire I'analyse. Le malade n'avait fait aucun execs, il venait de marcher vingt minutes avant d'appeler le medecin , et il n'avait pris qn'un vorre de vin , a six heures. II ne s'etait expose a aucune cause d'inf'ection syphiliti- que ; seuleuient, aux niois de juin , juillet, aout, il avaitete malade sans garder le lit ; il lui etait venu a I'aine gauche une tumeur semblable a un bubon , laquelle s'etant ouverte , avait produit une peliie plaie fistuleuse qui suppurait encore. MM. Gendrin et Col- iineau furcnt amenes a pcnser, en outre, que cet homme avait cprnuve une pieurile cluonique, dont les suites n'etaieiit pas en- core enticrement dissipees. Cette observation, comme cas pathologique , ne laisse rien a (iesirer; voyons si I'analyse du chimiste rivaliscrad'exactitude avec la description du medecin. M. Caventou a rcmarque que ce liquidc n'avait ni odeur, ni sa- veur particulicre ; il puraissait neutre au touniesol. On a essaye de le fdlrer, afin de separer la maliere blanche qui occasionait son opacile ; mais tout le liquidc passait a travcrs le filtre. On en a fait chauffer une partie ; elle s'est coagulce en une seule masse, comme de I'albumine pure. « Ltonne d'un resultat aussi mar- que, ditRL Caventou, je fus porte de suite a en conclure que le sang blanc devait sa couleur et ses proprietes a de I'albumine dans vm certain etat de coagulation; mais les essais que je fis pour de- terminer la presence de I'albumine me firent changer d'avis » Voici quels furent ces essais. Lc liquide ne precipitait point par le sublime corrosif. U se coagulait a peine par les acides et I'alcool. II lie fur u»e coiiche Ires-epuisse de lissu cellulaiie egaleuienl reiupli de fecule, et uiCIe dc faisccaux fibreux, qui de la zone Ijljieuse cilculaire se portent dans les petioles des feuiiles; enfin, telle zone fibreuse se trouve elle-nieme separee en deux zones concenliiques par une couche de tissu ccUulaiie ; et d'anties pro- longcniens celluleux rayonnans la diviseut en plusieurs i'aisceaux. Jl. Broiigniait leconnait , dans cos diverses parties, les ana- logues de la inoelle , du parenchyine cortical et de la couche fibreuse du bois avec les rayons medullaires, en un mot, toule rorgaiiisation d'unc plante dicotyledone dune seulc annee , mais donlles vaisseaux ont une grandeanalogie avec ccux des coniferes. L'auteur ne manque pas, en parlant des fibres qui composent ces vaisseaux, d'adopter I'opinion de M. Mirbel ; et il regarde (es lubes conime perces de pores transversaux ovoides, presque li- neaires, entoures d'un l)Ourrelet souvent Ires-peu marque, mais assez large pour qu'il soil conligu a celui du pore voisin , dont il ne serail separe que par un sillon.plus ou moins visible. Ce bour- r,elet ne se presente pas d'une manicre aussi netle sur les figures de Jl. Brongniarl, et il est facile de se coiivaincre que ce que l'au- teur preud pour un bourrelet n'est (pi'un simple effet de lumiere produit par les diverses depressions qui existent eutre chaque pre- tendu pore lineaire. Quant a Texistence de ces pores , ou se rap- pelle que des physiologistes d'un merite eminent, et en se fondant sur des experiences varices, les onl considcrcs comme de simples globules liyalins. M. Brongniart n'apporte d'autre preuve en fa- veur de cetle opiaiiin, (jui depnis long-temps a perdu de sa va- lour, que I'observation suivanle : lorsque ces pores correspondent a la partie dechiree obliquenient du tube d'lnie de ces fibres , on voil dairement que ce sont de veritables ouvertures; car le bord du tube est interrumpu dans le point qu'ils occupeut. Jlnis I'habi- lude des observations microscopiques fail indubilablemei t cou- naitre que le meme effet d'optique aurait lieu, en supposant que chacun de ces pretendus pores soit une Yesicule a parois plus trans- parentes el plus minces que celles du tube. Si ce sont des pores , I'air pent y passer; or, voyez si, en plongeant votre tube dans I'eau , et en le pressant au microscope , I'air s'echappe des pores sous forme de l)ull(-s; si cela n'arrive point, > os pores ne sont que des celluU"^. ( •■^92 ) Rl. Brongniait ne manque pas d'ac^opter encore unc opinion de M. Diipellt-Thonais , qni , dit-il, dans sen excellent travail sur la •-■ermination et la Cructification des Cycas , a indique un sue gom- nieiix dans les petioles de ces plantes ; I'auleur attril)iie a ce sue "oninieux la consistance paiiieidiere qui caracterise le sagou qu'on retire de ces plantes; mais il anrait ialhi d'abord prouver que cette consistance n'est pas due a la torrefaction qu'on fait subir a cette substance avant de la verser dans le commerce; on ne conserve plus le moindre doute a cet egard, une fois qu'on a examine au microscope les boulettes du sagou (i). L'opinion principalc de IM. Brongniart se reduit a admettre que la tige des Cycas pussede unc structure dicotyledone , mais d'une dicolyledone d'une annee ; ces deux membres de la proposition sont egalement sujels a discussion. La plupart des monocotyle- dones que j'ai examinees au point de jouction dn systeme radicu- laire et du tronc , enfin a cette partie qu'on uommerait volontiers le collet (dans les Orchis par exemple) , otlVent au moins un an- neau continu, qui a la plus grandc analogic avec un des auneaux concentriques des dicotyledones ; en consequence, on pourrait considerer toute la tige des Cycas comme I'analogue du collet des monocotyledones. Quant au second membre de la proposition, il aurait fallu prealablement avoir verifie les tranches interieures jusqu'a la base de la tige, et il n'y aurait rien d'impossible que la tranche observee par M. Brongniart ne iCit une tranche superieure, en sorte que, plus bas , on decouvrirait peut-otre les emboite- mens concentriques analogues a ceux des dicotyledones agees de plus d'un an. Le memoire est accompagnc de figures. R. Florf. bordelaise et de la Girosde; par J. F. Laterrade, in- 12 do 591 pages. Prix : 6 francs et 7 fr. 5o c, franc de port. Bor- deaux, 1829; chez I'auteiu-, rue des Remparts, n^Si. Depuis Tepoque de la publication de la premiere edition de cet ouvrage, M. Laterrade a continue de s'occuper de cette Flore; il a public, soit dans VAmi des cliumps , soit dans Ic Bulletin de le I oyrz \tb Aimidcs c/i'S Sricnc. d'ab.-:., I. II, j) ( 29J ) Socictd linnecnnccle Bordeaux , Ics ospcfos iioiivrlles cpril a cii I'or- rasion cle rciicoiilrcr dans la Gironde ol aux (Mivirons do Bordeaux. Ces di verses publications vicnnent d'etre reunies en coi'ps d'ou- vrage dans la troisienie edition que nous annoncons. Les plantes y sont distribuees d'apres le systeme linneen, et I'ouvrage est pre- rede d'un cours elementaire de botanique, ii comprend I'enumera- tion dc 579 genres, et la phrase, en francais, des especes qui leur appju'tionnent. COURS BE PHYSIOLOGIE GEIV^RALE ET COMPAREE, PROFKSSE A LA FACULTE DES SCIENCES DE PARIS; par M. DuCROTAY DE Blainville. 5'-i I" livrais. Paris, 1829; Rouen freres. (Voy. les Annales, torn. I", p. 4t»8.) Nous aurions desire consacrer a ce cours une analyse un pen etendu*. Un sujet aussi neuf sembiait nous promettrc des idees neuves ou des vues philosophiques propres a donner une impul- sion nouvelle a I'etade des corps organises. L'occasion etait belie a saisir ! Une revolution se prepare de toute part ; nos vieilles rou- tines sont ebranlees; persuade que les livres nous tronipent, cha- cun cherche a reconstruire I'edifjce de son instruction ; en se rap- prochant de la nature , ou menace d'aijandonner cctte multitude de substances dont le debordement n'avait plus de tiein; la car- riere est ouverte, on commence a I'exploiter. Ln homme, place a la tete des etudes scicntitiques , aurait pu detourxier a sou profit toute la gloire de la tentative , par cela seul qu'il eut paru y pre- ter les mains. Mais decidement I'adresse de nos maitres est en de- faut ! M. de Blainville a pret'ere revenir en arriere sur les chemins battus ; et son cours n'est qu'une repetition de tout ce (|ue nos livres de clumie organique nous ont si peniblement et si infruc- fueusement appris sur la nature des substances que cettc science analyse. Si nos lecteurs etaient assez indulgens pour ne voir dans ce que nous allons dire que I'aveu irresistible de ce que nous croyons vrai, et non I'envie de rendre malice pour malice, oubli des con- venances pour oubli des convenances, nous npus hasarderions a •^upfonner que IM. de Blainville avail, en commenfant, concu |c ( -MVi ) jirojct E naturae curiosorum , Bonnae, Tom. XIV ; pars prima 1828 , paru en 1829, p. 420, avec pi. Ce nouveau volume, que nous venons do recevoir, renferme les memoircs suivans, dont nous donnerons successivement I'ana- lyse : 1°. Sur les plaies parfaitement gueries qu'on remarque sur le crane des hyenes fossiles ; par Samuel -Thomas de Soemmering. 44 P- ? ■'i^cc 3 pi. 2°. Description du Salvinia naians ; par G.-W. Bischoff. 26 p. , avec 5 pi. 3°. Analogic du systeme nerveux des intestins des insectes, avec le nerf sympatliiqiic ; par Jean MuUer. 38 p. , avec 3 pi. 4°. Specimen malce conformationis encephati , capitis et pelvis viri; auct. M.-I. Weber. 18 p., avec 5 pi. (Voy. ci-apres, p. 3oi.) 5°. Sur le Lacerla quetz paleo de Seba; par Maximilien, prince de "Wied. 1 p. , avec une pi. 6°. Sur une espece mal connue de Cordylus [Cordylus catapkrac- ius; par Fr. Boie. 6 p. j7°. Sur les glandes salivaires des serpens; par H. Schleger de Leyde. 16 p. , avec 1 pi. 8". Sur le developpement des branchics des foetus; par Henr. Ratlike. (Voy. nos Annal. , t. II, p. 1 16 ). 58 p. , avec 2 pi. 9°. Classification naturelle des oiseaux; par F. -A. Ritgen. 28 p. 1 0°. Classification naturelle des amphibies ; par F. -A. Ritgen. l\o p. 11". Sur les parties solides qui servent de moyens de locomo- tion ; par F.-A. Ritgen. 44 P- > a^ec pi. 12°. Nouvelles especes de crustaces, trouvees, en 1818 et 1819, dans la Mediterranee ; par A.-W. Otto. 26 p., avec 3 pi. (Ci-apres, p. 3oi.) i3°. Sur la structure du nid du Mas minulus de Pallas; par Const. Glogeret L.-L.-C. Gravenhorst. 42 p. , avec 1 pi. i4°. Sur le Daphnia sivia ; par Fr. -V. .P. Gruithuisen. 8 p. , avec 1 pi. 1 5". Sur la Na'is diaplmna et la ISais diastroplin; par F.-V.-P. Xiruitluiisen. 12 p. , avec i pi. ( 5oi ) Specimen maLjE conformationis ENCEpnAU capitis et pelvis viri; aiict. M.-I. AVeber. Dans cette dissertation, presentee pour la fete celebrce u Toccasion de la ciiiquantieme annee du doctorat de IM. Soemmering, I'auteur cntre dans les plus grands details sur la structure du crane , de I'encephale et du bassin d'un homme mort d'une entente, a I'age de soixante ans, et qui, pendant toute sa vie, s'etait fait remar- quer par un esprit droit, un peu enclin a la colere, mais surtoul par son penchant aux plaisirs veneriens. L'hemisphere droit du cer- veau est plus petit que le gauche ; Theniisphcre gauche du cerve- let, au contraire, est plus petit du double que l'hemisphere droit, et les dimensions du crane sont en proportion de cette difference. Le bassin etait irregulier, et nullement symetrique ; rhcmisphere droit offre les caracteres du bassin de rhomme ; le gauche ceux du bassin de la femme. Le memoire est accompagne de 5 belles pi. lithographiees. {Acad. cces. leap. cur. nat. Bounce. T. XIV, pari. i'% p. 109; 182S, paru en 1839.) Description de quelques especes nouvelles de crustaces, Irouvecs en iSiSet 1819 dans laMediterranee; par ledocteur A.-W. Otto, (avec 3 pi. grav.) 1°. Portunas infractus ; espece voisine des Portiinua Rondeletii et longipes de Risso , crustaces de Nice , tab. i , fig. 3 et 5 , dont il .se distingue par son test non brise. Trouve parmi les pierres sur les bords unis du golfe de Naples, oii ces crustaces nagent avec tant de rapidite , que, malgre leur grand nonibre, I'auteur n'a pu en prendre que sept individus. 2°. Inacltus miiskus ; espece tres-voisine du Pisanodipes Leach, dont elle differe principalement par le caractcre suivant : Rostri longissiml paulalum dectivis spines in apice tantum divaricaim , c(Bte- rum anitce ; spince utrinque tres circa oculos. Trouvee sur les bords du golfe de Naples, parmi les rochers et les plantes marines. 5°. Alplieus viridis ; rostrum testa tongius . pedum, par prinium breve ; cauda vtaxime inflexa. . . . Assez nombreux pres de Nice. 4". Al. pinnopliylax ; tres-voisin de VAl. tyrrlicnus de Risso. Wais la couleur de celui-ci est grisatrc, et non d'un rouge aurorc. ( 302 ) Les autres difl'eiences ne peuvent gtre saisies sans 1« secours des. figures. L'auteur en a trouve deux individus a Naples, vivant snr une tri-'S-grosse Pinna nobiiis. 5°. Callanassa lalicauda; distincte du Callianassa subterranea , par le derrierc de sa queue tres-large , aplatie. Trouve en quantite a Nice. 6°. Praniza branchialis ; voisin de VOniscus cmruteatus Leach, Trouve parasite sur les branchies du Blennius Phycis , pres de Nice. 7°. Cymotlwa parallela; cor pore par allelo ; dorsotransversimvalde convexo. Trouve a Nice, sur plusieurs poissons, et entre autres sur une espece de Spare. 8°. Caligus paradoxus; testcemargo acutus absque c'diis ; articulo quarto maximo , maribus subquadrato , fcemlnis elongato.... appendicibus sex oviferis , fiUformibus. Trouve k Nice, sur les na- geoires du Squalus griseus. 9°. Caligus minimus ; Cauda appendicibus binis foliaceis , subora- tis,quarum singula setis quatuor pinnatis ins true tee sunt — appendices ovifercB pedunculatcB , caudd baud longiores. Trouve sur le palais du Perca labrax , a Nice. L'auteur de ce memoire ne parait avoir eu entre les mains que VHist. nat. des crustaces de Risso , edit, de i8i6. II serait prudent de chercher a confronter les descriptions fort detaillees, ainsi que les jolies figures de ce memoire, avec le grand ouvrage queftL Risso vient de publier sur I'liistoire naturelle generale des cotes de Nice. (Ibid., p. 55 1.) Calamites resultant du ststeme de la contagion et meme de ce- lui de I'int'ection ; resultats avantageux de I'applicalion de la saine doctrine ; nouveaux obstacles de la connaissaacc de la verite; par M. Lassis, docteur-medecin. In-8° de 56 pages. 1839. M. Lassis, qui cette annee-ci encore a merite, de la part de I'A- cademie des sciences, une remuneration plus flatteuse qu'impor- lante par sa valeur, ambitionne une sortc de suflVage qui soil des- tine moins a conronner I'bomme qu'a lairo trionipher la verite. ( 5(>5 ) Dans la longuc discussion qui a occupe I'Acadeuiie royale de me- decine, ies longs travaux et les documens de M. Lassis ont ete ecartes. Cette contradiclion entre les deux Academies tourne a nos yeuxcontrc la derniere. Car, ou bien les documens de M. Las- sis sontde nulle valeur; etalors, il y a de la part de I'Academie de medeciiie pusillaiiimite a se taire; ou bien ces documens ont dii piix, etalors les passer sous silence, c'est commettre un injustice envers I'auteur et la societe. Or, on sait que I'Academie royale do luedecine n'est pas pusillanime ; done sa conduiie nous autorise a lui appliquer le second membre de notre argumentation. M. Las- sis , dans cet opuscule, ainsi que dans bien d'autres, ne demande qu'a etre juge; mais il le demande avec une assurance qui est d'un heureux augure pour la cause qu'il defend. COURS PUBLICS (i). COURS SITB LES ANIMAUX SANS VERTEBRES, PAR iM LaMARCK, AU McSEUM. M. de Lamarck, frapped'hemiplegie, et ayantperdula vuedepuis plusieurs annces, a dQ renoncer au bonheur de developperen pu- blic ses grandes idees sur cette partie de la zoologie qu'il a rendue classique par la publication de son cours. Cette privation serait cruclle pour tout autre professeur ; c'est un premier coup de mort pour M. Lamarck ; et Ton n'aura pas de peine a le conccvoir, en se rappelant avec quel zele, avec quelle abnegation de soi-meme, celui que I'Allemagne tout entiere proclame le Linnc franfaU, pre- parait a chaque instant les materiaux iminenses de ses lecons. Grace a la plume d'une nouvelle Antigone, cet illustre professeur est parvenu a coordonner ses lecons, et a enricbir la litterature scicntifique du icsultal metbodique de ses nombreux travaux. Mais il n'est plus appele a developper lui-meme ses principes, a interpreter ses propres pensees, a professer ses opinions et ses (ij Kous avons deja entretenu noslecteuis sui It- coins de M. de Blainville, d'apres I'ouviage stenograptiie. Tous les cours n'ayant pas encore assez attire I'attention du public pour uieiiter les honneurs de la lilenographie, nous nous proposons d'aller assisler i quelques-unes dc leurs seances, afin de mettrc nos lecteurs au couiaut de la nianierc dent ies sciences sont prol'essees a Paris. ( 3o4 ) decouveites,a jouir oiiliii de la vie et dii bonheur d'un savant; uti Toile impenetrable esl tire pour lui sur le spectacle de la nature ; etM. Audouin, aide-naturaliste, est charge provisoirement derem- placer le Linne franfais. Une pareiile triche est capable de faire naitre le genie apres coup ! Le coeur d'un savant palpite a la seule idee d'une pareiile succession quoique provisoire; et par combien de preparations ne chercherait-il pas aprocederadesleconseucore einpreintes dc tant d'honorables souvenirs! II ne parait pas que M. Audouin ait rcssenti une influence aussi heureuse; ses lecons, que nous avons eu la patience d'enten- dre, semblent avoir ete apprises jour par jour; la sphere en est si etroite que nous doutons meme que les eleves les plus novices aient quelque chose de solide a y puiser. L'idee la plus insigni- fiante vient s'y delayer dans une repetition telle de synonymes, de mots impropres, de phrases decousues, que la seance la plus lon- gue ne suffirait pas a quatre idees de ce genre. Le sommaire de la lecon du 23 juin 1829, par exemple, annon- cait que I'auteur parlerait de la couleur des coquilles et de I'ani- mal, des organes de la locomotion, de ceux de la respiration, du systeme nerveux, de la circulation, de la generation. Un professeur concis aurait a peine le temps d'elTleurcr chacune des questions contenues dans ce cadre; que sera-ce d'un professeur pen prepare qui, faute de fails, a recours aux paroles? Aussi a chaque question, M. Audouin avait-il la precaution d'avertirses au- diteurs qu'il ne leur donnerait pasineme les generalitesdela ques- tion, vu qu'ils etaient censes ne pas connaitre un seul des animaux de cetle classe, et qu'en les citant il ne ferait que fatiguer inutile- ment la memoire de ceux qui I'ecoutaient. Ce subterfuge est sans doute adroit; mais pourtant que vient faire I'auditeur? ne vient-il pas apprendre ce qu'il ne connait pas? pourquoi voulez-vous me- nager sa memoire plus qu'il ne veut la uicnager lui-meme?yoMS annoncez des generalites, et apres avoir lance qoelques paroles pavmi lesquelles on entend les mots de ganglion, generation, sys- teme musculaire, vous etes quitte de votre role, et vous nous ren- voyez? vous n'etes done la que pour parler et non pour enseigner? En verite, en entcndantM. Aiulouin, nous etions tentes de croire ([ue chacune de ses phrases elait mesuree sur la marche de I'ai- guille de sa montre, et que le premier mot venu lui paraissait bun ( 3o5 ) pour complclcr la phrase trop courte. C'est ainsi qu'apres nous avoir dit que le pied des niollusques est musculaire, I'auteur nous ajoutait : Ce sont des trousseaux muscuUdres ; que certains mollus- '' ques sautent; 11 ajoutait que leur marche est une espece de saut suc- cess! f, ou, en d'autres termes, its 7>e marclient qa'en sautant. C'est ainsi qu'apres avoir parle de labouclie de certains autres, M. Au- douin nous disait que chez eux c'est une sorte de muffle circulaire qui cnloure la bouclte , et une foule de choses analogues dont il seralt fastidieux d'occupcr plus long-temps nos lecteiu's. Le meme motif nous privera du plaisir d'entendre une seconde fois 31. Au- douin. Nous craindrions trop du reste que le feu qui nous anime dans I'etude de la nature ne se ralentit a chaque seance ; on ne re- pare pas un temps ainsi perdu. COl'RS D'AGRICrLTURC kV MUSEUM. Ce que nous avions prevu dans notre article des Annates (t. I , p. i54) n'a pas manque de s'accomplir; et 11 est evident aujour- d'hui, pour tous les bons esprits, que I'agrlculture tombe en de- cadence , grace a la marche qui preside aux nominations pour les chaires vacantes. Ces torts ont fixe, cette annee, I'attention de la Chambre des deputes, ainsi qu'on pourra s'en faire une idee par I'extralt ci-joint de la seance du i6 juln : «M. de Rambuteau : Dans la section qui est malntenant soumise a votre deliberation, se trouve comprls pour une allocation de 535,000 fr. le Museum d'hlstoire naturelle. Je remarqueral a cette occasion que, depuls qu'on a supprime la pepinlere du Luxembourg et celle du Roule, le Jardln des Plantes est le seul etablissement oii 11 existe des cours d'agriculture, dans lesquels les personnes qui veulent se llvrer a cette sorte d'etude peuvent pul- ser une Instruction solide. On a vu avec regret que I'emplacement destine a ces cours ait ete dlminue, et que les cours etaient eux- memes suspendus cette annee, par la nomination de M. Mirl)el li la place vacante depuls la mort de M. Bosc. J'appelle sur ce point I'attention de Mil. les mlnlstres, et surtout celle de M. le ml- nistre de I'lnterieur. >) Je feral reniarquer a la Cliami)re, en terminant,que 70,000 fr. ( 3o6 ) seulemeiil sont portes au budget pour enfoiiiagemeut a ragricul- ture, taiulis que les theatres tie Paris recoivent i,5oo,()oo fr. » M. Cuvier, commissaire da Roi : Les observations de ['honorable ])reopinant, en ce qui concerne la suppression des pepinieres,* sont parfaitement justes. I! est tres-vrai qu'il resulte de la mesure ((ui a ete prise, un surcroit de devoir impose a I'adniinistration du .lardin des Planles; mais on peut etre assure que I'agriculture n'en eprouvera aucun prejudice. >) II est vrai que le nouvean prot'esseur n'a pas commence soa cours ; mais il s'y prepare. ( Une voix : // detrait etre pret ! ) Et eelte annee le cours sera fait. » Le langage de M. Cuvier est uue de ces reponses evasives, dont on I'ait semblant de se payer dans une assemblee deliberante, afin de ne point mettre trop dans I'embarras le defenseur oblige d'une mesure blamable. M. Cuvier regarde la suppression des pepinieres comuie un surcroit de devoir impose aux prol'esseurs du Museum ; et le Museum nomme, pour suffire ii ce surcroit de devoir, un au- teur etranger aux premieres notions d'agriculture. M. Cuvier an- nouce que M. Mirbtl se prepare a faire son cours, et que cette annee le cours sera fait; c'est-a-dire , en d'autres termes, que M. Mirbel compte pouvoir apprendre, en trois mois, un art im- mense, que d'autres connaissent a peine en dix ans de pratique et de meditations. Les semailles, le sarclage et la recolte , la taille des ceps et la veudange , la greffe et le developpement de ses bourgeons out done lieu dans I'espace de trois mois ? Quant a nous, nous croyons pouvoir assurer que M. Mirbel n'est pas anime envers Tagriculture d'un zele assez vif ou assez constant pour lui faire suinionler les obstacles presque invincibles qui s'opposent a sa nouvelle education. I nc personne digne de foi, qui avait I'liabilude de se rendre rcgulieremcnt auprcs d'un habile employe du Jardin des Plantes, pour prendre des lecons d'horti- cullure, a trouve cette ecole dcfmitivement fermee , par I'ordre de M. Mirbel; celui-ci a intimea cejardinier prot'esseur I'ordre de ces- ser des lecons qui auraient pu provisoirement, au moius, sup- plier a I'absence des siennes. Oii est done cette envie de subir un surcroit de devoir impose a I'ecole d'agriculture du Museum , quand on veut etoufl'er, dans cet etablissement , tout ce qui serait dans le cas de represcnter I'agricuUure? M. Mirbel pense-t-il que ( 3o7 ) la pratique d'un jardinier instriiit ne soit j)as aiissi orthodoxe que ses futures theories? CORRESPONDANCE. EAC-DE-VIE, ANTIDOTE DE LA BIERE. Dans une excursion botanique aux environs de Lyon , vers le mois de Janvier 1828, je rencontrai dans une auberge un homme qui s'etait enivre en buvant de la biere. J'invitai I'hotesse a don- ner a cet homme quelque chose pour le tirer de cet etat de souf- frances ; I'hotesse m'assura n'avoir autre chose que de I'eau de fleurs d'orangcr, dont elle lui administra deuxou trois cuillers abouche. Cinq minutes apres, I'ivresse persistant, j'allai lui faire adminis- trer de nouvelles doses de cette liqueur, lorsque je m'apercus que le flacon , sous I'etiquette de fleurs d'oranger de Grasse, ne ren- fermait que de I'eau-de-vie. Je cherchai a reparer cette m«prise involontaire , et j'envojai prendre de I'emetique; mais, dans cet intervalle, I'ivresse se dissipa, ct cet homme me dit qu'il lui sem- blait sortir d'un long et penible reve. Je n'ai pas laisse passer dans la suite I'occasion de repeter cette experience curieuse, et j'ai tou- jours obtenu un resultat aussi satisfaisant; M. Taillet, medecina Agde, a eu I'occasion de verifler ce fait dans sa pratique. iS'ayant trouve rien d'analogue dans aucun ouvrage de therapeutique , je vous prie , monsieur , de consigner cette observation dans vos Annalcs, et d'agreer I'assurance, etc. Reclcz, pharmacien. Paris, 4 juillet 1829. ACADImIE DES sciences de PARIS. Siance du 27 avril. — M. Cuvier presente la deuxieme edition de son Re gne animal , et deux nouveaiix volumes de son ouvrage snr les Poissons. M. Arago comniuuique les details que lui adresse M. de Breaule , sur un tremblement de terre ressenti aux environs de Dieppe , dans la nuit du 1" au 2 avril. Le mOme academicien annonce des observations de M. Kupp- fer de Casan , et qui conslatent I'influence des aurores boreales snr les mouveinens de I'aiguille aimantee. M. Ruppfer va enlre- preudre un vnyage scientifique en Siberie. ( 5o8 ) M. Aiago aiiiioiice ensiiile que M. Domet de Monl vient de decoiivrir des pierres lilhographiques dans Ics environs de Dole. M. Arago termine ses communications par un rapport tres-fa- vorable sur les observations magnetiques et meteorologiques , Elites a Lord de la Chevrctte. M. F. Cuvier fait un rapport approbatif sur riconographie du Regne animal de M. G. Cuvier, par M. Guerin. M. Chevreul lit pour M.Yauquelin un memoire sur I'acide pec- tique , et la racine de carotte. M. Cauchy acheve la lecture de son memoire sur les dilata- tions el condensations lineaires des corps solides ou fluides. A la fin de la seance, 31. Arago annonce que le prix de mathe- matiques sur le calcul des perturbations des mouvemens elMp- tiques descometes sera decerne a M. de Pontecoulant , auteur du seul memoire adresse a I'Academie sur ce sujet. 4 mai. — M. Arago fait son rapport sur les travaux relatifs aux sciences mathemaliques, qui ont ete executes pendant le voyage de la Chevrette. M. Julia Fontenelle communique des fails observes par M. Por- tal, sur I'innocuite de I'insufflation de I'air chez les nouveaux-nes, et sur les avantages qu'on peut en retirer. M. F. Cuvier fait un rapport sur le memoire de M. Villerme, relatif aux naissances. M. D'Haussy lit un memoire sur les positions geographiques du Caii-e, d' Alexandre, et de quelques autres points de la Mediter- ranee. M. Roulin donne des details sur les tremblemens de terre res- sentis en Amerique. 1 1 mai. — M. Cordier presente un memoire de M. Destrem, sur les cavernes a ossemens de Bire. L'auteur y a bien trouve quel- ques ossemens humains , mais ils etaient renfermes dans des couches differentes de celles qui contiennent les veritables fos- siles. M. Girou de Buzaringue envoie de nouvelles observations sur les causes qui determinent la production des sexes chez les ani- maux. M. Durville lit un rapport dclaille sur la marche et les opera- ( 3o9) lions du voyage de decouvorte dc la corvette I'Astroloble en 1826, 1827, i8a8 ct 1829. M, Gaspaiin est nomme membre correspondant pour la section d'agriculture. 17 mai. — M. Navier annonce que le prix de mecanique sera decerne a M. Thilorier, inventeur d'une nouvelle pompe a com-, pression. M. Dulong lit un memoire intitule : Rec/ierches sur la chaleivr specifique des fluides elasliques. M. Deleau annonce la possibilite qu'il y a d'articnler les sons sans le secours du larynx. On communique deux lettres de M. Bory Saint -Vincent, sur I'expedition en Moree. 25 mai. — M. Geoffroy Saint-Hilaire entretient I'Academie de deux cas de monstruosites bumaines. M. Arago annonce que le prix d'astronomie fonde par Lalande, ne sera point decerne cette annee. M. Dumeril fait la meme annonce, a I'occasion du prix fonde par HI. de Alhumbert. On remet au concours la meme question, savoir : Exposer d'une maniere complete et avcc figures les change- mens c/u'eprouvent le sqiielette et les muscles des grenouilles et des sa- lamandresaux di/ferentes epoques delcurvie, Le prix sera de i,5oo fr., et la cloture du concours est au 1" avril i83i. M. G. Cuvier fait un rapport sur les troisieme et quatrieme en- vois de 31 JI. Quoyet Gaymard. BI. Dumeril fait un rapport approbatif sur un memoire de M. Le Sauvage, relatif aux monstruosites dites par inclusion. M. Puissant fait un rapport favorable sur les trois premieres ii- vraisons de I'Atlas topographique et geologique du departement du Puy-de-D6me, par M. Busset. M. Savart lit un memoire intitule : Recherclies sur la structure des metaux , etudiee par le moyen des vibrations. \" juln. — L'Academie, sur le rapport de M. G. Cuvier, ac- corde une sommc de 2,000 fr. a M. Savatier, auteur du seul me- moire envoye au concours, sur le sujet suivant : UHistoire gene- rate et comparie de la circulation du sang dans les quatre classes d'a- niinaux rertrhrrs , avant et aprcs la naissance , et d diffcrens ages. ( «>1() ) Les i,ooo IV. reslant cle la valciii- dii piix seront joints an pn'x ponr i85i. M. Scrres fait un rapport sur le prix de statistiqne. 11 sera de- cerne a M. Fallot , autenr d'un onvragc sur les alienes , les suicides et les inorts subites. Sur le rapport de M. Chevrenl, un prix de 3,ooo fr. sera decerne a M. Dubuc, qui a repandn I'usage d'un parement economiqne, qui permet de lisser la loile dans les lieux sees. M. Straus lit un memoire sur le systeme tegumentaire et mus- culaire de I'araignee aviculaire, II va publier un ouvrage sur toute la classe des arachnides, partagee en trois ordres : les arachnides pulmonaires , les branchiteres (ou limules) , et les tracheennes. II donnera, dans le plus grand detail , I'anatomie des trois types, sa- Yoir : I'anatomie de I'araignee aviculaire, du scorpion d'Afrique ct du limule cyclope. M. Virey annonce avoir vu de jeunes araignees qui, dans wue cliambre close, pouvaient s'elever et se soutenir dans I'air, en laissant un fd attache a leur point de depart. L'anteur explique ce vid par les mouveuiens des quatre paires de patles. M. de Blainville I'ait un rapport sur les prix Monthyon, relatil's aux perfectionnemens de la medecine et de la chirurgie. Aucunprix ne sera decerne, mais seulement desencouragemens a MM. Piorry, Jaubert, Brachet et Louis. 8 juin. — M. Arago annonce la mort de Humphry Davy, a Geneve, dans la nuit du 29 au 3o mai dernier. Get illustre chi- miste etait age de cinquante ans, et revenait d'un voyage en Italie. M. Gor5 ) moires qui ont etc presontes u I'Academie, pendant le cours dr I'annee precedente. Cela vient de ce que 31M. les secretaires nc doivent menlionncr que Ics travaux des acadeniiciens eux-memcs, ou ceiix des savans etraugeis a I'Academie, sur Lesquels un on deux membrcs de cette societe savante ont bien voulu exprimcr leur opinion da«s une des seances hebdomadaiics ; d'ou il arrive que le rapport annuel se ressent presque toujours de la negligence que les commissaires apportent a I'examen de certains travaux qui sont soumis i leur jugement, ou de la faveur qu'ils accordent a certains autres. Soit par exemple un travail etendu mais mallicureusement compose de 800 observations delicates : il est tel membre de la sec- lion de physiologie qui rci'usera de I'examiner ; mais quelques jours apres, un petit essai d'une seule observation peu importante, offrant moins de diflicultes a I'exainen, obtiendra de sa part ou un encou- ragement ou un rapport favorable; en consequence, dans I'analyse annuellc, le petit travail sera longuemcnt mentionne et le grand travail sera passe sous silence. On voit par la combien la statistique scientifique doit se mefier de ces documens ofliciels, et combien on aurait tort de juger des progres de la science sur de semblables donnees. Tel travail qui a occupe 7 a 8 pages du rapport annuel a disparu de la science I'annee suivante; et tel autre, a qui MM. les commissaires n'ont pas daigne accorder les honnenrs de la sepul- ture , est parvenu , sans celtc formalite d'usage , a I'ranchir ra- pidement les rives de I'oubli. Malgre cet inconvenient notable, ces rapports anuuels ne laissaient pas que d'avoir un but d'utilite, a une epoque oii les journaux scientifiques etaicat moins nombreux et moins repandus. Mais aujourd'hui rutilite de ce recueil est fort bornee ; tout ce qu'on y trouve est deja connu depuis un an, tout a etc deja apprecie a sa juste valeur; et M. le secretaire perpetuel n'a plus que le penible avantage de pouvoir dislribuer en passant quelques faveurs a I'amour-propre de ceux dont il est oblige d'a- nalj'ser les travaux. Cependant, si Ton prend soin de confronter I'analyse academique avcc les rapports mensuels que Ton trouve consignes dans les journaux scientifiques, ot les jugemens de celle- la avec les rapports de ceux-ci, on aura des donnees suffisantes pour determiner quelles sont celles des sections de I'institut qui inspinnt le plus de confiancc et qui compromettent moins leurs faveurs. (3i6) La plupai't cles jiigemeiis appartenaut en propre aux cominis- saires, nous ne tiendrons coniplc ;'i M. Cuvicr c[ue tic ceiix qu'il rend en son nom. L'observation sur une tige canee du Calycantlius minor, par M. Mirbcl, ne presente pas un phenomene extiGmementcurieux : c'est un phenomene que la famille des labiees reproduit sur pres- que tons ses individiis. L'article consacre a M. Dupetit-Thouars, sur les etamines et les bourgeons, peut etre considere comme la huitieme edition des memes idees publiees tous les ans dans le rapport. Les recherches de M. Moreau de .Tonnes surle niais n'ont aucunement le merite de la nouveaute; et les inductions que I'auteur en tire sont trop hypothetiques. Qu'ajoute reellement a la science la description dn TluUgonum Cyiwcrambe par M. Dclile P Parmi les ecrits que M. Cu- vier annonce comnie tres-importans, nous en trouvons qui n'of- frent rien moins que de I'importance. L'endosmose et I'exosmose de M. Dutrochet continue tons les ans a occuper un assez grand nombre de pages; et, a force de repeter ces mots, on nous I'era croire, sans doute, que cette pretendue decouverte est autre chose qu'une simple creation de mots. M. Cuvier s'est montre fort dis- cret au sujet de la theorie geologico-vegetale de M. Ad. Bron- gniart ; et il a eu le courage d'exprimer des doutes sur ses animal- cules vegetaux; mais il lui aurait ete facile de rendre a chacun ce qui lui est du, de ne pas passer sous silence M. de Sternberg, dans le premier article , et de ne pas attribuer, dans le second, a M. Brown une opinion que le savant anglais n'a eu qu'a traduire. MiM. Audouin et MilneEdwards, ainsiqu'ons'j attendait, occupent un long espace dans Ic rapport de cette annee ; M. Audouin aura bientot un litre de prescription dans cette publication academique ; mais la science a souvent a regretter les ecarts de cette faveur. Nous nous permettrons de nous demander comment il est arrive qu'on ne se montre pas plus severe dans I'examen des travaux de ces Messieurs, que dans Texamen des travaux des autres savans de la capitale? Comment la Commission, qui a decerne le prix I'annee passee au Memotre sur la circulation des crustaces, ne s'elait pas apercue que l'article principal de la circulation, que le coeur de ces animaux, avait etc defigure par ces auteurs d'une manierc meconnaissable? Pourquoi M. Cuvier, a qui le bel oiivrage de ( "'>7 ) _ M.' Strauss a rcvtlc uno cncur aussi iniportaiile, ne I'a-l-il pas mentionnee, comme uu errata iiuiispensable, dans ce repertoire aca- deniique ? Pourqiioi , en parlant des recherches de ces Messieurs sur Ics polypes on les prelendus polypes, M. Cuvier n'a-t-il pas cru devoir rappeler que ces deux auteurs n'avaient fait en cela qu'appli(|uer un travail d'autrui a des animaux que priuiitive- ment M. Cuvier regardait comme etant tout aussi simples que les Itjdres? Non content de vanter ce que I'Academie est censee avoir examine, M. Cuvier ratifie d'avance un travail que ces Messieurs n'ont pas encore acheve : ces 31essieurs annoncent avoir rapporte d'un voyage 600 especes, dont 400 au nioins de nouvelles ou pen connues ; cette annonce est brillanle; mais comment M. Cuvier en a-t-il reconnu I'exactitude ? rien de plus juste que de laire des rap- ports sur le passe; mais pourquoi sur I'avenir ? il est temps qu'on permclte a I'opinion publique de voir et de juger par ejle-meme, ct qu'on ne chcrche plus a I'influencer ! NECROLOGIE. M. Abel, geometre norwegien du plus grand merite, vient do niourir a peine age de 5o ans. II avail fait ses etudes a Christiana, oi'i il etait devenu professeur de mathomatiques. II publia d'abord quelques articles scientifiVjues dans les journaux de la Norwege, et principalement dans le Magasin de physique du globe de M. Hans- tcen. C'est a la sollicitation de ce dernier savant qu'il entreprit dc determiner, avec plus de precision que Newton nc I'avait fait. Taction de la lune sur la marche du pendule, et sur la direction du fd-a-plomb sous toutes les latitudes. II etudia avec ardeur les ouvrages des premiers geometres, et particulierement ceux des academiciens franrais. Ses investigations furent dirigees en parti- ciiiier sur I'analyse algebrique ; il vint a bout de denioiitrer coni- pletement une verite que Ton n'avait fait que soupconner avant lui, celle de I'impossibilite de resoudrc algebriquemcnt les equa- tions generales cTun degre superieur au r[uatrieme. II est vrai quo Rutlini, geometre ilalien, mort il y a quelques annecs, avail essaye de demontrer la meme proposition; mais il parait que cette de- monstration est incomplete et qu'elle peche parsa base : du moins lei est le jugement qu'en a porte M. Abel, a qui on I'avait iiuii- (3.H) quee. Lc menioire Ires- remarquable tie cc dernier pooni^tre fnt insere dans lc premier numero du journal de niathematiques, que M. Crellc publie actuellement a Berlin, journal dont M Abel i'ul I'un des plus zeles redacteurs, et qu'il n'a cesse d'enrichir de ses propres Iravaux durant les trois annees ecoulees depuis sa pu- blication. M. Abel desirait particulierement se faire connaitre en France, el dans ce but il \int i Paris en juillet 1826. II supposait que ses premiers travaux y etaient connus; il apportait, en manuscrit, des recherches nouvelles qu'il voulait soumettre au jugement de I'A- cademie des sciences; et, sans autre recommandation, il sc flattait d'obtenir la protection et I'amitie des geometres francais. II igno- rait que, dans la carriere des sciences comme dans toute autre carriere , il ne suffit point, pour parvenir, d'avoir un merite incontestable, mais qu'il faut encore posseder une certaine sou- plesse de caractere, et avoir certaines protections; il n'est done pas etonnant que les demarches de M. Abel aupres des geometres dont il briguait le suffrage et I'appui, aient ete completement infructueuses. Un jour que, decourage par toutes ces sollicitations, M. Abel vint m'avouer son desapointement : « Je ne conuais, me dit-il, aucune personne qui puisse m'introduire aupres des geo- metres de r Academic, et je ne parviendrai a rien sans une pro- tection speciale; je n'ai pu me faire ecduter d'aucun de ces mes- sieurs : on ne m'a point recu chez M. Legendre; la porte m'a ete fermee chez M. Poisson; je suis bien arrive jusqu'a voir M. Caii- chy, mais il m'a renvoye, sous pretexte qu'il ne pouvait s'occuper que de ses Exerciccs de inathematiques. J'aurais poui-tant, continua- t-il, a presenter a I'Academie un memoire snr les fonctions, qui contient des resultats assez curieux, et je n'ose en faire la lecture moi-meme; je desirerais que quelque membre de I'Academie vou- iQt bien s'en charger. » Ces paroles et plusieurs autres du meme genre que je ne rap- porte point ici, jointes a I'etat de souffrance et meme de miserc danslequelmcparaissait etre M. Abel, firent sur moi une vive im- pression. Je I'engageai a retourner a Berlin, et a publier ses me- moires dans le journal de son ami M. Crellc, sans s'inquieter de I'avis des academiciens francais. « D'ailleurs, ajoutai-je, comment Youlez-vous que ces messieiu's s'occupent de vos recherches, cux ( ""0 ) qui lie pienueiil pai luCiue la peine de lire cellcs cle leurs conn-c- res, quand ils n'out point I'ambilion de se les approprier?Si, poui- tant, v()us tenez a ce que votie memoire soil piesenle i\ ['Acade- mic, adressez-vous a M. Fourier qui, saus autiin doute, aura la complaisance de s'cn charger. » M. Fourier, en effet, presenla ce memoire a la seance du 5o oc- lobre 1826; il fut renvoye a I'examen de MM. Legendre et Cau- chy, et M. Abel reprit le chemin de I'Allemagne, oi^i il atlendit plus de deux annees'le resultat de sa demarche. Vain espoir! son travail n'obtint de la part des commissaires de I'Acadcmie qu'uii dedaigncux silence. L'analyse de son memoire sur la resolution des equations, que je I'avais prie d'inserer au Bulletin unicersel de M. de Feiussac, n'attira pas davantage leur curiosite. 11 parait que M. Abel en fut vivement afTecte, et que le chagrin qu'il en ressentit acheva d'alterer sa sante deja defaillante. Toutefois, un reste d'esperance "vint le raniuier lorsque, vers la fin de 1827, M. Legendre fit unponipeux eloge des decouvcrtes de M. Jacobi' sur les fonctions elliptiqucs. M. Abel publia, presque immediate- ment apres , un memoire tres-etendu et tres-important sur cette classe de fonctions, et successivement plusieurs additions a ce pre- mier travail, dans lesquellesil faisait voir que les resullatsde M. Ja- cobi, qui avaient tellement excite renthousiasme de M. Legendre, n'etaientquedescas fres-particulicrsde formules beaucoupplus ge- nerales auxquelles il etait parvenu de son cote. Deja il se proposait de publier un traite special sur les fonctions en general, et enparti- culier, sur les fonctions elliptiques, quand les efforts qu'il avait ete oblige de faire pour atteindre et dcpasser en merite les travaux de geometres qui s'etaient occupes des memes questions dcpuis plus de quarante ans , avancerent le lerme de son existence : il mourut au commencement de I'annee 1829. M. Legendre annonca cette mort deplorable a la seance de I'A- cademie du 21 juin dernier. L'interet, dit-il, qu'avait inspire aux geometres ses confreres, un homme qui donnait de si grandes esperances, avait porte plusieurs d'entre eux a faire des demarches aupres de I'ambassadeur suedois, dans le but d'ameliorer le sort de M. Abel. L'ambassadeur ecrivit a son gouvernement, et en re- cut pour reponse la nouvelle de la mort prematuree de ce geo- metre. M. Legendre a voulu s'excuscr de I'oubli dans lequel il Tvait ( 530 ) laisse Ic memoiic de M. Abel. «Je ii'ai pu, dit-il, parvenir a en dechiflVer recriture, tracee en caracteres tres-irieguliers et avec line encre tres-blanche. « ftlais d'aiitres personncs qui out vu cette ecritiire I'ont trouvee tres-lisible, bien que formee de caiactores vin pcu fins. Qiioi qu'il en soil, le memoire de M. Abel passa entre les mains de M. Cauchy, qui I'egara daus ses papiers. «D'ailleurs, ajoute M. Legendre avec beaucoup de frartcbise, M. Abel, dont le nom etait tout-a-fait inconnu, n'avait personne qui pQt provoquer le rapport des conimissaires, et son memoire est reste enticrement oubiie. » Et c'est sculement long-temps apres que ce memoire eut parudans le journal de matbeniatiques de Berlin, que M. Legendre lit connaitre a TAcadi'mie les travaux d'un geometrc qui, apprecie plus lot, aurait pu jouir au moins pendant quelques annres, d'un sort digne de hii. Du reste, una mesurc, bien flatleusc pour ce geometre, vient d'etre prise par I'Academie, sur la proposition de ses commissaires : ila ete decide que le memoire de M. Abel serait reimprime dans le Recueil des savans etrangers; et celte fois-ci, du moins, I'auleur inlbrtune pourra, sans inconvenient, altendre I'execution de cette mesure reparatrice. M. Abel parlait egalement bien les langues scandinaves, I'aile- mand et le francais. II etait d'mie taille un peu au-dessous de la moycnne. Sa figure, halee et amaigric, portait renipreinle de la fatigue et des soucis. Lhie grande tiniidite et beaucoup d'honnctete decelaient la douceur de son caractere. Sa mise plus que modeste, I'unique repas qu'il prenait par jour, et son bumble rediiitde la rue Sainte-Marguerile, n'annonraient pas cbez Ini de grandes ressour- cespecuniaires. Les petites economies que sa place de professeur lui avail pcrmis de faire, servaient a couvrir les depenses de son sejonr i Paris qui, d'apres son. aveu, ne pouvail etre de longue duree. « Pour moi, je n'ai rien a craindre des voleurs, » repondait-il en souriant a une personne qui lui montrait certains degats causes par ces derniers, et I'engagcait a surveillcr son butin. En effet, il se trouvait a peu pres dans le cas de ce pliilosophe qui portait tout son bien sur lui; mais, dans ce sens, on pent dire que sa fortune etait immense ; car il avait lu et medile les ouvrages de tons les geometres; il n'avait pas memo perdu un mot des nom- breux ccrils de M. Caucbj; et je dois le dire, au risque de dimi- nuer la l)onne opinion que I'Academie s'esl formee du meritc de ( 5-.' ) M. Abel, il avail la plus giande estinie pour les travaux de cet academicien, et allait meme jusqu'a lui assigner le premier rang parmi les gcometres. L'interet qui s'attache au nieiite malheureux, I'era excuser les details dans lesquels je yiens d'entrer. 3Ion intention n'a point ete de deverser le blame sur qiiclqiies membres d'une societe dont le suffrage est justement apprecie par tons les savans de I'Europe; j'ai Toulu montrer, puisque I'occasion s'en presentait, le sort pres- que ini'ailliblement reserve a un jeime liomme qui se presente, sans autre recommandation que celle de ses travaux , a ce haut tribunal scientifique. Parvenus a cet age on I'esprit se plait a revenir sur le passe , et suit avec inquietude et depit les iimo- vations scientifiques, un petit nombre de savans, d'ailleurs pleins de zele et d'activite, pourraient difficiiement prendre une con- naissance, meme superfuielle, des nombreux ecrits sur lesquels ils auraient a prononcer. II faut done que la faveur, ou quelque heureux hasard, determine le thoix et dicte le jugement. Meme dans le cas qui nous occupe, ce n'est point I'incontestable merite de deux jeunes mathematiciens , MM. Abel et Jacobi, que I'Aca- dcmie a reconnu et proclame ; c'est plutot un encouragement donne pour trailer oertaines questions, hors desquelles il semblerait qu'il n'ya ni progres pour la science ni benefice pour les auteurs. «Prenez, disent les uns, dans mes ouvrages le texte de vos ecrits; cultivez le champ le plus abstrait de I'analyse, developpez les germes feconds que mes soins y ont deposes. » — « Mais non, disent les autres, les questions de la philosophic naturelle sont plus digues de vos me- ditations; dirigez done vos travaux vers ces hautes applications, si necessaires aux progres de I'intelligence huniaine. » — Jeunes savans! dirons-nous, n'ecoutez que la voix interieure qui vous indique le genre d'occupations le plus convenable a vos goOts, a vos moyens; suivez I'impulsion naturelle qui vous porte vers tel ou tel objet d'etude. Liscz et meditez les ecrits des hommes de genie; mais ne devenez ni des disciples complaisans, ni des ad- mirateurs interesses. Verite dans les faits, et liberie dans les sys- teme*, telle doit etre voire devise. Saigey. HERBIER DE LINSE. La Societe Linneenne de Londres viont d'acheler (mars 1829), ( OX'l ) I'herbier tie Liiine pour le prix tie 5,ooo guinees (environ ^8,000 francs); i'herbierde Smith lui-meiiie et sa bihliolheque sont coin- pris dans la vente. TrOGBAMME DE la SOCIETE TETLERIENNE PODlt l'aNNEE iSSQ. La Sociele propose au conCDurs la question qui suit : Parmi les decouvertes auxquclles les derniers perfectionncinens du microscope ont donne lien, on doil compter la manierc dont la lecondation s'opere dans les plantes de differens ordres. Ce- pendant quelques physiciens ayant encore eleve des doutes sur ce que d'aulres rapportenl avoir observe a cet cgard, il importe de continuer et de repoter les observations par le moyen de micros- copes de la derniere perleclion et d'un pouvoir superieur, afin de faire disparaitre les doutes qui subsislcnt encore, ou bien de con- firmer ce que les dernieres observations apprennent a I'egard de la feeondation des v^gelaux. C'est pour ces raisons que la Societe demande : « Un memoire contenant une exposition exacte de I'etat actuel 1) des connaissances touchant la feeondation dts vegetaux de dif- » ferens ordres, autant que ces connaissances ont ete acquises, » soit par les dernieres observations microscopiques, soit par » ccUes do I'auteur meme. Ce memoire doit etre accompagne des » dessins n^cessaires pour I'eclaircissement du sujet(i). » L'auteur est tenu d'indiquer la construction et le pouvoir gros- (1) Le preambule de ce i)ro gramme nous parait redigfe d'une manifere assez obscure ; et il serait assez difficile de preciser a quelles decouvertes le redac- teur veut faire allusion. Nous n'entreprendrons pas de soulever un voile qui couvre peut-Gtre un ridicule ; mais nous lerons observer que la rtidaclion m6me du programme implique contradiction ou pleonasme. Les auteurs parlenl d'une decouverte contre laquelle il s'est eleve des doutes ; et ils pro- posent pour sujet de prix de lever les doutes qui suhsislent encore ou de con- firmer la decouverte : ce qui signiCe en d'autres termes, ou qu'il n'y a pas de decouverte, puisqu'on a lieu d'en douter, ou que les concurrens sont invites a confirmer la decouverte, ce qui revicnt k peu pres au nieme. Mais pour- quoi ne pas la refuier s'il y a lieu? un concurrent qui la r6futerait d'une ma- nierc pcremptoire n'aiirait done pas le prix? Nous invitons la sociele leyle- rienne a surveiller le r6dactcur du programme, si toutel'ois il doit eire jngc ; il a cerlaiuenient des idces precon^ues , el un juge ne doit point en avoir. ( 325 ) sissanl du microscope dont il aurti fait usage, ainsi que les cir- conslances dans lesquelles ses observations auront etc faites, afin que (?el!es-ci puissent elre repetces avec le meme succes. Enfin I'auteur doit indiquer, dans des notes a ajouter a son uiemoire, les experiences el les observations par lesquelles il a (ache vaine- ment et sans succes de se convaincre de ce que d'aulres assurent avoir observe''. On peut consulter sur ce snjet A. Brogniart, Memoire stir la generation et le direloppement de I'Embryon dans les vrgetaux plia- nerogaines ; Annales des Sciences natiirelles , t. XII, p. i4j i^5, 235. — A. Brogniart, Nouvelles Reclierclies sur le pollen et les granules spcnnaliques des vegetaux (Globe, 2 juillet 1828). — fll. Raspaii , Observations et Experiences sur les granules qui sortent pendant I'explosion du grain de pollen. Mctn. de la Soc. d'Hist. Nat. de Paris, tome IV, — R Brown, Brief account of Microscopical observations on the particles contained in l/te pollen of plants , 8vo. , Lond. 1828 , et dans the Philosopkical Magazine and Annals of Phi- losophy, n° 25 , sept. 1828 , p. 565. — M. Raspaii, Notes sur I'ou- vrage precedent, Mem. de la Soc. d'Hist. Nat. , tome IV. — L. C. Treviranus , de ovo vegelabili ejusque mulutionibus. Wra- tisl. 1828. Le prix du concours est une medaille d'or de 400 florins de Hollande, valeur reelie. On peut repondre en hollandais, latin , I'rancais, anglais et en allemand, mais seuiement en caracteres ita- liens. Les reponses doivent etre adressees a la seconde Soeiele Teylerienne a Harlem, avant le i" avril i83o, pour etre jagees avant le 3i decembrc de la meme aimee. CRYPTOGAMIE. PlLOBOLUS CEDIPCS. M. le doctcur Montagne a donne recemment dans les Annales de la societe linneenne de Lyon, la description d'une nouvelle espece du genre Pilobolus, sous le nom de P. oalipus; il la dis- tingue des P. crystalUnus et roridus par son stipes renfle a la base, et il la signale par la phrase suivante : P. ocdipus, stromaie basi inflato apice globoso , vesicula nigra subspkcerica. Ad stercus humanum. ( 324 ) Le meinoire rlont cette nouvelle espece a founil le siijet, est accompagnc d'une figure et contient des geiieralites sur le genre Pilobolus, MYCOLOGIE EN CIRE COLLECTION COMPLETE DES ESPECES DE CHAMPIGNONS {ftUlgi) QUI CROISSENT AUTOXJR DE NOUS, MODELES EN CIRE, DE MANIERE A REPRESENTER A LA FOIS ET LES DETAILS DE LEUR ORGANISATION ET l'hISTOIRE DE LEUR DEVELOPPEMENT ; Publiee par MM. RASPAIL, membro de pliisicurs societes sa- vantes, nationales ct etrangercs, TALRICH, doctcur-medecin J modcleiir en cire de la Faculte de inedecine de Paris, corrcspondant de I'Academie royale de inedecine. SOUSCRIPTION. La mycologie, cette branche de la cryptogamie qui traite spe- cialcment des productions que Ton dosigne en general sous le nom de champignons, interesse egalement, et la physiologic, etl'econo- inie domestique, et la niatierc medicale. II n'est pas de question sur laquelle Ic physiologiste ait des idees moins arretees que sur celle de leur reproduction ; en considerant la singularite de leur structure intiine, et I'elegante symelrie de leurs contours qui rap- pellent plutot la severite du compas que la hardiesse du pinceau, le nomenclateur deroute en ferait volontiers un troisiemc regne parmi les elres organises. Mais ce qui rend ces productions encore plus dignes d'une attention serieuse, c'est une certaine anonialie dans lour composition chimique, telle que le champignon qui res- semble le mieux a celui dont nous couvrons nos tables, est le plus souvent celui qui donne la mort ; et cependant on se plaint de toutes parts qu'il n'est pas, en botanique el en matiere medicale, d'etude plus negligee que celle de la mycologie : nos profes- seurs de botanique rurale I'excluent de leurs demonstrations ; les professeursde matiere medicale n'enparlent que d'apresles livres; nos societes savantes, I'lnslitut de France menie (car le venerable ( 5'i5 ) ,el inforlime Persoon n'cn est pas) ne possedent pas un seul mcni- bre qui ait dirige ses recherches sur ce point; et lorsqu'iin empoi- sonnement est arrive par I'usage de I'une de ces substances per- fides, il est rare de trouver, nous nc dirons pas parmi les phar- maciens des petites villes, mais meme parnii les membres des societes savantes de nos departenieiis et de la capitale, un homme qui ose se prononcer sur I'espece de champignons qui a etc la cause de cet evenenient desastreux. Qu'on ne pense pas que cc soil par indifference que nos sa- vans negligent I'etude de ces productions ; dans ce siecle le savant ne voit rien avec indifference ; I'esprit d'investigalion s'attache a tout, et Ton n'abandonne que ce que Ton desespere de pouvoir trailer avec succes. Cette indifference apparente vient done d'une antre source : les nuances varices et trompcuses des formes qu'af- I'ectent ces productions, effraient encore plus I'esprit que Ic nom- bre de leurs especes n'effraie la memoirc ; les figures coloriees par lesquelles des auteurs recommandables ont cherclie a fixer ces nuances trompeuses, ne servent bien des fois qu'a jeter dans un plus grand enibarras celui qui a besoin de determiner une espece : le pinceau est impuissant en pareil cas; il rend des contours, mais il ne rend ni les formes, ni ce je ne sais quoi indeterminable, que I'on serait en droit de traduire par le mot d'aspeci. A la rigueur^ les savans de profession peuvent vaincre ces diffi- cultes; I'babitude de voir et de comparer supplee dans leur esprit a I'impuissance des livres. 3Iais le pharmacienet le medecin toxi- cologiste, mais le professeur, charges de determiner une espece, entrent dans un dedale sans fin , s'ils veulent consulter les ouvrages : les figures de BuUiard sont en desordre, et le texte manque ; cellcs de Paulet n'inspirent aucune confiance ; le sy- nopsis de Persoon et sa 77iycGlogia, Vclenchus de Fries, sont des ouvrages que le mycologue consulte avec profit, mais que I'ab- sence des figures rend inabordables a tout autre savant. II lui faudrait une bibliotheque pour la verification du texte; et une bibliotheque ne s'improvise pas. On pourrait remedier a ces inconveniens en formant une collec- tion aussi complete que possible de toutes les especes de cham- pignons desseches; ce moyen cerles contribuerait autant aux pro- gres de la mycologie, que les herbiers contril)uent aux progres de ( -.6 ) la science qui tiaile dos vegetaiix d'un ordie superieur. Mais comment obtenlr une collection semblable ? on deforme ces pro- ductions en les dessechant, et pour les reconnaitre on est rediiit alors a recourir a des circonstances etrangeres ou a des souvenirs de localites. Les insectes ensuite ne menagent pas long-lemps ces restes inl'ormes echappes a la dessiccation ; et pour remedier a cet inconvenient, il faut en faire naitre un autre, en employant des substances dont Taction deletere survit long-temps encore a la manipulation. Certains liquides sonl dans le cas de conserver les especes de champignons ; mais ce mode de conservation no parait pas devoir etre d'une longue duree; et le champignon y perd toujours et de sa forme et de ses couleurs; or, le champignon n'a pas d'autre caractere specifique. Ce sont 111 sans aucun doute les causes qui out suspcndu les progres de la mycologie, et qui en rendent I'etude si difficile ; I'en- treprise que nous annoncons est, nous le pensons, le seid moyen d'en ranimer le gout ; et le talent de M. Talrich, apprecie depuis long- temps par r Academic et la Faculte de medecine, est un sOr garant dc la perfection de I'execution. Sa belle collection des maladies des yeux, I'ecorche que la Faculte de medecine vient d'acquerir pour enrichir ses galeries d'anatomie, enfin les groupes de champignons que le public aura la liberte d'examiner dans les differentes expo- sitions de la capitale, passent deja, aux yeux des connaisseuis, pour des chefs-d'oeuvre de I'art de I'imitation applique a I'art dti moulage en cire. II paraitra chaque mois, a dater du i" octobre, deux livraisons de champignons modeles d'apres nature. Chaque livi-aison se com- posera de quatre especes differentes, representees chacunepar cinq individus destines a reproduirc aux regards les divers ages, les divers aspects et I'anatomie des organes de I'espece. Chacon de ces groupes sera solidement fixe sur un pied en forme de vase, portant une etiquette signee dc la main des deux auteurs, et con- tenant le nom technique et souvent les noms vulgaires, les pro- prietes nuisibles ou comestibles du champignon d'apres les au- torites les plus recommandables, ainsi qu'un numero d'ordre. Nous publierons les champignons, selon que le hasard les oifrira a nos recherches, et sans nous aslrcindre d'avance a une methode quelconque. Mais M. Uaspail se charge de rediger, a la fin dc ( ^27 ) I'entrcprise , iin onvrago ex pmfesso dont il aura prepare Ics ma- teriaux par retiidc speciale uc chacune dcs cspeces publiecs. Get ouvrage, dc /^oo pages an moiiis, sera destine a classer ct a de- crire les (-peces de celte famille , a piiblier Ics resiiltats d'unt; serie nouvelle d'experiences toxicologinues I'aites sur les animaux vivans, et a recuillir la synonymic et I'historique de la science de la inaniere la plus complete. Le prix de chaque livraison est de 4o francs; et le nombre des souscripteurs est fixe a soixante ; la nature de cette publication ne permet pas dc sufTire h un plus grand nombre de demandes. Ccpendant, dans Tinteret dc recono- mie domestique et de la matiere medicate, ij sera loisible aux souscripteurs de declarer s'ils desirent souscrire a la collection complete ou seulement a la collection des champignons comes- tibles et veneneux; dans ce dernier cas, le prix de la livraison est augmente de lo francs. Le nombre de ces derniers souscripteurs ne pent s'eleverau-dessusde quarante. Nous ferons connaitre dans les Annates des sciences d' observation la cloture des souscriptions. Si Ton Tcut faire attention que chaque livraison renfermera vingt individus modeles en cire, on sera force de convenir que le prix, en apparence exorbitant de [\o francs, n'est encore qu'une somme bien modique : et nous ne pouvons nous defcndre de I'es- poir que les universites et ecoles departementales du royaume, que les museum et les collections pharmaceutiques nous honore- ront de leurs souscriptions. Get appel en Anglelerre serait suivi immediatement du succes ; I'esprit national protegerait-i! moins en France les entreprises dont les resultats interessent egalement et la science et I'humanite? iJne entreprise analogue avait etc formee en Ilalie ; mais I'execution fut bien loin de repondre aux promesses des auteurs ; I'artiste resta au-dessous de son art, le naturaliste n'offrait aucune garantie. En France, feu M. Pinson, modeleur de la Faculte, avait reuni, pour sa collection particu- liere, un certain nombre de champignons modeles en cire; cette collection a ete acquise par le museum. On ne saurait refuser a M. Pinson le talent de I'execution; mais ses ouvrages se ressen- tent presque tous d'un defaut assez grave ; Tauteur savait mieux travailler la cire qu'imiter la nature ; on regrelte de ne pas trou- ver la moindre tache, la moindre bosselure dans ses champignons, comme on regrettait de ne pas trouver un seul loup parmi les moutons de Florian. Enfin, on volt ia cire a travers tous ses on- ( 5.8 ) vragcs , ct I'on ne. re.-^sent alors que I'illusion du cabinet. Lc Rluseum posscde encore une petite collection de trente especes environ de champig'ions modeles en cire, qui, quoique inferieuis a ceux de M. Pinson, parurent au gouvernement autiichien , dignes d'etre offcrts en present u I'administration francaise. Nous pouvoas repondre que nos livraisons tout aussi bien finies que les modeles de Rl. Pinson, auront plus de verite encore ; et que rien ne leur nianqucra pour satislaire a la fois et le savant qui eludie les organes, et I'homme du monde qui ne cherche qu'ii reconnai- tre d'un seul coup d'ceil le fades. On souscrit sans rien payer d'avance, niais en prenant I'enga- gement de payer i chaque livraison : Au bureau de redaction des Annales des sciences d' observation, rue de Furstemberg, n° 6. Et cliez JMeilhac, libraire, rue du Cloitre-Saint-Benoit, n" lo. Prix de la livraison pour la collection entiei'c [\o fr. Prix de la livraison pour la collection des champignons comestibles et vencneux 5o i'r. Deuxlivraisons paraitront tous les mois, et chaque livraisonsera composee de quatre especes offrant chacune cinq individus. IS. B. Les souscripteurs etrangers sont invites a faire connaitrc, a Paris, un correspondant charge de compter le prix de la livrai- son, et de prendre avec les auteurs des arrangemens pour les IVais de transport. Errata du mois de mars 1829. Page 45'2, lign. 17, latas, lisez : latos. Page 454? I'o'^- 4? alternaSf lisez : alternos. Ibid., lign. 5, fig. 27, lisez : fig. 26. Page 464, lign. 5ij Mendrayera, lisez : Mendragora. Errata du mois d'avrcL Page 68, lign. 4? geuealogie, lisez : geologic. Page 69, lign. 3i, curtatus, lisez : abbreviatus. Page 73, lign. i5, fournirait, lisez : fournissant. Ibid., lign. 16, et deviendrait, lisez : cette paillette deviendrail. Page 80, lign. 25, australis, lisez : borealis. Page 84, ligu. it), borealis, lisez : australis. Page 8g, lign. g, borealis, lisez : alpina. Page 1 :>3, ligne i3, trente. Use: : soixante-dix. y-v ,/iv>/„-. ,/;,Ar. /;„„ .//. I '^j.z.tanarj'a Xfynu /'fi/i^J . _ 5 .If^octuA Jiamiura' /nuiley.— ^.Aoc^/a ^/jt/rno /ma/f/. I„„ . ,/e^-JWe„x:' . ,/o6j-. /om Jl. PI. O. /nui/^/._ ^'. (Vf)/// /i7 /nitii;^. -6". {ream ./^f'ii/.rfy . Ann. dtj' Sc . c/ o/>.r torn . 2 ,ooo8 de ligne. Sa largeur est de 19 lignes, son epaisseur de 4>2 lignes, et sa dilatation de 0,0000114 de la lon- gueur totale, par chaquc degre du ihermonietre centigrade. M. Bcssel a imagine un mode de suspension tout particidler. A cet effet, il place horizonlalement, soit au bout supericnr de la toise, soit sur la tablette (jui sispporte cette toise, un cvlindre d'environ une ligne de diametre, cuntre lequel vient s'appiiver une mince bande de laiton. Cette bande est attachee, par son bout inferieur, avec le bout superieur du fil du pendule, etya, dans une direction oblique, se fixer, par son autre bout, a un point plus eleve; de cette maniere, la bande mctallique , tiree par le poids du pendule , reste constamment appuyee contre le cylindre, sur la surface duquel elle s'enroule et se deroale un pen a chaque oscillation du pendule. Le point de suspension est done variable ; il decrit, sur le cylindre, un arc scmblable a celui que parcourt le centre de la boule a chaque oscillation. Ce centre ne se meut plus, il est vrai, sur la circonference d'un cerde, mais sur la developpee de la section transversale du cylindre. M. Bessel fait voir alors qu'on ne comniet pas d'erreur sensible en suppo- sant que la longueur du pendule demeure invariablement egale a sa valeur moyenne, qui correspond a la position verlicale. La petite bande de laiton a 0,008 ligne d'epaisseur, et 1,4 ligno de largeur ; elle est attachee a I'un des bras d'un levier, dont I'autre bras porte un conlre-poids. Ce levier jone sur un systeme de deux pairesd'Y, fixees a la grande bane de fer, au niveau du boul superieur dc la toi^e. Un semblable sysleme est fixe a la memo barre, au niveau dc la tablette qui soutient ccfte toise. On porte ( 552 ) I'appareil de suspension dc I'un a I'autre ile ccs systcmes, pour observer successivement les deux pcndulcs. Lc fd dc suspension, on acicr, a ses bonis Icrmines par deux petiles vis de meme poids, qui penetrcnl, Tunc dans la boule, el I'autre dans un apptndice a la bande d'enroulcment. On pcul ainsi retourner le fil pour voir s'il est bicn egal sur toute sa lon- f!;ueur. Tandis que le pcndule est en mouvcnient, la bande, en s'cnroulant et sc dcroulant, ne conserve pas la forme rectiligne qu'cUc possedc a I'otal de repos ; ccla tient a son elasticite ; inais la courbure qu'elle affccte devient insensible a une tres-petite dis- tance du cylindre, et I'alteralion minime qu'elle pent occasioner dans la marche des deux pendides dcvant etre la meme pour clia- cun dc ces derniers , elle disparait quand on ne considere que la difference des longueurs des pendules. Pour annulcr toute influence reciproqne entre les pendules et rhorloge, M. Besscl met retle derniere a u pieds 6 pouces des pre- miers ; et, dans Tintervalle, il dispose un telescope prive de sou oculaire, dc telle niauicre que robjectifrenvoie I'image du pendulc precisenient sur I'horlnge. II observe I'une et I'autre, au moyen d'un second telescope place a i5 pieds de distance. L'echelle, servant a mesurer les amplitudes d'oscillation , est fixee sur la barre de I'er, 4' 2,5 lignes plus bas que le point lie sus- pension du plus court pendule; elle est divisee en demi-ligne , et porte a son milieu une marque blanche qui a la largein* d'une divi- sion, et que le fil du pcndule en repos doit coupor en deux parties egales. Un cylindre de laiton creux, peint en noir, ayant a lignes de longueur sur i,25 ligne de diainetre, est traverse et porte par le fil du pendule. Quand celui-ci est en repos, ce cylindre cache la marque blanche de rcclielle des amplitudes. Enfin, a la partie infcricure du pendule de I'horloge est adapte un papier noirperce d'un trou d'environ 3 lignes de diametre. Maintenant*si tout est en repos, la marque blanche, le cylindre noir, le trou du papier et le second telescope seront en ligne droite; le cylindre noir rem- plira le trou et cachera la marque en question. Cette marque sera encore invisible quand les pendules (d'observation et de I'horloge) seront en mouvement et coincideront dans leurs vibrations; et I'instant vrai de la coincidence sera la moyenne entre I'epoque de ( 333 ) la ilisparition el de la rcaparition de cellc tache, conforincinent a la UK'thodc dii capitainc Sabine. Rcduclion du pendale au vide. Bien que les axiumcs ou les priiicipes fondamentaux de la me- eaniqiie lationiielle aient toiitc I'evidence ct toiile la siniplicUe de- sirable, cependant il arrive parfois qu'on les applique mal, soil que Ton se trompe sur la nature nieme de la question proposee, soit qu'on neglige des circonstances du meme ordre que celles qui sont prises en consideration. C'est ainsi que plusieurs des propo- sitions secondaires de la mecanique sont erronees ou incomple- tes, et que beaucoup de formules etablies par de grands geometres seraicnt sujetles a revision. Tel est encore le cas de la reduction du pendule au vide. M. Bessel demontre, par le raisonnement et par rcxpeiience directe, qu'il y a erieur dans la maniere dont on opere cette reduction. Depuis Newton ou admel que si ?« est la masse d'un corps plonge dans I'air et rn' la masse du volume d'air deplace, la force qui soUicite ce corps a tomber est reduite dans 7/1 T?l la proportion de I'unite a . M. Bessel fait justemenl ob- m server que la force motrice totale m — m' n'est pas uniquement employee a mouvoir la masse m, mais qu'elle doit aussi etre re- partie sur toutes les molecules d'air deplacees par 711 dans son iiiouvement; que, par consequent, le denomiuateur de la fraction ci-dessus doit etre augmenle, el par suite la fraction elle-uieme diminuee; qu'ainsi, le pendule qui uscille dans I'air est plus retarde dans sa marche qu'on ne le suppose ordinairement. II pent alors arriver, ou que cette resistance inconnue de I'air depende de I'am- plilude des oscillations, ou qu'elle en soit independante, et puisse etre assiniilce a un accroissement de I'inertie du pendule. C'est cette dcrniere hypothese qui s'est realisee dans les experiences de M. Bessel. Avaut de citer ces belles experiences, il est necessjiire de mieux examiner I'etat de la question. M. Bessel ne semble pas avoir soup- ronne qu'elle pouvait elre resolue par les plus simples notions de la mecanique. Eu designaut par g la force accck'ratrice de la pe- santeur dans le vide, et par m la masse d'un corps solide. la foice ( 334 ) motrice uu tolalo qui sullicitc ce corps a tomber seru expiimee paring. Mais si Ic corps est ploiige dans iiii fltiide, liquide ou ga- zeux, et que la masse du flnide deplace soil m% la force motrice en question sera rediiite a {m — m') g. Admcltons apresent que le corps soil descendu d'un metre, par exemple; et, tout elaut reveuii au repos, Yoyons ce qui s'est passe. La masse solide m n'a pii descendre d'un metre sans qu'une masse m' du fluide n'aituionte d'aiitant. En effet, si I'on corisidere les deux positions occupees par le corps solide, au commencement et a k fin de sa chute, on voit que quand ce dernier occupait la position superieure, un volume egal de fluide occupait la position inferieure ; et que, quand le solide a pris la position inferieure, le fluide a pris la po- sition superieure. On a pu aiscnient suivre le corps solide dans sa marche dcscendante ; mais le volume fluide s'est eleve par por- tions detachees, et bicn qu'on n'ait pu distinguer et encore moins suivre des yeux ces di verses portions dans leur mouvement ascen- dant, ncanmoins le resultat final de tous ces deplacemens partiels est evidemment I'ascension de tout le volume fluide deplace par le solide. Ainsi, la force motrice {m~m')g a ete employee a mouvoir, non-seulement la masse solide m, mais encore la masse fluide ?n'; c'est-a-dire que ia force acceleratrice g s'est trouvee , , . , Ml — m' reduitea . . g. C'est exactement le cas de la machine m -f- in d'Atwood : la masse solide m et la masse fluide m' sont censees attacheesaux deux bouts d'un fil qui passerait sur une poulie ; et I'exces m — wi'de I'une de ces masses sur I'autre, serait le poids additif qui mettrait le systeme m -f m en mouvement. Et quand les geometres out considere la force (m — m' ) g comme employee tout entieie a faire tomber la masse m dans un fluide dont elle deplace m', c'est comme si, dans la machine d'Atwood, ils eus- sent neglige le mouvement ascendant de la masse m', pour ne lenir compte que du mouvement descendant de la masse m, ani- mee de toute la force motrice {m- — m') g. Ce que nous disons des mouvemens verticaux s'applique a tous les autres mouvemens, quel qu'en soit la direction ct I'intensite. Si done la boule d'un pendule pese 8000 et I'air deplace 1, la pesan- ■ 11 I , ,. . , 8000 — I teur se trouve reduite dans le rapport de 1 unite a , et '^^ 8000 + I (535 ) , 8ooo — 1 T .11 • •. - . ■ non pas a . La pcrte, daos le premier cas, serait a tres- 8ooo pou piM^s double de la perte dans Ic second cas. En definitif, la correction que Ton faisait subir au pendule pour passer de I'air an vide, n'atteif^nait gnere que la moitie de sa valeur reelle. C'est aussi Ic resnltatde Texperience suivante qu'on pourra maintenant luicux appreciei'. M. Bessel observe d'abord la marche d'un pendule forme d'un fd metallique et d'une boule de laiton , dont la densile est 8, iSqSS. Ensuite il fait la meme observation avec un pendule compose du fil metallique et d'une boule d'ivoire , dont la densite est 1,79443. Comme les deux boules sont parfaitement egales, elles devront imprimer a I'air les memes mouvemens ; et, puisque leurs masses sont tres-differentes, elles devront etre diversement influencees par cette resistance de I'air. Dans ce cas, la reduction des deux pendules au vide , calculee par la formnle ordinaire , ne devra pas conduire a la meme longueur de pendule. On sera done ol>lige de multiplier cette correction par un lacteur 1 -f-^'5 d'egaler les lon- gueurs des deux pendules , et d'extraire de cette equation de con- dition la valeurde x. 31. Lessel trouveainsi, 0:1=0,9459; c'est-a- dire qu'il faut doubler, a peu pres , la valenr de la reduction au vide, telle qu'on la supposait, pour avoir la veritable reduction. Ce resultat s'accorde parfaitement avec I'explicatiun theorique donnee tout i I'heure. M. Bessel ne s''est pas borne a celle seule experience ; apres avoir fait osciller dans un meme milieu des pendules de masses differentes, 11 a observe la marche d'un meme pendule dans divers milieux. A cet effet, il s'est d'abord servi de son long pendule a fil metallique et a boule de laiton; la duree d'une des oscillations de ce pendule fut de i",73i7 dans I'air, et de i",go85 dans I'eau. Ensuite^ son court pendule ii fil metallique et a boule de laiton , observe de meme, donna i",0020 et 1", 1078 dans ces deux milieux respectifs. D'apres nous , la pesanteur etait diminuee dans i'eau , de 8, 1 8q55 — I 1 — ■ '. =0,21704, 8,18955 +1 ' ( SSB ) et noil pas seulemeiit, commel'ancienne formule rindiquerait , de 8,i8c)55 — 1 ;= 0,1221 1 ; 8,18955 en sorte que cette dcrniere valour doit efre mullipliee par 1 + 0,774, pour rc'produire la premiere. Rl. Bessel trouve 1 -f 0,648 daus le cas du lonr;pendulc, et 1 -j- 0,602 cLans le cas du court pendule. Un cylindre creux de 56 lignes dc longueur, de 32 lignes de diamtlre exterieur, de meme nature et de meme poids que la boule de laiton, fut forme a sos deux bases; alors sa densite appa- rente etait reduite a 2,0788. Substitue a la boule du long pen- dule^ 11 executait une vibration en i",7244 dans I'air, et en 2",789a dans I'eau ; et mis a la place de la boule du court pen- dule, les durees de ses oscillations , dans les monies milieux res- jpectifs, etaient de i''',oio4 et i",6585. La correction de la re- duction au vide, pour ces deux pendules oscillant dans Teau , etait 0,747 pour le premier, et 0,761 pour le second. La thoorie lie doniie ici que o,55i. Enlln 3L Bessel a enleve les bases du cylindre precedent ; les durees des oscillations ont ete de i ",7 199 dans I'air, et de 2",5675 dans I'eau, pour le plus long pendule; et, pour le pint court, de I'^ooig dans I'air, et de i",5o42 dans I'eau. Les corrections sont ici 7,99 et 8,91. En admettant que I'eau contonne dans le cylindre se iiieuve avec lui, la thoorie ne donnerait pour ccttc correction que 5,49. Dans le cas du cylindre , soil vide, soit plein d'eau, la thoorie ne donne que la moitie de la correction reellc, tandis qu'oUe donne a pcu pros cette correction pour le cas de la sphere oscil- lant dans i'eau, et exactement cette correction pour les pendules qui marcheiit dans I'air. La figure du pendule ioflue done beau- coup sur la resistance da fluide , et c'est ce que M. Bessel voulait demontrer par I'oxperience dirocte. 11 conclut de la, qu'un peii/- dule de Kator, qui pout etre relourne dans I'air, pourrait n'otre pas reversiliio dans I'cau. Un de cos pendules qui, dans I'air ,^fai- sait une oscillation en i",ooo2, etant poso indiflerommont siu' ses deux axes, n'olait plus en offot rociproquo dans I'oau ; car, avec ( 337 ) son pins grand poids en has, il laisait dans to liquide line oscilla- tion en i",i 177, et, (piand onl'avait rotourne, ileniployait 1 ", i45o a faire cetfe oscillation. 11 suit encore de la, qu'nn pendnle de Kater, hien que reversible dans I'air, nc le serait plus dans le vide, a nioins que ce pendnle ne tut synietrique dans ses deux bouts. Or, conime cette derniere condition n'etait pas remplie pour les pendules de Rater, dont on a fait usage jusqu'a present, on com- mettait toujours deux errenrs; I'une, en faisant unc fausse reduc- tion du pendule an vide, I'autre en se trompant sur la nature meme du pendule, qui n'etait point reciproqne. En snivant les idees de Jl. Bessel , on devra done construire le pendule de Kater, de telle nianiere (pie les denx moities de ce pen- dule soicnt symetriques, mais de natures differentcs. On mettra , par excniple, une sphere pleine a I'un des bouts, et une sphere creuse de meme diametre a I'autre bout ; la sphere pleine corres- pondra a celle de laiton, et la sphere creuse a celle d'ivoire. On bien on determinera direclement la reduction an vide , en obser- vant le meme pendule dans I'air ordinaire, puis dans I'air plus ou moins rarefie. De pareilles experiences viennent d'etre faites en Angleterre avec le pendule dn capitaine Kater, et Ton a trouve que la reduction reelle est a la meme reduction faussement calcn- lee jiisqn'ici , dans le rapport de 10, 56 a 6,26 ; cette reduction n'est pas tout-a-iait doublee , comnie dans les experiences de M. Bessel. En appliquant la correction donnee par cet astronome, aux expe- riences du pendule faites par M. Biot, on trouve que les nombres d'oscillations qu'il donne doivent etre augmentes d'environ 2 '- se- condes par jour; et que, par consequent, ses pendules a seconde doivent etre allonges de 58 milliemes de millimetres : a quoi ser- vait done dc pousser I'exactitnde jusqu'a 6 decimales apres les millimetres, quand on ne pouvait pas meme repondre de la se- conde decimale? II faut pourtant avoner que les observations du pendnle que Ton a faites pour deternii;ier la figure du globe n'ont pn, malgre cette inexactitude de la reduction au vide, conduire a une valeur erronnee de Taplatisscment ; car, si Ton augmente toutes les longueurs du pendule de quelques centicmcs de mil- limetres, la difference des longueurs au pole et a I'eqnateur restant la meme , le (piotient dc cette difference par la lon- gueur a I'equateur ne variera pas d'une qnantite appreciable. Des ( 358 ) loi'S, les savans anglais , ct le capilainc Sabine en pailiculier. ne se trouvent point autorises a gralifier ties memes erreurs, et la determination du metre, et celle du pendule anquel ils ont rap- porte les mesurcs de lenr pays. II parait qn'on a repris a Londres les observations qnc le capi- taine Kater lit jadis avcc tant d'exaclitude , an moyen dn pendide qu'il venait d'imaginer. On sera oblige d'allerer un pen la position des axes de cet instrument, afin do pouvoir le retourner dans \c vide. La correction que Ton obticndra pour la station de Londres sera reportee snr toutes les experiences faites dans les autres sta- tions de la Grande-Bretagne. En outre, un des pendules invariables du capitaine Sabine , deja observe a Londres et a Paris , a ete en- voye a Koenigsberg, ainsi qu'un autre pendule invariable de construction francaisc, dontlamarche avaitetesuivieparM. Arago, dans la salle de la meridienne. Ccs deux pendules, observes par M. Bessel, vienncnt d'etre renvoyes a Londres, pour y etre de nouveau mis en experience , soil dans I'air, soil dans le vide. Le resultat de toutes ces recherches sera de Her trois points, Paris, Londres et Koenigsberg , par des observations bien comparables, et de corriger toutes celles des capitaines Sabine, de Freycinet el Duperrey. Longueur du pendule de Koenigsberg. Les determinations de la longueur du pendule a Koenigsberg obtenues par M. Bessel sont au nombre de quinzc ; onze an moyen de la boule de laiton , et quatre avec la bonle d'i voire. Chacune de ces determinations est basee sur quatre series d'experiences faites avec le plus long pendule, et sur deux series I'aites avec le plus court. W. Bessel a employe ordinairement le uiode de suspension dont nous avons deja parle, c'est-a-dire une bande metallique enroulee sur un cylindre ; quelquctbis il a rendu iixe le point de suspension, en attachant la bande metallique; enfm il a fait usage du couteau , a la maniere ordinaire. Dans ce dernier cas , I'axe du mouvement etait deo,o5i ligne au-dessus de I'axe du cylindre dans le premier cas, ct de o,o56 ligne plus eleve que le point d'attache dans le second cas, bicn qnc In boule fut toujoins a la memc hau- teur- Par consequent , les denx premiers modes de suspension ( 539 ) s'accordent assez bien entre eux, mais uou avec le troisiemc. M. Bessel entre dans bcaucoup de details sur I'errenr que Ton peiil commeltre avec ce dernier mode de suspension, et il a uieme re- connu, par un procede tres-ingenieux de M. Ucpsold, que le cou- leau d'un pendule ne roule pas simplenienl , mais glisse un pen sur les plans qui le supportent. Voici la moyeniie de toutes les experiences : Longueur du pe'ndide simple qui, dans le vide, bat la secondc sexagesimale a I'observatoire de Koenigsberg, 440,8147 lignes de Paris; Hauteur de la station (boule du pendule), 11,2 toises au-dessus du niveau de la mer Batlique ; Diminution de la longueur du pendule, correspondante a cettc elevation, o,oo52ligne; Longueur du pendule au niveau de la mer, 440,8179 lignes. S. M15M0IRE SUR L'ACTION DE LA LUNE , eOIIR DIMINtER Ik PRESSION DE l'aT.MOSPHEBE , DETERMINEE PAR LES OBSERVATIONS DU BAROMETRE", PAR M. Flahgergues. at. Flaugerguess'occupe depuis vingt ans d'observations barome - triques propres a determiner Taction de la lune surratmosphere,et il vient de publier un memoire (1) et une addition (2) a ce me- moire, contenant le resume de toutes ses rc(;herches a ce sujet. Une Constance si admirable lui cut sans doute merite la bienveil- lance des savans, si les resultats auxquels il est parvenu s'etaient accordes avec certains travaux analytiques. M. Flaugergues pent (1) Bibiiolh. univers. de Gen^Te, dec. 1827, p. 264. (2) Ibid., avjil 1829, p. 265. •( 340 ) se consoler de sa disgrace ; il suffit a sa reputation qu'il ait em- ploye lie bons instriimens, qu'il s'en soil servi ave(^ intelli|j;encc, et ^urtout avec iin zele peu conimun : si les fails qu'il elaijlil soul vrais, la theorie mieux eclairee s'en rapprochera de plus cu plus; niais ce triomphe esi encore eloigne, a en jugcr du moius par la lenteur et I'incerlilude des premiers pas (jue les gcometres et les physicieus ont Tails dans cette dilHcile carriere. Daniel Bernouilli avail d'abord cherche i.\ prouver que, par la force attractive du soleil, la hauteur Ijarometrique devrait etre de 20 lignes plus grandc pour ceux qui auraienl cet aslre au zenith que pour ceux qui I'auraient a I'horizon (^Traite du flaw et reflux de la mcr). D'Alembert rcfula cette theorie , el fixa a 3 lignes la variation barometrique due aux attractions du soleil et de la lune [Reclicrclii's sur la cause generale des vents). Le pere Paul Frisi re- duisit d'abord cetle variation a -^ de ligne {^DcGramtute univer- sati Corporuvi), et pins tard, a ^ de ligiie poiu' Ic soleil , et a -j^ pour la lune {^Cosmof^rapli'ue pkysicw et nialhemaiicce pars prior et altera). Le pere Fontana trouva j^ de ligne pour cette derniere action {Jtti dell' Acadcmia di Siena, 1774)- Toaldo, en corrigoant la theorie de Frisi, porta a -^ ^^ ligne les variations extremes du barometre dues a Taction lunaire {Mi-moires de I' A cademie de Bcr~ Iin, 1778). Laplace ayant repris la question dans son ensemble, au moycn d'une analyse plus profonde , trouva d'abord 0,25970 millimetre pour I't'tendue du flux lunaire atniospherique [Mcc. celeste, t. Ill, p. 296); mais ayant ensuite discnte sept annees d' observations barometriques faites par M. Bouvard, il reduisit cette derniere valeur a o,o544^ millimetre [Connaiss. des Temps, 1826) ; enlin il crut meme devoir I'abaisser a 0,01703 millimetre, par la discussion de quatre nouvelles annees d'observalions du meme astronome [Ibid., i83o); et cette troisieme valeur n'a meme qu'une tres-faible probabilite. Parmilesmeleorologisles meme incertitude. Lambert, au moyen de onze annees d'observalions barometriques faites a Nuremberg, ne pent decider si les hauteurs de eel instrument sont plus grandcs lorsque la lune est a I'apogee que lorsque eel aslre est au perigee (Acta kelcctica, t. IV). Toaldo trouve (jue la haulcur du barome- tre est plus grande vers I'epoque de rapogee de la lune que vers I'cpoque de son perii^ee, de 0,047 poucc anglais ou 0.529 ligne ( 54t ) fr.'inraise {Mnn. dc rAcndcmie dc Berlin, 1778). Le pere Colic, (I'npres viiiglaiinecs (rul)sorvalions, portc a 3 do lignc I'oxcos dc la liauU'iii- l)arom(''tii(|iu' correspondaritc an p/'iigrc lunairc siir la liaiik'iir coirespondanle a I'apogce [Man. sar la Mcteorologie). An conlraire, le doclour Howard, qui a I'ait ses obscrvalions aux Elals Unis, pretend que le baromelre inonlc le plus souvent dans Ics quadralures , et qn'il baissc dans le plus grand nonibrc des syzygics. [Annuaire da bureau des longitudes , iSuS). Suivant cinq annees d'observations faites a Mulhausen, par Mayer, la moycnne des haiilcurs dans les syzygics surpassc dc -^ de lignc la moycnne des hauteurs dans Ics quadratures; el cette moycnne, lorsquc la lune est apogee , surpassc de 0,09 llgne la moycnne du baro- melre, lorsquc la lune est perigee {^Mcm. sur laMcteorol. dc Colic). MM. Van-Swindem et Molhe {Ibid.) on fait a ce sujet des obscr- valions Irop pen nonil)reuses pour en pouvoir rien conclure. M. Flaugergucs a observe journellement a midi, depuis 1808, la hauteur absolue d'un barometre dc 2,40 lignes dc diametre , plongeant dans unc cuvette de 37,89 lignes de diametre. Ses ob- servations, faites a la precision d'un cenlieme et demi de lignc, sont corrigecs des cffels de la capillarite, de la variation du niveau extcrieur, de la temperature du mercure dans Ic tube et dans la cuvette. Celle-ci est elevee de 56,78 metres au-dcssus du niveau de la Mediterranee. L'observatoire, de Viviers est a 2" 20' 55",5 de longitude E. de Paris, et a 44° 29' i" de latitude B. Voici les resultats moj'cns de toutcs les observations faites du 19 octobre 1808 au 18 octobre 1828, tons les jours a midi : n ■ t I Nombie des Hauteurs chi Points tunaires. , .. , ,, obstrvations. barometre. mm. Hauteur moycnne gcnerale 7281 . . 755, 4G Coiijoiiction ou nouvelle lune a47 • • 755,48 * Premier octant a48 . . 755,44 Premier quadrature 247 • • 755, 40 Le jour precedent celui du second octant. . . 248 . . 755,01 Second octant 247 . . 754.79 Le jour suivant celui du second octant. . . . 247 • . 754,85 Opposition ou pleine lune 246 . . 755,5o ( rv,2 ) Points lunaires. Nomb redes obscrvalious. Troisieme octant 246 Le jour precedent celui de la 1' quadrature. . 2,'i6 Scconde quadrature 246 Le jour suivant celui de la 2' quadrature. . . 247 Quatrieme octant. • 247 Lunistice boreal. . . ' 271 Lune a I'equaleur 534 Lunistice austral 272 Lune perigee (parallaxe moyenne 60' 24"). . 265 Parallaxe horizont. equator. 60 min 371 id. ... . 59 52g . . . Id 58 53o id 57 (moy. distance) 53o Id. . . ' . . 56 529 id 55 55o . . . id 54 554 Lune apogee (parallaxe moyenne 54' 4")- • ^65 Hauteurs du barometre. mm. • 755,69 • 756,19 . 756,25 . 755,87 . 755,50 . 755,75 . 755,45 . 755,48 . 754,75 . 755,01 . 755,00 . 755,41 . 755,46 . 755,50 . 755,64 . 755,75 . 755,73 Les consequences qui decoulent de ce tableau sont de trois es- pfeces, suivant que Ton considere Taction de la lune comme de- pendante de sa position synodique, de sa declinaison, ou de sa distance a la terre. i Action de la lune dans sa revolution synodique. Par le choixque I'auteur a fait de I'heure de midi pour ses obser- vations barometriques, les hauteurs observees ne sont pasaffecttes de Taction du soleil, ou le sont egalement ; et, dans tons les cas, on pent assimiler une revolution synodique de la lune i\ une de ses revolutions diurncs apparentes, pendant laquelle ce satellite agi- rait seul sur notre atmosphere. Alors les phases ne sont plus que Tindication des diflerentes distances de la lune au meridien ; ot, en suivant celle-ci dans une revolution enticre, on voit que le niercure du barometre baisse constauiinent jusqu'a ce q\ie la luuf ( 543 ) f si anivec au second octant ; que le baromctre remontc d'ici jus-- qu'i la seconde quadrature, pour redescendre ensuite jusqu'a cette premiere posilion. Au moyen des hauteurs barometriques des jours ([ui precedent et suivenl le second octant ct la seconde qua- drature, I'auteur trouveque le barometre atteint son vrai minimum d'elevation, 754,78 millimetres, quau'd la lune est eloignee de i35" du meridien vers Test, ou environ 9 h. 18 min. avant le pas- sage de cet astreau meridien ; et que le baiometre arrive a son vrai maximum , 756,26 millimetres, quand la lune est a go° du meri- dien versl'ouest, c'cst-ii-dire environ 6 h. 12 min. apres son pas- sage au meridien. Ces deux positions de la lime ne comprennent pas des intervalles cgaux, en sorte que le barometre passe plus vite de son minimum a son maximuvi, que de ce dernier etat au premier. Or, comme Taction de la lune est en raison indirecte de la hauteur barometrique, il suit des resultats precedens, que la plus grande action de la lune pour diminuer la pression atmosphe- rique, a lieu g h. 18 min. avant le passage dc cet astre au meri- dien , temps auquel commence le flux atmosplierique lunaire ; et que la plus I'aible action a lieu 6 h. 12 min. apres le passage au meridien , epoque du reflux atmosplierique lunaire. On voit par la qu'il y a une grande difference entre Ic flux et le reflux de I'at- mospherc , dont I'etendue totale est de 1,48 millimetre et le flux et le reflux de la mer, quoique produits I'un et I'autre principale- ment par I'attraction de la lune, puisque le premier phenomene n'a lieu qu'une fois dans un jour limaire, et que le second arrive deux fois dans le meme espace de temps. Action de la tunc en rapport avec sa decUnaison. La declinaison de la lune , suivant qu'elle est boreale ou aus- trale, modifie encore Taction de cet astre pour diminuer la pres- sion de Tatmosphere. Cette action est plus forie (au moins a la latitude de Viviers) , lorsque la declinaison de la lune est australe que lorsqu'elle est boreale; ce qui resulte evidemment de ce que la hauteur moyenne du barometre, lorsque la declinaison de la lune est australe et a son maximum , c'est-a-dire dans le lunis- tice austral, est plus grande de 0,27 millimetre , que dans le lu- nistice boreal. ( 34'4 ) Action lie la tunc suirant sn clisiancc a la tare. L'action de la lune pour diminncr la prcssion de ralmospliuit^ \arie encore siiivaiit la distance de cet astre a laterre. La hanlenr movenne du baroinclre augniente, on Taction de la lime diminuc, a niesurc que la parallaxc diminue, etcela sans auciuie exception: ce qui suffit pour prouver que cette action n'est autre chose qui; Tattraclion ncwlonienne de la lune sur ratmosplierc. D'apres Newton {Phil. nal. princ. maliiem. , lib. I, prop. 4G , coroU. i4) , les hauteurs barometriques doivent etrc a pen pros proporlion- nelles iiux cubes des parallaxes eorrespondantes de la huic. L'au- teur choisit ici les obscrvatio>is relatives aux parallaxes dc Go' et de5'(', savoir, ^55,01 miUimetres et ^55,75 millimetres, pour determiner I'effet de la lune a toute distance de la terre. En nom- mant x I'effet pour la parallaxe de 60' et j I'effet pour la parallaxc de 54 ', on a les relations a;— 7 = 755,75— 755,01, et a; : j : : 60' : 54', qui donnent 5; = 3,73 et j = i,99- ^^ moyennc 2,36 milHmetres correspond a la parallaxe de 07' 10" ; et cette moyenne, ajoutee a la hauteur moyenne generale du barometre 755,-'|6 millimetres, donne 757,83 millimetres pour la hauteur moyenne veritable du barometre aViviers, c'est-a-dire celle que Ton trouverait s'il n'y avait plus de lune. Maintenant si, en partantde cette hauteur moyenne etde Taction de la lune pour la parallaxe de 57*10", on calcule les actions eor- respondantes a toutes les autres parallaxes, ct qu'on les compare aux observations , on trouvera rallaxcs. Action de la lune. 60'. 59. 5S . . . 2,75 , . 2,59 . . 5,46 57 . 56 . . . 2,54 . . 2,22 55 . . 2,10 54 . • . 1,19 HaiUcurs mnyennes. Calciiiees. Observ6cs. Ditrerences 755,09 . . 755,01 . . — 0,08 755,23 . 755, 3o . • +0,07 755,56 . . 755,41 . . -j-o,o5 755,48 . 755,46 . . — 0,02 755,60 . 755,50 . . — 0,10 755,72 . . 755,64 . . . — 0,08 755,83 . 755,75 . . —0,08 ( 345 ) « Les differences des hauteurs moyennes deduites des observa- tions, avec les memes hauteurs calculees, ne sont pas, coramc on voit, bien considerables; elles sont irregulieres et de differens signes , et tout indique qu'elles proviennent des variations acciden- telles. Ainsi, on pent esperer, ajoute Tauteur, que , dans la suite , le temps amenant des chances contraires, ramenera bientot les re- sultats de ces observations a suivre la loi de la proportionnalite avec le cube de la parallaxc , ou avec le rapport inverse du cube de la distance de la lune a la terre, comme une consequence de Li gravitation universelle en r«ison inverse du carre de la distance, et j'aurai ainsi la satisfaction d'avoir ajoute un petit fleuron a la couronne immortelle de Newton ». Variations diurnes du iarometre. M. Flaugergues a aussi observe la variation diurue du baro- metre dependante de Taction solaire. II a porte principalement son attention vers le minimum du matin, dont I'observation a toujoiirs eteun pen negligee. II a observe le barometre pendant unan, a 5 h., a 4 h. et a 5 h. du matin. Vers le solstice d'ete, le mirtimum arrive quelquefois a 5 h, ; mais le plus souvent a 3^ , ou a 4 h. Vers le solstice d'hiver, ce minimum etait retarde bien rarement jusqu'a 5 h. ; mais il avait lieu le plus souvent a /j ^ h. , et meme a 4 h. Mors M. Flaugergues s'est lx)rne, les annees suivaates, a obser- ver un autre barometre tons les jours a 4 h. du matin , et, dans le reste de la journee, a g h. du matin eta 3 h. du soir, d'apres la methode de Ramond. II resulte des observations completes de g;7 jours, que , depuis 4 h. jusqu'a 9 h. du matin , le barometre monle, a Viviers, de o,524 millimetre; que, depuis 9 h. du matin jusqu'a 3 h. du soir, le barometre descend de 1,129 '"'1''" metre, pour remonter ensuite; a 8 h. du soir, son ascension est deja de o,')o5 millimetre, d'apres un plus petit nombrc d'obser- vations. Alors M. Flaugergues a pu calculer la table suivante de ces variations : 546 ) 4h. 5 (lu matin. . . n,6o5 mm. id 0,8 16 id 0,988 id 1,079 id i,i3i id iji29 )o h. (Ill ijialin. . 1 ,074 mm 1 1 id. . . 0,966 midi. ..... 0,804 1 h. aprcs midi 0,589 2 id. . 0,521 5 id. 0,000 En trailant la courbe de ces observations pap la methode dcs maximum etininimum, ontrouvequela variation maximum, 1,137, arrive a 8 h. 23 min. du matin, et non a 9 h. , comme on le croit communement. Enfin, I'anteur a trouve que les nombres de jours pluvienx, pendant vingt ans, ont ete dans les rapports suivans : Nouvelle lune. Premier quartier. PJeine lune. . 82 Dernier quartier. Lune perigee. . Lune apogee. 65 96 84 RECHERCHES SUR LA CHALEIR SPECIFIQXJE DES FLtJlDES ELASTIQUES ; PAR M. DuLOiVG. (Extrait.) M. Dulong entre d'abord dans une discussion fort etendue sur les recberches qui ont ete faites pour determiner la chaieur spe- cifique des gaz. Nous abregerons cette partie de son memoire; mais nous rapporterons en entier les recherches qui lui sont propres. II semblait que le travail de MM. Laroche et Berard [Ann. de Chimie, t. LXXXV, p. 72 et ii3) avait fait cesser toute incerti- tude sur la chaieur specifique des gaz soumis a une pression cons- ( 347 ) tanle, lorsq\iR M. Ilaycralt, d'iibord, ct cnsuite MM. de la Rive et Marcct sont veniis rcvoquer eii doiite les rusultats dcs physiciens francais, et ont cherchc a etablir que tons les gaz dimples ou eom- poses ont, sous le menie volume et a force elaslique cgale , la meme chalenr specifHiue. L'appareil de M. Ilajcraft {Edinbttrg's pliilos. Trans., et Annal. de Cli'un. et de Phjs., t. XXVI, p. 298) ne differe pas esseiitielle- ment de cclui de MM. Berard et Laroche ; mais, au lieu de ine- surer I'elevation de temperature produite dans le calorimetre, M. Haycraft,a u moyen de deux appareils parfaitemciit sembla- bles, se bornait a conslater si, dans les menies circonstances, des volumes egaux de deux gaz cedaient aux caloiimetres des quan- tites de chaleur egales ou inegales; et de ces experiences compa- ratives, il avait conclu que tous les gaz simples ou composes ont , d roluine egal, la meme capacite pour la cluileur. M. Dulong fait d'abord observer que les experiences de M. Hay- craft n'ont ete faite? que sur 6 gaz, dont 4 simples et a compo- ses, savoir I'acide carbonique et le gaz olefiant; que ce dernier a constamment indique une capacite superieure a celles des autres; et que I'acide carbonique etant le seul des gaz composes qui ait paru avoir la meme chaleur que les gaz simples, on ne pent pas conclure d'un seul gaz compose a tous ceux du meme genre; qu'enfin, les details des experiences n'etant point suflisamment indiques, on ne pent juger de I'exactitude de ces dernitres. MM. de la Rive et Marcet publierent ensuite, sur les chaleurs specifiques des gaz, un premier memoire dans les Ann. de Cuimie et de Pliys., t. XXXV, p. 5 ; puis un second memoire sur le meme sujet, et en emplojant la meme methode experimentale, que Ton trouveaunumero precedent de nos Annates, t^. 176. Le resultatde leurs recherches fut, qu'ii volume egal tous les gaz, taut simples que composes, ont la meme chaleur specifique. Dans les premieres experiences, le gaz remplissait un ballon de verre de 4 centimetres de diametre, et de ^ millimetre d'epaisseur. Par consequent, la chaleur que prenait le ballon etait a lu chaleur que prenait Fair, par exemple, comme 12G est a 1. Pour un autre gaz, dont la capacite cQt ete d'un quart superieure a cclle de I'air,^ la chaleur necessitee par cet accroissement de capacite n'eut ete que la -~ partie de ia quantite totale : quantites trop minimes (548) Bonr poiivoir oire appreciees ; memcs reinarqucs a I'cgard cles noiivolles experiences. En second lieti , les pliysiciens ginevois serablenl avoir oublie que le refroidissement on le lechauffemenli d'un gaz n'est pas siniplement proportionnel a sa capacite pour la chaleur, mais qu'il sc trouve encore foiictiun dc la conductibiiilo de re gaz, on plutot de sa mobilite, de sa dcnsite. MM. Dulongct Petit {Man. d'Arcueil, t. I", p. 201 , et Journal de Physique, I. LXXXIX , p. 337) avaient bien caracterise cette proprieli; oondiictrice dcs gaz; ils avaient fait voir que, d'un cote, le plus mobile de ces gaz rechauffait le plus vite un therniometre qu'on y plongeait, et que, d'un autre cote, ce meme gaz arrivait plus vite que lout autre a I'equilibre de temperature aveo son enceinte; dc telle maniere que, dans le premier cas, on lui efit altribue la plus grande capacite pour la chaleur, et la plus petite dans le second cas. M. de la Rive et Marcet ont cru voir dans les differences des temps de recbauffemenl d'un meme gaz souniis a des pressions diverses, un argument sans replique en faveur de leur melbode. M.. Dulong deuiontre qu'il n'en est rien, et etablit en meme temps nne formule par laquelle on pourrait talculer les resultals en ques- tion sans admettre une diminution de capacite pour la chaleur quand la densite du gaz diminue. « En definitive, ajoute M. Dulong, il ne me parait pas possil)le d'imaginer une disposition d'appareil, ou ime maniere d'operer, qui permette de conclure les chaleurs specifiques des gaz, de I'ob- servation des temps de leur rechauffement ou de leur refroidisse- ment. Les residtats de Laroche et Berard sont done encore ceux qui doivent inspircr le plus de confiance ; et, s'ils laissent encore desirer une phis grande precision, ils suflisent bien pour mettre hors de doute que tons les gaz simples 011 composes n'ont pas, sous le meme volume, une egale capacite pour la chaleur. Toutefois, ces determinations se rapportent seulement aux gaz soumis a luie pression constante; la question relative a la supposition d'un vo- lume constant reste tout entiere. Envisagee sous le point dc vu(- flcientifique , celle-ci presente de beaucoup plus grandes diflicuUcs que la premiere; jusqu'a present meme, aucune methode dirccle n'a ete indiquee pour la resoudre. » Laplace a dcniontre que la formule donaee par Newton pour (349) ralculer la vitesse de propagation du son nc s'accordait avec la vitesse efl'ectivc que ([uand on muUipliait la vitcsse calculee, par la racine carree du rapport dc la chahnir specifique de I'air sous une pression constantc , a la chaleur specifique du meme lluide sous un volume constant. ( Mix. celeste, I. V, p. laS. ) IM. Foisson deniontia aussi ce resultat, niais d'unc maniere plus dlrecte. 3IM. Clement et Desormes, d'une part, et MM. Gay- Lussac et Welter, d'autrepart, arriverent, au moyen d'experiences directes , i la determination de ce rapport. Mais ces experiences, non plus que celles de M. Dalton et de 31. Despretz , ne peuvent condnire a des resultats suffisamment exacts, d'apres I'opinion de M. Dulong. « J'ai pense, conlinue-t-il, qu'ony parviendrait plus surenienl en recherchant la vitesse reelle du son dans chaque fluitle elas- lique, et en la comparant, conformement a la tlieorie de La- place, avec celle qu'indiqucrait la formule de Newton. hNous admettons done, comme un principe demontre , que Ic carre du quotient de la vitesse reelle du son dans un fluide elastique quelconque, divisee par la vitesse calculee d'apres la formule dc Newton, est cgal au rapport de la chaleur speciflque sous une pression constante, a la chaleur specifique sous un volume cons- tant. Ainsi, la recherche de ce rapport se rcduit a celle des vitesses reelles du son dans les divers fluides elastiques. "Pour tout autre gaz que I'air atmospherique . on ne peut son- ger a mesurer directement la vitesse de propagalion d'une onde sonore ; il faut evidcmment recourir a un moyen indirect. La tlieo- rie des inslrximens a vent en a suggere un qui a ete indique et mis pour la premiere fois en pratique parChladni etJactiuin (Chladni, Traiic d'acoustiqiie, p. 87 et 274-) Ce moyen consiste a faire parler un meme tuyau, a embouchure de flute, successivement avec tous les fluides elastiques, supposes a la nifme temperature, et a de- terminer la hauteur du ton donne par chacun d'cux. En admet- tant que la colonne fluide contenue dans I'instrument eprouve le meme mode dc subdivision dans tous les cas , qu'il corrcspondc , par exemple , a ce que Ton nomme le son fondamental, ou le plus grave de tous ceux que la theoric dc Bcrnouilli indi([ue jtour le meme tuyau , on arrive facilemcnt a connaitre la longueur d'une onde et sa durec dans chaque fluide t'lasti(|MC. ct, par consequent. ( 53o ) la vitesse avec laqiielle un ebranlement se propagerait dans clia- cun d'eux. » !M. Didong cite rapidement les experiences faites a ce siijet par Chladni, par Kerliy et Sierrick, par M. Denzemberg de Dussel- dorf; pafni, par M. Ricluu'd Van Rees, dans le lahoratoire dc M. Moll. « La discordance, dit IM. Dulong, des resultats obtenns par les babiles experimentateurs que je yiens dc citer, ne laissaient guere d'espoir d'arriver a une solution satislaisante de la question par I'emploi des memes precedes. ))0n devait soupconner que ces observations n'etaient pas exac- tement coiuparables, soit parce que les gaz n'avaient pas toujours ete exempts d'impurctes, soit parce que le mode d'insufilation pouvait, independammeiit de toute autre cause, faire varier hr hauteur du ton. Jc resolus done de reconnaitre et de vaincre, s'iJ etait possible, les diffVcultes inh^rentes a ce sujet. ))D'abord, je Toulus savoir quel degre de precision on pouvait attendrc de ce genre d'experienccs ; pour cela, je fis parler des tuyaux de divers calibres avec de I'air atmospberique. Ces tuyaux, i\ embouchure de flute, reunissant les proportions que I'expe- rience a fait decouvrir comnie les meilleures pour oblenir un son plein et diiTicilement variable, etaicnt phices horizontalement dans Fair librc, et Ton y faisait passer un courant d'une vitesse con- stante, a I'aide d'un gazometre uiuni d'une eprouvette qui laissait juger le degre de pression initiale. Cette pression etait ordinaire- ment de 5 centimetres d'eau. » L'anteur discute d'abord I'experience analogue de Daniel Ber- nouilli, citee dans les Memoires de CAcad. des Scienc. , pour 1762, p. 467, et illatrouve, contradictoirement a I'opiiiion de ce geo- metre, aussi contraire au resultat de t'observation de la vitesse du son, que les experiences de ce genre qu'il a faites lui-meme. a Ce geometre, continue M. Dulong, avail indique un procedc fort ingenieux, et qui parait susceptible d'une grande exactitude, pour mesurer la longueur des colonnes d'air qui vibrent a plein orifice. Ce precede cousiste, comme Ton sait, a enfoncer un pis- Ion gradue dans le tube sonore, jusqu'a ce que celui-ci rende le lueme Ion que lorsqu'il etait uuvert. La distance de la surface an- 135, ) teiieure du piston A I'orifice du tube est prise pour la longueur de la colonne d'air vibrant a plein orifice dans le tuyau bouche par un bout, qui serait a I'unisson du premier. C'est ce moyen que j'ai d'abord employe sur des instrumens de longueurs tres-differentes, en y joignant la determination du nombre exact de vibrations cor- respondant a chaque son. Pour ce dernier element, la sirene de M. Cagniard de Latour m'a paru ne rien laisser a desirer. Quand on s'est familiarise avec cet instrument, la precision de ses indica- tions est presque illimitee. La sirene dont je me sers habituelle- ment porte un disque mobile assez epais pour conserver une Vi- tesse invariable jjendant les intermittences tres-courtes du courant qui la fait parler. Une soufllerie d'un orgue de Grenie , qui permet d'augmentcr a volonte la vitesse du vent, en appuyant plus ou moins sur une pedale, sert a entretenir le mouveinent du plateau a un degre tel, que le ton de la sirene se mainlienne a I'unisson de celui que Ton veut evaluer : pour des sons purs et forts , I'oreille est sensible ;\ de tres-petites differences, et en soutenant pendant quatre minutes au moins , comme je I'ai toujours fait, le niouve- ment du plateau, si I'unisson est d'ailleurs bien observe, on voit que les erreurs que Ton pent commettre en engrenant la roue du compteur, ou en I'arretant, se trouvent reparties sur un intervalle aussi grand qu'on le vent, de maniere i s'affaiblir de plus en plus. » II serait inutile de decrire en detail des experiences qui ont toutes etc faites de la meme maniere : je me contenterai d'en rap- porter les resultats dans le tableau ci-joint (i) : (i) D'apres la theorie, la vitesse du sou dans un gaz est egale i deux fois Ic produit de la longueur du tuyau, par le nombre des vibrations du son qu'il rend dans le meme inlervalle de temps, c'est-i-dire en une seconde. Ainsi, dans le tableau suivant les nombres de la dernieie colonne {vitesfc da son, dcduitc do la demi-concamcralion finale) sont le double produit des nombres cunespondauts des 8' et g" colonnes [nombre da vibrations par seconde sexagi- simale et distance de la surface anierieure du pislon a I'orifice). Le calcul est ht nitjne dans les tableaux des pages 554 ct 35S. ( 35a ) Vitesse du son, de- duite de la demi- concani^ration fi- nale. Vitesse du son d'a- prfeslal'orninl.335' yi +0,000373 t, Temperature de I'air pendant I'ex- perience. Distance de la surface anterieure d.i piston 'd I'orifice. Nonibre de vibra- tions par seconde sexa'g. Pression dans le gazometre 6 eau. Largeurde la bou- clie. PrOfondeur du tuyau. Larg. du tuyau. Long, du tuyau. des experiences. ^tat de I'enibouchure. to 10 to n 10 to 10 to to 30 tN »rt - CO >n to lo to to to to to to CO -T ©■ « to to to to to L-O 00 ~^ to to I ''^ lA to 73 o"-« S a -5J -T3 -^ ■« •W "?*! M CI IM « tOtO MtOCOCO l^CT to to to to - -H CO to «0 to 05 " -a-."^ in rs :s co'rs .0 ~ "* '~ « "■ f' o ■" CO ■•" " 3 -V C C c 3 J3 11 V ^ s ■^ CQ M 00 vrttO vifin in O C5 o o "a -e CO ■" •~ ( 553 ) »Toutes ces observations s'accoident A donner une vitesse dc propagation trop petite; on voit d'ailleurs que I'erreur est a pen pres la mnme en considerant des tons graves ou des tons aigus. Cette rcmarque sufiit pour ecarter I'idee qu'eile pourrait provenir de fa chaleur enlevee ou cedee a la colonne fluide par les parois du tuyau ; car, si cet effet etait sensible, il Ic serait davantage sur les tons les plus graves, produits par des vibrations plus lentes, et, partant , exposces plus long-temps a rinfluence de la cause retar- datricc. » Mais la theorie plus generale et plus conforme aux effets natu- rels que M. Poisson a donnee du uiouvement de Pair dans les tuyaux de flute {^Mhn. de I' Acad, des Scieii. , 1817, p. 3o3) , sug- gerant quelques doutcs sur la vraie longueur de la demi-concame- ration finale, j'ai voulu essayer si, comnie cette theorie I'indique, la mesure de I'intervalle entre deux noeuds consecutifs ne conduirait pas i des valeurs plus rapprochees de la vitesse du son. Le tableau suirant offre les resullats d'une serie d'expcriences dirigees vers ce but. Note (i) du tableau suivant. « En faisant ccs experiences , j'ai eu I'occasion de reniarquer un fait assez cuiieux qui mt-iite d'etre rapporte. Lorsque I'on iDodifie, par dcgres insensibles, I'oiiverture dc la bouclie d'un tuyau de flute ordinaire, ouvert par les deux bouts , on Gnit par lui donner une grandeur telle que le son fondamental et son octave en sortent avec la nieme facilite. Dans ce cas, le tuyau rendant actuelienient le ton le plus grave, si I'on agite J'air avec la bouclic prcs de I'oriGce du tube, perpendiculairement ^ sa direc- tion, conime pour 6teindre une bougie, le courant d'air generateur du son continuant d'ailleurs avec une vitesse constante, le ton passe a I'oclave aigue et y persiste. Mors, si I'on fait sooner par un autre tuyau I'octave un peu for- tement, le tuyau de flute repasseii I'octave grave.»En comparantainsi les deux premiers tons donnas par le nieme tuyau ouvert par les deux bouts, on trouve qu'ils sont presque rigoureusemcnt ^ I'octave I'un de I'autre; mais, quand le nieme tuyau est successivement ouvert et ferine par le bout oppose a I'eni- boucbure, le son aigu est ^ peu pres d'un denii-ton au-dessus de I'octave du son grave, du moins pour le tuyau employe par I'auteur. ( 354 ) Vitesse dii son, coiicluc de I'inter- valle des surfaces nodales. c^CO CO CO^CO 1 00 1 - o 1 « • Sjo" \/ 1 4- o,oo5-5 t. to ,o ' ,:S^ Wombre de vibrations par seconde sexagesimale. ^3" M (M CO dco in" i>.v^ OJOO to « CO 05 a Ci'O)'^ ^ij" tN cT .^ % • in CO «0 Temperature dc I'air. Distance des deux surfaces nodales. wr> 00 « , • « en ^_o 0+ ►^^-i it: 1^ .T J" -t to to to to to - - r-s to 1 -^ r7">^ Longueur de la denii-concamfira- lion finiile. H ... jj 00 VO 00 ■" jl -H - O 00 o ^ ... ^ crTocTodtd tN S • • • « - to - ^ Pression dans le gazometre k eau. .... 1 1 §- ^^- t'J^ :« :^ :2 . to :§ to -i -^ 1 1 c . Largeur de la bouche. Profondeur du tuyau. ^^r^'Srs!!^! ^t^:2:H Largeur du tuyau. 7" "^^ Longueur du tuyau. S .-2 f :s f\i\ i^i ^ IN"' des experiences. -S o-iocooto 5.C — to to to to to CO )0n pent conclure de tout ce qui precede, que la valeur ab- solue de la vilesse du son dans I'air libre ne pent etre cxactement deduite ue la position dcs surfaces nodales deterniinee par le pro- cede de Daniel Bernouilli, lorsque d'ailleurs la duree des vibia- tions de la colonne d'air ne laisse aucune incertitude dans sa me- sure. » Cette diiference ne provient point d'une inexactitude dans la determination de la vitesse du son dans Pair, ni des variations de la temperature , comme I'auleur s'en est assure. L'expericnce prouve d'ailleurs que les parois du tuyau n'influent point sur la temperature de la colonne d'air en vibration. II faut done admetlre que la propagation du son est moins rapide dans une colonne d'air limitee que dans ce fluide suppose indefiniment etcndu. Kj'ai voulu savoir, continue M. Dulong, si, avec un mode d'ebranleuient plus conforme aux suppositions de la iheorie, on arriverait a une solution plus cxacte. J'ai done cherebe a ebranler la colonne d'air renfermee dans un tuyau bouche par un bout, en faisant vibrer, a I'extremite ouverte, une lame elastique dont lo ton pouvait etre determine fort exactcment ; e'etait d'abord un simple diapason, dont je placai une des branches dans le plan de I'orifice d'un tube, que je reconnaissais a volonte, en y versant du mercure jusqu'ii ce que le ton rendu par le tuyau, et qui etait toujours le meme que celui de la tige elastique , fQt le plus fort possible. Alors , en mesurant la longueur du tube , on pouvait , comme precedemment , en conclure une valeur de la vitesse du son A la temperature de 20% une verge elastique qui ren- dait un son de 5o4 vibrations par seconde , faisait resonner Ic plus forlement une colonne d'air de 55,2 centim. de longueur, et renfermee dans un tuyau bouche par un bout. En considerant la longueur de cette colonne comme une demi-concameration finale, elle correspondrait i une vilesse de 55-| m. , au lieu de ( 356 ) 345,2 m. — J'ai fait souder un disquede cuivre de 2 ceiHimttres de diametre a chacune des branches d'un autre diapason ; ce qui a fait descendre le ton d'une tierce et ^ de ton : j'ai determine le uoinbre des oscillations correspondant a cette modification de I'instrument, et, en le faisant vibrer a I'orifice d'un tube dont je variais a volonte la profondeur, j'ai determine celle qui donnait le son le plus intense : Nombre de vibrations 60454 Profondeur du tube S2,g centim. Profondeur d'apres la theorie. . . . 26,9 id. Ainsi , ce nouveau mode d'ebranlement , qui doit produire des inouvemens paralleles a I'axe du tuyau, conduit encore a une Vi- tesse trop faiblet » II ne restait done plus qu'a s'assurer si cette discordance, quelle qu'cn soit la cause, n'affectait pas proportionnellement la mesure de la vitesse du son dans tons les gaz. Voici comment I'au- teur s'y prit : « Le tuyau de flfite place dans une grande caisse de bois dou- blee de plomb en dehors et en dedans, et convenablement etayee dans I'interieur pour supporter la pression de I'atmosphere , rece- vait d'un gazometre a pression constante le fluide elastique prea- labiement desseche par un sel deliquescent, ou par de la chaux caustique. Sur la face de la caisse opposee a celle qui etait tra- versee par le porte-vent, on avait pratique trois ouvertures; I'une, bouchee par un disque de glace, derriere lequel etait un thermo- metre ; I'ouverlure du milieu communiquait avec un large tube do verre qui pouvait etre ferme par un bouchon a vis; enfin, la troi- sieme ouverture laissait passer, a travers une boite a cuir, une longue tige rodee qui servait a introduire un piston dans le tuyau, afin de connaitre la position de la surface nodale. Apres avoir fait Ic vide dans la caisse a I'aide d'un tube de plomb que Ton vissait sur la machine pneumatique, on la remplissait avec un fluide elas- tique; puis, en ouvraut le bouchon a vis, I'ecoulement du gaz qui faisait parler le tuyau conliuuait sous la pression constante do ratmosphere , sans que I'air exterieurput so meler avec le gaz in- ( 55; ) Jeincur; aprt-s avoir piis I'linissoii dii ton fondamental donne par (^liaqiie fluide elastiqiie, lorsrjue le liiyaii etait oiivert, on intro- duisait le piston, pendant que recouleuient du gaz et le son se prolongeaienl, jusqn'a ce que Ton eOt oblenu le ton primitif; alors I'enfoncement de la tige permettait, dans cheque cas, de con^ naitre la position de la surface nodale Avec les gaz les plus dif- ferens par leurs proprietes physiques, tels que le gaz hydrogene et le gaz acide carbonique , la surface nodale etait exactement a la menic place. Ce point etait trop capital pour que je ne cherchasse pas a le mettre hors de doute ; aussi ne I'ai-je admis coinme un fait positif et general , qu'apres I'avoir verifie sur six gaz diffe- rens; mais, ce principe une fois reconnu, il est evident qu'il suf- fit de constater les nombres de vibrations correspondant aux tons obtenus des niemes tuyaux, parlant successivement avec tous les fluides elastiques ; ces nombres exprimeront les rapports des vi- tesses de propagation du son dans les divers fluides. On pourra done determiner, par un calcul trtis-simple , la valeur du rapport de la chaleur specifique a pression constante, a la chaleur speci- fique a volume constant pour tous les fluides elastiques autres que I'air atmospherique ; la valeur de ce meme rapport etant connue , quant a ce dernier fluide, par la comparaison de la vitesse reelle et de la vitesse calculee d'apres la formule de Newton. La table suivante presenlc des rcsultats relatifs a six fluides elastiques, choisis convenablemcnt parmi ceux que Ton pent se procurer en assez grande quantite. ( 558 ) 12. Elevation dc tempe- „ rature prodiiite par une CSI IN to to 1 to 1 1 condensation d'un 26-' v-r -^ 10 ^T 10 « du volume piiniitit, 1 cT 1 1 1 o" 1 suppose h 0'' ct a C^jG. ii. t;haJeur spt'cilique a CD n cc N-r 10 1 pressioa constante, d'a- pies les observations de Laioche <;t Berard. l^ 10 to iO in C3 M to 10 0" 0" " " "■ 10. Ghaleur S|)ecifique m ^ a pression constante , In CO 1 10 1 celle de l'air6lant prise *" ^ ! 10 pour unite. 9. Clialeur specifique a volume constant, celle ^ 5^ 1 ^* 1 in del'air ilant piisepour -. " 1 Cn unit^. "* "• ■" — - 8. Rapport de la chaleur ^ Ift t^to 1 o»o CN to 10 bO , specifique a pression (M — ^ -^ c 10 v3- M lO -^ ^^ ^^ . In to CO -1- donae par chaque flui- to ^ « « to « to de. G.Vilesscde propagation 1 ^ 1 s 1 du son, a la tcmperatu - re de 0", d'apres la for- a*" 00 "^ 1 "^ In 8 CO 1 1 f' to 00 CO 1 00 1 mule de NoAton. « « 1 « « c^ 1 « 1 5. Nombresadoptesdans CO 00 1 "* -fl- tN - 1 le calcul pour la densite du fluide. cc ■M l^ M 00 « in lO 1 .s •N -. c -" — 4. Temperature, therm. 1 ^ "^ 1 1 centigrade. « Cn 1 « 1 « « 10 ° 1 M 1 CO 1 00 00 In 5. Nombre de vibrations V* C5 f' "^ CC - to => ■^ 1 *■ en une seconde sexase- o" v—tn -^ to*" - 10 « " to &, 1 x> simale. La In Cn 00 00 Oi in v*)0n voit que, pour les gaz oxigene, hydrogene et pour I'air, <;'est-a-dire pour les gaz simples, le rapport des deux chaleurs specifiques est, a fort pen pres, le meme. Comme c'est en elevant au Carre les nombres fournis immediatement par I'observation que Ton oblient ces coefliciens, on ne fera aucune dilTiculte d'attri- buer aux crreurs de Texperience les petitcs differences que Ton y apercoit. ))La fraction qu'ils comprennent pouvant etre regardee comme exprimant I'elevation de temperature produite dans ces fluides par une condensation subite de -^ de leur volume a o", on en con- cluerait done que ces gaz, en subissant une meme condensation , ( 56o ) cprouvent unenieme elevation de temperature ; or, s'il est recoiinu que les gaz clementaires ont la nienie chaleiir specifique sous iinc pression constante {^Ann. de CIdm. et de Pliysiq. , t. X, p. 4o6) , la nianiere la plus simple et la plus probable d'interpreter ce resultat, c'est d'admettre que la chaleur specifique de ces gaz a volume con- stant est aussi la meme, et que tons ces fluides degagent une meme quantite ahsolue de chaleur pour une condensation egale. Quant aux autres substhnces gazeuses, on voit que le rapport des deux cha- leurs specifiques devient en general d'autant plus petit, quele gaz auquel appartient ce coiifTicient possede une capacite plus grande ; par consequent, Velevationde temperature produite dans ces divers gaz, par une nienie condensation, est d'autant plus faible, que la chaleur specifique est plus grande. »0n est ainsi conduit a rechercher si ces differences de tempe- rature ne proviendraient pas uniquement de la difference de capa- cite des divers fluides. Les rapports qui resulteraient de cette sup- position entre les chiileurs specifiques des quatre gaz composes sur lesquels j'ai opere, se lisent dans la 9° colonne du tableau pre- cedent; et, en calculant toujours dans la meme hypothese les chaleurs specifiques sous une pression constante, on trouve des nombres qui different tres-peu de ceux qu'ont oblenus, par des observations directes, Berard et Laroche, ainsi qii'on pent le voir en confrontant les colonnes 10 et 11 du meme tableau. »I1 en serait done des gaz composes comme des gaz simples, et nous serious conduits a cette loi generale, remarquable par sa sim- plicite, savoir : \* que des volumes egaux de tous les fluides elastiques pris d une meme temperature et sous une meme pression , elant corn- primes ou dilates subilement d'une meme fraction de leur volume , de- gagent ou absorbent la meme quantite aesolue de chalei'r ; 2° que Us variations de temperature qui en rcsultent sont en raison inverse de leur chaleur specifique a volume constant. » Dans un second iMemoire, M. Dulong recberchera les altera- tions qui surviennent dans la valeur des coefficiens qu'il vient de determiner, lorsque Ton fait varier la temperature et la pression. II examinera aussi les lois de la chaleur specifique des gaz compo- ses relativement a leur composition. Enfin, il etendra ses recherohes au cas des vapeurs. {Annales de Chimie et de Physique, t. XLIX , p. ii3-i59.) ( 36 1 MtMOIRE SUR UN NOUVEL OPSIOAIETRE; PAU C. J. Lehot, ingenieur au corps royal dcs ponts et chaussees; €et instrument est fonde sur un fait connu depuis long-temps : en effet, on trouve decrit dans plusieurs onvrages sur I'optique , I'apparence que presente une ligne droite placee pres de I'oeil et dans la direction de son axe; mais on n'avait point tire parti de ce plicnonieuc pour faire un instrument commode avec lequel on pQt niesurerretendue de la vue, et donner immediatement la longueur du fo3-er des verres propres a la corriger. Ce noMvcl opsiometre est compose d'une regie de qnatre-vingts centimetres de longueur, et de cinq de largeur. Au milieu de cettc regie, qui est couyerle de velours noir, on tend, parallelement asa longueur, a I'aide de deux boutons de bois, un fil de soie blanche. J'avais d'abord employe un fil de soie noire sur un fond blanc ; mais j'ai trouA'e que I'elargissement de la ligne noire, par Teffet de la confusion de la vue, etait moins sensible que celui de la ligne blanche. Le long de cette regie, et a trois millimetres de distance, est fixee une tringle de bois graduee en centimetres. Sur cettc tringle glissent quatre boites de cuivre, fendues a leur partie infe- rieure pour giisser a froftement sur la regie. Ces boites portent des index qui aboutissent au milieu de la grande regie, et de petits appendices de cuivre , divises en millimetres, qui pcrmettcnt d'es- timer la distance de I'index au zero de I'echelle. La grande regie ct la tringle de bois sont ajustees dans deux socles, dont I'un porte un anneau de quinze millimetres de dia- metre , dont le plan estperpendiculaire a la regie , et dont le cen- tre ,. place a trente-cinq millimetres au-dessus, correspond au fil de soie. A deux centimetres de distance de cet anneau est fixee une planche mince d'environ vingt centimetres de longueur, et qui est percee d'un trou circulaire de vingt millimetres, dont le centre correspond au centre de I'anneau. Si Ton applique un ceil a I'ouverture circulaire, la partie du fil >• 24 ( 362 ) blanc voisine tie I'ceil parait deiui-lransparente , et sons la lormc d'un angle , dont le sommet se trouve sur le fd ;\ une certaine dis- tance, que je designe sous le noni de prnniirc limite cle la vision dis- tincte. Pour le plus grand nomhre de personnes, la portion qui suit imuiediatement ce point parait nette ot d'un blanc mat, sur nne certaine longueur. Ensuite , elle reparait sous la forme d'un angle oppose au premier , dont le sommet determine la seconde limiie de la vision distincte; et rintervallc entre ces deux points est ce que j'appelle Ic champ de la vision distincte. Un verre biconvexe on plan convexe, interpose entre I'oeil ct I'objet, rapproclie les limites de la vision distincte, et cet effet est d'autant plus considerable que le foyer du voire est plus court. Un ceil dont : centimetres. millim. lapremier-e limite etait a. ... 27 5 la seconde limite a 33 » le champ de 5 5 elant arme d'un verre de l\5 c. de Ibyer. la premiere limite etait a. ... 22 1 la seconde limite a 26 7 le champ de 3 i>. Le meme ceil, etant arme d'un verre biconvexe de 22' de foyer : centiin. milliu). la premiere limite etait a. ... 9 9 la deuxieme a i3 1 le champ de 3 2. Les limites de larision distincte sotit d'autant plus pr is de t'(ril et le champ d'autant plus petit , que le fit que I'on regarde est feint d'une rouleur plus refrangible ( i ) . Un verre biconcave interpose enire Cecil et fobjet, cloigne les limites dela vision distincte., et en augmente /<• champ. (i) Chez unc peisoniie les limites de la vi>ion pour I'oeit droit qui el.tient de 28 centini. et 46 centini. lorsqu'elle rcgardait dans ropsioinelre un fil violet, el.iieiil de 5o rentim. el 5o centini. lorsqii'elle regardait un fil rouge. ( r,6r, j L'n milieu plus dense que I'air et terminc par deux surfaces para'- leles , interpose entre I'ceil etl'objct , aagmentc le champ de la vision distincte et encloigne les limites , c'est-a-dii-e qu'il ptoduit le meme oHet (jii'iin verre biconcave, et que les myopes ponnaient rem- pluyer avec le meme avaiilage, si la graiule epaisseiir qu'on est oblige de liii dormer pour rendre ses eil'ets sensibles, ne causait pas une trop grande perte de lumiore. Les limites de la vision distincte varient suivant les individus du meme age; il y a des pcrsonnes dont la seconde limite n'est qu'i deux jiouces , d'autres pour qui elle est a une distance indefinie. Les limites de la vision sont getieralement differentes pour les deux ye ux. Une personne dont les limites de la vision distincte pour I'oeil gauche etaient de 5i c. et 57 c. 5 mill. , avait pour limite de I'ceil droit 52 c et 57 c. 7 mill. Les limites de la vision changent par I age. La premiere limilc s'eloigne de I'teil; cependant il y a des personnes qui parvicnnent a a un grand age, et qui restent myopes. Les limites de la vision sont modifices par I' usage (/ue I'on fait de ses yeux. Une foule de I'aits cites par les divers aiitcurs qui ont ecrit sur I'organe de la vue parait pronver (|ue I'application continuelle de la viie sur de petits objets en diminue I'etendue, tandis que I'habi- lude de considerer continuellement de grands objets eloignes la conserve et la determine a s'allonger. V usage des verres change les limites de la vision, II parait que I'usage des verres convexes tend a allonger la vue; on sait aussi que des jeunes gens, pour s'exempter du ser»ice militaire , sont parvenus, par I'usage continuel et gradue de verres concaves, a se rendre myopes au plus haut degre. On coniprend, dapi'es ces faits, combien il est important, pour lirer le meilleur parti de sa vue , et la conserver autant qu'il est possible , de ne taire usage que de verres qui suppleent juste a ses delauts : cette remarque prouve qu'il etait tres-essentiel d'avoir un bon opsiometre. Les limites dc la vision changent par la plus ou ?noins grande ourcr- lure de la prunellc. La dilatation de la prunelle eloigne la premiere li- ( 56/, ) mite lie la vision Uistinctc, rapprocke la scconde , et par consfqaeni diminue le champ. he resscrrement de la prunelle rnpproclie la prem.iire limite de la vi- sion distincte et augmente laseconde, et, par consequent , augment e le champ. Ce fait important est prouve par I'experience de la carte pcrcec. L'ouvertare de la prunelle rarie d'une maniere pcrinancnte par un etal de maladie ou par I' age. L'onverture de la prunelle non-seidcment est modifiee a la lon- gue, maiselleest aussi susceptible de changer de grandeur instan- tanemcnt, en passant d'un lieu dans un autre differemment eclaire, ou en regardant des objets situes ii des distances differentes. L'onverture de la prunelle peut etre modifiee par I'etat de mala- die d'organcsdifferens de I'anl. Du reste, ladilatation et le resscrre- ment de la prunelle nc sent pas egaux pour tous les yeux; les en- fans peuvcnt avcc facilite dilater et resserrer I'ouYerture de la pru- nelle ; les adultcs jouissent de cette farilitc a un moindre degre , et les vieillards ont presque toujours cette ouvcrture d'une memo granclfjur dans I'ubscurite et an grand jour. La diminution de scnsibilile de I'cjeil est souvent accompagnee de la dilatation de la prunelle. Certaines personnes pnraisseni pouvuir changer a volonlc les limitcs de la vision distincte. Cette faculte resulte probablemcnt de Taction des muscles de I'ceil, qui en modifie les courbures. Que les courbures de I'oeil soient changces dans cette experience, c'est ce qui parait incon- testable par la forme courbe que parait prendre ime ligne droite placee lateralement prcs de I'oeil, lorsqu'il passe de sou point de vue naturel a celui qu'on lui fait prendre forcement. La faculte de voir distinctemcnt les objets pent done, en general, ctre modifiee a noire insu , surtout chez certains individus; mais ces modifications ne sent qu'accessoires et meme accidentelles , et ne sent point la cause de notre faculte de distinguer les objets a differentes distances, ainsi que je I'ai fait Toir dans mes divers ecrits sur la vision. En pressant du doigt i'ceil, les limites de la vision changenl. Elles s'eloigncut ordinairemcnt lorsqu'on prcsse sa partie iuferienre et ( 505 ) cxterieuro , el so rappiochciit lorsqu'on presse la parlic supe- rieiire : ce qui explique pourquoi dcs objels tics- voisins de I'oeil peuveiit eire viis distinctnmcnt par cet artifice. Une personne doul les limites de la vision distincte etaient, pour I'oeil droit, de o'l centimetres 5 millimetres, et 5g centimetres 7 millimetres, en pressant cet ceil a sa partie superieure, tronva que la premiere limite etait a 23 centimetres , et la seconde a 29 centimetres 7 millimetres ; en pressant lateralement la partie infcrieure, la premiere limite etait aii-dela de rinstrnment ; mais cet oeil etant armc d'un verre convexe, la premiere limite de cet ceil, sans etre presse, etait a 20 centimetres, et lorsqu'on pressait sa partie inferieure, elle etait a 3o centimetres. Je crois avoir prouve, contre I'opinion de Dntour, Gassendi , Taquet, que nous eprouvons une sensation dislincte par chacun des yeux, d'oCi il resulte que, pour avoir une vision parfaite en faisant usage des deux yeux, il faut que la distance de la vision parlifite soit la meme pour chacun d'eux : autrement I'une des images etant confuse, quoique I'aulre soit netle , la sensation qui I'esnltera des deux impressions sera confuse. Si, les deux yeux elaiiL Inegaux , I'objet se trouve dans le champ de chacun d'eux, L'objet sera vu nettement. Si I'ohjet n'est que dans le champ de I'un des yeux, la vision sera plus confuse avec les deux yeux qu'atec I' ceil dans le champ duquel se trouve Cubjet. Enfin , Ton voit que dans I'usage des lunettes, I'une des plus importantes conditions a remplir est d'egalisei- les yeux : nouvclle preuve de la necessite d'un bon opsiometre. La perfection de la vision depend 1° de la force de rimpression, 2° de la nettete de I'image. L'iniage est confuse lorsqu^elie est au-deld da champ de la vision nette. Cciie confusion est d'autant plus grandc que le corps est plus petit, sa distance resiunt la mcme. La confusion augmcnte lorsque le corps s'eloigne ; elle serait pen dillerente, si le corps augmcnlait de grandeur pioportionnel- lement a sa distance. La confusion pent etre telle que le corps disparaisse entiere- ment; c'est ce qui arrive A''apres les experiences de Tohie Mayer, pour un cercle noir trace sur an fond blanc et vu a i' ombre , lorsqa'il ( 560 ) est a line distance d'environ six viillc fois son diamitre ; c est-a-dire qiCil est vu sous un angle d'environ 54"; /a distance a luqaclle il disporatt est d'aidant plus petite qa'ilest plus petit. Un ceil dont la seconde limite de la vision est plus iloignce que celle dhin autre, perd le point noir a une plus grande distance que cet autre ceil. L' inter position d'une carle percce fait qu'on perd le disque noir a une plus grande distance. U inter position d'un verre de convergence fait perdre le point noir d une moindre distance qu'd I'ml na; au contraire , I' inter position d'un verre de divergence le fait perdre a une plus grande distance. L' image est confuse lorsque le corps est en deed de la premiere li- mite de la vision distincte, et la confusion est Wautant plus grande que Cohjet est plus pr is. La confusisn est d'autant plus grande que le corps est plus petit. Cette confusion peut elre telle que i'objet disparaisse entierejnent. Pour un ceil dont la premiere limite de la vision distincte est plus eloignee que celle d'un autre , le point sera perdu d 'une plus grande distance. La distance A laquelle le corps disparait pour un memeceil, est plus grande lorsque le corps est plus petit. L' interposition d'une carte perces ewige qu'on rapproclie le point pour le faire disparaitre. L' interposition d'un verre de divergence fait que le point disparait d une plus grande distance. L' interposition d'un verre de convergence exige qu'on rapproclie le point pour le faire disparaitre. Les opticiens ont considere jusqu'a present Ja pctitesse de Tangle sons lequel on voit un objet, comme la cause de la disparition : c'est manifestement une erreur; car, si un point eloign e est invi- sible, en le rapprochant il deviendra visible, et enfin, si on le rap- proche plus pres que la premiere limite de la vision distincte, il pourra disparaitre de nouveau , quoique vu sous un angle plus grand que celui sous lequel il etait visible. Ce point disparait aussi a une plus petite distance, lors(iu'on inlerpuse entre lui et I'oeil nn verre de convergence , et ccpendant Tangle sous lequel on le voit est plus grand que celui sous lequel il disparait a Toeil nu. ( 3t>7 ) U .'■age lies verves pour Ic perfcctioiviement dc la vue. La lecture et recrilure etant roccupation la pins habituelle des peiiplos polices, et la longueur de nos bras et les dimensions de notre corps determinant les distances oi'i ces deux operations peu- vent s'effectuer , distances que I'expericnce prouve etre d'environ 3o centimetres, une des qualites de notre vue est done que les points situes a 3o centimetres de nos yeux se trouvent dans le champ de la vision distincte, et meme an milieu de ce champ.' C'est cette distance que j'appelle la distance obligee : laquelle , du 1-esle , peut subir quelques legcres variations selon les individus. L'oeil dont la seconde limite de la vision distincte est k une dis- tance moindre que 3o centimetres , est designe sous le nom de myope , et celui dont la premiere limite est au-delii de 3o centi- metres, sous le nom de presbyte. Du reste, les yeux myopes ne different des presbytes que du plus ou moins, et ne comportent pas une organisation differente comme on le pense ordinairement ; cette distinction n'a veritable- ment de sens que sous le rapport de I'usage que nous faisons de nos yeux. Si I'on fait attention que I'clargissement de la prunelle rap- proche la seconde limite de la vision distincte, on ne sera pas etonne de voir que le plus souvent cet elargissement est accompa- gne de myopie. Si , par suite du defaut de sensibilite de I'ceil , ou du defaut de transparence de ses humeurs, la sensation est tres- faible , la pupille restera habitnellement ouverte, et augmentera la myopie, deja determinee par la necessite de placer I'objet pres de l'oeil pour recevoir plus de lumiere ; mais, si la sensation est vive, et que la myopie provicnne de ce que les limites de la vision dis- tincte sont Irop pres de l'oeil , on verra souvent le myope chercher a diminuer I'ouverture de la prunelle en clignant des jeux. Ily a. toujours pour un objet situ^ d une distance determinee liors du champ de la vision, un verre tel qu'en citangeant les limiles et le champ, I'objet se trouve dans ce dernier, et par consequent est vu nette- ment. Pour les objets situes plus pres de I'ceil que la premiere limite de la vision, il faut faire usage d'un verre de convergence tel que I'objet se trouve dans le nouveau champ dc la vision distincte. ( 3(58 ) Les presbyies, pour qui la distance obligee est moindre que celle de la premiire limiie de tear vue, doivent done (aire usage de rerres bicon- vexes, et dc rerres tels , que le milica du nouveau champ se trouve a la distance obligee. Si Tobjet est toujours place a une distance fixe, niais plus loin de I'oeil que la seconde limite de la vision distincte, il taut faire usage d'un verre biconcave qui eloigne les limites de la vision, et qui en augmeote le cbamp. Les injopes, pour qui la distance obligee est plus grande que celle de la seconde limite, doicent done faire usage de verres biconcaves tels ^ que le miliiu du nouveau c/iamp se trouve a la distance obligee. II rtsulte des observations precedentes que , pour voir nettement des objets situes a des distances differentes, il taut faire usage pour chacun d'eux d'un verre dlH'erent. Franklin a fait construire des besides qui remplissent ce but pour deux distances; maisle iiieilleurmoyen consiste a faire usage d'une kniette de Galilee, dont les deux verres, en se rapprochant ou s'eloignant, produisent le mCme effet qu'un seul verredont le rayon serait variable. Du reste , I'usage des lunettes biconvexes diminue le champ de la vision distincte, et c'est a cet inconvenient que Ton doit attri- buer en grande partie la fatigue qu'ort oprouve par I'usage de ces lunettes; car il n'y a qu'un intervalle tres- petit dans lequel la vi- sion est nette : au-dela et en deca elle est confuse, et les yeux se portant continuellcment sur des oljjets qui ne sont point a la dis- tance convenable pour la vision distincte, les efforts que nous fai- sons pour les modifier de uianiere a la rendre moins confuse les fatiguent beaucoup. Pour trouver immediatement et sans tatonnement le verre qui convient a un ceil doune, on adapte a I'ouverture de la planche de Fopsionietre un assemblage de deux terres , I'un biconcave , et I'autre bicouvexe. A la monture du premier est fixee une tige de cuivre le long de laquelle glisse un anneau qui tieut a la monture de I'autre, en sorte que ces deux verres, dont les axes se correspon- dent, peuvent etre rapproches ou eloignes I'un de I'autre a vo- lonte. Ces deux verres equivalent a un seul verre dont le foyer serait variable, et peuvent donner aux rayons de lumieres divers de- gres de divergence ; cme graduation tnicee sur Lt tigo melalliquc I ( 569 ) adapt6e a la monture clu verre biconcave , indiqOe le degre d'ecar- tement des verres, et pent servir a trouverle vene simple qui pro- duirait le menie effet. L'opsiometre dont je viens de donner la description et d'indi- quer I'usage, est superieur a celui qui a ete invente par le docteur Young. On sait que ce dernier est aussi fonde sur un fait ancienne- ment connu, savoir, la vision double on simple a travers deux fentes scparees I'une del'autre par un intervallemoindre que la lar- geur de la prunelle ; mais cet instrument offre trois grands incon- veniens. i°. Son usage est difficile, et je puis avancer qu'apres I'a- Yoir fait essayer a plusieurs personnes, j'ai toujours trouve que ce n'etait qu'apres un temps asscz long, et avec beaucoup de peine , que je parvenais a leur faire voir les lignes qui se croisent; aussi, quoique cet instrumeut soit connu, on n'en fait aucun usage chez les opticiens francais. 2°. L'optometre de M. Young nc donne point exactement le point de la vision la plus distincte : en eflct, le point d'entrecroise- ment varie avec I'ecartement des deux fentes ; a la verite, on pres- crit de prendre le plus grand ecartemcnt possible; mais cette re- cherche est tres-dillicile pour les personnes pen exercees dans I'art des experiences. D'ailleurs , ce point est dillerent de celui que Ton trouverait pour la vision parfaite , si la prunelle etait enticrement decouverte. 5". Enfin, on determine par cet optometre le point de la vision distincte pour un ceil fatigue par I'usage difficile de I'instrument , et qui est different de celui de I'oeil dans son etat natHrcl. Le nouvel opsiomitre que je propose n'offre point les inconve- niensque je viens de signaler, et d'ailleurs il donne immediatement I'etendue de la vue distincte; et, en mesinant le degre de confu- sion que presentent les points plus ou moins ecartes du champ de la vision distincte, il donne aussi avec la plus grande exactitude la mesure de toules les modifications de ia vue sous le rapport de la confusion; enfjn, il donne immediatement, et sans faire I'cssai de plusieurs verres , celui qu'il convient d'employer pour corriger les defauts de la vue. Les recherches experimentales que j'ai faitesavec cet instrument m'ont conduit a I'explication de la scintillation des etoiles, qui est etroitemeul lice avec la confusion de la vue , et qui rcsulte des (370 ) caustiques qui se formcnt dans I'ceil, dont la longueur des bran- ches varie par Taction des courans d'air chaud et froid qui par- coinent en divers sens ralmosphere. Je terminerai ce niemoire par faire observer que, si la nouvelle theorie de la vision Ibndeesurla perception des images a trois dimen- sions, n'etait pas deja largement prouvee par la physiologic, par notre facnlte de voir nettement des objets sitnes a des distances dif- ferentes, par le phenomene de revaluation des distances des corps, par la vision double , par les effcts si remarquables de I'art de la peinture , on trouverait dans les experiences que je viens d'expo- ser, c'est-a-dire d.ins les phenomenes de la vision confuse, des preuves irrefragabies de cette theorie , comme le sentiront iacile- ment ceux qui auront lu mes autres ecrits sur la vision. TROISIEME MEMOIR E >i'R l'existe^sce d'une matiere repulsive, uepandue dans toit L'rNIVERS. THEORIE DE L'ELEGTRICITE ; PAR SI. SaIGEY. 46. Dansmon premier memoire [Annates, t. I, p. 21) , j'ai tail connaitrc les motifs qui m'ont determine a developper une theo- rie generale de I'univers, en partant d'une hypothese aussi simple dans son enonce que feconde dans ses resultats, et en procedant a la maniere des geometres qui, sur la notion de I'etendue, ont deduit toutes les verites de la geometric, et toutes celles de la mecanique sur I'idee qu'ils s'etaient faite des forces et du mouve- ment. C'est en suivant cette marche, que j'etablis rationnelle- ment une serie de propositions, sans m'inquieter si les resultats auxquels je parviens pourront etre applicables ou non aux pheno- menes naturels. Jc ne me propose pas d'expliquer ou de lier entre eux un nombre de fails determine d'avance ; je ne cherche point a elablir directement une theorie de relectricite, puis une theorie du magnetisme , puis une autre pour la chaleur, pour ia pesan- teur, pour la lumiere; mais, arrive a iin certain point du deve- loppement de ma theorie g;enerale, j'examine si elle pent s'appli- quer a une classe de pheuomenes naturels , et je fais un rappro- chement entre rohservatioii et la theorie. Si la concordance est parfaite, aux noms generaux de la theorie je substitue les noms particuliers adoptes paries observateurs, et j'elablis, sans nouvel effort, une theorie physique plus ou moins etendue. Mais, si la concordance n'est pas complete, je signale les differences, et je remets ii une autre epoque le rapprochement en question, per- suade que je suis, que tout s'enchaine dans la nature, et que lei phenom^ne que Ton attribue a une cause unique est probablement le resultat de Taction simultanee de plusieurs agens naturels. Ainsi, dans I'interet des sciences experimentales, dont la mar- che est si souvent entravee par nos idees systematiques , et pour la dignile de I'esprit humain, tant de fois humilie par la chute de ces systemes, il est bon que les theories, tout en partant de quel- ques notions generales puisees dans le monde physique, soient developpees d'ime manicre independante , et non pas dans le but d'expiiquer telle ou telle classe de phcnonienes. De cette maniere, on ne dira plus d'une theorie, dont toutes les consequences se- raient deduites par le moyen du calcul, qu'elle est incomplete ou entierement fausse , mais bien qu'elle n'a que peu ou point d'ana- logie avec les faits auxquels on voulait I'appliquer ; ce qui ne I'em- pecherait pas d'etre inattaquable comnie production dela raison , et de preter par la suite un secours direct ou indirect aux observa- teurs eux-memes. C'est dans cette vue que j'ai deja consacre deux memoires [Annates, t. I, p. 2i et 161) au developpemeot de ma theorie generale, sans {'aire de nouvelles hypotheses, et sans rien em- prunter a TobservatiGn. Mais on a du voir, a la lecture des der- niers paragraphes (3i a 45 ) , que tous les phenomenesde I'elec- tricite, dans son etat d'equilibre, s'y trouvaient parfaitement re- presentes. Je ne rappellerai pas ici les demonstrations que j'ai deja donnees; je me contenterai de decrire, pour ainsi dire, ces phe- uomenes dans Icur existence reelle, comme pourrait le faire un protesseur qui, apres avoir repete toutes les experiences d'elec- ( 372 ) tricite n»';cessaires a I'intelligence de la theorie, voiidrait presenter celle ci dans son ensemble. Theorie de t' electricity, 47. L'eiectricite est une matiere dont les atomes, parfaitement identiques entre eux, sont etendus, impenetrables, mobiles, et jouissent de la propriete caracteristique de se repousser miituelle- ment en raison inverse du carre de la distance. Les gaz et les liquides ont pour proprietes essentielles d'etre plus on moins coinpressibles , et de comniuniqucr leur pression dans tous les sens egalement. L'eiectricite ,^ d'apres la definition precedente, ne jouit pas de ces proprietes. On ne pent done pas dire que c'est un fluide, et encore moins un fluide cminemment dastique. Ces expressions qui pourraient, dans beaucoup de cas, induire en erreur, doivent etre soigneuscmcnt ecartees. Si la matiere electrique etait seule dans I'univcrs, et en equilibre, ses atomes seraient egalement eloignes les uns des autres jusqu'a I'infini. Chaque atome serait separement en equillbie pur les repul- sions de tous les autres, ranges symetriquement autour de lui. Si, dans cet ctat, on introdait, au sein de la matiere electrique, mi corps etendu, impenetrable, et sans action, a distance, sur cette matiere, on deplacera un volume d'electricite egal au volume de 06 corps. Cette electricite deplacee fera effort pour reprendre sa premiere position, puisqu'elle la rcprendrait en effet si Ton enle- vait le corps qui lui fait obstacle. Elle formera done, tout autour de ce dernier, une couche plus ou moins epaisse ; et I'equilibre de lout le systeme exigera 1° que cette couche agisse, sur un point (juelconque exteiieur, absohiment de la meme maniere qu'agissait l'eiectricite bornee par la surface exterieure de la couche avant I'apparition du corps; 3° que Taction de la couche et de toule la matiere environnante, sur les atomes de la couche ellc-meme, as- sure I'equilibre de ces derniers. On demontre alors, et il est facile de concevoir ce resultat, que chaque atome de la couche electrique formee autour d'un corps est pousse vers la surface de ce corps; en sorte que tous les ato- mes de cette couche sont en contact immediat les uns avec les autres, que la couche occupe le moins de place qu'il est possible. ( 5^5 ) on, en d'aiitit'S lermes, qiie releciricite d'uiie coiiche est a sou maximum de den site. On demontre de meme que , quelle que soit la forme du corps plonge dans la matiere electrique, la masse de la couche est pre- cisement egale a la masse de I'electricite deplacee par ce corps, jointe a celle qui nccupait deja le volume de la couche; en sorte que rien n'est change a I'exterieur. Quant a la forme de la couche electrique, sa surface interieure est toujours celle du corps enveloppe par cette couche, et sa sur- face exterieure varie a\ec la figure du corps. Si, par exemple, ce dernier est uoe sphere , sa couche sera comprise entrc deux sur- faces spheriques et coucentriques ; et si le corps est un ellipsoide de revolution, sa couche sera limitee par deux surfaces ellipsoidales de memes foyers. D'oii il resulte que I'epaisseur d'une couche electrique est egalc sur tons les points d'nne sphere ; mais que, sur un ellipsoide, cette epaisscur est la plus grande aux extremites du petit axe, et la plus petite aux extremites du grand axe. Et qu'en general, I'epaisseur de la couche est toujours moindre aux extremites des grands dia- raetres qu'a celles des petits diametres d'un corps. L'ohservation poiura faire connailre le rapport qui existe entre la densite de I'ei^ctricite repandue dans I'espace, et sa densite a I'etat de couche. Kous pouvons deja annoncer que ce rapport, sans etrc extremement grand, Test neanraoins assez pour qu'on puisse considerer I'epaisseur des couches comme Ires-petite, euegard aux dimensions des corps. Dans ce cas, on pent negliger les puissances siiperieures des epaisseurs des couches, et prouver alors , 1°. Que Taction directe de toute I'electricite, suivantla normale, sur un atome de la couche, est proportiounelle a la profondeur de cet atome au-dessous de la surface exterieure de la couche ; 2". Que la pression que supporte cet atome, suivantla normale, croit proportionnellement au carre de sa profondeur. A la surface meme des corps, la pression est proportionnelle au carre de I'epais- seur totale de la couche. 48. Ce que nous venons de dire des corps impenetrables a I'elec- tricite, autour desquels se forment des couches de cette matiere, ne s'applique evidemment pas aux corps qui sontassez etendus pour pour pouvoir etre percus par nos sens, mais bien a leurs dernieres ( 3:4 ) pailicules ou atonies. Chacun de ces atonies a sa coiichc electriqiie. Si le corps est gazeux, il est clair que les couches de ses atomes ne se toucheront point. Mais, si le corps est iiquide ou soHde, ces nienies couches serontplus ou moins deformees a leurs points de contact; et il en rcsultera une couche composes qui s'etendia, non- seulement a la surface exterieure des corps, mais encore tout autour de ses atonies, a peu pres comnie la couche du iiquide avec lequel on aurait uiouilledes grains de sable pris un a un, quand ensuite on viendrait a reunir tous ces grains en un niouceau. La couche composee, qui recouvre tous les atomes d'un corps, jouit a peu pres des memes proprietes que la couche simple qui ne recouvre qu'un atome. Je dis a pen pres, car Taction directe de la matiere electrique, et, par suite, la pression exercee surun point de la couche composee, serait tres-irreguliorement exprimee dans le voisinage des contacts des atomes, c'est-a-dirc dans les points siii- guliers de la couche. Jusqu'a present nous avons considere I'electricite dans son etat neutre, de repos ou d'equiiibre. Elle ne manileste alors sa presence par aucun signe apparent; et toates les repulsions qu'elle exerce s'entredetruisent mutucllenient, ou sont vaincues par la resistance ou rimpenetrabilile des particules materielles. 3Iais des que Ton vient a troribler cet equilibre , on donne naissance aux phenomenes de I'electricite dans Tacception ordinaire de ce mot. 4g. Pour proceder avec ordre dans I'examen de ces phenome- nes, nous examinerons differcus cas, en allaut des plus simples aux plus compliqiies. Supposons d'abord ) siste el ccs deniiers se deplaceraient s'ils n'etaienl fixes par liy- pothese. Ainsi, la condition que ies conches additive ou positive, soustrac- iive ou negative , n'aient aucune action sur Ies points situes en dessous, assigne a ces deux especes de couches une meme forme, quand leurs surfaces exterieures sont Ies memes. La surface exte- rieure etant spherique, par exemple, Ies couches en question se- ront comprises entre deux surfaces spheriques et conccntriques. Si ces couches sont bornees a rexterieur par une surface d'ellip- soide, leur surface interieure sera ellipsoidale , semblable a la premiere et semblablement placee. Par consequent, I'epaisseur des couches positive et negative est la meme sur tons Ies points d'une sphere ; mais cette epaisseur est plus grande aux extremitcs du grand axe d'un ellipsoide qu'aux cxtremites du petit axe : resultat que I'on peut generaliser, et qui est contraire a celui que nous avons obtenu pour Ies couches nentres. Quand il s'agit d'une couche positive en cquilibre. Taction directe de toute I'clectricite, sur un point de cette couche, va croissant de la surface interieure a la surface esterieiu-e, proportionnellement a la profondeur dans la couche ; et la pression, proportionnelle au carre 'de cette profondeur, devient proportionnelle au carre de I'epaisseur totale de la couche pour Ies points de sa surface ex- terieure. Mais, quand il s'agit d'une couche negative, ces resultats ne sont que lictifs : ils signifient sculement que la pression de la cou- che neutre se trouve diminuce de toute la pression de la couche negative. En resume, une couche positive presse, de dedans en dehors, contre son enveloppe, et diuiinue d'autant la pression que la couche neutre exerce en sens oppose contre la surface du corps. De meme une couche negative est censee presser contre sa sur- face exterieure, et diminuer d'autant la pression contraire de la couche neutre supposee entiere. 5i. En troisitme lieu, meltons en presence, d'une maniere in- variable et quelconque, taut d'atomes que I'on voudra, charges de couches electriques, neutres, positives ou negatives. Suppo- sons, pour lui moment, que ces couches soient fixees autour des ( 577 ) Dtomcs, ct que I'electricite repamlue dans I'espace soil aussi fixe en cluiq'ie n.ii t. Mors, si nons partageons toutes Ics forces en deux syste nos, I'lin compreiiant relectricite exterieure a toutes les couches et cclle des couches neutres, I'autre compose de I'e- Icctricite des couches positives ct negatives, il suffira de considc- rer ['action de chaque sjsteme sur I'autre et sur lui-meme. Le premier sjsteme ne pourrait troubler I'equilibre ni de ses propres points ni des points du second systeme, quand bien meme ils seraient tous libres de se niouvoir. Le second systeme, au contraire, rcagit, soit sur lui-meme, soil surle premier, les couches positives par repulsion, ct Ics couches negatives par attraction. Si done on venait a rcndre mobiles les points du second sys- time seulement, ils reagiraient sur eux-niemes, et I'equilibre exigerait, pour s'etablir, que faction directe de toutes les conc/tes positives et negatives , sur un point pris au liasard a la surface inle- rieure de I'unc quclconque dc cescoucttes,soit normale a cette surface ; la couche en questio;i s'appuyant alors contre son enveloppe. Et si Ton venait a leadre mobiles les points de toutes les cou- ches , sans exception, I'equilibre exigerait, pour s'etablir, que faction directe de toutes les couches positives et negatives seulement, sur un point pris au liasard au-dessous de I'une quelconqiie de ces derniires, soit absolumerit nulle. En vertu de ces reactions, les couches scront plus ou moins dcformces, et le meme atome pourra ofiVir tout a la fois des por- tions de couche neuire, de couche positive et de couche negative. Mais une fois I'equilibre etabli, les pressious seront partout pro- portiouneiles au carre des epaisseurs de couche, et dirigees comme il a ete dit pour le cas d'une seule couche. Toutes ces couches agiront, soit par repulsion, soit par attrac- tion, siu' les points exteriours, qui, s'ils n'etaient fixes, se met- traicnt en mouvemeut, et reagiraient a leur tour sur le systeme propose. Eufin, si Ton met en contact les atomes de ce systeme, les couches positives iront occuper la place des couches negatives, de mauitre a iccoinposcr des couches neutres; et le reste, positif ou negatif, dc I'electricite, vicudia composer unc couche unique a la surface du corps que Ton aura ainsi produit. Car si ccttc cou- ( ^78) (he unique ne doit exercer aucune action sur les points situes au- dessous des couches positives ou negatives que pourraient avoir conservees certains atonies de Tintcrieur du corps, il est clair que son action serait aussi nolle sur les points memes de ces dernieres couches, qui alors scraient libres de se repousser mutuellement et d'arriver a la surface du corps. Ainsi Ton pent dire que les couches electriques, soit positives, soit negatives , se portent tout entieres a la surface des corps naturels. Neanmoins, ce resultat n'est vrai qu'autant que Ton pent negliger les diametres des atomes relativemenl aux dimensions de ces corps ; et, dans tons les cas, la couche n'est pas accumidee sur les atomes qui limitent le corps, mais elle se propage plus ou moins dans I'interieur de celui-ci, en diminuant rapidement d'in- tensite a mesure que les atonies sur lesquels elle s'etend s'eloi- gnent de la surface du corps. 5a. II nous reste a parler des attractions et des repulsions des corps electrises. Rien de plus facile que d'en donner rexplicntion si Ton se rappelle i" qu'une couche positive repousse, ct qu'une couche negative attire I'electricite sous quelque forme qu'elle se presente ; 2° que les couches neutres pressent contre la surface des corps qu'elles recouvrent, tandis que les couches positives et ne- gatives pressent en sens contraire contre leurs enveloppes, for- niees, comme on sait, par I'air atmospherique. Dans ces attrac- tions et ces repulsions on suppose que I'electricite exterieure aux corps que Ton considere, soit fixe en chaque point de I'espace. Alors on pent negliger Taction de cette clectricite et do celle des couches neutres , et ne considerer que Taction des couches posi- tives et des couches negatives, i" sur les couches neutres; 2° sur les couches positives; 3" mais non sur les couches negatives, qui n'indiquent que Tabsence de I'electricite. 1°. Si deux atomes A et B sent mis en presence. Tun et Tautre charges de couches positives, la couche positive de Tun rcpous- sera la couche totale de Tautre ; les couches positives presseront contre leurs enveloppes, plus vers leurs faces opposees que vers leurs faces en regard, et les atonies se fidront. 2°. Si les deux atomes A et B sont charges de couches negati- ves, la couche negative de Tun atlirera la couche reelle de Tan- tre ; de telle maniere, que les couches negatives agiront comme si ( 379) elles se repoii?saient directement, pt presseront plus coiitre leuis enveloppes sur les face? opposees des alomcs quo, siir les faces en regard; alors ces deux atomes sc fuiront. 5°. Si I'atome A possede line couche positive, ct I'atome B une couche negative, la couche positive de A repoussera la couche reellc de B, et la couche negative de B attirera la couche totale de A ; de telle maniere que la couche positive de A et la couche ne- gative de B agiront comme si elles s'attiraient mutuellement, la premiere entrainant A vers B, et la seconde B vers A : done les atomes s'attireront. II suit de la que, pour abreger le discours, on pent dire que deux couches positives se repoussent ; que deux couches negatives se repoussent ; et que deux couches , I' une positive el I' autre negative, s'uttircnt mutuellement. 4°. Si I'atome A possede une couche positive, et B sculement sa couche neulre, la premiere repoussera la seconde; alors appa- raitra sur B une couche negative en regard de A, et une couche positive sur la face opposee. La couche positive de A attirera la negative de B et repoussera la positive; I'attraction I'emportera sur la repulsion, a cause de la dilference des distances, et les deux atomes s'attireront. 5°. Enfin, si I'atome A possede one couche negative, et B seu- lement sa couche neutre, la premiere attirera la seconde; alors apparaitra sur B une couche positive en regard de A, et une cou- che negative sur la face opposee. La couche negative de A attirera la positive de B et repoussera la negative; I'attraction I'emportera sur la repulsion a cause de la diflerence des distances, et les deux atomes s'attireront. II faut bien observer ici que ces attractions et ces repulsions uiodifienl les formes des couches proposees, et que ce n'est qu'a- pres s'etre disposees conformement aux lois de I'equilibre que ces couches reagissent I'une sur I'autre avec le plus d'energie; et meme tout ce que uous venons de dire dans ce numero suppose que les couches ont pu obeir a leur action reciproque. Dans le cas contraire, on arrivcrait a d'autres resultats que j'exposerai plus tard avec les faits a I'appui. Comme I'electricite repandue dans I'espace et celle des couches neutres nc provoquent aucun deplacement des couches positives ( 58() ) et negatives , il s'ensuit que Taction mutuelle de ces dcrnie- nieres est la cause uni([ue ties mouvemens que nous venous dc consideier ; et puisque la reaction est egale a Taction, le centre de gravite des deux masses qui se nieuvent ne pent alors changer de place. Les attractions et Ics repulsions elcctriques des corps naturels n'exigent pas d'aiitres explications que celles qui vieunent d'etre donnees pour le cas de deux atomes. Car on pent considerer un corps comme possedant une seule couche sar toute sa surface, ou un nombre infini de couches atumisliques dont les actions, en se combinant, reproduisent Taction de la couche totale. Si le corps, par exemple, etait a Tetat nature!, et qu'on vint lui presenter un autre corps electrise en plus, au lieu de dire que le premier se couvre alors d'une couche negative' sur la face qui regarde le second, et d'une couche positive sur la face opposee, on dirait que la premiere face se charge d'une infinite de petites couches negatives, ct la seconde face d'une infinite de petites couches positives. 53. Toute la theorie de Telectricite, dans son etat d'cquilibre, repose done sur le fail de la formation des couches neuires, posi- tives ou negatives, a la surface des atomes des corps que Ton consid^re. Les couches neutres pressent contre la surface de ces atomes; les couches positives pressent contre leurs enveloppes exterieures, c'esl-a-dire contre Tair ou tout autre gaz qui s'op- pose a Tccoulement de Telectricite; enfin, les couches negatives, qui ne sont que Tabsence de la matiere electrique, diminuent sim- plement la pres.^ion des couches neutres; et c'cst du jeu combine de toutes ces prcssions que naissent les attractions et les repul- sions electriques. Comme ces pressions expriment la somme des actions directes et mutuelles des atomes de Telectricite, il est plus simple, pour le geometre, de remonter jusqu'a ces actions ele- mentaires, et de faire decoider toute la theorie des phenomenes electriques de ces deux principes generaux, qu'un atome d'elec- tricite en plus est repulsif, et qu'un atome d'eleclricite en moins est attractif, etdansles deux cas en raison inverse du carre dela distance. Je ne me suis occupe jusqu'ici que de Telectricite dans son etat neutre, de la forme de ses couches, et de leurs actions recipro- ques a distance; niais il resle i\ examiner bcaucoup de circoiis- ( 38. ) (ances dont jc n'ai point parle, comme le developpemenl de I'tlec- liiuite par le simple contact, par la compression, par le frottement, par la chalcur, tons les phenomenes de la pile voltaique, les cou- lanselectriques, leurs actions les uns sur les autres, surles aiuians, i^nr les conibinaisons chimiqncs, sur les etres vivans. J'arriverai ;'i I'examen de ces phenomenes, plus lot ou plus tard, suivant I'ordre du developpement de ma thcorie geiierale, qui procede du simple au compose. Or, tel phenomene que les physiciens con- siderent comme tres-simple, et dont, pour cette raison, ils parlent au commencement de leurs cours ou de leurs ouvrages, peut etre en realite d'une complication theorique Ires-grande ; on se verra done oblige d'en remettre I'examen apres la discussion d'autres phenomenes pour le^quels quelquefois on n'aura jamais rencontre I'ombre d'une explication, qui resulte pourtant tres-simplement de cette theorie nouvelle. On concoit alors que les classifications jdiysiques peuvent n'etrequ'illusoires, et que memeiln'exisle point dans la nature d'ordre systematique. U n'y a sans doute aucun phenomene qui soil purement electrique, puremcnt magnetique, dont I'existence puisse etre attribuee simplement ;\ ce que nous nommons la pesanteur, ou la cohesion, ou la chaleur, ou la lu- miere. Par consequent, la raison humaiue, qui ne peut lout em- brasser a la fois, et dont la marche est necessaireuient progres- sive, ne sera jamais capable d'arriver a des theories completes, qui comprennent reellement tous les fails , sans exception , que nous distinguons par une denomination particuliere; sous ce rap- port, eile ne peut donner que des portions de theorie, et rcuuir de temps en temps ces parties d'un meme tout, pour en composer I'edifice de nos connaissances. Cela est si vrai, que releclricite, qui a toujours forme en phy- sique une classe de phenomenes bien distincts , et dont les obser- valeurs et les geometres se soul fort occupes, n'a jamais presente une theorie complete, a quelque epoque de son developpement qu'on vcuille remonter. Et meme aujourd'hui la theorie des deux fluides, qui reunit rassentimenl de tout le monde savant, n'expli- que rien autre chose que la forme des couches eleotriques et leurs attractions et repulsions; tous les autres phenomenes dans les- quels la maliere electrique joue le principal et meme I'unique role eu apparence, sent coniplctement en dehors de cette ihcurie, qui ( 382 ) n'embr;is.se ainsi que la moindre partie des fails qu'elle devrait expliqiier c'est ce que Ton vena plus en detail dans la seconde partie de ce memoire. EXEMPLE REMARQUABLE D' ALTERNATIVES DE COUCHES TRES - NOMBREVSES ET TRE3- MINCES, PROPRES ii FAIRE CONNAITRB LA DUREE DE LA FORMATION DE CERTAINS TERRAINS; PAR M. Parrot, ingenieur des mines. L'idee fondamentale de Verner, en geologic, est celle de la for- mation successive des terrains I'l la surface du globe. Cette idee qui, A elle seule, devait changer la face de la science, et parce qu'elle etaft vraie dans sa generalite, et parce qu'elle ouvrait aux geolo- gues une carriere nouveile d'observations positives, devait natu- rellement conduire a divers genres de determinations. II s'agissait d'abord de reconnaitre I'ordre de superposition des terrains. Les travaux nombreux que Ton a entrepris dans ce but nous ont fait connaitre assez bien les divers ages des couches ter^ restres, en prenant ce mot dans le sens d'ordre ou depriorite. Un autre genre de recherches, qui decoulait de I'hypothese dc Verner, est relatif au mode de formation des terrains. C'est ainsi que Ton a pu reconnaiire des formations par le feu, pour les ter- rains inferieurs en general, et par I'eau, pour les terrains supe- rieurs; des formations par voie de cristallisation , de precipite chimique ou d'alluvion; enfia des terrains d'eau douce et des terrains d'eau salee, d'apres la nature des debris d'animaux ou de vegetaux qui s'y trouvaient renfermes. Un troisieme ordre de recherches, dont on s'est bien moins occupe, aurait pour but la derivation des terrains, ou, ce qui re- vient au meme, I'origine immediate de certaines couches qui sont evidemment les debris d'autres couches plus ou moins voisines, soit que ces dernieres subsistent encore aujourd'hui, soit qu'elles aient totalemcnt disparu sous I'influence corrosive des agens at- mospheriqucs Enfin, il s'agirait de determiner la duree de la formation des ( 383 ) terrains, ct, par suite, de rctablir la chronologic des phenomenes geologiqucs qui onl preceih; I'apparition ties societes humaincs a la surface du globe. On se propose de donner ici un exeniple de ces deux derniers genres de recherches; c'est-a-dire que Ton assignera, d'une ma- ni^re presquc indubitable, i° le nombrc d'aniices qui se sont ecou- lees durant la formation d'un terrain de sediment tres-epais; 2° le mode de derivation de ce terrrain, en cc qui conccrne la mauiere dont ses divers elemens se sont disposes entre eux. On revicndra plus tard sur ces questions fondamentales de la geologic, dans des articles qui feront suite au premier que nous avons donne sur la figure de la terre (Annates, tome I, page 343). C'est pour cette raison que I'on se bornera ici a I'examen special du cas en ques- tion, sans entamer les generalites. On soupfonnait I'existence de la houille aux environs de Mczieres, dans les Ardennes, et Ton se mit en devoir de la chercher. M. Parrot, ingenieur des mines, fut charge de diriger un sondage a Prix, village situe sur la rive gauche de la iMeuse, a 3 kilometres sud-ouest de Mezieres. Dans ce lieu, la vallce, bor- nee par d'assez hautes collines, n'a guere qu'un a deux kilometres de largeur. On creusa d'abord un puits de 27 pieds 6 pouces dans la marne; apres quoi Ton se mit a forer. Cette operation, com- mencee le 5 aoQt 1825, ne fut terminee que le 4 juin 1828; mais les travaux demeurerent suspendus depuis le 20 Janvier 1827 jus- qu'au 17 Janvier 1828. Aprt!s avoir traverse de nombreuses alternatives de marnes, de sables et de calcaire, on tomba sur une source d'eau salee, a 43o pieds de profondeur; c'etait le 12 Janvier 1827; la source jaillis- sante donnait alors 72 pieds cubes par heure; 5 jours apres, elle ne donnait plus que 9 pieds cubes a I'heure; le 23, elle jaillissait de nouveau tres-abondamment, et le 5o elle cessa de coaler aussi fort. Elle coule encore aujourd'hui ; mais elle contient trop peu de sel pour pouvoir etre exploitec sous ce rapport. En effet, d'a- pres I'analyse laite par 31. Wahart-Duneme , cette eau, sur 5oo grammes, renferme seulement 1,467 de sulfate de soude, 2,535 de sel marin, o,536 de muriate de magnesie, 0,228 de carbonate de chaux et 0,394 de sulfate de chaux. Au-dessous de la couche de marne, d'oi'i parlait ccHc source, on ( 5S4 ) troiiva un banc de gres, puis de Targile, et finalement le schiste. On jugeades lors qu'il elait inutile de pousser plus !uiu : on ctaiti'i 480 pieds de profondeur. Voici la serie de toules les conches tra- versees par la sonde, et que M. Parrot a determinecs sur de nom- ])reux echantillons : Ji,paissear. Couches. i,pais C cue lies. r-O 2 marne. » 6 calcaire sablonneux. 1 calcaire coquiller.. » 7 marne sablonneuse. 8 » marne jaune. » 9 calcaire. 10 J calcaire en petits lits. I 2 marne sablonneuse*. 9 5 2 1 J) I » » » 5 10 4 calcaire, marne et gres. grt>s conipacte. marne ct gres. gres compacte. marne et sable, gres. 1) n I » 1 1 » 8 calcaire. 7 marne sablonneuse. 7 calcaire. 5 marne sablonneuse. 5 calcaire. 4 marne sablonneuse. 8 calcaire tres-dur. 1 » marne. » 8 marne salilonneuse. » 8 gres calcaire. 1 » calcaire tres-dur. 1 2 marne. „ 6 marne sablonneuse. » 6 calcaire sablonneux. » 3 calcaire. 3 6 marne. » 5 marne sablonneuse. » 10 calcaire sablonneux. 1 1 calcaire tres-dur. » 9 marne. » 6 marne sablonn. triable. » 8 calcaire. » 5 calcaire tres-dur. » 10 marne. » 9 marne sablonneuse. » 9 calcaire. » 8 calcaire. 1 » marne. » 11 marne sablonneuse. M 1 1 calcaire. » 8 calcaire sablonn. tres- I 2 marne sablonneuse. dur. 1 3 calcaire. 2 2 m:irne sablonneuse. » 6 marne. 2 7 calcaire sablonn. gri » 8 calcaire sablonneux. satre. a 6 marne sablonneuse. 5 marne sablonneuse. 1 5 calcaire tres-dur. 5 calcaire sablonneux. » 5 marne sablonneuse. „ 7 marne. 7 calcaire. » 5 calcaire tres-dur. » 4 marne. 1 marne. 1 6 calc. et gris compacte. 7 calcaire. » 8 marne. 1 1 marne. ( 585 ) Epaisseur. Couches. J^paisseur. Couches. ,,:.■.!. pourrs. ,m.d8 pouci .. 1 7 calcaire tres-dur. » 4 calcaire sablonneux. » lo marne. » 5 sable. 1 7 calcaire trcs-dtir. » lO calcaire et gravier. » 7 marne. I 2 sable. 1 » calcaire trcs-diir. 3 3 calcaire gris tres-dur . I 8 marne sahlonn. dure. I) 7 sable. I .5 calcaire tres-dur. D 3 calcaire. 1 4 marne. » 1 1 sal)le. 1 1 calcaire tres-dur. I> 9 calcaire. 1 »» marne. » 4 sable. » 4 calcaire. » 1 1 calcaire sablonneux. » 7 marne. a 8 sable. 2 1 calcaire tres-dur. a 7 c icaire sablonneux. » 1 1 marne. » D lO 3 sable. 1 4 calcaire sablonneux. calcaire sablonneux. 1 1 marne sablonneuse. » 5 sable. 2 2 calcaire tres-dur. » 5 calcaire sablonneux » 5 sable. n 4 sable. » 6 calcaire. s 2 calcaire sablonneux. » g sal)le. » 2 sable. » 7 calcaire tres-dur. » 5 calcaire. » 8 sable. n 9 sable. » 1 1 calcaire. « 6 calcaire a sable tres-fin „ 7 sable. » 7 sable. » 5 calcaire. n 10 calcaire a sable tres-fin » 9 sable. n 4 sable. » 4 calcaire. 1 1 calcaire. » 8 sable. 1 » sable. 1 4 calcaire sablonneux. » 3 calcaire. 1 4 sable. » _4 sable. » 7 calcaire sablonneux. I I calcaire sablonneux gri I 2 sable. satre. 3 8 calcaire sablonneux. 1 2 sable marneux. 1 1 1 sable. 1 2 calcaire sablonneux gri 1 9 calcaire tres-dur. sutre. 1 3 sable. » 7 marue sablonncuse. 1 9 calcaire sablonn. tres- » 4 calcaire sablonneux. dur. » 3 marne sablonncuse. 1 8 sable. i> 4 calcaire sablonneux. I 2 calcaire sablonneux. » 9 marne. I » sable. » 6 calcaire errisSt. et sable Epaisseur. Couches. jiii-'ds pouces, 1 3 marnc. 2 I calcaire noir et sable. 9 niarne. 1 1 calcaire noir. 3 marne. 8 calcaire noir. 1 marne ferrugineuse. 6 calcaire noir. 7 marne. 7 calcaire noir. 2 marnc. 7 calcaire noir. 8 marne. 6 calcaire noir. 6 marne compact c. 7 calcaire noir. 9 marne. 5 calcaire noir. 6 marne. 5 talcaire njir. 9 marne. 1 1 calcaire noir. 10 marne. 4 calcaire noir et pen de sable. 8 marne. 1 o calcaire noir. 6 marne. 5 calcaire noir. 4 marne. 4 calcaire noir. 1 marne. 4 calcaire noir. 1 marne. 3 calcaire noir. 5 marne. 3 calcaire noir. 8 marne. 6 calcaire noir. 7 marne. 4 calcaire noir. 86 Epaisseur. Couches. pieds pouccs. .» 1 1 marne. >) 5 calcaire noir. 1 1 1 marne. » 6 calc. noiretpeudesable 1 » marne. I a calcaire noir. 4 a marne et petits lits calc a « calcaire noir tres-dur. 5 6 marne et petits lits calc » 9 calcaire noir. ^ » 7 marne. » 5 calcaire noir. 1 6 marne. 1 1 calcaire noir. » 7 marne. ;> 4 calcaire noir. 1 I marne. 2 » calcaire noir. » 10 marne. » 8 calcaire noir. a » marne. 1 5 calcaii-e noir. 5 1 marne. » 8 calcaire noir. 7 jnarne. 6 calcaire noir. 1 1 marne. calcaire noir. marne. calcaire noir. marne. calcaire noir, marne. calcaire noir. marne. 8 calcaire noir. 5 marne. 4 calcaire noir. 9 marne. 2 calcaire noir. 8 marne. 4 7 1 1 3 3 5 5 4 £paisseur. Coaches. pieds pouccs. » 4 calcaire noir. » 5 marne. » 10 calc. noir etpeude sable. » 6 marne. » 8 calc. marneuxtres-dur. 1 5 marne. » 3 calcaire noir. I 1 marne. » 6 calc. noir etpeude sable. 1 4 marne. » 6 calc. noir etpeude sable. » 6 marne. a 4 calc. noir quartzeux. marne. calc. grisStre et pen de sable. marne. calcaire grisfitre. marne et petits lits calc. calc. grisutre tres-dur. 1 1 marne. calcaire grisutre. marne. calcaire grisutre. marne. calcaire grisutre. marne. calcaire grisutre. marne. calcaire grisutre. 8 marne. 4 calcaire grisHtre. 6 marne. 5 calcaire grisfitre. 5 marne. 4 calcaire grisutre. 10 marne. 4 culc. grisutre tendre. 10 marne. 3 calcaire noiratre. 9 marne. » calcaire noiratre. (58? ) J^paisseur Couches 1 1 7 a 1 3 » 5 9 3 » 7 I 1 1 2 5 1 3 » 5 1 » » 9 6 1 1 » 5 » 9 pouccs. 4 marne. 1 1 calc. noiratre tres-dur. 7 marne. 4 calcaire noiratre. 5 marne. 4 calcaire noiratre. 6 marne. 6 calc. noirutre tendre. 10 calc. et petits lits marn. 5 calcaire noirutre. 6 marne tres-compacte. 6 calcaire nofratre. 10 marne. 4 calcaire noiratre. 8 marne. 5 calcaire noiratre. » marne. 9 calc. noiratre marneux. » marne. 6 calcaire noirutre. 3 marne. 6 calcaire noiratre. 9 marne. 3 calcaire noiratre. 5 marne. 8 calcaire noirStre. 5 marne. 5 calcaire noiratre. 6 marne. 5 calcaire noirStre. 3 marne. 5 calcaire noirStre. 2 marne. 5 calcaire noirStre. 4 marne. 9 calc. tres-dur et marne. 1 marne. 2 calc. grisStre tres dur. 5 marne. 1 1 calcaire noiratre. 4 marne. 8 calcaire noiratre. ( EpaUseur. Couchet. picds pouce*. 5 I marne. » 9 calc. noirAtre trts-dur. I 10 marne. ■> 1 1 calc. noiratre tres-dur. » 6 marne. » 6 Calc. noiratre trfes-dur. 1 3 marne. » 8 calc. noiratre tres-dur, » 3 marne. n 9 calc. noiratre tres-dur. » 3 marne. 1 » caleaire grisatre. » 7 marne. » 7 caleaire giisatre. 1 2 marne. » 4 caleaire noiratre. » 6 marne. 3 3 caleaire noiratre. 1 8 marne. » 4 caleaire noiratre. 4 marne. 1 7 caleaire noiratre. 1 2 marne. » 10 calc. grisatre tris-dur. » 7 marne. » 3 caleaire grisatre. » 5 marne. 1 8 caleaire grisatre. 5 4 marne. » 6 caleaire grisatre. » G marne. i> 3 caleaire grisatre. 1 8 marne. » 3 caleaire noiratre. 1 » marne. 1 5 calc. noiratre tres-dur. » 5 marne. » 3 caleaire noiratre. » 7 nwrnc. ;> 3 caleaire noir. 388 ) Epaisseur. Couches.. piedf poucei, » 3 marne. » 2 caleaire noir. 1 10 marne. I 5 calc. grisatre tris-dur. 4 lo marne. » 6 gravier coquiller d'oii jaillit une source d'eau salee. 5 9 marne coquillere. 3 7 gres tendre. » 4 gi'es tres-dur. a 4 gft'S tendre. 1 9 gres dur. » 8 gres tres-dur. I 9 gres dur. » 8 gres tendre. 1 4 gi'es dur. 1 5 gres tres-dur. 1 » gres dur. 2 » gres trts-dur. 1 » gres dur. I 4 gi'^s tendre. » 7 marne. » 6 gres tendre. » 2 gres tres-dur. » 6 gres dur. 1 2 grt's tres-dur. a » gr^s dur et tendre. » 5 gres tr^s-dur. 5 » terre argileuse rougeaL » 9 schiste argileux bleuat. 3 3 schiste bieuatre, cor- neennes Terdatres , quartz blanc, caleaire et coquillesabondantes. 3 6 schiste rouge avcc calc. 6 4 schiste rouge presque pur. Lcs marnes ont toujoura cte bleuiJtrcs, comme les ardoises ( 389 ) communes, cxcepte dans un tres-petit nombre dc couches. On y a trouve des coquilles pyritisecs et du bois bitnmineux. Quant aux sables, ils etaient d'un giis perle, et conlenaient des paillettes de mica jaune d'or; mais on n'y a pas trouve de coqtiiiles. La plus grande paitie de ces sables etaient plus ou moins melanges de marne et quelquefois de cakaire. Celui-ci renfermait beaucoup de coquilles; presque toujours argileux, sa couleur, d'abord assez claire, est devenue decidement noire vers 224 pieds de profon- deur; ct cette derniere teinte s'est maintenue, avec di verses nuan- ces, jusqu'a la source d'eau sales. Tout le terrain traverse par la sonde est done forme de cal- caire, d'argile et de sable ou gres, melanges en diverses propor- tions. On peut y considerer plusieurs groupes , en allant de haut «u bas, savoir : Premiirement : 90 pieds oii domine I'argile ; le calcaire n'y est plus qu'en proportion necessaire pour transformer i'argile en marne, et donner quelques pelits lits de pierres vers la fin de la scrie. Le sable disparait a peu pres dans le melange. Secondcment : 17 pieds 7 pouces 011 le sable domine. D'abord melange de calcaire et d'argile, il finit par devenir presque pur, et se presente alors avec la consistance du gres. Troisiemeinent : 69 pieds 5 pouces d'un melange de calcaire, d"'argile et de sable, en proportions a peu pres egales, formant des couches alternatives plus ou moins distinctes, et dans chacune des- quelies un des trois principes domine. Quatriimemcnt : 47 pieds 3 pouces d'alternatives de calcaire et de sable principalement, dans lesquelles I'argile parait peu. Cinquiemcmcnt : 201 pieds G pouces de couches de calcaire ar- gileux plus ou moins noir, de niarnes et de sable dout la propor- tion va sans cesse en diminuant. Sixiemement : 1 1 pieds 1 pouce d'un banc d'argile avec un pea de sable et de calcaire. Scplicmeynent : 24 pieds 6 pouces d'un banc de sable ou grcs, forme de couches plus ou moins compactcs, c'est-a-dire plus ou moins melangees de parties calcaires et argileuse?. Les grains de quartz qui composent ce gres sont blancs, jaunatres ou rougeiitres. On y rencontre encore des coquilles et des pyrites. Huitumcmcnt : ly pieds d'argile, d'abord melangee de raicairs (390 ) et de sable, et finalement presque pur et compacte, c'est-a-dire a I'etat de schiste. Voici maintenant le mode de derivalion de ces terrains : La mer, ou une can etendue et tranquille, recouvrait le pays qu'arrose aujourd'hui la Meuse. Cette mer se trouvait bornee par des terrains dont la base etait de calcaire, d'alumine et de silice. L'observation attentive des localites ferait connaitre si, avant la formation du terrain qui nous occupe, ies lieux qui dominent le cours de la Meuse offraient deja des calcaires, des sables et de I'argile; ou bien des schistes, d'oi\ proviendrait I'argile, des bancs de quartz d'oii viendrait le sable ; ou enfin des granits, d'oi'i pro- viendraient a la fois et le sable et I'argile : car il n'y a peut-etre pas de matiere minerale qui n'ait ete prise et reprise plusieurs fois pour entrer dans la composition de terrains de plus en plus recens, et qui, parties des hautes chaines de montagnes , n'ait continuellement ete entrainee Ycrs Ies lieux Ies plus bas, en sui- Tant la mer dans son retrait. Quoi qu'il en soil, Ies eaux fluviales entrainaient dans cette mer, comme elles^le font encore aujour- d'hui , Ics portions Ies plus tenues des terrains qu'ellcs avaient laves ; et ces debris, en partie dissous, en plus grande partie sim- plement suspendus dans le liquide, se precipitaient au fond de la mer, ou ils formaient des couches variables en nature, en consis- tance , en etendue, en epaisseur et en inclinaison ; ces couches recouvraient alors , soit Ies restes des animaux et des vegetaux marins qui avaient vecu sur place, soit Ies produits organiques que Ies eaux fluviales avaient emportes dans leurs cours. Pour le cas en question, il faut admettre que Ies rivieres entrainaient dans la mer, de I'argile, du calcaire et du sable, en proportions qui va- riaient periodiquement de la maniere suivante : D'abord I'argile arrive presque seule avec un peu de calcaire ■et de sable (c'est le 8'°'' groupe dont nous avons parle) ; Puis cette argile, un peu marneuse, est surchargee de sable (c'est le 7°"" groupe) ; Puis la proportion de sable diminue, et le calcaire arrive en assez grande quantite pour que, melange avec I'argile, il produise ime marne (6'"" groupe) ; Decidement Ies alternatives sont de calcaire et d'argile ; et Ton obtient une couche de marne a I'epoque oCi I'argile arrive assez ( <'59» ) abondamment, et une couclie de calcaire argileux quand I'argile vient en moindre quantite'(5°"' gronpe) ; Enfin, les depots de sahle predoniineiil. Lc calcaire, tres-peu melange d'argile, reprend uue teinlc blanclialrc ctaltcine ayecle sable (4°" groupe) ; Bienlot la proportion d'argile augmente et celle du sable dimi- nue ; le calcaire se melange indistinctement avec ces deux especes de depots (5°°' groupe) ; Pen a pea le calcaire et I'argile devicnnent rares, ou , si Ton veut, le sable devient abondant, et il ne se forme que des gres plus 011 moins charges d'argile et de calcaire; les alternatives s'effacent continuellement (2°" groupe) ; Finalement ces alternatives devicnnent imperceptibles, et les depots de calcaire, d'argile et de sable ne donnent lieu qu'a une marne assez homogene (1" groupe). II est assez bien etabli, par ce qui precede (et I'analyse chimi- que des echantillons eut mis ceci hors de doute), que le calcaire s'est depose depuis le commencement jusqu'a la fin; que I'argile s'est aussi deposee durant le meme temps, mais d'une liianiere irreguliere, si Ton regarde le depot calcaire comme sensiblement uniforme; qu'enfin, le sable a ete pousse de temps en temps, ou en quantite tres- variable, jusque dans le melange des deux terres precedentes. On concoit que le calcaire forme un depot regulier, puisqu'il pent etre dissous par les eaux de pluie, a la faveur de I'acide carbonique, ou reduit a un grand etat de division; mais I'aigilc, formee d'alumine et de silice a grains plus ou moins gros, ne pent guere etre entrainee que par des courans d'eau extraor- dinaires; et les grains de sable, de dimensions beaucoup plus considerables encore, exigeront, pour etre transportes un peu loin. Paction des tempetes et des torrens. Les nombreuses alternatives de couches que presentent les 3°"% ^me gj 5me gfoupes , indiqucnt en effet que ces couches sont an- nuelles. Quand les memes phenomenes se representent periodi- quement un tres-grand nombre de fois, il serait absurdc de les attribuer a des revolutions ou catastrophes subites, qui ne peu- vent avoir que des effets irregulicrs. On ne pourrait pas meme supposer ici que les elemens de ces couches aient etc tenus tons a la fois en dissolution et en suspension dans un liquide ; car on ( 59-^ ) neconcevrait pas plus la periodicitc et la regularite des depots, ii moins toutcfois qii'on n'attribuat cette periodicite a un autre phe- Homeiie pcriodiqiie et naturel, ce qui rentrerait dans noire sup- position. Elle acquiert plus de vraisemblance encore, si Ton ne perd pas de Tue que les circonstances atmospheriques d'alors etaient ^assez semblables a celles d'aujourd'hui , pour que des planles et des animaux pussent exister dans la mer et sur la terrc. Or, on ne trouve point de periode naturelle plus longue que I'au- nee k laquelle nous piiissious recourir pour trouver I'explication demandee ; car toulcs les variations seculaires de notre planc'te, dans son mouvement sur elle-menie et autour du soleil, ne peu- vent pas amener de modifications sensibles dans I'clat de sa sur- face. On est done forceuient conduit k considerer I'annee commc la periode qui a preside aux alternatives de couches en question. Le calcaire a pii se deposer toute I'annee ; I'argile, et surtout le sable, n'ont pu arriver au sein de la mer qu'a Tepoque de la crue des eaux fluviales, dans les saisons orageus'es de I'annee. Les depots d'argile' et de sable, ou plutot I'aboudance de ces depots relative- ment a ceux du calcaire, indique done les liniites de la periode annuelie; c'est-a-dire qu'une couche calcaire avec une couche argileuse ou sablonneuse sont les produits d'une scule annce. II est probable qu'ici plusieurs couches sont passees inapercues, soit a cause de leur extreme minceur, soit par tout autre motif. Quatre lacunes importantes sont meme inJiquees dans le tableau de nos couches : les deux premieres, page 386, colonne 2, ligne 8 et 10 (d'apres la moyenne des couches qui precedent et suivent, j'y suppose 5 et 7 couches); la troisieme, page 587, colonne i, ligne 20 (j'y suppose 5 couches) ; et la quatrieinc, page 587, co- lonne 2, ligiie 57 (j'y suppose 3 couches). Mors les 3'"% 4""' et gme gpoupes, qui se prCtent a notre calcul, oflVcnt 558 couches sur une cpaisscur totalc de 5 18 pieds. Ces 558 couches out done etc formees en un nonibre d'annces moitie moindre, savoir en 179 aa- nees. Le depot annuel moyen est 3i8 pieds diviscs par 179, ou 21 pouces 4 lignes; c'est -j^ de ligne par jour, et 177 pieds par siecle. Saigey. (393 ) 0SSEME31ENS FOSSILES DE MAMMIFERES ET AUTRES FOSSILES REMARQUABLES DECOTIVERTS DANS LES CARRIEBES DE NaKTERRE ET DANS CELLES DE PaSSY. Monsieur , Dans les carrieres de Nantcrre voisines de celles dites du Loup, j'aidecouvertdernierement d«s ossemens quiappartiennent, sinon a des pacliydermes , du inoins a des mammifeies. lis gisent au milieu du calcaire a miliolites de ce canton. Le calcaire qui en renlerme le plus est surtout caracterise par un grand nombre de cerites, dc natices, de bivalves; je viens d'y observer qxielques mon- ies de Melanie, qui me paraissent etre la Melania lactca, enfin des Paludines en grande quantite et des Lymnees; ces deux dernieres coquilles, encore avecleur test, occupent un lit de calcaire connu sous le nom de roche. Le principal calcaire ossifere est, en outre, traverse , en tous sens , par de belles et grandes empreintes de plantes, encore imparfaitement decomposees, et qui me paraissent tout«s appartenir aux monocotyledonees, notamment a la famille des palmiers; et enfin des debris de cheloniens (pent- etre bien de tortues d'eau douce ) , qu'on trouve disperses ca et la dans ce gise- ment. Les ossemens renfermes dans ce lieu sont en grand nombre, cependant ils occupent un espace qui me parait assez circonscrit. D'apres la forme et le volume de tous ces os, il est probable que la pliipart d'entre eux apparliennent a une grande espece de paleo- ilierium eta des lophiodons : eneffet, plusieurs machoires, i moitie engagees dans le carbonate de chaux, avaient environ 18 pouces de longueur ; elles etaient garnies de grosses molaires, a couronnes en croissant, et, apres un assez long espace, venait une canine d'une force remarquable; c'etait plutot une petite defense. De tous ces OS caractcristiques je n'ai pu recueillir que des dents molaires et une canine, que j'ai remises a M. Cordier, qui lui-meme a fait depuis, avcc M. Regie et moi, une ample recolte d'ossemens tlivers. J'en possede encore beaucoup et d'assez caracteristiques 2. 26 ( 394 ) pour qu'on puisse les altiibuer 4 diff^rens animaux. La plupart soul engages dans un calcalre a Cerites, avec des monies de Me- lanie, le tout reuni par de nombreuses empreintes de plantes mo- nocotyledonees. En revenant dc Nanterre, on pent observer un autre gisement d'os fossilcs dans I'une des carrieres du plateau cleve de Passy. Us reposent la dans un litd'argile verdatre de iScentim. d'epais- seur, et qui se represente plus loin avec des epaisseurs variables, mais sans offrir desormais le moindre indice d'ossemens. Ce nou- veau gisement, on plutot ce nouveau groupe d'ossemens, se trouve a peu pres dans la meme region que celui de Nanterre, c'est-a-dire que le calcaire a miliolites qui separe, dans cctte der- nierelocalite, la couche a ossemens du calcaire d'eau douce supe- rieur, est remplace ici par un calcaire a cerites des pierres. Cesdeux calcaires, d'ailleurs peu eloignes du clicart superieur, qui reuferme a la fois des coquilles d'eau douce et des miliolites ou autres co- quilles, marines conticnnent des masses osseuses dans leur partie inferieure. Bien que je n'aie point rencontre de coquilles d'eau douce dans le calcaire superieur et dans la couche argileuse, il y a, suivant moi, une grande similitude entre ce gisement et celui de Nanterre, car le calcaire inferieur, tres-sablonneux, renferme beaucoup de coquilles agatisees, entr'autres de cerites, de natices et surtout de melanies, M. lactea. Les empreintes de plantes mo- nocotyledoneesysont aussitres-communes. Je feral en outre obser- ver que les cerites de Nanterre se rencontrent egalement agatisees. Quoi qu'il en soit, les ossemens qui gisent la m'ont paru en quantite non moins grande qu'a Nanterre; mais ils sont plus friables que dans cette derniere localite, a cause du milieu con- servateur dans lequel ils out ete engages ; ils ne peuvent done pas etre recueillis assez entiers pour qu'on puisse les determiner nettement; et, sans une de ces molaires, j'aurais long-temps hesite a regarder ces debris altcres comme des ossemens, qui me parais- sent encore provenir des pachydermes. Enfin, les carrieres de cette localite ne sont pas moins remar- quables par la variete de leurs fossiles : on rencontre des dents de squale dans leur partie chloritee, de belles et grandes empreintes d'autres poissons dans le calcaire superieur (il y en a actuelle- ment une tres-grande et tres-belle suspendue au ciel de Tunc des ( 595 ) galeries des parties excavees de la carriere a ossemens ) ; des em- preintes de plantes ct surtout de fcuilles bien nettes, dans un cal- caire sahlonneux, souvent agrege en tubulures, et qui renferme des debris de criistaces, de murex, de cerites, de natices, de limnees, de melanics, etc. parraitement agatisees; ainsl qu'une quanlite etonnanle de modioles encore avec leur nacre; enfin, ce banc, de plus d'un metre d'cpaisseur, supporte la couche a osse- mens. Je me propose incessamment de decrire lescarrieres de Nanterre et celles de Passy qui renferment des ossemens, avec tout le soin qu'elles mcritent, etendonnantdes desseinsa I'appui. J'appliquerai lememe travail au nouveau gisement de debris de pagure, quej'ai decouvert en 1827, a Bregy, pres Nantcuil-le-Haudoin, oil, a I'instar des miliolites, ils forment presque les elcmens du grcs co- quillier marin de ce canton, dans lequel ces crustaccs, a moitie etioles, paraissent avoir vecu en grande famille et sur plusieurs lieues d'etendue. (On pent se faire uneidee de leur multiplicite par les echantillons que M. Cordier a eu la complaisance de me faire deposer au cabinet d'histoire naturelle. ) Je ferai , en outre con- naitre I'analogie qui parait regner entre ce terrain a pagure, et celui de Beaucbamp, Plerrelaie pres Montmorency, et autres endroits intermediaires, o^ Ton en rencontre egalement, mais isoles et tou- jours accompagues de cytherees lisses, elegantes, etc. ; tous ces terrains sonl reconverts par celui d'eau douce. J'ai I'honneur d'etre, etc. E. Robert. Paris, I" juillet 1829. P. S. A I'instant oii I'impression de cette note etait achevee, j'ai appris, par les journaux et paries lecons publlques de M. Cor- dier, que ce savant avait, le 3 aoQt, fait part, a I'Academie des Sciences, de la dtjcouverte qui se trouve consignee dans la lettre que j'ai eu I'honneur de vous adresser. Permettez-moi de profiter de cette circonstance pour offrir publiquement mes remercimens et I'expression de ma reconnaissance au professeur qui, jusqu'a present, s'est plu a m'aider de ses conseils et de ses encoura- gemens. (596) FAPERIEIVCES CHIMIQUES ET PIIYSIOLOGIQUES, AYAKT pm!R OBJET DE DETERMINER LE MECANISME I>E tA CIRCULATION DANS lES ENTRE-NOEUDS DE Cluira ET DANS IE SYSTEME VASCULAIRE DES ANIMAUX; LA NATURE CHIMIQUE Dl) LIQtUDE CIRCVLANT; ET, PAR I'NE CONSEQUENCE IMMEDIATE, LA NON EXISTENCE DE l'ACIDE LAC- TiQUE (ou Nanceique) (pi. 9) ; - PAR M. RASPAIL. Je public dans ce memoire les resultats positifs de deux ans d'obscrvations et d'expericnces. J'en aurais relarde la publication de deux ans encore, si, a force de consuUer les regies de I'analo- ffie ie n'etais parvenu ;\ la determination precise des phenomenes que ie m'etais propose d'analyser; car, composer des memoires pour introduire des doutes , des opinions aventurees dans la science, c'est I'encombrer, ce n'est pas la servir. Determination pliysiologique du mecanisme de la circulation dans les Chara et dans le systime vascalaire des animau.v. 1. Soit un entre-noeud de Chara (pi. 9, fig. 3), detache de la plante, et prive des rameaux qui parlent des deux articulations opposees qui le terminent; on enleve avec un scalpeirecorce qui la recouvre, par le procede suivant : on etend rcntre-noeud sur une lame de verre plus courte que la distance des deux articula- tions (/■/■) que Ton tient plongee dans une petite capsule peu profonde et pleine d'eau. On pince aveclapointedu scalpel chaque laniere de I'ecorce, en avancant d'un bout a I'autre, et en ayant soin de ne pas penetrer Irop avant. Quand tons ces lambeaux de I'ecorce sont cnleves, on a mis a nu un cylindre incruste d'une substance blanche, fortement adherente, dure et cassante, et qui resisle a Taction du scalpel. C'est du carbonate de chaux qu'il faut enlever avec une lame emoussee , en ralissant le tube dans le sens de sa longueur. Quand le tube est ainsi prepare, si on le place au foyer du microscope et plonge dans I'eau , voici les phenomenes qu'un observe : ( '^97 ) ■2. Une ligne mediane blanche ( fig. a a ) se dessine oblique- nient a travers deux couches vertes loiigitudinales, composees elles-memes de series longitudinales de globules verls, dont la di- rection est paralli'le ;\ la ligne bianchc. Cette dcrniere s'etend sur chaque C(Ue oppose du Inbe. 5. On ne larde pas a rcmarquer que cclle ligne mediane blan- che (fig. 3 a) est une especc de ligne de demarcation cntre deux courans inverses I'un de I'autre , et dont la direction est marquee par des grumeaux hyaiins qu'ils charicnt. Un de ces comans s'a- vance vers la gauche de I'obscrvateur, et Tautre vers la droite; mais les globules de I'un ne se melent pas aux globules de I'autre. Quclquefoison observe, sur la ligne de demarcation, de grands glo- bes albnmineiix, qui, obeissant a la resultante des deux forces si- mnilanees el opposces des deux courans, tournent sur leur axe , retenus au fond dn liquide par leur pesanteur specifique. 4. Gozzi, ayant prati([ue des ligatures sur un de ces tubes, s'a- pcicui que la circulation conlinuait d'avoirlieu enire les ligatures. Je voidus pousser plus loin I'experience ; je pratiquai deux liga- tures (fig. 5, aa), chacune a quelqucs millimetres des articula- tions ( f f). Je coupai ensuite I'espace intermediaire entre les articulations et les ligatures , et j'obtins ainsi un tube a articula- tions factices. Non-seulement la circulation conlinua d'avbir lieu dans le tube mutile ( a a ) ; mais encore , au bout de quelqucs jours, les deux ligatiu-es tomberent ; les bouts du tube resterent cxactement fermes par la soudure de leurs bords, et la circulation continua d'avoir lieu pendant un mois (du aGjuillet 1827 au 5 septcmbre). 5. Un parcil tube sert fort bicn a completer le spectacle de la circulation. On voit en effet que le courant quelconque (Z»), une fois parvenu a une des extremites, decrit Ic circuit trace par le cul-de- sac qui termine le tube et devient le co'uant oppose (c). Cette ob- servation pent tres-bien se faire, sans aucune preparation, sur les jeunes pousses de Chara. 6. NuUc cloison ne separe les deux courans , ainsi qu'on 's'en assure par la dissectionsuivanle : que Ton coupe transversalement et obliquement, avec un bon rasoir, le lube dans lequel on aura remarqiu': la circulation, on verra que ce tube se compose d'un elui cartilagincux, a parois epaisses , mais hyalines et fort trans- ( 398 ) pareiitcs. L'interieur de ce tube est tapisse do chaqiie cule dcs U- gnes medianes (fig. a «), par une membrane verte , sur laquelle on remarquait iin instant auparavant, a travers I'etui hyalin, des series paralleles de globul-es verts. Non -seulement , a I'aide d'une polnte on pent detacher cette membrane (fig. i l>) par 1am- beaxix; mais encore en introduisant la pointe dans le tube, on reste convaincu que cette membrane est adherente aux parois du tube exterieur; et nulle cloison ne se remarque a l'interieur. Un phenomt'ne. dont nous trouverons bientot I'explication , se montre alors ; un liquide miscible a I'eau part de l'interieur du tube avec rapidite , mais sans obeir k aucune des lois qu'on avail eu I'occa- siond'observer, quand le lube elail inlegre. Cependant, les causes qui presidaient a I'exislencc des deux courans opposes continuent i exercer leur influence ; on voil a travers le tube lui-meme des masses coagulecs ramper contre la paroi (cc), en se dirigeant du cote de I'ouverture vers le fond du lube, et du fond du tul)e vers I'ouverture [g), d'oiielles sont expulsees au dehors sous forme d'une masse trembloltante, globulenseet blanchalre, qui acquiert de la consistance a chaque instant (a). Ce qu'il ftmt bien prendre en consideration, c'est que cclte coagulation ne m'a pas paru avoir lieu, au moins d'une maniere aussi intense, lorsque je faisais I'ex- perience dans I'eau dlstillee. Cette experience prouve evidemment que les parois du tube sont les agens de la circulation. 6. La moindre solution de continuite dans la membrane verte finit par arreter la circulation, et si la circulation continue encore quelques instans, on voit que le fluide circulant tourne tout I'es- pace prive de matiere verte, et que le plus souvent rien ne passe par cette tache blanche. L'integrite de la membrane verte est done d'une indispensable nccessile a I'exislence de la circulation. Aussi, d^s qu'on a fait faire le moindre coude a un tube, on est sQr d'avoir arr&te la circulation dans son inlerieur. 7. Quand on a enleve le carbonate calcaire qui recouvrait le tube de Cliara, qu'on le tienne de nouveau plonge dans I'eau com- mune ; on ne lardera pas a le voir se couvrir peu k pen d'une in- crustation cristalline , dans laquelle se montrent dcs rhomboides de chaux carbonalee , qui, en s'accumulant, apparaissent au micros- cope comme des laches noiratres, et u I'ceil nu comme des cris- ( 399 ) tallisatiotis fariiieuses et bliui(;hes. U ric faudrait pas croire que ces oristaux soieiit libres ot isoles ; si Ton observe Icurs racluros an microscope, on decouvre que chacun de ces cristaux est cnipri- sonne dans des intersliccs cellulaires d'une membrane qui n'est que I'epiderme du tube decortique. 8. Si Ton plonge, au contraire, le tube decortique et ralisse dans I'eau distillee, I'incrustation n'a pas lieu. Je ne puis pas assurer que la circulation dure long-temps dans cette eau pure ; j'en ai conserve pourtant des tubes a articulations factices (voyez § 4) (lepuis le i5 aoQt 1827 jusqu'au 22 du meme mois; aucune in- crustation ne se montrait sur leur surface. 9. Dans I'eau saturee de sulfate de potasse , et que jc n'ai pas eu soin de renouveler, j'ai conserve des lubes avec Icurs incrusta- tions depuis le 5i juillet jusqu'au i" septembre de la meme aunee; I'incrustation ne parait pas avoir augmente. 10. Dans une solution de sel marin, le mouvement a dure lout au plus deux lieures. 11. D.ans une solution de nitrate de potasse, des tubes avec leur incrustation et a articulations factices se sont conserves neuf jours, et je crois etre en droit d'altribuer leur mort a des accidens meca- niques. La double decomposition avail eclairci beaucoup I'incrus- tation. L'experience (§ 8) prouve que I'incrustation de carbonate calcairc est moins I'effet d'une exsudation, que celui d'une veritable incrus- tation provenant d'un depot du liquide ambiant. 12. Si Ton place au foyer du microscope un tube decortique et depouille de son incrustation , mais bumecte par une faible goutte d'eau, on remarque qu'a mesure que I'eau s'evapore, le mouve- ment interieur se ralenlit ; mais si, a I'instant oil il est sur le point de s'arreter entierement , on depose de nouveau une goutte d'eau sur un point quelconque de ce tube , on voit subitement la portion du liquide interieur correspondanl a ce point humecte, s'ebranler pour seremettre en mouvement; et si alors, a I'aidc d'une paille, on promene la goutte d'eau sur le reste du tube , la circulation se re- tablit avec toute sa regularite. i5. Si Ton plonge chaque extremilt; d'un tube decortique dans I'eau, et qu'on laisse exposee a I'air la portion intermediaire, celle- ci ne manque pas de se contonrucr et de so dessccber en s'aplatis- ( 4<>o ) sant. Si le tube n'avait pas etc decoiliquc , cet cfltl n'ainait pas eu lieu : cc qui s'explique facileaient, (piand on pense que I'e- corce cle ces tubes se compose de tubes longitudinaux dont les interstices peuvent porter I'eau par I'effet de la capiilarite sur toute la surface du tube interieur. Le tube interne, au contraire, n'offrant ni cellules ni tubes, et etant simplcment forme d'une couche epaisse et homogene qu'on peut assimiler a uiie membrane, celle-ci absorbe les liquides par imbibition dans !e sens de son epaisseur, et non dans celui de sa longueur. En d'autrcs termes, le tube d'un Cliara est i lui seul une grande cellule. i4- La cause qui fait contourner le tube desseche reside unique- ment dans le retrait de la sul)slance qu'il renferme; car, si Ton coupe transversalement un tube decortique dans I'eau, et qu'on I'j vide en V'exprimant enlre deux doigts , le lube en se dessechant conservcra sa premiere forme. i5. Une goutte d'alcool, d'ammoniaque liquide, d'alcali caus- tique, ou d'acide, soit vegetal soit mineral, placee sur la surface externe d'un tube decortique, arrete subitement la circulation ; done les parois jouissent de la propriete d'absorber promptemenl les liquides qui les humectent. Ces experiences jetteront plus de clarte sur celles par lesquelles je vais expliquer, je pense , le mecanisme de la circulation. 16. Le phenomene^de deux courans inverses, et ne se melant pas ensemble, avait paru si extraordinaire aux phjsiologistes, que la plupart , dans le but de diminuer I'anomalie , s'etaient crus au- torises a admettrc I'existence d'une cloison entre les deux cou- rans. Quant a moi, j'avais moias cherche, dans nies experiences, k expliquer le phenomene qu'a I'observer par toutes ses faces, lors- qu'un jour, faisant chauffer 4 la lampe_un tube de verre plein d'al- cool, dans lequel etaient suspendus des globules graisseux, je fus frappe de I'analogie qui me semblait exister entre les mouvemens que la chaleur determinait dans I'alcool, et la circulation que j'a- vais tant de fois observee dans les tubes de Chara, On voyait les globules du fond du tube de verre monter en glissant centre une moitie des parois, et une fois arrives a la surface du liquide, redescendre en glissant contre la parol opposee , poiu' arriver une seconde fois dans le fond, et remonter encore, et ainsi de suite ( 4oi ) iiidefinimcnt ; cc qui offrait I'l Tceil deux couiaus inverses et sepa- res par une ligiic de demarcation constante. Cette experience peut se repeler avec plus de lacilite encore au nioyen d'un tube rempli d'alcool, dans le fond duquel on aura depose de la sciure de liege; la chaleur seule de la main suffira pour produire te phenomene aussi long-temps qu'on desirera I'observer. Si Ton reflechit main- tenant un seul instant sur les circonstanres qui raccompagnent, on ne manqiiera pas de s'assurer que c'est I'effet le plus simple et le plus ordinaire des lois hydrauliques ; car, des que la chaleur vient a dilater des molecules de liquide , celles-ci teiident a monter; et comme elles eprouvent de la resistance de la part de la colonne verlicale , elles prennent la resultante , et se dirigent vers une des parois, qu'elles longcnt jusqu'ala surlace du liquide; la, poussees par les molecules suivantes, et devenues ensuite moins legeres par le refroidissemcnt, elles redescendent en longeant I'autre paroi pour venir s'echauffcr, se dilater encore, et monter une seconde fois. Les pailicides de liege ne sont destinees, dans cette expe- rience, qu'a indiqucr la marche des courans, et a rcpresenter les molecules liquides dont la direction, sans ce mojen, echapperait aux regards. Comme les tubes de Chara offrent egalement ce phe- nomene, qu'ils soient places verticalement dans I'eau, on etendus horizontalement, et que , dans cette experience , le tube de verre est place verticalement, on peut completer rexperience en cour- bant a angle droit un tube de verre, et le remplissant d'alcool jus- qu'au coude; avec un degre de plus de chaleur, on forcera les molecules de liege a vaincre la resistance qu'elles eprouvent en tVoltant conlre les parois superieures du tui)e horizontal. En conse- quence, lorsqu'un mobile quelconque a donne une inipidsion a un liquide renl'erme dans un tube ferme paries deux bouts, il se produit necessairement un double courant , ou plutot un seul cou- rant qui revient indefininient sur lui-nieme, sans meler ses deux moities, et en conservant une ligne de demarcation bien dis- tincte. ij'. Dans les Chara, ce n'est point la chaleur qui est ce mobile, puisque tons les points de ces tubes etant egalement plonges dans I'eau , les uns ne pcuvent pas elre plus echauffes que les autres. Mais nous avons vu quo los parois des tubes docortiques dc Cliara aspirent rapidcment leslicpiides qui les mouillent (§ 12 el i5) ; ces ( 4oa ) mSmes parois expiient le liquide qii'elles recelciil (§ 12 cl i3); car partout oil il existe une aspiration, une imbibition, une ab- sorption continue, il doit necessaircment exister une expiration, une transsudation, par la raison que la capacite reste invariable; or, ces deux phenomenes d'aspiration et d'expiralion ne peuvent pas avoir lieu sans que le liquide contenu recoive une impulsion capable de produire Ics pbeuomencs que je viens de decrire et dc delinir. Que Ton introduise dans la capacite d'un grand tube de verre deux tubes effiies a la lampe , et se dirigcant au dehors en sens contraire I'un de I'autre; que Textremite de I'unplonge dans un reservoir d'eau, et que , par rextrtmite de I'autre , I'observa- leur aspire fortement I'eau du grand tube , aussitot on verra dans le grand tube deux couraus inverses se dirigeant I'un du cote du tube qui aboutit au reservoir vers le fond du grand tube , et I'au- tre, du fond du grand tube vers le tube aspirant ; et la, les cor- puscules suspendus dans I'eau, ne pouvant pas s'introduire par I'extremite trop effilee du tube aspirant , seront repoussecs par les molecules suivantes pour aller completer le cercle de la circu- lation. Mais qu'est-ce que la force produite par deux tubes, en comparaison de ces milliers de pores invisibles du tube des Cliwa, destines a la succion et a I'expulsion des molecules fluides qui ont concouru ou qui doiventconcourir a I'acte de la circulation ? Aussi voit-on que les molecules qui circulent dans I'interieur d'un tube de Chara glissent fortement attachecs aux parois vertes; qu'elles ne devient jamais de leur direction primitive, qu'alors meme que le lube a ete ouvert sur une portion de sa longueur, les molecules sont encore amenees au dehors par Taction de ces parois, a pen pres comme une chaine sans fni qui serait mise en mouvement autour de deux poulies opposees. Ce sont les parois vcrlcs qui president essentiellement a ces phenomenes de succion et de de- part, et la ligne mediane blanche, en etant depouillce , reste sans energie, et forme, ppur ainsi dire , I'axe autour duquel se meul la chaine de la circulation (§ 6). 18. Au lieu d'un tube ferme par les deux bouts, supposons un cercle tubule, possedant sur toute la longueur de ses parois la proprietc d'aspirer et d'expircr les liquides ; les liquides devront necessairement ne plus offrir qu'un seul courant continu , et non deux courans inverses, puisque, danscecas, nuUe resistance n'o- ( 4o3 ) bligera un coiirant a redesceiidre sur lui-muine. Que ce cercle tu- bule soit simple ou ramifie, I'effet sera toujours analogue. Cetle explication, qui me paiait decouler si nalurellement de I'expe- rieuce, fait disparaitre d'un seul coup toules les anomalies que, jusqu'a ce jour, le phenomene de la circulation chez les animaux a offertes a la meditation des observateurs. Le coeur ne sera done plus I'unique mobile de la circulation; car, en n'admettanl que son action, on tomberait dans des resullats en contradiction avec loutes les lois hydrauliques connues. Mais toutes les parois du systeme vasculaire etant destinees a aspirer dans le torrent de la circula- tion les liquides propres i la nutrition des organes qu'ils avoi- sinent , et a rejeter ou a expirer les liquides elabores, il s'ensui- vra que, sur tons les points du torrent de la ciiculatioa, il exislera un double mobile, une double impulsion. Des parois qui aspirent un liquide doivent , si je puis m'exprimer ainsi, etre aspirees a leur tour ou etre attirees par ce liquide; et des parois qui expirent, qui repoussent un li([nide, doivent etre re- poussees a leur tour par le meme liquide. De la les mouvemens de systole et de diastole qui seront d'autant plus sensibles, que les parois seront plus libres d'obeir a ces deux mouvemens. Or, le coeur etant la portion du systeme circulatoire qui offre le plus d'e- paisseur, et par consequent le plus d'energie, une surface plus libre, et par consequent moins entravee, il arrivera que ses mou- vemens de systole ct de diastole devront etre si puissans, qu'ils iront ajouter encore au mouvement determine par I'expiration et I'aspiration des autres surfaces du systeme de la circulation. En consequence, le coeur se contractera, quand il aspirera les liqui- des; il se dilatera quand il les expirera ; et , du coeur jusqu'aux dernieres anastomoses du systeme vasculaire , ce double pbeno- mene aura lieu avec d'autant moins d'apparence , que les parois seront moins libres, plus fortement attacheesaux parois des autres organes. Mais le liquide circulant etant soumis aux deux memes causes sur toute I'etendue de son passage, il n'y aura plus rien d'etonnant qu'un tube de verre, recourbe et gradue, s'il est plonge par une extremite dans une artere quelconque, offre le liquide se sou tenant toujours a pen pres a la mcmc haulc'u- dans la brancbe ver- ticale ; ce qui ne devrait pas avoir lieu, si les mouvemens du ctrur etaientl'unique cause derimpulsion impriuiee au liquide quicircule. ( 4o4 ) ig. Que les parois des tissus animaux aient la proprietu d'aspi- rer et d'expirer, c'est , je pense, cc qui est admis dans la stience depuis la demonstration que jc crois en avoir donnee dans men memoire sur I'alcyonelle (part. a""). Soit laVorlioelle (fig. 5, pi. 9) dont la base (c) est atlachee au porte objet ; on voit que la surface de la parlie anterieure (a) aspire de fort loin le liquide ainsi que I'indiquent les molecules tenues en suspension. Wais une fois arri- ves a la hauteur des cils apparens qui en herissent les contours {cc'), ces globules sont lances brusquement, en decrivant unccour- be que Taction de I'aspiration leur fait bientot completer entiere- ment. En sorte que Ton voit, de chaque cote de la Vorticelle, des tour- billons continus de globules attires et repousses. En meme temps on distingue une circulation evidente dansle bourreletcirculaire dc cette surface respiratoire (b). Ces cils expirans se montrent encore sur toute la surface cxterne de chaque tentaculc de ralcyonellc, et chacun de ces tcnlacules offre dans son interieur une circulation branchiale. Les deux roues pretendues du rotifere presentent, de la meme maniere, le double phenomene d'aspiration et d'expira- tion, et la circulation interne dans le bourrelct de chaque surface ; de plus, un coeur palpitant, exaclement place entre les deux or- ganes de la respiration. Mais ce qui est certainement une preuve encore plus evidente , c'est que chaque lambeau provenant de la laceration des branchies, des palpes labiaux et de I'ovaire des mon- ies d'eau douce, altirent le liquide et I'expirent en se couvrant de ces cils ilhisoires que nous venous de remarquer sur la surface res- piratoire de la Vorticelle (fig. 5, cc'). Ces cils illusoircs sont I'effct de la difference de densite du liquide expulse par I'expiration, ainsi qu'on p'eut le voir plus amplement demontre dans la seconde par- tie de mon memoire sur I'alcyonelle. Enfin, dans chacun de ces lambeaux on observe une circulation, et chacun de ces lambeaux se meut tant qu'il aspire et qu'il expire, ce qui peut se prolonger pendant 24 heures et davautage . On concevra iacilemeut que cette double fonction des tissus variera d'intensite selon les diverses classes d'animaux, et qu'elle pourra s'exercer chez certains d'entre eux d'une maniere inappre- ciable a nos moyens d'observation. 30. Mais ilueparaitra pas impossible «/)nm que certains tissus ne possedent exclusivement que I'une ou I'aulre de ces deux fonctions. (4o5 ) Or, cclte conjeclurc se realise sur les branchies des animaux doiies de la double respiration branchiale et pulmonaire. Ainsi, lorsqiron observe an microscope les papilies branchiales des jeunes saia- mandres (pi. 9, fig. 4)? on distingue une circulation evidenle dans chacune d'entre elles; les globules (a) d'une assez grande dimension se poussent an passage dans les canaux. Mais en meme temps on voit que les corpuscules suspcndus dans le liquide am- biant ( b) sont attires par la surface respiratoire , et que, chas- ses par ccux qui les suivcnt, ils executent une cspece de I'e- moii ( 6 ) , comme nous avons deja eu lieu de le remarquer sur la VorticcUe. Cependantnul cil illusoire d'expiration nc so montre, ricn n'est expulse an dehors par ces membranes. 31ais cc fait la n'ofl're plus rien d'extraordinaire, quand une fuis on voit la sala- mandre arrivera la surface de I'eau, pour ciiasser par la bouche les gaz de I'expiration. Ainsi, dans les animaux aquatiques d'un ordre superieur, I'aspiration existea I'exterieur, et I'expiration sefait par les parois interieures. 21. Les membranes TC'getales jouissent des memes proprietes ; le grain de pollen de certaines plantes aspire si fortement I'eau, qu'un remoii energique se manifeste autour de cet organe et fait lourbillonner les corpuscules du liquide. Certaines membranes dessechees, en s'imbibant d'eau, produisent le meme phenomene; enfin I'huile, dans I'acide sulfurique, offre les memes mouvemens d'aspiration et d'expiration. (Voy. nos Annates, torn. I, p. 77.) En me resumant, les membranes organiques sont douees p. Sgg. (C) Ibid., p. 4oi, el torn. Ill, p. GS5. Ttiomson, Sysl. dc Chim., torn. II, pag. 216. (7) Annul. dcCliim., torn LXXXVI, p. Sj. {") Forflasiiinger i Djiirhcmicn [Cliiruic aniwcilc')^ loin. II, p. .^oo. ( 4^8 ) son scin. (I>) Membrane verte qui tapissc I'interieur dn tube, (cc) Masses nibuinineuses qui continiienl ;'i ctrc jtoussees an dehors vers I'onverturc g" par la force aspiranle des parois du tube, [fl) Globes albumineux colores par I'acide sull'iirique; (e) Id. colorcs par I'a- cide hydrochlorique; [f) colores par I'acide nitrique. Fig. 2. Portion du meme tube vivant et enlier, pour montrer la direction des courans inverses separespar une ligne medianc. On voit de grands globes roider sur leur axe sous la lignc blanche; les glo- bules verts appartiennent a la membrane qui tapisse les parois du tube, et les globules grisatres sont ceux que charrie le courant. Fig. 3. Tube de CItara depouille de la partie corticale [drl), sur chaque extremile duqiiel sont pratiquces deux ligatures [aa) entre lesquelles la circulation continue, meme apres qu'on a coupe la poition inleiniediaire entre (/ et «; (c) I'raginens des rameaux verticilles ; (/<) graine qui renferuie de la feculc ; (c) granule qu'on suppose etre I'analogue de I'anlhere. J'ai dessine ces deux organes afin qu'on ne tombe pas dans la meprise dans laquelle est tombe M. Gassini, en prenant le bourgeon pour la graine des Cliara. Les bourgeons se trouvent a I'aisscile des articulations. Fig. 4- Branchie d'une salaraandre aquatique. (a) Globules san- guins circulant dans les papiiles ; {b) globules touibillonnant sous I'influcnce de I'aspiration des papiiles. Fig. 5. Vorticelle fixee sur un porte-objet [e) , attirant les cor- puscules suspendus sur Teau, par sa surface d'aspiration (a); les repoussant en les faisaut tourbillonner pnrlescils illusoires d'expi- ration (c'c) qui partent du bonrrelet circulaire (^), dans I'interieur duquel on apercoit une circulation veritable. Fig. 6. Cristal de tartrate de chaux (§ 47)' Fig. 7, 8. Cristal d'oxalate de chaux (§ 47)- Fig. g, 10, i4- Cristaux de tartrate de potasse precipites par un exces d'acide (§ 42). Fig. 11. Cristaux de tartrate de potasse obtenus par I'evapora- tion du vinaigre, ou d'un melange d'acide acetique pur, d'albu- mine et de tartrate ordinaire (§ 44)' Fig. 12. Cristallisations qu'abandonne sur le porte-objet le sue des Chara. («) H}'drochlorate de sonde, (a') Acide hydrochlorique en bulles qu'en degage I'acide sulfurique concentre, (c) Tartrate de potasse qui etait tenu en solution par I'acide acetique albumineux. ( 4^9 ) [b) Cristauxd'hydrochloratcde potasse. [dd'd') Arborisations d'hy- drochloiate d'aiumoniaque (§ 55). Fig. i5. {a,b, c,) Ciistaux dc tartrate de potasse cristallisant par I'evaporation de I'acide acetique pur (§ 45). Fig. 1 5. Arborisations d'acelate dc chaux qu'on oljserve apres la dessiccation de I'acide lactique combine avec la cbaiix, ct de I'a- cide acetiqiie albuniineux combine avec la chaux (§ 7^). Fig. 16. Autre cristallisatiou du lactate ou de I'acetate albunii- neux d'ammoniaque. Fig. 17. Autre cristallisation qu'affectent les lactates ou les ace- tates albumincux de chaux, de barytc, do strontiane (v. § 74). Fig. 18. Globes all)uuiineux du sue des Chara viis par reflexion , analogues aux globes albuniiueux que les alcalis caiisliques deter- minent dans I'acide lactique ou dans I'acide acetique albuniineux sature de phosphate de chaux. Fig. 19. Id. Vusparrefraclion, [a] avec un double noyau, (/v) avec un seul noyau central, (c) simple et ovoide (§ 76). Fig. 20. Globes du sue des Chara (§ 6). Fig. 21. Globules sanguins, {aa') tels qu'on les a figures dans ces derniers temps, {b, b, c, d) tels qu'ils sont reellement, une fois qu'on les aura observe dans un liquide etendii, et hors la nappe de matiere coloraute. (b) Globules de batraciens, tels qu'ils sont au sortir des vaisseaux ; {b' b") avec le noyau qu'ils acquierent dans I'eau, (/'"') lorsque la couchc externe s'cst dissoute, [b"") coagules par uri acide; {c) globules du sang humaiu trop pres du foyer du microscope, (c') Id. presque dessechcs sur Ic portc-objet, (c") tels qu'ils sortent des vaisseaux. {dd) Globules albuniineux que I'evapo- ration de I'acide hydrochlorique, sature d'albumine, abandonne en tres-grande quantite ( § 65) . ( V>o ) ESSAI DE CHIMIE MIGROSCOPIQUE APPLIQU^E A LA PHYSIOLOGIE , l art cr. transporter ie laboratoire stjr jle porte-objet, dan» l'etide des corps organises; PAR M. RASPAIL. f^c^ ^^ Pea dc prcccptcs , bcaucoup (I'excmples. Ramus. Historiqite. Qii'iin jeunehoinme, yictime des bizarreries de la fortune on de la I'lireur des reactions, cherchant soit aoiiblier les homines , alin de mieiix Iciir pardonner, soit a se souslraire aux tourmens de rennnt , afia Je supporter avec plus de resignation les tourmens de la miscre, vienue un jourase refugierdans I'etudedes phenomtMies de la nature; qu'il ait consacre, pendant plusicurs annees, a la re- cherche des I'aits et de Icurs causes, tous les instans qu'il aura pu ravir aux exigences de sa position ; que tout entier a la ponsee qui le domine el qui le console, il I'ait poursuivie sans relache jusque dans les reves du sommeil, jusqu'a travers les distractions de ses repas ct de ses courses, de ses souflrances et de ses soulagemens; enfin que maitre de la difficulte, ivre de son triomphe, il cede au sentiment de la gloire , genre de faihlesse qui ne depare pasl'homnie de bien, ses premieres lueurs d'esperance lui feront porter ses re- gards sur rinstitul franfais. Le souvenir de la bonhomie obligeante de Lacepedc, de la grandeur fiere mais prevcnante de Laplace, de la gencrosite protectrice de Beithollet, la pauvrele iudepcndante ct loyalc de ce jeune physicien, I'imparlialite cncourageanle de ce \ieux geometre, les noms reveres de ces deux ou ti-ois mcmbres que je me garderai bien de louer, car i!s ne sont pas encore morts, tout enfin lui aura donne une idee si relevee de ce grand corps aca- demiquc, que peut-ctre, dans ton esprit, I'imagc de la gloire sera ( 45. ) ♦levenue inseparable iles sunVages dc ces savans. Adniis a la faveiir fie lire le resultat dc ses rccherclies au sciii de celle assemblee iin- posanle, il tressaille deja d'esperance en cnteiidant le president {)roclamer, comuic conimissaircs charges d'examiner son travail, deux oil trois mcmbres de rAcadeinie ; ct le lendcmain il vole au- pres de cliacun d'enx, pour les enlrelenir ile ses idees et fixer avec eux le jour de Texameu. 31ais quel triste lendemain ! La majeste imposanle de I'asseinblee , la gravite silencieuse de ses augustes auditeurs de la veille, ces motifs ravissans d'espoir et d'orgueil , il voit tout disparaitrc avec la rapidite de I'orage, des qu'il a enlre- tenu ses juges en particulier. Comment voulez-vous, lui diL I'un, efueje revoie huit cents ohserratlons dclicatcs? — Avez-vous d presenter des especes exotiques ? lui ditrautre,yc ne m'occiipe pas da resle. — Ct* fftie vous annoncez , lui repond un Iroisieuie ,Je Cai di'jd dit dans men tcfons orales. Un quatrieme, plus ingenu, lui fait part des soins qui raccablerit : il a un rapport d [aire sur les travauw des fib de tel, tel ct tcl de scs collegues ; comtnent, au 7nUieu de tant de de- voirs de fmnille , trouver le temps derempUr un devoir de sadignite? En un mot, deconcerte et perdant courage, notre jeune obser- vateur commence sans doute alors a hair rhumanile, car 11 vicnt de connaitre les hommes qui, un instant auparavant, lui parais- saient seuls dignes de son estiine ; a voir Tetude avec indifference, car il I'aimait ini pen pour la gloire; il ccsse peut-etre d'aimer la vie (i), car souvent la vie n'esl plus rien aux yens du sage sans un peu d'iilusion ! L'infortune! II a tort pourtanl! Socrate, en affrontant la mort, avait-il en vue d'obtenir pour sa lombe une couronnc aux jardins d'Acad( rntis ? Platon etait-il eloquent, dans I'espoir d'uu lauteuil academique? Arislote consacrait-il toutes les- faveurs d' Alexandre a I'etude dc la nature , pour acquerir des dis- tinctions? Plino allait-il s'ensevelir sons les ccudres du Vesuve, dans I'espoir de venirlire un memoire a la reunion des curieux de Home ? Descartes enfin i'ut-il jamais plus grand qu'alors que, faute de juges capablcs de le comprendre, il ne trouva plusautour de lui que des jaloux capablcs dc le persecuter? O vous tons, dont I'es- (0 Lisez la Nt'crolof^ie Ju jfiiiie voyngciir fian(^.iis Paciio; ct telle du jcunc groniuUc noiY>t'gi<.u Abel. (Annal. da So cue. d'obs., uiai i8?y.) ( 452 ) prit fascine aime encore, dans I'etude, I'espoir de cette celebrrte qu'on distribue comme una grace, desabusez-voiis ! La nature n'a pas besoin de ces auxiliaires illusoires et trompcurs; elle est Irop belle par elle-menie ; ainions - la pour elle-mCmc ; il est tres-possi- ble (|ueleshonimes dont vous ambilionnez leplus les suffrages per- deiitde leur importance, une foisque vous les aurez connus; n'atn- bilionnez done pas unbonheuraussiincertain etaussi precaire; et s'il laut,pourachever devous desabuser, un exemple quelconque, pre- tez un instant I'oreille aux fails que je vais vousraconter en peu de mots, sans orgueilet sansniodestie,uiais afin deranimer votre cou- rage et de dissiper vos illusions. Les premiers cssais des travaux dont je vais exposer la s6rie ont ete lus, le 6 aoCit, a la Societe Philomatique, et, deux mois apres, a I'xVcadcmie royale des Sciences. Soil par defiance en un sujet aussi neuf, soit par une aversion preconcue centre un moyen d'in- vestigation inusite , soit enfin que la modestie de la simple loupe inontee avec laquelle j'avais fait ces experiences lui parut un gage bien aventure de I'exactitude des fails que j'annoncais, le chi- miste charge par la Societe Philomatique de verifier ce travail, au bout de dix seances peut-etre, n'avait pas encore mis I'oeil a I'ocu- laire, et neparaissait pas dispose a prendre ce parti. Sorti mieux avise de cette epreuve, je me gardai bien, apres ma lecture a rinslitut, d'aller importuner mes nouveaux commissaires ; j'avais pris date, circonstance aussi essentielle pour conserverlapropriete d'une decouverte scientifique, que Test un brevet d'invention dans le commerce et dans les arts; mon but etait rempli ; je livrai a I'imprcssion ce memoire; et dans la suite je ne m'ecartai plus de cette maniere d'agir. Imaginez en effet un plaideur en presence de trois juges parlant chacun un langage different, vous aurez a peu pres le resultatde ce qui serait arrive a un iuconnu ne proposant rien moins que de renverser des theories, en presence de trois commis- saires, dont I'un, exclusivement phjsiologiste , I'autre, exclusive- ment chiuiiste, et le troisieme exclusivement botaniste. Le physio- logiste (x) ignorait I'art de seservirdesrcactifs; le chimisteignorait (i) Le phjsiologiste desigiie alors comme comniissaire est reste, depiiis, lel- lement elranger aloules ces dccouveitcs, que, se tronvant unjour chcz un lia bile obscrvaleur de la capitale, il tint a peu pres ce langage ; Que nous dit done ( 433 ) celui de se servir du microscope ; Ic botaniste ignorait I'lin et raiitre, et d'ailleurs le memoire soumis u leur examen attaquait les travaux deslrois; le moindre echec auqucl on pouvait s'atlendie cnpareille circonstance, c'etait, sans aucun doute, a un silence desapproba- teur. Ce ne fut pas la tout-a-fait le parti qu'on commenca a pren- dre. Quelques societes crierent bien fort ; on persillla en secret ; on denatura lesidees; on n'en parla que par oui-dire; onrefusade se convaincre par ses propres yeux; les professeurs se prononcaient pen, on se prononcaient contre; les joinnaux conlinuaient a gar- der le silence; la conespondance de nos savans desabusait d'avance la conviction des savans etrangers; et, ce qui elait plus facheux sans doute , notre caractere n'etait pas plus menage que nos ecrits. Mais enfin des plagiaires se presenterent; ils recurent dcs couronnes; et, dans son cours de cette annee, M. Gay-Lussac lui-nieme, qui jusqu'alors avait repousse cette doctrine, I'a accueillie de la ma- niere la plus favorable, sous le couvert du plagiat. Maispourquoi s'indigner de ces revers! un homme sage les au- rait tons predits d'avance : les hommes une fois arrives au pouvoir, une fois cbarges de dignites et d'honneurs, doivent necessairement devenir despotes, des qu'un pouvoir rival ou superieur ne con (role plus leur conduite et leurs actions; vieillis dans la consideration , la flatterie a tellemement emousse leur amour-propre, qu'il leur faut de I'adulation pour rcveiiler leurs jouissances; or, comment veut-on qu'ils prelent une oreille indulgcnte a la critique d'un in- connu, et quils sanctionnent de leur approbation des decouvertes qui les importunent ? N'exigeons pas trop des hommes , ct pour cela , ne presumons pas trop de leurs qualites ; et au lieu de nous plaindre de leurs procedes, apprenons des a present a nous pre- AI. Raspail? il annonce avoir trouve dc la f6cule dans iinc ailiciilalion de Cham? — Attendez, repond I'observaleur, je vais vous montrer ce qu'il an- nonce ; examinez, au microscope, le residu dc cette articulation que je viens d'ecrascr sur le porte-objet. — Oui, je vois des globules, mais qu'est-ce que cela sijjniCe, et comment sait-il que li se trouve de I'amidon ? — Un instant, reprit I'observateur , permettez que j'ajoute sur le porle-objct une goutte d'iode. — Ell bien! jc vois que les globules deviennent bleus ; mais, encore une fois, cela prouve-til que M. Raspail ait trouve de I'amidon dans cct or- ganef — L'obscrvateur retira la lame de verrc, et invila le pbysiolngiste a t'asseoir. ( 434 ) munir contre ccs defauts , helas! inseparables de I'espoce humaine. Ces hoinmesqui, aujourd'liui, commetlent des injustices, en ont peut-etre subi dans un age moins avance ; tachons de ne pas lais- ser, comma eux, de si graves lepons steiiles! victimes au malin de notre vie, preparons-nous a n'etre pas injustes qnand viendra I'heure du soir. Introduction. Quand on reporte sa pensee sur la serie des travaux qui ont ete fails ;\ I'aide du microscope , on ne larde pas i se convaincre que ce n'est pas faute de connaissances dans Ics sciences matheniati- ques, physiques et chimiques, que Temploi de cet instrument a I'our- ni des resultats dcpourvus de precision. Les Nollet , les Baker, les Spallanzani, les Fontana, les llooke, les Buffon, et lant de phy- siciens cclebrcs de notre Steele , qui se sont long-temps adonnes i\ I'etude des etres microscopi([ues , n'ont jamais manque de faire I'application de leurs connaissances a I'usage de cet instrument. 3Iais une idee fatale qui s'empara des esprits , des I'cpoque de I'in- vention du microscope, n'a cesse de presider aux observations, en depit de la rectitude du jugcment do I'observateur ; eile a paralyse les efforts des plus babiles, et a inonde la science de systemes ri- dicules, ou de laits erroncs. Des le moment que Tassembiage de deux ou trois lentilles cut pcrmis a I'homme de contempler des molecules inabordables a I'oeil nu , son penchant an mervoilleux _ le porta a sY-crier : Un inonde nouvcau nous est nrele! Et ce mond& hii sembla se regir d'apres los lois uouvelles; lout parut amusant, mais tout parut inei;p!icab!e. Le microscope devint dans les cours publics une fantasmagorie , dans le cabinet un passe -temps sans importance, un simple delassement de travaux assidus. Certains observaleurs concurent la pensee de soumetlre les resullats mi- croscojiiques aux regies de raisonnement qui nous dirigent dans les resullats en grand; quelques succcs couronncrent celte pensee; mais bientiit, t'aligues et impatiens des premiers obstacles, ils firent de nouveau abnegation de leurs connaissances et de leur juge- ment; ils se replongerent dans le doute, craiiite de tombcr dans une absurdite. Nous avons vu les physicicns les plus habilcs nous demandcr si Ic globule organique que noussounieltions a leur observation u'oi- frait pas iin trou dans son centre ; nous leiir lepondions cri les priant ileconsiderer une lentille dc verie par refraction ; d'autres, admirer comme une merveille les mouvemens des petits corps en- traines par le liquide agite, et se decidant, sur I'inspection seule d'nn phcnomtne aussi bannal , a reconnaitre un mouvement spon- lane dans les globules du sang sorli de la veine. Enfin, n'avons- nous pas vii quatre menibres dc I'histitut de France, un membre dc la Societe royale dc Londres, s'etayant de I'approbation des plus liabiles pliysiciens d'Angleterre, soutenir hautement que toutes les molecules visibles des corps organiques ou inorganiques sont douees d'un mouvement spontane ; alors que les considerations basees sur tons les phenomenesdont nous sommes temoins chaque jour ramenaicnt si bien le merveilleux de ces resultats a la sim- plicite des resuitats vulgaires ! Je ne poursuivrai pas plus loin renumeratjon desdiverses hypotheses quecette maniere de raison- ner a introduites dans la science ; j'en ai dit assez pour faire com- prendre combien la marchc contrairo doit etre feconde en resui- tats precis et certains. La portce de nos yeux n'influe pas sur la nature des corps; ce que je vois a ma loupe de huit lignes me pa- rait evideminent idenlique avcc ce que je vois a I'ceil nu ; raccour- cissons le foyer de la loupe , nous vcrrons beaucoup plus , mais verrons-nousdilTereninient? Cette pierre, dont jereconnaisles pro- prietes a I'a'il nu, en acqucrra-t-elle de diamelralement opposees quand je I'aurai divisce en fragmens microscopiques? non. Pour- quoi done n'expliquerai-je pas les pbeuomenes que ni'offriront ses fragmens divises, par les memes lois qui m'expliquaient si bien les phenomcnes du bloo encore integre? Non, le microscope ne revele pas un monde nouveau; il rend abordables des particules trop tenues; il nous sert a demeler des melanges trop divises ; il nouspermet de penctrer plus avant dans les organcs; rendons cet instrument fecond en decoiivertes, en souniettant les phenomenes dont il nous rend temoins a toutes les reactions, a toutes les con- tre-epreuves dont les progrts de la science nous ont mis en pos- session ; enfin cherclions dans son emploi, non du nxcrveilleux ou des hypotheses, mais des resuitats. Cc fut la premiere idee qui viut frapper mon esprit, des les premiers pas que je fis dans la carriere de la physiologic; en \ovant le physiologiste secontenter dc dessincr et dedecouper des ( 436 ) organes , le chimiste de les alterer , de les melanger ou de les de- truire, afin de se menagcr le plaisir de les retroiiver ou de les re- composer, il me sembla voir deux homuics marchaiit a leur insu, (■ote a cute, dans deux chemins qui ne se rejoindraient jamais. Je voulus me rendre compte des obstacles qui paraissaient s'opposer a leur association ; je ne tardai pas a les apcrcevoir dans les insti- tutions de nos societes savantes, dans lesquelles la science a etc tellement partagee en compartimcns invariables, en classifications severement systemaliqnes, que I'hommequi anibitionne I'honneur de Tcnir y trouver place, est force de rctrancher de lui-meme tout ce qui n'entrerait pas naturellement dans la classification. Se pro- pose-t-il d'entrer dans la section de zoologie ? il doit se condamner a D'etre jamais chimiste, crainte d'avoir a lutter non-seulement centre les rivalites des zoologistes, mais encore contre les soup- cons des concurrens chiniistcs ; voudra-t-il allier les deux sciences, il aura pour ainsi dire marie deux idiomes differens , il ne sera plus entendu de personne , ses travaux resteront sans gloire et sans re- compense; et I'homme abdique rarement ces deux genres de pre- tentions. De Lice divorce ridicule entre taut de connaissances qui ne peuvent faire un pas solide sans se preter un mutnel secours. Ces obstacles ne me firent pas balancer un instant ; faconne de- puis long-temps a toutes les chances de la pauvrete et de I'inde- pendance, j'avais contracte I'habitude des pretentions moderees, des esperances vulgaires. Moncoenr, certes, n'etait point ferine au sentiment de la gloire; mais la gloire, je la voyais dans la publicite d'un bon ecrit, et non dans I'encens officiel de deux membres d'une academie. J'en- trai done dans I'execution de mon projet, avec la hardiesse d'un marin devant lequel s'ouvrent des mers nouvelles ; je savais peu de chose , mais j'avais envie d'apprendre beaucoup. En voyant combien produisent peu les hommes qui savent tout , je m'etais de bonne heure fait une idee assez juste de I'omnipotence des con- naissances acquises ; voild des hommes, me disais-je, qui posscdent des instrumens precis, des letters bien puissans ; mais il leur en manque un plus puissant encore, cest cette alliance de la patience qui pour suit, et de la perspicacitti qui compare, alliance qui fail le genie des sciences. A a lieude comniencer par appretu/re d la fois tout ce que ces hommes unl (ij)prls,je vais prendre chaquc jour, d<: cc que ces hommes savent st inu- ( 457 ) tUement, ce dont j'aurai besoin pour parvenir d une ririte nouvelle ; les veriics sont simples , intelligibles : elLes renlrent dans le cadre des phenomencs les plus faciles a retenir ; je ne me croirai si'ir d'en avoir trouve line qu'aU moment ou le resullat que j'aurai obienu sera abordable aux intelligences ordinaires ; et alors je le publierai en face des academies ; je sitis certain que quelques - uries de leurs sections , dqui jasqu'd ce jour on a prcsente tant de savaiites incertitudes et de brillantes obscuritcs , n'oseront pas se decider d comprendre des idees aussi simples que les miennes ; ce sera Id une centre- epreure , et je me rciirerai saiisfail. Peul-elre importunes de la voix d'un inconnu, quelques auditeurs s'ecrieront : « ce qu'il nous dit Id, tout le monde I'aurait trouve de nu'me : c'ctait facile d prevoir; » je m'enorgueilUrai de ces paroles, en pensant que pcrsonne ne I' avail prcvu, et je conti- nuerai avec plus d'ardeur encore ci meriter de pareils reproclies. Cette resoliilion une fois prise, je ne pense pas m'en etre ecarte dans une seule de mes publications scientifiques; et ce sont la les seulcs regies gtnerales que je crois pouvoir donner a ceux a qui il plairait de courir cette carriere nouvelle; car, si le hasard nous fouriiit presque toutes les occasions de nos decouvertes, il I'aut etre bien convaincu que I'art de comparer pent senl feconder ces ger- mes inertes que le hasard jette au-devant de nous. Ne formons aucune opinion d'avanue ; que nos previsions ne nous servent qu'i'i demontrer la route de I'analogie ; ne publions ricn que lors([ue la der- niere contre-epreuve sera venue confirmer, d'une manierc percnip- toire, Tune ou I'autre des solutions que nous aurons pu entrevoir. II m'a I'allu quelquefois un an pour arriver a un resultat qui se re- duit a deux ou trois lignes ; mais les recherches qui m'ont amene a un resultat si pen voluniineux, m'ont appris vingt procedes pour arriver u des resultats d'un autre ordre, dont j'ai souvent fait mar- cher de front la recherche etla demonstration. Les procedes connus ne m'ont jamais scrvi de rien; il a fallu en trouver d'aulres qui, sansce genre de recherches. n'auraient jamais eu la moindre utilite. Mais Ic nombre de ces resultats si longuement obtenus a fini par devenir si giand, leur nature Aarice a exige que je les public dans uii si grand nombre de recueils separes, que bienlot ils ont fini })ar echapper aux recherches memes des auteurs avides de plagiat. Cependant ils sont tons tellement deduits les uns des aulres , ils s'expliquent tellement tous les uns par les autres, lant dc circoiistances, que je u'ai evaluecs que qiiclqucs ail- nees plus lard, se raUachent si naturellement a celles que j'avais Tues des les premieres annees , que toules les personnes qui s'iu- leres.scnt a ines recherchcs m'oiit fait sentir la necesslte de les lier dans un travail d'enseuible , et de les presenter telles que je les concois aujourd'hni. C'est la Ic motif qui m'a decide a puhlier cette serie de mcmoires. Ce n'est point unc classification que j'en- treprends de faits chimiques ou physiologiqncs ; c'est une theorie gcnerale de I'organisation qui va decouler d'elle-meme d'une serie de faits que j'ose regarder comme hien observes. J'aurai soiu, u chaque exeniple , de decrire les procedes, de les mettre a la por- tee de toules les classes des lecteurs. Je publierai peu a la fois, afin qu'onait leleinps derepeter tout cequeje publie; et simeslecleurs trouvent une certaine satisfaction u verifier ce que j'annoncerai , je leur avoue franchcinent que ce triomphe aura plus de cliarnies a uies yeux que ces couronnes academiques, trop prodigiiees ou trop nventurees pour flatter encore I'amour-propre d'un ami de la verite (i). Analyse microscop'ique de la fccule et ses analogies. 1. Les pbonomenes de la nature ont des rapports si intimes les i.ins avec les autres, ils se tiennent par taut de points de contact, qu'on peut iudifteremment prendre tel ou tel point de depart lors- qu'on se propose de les etudicr les uns par les autres. Je commcn- rerai de preference par I'etude de la fecule ; non-seulement afia de ne pas trop dV;ranger I'ordre cbronologique de mes travaux, mais encore parce que les consequences nombreuses qui en de- coulent naturellement, s'etant classees methodiquement dans mon esprit a la faveur des longues meditations que j'ai consacrees de- puis cinq ans a leur etude, je pourrai les exposer et les enonccr (i) M. Delciiil, opticicn fort intelligent , demeiiiant rue Dauphinc, n" it,}) sc charge de i'oiirnir a bon compte aux savans tons les instruinens necessaircs a I'etude des phenomenes dunt j'aurai i parlei-. II execute, pour le prii de 5o francs, des loupes nioiitees, eleganlos et commodes, analogues a la loupe, cr.rtes bieii plus modestc mais plus diDicile a maiiicr, doiit j'ai fait usage daus. la plupart dc mts rcchcicLcs. ( 459 ) plus claircment, puisque c'cst dans cet ordie que j'ai appiis u bicn les concevoir. 2. Si Ton r"ipe au-dcssus d'tin tamis cii ciin et sous un petit fdct d'eaii, un tul)eicnle de pommc de tcrre ou un bulUe de lu- lipe, il se dcposoia, an fond du vase qui rcooit le liijuide filtre, une couclic blanche. On decantera I'can jusqu'a ce qu'elle ne soil phis laiteuse, apres avoir eu soin de I'aiguiser d'un acidc, tcl que I'acide acetique, pour enlever les sols terreux les plus ordinaires; on feia secher spontanenient cette couche blanche , qui s'ofl'rira alors comme une poudre impalpable, insoluble dans I'eau froide, sus- ceptible d'epaissir dans I'eau bonillante , et se colorant en bleu par la solution d'iode. C'cst la la substance qu'on nonune fccule amylacee , aniidon, et dont les qualites nutritives ont etc connues dans I'ancien comme dans le nouveau monde, de temps imme- luorial. 5. A I'oeil nu son aspect est cristallin ; mais an microscope die n'offre que des grains isoles, arrondis, de forme et de dimensions variables, non-seulement dans les divers vegetaux, mais encore dans le mCme vegetal; voyez la planche lo. Ainsi la fecule de pnmme de terre, fig. i, dont les plus gros grains atteignent I de millimetre, difl'ere immensement de la fccule de petit millet dont les plus gros ne depassent pas 3-^ ^^ millimetre : rien de plus va- rie que les formes qu'affectent les grains de fecule de la premiere ; rien de plus uniforme que les grains de fecule du petit millel , autant que la faiblesse du grossissenient employe pour les obser- ver permct de les depeindre. 4. Ces grains gros!^issent avec I'age du vegetal ou de I'organc qui les rcnferme. Ainsi, dans le pericarpe de I'ovaire des grami- nees avant la fecondalion, ils ne depassent pas 5^ de millimetre, tandis que dans le perisperme de I'ovaire xnOr de la memc ce- veale, ils atteignent -5^ (fig. 12). Dans d'autres plantes ils changent de forme en grossissant ; ainsi, dans les tubercules d'iris de Flo- rence ou de Germanic, on les trouve d'abord en juin avec la forme et les dimensions de la figure i5. Quelque temps apres (en au- tomiie quand on les laisse vegcter dans la terre; eu quinze jours quand on les abandonne a I'air libre, dans un endroit pen cclaire) on les retrouve avec les formes bizarres et la tailie de la fig. 14. 5. lis varient do forme et de grandeur dans les divers orgaues ( 44o ) du mCmc vegetal. Dans la graiae ties Charahlspida [gyrogonite lies geologues) (i), on Irouve la leculc avcc Ics formes et les dimen- sions apparentes de la figure 3 ; et dans les articulations do la ineme plante, avec les formes et les dimensions apparentes de la figure 4- Nous reviendrons sur toutes ces formes en pacticulier, apres avoir etudie la forme et la structure generale. 6. Si Ton place un grain de fecule sur le porle-objet an foyer du microscope, sa forme ne variera par aiicun grossissement, ni avcc aucun microscope. II n'en sera pas de mcme des ombres qu'on remarque sur ses contours. Si Ton observe le grain de fecnle a sec, son pouvoir refringent etant bien diflerent de celui de I'air ambiant , il s'ensuivra que, parmi les rayons par lesquels on cherche a eclaircr cette petite sphere plus ou moins informe, ceux qui tomberont obliquemcnt sur sa surface infrrieure seront fortement duvics a leur entree et a leur sortie, et qu'il n'arrivera presque au foyer du microscope que les rayons qui auront traverse le centre du globule, lequel apparailra alors coumie une boule noire percee au milieu d'un point blanc et arrondi (lig. 21); on bien comme mie perle noire plus ou moins allongee, percee d'une ouverture lumineuse et elliptique (fig. 22). II arrive au grain de fecule observe dans Fair ce qui arrive a une buUe d'air observee dans I'eau, et leur image est alors presque (1) Dans le Duttcltn de la Soclelc Philomallquc de 1826, M. dc Blainville, au noui de M. Cassiiii, a entrepiis de demonUer que I'oigane qui, jusqu'a ce jour, avail passe pour la graine de Cluira , n'elait que le jeune bourgeon des rameaux de cette i)]ante ; et qu'ainsi il fallait voir la graine dans I'organe rouge que certains auleurs ont piis pour le pollen. La figure que M.de Blain- ville nionlra a cette occasion, dans une des seances de la Sociele, sudit pour nous convaincie que M. de Cassini n'avait pas connu la veritable graine; ce qu'il donnait pour le bourgeon des rauicaux n'a jamais re^u d'autre nom de la part des auleurs. Grainle que Ton ne commetle, en clierchant la fecule de la graine de Chara, la uidprise de MM. de Blainville et de Cassini, j"ai eii soin de dessiner cet organe sur la planche 9 de cette livraison, fig. 1, b. On ■Toil en c ce que les auleurs consideieni conime I'organe male. Le bouigeou se trouve toujours a I'aisselle des rameaux (cc), la graine (i) exisle exclusivc- nient, a I'aisselle de deux pclites stipules tubulees, sur la longueur des ra- meaux euxmenies. Quant a la lecule des articulations de la mfime planlc, il faut la ciierclier en f fig. i, pi. 9. ( 44' ) idt'iiliqiu!. {Voy. pi. 2, dii loni. I, dc noa AnimL, fig. 11 /"', ct pi. 9, dii loni. II, fig. 12 a'.) 7. Si I'oii place , an contrairc , le grain dc IVcuIe de pomme de tcrrc (fig. 1) dans I'oau, alors son pouvoir leiVingent, diU'crant peu de cchii du liqiiide aniljiant , le grain s'ofiVira conime iine belle peric dc nacre, el sa transparence ponrra elre telle, qn'on ne le dislingnera bien qne par scs contours (fig. 2."), pi. 10). 8. 11 rcste pourlant encore nn nioyen dc diniinucr cetle transpa- rence ; c'est de diniinucr le diamctre du cone lumineux qu'on re- Uechil siu- la surface inicrieure du grain de fecule ; on pent se servir a cct efiel d'un diaphragme perce de trous de divers dianie- tres. On arrivera a un tel point, que le grain de fecule observe dans I'eau offrira presque les uiCuies ombres que dans I'air at- mospherique; ce qui vient de ce qu'a la favcur de ce diaphragme, on diminuera le noaibre des rayons qui seraient tombcs perpendi- culairemcnt sur la surface inferieure du grain de fecule, ct qu'on y fera loniber au contraire un plus grand noml)rc de rayons obli- ques, qui n'arriveront pas jusqu'au foyer du microscope. g. Mais alors, si Ton approchc le porlc-objet, de maniere que le centie du grain de fecule ne se trouve plus au foyer du micros- cope, I'efTet contraire aura lieu. Le centre du grain s'olTrira comme un point noir enchasse dans une aureole eclairee, ou conimc un noyau emprisonne dans un sac, pour me servir de I'expjession des observaleurs qui, en parlaut des globules du sang, ont etc souvent dupes d'une illusion seniblable. Avec une ouverture plus grande du diapliragnie, au lieu d'un point noir, toule la partie auparavant eclairee de ce grain dc iecule paraitra blcue. Le meme cfl'et a lien a la vue simple, si Ton considere les figures 6 de la plancbe 10, de cette maniere vague qui fait, pour ainsi dire, qu'on rcgarde sans voir; loute la partie blanche paraitra bleualre, la partie ombree paraitra blanche. 10. Si Ton verse une goutte de solution aqneuse d'iode sur les grains de fecule qu'on observe au microscope, on vena fces belles pcrles de nacre se colorer peu a peu et successivement en purpu- rin, en violet, en bleu clair, el cnsuite en bleu tres-fonce, si I'iode est cji execs (pi. 10, fig. 20); ils apparaitront alors connnede beaux grains de verioleric colores ; mais ilsnc changei'ont, en se colorant, ni de forme ni de dimensions. Si Ton verse cnsuile de I'ammo- 3. 29 ( 4.V-« ) niaiiue liquiile, oil ilc la potasse caiislique trt-s-i'tet»due d'eaii, tin (1(^ la chaux caustique elendue; a la faveurdes hydriodates qui voni >e lormer, la coiileiir bleue abandonnera les grains, qui reprendront ieur premiere transparence nacree , sans avoir rien perdu ni de leur I'orme ni de leurs dimensions rcspectives. On pourra les co- lorer une seconde fois par Tiode, et les decolorer par un alcali etendu , et ainsi de suite presque indefinimenl, sans que ccs grains deviennent en rien alteres pai' cette alternative de reactions; seu- lement le liquide tenant en dissolution une plus grande quantite de sels qu'auparavant , et acquerant ainsi un pouvoir refringent diffe- rent de la premiere fois, les grains dc fecule sembleront perdre ;'i la longue un peu de leur premiere darte ; on pourra la leur rendic en etendant d'eau le liquide. II est evident, par cette experience. que ces phenomenes n'indiquent qu^une sitnple coloration, et non une combinaison d'atome a atome , conime on entendait la desi- gner par le mot iViodure d'amidon. Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre des applications. 11. Les formes arrondies , I'isolenicnt reciproque, Taccroisse- ment snccessil'des giains de i'ecule , leur coloration par I'iode el leur decoloration par les alcalis etendus , tout enfm semble iaiie naitre la pensee que les granulations, qu'on regardait comme des cristaux, pourraient bien etre des organes ; les experiences sui- vantes demontrent avec evidence I'exactitude de cette proposition. 12. Les grains de i'ecule, an sortir des organes qui les recelenl . sent mens et fortement ombres sur leurs bords. Si Ton parvient a les atteindre sur le porlfe-objet avec une pointe d'aiguille, ils s'e- crasent sous la pression, se vident dans le liquide , et bientot il iie reste plus d'eiix-uiemes qn'im sac plisse, dechire sur un des cotes, tel qu'on en voit tme (fig. 5fl) apparlenant ala fecule deChara. Apres leur dessiccation ou leur ebullition dans I'alcool concenti'e, ils sont plus durs et plus transpaiens, et ils glissent alors facilement sous la pointe de I'aiguille. i5. Mais qu'on petrisse de la fecule de pomme de lerre dans la gomme aiabique ; qu'on en compose un cylindre qu'on laissera se- cher a I'air ; que Ton ralisse ensuite un des bouts du cylindre avec un instrument tranchant, en laissant tomber les raclures dans un verre de montre plein d'eau distillee ; qu'on laisse tremper I'au- tre bout du cvliudrc dans Teau d'lm autre verre de moulre ; si Ton ( 445 ) examine, quelqiH's heures apri;s. les deux veries de moiilre au mi- croscope, on ne trouvera presque que des vesicules dechirees et plissees (fig. 5 aaaa) dans le premier vcrre de montre ; et dans le second, tons les grains de feculese montreront lout aussi-bien con- serves qu'auparavant (fig. i). Si la fecnie a ete ecrasoe el broyee, telle quo Test la i'ecule des diverses farines, les vesicules dechirees (fig. 5 aaaa) s'y monlrent aussi abondamment que dans le pre- mier verre de montre dont je viens de parlcr. i4- Que I'on soumetle sur une lame de ler une petite quantite de I'ecule a Taction des charbons incandescens ; des que les couches inferieures se montreront charbonnees , qu'on jette les conches snperieures dans I'eau du porte-objet, que Ton aura legerement alcoolisee , tout a coup il s'etablira des courans rapides dans diffe- rens sens , les grains de fecule passeront sous les yeux de I'obser- vateur avec la rapidite de I'eclair ; et c'est a la faveur de cette pe- tite tempete microscopique qu'on pourra voir de longues trai- nees d'une substance soluble sortli- de I'interieur de chaqne grain crevasse, ou dc chaque calotte des grains eclates; bientot il ne res- tera plus sur le porte-objet que des vesicules plissees, mais dont le diametre ne sera pas beaucoup plus grand que celui des grains de la menie fecule. i5. Si Ton jette une certaine quantite de grains de fecule dans une grande quantite d'eau en ebullition , et qu'on examine ensuite le liquide au microscope, apres son refroidissement, crainte que la vapeur d'eau n'obscurcisse le porte objet, on verra flotter, dans le liquide, des vesicules infiniment legeres el transparentes (fig. 2 a'), plus graiides vingt fois peut-etre (|ue les phis gros grains de la meme fecule. Plus on prolongera I'ebullition, plus ces vesicules s'etendront et deviendront transparentes ; bientot elles se dochire- ront, lours lambeaux se granuleront et oUViront de nouveaux glo- bules qui augmenteront en diametre a leur tour. Ces lambeaux et leurs debris resteront insolubles, meme apres 8o heures d'ebulU- tion. 1 6. Si i'on abandonne uelle-meme, apres quelques heures d'e- l)ullition, la fecule dissoute prealablement dans une assez grande ([uantite d'eau un pen alcoolisee, au bout d'un a deux jours, toutes les vesicules que j'ai nominees (fig. 2 «') tcguniens se precipiteronl au fonililii \ase, sous foinie de flocons on de detritu.th\i\iH< comnie ( 444 ) 1.1 noige; I'ou poiur.'i oblcnir separc'iiicnt par decaiilation cos ti'S'imens et la siibslancc solul)lc qui en csl soiiic. et qui est dis- soulo pmreau dcveiiue liiiipide, doiil Ics l(''j;uniens sonl surnion- tes. La faiiilc addition d'alcfiol dont j'ai pai'le est destinee a pieve- nir la fermentation qui nous occupcia ei-apies. ir. On pent assisler aiix phenomenes Ics phis intimes de Tebul- lition de la tecule, a I'aide dc I'appareil suivaut : qu'on place sur un porle-objet un vcrre de montre plein d'eau distillee , dans la- quelle on auraeu soin de deposer des fibrilles de colon et des {grains de feciile; qu'au lieu d'un miroir leflecteur on emploie une lampe dont la flamme serve a echauffer, et en meme temps a eclairer I'objet , il nc leslera phis , pour etrc ttinoin de I'effet de la cha- Icur sur le grain de i'ecnie, que d'empr-cher que la vapour d'eau ne viennc couvrir Tobjeetir. I'our rela , on enveloppera le tube dc I'objectif de rcxtreniitc impert'oree d'uiic cprouvette a minces pa- rois, que Ton ticudra ploagee dans I'eau du verre de montre; de cette inanicre on s'opposera a ce que la vapeur d'eau couvrc robjectif, et que I'eau se glisse dans I'interieur du tube du mi- croscope. Les fibrilles de coton sont destinees a retenir eniprisou- nes quelques grains de fecule qui , sans cette circonstance , au- raient ete soustraits a I'observateur par les courans de rebuUition. Or, des les premieres impressions delachaleur, on vena le grain de fecule se dilater, devcnir plus transjiarent , s'aplatir et s'alfais- ser, et se vider comme un sac, jusqu'a n'olfrir presque plus dc consistance. 18. II est evident que toiite reaction capable de fairc degager de la chaleur en quantite siiffisanlc, produira sur le grain de fecule les memes eft'ets que I'ebullition de I'eau; or, cc n'est pas pour un autre mecanisme <|ue Ics alcalis caustiques et les acides paraisseiit dissoudre en entier la fecule. Si Ton verse de I'acide sulfurique concentre sur une goutte d'eau, danslaquelle 00 aura depose quelques grains de fecule, tout a coup les grains de fecule s'etcndront et se vidcrout sous les yeux de I'observateur. Si,au contraire, on sature I'acide d'eau, et qu'apres le refroidissement du melange on y jette quelques grains de fecule, ils resteronl aussi integrcs que dans I'eau pure. II en sera de mcmc avec la potasse caustique. 1C). Si Ton jette quelques grains de fecule sur une goultc d'aclde ( 445 ^ sulfuiiqiK! coiiconlic, par nn temps tit-s-?cc, les grains no so moiiillaiit pas etreslaiil a la surface dc racide,paraitront plus noirs et par {(iiijeqiieiit plus pelils que dans Tcau pure; et ils n'eclate- ront pas. !\lais, des que I'un versera sur Tacide une goutte d'eau, ces grains edaleront et s'etendront dans le melange; ils devicn- dront meme si transparens qu'il faudra diminuer riulensite de la inmie.re pour bien apcrcevoir les contours de leurs tegumens. 20. Si Ton jette des grains de fecule sur une goutte d'acido nllrique on hydrochlorique concentre et i'umant, expose a Fair, les grains eclateront aussitot. Mais si Ton s'oppose au degagement de eiialeur que produil I'avidite de ces acides pour I'eau, en faisaut I'experience sans le contact de Pair, p.u- exemple enjetant les grains de leciile dans un petit lube plein de ces acides et qu'on boucliera aussitot, il sera facile devoir que le plus grand nombre des grains de fecule, c'est-;\-dire ccux qui n'auronl pas assiste au degage- ment de caiorique, resteront integres pendant assez long- temps. •XI. Four s'assurer que Taction de I'acide sulfuriqne , par excni- l)le , n'a point altere les proprietes respcctivcs des tegumens et de la substance soluble, il faudra etendre d'eau I'acide , le saturer par lii craie , filtrer a plusieurs filtres ; les tegumens resteront sur le lillre,. cmprisonnes enlre les aiguilles du sulfate de chaux, et la substance soluble passera limpide. On pourra encore isoler les te- gumens du sulfate, par la levigation, lor-^^que le melange n'en sera pas encore lasse ; car les aiguilles du sulfate de cliaux se precipite- ront loujours les premieres. On aura aiusi les deux substances en etat d'etie comparees avec celle? qu'on aura obtenues par Tebulli- tion dans Teau pure (§ i()). '22. Les tegumens oblenns par Tun et I'aiitre proccdes seront cgalenieut colorables en bleu par I'iode (pi. lo, fig. 2, b); et c'est a la faveur de la contraction, et de rintensite de la coloration que I'iode Icur communique, qu'on verra qu'en se vidant ils s'e- laient decbires sur une portion quelconque de leur surface. 23. La substance soluble dans I'eau se coagulera par I'alcool , par les acides concentres, par rinfusion tie noixdegalle, etc., ne pcrdra point sa solubilite par la dessiccalion a un feu modere, et se colorera en bleu par I'iode, comme le font les tegumens. [La suite au nuiniro prochain. ) 44H ) LA G\LE DE L'HOMME EST-ELLE LE PllODlJIT DUN INSEGTE ? En 1687. Cestoni ecrivit a Uedi une lettie qui a ete iiiipriinoe en 1691 , dans Ics Miscellanea Nal. Curios., sous Ic nom de Joli. Cosmus Bonomus, pour lui faire part de quelques observations d'histoire nalurello. La, I'auteur decrit et figure I'insecte que les traditions populaires, ainsi que bicn des auteurs anciens , indi- quaient dans les pustules de gale, et qu'il venait d'avoir de fie- quentes occasions d'etudier par ses propres yeux. Richard Mead et Baker ont rcproduit la description et la figure de Cestoni ( dont 13aker denature nieme le nuni pseudonyme en cclui de Borwnio), le premier, dans les Transact, philos. , n° 285, ann. i^oS, et le second, dans son Traite dii Microscope a la portee de tout le monde, trad. 1764, p- 19J, pi- XIII, fig. a, h. Le pere Bonanni, en i6gi , c'est-a-dire presqueen niGme temps que Ces- toni, publia la description et la figure d'un insecte que le P. Baldi- giani lui ecrivait avoir ete trouve dans un bouton survenu au vi- sage d'un eleve du college de Rome. Ce dernier lui en faisait passer quatre individus. La figure qu'en donne Bonanni est la meme que celle de Cestoni. Ces insectes furent encore decritspar un observateur anonyme, [Act. Erud., ann. 1G82, p. 517, tab. 17, fig. E, E, E), qui les avait observes lui-menie. Linne , desirant classer systematiquement cet insecte , crut voir une tres-grande rcsseniblance entr(; le ciron de la gale et la mite du fromage; et il les reunit tous les deux comme varietes de la nieme espece, sous le nom d' Acarus Scabiei. Son crreur parait provenir de la figure grossiere de la mite du fromage que Cestoni a fait gra- ver (fig. i3, i4) surlameme planche que le ciron de la gale (fig. i et 3). Degeer s'assura de la difference enorme qui existe entre le ciron de la gale et la mite du fromage ; il les oI)serva I'un et I'autre, et les fit graver snr la pi. 5, torn. VII de ses Memo ires pour servir a I'histoire des insectes. Les nomenclateurs n'ont cesse d'adopter I'opinion de Degeer. M. Lalreille a nienic fail , du ciron de la gale. ( 447 ) ■ 111 gemc ^ous le uuin duSanopte, qu'il a place bien loin des A earns; niais iM. Latieille ne I'a pas observe par lui-mCmc. Cepeiidanl , bien des inedeeins, ayant vainement cherche, dans les pvislnles de la gale , I'insecte qui , d'apres les auteurs les plus recommandables, (■tait la cause de celte maladie, out fini par placer au rang des la- ities et des hypotlieses gratuites tout ce que Ion avail ecrit sur le sarcopte des galeux. M. Alibert, dans ses lecnns ct dans ses ou- vrages. s'est prouonct- liardiuient en laveur de I'existence de I'in- scclc; el, en 1812 , M. J. C. Gales de Bclbcze, natif du deparle- mentdelaHaule-(iaronnc, est venuconllrnier, par des cxperieuees et des figures, I'Dpiuion de M. Aliberl, dans une these inlilulee : Es.sai sur le diagnostic de la gale, sur ses causes, etc. M. Aliberl est professeur a I'hopilal Saint-Louis; M. Gales elait alors interne au nieuie hupital; sa these etait destinee a son doctoral. Le plus gra nd appareil de demonstration se montre dans ce travail ; les noms les pluscelebres des conlemporains soul invoquesen temoignage; une jilanche Ires-eleganle accompagne le travail; elle a ete dessinee par lAI. Meunier, peintre d'histoire nalurellc. Ilicn ne semble done niancjuer pour commander la confiance dans les observations de M. J. Gales. Mais, par uu nouveau contre-lemps. M. Lugol, pro- fesseur de clinique au meme hupital Sainl-Louis, nie depuis long- lemps I'existence de I'insecte de la gale; il assure n'avoir jamais pu le decouvrir sur les nombreux malades affectes de la gale dont il esl specialement charge ; il propose meme un prix de cent ecus • a celui qui le decouvrira et qui sera capable de le lui montrer (1). Ni M. Gales, ni personne autre ne s'est encore offerl pour gagner le prix propose par M. Lugol. M. Alibert lui-meme, qui se trouve lortement compromis daus ce pari, au lieu de se metlre en devoir (le montrer sur-le-ch;uiip un iusecte doiit les trails doivent lui etre familiers, a r&nvoye la demonstration aux vacances; ce renvoi aunouce d'avance Tembarras dans lequel se trouve M. Alibert; il (Taint certainement mie dtifaite trup eclalante, et il attend que le plus grand nombre de temoins ail disparu. M. Lugol ne manquera pas de prendre acte de toutes ces circonstances , et il conlinuera a soutenir, plus fierement que jamais, que les observateurs qui out (1) Voyez la Lancellc fvaufaiie , gazctli; des hOpitaux civils et niililaii'cs, ■i^ jiiillKt, I" et C aoflf 1839. ( 448 ) cru u I'exjstence clii cirou de la gale out ct('; dupes de quclquc illusion. C'est a I'occasion de cello discussion assez animee que M. Mejnier, etudiant en chirurgie de beaucoup demerite, nous a mis a meme d'examiner la question sous toutes ses faces, el de re- prendre loules les observations Les medecins sent peul-etre les ccrivains qui clierchent le moins i concilicr les observations , a diviser les questions pour etudier le sujet sous plusieurs faces differentes ; semblables aux jures , ils ne decidenl le plus souvenl que par oul et par twn ; c'est vrai aI)Solu- ment, ou c'est absolument faux. De la il arrive presque loiijours que les deux partis disputent altcrnativenient avec un egal avan- lage, et qu'on est lente d'applaudir successivenient a chacun des Jeux proiesseurs opposes. Nous allons suivre une marehe moins exclusive ; et nous arriverons, je pense, a des resultats qui servi- ronl h poser la question d'une maniere nouvelle et moins tran- chec. Tons les auteursqui soutiennent avoir etiidie le ciron de la gale assurent q\ie I'habilude de I'obscrver peutle faire distinguer a I'ceil nu. Or, la loupe ordinaire sufTil pour reconnaitre les formes d'un objet dont la petitesse n'echappe pas tout- a -fait a I'ceii ; il se- rait done ridicule de se rejeter sur la valeur des microscopes , pour nier ou admettre I'existence de ce ciron; et il faul etre bien novice dans I'emploi de eel instrument, pour s'etayer de la richesse et du pouvoir amplifianl d'un beau microscope. Donnez-nioi le ciron de la gale, et je me fais fori de vous le montrer avec une bonne ou mauvaise loupe, avec un beau , un bon, un mauvais, un sale , un riche, un pauvre microscope. Mettons done de cote ce moyen d'argu- mentation , et ne cberchons nullcmenl a evaluer le degre de bonle des microscopes dont se sonl servis Cestoni, Degeer, M. Alibert, M. Gales on lU. Lugol. Mais examinons la question sous ses deux points de vue principaux : M. Lugol a-t-il raison de nier sans res- triction I'existence de I'insecte de la gale ? M. Alibert a-t-il raison de soutenir que cet insecte exisle dans les galenxdel'hopilal Saint- Louis? De la solution de ces deux questions j'en deduirai une troisieme, savoir : si I'insecte donl il s'agil ici est la cause ou I'ac- cessoire de la gale ? Afin de rendre plus intelligible ce que nous allons dire, j'ai pris soin de faire graver, sur la planche 12, tonics les figures qu'on a successivemcut publiees de V/Jcarus des galeux. ( 4.1.) ) 1°. M. Lugol a-t-il raison lie nier, fans restriction, I'exir.tcnrc tin ciron ile la gale?—Si nous jetons iin coup d'ceil sur les travaux des pieniicrs obseivateiirs qui out fait usage du microscope, nous ne nianijuerons pas de recounaitre ([u'ils n'onl jamais laisse passer unc oci^'asion favorable de combattre les prejuges du vulgaire ; le plaisir qu'ils eprouvaient a expiimer des idees opposees a celles du peuplc , et a annoncer des decouvertes inabordables a Tceil nu, les portait a exagerer meme la beaute de ce triomphe. II paiait done deja assez probable que, dans le cas ou le peuple se sera it trompe, en considerant comme un insecte la vesicule galeuse qu'il ecrasait sous ses doigts, le doctcur micrograplie n'aurait pas manque de traiter d'absurde et de ridicule cette opinion, et d'in viter les galeux a abandonner un precede d'extraction aussi hideuxqu'inulile. Cepen- dant, sansparler ici des medecins qui ne se sont pas servis du mi- croscope , lels qu'Abynzoar au i2''siecle, Monfet, Hauptmann , Hafenrefer au 17"; nous voyons un auteur (1) estrme de lledi , ubservateur si estimable, decrire et dessiner I'insecte de la gale , declarer I'avoir vu et revu bien des fois. La planche qui contient ces deux figures du meme i.isecte, en contient un assez grand noinbre d'autres qui , jusqu'a ce jour, n'ont pas ete trouvees en dcfaut. Prcsque en meme temps que Ccstoni, le pere Bonanni ob- serve de son cote I'insecte de la gale , et en pulilie diw figure qui ne differc presque en rien de celle du premier (2). Les figures de ces deux auteurs sont a la verite bien grossieres ; mais aucune de celles de ce siecle ne vaut mieux ; et pourtant elles sont encore aujouid'hui bien determina'jles. A I'inspectiou des figures, on pourrait croire que lionanni a copie les figures de Cestoni ; en ad- mettant le fait couime prouve, je ne >ois pas (|ue le temoignage de Bonanni en devienne plus suspect, Un homnie qui ne dessine pas, et qui observe un objet deja dessine, ne se compromettra jamais en reproduisant exactement la figure qui lui parait representer exactement ce qu'il a devant les yeux. Remarquez bien qu'il ne s'agit pas ici de savoir si les caracleres assignes a cet insecte ofiVenl (i) Les deux figures 1 « 6 qu'ileii donneoiil (ilecalqueessurnotre plancho 12, (2) Les deux figures i ii It sunt eiiipiunlees dc Toiiviagc de Baker, qui lui- nieme ii'a fail que repicduire celles tie ntiiaiitii. ( 43o ) plus oil moins d'exactitude , niais sinipieineiit si riusectc a etc yii. Dans les Actes des EradiU, un observateur figure de nouvcau ic ciron de la gale {voy. notrc planche 12, fig. 4) ; mais 11 le repre- sente d'une uianiere assez differente des figures de Cestoni et de Bonanni. Cette difference, evidemment, n'est pas plus une cause do doute, que la ressemblance des deux premieres figures; ce qui offre plus de certitude , c'est que trois auteurs , diireraut d'inte- rets, de pays et de langage , assurent avoir vu un insecte dans des pustules galeuses. Or, ne sait-on pas que rion n'ost plus porle a la contradiction que I'esprit de I'observateur ; M. I.ugol ne nous prouve-t-il pas, par son independance, que Ton se garde bien en general d'adopter de coufiance les idees des autres, sur un sujet qu'on est appele a traiter ex professo? Pourquoi supposerail-ou plus de complaisance dans des observateurs qui , places sur des theatres differens , out moins de motifs de se flatter on de se crain- dre? Dirait-on que, pleins de I'idee preconcue de I'existence du ciron, ils ontpris pour un insecte le premier corps bizarre qui se serait presente sur le portc-objet, un grumeau enfiu de pus et d'albumine? II faudrait supposer que ces hommes aient ele anssi mauvais observateurs que dessinateurs ; or, la supposition n'est plus admissible quaud on se rappelle que, dans ce siecle , rien n'etait plus repandu que les amusemens du microscope ; elle Test encore moins quand on a trouve I'occasion de revoir ce que ces auteurs out vu. Enfin , Degeer, qui a taut decrit et tant observe, et qui a appuye ses descriptions de tant de figures, dont aucune jus- qu'a ce jour u'a fait suspecter la bonne foi de I'auteur, Degeer figure de nouvean I'insecte de la gale , d'apres ses propres obser- vations ; il reconuait que Linne a eu lort de le confondre avec la mite de la i'arine, qu'il figure sur la nieme planche (fig. 2, 3 et 4) ". or, Degeer ne pent certainement pas etre accuse de complaisance, (car, s'il blame Linne, pourquoi n'eut-il pas blame Cestoni?) ni d'une inhabilete assez grossiere pour avoir vu un animal dans un grumeau informe. Les figures qu'il public de VAcarus Scablei , quoique grossierement executees , portent cependant deja I'em- preinte des progres que les etudes d'^histoire naturelle avaient fails depuis les premiers observateurs. Les figures 2 de notre plan- che lareproduisent cellesde Degeer ; on voit qu'elles different im- mensement des premieres ; mais elles en out le type general ; et ( 4JI ) Ton confoil bans bcaucoup de peine connuent un crayon pen exerce pounait les transformer Ics une.s clans les aulres. Ces in- sectes sout opaques; or, eeux qui onl I'habitude d'observer au microscope , savent combieii il est (iifficile de dessiner exactcment des objels opaques reduits a des t'ornies si pelites; le verre refle- chissenr, le plus ou moins de clarte du jour, la forme du micros- cope, enfin, une foule de circonstances peuvent faire varier I'idee qu'on se formera de ce qu'on a devant les yeux , surtout si Ton ne consacre pas plusieurs jours a I'etude de I'objet microscopique. Quoique la serie des travaux de Degecr inspire la plus grandc con- fiance , cependant ne cherchons pas a etablir ici que les pattes qu'il donne a son insectc sont plus vraies que celles que Cestoni et au- tres ont pretees au leur ; mais avouons que son temoignage ne laisse plus aiicun doute sur I'existence d'un insecte qu'on a pu trouver dans les pustules des galeux. M. A libert a-t-il raison en consequence d'admcttre, sans restriction, que cet insecte doit se trouver dans ioutes les pustules de la gale ? — Si Ton pouvait presenter un seul galeux donl les pustules n'oussent jamais offert, dans aucune des periodes de la maladie, rien d'ana- logue a X Acarus^ ce fait suffirait pour renverser la proposition de M. Alibcrt. M. Lugol assure pourtant n'en avoir jamais vu un seul dans un hoi)ital consacre au traitement de la gale, dont la clinique lui est confiee depuis long-temps, etdans lequel M. Alibert professe comme lui. Afm de mieux nous eclairer sur les causes de cette dissidence, M. Meynier a eu la patience de recueillir a plusieurs reprises des pustules de plus de deux cents galeux. ^ous les avons observees ensemble a la loupe et au microscope ; il nous a ele im- possible de rien decouvrir qui fiit meme capable de produire une illusion informe et grossiere. Qu'on ne dise pas que I'animal pou- vait y etre, mais mort; car, un animal visible a I'a'il nu est incon- lestablement aussi-bien visible mort que vivant, au microscope. En consequence, je n'hesite pas a me ranger de I'opinion de M. Lu- gol, et a declarer que cette annee-ci cet insecte n'existe pas dans les galeux de I'hopital Saint-Louis. iM. Alibert et JI. Gales assurent pourtant I'avoir observe dausle meme bupital; comment concilier cetemoignageavecle notrc etavec celuide M. Lugol? MM. Alibert et Gales nous ont fourni les preuves grapbiquessurlesquelles ilsont »ssis leuriipinion ; pesi graiiil interet a I'existence de VAcarus scabiei, futaverli que la demonstration devait avoir lieu aujourd'hiii; et, soil dit en passant, M. Alibcrt parut tres-etonnc a cette nouvellc ; lo partisan Ic plus zcle da Sarcopte resta froid et iledaigneux en apprenant que le Sarcopte avail ete trouve siir des galeuxde I'liopital Saint-Louis (i). M. Patrix, qui avait solennel- lement pioniis de uionlrer ie briUanl coluris du Sarcopte. fut ega- lenient prie dc venir ni'aider a convaincre les incredules; mais MM. Alibert et Patrix ne nous ont pas honores de leur presence. M. Lugol venait de terminer sa lecon, lorsqu'il annonce que des affaires exiraordinaires I'empechent d'assisler aujourd'hui a la de- monstration de rc:wistence du Sarcopte , et me prie de la renvojer a jeudi prochain. Cependant il me presentc des galeux pour com- mencer des recherches, en presence de ses eleves et dc tous ceux qui venaient d'assister a sa lecon. A peine ai-je delaye la serosite de quclqtics pustules dans de I'eau ordinaire, que plusieurs per- sonnes demandent que Ton emploie de I'eau distillee pour vehi- cule. Ln des eleves de I'hopital m'en apporte , et, comme vous le pensez bien , malgre cette precaution , malgre toute I'attention de la foule qui nous enloure, et qui semble tenir comple de tous mes mouvemens, il m'a ete bien facile de glisser sur le porte-objet quelques mites de fromage dont j'avais le bout des doigts garnis. Tous les incredules qui avaient examine la figure que M. Gales a donnee du Sarcopte, ont trouve la ressemblancc parfaite, et se sont empresses de rendre justice aux partisans du ciron. Ceux qui soutiennent avoir deja observe le Sarcopte n'ont pas manque de crier victoire. M. J. Cloqiiet, qui disait I'avoir vu plusieurs fois, a declare a haute voix que ma mite du fromage etait bien le Sar- copte qu'il connaissait dejii. Un seul medecin parmi les spccta- leurs, M. Bailly, a persiste dans son incredulitc ; « je vois, a-t-il dit, un insecte; mais, s'il a ete pris sur un galeux, c'est qu'il s'y (i) On m'aassure que M". Aliberta parii ties-elnniiu lorsqu'on liiia annoiic6 que Ic Sarcopte avail <;(<; trouve; el qu'apiirs avoir I'ait icpeter deux Ibis s'il etail bien vrai qu'on I'cut vu, il a baussc les epaules et n'a pii sc defendre d'un sourirc. ( /»«" ) trouvail i>.ii' liasnitl. « C etail plus (|iie par liasard ; mais , (Mifiii . relui qui doulo est bien pres di; la vcrite. Agreez, etc. Meykier. Paris, 5 scptciiihrc 1829. DESCRIPTION D'UN NOUVEL EPIZOAIRE DU GENRE DES POLYSTOMA , QXII SE TROrVE SUR tES BRANCIHES DE LA PETITE ROUSSETTE [Sffliallli Cntiiliis); sriviE de quelques observations sur le Disloina jnessnstotniim v.t le Cyslicercus Lcporis variabilis de Bremser; I'AR ai. KlHN, D. M. Le genre Ag?, Poly stoma est encore fort pen nonibreux; on n'en connait guere qu'une demi-douzaine d'especes, dont inie seule vit sur Ics branchies d'un poisson : c'est le Polystoma diiplicatum que Dclaroche a trouve sur le thon. (Voy. le nouv. Bull, de la Societe pliilom. , 1811, n" 44^ P- 271, fig. 3. ) Le Polystoma que je vais decrire est la seconde des especes de ce genre vivant sur les branchies. Comme je I'ai observce en vie, j'ai ete a meine de ve- rifier I'opinion du professeur Baer de Koe,nigsl)erg, savoir : que les six pores des Polystoma ne sont point reellenient des bouches, mais des especes de ventouses servant uni(|uement a fixer I'epi- zoaire, et que ceque M. Uudolphi et d'autreshelminthologislcs ont considcre comme I'anus, est, an coutraire, la veritable bouche. Le nom de Polystomaest consequemment inexact; mais''puisqu'il est generalement i-ecu, et que I'on saura d'ailieurs toujours quel sens y rattacher, il vaut mieux le conserver que de creer a chaque mo- ment de nouveaux termes , qui ont bien plus souvent pour but de satisfaire I'amour-propre des auteurs, que de rcpondre aux besoins de la science, Voici les caracteres du nouvcau Polystoma , dont le nom spcci- fiquc est motive par un appendicc tres-remarquable, dont le ver est pourvu a sou exlremile posterieure: Polystoma appendiculatum, depressum, ohloiigum ; pori sex sim- ( 4G. ) plices, uncinati , scriehus binis parallclibus disposili; appendix cau- diformis in cujus apice analia duo orificia. Hab. in Squali Catuli branchiis. Get epizoaire est loag de 6 lignes ct large do | dc ligne (fig. i) ; son corps est aplati , uii peu plus large dans le milieu que vers les deux extremites. L'on observe diuis toute I'eteiidue de la ligne mediane une bande blancbutre, sur les cotes de laquclie sont deux lignes obscures. L'exlreniite antcrieure (consideree comme I'extre- mite anale, par M. Rudolphi et autres), est retrecie et presente a son sommet I'orifice buccal, qui est arrondi, d'un dianietre assez considerable, a bords saillans et bien trancbes (fig. 2, a). L'extre- mite posterieure est beaucoup pluscompliquee ; apres que le corps de I'epizoaire s'est legerement relreci depuis le milieu , il se ter- mine subitemcnt par une espece de base, sur laquelle il s'applique presque verticalement, et qui hii sert pour ainsi dire de support. Cette base a la forme d'un carre allonge, et est destinee a soutenir les vcntouses ou les pores; c'esta sa face superieure que s'implante le corps de I'epizoaire, et c'est a sa face inferieure que se trouvcnt les six ventouses. Celles-ci sont disposees sur 2 lignes paralleles, 3 ventouses de chaque cote ; elles constituent autanl de tubercules saillans, pcrces chacun d'un orifice arrondi a son sommet; les deux tidjcrcules du milieu sont les plus considerables. Tons les ori- fices des ventouses sont inclines vers la ligne mediane, de sortc que ceux des deux cotes se regardent, et chaque orifice en outre est muni d'un onglet, qui fait saillie sur la partie externe de son bord ; le sommet des onglets est recourbe en dedans, et les onglets eux-memes, qui sont greles et allonges, se continuent jusqu'au fond des ventouses. C'est a I'aide de ces ventouses aruiees des on- glets, que le verse fixe d'une maniere tellement solide sur les lames branchiales , qu'il est impossible de I'cnlever entier pendant sa vie, a moins d'emportcr en meme temps le tissu organiquc au- quel il adhere. A la parlie posterieure dc la base, ct derriere I'endroit on s'im- plante le corps, on voit s'elever un appendice en forme de queue (fig. a/'et .5, d), qui a quelquefois une ligne de long, et qui revient dans une direction parallele acelleducorps. Cette queue est apla- lie, moins large que le corps lui-meme, ct divisee an bout en deux pelits tubercules stries, donl le sonmiet est perce (orifices ( 462 ) dc raniis). Dans Ic Polystoma diiplicatinn, qui vit f''galemcnt sill- ies braiicliies, on remarqiie duja un ludiment de I'appeiidice cau- dilbrme dont il s'agit ici. II y a en cffet chcz ce dernier, enlre les pores du milieu, deux tubercules coniqiies fort pen saillans; mais , dans I'cspece que jc decris, ces tulDercules ont pris tant de deve- loppement, que j'ai cru devoir ionder la-dessus la denominalion speciQqne. Un pen apres la bouche, le canal digestif se divise en deuxbaii- des laterales, qui laissent dans leur interstice un espacc occupepar , I'ovaire. Les bandes laterales de I'appareil digestif se distinguent par la presence des matieres alimentaires, qui leur donnent une teinte foncee ; elles restent separees jusqu'a la base qui soutient les ventouses ; lii elles se reunissent, et se conlinuent sous forme d'une strie obscure qui parcourt le milieu de la base et de la queue, jus- qu'a I'endroit on celle-ci se divise en deux tubercules. Entre les deux bandes du tube digestif se trouve I'ovaire, qu'on reconnait, en ce qn'il a unc couleur moins foncee, et qn'il con- lient manifestement des ovules vers le milieu du corps (fig. 2). Dans la partie anterieure comme dans la partic posterieure de I'o- vaire, Ton n'apercoit que de petites granulations, qui n'offrent point encore de traces distinctes d'organisation. Les ovules parve- nus a maturite s'echappent sans aucun doute par une dechirgre qui doit se faire sur !e corps de I'helminthe; c'est d'ailleurs le ca- ractere de tons les ovaires qui existent dans la nature , d'emettre leurs ovules, non point par mi orifice naturel, mais par un orifice qui est.le resultat d'une rupture. .I'ai observe plusieurs fois des vers pleius d'ceufs, qui , places dans un autre milieu, ou mis en contact avec un pen d'altool, eprouvaient a un point quelconque de leur corps une petite crevasse, parlaquelle fuyaient successive- ment les ovules; s'il y avait eu un conduit naturel pour leur emis- sion , il est hors de doute qu'ils auraient etc expulses par ce con- duit. Le Polystoma appendiculalum est unisexue ; il n'y a que des individus femelles, comme cela se remarque d'ailleurs dans tous les Ircmatodes. Je crois quo, si Ton eCtt plulot observe des Polystoma vivans, on n'aurait pas si long-temps etc dans I'erreur, par rapport a la partie qu'il faut considerer comme la bouche. Depuis que j'ai vu en vie un grand nombre d'individus de Tespece que je viens de decriie , ( 4fi5 ) c'est povir moi uiie chose prouvee, que rcxtremite pourvuc dcs six pores n'est point rcxtremite Iniccale dii ver. M. Baer a d'ail- leurs deja mis hors de doiite celtc maniere de voir, dans un me- moire sur le Potystoma integen-irnum , qui est insere dans le torn. XIII, part, i", des Aclesde C Acad, des curieux de lanature. L'epizoaire m'a offert nnc inaniere d'agir absolument semblable a celle d'une sangsue qii'on applique, et qui cherche a prendre; et les Polysioma sont en effel de veritables annelides. Ainsi que les sangsues, on les volt solidement fixes par leur extremite poste- rieure oh leurs six ventouses , tandis i\\\c I'extremite anterieure , ou bien la bouche , se meut en tout sens, s'applique successive- nient sur differens points des branchies pour les explorer, les par- court dans une certaine etendue, et s'arrete enfin lorsqu'un endroit favorable a la succion a ete trouve. Le Polystoma appendiculatum n'est pas le seul helminthe que m'ait offert la dissection de la petite roussette ou du chien de mer, comme I'appelleat nos pecheurs. J'ai trouve, dans le canal digestif du meme poisson. un grand nombre de Distoma, ayaht tous les ca- racteres de I'espece que M. Rudoiphi designe sous le nom de D. 7ncgastomum (fig. /( et 5). Ce ver n'avait encore ete observe que sur le milandie [Squatus Galeas). Comme jc I'ai egalement trouve en vie, il m'a ete possible de faire des observations relativement a la nature de chacun des deux pores; mais, sans cet avantage nieme , la stmcture de chacun d'eux suflirait deja pour indicjuer quelle est leur fonction. Un des deux pores des Distoma {a) se trouve a I'extremite du ver, c'est le pore anterieur, ou bien la bouche ; I'au- tre pore (c) se trouve plus ou moins rapproche du milieu du corps de I'helminthe, c'est une simple ventouse, servant uniquement a le fixer. Entre les deux pores, *t un pen au-devant du pore poste- rieur, on observe un petit orifice (/>), qui est I'anus. La bouche est I'orifice d'un canal d'abord assez large, et qu'on pent ponrsuivre iusqu'a I'anus, du cote diiquel le canal digestif se retrecit. Tout linterieiu' du Disto77ia, depuis la bouche jusqu'a la ventouse, est occupe par le tube digestif, qui, comme on voit, est large et court. Toule la partie qui se trouve derriere la ventouse est occupee par I'ovaire {dd), dont on voit les corpuscules disposes en quatre stries longitudinales ; les deux stries du milieu sont beaucoup moins mar- quees que les stries laterales. La ventouse forme une It-gere exca- ( 464 ) \atinn doiit Ics borcis sont relovos, ct qui so tcrminc bientot eii cul-de-sac. Cette seule disposition indiquc suflisammcnt combioii la denomination dc Distonia est inexacle. Lorsqu'on observe les inouvemens du ver pendant qu'il est en vie, on le voit fixement attache par le milieu de son corps , tandis que les deux extremites se rclevent ct s'abaissent siiccesslvement. Les deux extremites peuvent se flechir en arriere de telle sorte qu'elles formcnt un angle droit, dont le sommet correspond an milieu du corps. En resume le genre Distoma, du moins le Distonia inegastomum, n'offre qu'uneseulc boucbc; cette bouclie est cc qu'on nomme comniune- ment le pore antorieur; elle se continue dans un canal digestil" court, et termine par un orifice anal etroit, qui est place imnie- diatement au-devant du pore posterieur; ce dernier pore n'est autre chose qn'une yentouse servant a fixer I'entozoaire ; enfin, toule laparlie comprise entrc la ventouse ct Textremite post«rieure est occupee par I'ovaire. M. Eremser aA'ait trouve, dansleperitoine du lapin, un entozoai- re, qu'il avail pris pour un cysticerque, et qu'il avait envoye comme tel a BI. Kudolphi. (Voy. le Synopsis Entozoorurn de ce dernier, page 55o. ) M. Rudolphi se doutait bien que M. Breniser ctait dans I'crreur : aussi a-t-il place le pretendu cysticerque parmi les especes mal dc'terminees , et a-t-il ajoute : Si amicus [^^\•em^e\:) non inisissci liarum rerum peritissimus, pro Cysliccrco nan liabaissem. Le ver dont il s'agit ( ray. fig. 6 et j ) , je I'ai aussi trouve dans le peritoine d'un lapin, et j'ai pu me convaincre que ce n'etait point un cysticerque ; d'abord 11 n'est point renferme dans une vesicule, ct ensuite il n'a point du tout la bouche des cysticerques. C'est une espece appartenant au genre Moiwstoina ; longue de 3 Ijgnes envi- ron (fig. 6), elle a ordinairement une ligne de large ; le corps est ar- rondi, ovoi'de, quclquclbis unpeucomprime ; on distingue une tete (a fig. 7) , un col b et un corps r. A la partie anterieure de la tete se trouve la bouche d, qui est allongee et un pen deprimee ; je n'ai point trouve d'orifice anal. Le corps est quelquefois etrangle dans le milieu , de manicre a presenter deux renllcmens. La tete est plus (jpaque (juc le corps; cclui-ci est legerement transparent: mais on n'y distingue point d'organes particuliers, tout parait ho- mORcne. ( 465 ) Explication de la planclie 1 1 . Y\g. 1. Polystoma appendiculatum , gr.indeur naturelle. Fig. 2. Le uieme grossi , (a) la bouche {b b b b). Les deux divi- sions du canal digcslif; (f) milieu de I'ovaire; on voit les ovules; [il d) les extremites de I'ovaire ; les ovules ne sontpas encore for- mes; {e e e) les 5 ventouses d'un cole : on y voit les onglets; (/") appendice en forme de queue ; [g g) tubercules au sommet des- quels sont les deux orifices de I'anus. Fig. 5. Le meme grossi et vu de profil, [a) la bouche; [b] le corps ; (c c c) les 3 ventouses d'un cote ; on voit saillir les onglets ; [d] ap- pendice on forme de queue. Fig. 4- Distoma megasiomum , grandeur naturelle. Fig. 5. Le meme grossi, (a) la bouche ; {b) I'anus ; (c) la veutouse ; [d d) I'ovaire. Fig. 6. Monosto7iia Lepovis , grandeur naturelle. Fig. 7. Le meme grossi, (a) la lete ; {b) le col ; (c) le corps ; [d) la bouche. OBSERVATIONS SrR IN MOYEN KOU V CL1.EMENT PROPOSE POIU DISTINGCEK LE SASG DES DIVERS ANIMALX; PAR E. SOUBEIRAS (l). Deja des auteurs ont eleve la voix pour infirmer I'excelleuce de cc procede. Je vais faire connaitre a la section les resultats d'essais multiplies, entrepris dans le dessein d'eclairer la question. lis \w me pormeltent pas de partager I'opinion emise par M. Barruel. Chaque fois que j'ai fait une experience de ce genre, je ne m'en suis pas rapporte a mon seul jugement, j'ai appele trois a quatre personnes au moins pour constater leS resultats ; aussi les conse- (1) J oy. les /tnnal. dcs Scicnc. d'obscrv., lorn. II, p. i.'ij, avrjl 1829. ( 466 ) quences que je vais tirer de iiies recherches doivent avoir quclqiu; poids, puisqu'elles sont le resultat d'line sorte d'enquete. Je lerai observer que les memes individiis ayant etc appeles tonjours a donner leur avis, lis ont ete a meme, ainsi que le conseille M. Bar- ruel, de faire I'education de leur odofat par Ics nombreuses expe- riences auxquclles lis ont pris part. Je me suis surtout attache a reconnaitre, s'il etait possible, dc distinguer le sang de rhomme de celui de la femme, et mon se- jour dans un hopital, au milieu d'un service actif, m'a permis de multiplier singulierement les recherches. Je me crois fonde a I'e- tablir comme principe : 1°. Que le sang d'homme et celui de femme donnent, dans le plus gran;] nombrede cas, une odeur semblable, ou tellenient ana- logue, qu'il est impossible d'j apprecier une difl'erence notable; 2°. Que le sang de femme a quelquefois une odcur plus forte que celui d'homme. Cette observation trouve principalement son application pour des femmes brunes et d'une constitution ro- buste ; 5". Que le sang de femme est quelquefois remarquable, en ce qu'il donne une odeur plus faible et un pen differente. Je n'appuie ces principes d'aucun developpement. L'experience proposee par M. Barruel est des plus simples; j'ai tcnte maintes fois, apres avoir fait des essais comparatifs avec du sang d'homme et de femme, de meler les vases et de faire prononcer les assis- tans; et toujours des erreurs ont ete commises dans cette epreuve. Que si Ton pouvait accuser nos organes de percevoir difficilement les nuances dans les odeurs, il nous fiiudrait feliciter ceux qui ont etc plus heureusement partages par la nature, tout en rejetant un caractere que quelques individus privilegies seraient seuls appeles ii saisir, et en nous mefiant toujours quelque peu de I'influence qu'une opinion preconcue exerce necessairement sur un observa- teur qui n'a, par devers lui, aucun moyen de contre-epreuve. J'ai examine le sang de divers animaux, et j'ai trouve que I'o- deur qu'il developpe par I'acidc sulfurique, est souvent particu- liere pour chacun d'eux. EUe est surtout remarquable dans le sang du boenf et du mouton, dont I'odeur nous a toujours semble un pen plus desagreable que celle devcloppee par le sang du pore. Nous avons pu reconnaitre que I'odeur developpce par le sang du (407 ) hoeuf et cclui dii moulon, nc sont pas toiijours Ics memes. Lc pigeon, lc canarJ, le moineaii, nc nous ont rien offerl dc bien le- marquable. Le sang d'lin orvet a foiirni une odeur qui nous a paru differer a peine de celle donnee par le sang de rhomune (i). De ces fails nous croyons pouvoir conclure que le sang de quel- (|ues animaux pent etre reconnu dans quelques cas; niais qu'il ii'en esl pas ainsi pour tons. L'odeur, meme chez ceiix qui scm- ])lent se differcncier le plus facilement, a toujours une analogic troj) grandc pour qu'il soil permis de prononcer, quand on n'a pu operer que sur des quanliles minimes de maliere, ainsi que cela a lieu si souvent dans les observations de mrdecine legale. Ce ca- ractere tire de l'odeur est mauvais, parce qu'il consiste en une sensation fugace, qu'une circonstance accessoire, une disposition particuliere de robservateur pent empecher de saisir. II est mau- vais, parce que l'odeur qui annonce un corps, pent bien etre I'in- dice de sa presence, mais qu'elie ne pent servir qu'a le fairc re- chercher par des uioyens plus certains, ct non a afliruier qu'il existe reellement dans la niatiere soumise a I'examen. Quel obser- vateur, sur un caraclere aussi fugace , oserait prononcer sur la presence d'une matiere dans une operation ordinaire de cliimie? Quelle circonspeclion bien plus grande ne doil-il pas apporter, lorsque son opinion peut avoir pour consequences de faire pro- noncer sur I'innocence ou la culpabilite d'un accuse? Qui oserait affirmer qu'un empoisonnement a ete fait par I'arsenic , parce qu'une odeur alliacce aurait ete developpee sur les cbarl)ons ar- dens, si des experiences ulterieures nc faisaient isoler le metal? Et, observons que les experiences qui nous conduisent a ces con- clusions ont toutes etc faitcs dans les circonstanccs les plus favo- rables, avec du sang en abondance, ct avec la possibilite de repe- ter le mfme examen aulanl de fois qu'il pouvail etre nccessaire. En supposant meme que le caractere propose par M. Barruel put etre distingue avec certitude, il ne pourrait encore etre em- ploye en medecine legale, parce que nous ignorons quelle in- (i) Ce fait est uiic pieniieie conHiination do la prevision que nous avuus eniiso dans iiotie article des Annalea, tuin. II, pag. iSg, ligne 36. [ ^\olc (In Kci/iiclctii .) ( 468 ) flucncc pout avoir le temps sur la manifestation du phenomrne ; parce que la cause de I'odeur qui le devcloppe nous claut tolale- mcnt inconnue, nous ne pouvons par cela memc appreoier les circonstances qui pourraieut la modifier; parce que tout tend a prouver que des melanges accidentels peuvent changer on alterer singulierement les resullats. Des parcelles de laine, detachees des vfitemens, la sueur qui les impreigne depuis long -temps, Pu- rine qui a pu les salir, les emanations auxqnelles ils peuvent avoir ete exposes, sont autant de circonstances qui peuvent changer singulierement la nature des resultats. Cette incertitiule que je signale, je la retrouve dans le proces- verhal dresse dans une affaire rccente d'assassiuat, et a la redaction duquel M. Barruel a pris part (i). II me parait appuyer si puis- samment I'opinion que je viens d'emettre, que je ne puis me re- fuser a en rapporter une partie. »Nous nous sommes procure, quinze jours d'avance, du sang nd'homme et de femme blesses, du sang de boeut' et du sang de ncochon, nous en avons impregne divers liuges qui ont ete seches »et exposes a I'air jusqu'au moment de les soumeltre a I'expc- »rience. Alors, ayant coupe un morceau de chacun d'eux, nous oTavons fait tremper dans une petite quantite d'eau pour recon- »stituer du sang liquide, et nous avons ajoute dans la liqueur une « quantite convenable d'acide sulfuriqne concentre. Get acide, »suivant de nouveaux faits observes par M. Barruel, I'un de »nous, a la propriete de developper dans chaque espece de sang, »une odeur particuliere souvent propre a faire reconnaitre I'ani- ))mal qui I'a produite. Nous avons traite de meme la plus grande ))tache de la manche de la chemise, et nous avons observe ce qui »suit : » Le sang de pore a devcloppe une odeur tres-marquee et fort » desagreable, dans laquelle on distinguait quelque chose du pore. »Le sangde boeufa degage une odeur moins marquee, analogue » a celle des bouveries. fl) Les experts ctaient MM. Henry, Gtiibouil et Bariue!. [IVole tie I'ltitlcKf.) ( 40<) ) »Le sang d'homme a iloiine lieu a unc odeur trts-marqiiee , "Cornnie grassc et analogue a celle de la siieiir. )>Le sang do fenime a doiiiie lieu a une odeur un pen aigrc non »desagreable. ))Enfin, le sang de la chemise a developpe une odeur aigre non ndesagieable, que deux d'cntre nous ont rapportee a celle dcs "tanneries; le troisieme I'a jugee seinblable a la precedente. »Nous nous sommes procure d'autre sang de pore, de boeuf, » d'homme et de fcmme ; le sang de pore pris chez plusieurs char- I) cutlers de Paris, et directement a r,echaudoire de la rue des » Vieilles-Tuileries. nous a constamment presente la meaie odeur )) repoussante. »Le sang dc bceul' nous a ofiert, tantot I'odcur forte des abat- » toirs, tantot celle de la peau de I'animal mouille. » Le sang de I'homme nous a toujours oflert la meme odeur. Le »sang de femnie s'est montre plus variable, et notamment le sang »d'une fdle de quarante-sept ans, provenant d'une saignee an » bras, a oflert la meme odeur que le sang d'homme. » Dans une circonstance aussi grave, la justice pesera la valeur » d'une declaration tbndee sur des experimentations nouvelles qui »n'ont pas encore subi I'epreuve de la publicite etde lacontroverse; »mais voici la notre telle que la conscience nous la dicte. wConsiderant que I'odeur degageepar le sang de pore et I'acide "sulfurique, parait propre a ce sang et constante, et que le sang "trouve sur la manche de la chemise manque absolument de ce ncaractere, nous pensons que ce dernier n'est pas du sang de »porc. » II resulte du texte meme de ce rapport, i° que sur les trois experts, un seul, et c'cst M. Barruel, a cru pouvoir affirmcr que le sang trouve sur la chemise de Bellan etait forme par du sang de femme ; 3° Que le sang de boeuf n'.i pas toujours developpe la meme odeur ; 5° Que le sang dc la femme s'est montre variable , et que dans un essai , il a oflert la meme odeur que le sang d'homme. J'ajoulerai encore que la conclusion est donnee avec ce Ion de doute si convenablc pour faire rcssortir tout ce qu'avait laisse ( 470 ) d'inccrtilii(ie dans I'espiit des experts les resultals de leiirs expe- riences (i). Aussi je considere ce rapport eoinme I'line des plus fortes pre- somptions que Ton puisse elever contrc I'emploi du nio^euanaly- lique propose par M. Barruel. ftl. Barruel conclut de ses experiences, que le sang de chaque espece d'aiiimal contient un principu particulier a eliacune d'elle , et qu'il croit acide. Dcs experiences mnllipliees el I'aites avec la plus exirenie attention, pourraient seules donner de la valeur a cette opinion. L'acide pourrait provenir de la decomposition des sels du sang ou des parcelles d'acide sulfurique cntrainecs avec les vapcurs ; I'odeur pcut provenir d'une reaction de l'acide qui aurait donne naissance a un corps odorant, mais qui n'existait pas. Les experiences que promet M. Barruel, ne nous laissent pas douter que nous ue so\ons bientot eclaires a ce sujet. Ce chimiste pense que le principe particulier a ce sang a une odeur analogue a celle dc la sueur ou de la transpiration pulmonaire de I'animal. Nous avons reconnu que cette odeur varie dans des aniniaux de la meme espece; ce qui prouve que ce principe, ffit-il vrai, ne pourrait etre d'aucun emploi en medecine legale, puisqu'un menie animal pourrait donner des emanations differentes. D'apres M. Barruel, ce principe serait assez facile a reconnaitre, quand on en vient a le chasser de sa combinaison par un acide ; el I'experience nous a montre que cette distinction etait tres-difficilc et souvent impossible a faire. Le principe odorant est, suivant le meme chimiste, bien plus developpe dans les mfdes que dans les femelles ; ce qui parait etre vrai dans le plus grand nombre de cas. ftlais quelques exceptions suffisent pour interdire I'emploi de ce principe dans les recherches judiciaires, et M. Barruel convient que les exceptions existent. Aussi nous croyons-nous ibndes a conclureque dans I'etat actiicl de la science, si Ton peut presumer, avec quelque apparence de cer- (i) L'embanas avec leqiiel M. Bainic! niiioiidit aux diverses inlerpella- tions que lui adifssa Ic defenseiir de I'accuse, noire travail a la main, aclieva dc ruiner dans rcsprit des juies ce systeme d'cxpcrlises legates. { A'o/c (III rcdadcur.) ( 470 titude, que du sang isolc provient d'unc certaine espece d'animal, cclte distinction est impossible a faire quand on vcut distinguer I'liu dc I'aulrc le sang d'homme el le sangde femmc, et qn'il ne peiitelrc peimis d'userdecc caractere dans une afTaiie ciimineUe, lorsfiiie, dc I'opinion de I'cxpert, pent dc-pendre la vie d'un inno- cent on la pnnition d'nn coupable. II faut alois s'appuyer sur des resultats positifs et laciles a exprimer (i). TOXICOLOGIE. Vapears de cidore aiitu/ote de. I'acide hydrocyanique. — M. Si- meon, pharmacicn a I'jiopital Saint-Louis, vient de decouvrir que I'inspiration des vapeurs de chlore et I'eau faihlement chloree sont on excellent moyen dc faire cesser les symptomes de I'em- poisonnement par I'acide hydrocyanique. Les experiences les plus nombreuses repctees sur ces indications n'ont fait que confnnier la decouverte. Des chiens et des chats empoisonnes par I'acide hydrocyanique ont i-te parfaitement retablis, an moyen du chlore, en trois quarts d'heure. II est vrai que le chlore a ete administre une et quatre minutes apres I'invasion des symptomes de I'em- poisonnement. (i) Aprcs la lecture du memoire de M. Soubelian a I'Acadeniip royale de Medecine, M. Villerme prit la parole pour declarer que trois personnes, qui se preparaient a coinbaltre ropinion de M. Barruel, avaient Cni par conve- nir que les experiences de celui-ci elaieut cxactes. M. Villerme s'est bien j^arde de citer les noms de ces trois observateurs ; cette circonstance est pour- tant necessaire pour qu'on ajoute foi a Tasserlion de M. Villerme. Incompe- tent par iui-meme, Jl. ^ illernie pourrait bien avoir cede a un de ces mou- vemens de complaisance que lui inspirent tous les travaux de MM. Orfila ct Barruel. Ces trois observateurs anonymes ne seraient-ils pas MM. Adelon, Deleus et Villerme? Alors M. Soubeiran doit savoir, par une experience qui nous est commune, quel efit ele le resultat de leurs confexences, si I'Aca- demie les avait nommes juges de son travail. ( I'oyez le Journal general de medecine, tomcCLI, p. 382, 1828.) Raspait.. ( 472 ) La rLORE ET POMONE FRANCAisE ; par M. .Iai'Me Saint-Hilaiue, i5"-20' livraison, in-4°. Paris, 1829; chez I'auteur, rue de Furstemberg, u, 3 {voy. les Jnnales, torn. II, pag. ii5.) Les livraisons de cet ouvrage se succedent avec une rapidile qui ne nuit en rien a la beaute de son execution. Nous avions emis, dans notre premier article, quelcpies opinions critiques sur le co- lons des fruits; les huit livraisons que nous avons sous les yeux nc laissent plus rien a desirer sous ce rapport. Les fruits en sont d'une execution parfaite; et les fleurs elies-memes y sont repre- sentees avec encore plus d'clegance et de variete que dans les livraisons precedentes; ce sont des scabieuses et des senecons vulgaires on d'ornement. lAI. Jaunie acheve de nous prouver, par le soin qu'il prend de cettc publication, cUe existe dans un nou- veau mineral trouve en tres-petite quanlite a Brevig en Norwege. M. Gay-Lussac annonce que la plupart des matieres organiqucs, traitees par la potasse caustique achaud, donneut de l'acide oxa- lique. M.. de Blainville fait un rapport sur un memoire de M. Com- pagno, relatif a la baleine echouee sur les coles des Pyrenees- Orientales. ( 475 ) M. Portal lit une note sur la communication des vaisscaux !ym- phaliques avec les veines ; il partage I'opinioa de M. Lippi. BI. Cauchy lait un rapport non approbatif sur I'emploi des ba- guettes arithmetiqucs dans la division, par iM. Russel d'Inval. M. Dupctit-Thouars lit un memoire intitule : ResuUat de L'enU~ venient complet d'un anneau d'icorce. M. Flourens lit un memoire intitule : Recherches sur laregenera- tion des os , et une note (TEa'pa'lences sur faction de la moelle epi- nicre dans la respiration, Le principe de la circulation ne serait, tl'apres I'auteur, ni dans la respiration, ni dans la moelle epinierc ; il iiidiquera plus tard le siege de ce principe. MM. Audouin et Milne-Edwards lisent un memoire intitule : Recherches pour servir a I'Idsioire naturelle des anneUdes de France. M. Roulin lit un memoire ayant pour titre : De I' ergot du mats , ct de ses effets sur L'homme et les animauw. 2'; juillet. — M. Chauvin envoie a 1' Academic une cchelle de rapport , de i a 2000. MM. Marccau et Chappuy prcsentcnt une lampe dont le meca- uisme est fonde sur la pression de I'air. M. Bizot envoie une encre indelebile. Un anonyme annonce par ecrit qu'il a renverse toutes les theo- ries mathematiques. M. Becquerel ayant verse du carbure de soufre et du nitrate de cuivre dans un tube , et plonge une lame de cuivre dans les deux couches de ces liquides, a obtenu, au bout de six semaines, des cristaux de protoxide de cuivre, et du carbone en lame mince et brillante sur les parois du tube. M. Moreau de Jonnos lit des recherches statistiques sur les patu- rages de I'Europe. M. Flourens foil un rapport favorable sur un ouvrage de patho- logic vcterinaire de M. Vatal. 5 aoul. — M. Lauth envoie une reclamation de priorite sur la decouverte de M. Lippi. M. Daniel a trouve qu'en faisant jcuncr un chicn pendant huit ou dix heures, puis le placant sur ic dos, et lui versant de lean IVoide sur I'estomac , il y a toujours production de hoquet. M. Desportcs a vu un jeune pigeon vivre deux jours dans sa ( 4:G ) coffuc , (lout il ne pouvait se debarrasser, et vivre cnsuile long- temps, bien que prive de I'encepbale et de la moelle epinierc. M, Diimeril faitun rapport sur deux memoires de M. Chnteau- neuf, relatils a I'iiifluence de I'indigence sur la mortalite des hommes, II en fliit un autre sur le menioire de M. Cotloreau, quia propose I'cmploi du chloie pour guerirde la phthisie pulm maire. 31. Cor.lieranuonce qu'on a decouvert des ossemens de mam- miferes melanges avec des debris d'animaux marlus, dans une couche de calcaire grossier de Nanterre , pres Paris. 31. Becquerel lit un memoire intitule : Da pouvoir tlienno-Hec- trique des melaux; il attribue le developpemcnt de I'electricile almospherique au melange de I'air chaud avec Pair froid. 31. Savart lit un memoire sur la reaction de torsion. 7 aoilt. — U. Cassini fait \m rapporl favorable sur mie coliection de plantes artificielles faites a I'lle-de-France, par l"eu 31. d'Ar"-en- telle. 3L Pamard adrcsse a I'Academie une sonde courbe pour la li- thotricie. 31. Vanner ecrit une lettre sur la nature de la rage et sur le mode de traitement le plus convenable A cette maladie. 31. Leboeuf egaie Tassembiee par la lecture des preuves qu'il donne centre le mouvement de la lerre. M. Chevreul lit une note relative h des experiences faites par M. Donne, sur les moyens de neulraliser Taction des alcalis ve- getaux sur I'economie aniniale. 31. Dubled reclame la priorite sur les experiences de 31. Lippi concernant la communication des vaisseaux Ijmphatiques avec les Teines. 31. Gay-Lussac lit un memoire sur I'acide pliosphorique. M. Clarck avait oliserve que le pbospbate de sonde calcine an rouge change de propriete; et 31. Engelhart avait aussi observe que I'acide phosphorique recemment foudu au feu precipite Tal- bumine, qu'il ne precipite plus apres un certain temps. 31. Gay- Lussac a trouve que ces deux plieaonienes etuient concommit- tans. ^ 31. de Rossel fait un rapport tres-favorable sur la navigation (!c I'AstroIabe , commandee par 31. Dumont-Durville. ( (\:i ) HI. Diimeril lait iin rapport favorable stir rcmploi de I'iode centre Ics afi'ections scrol'iileuses, par iAl. Lugol. 24 aoCit. — Ml\I. Caventou et Franrais annoncent qu'ils ont de- eouvert iin principe parliculicr dans la racinc de la plante du Bre- sil, nommec Ka'inca clilococca racemosa. M. Auiussat lit un memoirc sur les avantagcs qui penvent re- sulter de la torsion des arteres pour arreter Ics heniorrhagies. M. Diinieril fait un rapport favorable sur le memoire de M. Rou- lin, relalif aux proprietes du mais crgote. M. Cassini fait un rapport favorable sur le memoire de M. Ri- chard, concernant la famille des ruiiiacees. M. Girard fait un rapport sur I'ouvrage de M. Dutems, intitule : Histoire de la navigation en France. M. de Blainvilie lit un memoire sur les oiseaux designes sous le nom de ganga, qu'il rapporte a la famille des pigeons. M. Dumeril fait deux rapports, I'un sur le memoire de iVl. Pail- lardj concernant refficacite du deuto-iodure de mercure contre lt'5 ulcerations syphilitiques et scrofulcuses , I'autrc sur le hoquet des animaux, explique par M. Daniel. 3i aoiit. — M. Meckel est nomme nieml)re correspondant de la section de medecine et de chirurgie. M. Geoflroj Saint-Hilaire lit un memoire intitule : Meditations sur la nature. M. Amussat continue la lecture de son memoire sur la torsion des arteres. M. Cauchy lit un memoire sur I'application du calcul desresidus a revaluation et a la transformation des produits composes d'uii nombre infini de facteurs. M. Roulin ecrit a I'Academie unc Icttre sur I'iJentite dc I'acliou tlierapcutiquc de I'iode, du cb'ore et du brume. (478 ) TABLE DES MATIERES DU SECOND VOLUME. Pages. Abe^, necrologie. . . . Si^ Acadomie des Sciences de Paris, seance dii 9 mars ail 20 avril 14G du 27 avril au i5 juin. 307 dii 22 juinau 5i aout. . 4/2 seance pnblique. . . 3io Acide acetiqne et albumiiie ( Icur melange repre- sentc I'acide lacliquc). 422 • — aspartiqne ; Plisson. . 277 — lactique. . . , 5^6, 422 Actes de Bonne, t. XIV. 5oo Albumine (reaclion de I'a- cide suUurique sur 1'). 287 AUiages, leiir densite et lenr point de fusion. . Co Amidon no Analyse des malieres orga- niqnes(rcmarqiiessurr). 207 Arkose manganesifere. . ii5 Arundo alopecnrus et an- tarctica. ..... "-o Atmosphere (action de la lune sur 1') 339 Belemnites 65 BERZELU's;minedeplatine. 55, Bessel ; pendulc a Koenigs- ber 029 Blainville (Ducrotay de); cours de physiologic. . 2g5 Bbaconnot; encre preten- due indelebile. . . 5o, 277 Branchies des foetus. . . ii5 Brcschcs osseuses des mi- nes de for 112 BiioscNiART (Ad.); cyca- dces 890 Pages. Calcaire a gryphites, temps de sa formation. . . . 582 Canaiix de navigation. . 25 Carinaires nouvelles. . . i5o Chaleurspec. des gaz. 176, 546 Cluira (analyse chimique du sue qui circule dans un tube de....; son ana- logic avec !e sang) . . SgS Chimie microscopique ap- pliquee a la physiologic. 4^0 Choiesterine 109 Cloqiet (Jules); magne- tisme animal. ... 63 Chlore, antidote de I'acide hydro(yani(|ue. . . .471 Combustible fossile. . . 278 Couleurs des rescaux. . . 272 Cours de SIM. Audouin et Mirbel au museum. . . 5o3 Cristallisaliuns microscopi- ques ; leur determina- tion. ..•.., 424 Crustaces de la Mediterra- nee 5oi Curare (exaraen du). . 277 Cycadces 390 Delarive et Marcet; cha- leur spccifique des gaz. 176 Dilatation des corps par la chalcur 67 DuLONG ; chaleur specifi- que des gaz. . . . 346 Eau-de-vie, antidote de la biere 5o7 Klasticite des cristaux. . 17 Electricite (nouvelle theo- rie de 1') 570 Encep/tali, capitis et pelvis 1 (4 Pages. xiri malce con forma lio.nis specimen 3oi Encre pretendue InduU';- bile 5o, 277 Epizoaire nouveaii , et eu- tozoaircs 460 Ermak ; dilalatinii des corps. 57 Fecule ( son analyse et ses analogies) 4^^ Festuca elaiior proyenant d'nn LoUum -xbQ ■ — flabcllata '70 Flaugergues ; action de la lime sur ratniosphore. 539 Flore bordelaise. . . • 292 — et pomone francaise, 11 3, Fleurs arlifioielles en cire. i5o Gale (la) de I'homnie est- elle Ic produit d'lin in- secte 44G Gay-Lussac; liqueur de Boyle 55 Geologic des env iron sd' A ix. 1 1 1 Girard; canaux de naviga- tion 23 Glob uleschromophores des cephalopodes. . . . i3i Gbiboirt ; sur I'amidon. . <)o Ilicrochloe (monographic). 70 Hordcine 107 Hyenes fossiles, nouvelics. 127 Iridium et ses combiuai- sons 187 RrHN ; divers entozoaires , et genre nouveau d'e- pizoaire 4G0 KtppFER; densites et fusion des aliiages 60 Lampyris nociiluca. . . 2r)() Lasis; sur la non -conta- gion 3o2 Lehot ; nouvd opsiomi'l re. 3G i Lemak, necroloj^lo. . . i5i Lepidopteres nouvoa\ix du midi de la France. . . 255 ro ) P.nges.' Lezard? ( hist, nalur. des). 127 LiNNE (son herbier). . .32 1 Litiopc (niollus((ue). . . i32 Liquciu- runianic de Boyle. 55 LoLium; sesdevialions phy- siologiques et sa meta- morphose en Festuca elaiior 233 — classification physiolo- giipie de ce gciuc. . , 243 IMaguclisme animal. . . U3 Magnelisme du rayon vio- let 173 — par rotation. . . 1 et i53 Manganese de Uomancchc. 1 13 — oxide purifie. . . . 276 Maticres immcdiates des vcgctanx et des animaux (tableau des). . . . 223 Medecine legale (retracta- tions et errcurs). . . 285 Memoircs de I'Acad. des Sciences, tome VIII. . 145 Meymer; mystification me- dicale au sujet du sai'- copte de la gale. . .4^8 IMite du IVomage prise pour le ciron de la gale. 44^ > 4^8 Montague ; Pilobolus cedi- pus 323 Mycologie en cire. . . . 32^ Myrrhe (deuxespecesde). i43 Nocttia 257 Opsiometre nouveau. . . 5Gi Ossemens I'ossiles de mam- uiiteres dans le calcaire grossier de Paris. . . 5<)5 Ossification du corps vilre. 123 Otto (A. W.); crustaces de la Mediteirance. . 3oi Otivrages nouveaux. . . I'lf) Palladium, ses cond)inai- sons 48 Paslenague iluviatile. . .12;) Pendule a Kcenigsberg. . 329 Phalanger de Cook. . .126 ( ^|8o ) Pages. Phalena 266 Phjsiologie ( coiirs de ) , par M. de Blainville. . 293 Pilolwlus adipus. . . . "oio Plan invariahie dii nionde. 2G9 Platine (analyse de la mine de) 55, 187 Puits fores 141 PiAmbx'r; lepidoptercsnou- veanx 255 Raspail; sur les Belcmni- les 65 • — sur le genre Hierochloe. 70 • — examon critique dcs re- clierches de M. Barruel sur le sang i55 • — devialions et metamor- phoses du genre Loliuni. 255 — Anatomic dcdeuXiy^ro^i- ■ i?j'«^' a'i4 — examen d'une analyse du sang 281 - — reaction de I'acide sul- i'urique sur ralbumine. 287 • — mycologie en cire. ; . 324 — analyse, du sue qui cir- cide dans un tube de C/iiira 596 — non existence de I'acide lactique 4^2 — chimie microscopique. 4^0 — la gale humaine est-clle le prodait d'un inscrte. 44^ Recluz; habitudes duLa/H- pyris noctiluca. . . . 299 — eau-dc-'V'ie, antidote de la biere So 7 Resine de gai'ac. . . -109 Rhodium; ses combinai- sons 55 Robert; ossemensdemara- miteres dans le calcaire grossier dc Paris. . . 595 Saicet ; lois du magnetis- me par rotation. . 1 et i55 — nouvcllc iheorie clectri- q'le 3ro Sang particulier (examen criti(]ued'un), decritpar M. Caventou. . . .281 — (critique dos reclierches dcM. Barruelsurle).i53, 465 Savaut; elasticito des cris- 17 taux 17 Si5iii()N;ch!ore, antidote de I'acide hydrocyanique. . Socicle teylericnne (pro- graumie pour Tannce 1829) 5-21 Sodium, ses proprietes. . 27G Sirongylus injlexus et mi- nor 244 Soi'beiran; critique des ex- periences de M. Barruel sur le sang 465 Substances animales el ve- getales (precedes divei's pour leurconservation). 279 SuHutes, leur decomposi- tion 110 Talricii; mycologie en cire. 524 Tengyra samitali accouplee avecla Mcili. iclinemnoni- des i5o Teirains houillers, et ter- tiaires 110 — a lignites de Castellane. i45 Thermometre max. et rnin. 274 L'ree , procede pour I'ex- traire. ...... 278 Yaisseaux uteriiis et pla- ceutaires (leur commu- nication) 1 i5 Vanessa Elyvii. . . . 25'J Ventouse, ligatures et sai- gnce gcnerale et locale (leur emploi) dans les plaies cnvenimees. . .135 >YEBEi\ ( SI. J. ) ; encepliali, capitis et pelvis viri mala coiifonnaiio 5o i ZA^'TEDEscHl ; maguctismc du rayon violet. . . .175 Zygciia occitanica , sa che- nille 2(J8 6JAM.19f5 (}-C) i'^i tlJ Ekl5 fe"iw tSa^ 3 r rpi,^ ^^ »«5Le ^^.5« Anti^j'&'micrc>j'co/>ft///j? t/t^ true r/r// t^frct//e (/ti/t.t / i/i/erieftr t//ui /ii/'i' (/e^ i/ia/t Ann . rtkr J\-/efic. iZ'ois.7'o/n,.JZ. ^ /v 500O000. %\h .;>» , ^" 00 « a-^ a. a^ i le*^-«^ > •'OOOflfleco. O " 000 Coo... V ^/f aJ 6 i\ J?as^ae7, i^/. i:P/ee,JC. Anai/se m/cro.rc<}/)ujft/t' t'/ (r^fa/oyfiv <:/e /ti/een/e. Ann/. cleT l'AsTHONOMIE, LA PHYSIQliE, LA CutMIC, LA AllNKRA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET l'AnaTOMIE DES DEI V REGNES, LaBoTANIQLE, LA ZOOLOGTE ; LEsTlllCORIES MATHEMATIQI E.*, et les priscipales applications de toutes ces sciences a la Meteorologie, a l'Agricultttre, abx Arts et a la Medecine; PAR MM. SAKiEY ET HASIMII.. TOME U,n' i.—JFHIL i82(* PAHJS, At HllHEAL DES ANNALES. RUE HE \ ACtiiKAl Ces Annates paraissent le premier de chaque mois, par numeros de i'euiltes, de 38 lignes a la page, et accompagDes chacun de 4 planches gravees. Trois nutn^ros forment un volunxc, termintS par une table alphab^tique. Les lettres et paquets relatifs & la redaction doivent fitre envoyds, franc de port , a I'adresse de MM. Saigey et Raspail, place de l'6cole-de-Medecine, n" i5, a Paris. PRIX DE L iBDKNEMENT : Pour Paris i 5? J'""'^'' V^' "".• . I i5 trancs pour six mois. Pour les d6partemens. \ ^^ jl''''"" P" ''": '^ \ lo Irancs pour six mois. Pour I'elranger \ ^^ ^^*'"=' P" "": . ^ 131 francs pour six moiK. Chaque num^ro se vend separ^ment, 4 francs pour Paris , 4 francs 5o cent. pour les departemens, et 5 francs pour I'itranger. ON SOUSCBIT A Paris, chez Baudouia freres, rue de Vaugirard, n» 17 ; Dans les departemens, che£ tous les libraices correspondent ; A Londres, chei Treuttel et Wtirtz ; A BruxelUs, chez Lecharlier ; A Florence, chez Piatti ; A Leipsich, chez Michelson ; A Turin, chezBocca; A Geneve, chez Barbezat ; A Milan, chez Giegler ; A Naples, chez Borel ; A Saint-Pefersboitrg, chei Weyer; A Berlin, chez Schelinger ; A Fienne, chez Schaumburg. dii ;es. ' TABLE DES MATIERES. Popcf Lois des phenomines dv magndtisme par rotation ; Saigey. ... i ]^la8ticit£ des corps qui cristalUsent reguliferement; Savart. ... 17 Sur les canaux de navigation, consider^s sous le rapport de la chute et de la distribution de leurs ^cluses ; Girard sj Encre indd^bile; Braconnot 3o Rechercbes sur le rhodium et !e palladium ; Berzdius 35 Snr la liqueur fumante de Boyle ; Gay-Lussac 55 Influence de la liquefaction sur le volume et la diiatabilit6 de quel- ques corps ; Erman 67 Densite des alliages, et leur point de fusion; Kuppfer 60 Ablation d'un cancer au scin pendant Ic sommeil magn^tique ; J. Cloqnet 65 Additions au memoire sur les Beiemnites ; Baspail 65 Sur le genre ffieroc/oe et le /(Ssfuca /?a6c//a(a; id "d Ezamen critique d'un travail de M. Guibourt sur I'amidon et Thor- deine; 90 Cholest^rine dans I'huile du jaune d'oeuf ; Lecanu 109 Coloration de la r^siue de Gaiac Ibid. Decomposition des sulfates par les substances organiques; Vogel. — Terrains houillers. — Terrains tertiaires • . 110 Minerais de fer analogues aux breches osseuses 112 Gites de manganese de Boman^che. — Flore et pomone fran9aise. . 1 13 Communication des vaisseaux ut^rins et placentaires. — Branchies du foetus 1 1 5 Ossification du corps vitre. — Emploi de la ventouse, des ligatures et de la saign^e generate et locale dans les plaies envenimees, ... i?.3 Phalanger de Cook 1 26 Diverses espfeces d'hyfenes fossiles. — Caractercs sp^cifi ques des lezards. 1 27 Pastenague fluviatile du Meta 129 Tengyra sanvitali et Methoca ichneumonides accoupl^s ensemble. — Esp^ces nouvelles de carinaires i5o Globules chromophores de plusieurs mollusques cephalopodes. . . i3i Litiope, nouveau genre de mollusques.— Avis aux zoologistes. . . . i32 Examen critique du travail de M. Barruel sur les principes odorans du sang, et sur les caracteres propres ^ distinguer les taches jaunes de la surface de I'estomac i35 Terrain-^ lignites. — Deux espices de Myrrhes i43 Puitsfords i44 Stances de I'Academie des sciences i45 Fleurs artificiellcs en cire i53 Necrologie i53 Coteries scientifiques i55 Annonces d'ouvrages 129-144 DB l'iMPHIUEBIE DB PtiSSAM BT C", BCE OE VADGIBABD, n° l5. ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION , COMPRENANT l'AsTRONOMIE, lA PhYSIQXIE, tA CbiDIIE, LA MiKEBA- LOGIE, tA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET l'AnATOMIB DES DEUX regnes, laBotaniqxje, laZoologie; les Theories mathematiques, et les pbincipaies applicatioss de tottes ces sciences a la Meteorologie, a l'Agbicultcre^ adx Arts et a la Medecine; PAR MM. SAIGEY ET RASPAIL. TOME II, n"2. — M^/ 1829. PARIS, AU BUREAU DES ANNALES, RUE DE VAUGIRARD, N- i; Ces Annates paraissent le premier de chaque mois, par numeros de dix I'euilles, de 58 lignes a la page, et accompagnis chacun de 4 planches gravees. Trois numeros forment un volume, terminc par une table alphabetique. Les k-ttiesetpaquets relatifs 4 la redaction doivent etre envoyis, franc deport, ii I'adrcsse de MM. Saigey et Raspail, rue de Furstemberg, n" 6. PRIX DE L ABUNNEMENT: Pour Paris P° l"''"^' P^"" ^"z . ) i5 trancs pour six mois. T)„ I J , ,_ ( 36 fi-ancs par an. rour les deparfemens. < « r ^ \ la francs pour six mois. Pour I'efranger i ^^ ^''^°" P^' *": . ° I 21 Irancs pour six mois. Cliaque num^ro se vend separ^ment, 4 francs pour Paris , 4 francs 5o oenS. pour les departemens, et 5 francs pour I'^tranger. ON SOBSCRIT : A Paris, chez Baudouin freres, rue de Vaugirard, n" 17 ; Dans les departemens, chef tous les libraires correspondans ; A Londres, chez Treuttel et Wi'iitz; A Bruxettes, chez Lecharlier ; A Ftorence, chez Piatti ; A Lcipslcli, chez Michelson ; A Turin, chezBocca; A Geneve, chez Barbezat ; A Milan, chez Gicgler ; A Naples, chez Borel; A Saini-Petersbourg, chez Weyer; A Berlin, chez Schelinger; A Vienne, chez Schauinburg. SUITE HE LA TABLE DES MATIERES. Programme de la Soci6t6 teylArienne pour I'annee 1829 522 PUobotus tedipus; Moatagne. . . . • 323 Mycologie en cire; Baspail et Talrich 324 Errata 328 Nota. Le retard qu'6prouve la publication des Annates est independant de la volontc des redacteurs, et Ics causes qui I'ont occasione sout sur le point de disparaitre. I)F. l.'lSll"BI>M-;niE DB I'LASSAX Kr C" , BIE DE VAICIBARD, H" iS. TABLE DES MATIERES. Page* Lois des ph^nomunes du magn^tisme par rotation; Saigey. . . . i53 Sur I'influence magn^tique du rayon violet; Zantedeschi 173 Nouvelles recherches sur la chaleur specifique des gaz ; Delarive et Marcet 176 Examen chimique de I'iridium ; Berz^lius 187 Bemarques g^nerales sur I'analyse organique 307 Deviations physiologiques et metamorphoses r6elles du Lotium ; Raspail. 235 Anatomie comparee de deux especes de Strongylus qui vivent dans le Dclphinus Phocmna ; le meme 244 Notice sur plusieurs especes de L^pidopt^res nouveaus du midi de la France; Rambur 255 BULLETIN ANALYTIQUE. Plan invariable du systeme solaire ; Poinsot 269 Couleurs des r^seaux ; Babinet ' . . . . 272 Thermometre i maximum et h minimum ; Lechevalier 274 Ecoulement et pression du sable ; Huber-Burnand 275 Sur le Sodium ; SAruUas. — Oxide de manganese purifi6 ; Lassaigne. 276 Lettre de M. Braconnot sur son encre indilebile. — Examen chimique du cwrare; Pelletier et Petroz. — Acide aspartique; PHsson. . . . 277 Procedd pour extraire I'uree ; Henry fils. — Nouveau combustible fossile ; Macaire-Prinsep 278 Precedes divers pour la conservation des substances animates et vege- tslcs 279 Examen de I'analyse faite par M. Caventou , d'un sang offrant des caracteres particuliers j8i Sur la necessite d'etre prudent en medecine legale 283 Reaction singulifere de I'acide sulfurique sur I'albumine de I'oeuf de poule ; Raspail 287 Recherches sur I'organisation des tiges des cycad6es ; Ad. Brongniart. 290 Flore bordelaise ; Laterrade 202 Cours de physiologic comparee ; Blainville 293 Sur les habitudes du Lampyris noctituca ; Recluz 290 Tome XIV des Actes de Bonne 3oo Specimen malm conformationis encephali capitis et pelvis viri ; Weber. Espfeces nouvelles de crustacees; Otto 5ot Calamites resultant du systfeme de la contagion et de I'infection. . 3o2 Cours de zoologic et d'agriculture du Museum 3o5 Eau-de-vie, antidote de la bifere ; Recluz. — Academic des sciences de P"'« 307 Seance publique; Rapport annuel 3,0 Necrologie de M. Abel, geometre norwegien 3,7 Herbier de Linne 32, ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION , COMI'RENANT L'AsTUONOMIE, LA PhYPIQIE, LA ChIMIE, LA iMlSEBA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET l'AnATOMIE DES DEtX REGNES,LAB0TAMgiE,LAZ00L0GIE; LES ThEOBIIES MATHEMATIQUES, ET LES PRINCIPALES APPLICATIONS DE TOITES CES SCIENCES A LA Meteorologie, a l'Agriciltuue, aux Arts et a la Medecine; PAR MM. SAIGEY ET RASPAIL. TOME If, Wo.—JUIN 1829. PARIS, AU bureau DES ANNALES, RUE DE VAUGIRARD, N« 17. Ccs Jnnulcs paiaissent le premier de cliaque mois, par numeros dc dix feuilles, de 38 lignes a la page, ct accompaghes chacun de 4 planches gravees, Trois numeros Torment im volume, lerminc par une table alphabetique. Les lettrcset paqucls relatil's a la redaction doivent etre cnvoy6s, franc deport, a I'adrcsse dc MM. Saigey et Raspail, rue dc Furslembcrg, n° 6. PRIX DE L ABONNEMENT : . < 5o francs par an. lour fans ^ ^j francs pour six mois. -, , , , I 56 francs par an. Pour les departemens. <| ^g j.^^^^^ j^^^,^ ^j^ ^^-^^^ _ „, I 42 francs par an. Pour lelranger. • • • <( 3, francs pour six mois. Cliaque numero se vend separement, 4 francs pour Paris , 4 francs 5o cent. loiir les departemens, ct 5 francs pour I'i'trangcr. ON souscRir : A Paris, chez Baudotiin freres, rue de Vaugirard, n" 17 ; Dans les departemens, chei. tons les libraires correspondans ; A Londrcs, chez Treuttel et Wiirtz; A Bruxclles, chez Lecharlier ; A Florence, chez Pialti ; A Lcipsich, chez Michelson ; » A Turin, chezBocca; A Geneve, thcz Barbezat ; A Milan, chez Giegler; A Naples, chez Borel; A Sainl-Peicrsbourg, chei Weycr; A Berlin, chez Schelingcr; A Fienne, chez Schaumburg. TABLE DPS MATIERES. Pages Experiences dti pciulule faites a Knenigsberg; Bessel 32