. m HE y LIBRARY OF 1885- IQ56 ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. IMPRIMERIE D'IIIPPOLYTE TILUARD, Rue Sl.-Ilyiiciniln-Sl.-Mioln I, 5o. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. Natura maxime miranda in minimis. TOME HUITIEME. PARIS, PITOIS-LEVRAULT ET C iB , LIBRAIRES. RUE DE LA HARPE , 81. 1859. ANNALES 1)E LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. MEMOIRE SUR DEUX GENRES REMARQUABLES DE CURCULIOMTES DU CHILI. Par MM. Gay et Solier. (Séance du 21 novembre 1838.) Quoique les insectes que nous allons décrire doivent faire partie d'un travail encore inédit sur les Coléoptères du Chili du voyage de M. Gay, nous avons pensé qu'il serait convenable de publier par anticipation quelques genres remarquables, afin de les faire plus tôt connaître, (la fin de notre travail ne pouvant être prochaine) , et d'assurer ainsi à M. Gay la découverte de ces insectes^ bien faible récompense des travaux immenses qu il exé- cute dans le Chili pour l'avancement des sciences natu- relles. D'ailleurs, comme l'on accueille en général avec indulgence ou avec faveur une monographie d'une fa- mille d'insectes, nous avons pensé qu'il en pourrait être de même de la monographie d'un genre. Nous espérons aussi que les détails anatomiques que nous donnerons sur la bouche des insectes qui font le sujet de ce mé- moire ne seront pas sans utilité. Nous commencerons. 6 ANNALES d'abord par deux genres de la riche famille des Curai- lionites, en nous guidant sur l'excellente monographie de M. Schoenlierr. Le premier de ces genres présente quatre espèces très distinctes que l'on serait tenté de diviser en deux si l'on tenait compte du faciès; mais, en les examinant plus attentivement, on peut reconnaître qu'elles offrent de grands rapports d'organisation, et qu'elles s'éloignent moins dans leur forme générale qu'un premier coup d'œil ne le ferait présumer. L'Eublepharus rouLeti sem- ble s'éloigner des autres par l'organisation de ses mâ- choires, ou tout au moins par les lobes de ces organes. L'interne (1), ou lobe mineur d'après Germar, présente dans deux espèces trois longues dents cornées vers le bas de ce lobe , plus robustes que les autres et môme les seules existantes dans le Schoenherri. Ces trois dents ne se distinguent point des supérieures dans le Germari,etenùn on n'en voit aucune dans le Rouleti, car il ne faut pas re- garder comme telles les poils réunis en touffes dont quel- ques unes ressemblent à des dents ; car ces poils situés à la partie supérieure nous semblent appartenir au lobe ex- térieur, ou lobe majeur, selon M. Germar. Si l'on prenait en considération ces différences organiques des lobes des mâchoires, on devraitisolerleZtou/c£/des trois autres par cette définition : « Lobe interne des mâchoires inerine ; » et les trois autres seraient distingués par ce caractère: « Lobe interne des mâchoires ayant plusieurs longues » dents dont les trois inférieures, quelquefois seules, (4) Quoique! soit bien difficile de distinguer les deux lobes, nous ne doutons pas cependant que celui dont il est ici question ne soit le lobe intérieur, sa position le faisant présumer ainsi. On dirait que dans ces Curculionites les deux lobes sont réunis en un seul ; ils nous ont. cependant paru distincts dans le Schoenherri et dans le liouleti. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 7 « généralement plus robustes et cornées, rarement à peu « près égales aux autres.^ Mais, outre qu'il pourrait se faire que chez le Bouleii le lobe interne eût été endom- magé ou qu'il fût replié en partie en dedans de la bouche, cequ'on ne pense cependant point, l'observationayantété faite sur plusieurs bouches et les mâchoires examinées sur toutes leurs faces } outre l'incertitude que peut pré- senter ce caractère, disons-nous, comme il est d'une dif- ficile observation dans ces insectes et que ces deuls ont peut-être peu d'importance , nous n'avons pas hésité à réunir les quatre espèces qui nous sont connues et qui pré- sentent un ensemble d'organisation assez remarquable, à l'exception des antennes, qui sont plus grêles (les ar- ticles étant manifestement plus allongés) chez le Ser- villei, mais dont les proportions respectives sont à peu près les mêmes que chez les autres. Notre genre Eublepharus , dont l'élymologie signifie grosse paupière, par ses antennes coudées, de douze arti- cles, par la forme de son rostre et celle du scrobs , nous paraît appartenir à la division de Entimides de Schœn- herr; et nous le plaçons dans la deuxième subdivision de ces insectes, quoiqueles él) très recouvrent des ailes rudi- mentaires, mais nullement propres au vol. La forme très oblongue de leur corps et les angles huméraux très peu ou point saillants, sont des caractères qui donnent à ces insectes plus de rapports avec ceux de cette subdivision qu'avec ceux de la première. Dans la deuxième subdivi- sion des Entimides, Schœnherr ne cite que trois genres : Hipporhinus, Epirhynckus et Prypnus. Notre genre dif- fère du premier de ces trois par les yeux orbiculaires, très saillants, et dont l'orbite est relevé à la partie supé- rieure en forme de tubercule ou de corne, comme chez les Bracltyccrus; le prothorax, plus allongé el plus cylin- ANNALES driquc, s'avance en dessus vers la tête en un lobe chargé de deux élévations tuberculeuses Les élytres des Enblc- pharus présentent également deux élévations semblables ou callosités plus ou moins saillantes, que Ton n'aperçoit chez aucun des Tïtpperhmus qui nous sont connus; le rostre estnotablementbossu entre les antennes. Outre ces différences, les mandibules de notre genre sont plus sail- lantes, aiguës et unies ou bidentées au côté intérieur, tan- dis que celles de I' Hipporhinus verrtioosus sont courtes, concaves en dedans et coupées carrément en forme de gouge (r. Les EùBtephanis se distingueront des Bptt- rkyhchm par les antennes à deuxième article du funicule aussi long ou plus long que le premier, et dont les suivants sont plus ou moins courts, mais non perfoliés et serrés, ainsi que l'indique Schœnberr pour son genre. Les yeux saillants et le prothorax subcylindrique pas sensiblement transverse, ne peuvent permettre de réunir nos insectes aux Epirrhynchns, genreau reste qui ne nous est connu , ainsi que le précédent , que par la description du savant monographe que nous venons de citer Enfin, nous ne pouvions réunir nos insectes au genre Prypmis, qui nous est également inconnu, à cause du rostre, qui ne peut con- venir à la description de celui de ce genre, et à cause du prolhorax avancé en lobe au-dessus de la tète et sur les cô- tés près des yeux. Les antennes de notre genre paraissent aussi différer de celles des F/ypiius parle scâpe, qui n'at- teint pas fout à fait lesyeux. D'après ce qui précède, nous n'avons point douté que nos insectes ne dussent consti- tuer un genre particulier inconnu de M. Schœnberr, et auquel on devra probablement réunir les Cureulio sûû- (t) Le menton offre aussi quelques différences , mais m.oïns pro- B,o'nçées. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 9 wosus et prosns d'Olivier, à en juger du moins par les li- gures de ces deux espèces, qui nous sont inconnues. Avant d'exposer les caractères de ce genre et donner la description des espèces qui le composent, nous allons com- parer le deuxième genre que nous décrivons avec ses congénères. Comme pour le précédent , le Chili nous a fourni jus- qu'à présent quatre espèces du genre Physothorus à tho- rax renflé, dont nous allons parler (1). Ces insectes se distinguent par un canal creusé sur la poitrine pour rece- voir le rostre(ce qui les rapproche desCryptorhynchides de M. Schœnherr), ensuite par l'extrême longueur des pattes antérieures, dont les tarses ont les deux premiers articles ciliés de très longs poils ; le troisième, court et fortement bilobé, est le seul couvert en dessous de brosses de poils ; tous ces caractères indiquent que ce genre doit se placer à côté des genres Macromerus et Cœlosternus.Le genre Me- copus, qui ne nous est pas connu, a bien aussi les pattes très longues; mais, outre qu'elles sont grêles, le funicule de ses antennes n'ayant que six articles et ses yeux très srands étant presque connivents au-dessus de la tête, nos insectes ne peuvent se réunir avec ceux présentantde tels caractères. Si nous le comparons actuellement aux deux genres que nous avons cités précédemment, nous ver- rons que, parla massue remarquable des antenues du Cœ- losternus , par ses cuisses antérieures unies ou biden- tées, et par ses tarses plus grêles, on ne peut lui réunir nos Physothorus. C'est donc avec le genre Macromerus que les insectes qui nous occupent ont le plus de rapports. Les antennes de ce genre ont les quatre premiers articles du 1 Ou tout au moins trois espèces, si le Lœviroslris n'était que la femelle clu Maillet, ce dont nous n'avons \m nous assurer. 10 ANNALES funicule allongés , obconiques ou légèrement renflés en massue, le premier étant sensiblement plus court que le deuxième dans notre genre; les deux premiers articles seulement sont étroits et allongés, le premier étant nota- blement le plus long; le troisième est assez court et ob- conique; les trois suivants sont globuleux, et le septième légèrement transverse et embrassant presque la base de la massue, courte, ovale, et ne paraissant composée que de trois articles, le terminal étant très petit. Cbez les Ma- cromerus, les ély très, peu convexes, sont plus larges à leur base que le prothorax. Dans les Physothorus, ces élytres, raccourcies, connées et fortement convexes , sont plus étroites que le prothorax subglobuleux , avec une espèce de tubulure vers la tète. Sa base est tronquée comme celle des élytres, tandis qu'elle est bi-sinuée chez les iVacrome- rus.Chez ces derniers, les yeux, plus grands, sont plus rap- prochés au-dessus de la tète, et le rostre est plus étroit et plus arqué. Les deux premiers articles des tarses sont beaucoup plus étroits que chez les Physothoj-us. Enfin, chez ces derniers, la partie du canal pectoral située sur le nicsosiemum se prolonge un peu moins en arrière, et ses bords sont très fortement relevés, et forment un demi- cylindre obliquant le plus souvent vers la tète et quelque- fois presque droit. Le renflement et la grandeur du pre- ihorax donnent aux quatre insectes qui composent notre nouveau genre un aspect particulier très remarquable, qui, joinlaux différences caractéristiques que nous venons de signaler, nous ont paru mériter sa création. Nous n'avons point comparé nos Physolhorus avec les Zygops et autres genres voisins formés aux dépens des PœcUma de Germar, parce que chez ces divers insectes ce sont les pattes postérieures qui sont les plus écartées et les plus lougucs. tandis que dans le genre que nous con- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1 1 sidérons ce sont les pâlies antérieures qui présentent le plus d'écarlement à leur insertion et dont la longueur est la plus notable. Nous allons signaler maintenant les caractères propres aux deux genres Eublepharus et Physothorus , et nous décrirons les espèces qui les constituent. 1° Genre Eublepharus, Gay et Solier. (PI. 1 , fig. 1 à 15.) Menton le plus souvent subreclangulaire, non rétréci ou se rétrécissant près de la base, rarement légèrement subcordiforme, toujours porté sur un pédoncule très long, sinué sur les côtés et très fortement échancré en arc de cercle à sa partie antérieure (fig. \ , 0, 15). Mâchoires courtes, épaisses : les deux lobes qui la ter- minent semblent réunis et n'en former qu'un seul affec- tant différentes formes. L'interne rarement inerme, or- dinairement armé de dents cornées ou subcornées, quel- quefois égales et quelquefois inégales, les trois infé- rieures, les seules existantes dans une des espèces, étant plus robustes et plus cornées (fig. 2,5, 7, 40 et 15). Palpes maxillaires très courts, de trois articles trans- verses, s'emboîlant les uns dans les autres à peu près comme les articles de la massue des antennes, et dimi- nuant successivement de grosseur [fig. 2, 5, 7, îOetlo). Languette à peu près nulle et réduite aux deux renfie- menls palpifères devenus libres comme les deux autres articles des palpes, qui s'insèrent dès lors sur le menton (fig. I,9etl5). Palpes labiaux de trois articles : le premier renflé, ova- laire, oblique et plus gros que le suivant, lequel est cupu- liformc et renferme le dernier, petit, rétréci ou arrondi à 12 ANNALES l'extrémité, et ressemblant à un gland dont le pénul- tième article serait la cupule. Ces deux derniers sont quel- quefois insérés sous le premier, repliés en dedans de la bouche, et ne sont apparents qu'en regardant le palpe sur le côté (fig. 1 , 9, 11 , 43 et 14). Mandibules assez allongées, un peu creusées en dedans , généralement aiguës, au moins celle de droite -.cette der- nière bidentée avec la dent inférieure, quelquefois tron- quée; celle de gauche unidentée (fig. 4 et 12). Labre nul.Epistomc saillant, subrectangulaire et légè- rement échancré antérieurement ( fig. 4 et 12 ). Scrobs , ou canaux des antennes, très profonds à l'in- sertion de ces organes, situés d'abord en dessus, et s'incli- nant ensuite vers la partie inférieure, où ils s'élargissent et sont beaucoup moins profonds. Rostre gibbeux entre les scrobs, élargi antérieurement et vertical. Tête globuleuse. Yeux latéraux orbiculaires et très saillants, leur orbite relevé en dessus en tubercule cornu {fig: 4 et 5). Autennes de douze articles généralement épaisses, ra- rement grêles. Scape , ou premier article, épais en mas- sue et atteignant à peine le milieu des yeux. Funicule de sept articles , les deux premiers plus longs que les autres et quelquefois d'une manière notable, à peu près égaux, coniques ou en massues 5 le troisième plus court que les précédents, mais un peu plus long que les suivants, co- nique ou obeonique; les quatrième, cinquième et sixième généralement courts et globuleux , rarement oblongs et coniques; le septième, plus large que les précédents, le plus souvent transverse, rarement conique, semble em- brasser la massue et en faire partie. Cette dernière, ovale, courte ou légèrement oblonguc (fig.-i et 8). DE LA SOCIÉTÉ ENMMOLOG1QUE. 13 Prothorax subcylindrique , ou à peine élargi dans le milieu, avancé sur la tète en lobe le plus souvent bitu- berculeux, fortement échancré à son sternum et lobé près des yeux. Corps allongé, subfiliforme, ou élargi vers la partie pos- térieure, ou à peine ovalaire. Élytres embrassantes, plus ou moins calleuses avant l'extrémité, à peine plus larges à leur base que le protho- rax, et recouvrant des ailes avortées. Pattes robustes, médiocrement longues. Cuisses à peine en massue dans la plupart. Tibias velus, filiformes; les antérieurs un peu courbés à leur extrémité et armés d'un petit éperon. Tarses généralement courts et larges, à trois premiers articles presque égaux , rarement les deux pre- miers a!longés,plus étroits que le troisième,toujours court et composé de deux lobes suborbiculaires. Ces trois arti- cles garnis en dessous de poils serrés, en forme de brosse. Voici comment on peut résumer ces caractères (1) : Menton bien apparent, subcarré ou cunéiforme, porté sur un long pédoncule, fortement lunule antérieuremen! . Palpes maxillaires très courts, de trois articles trans- verses diminuant de grosseur et emboîtés les uns dans les autres. Languette nulle ; palpes labiaux de trois articles: le premier renflé, plus gros que les autres^ le deuxième cu- puliforme, renfermant la base du dernier, petit et en forme de gland. Mandibules allongées , plus ou moins aiguës et uniden- tées, celle de droite quelquefois bidenlée. Yeux très saillants, latéraux et orbiculaires, à orbites relevés en tubercule cornu. (1) L'on a souligné ceux qui distinguent principalement le genre des trois du même groupe. 14 ANNALES Antennes à funicule de sept articles 5 les deux pre- miers allongés, coniques ou en massue, le septième plus gros que les précédents et emboîtant la massue ovale, de quatre articles serrés et à peine distincts. Prothorax subcylindrique , ou à peine élargi dans le milieu , lobé au-dessus de la tête et sur les côtés , forte- ment échancré en dessous. Corps étroit et allongé. Elytres embrassantes, à peine plus larges ou égales, à leur base, au prothorax, calleuses près de l'extrémité, et recouvrant des ailes rudimen- taires, impropres au vol. Rostre penché et vertical, épais, élargi antérieurement ci gibbeux entre les se robs; ceux-ci très profonds, à bords tranchants au point d'insertion des antennes. Nous donnerons, avant de les décrire, une analyse des principaux caractères distinguant les quatre espèces qui nous sont connues. non rugueux : ar- [ étroits et coniques : élytres ticles 4 à 6 dul ayantdeuxcallositéssurcha- funicule des an- ] cune , dont une plus petite. 1. Servillei. termes: \ /courts, globuleux:une seule f callosité sur chaque élytre. 2. Roxileli. 'entièrement noires comme le reste du corps ; leurs sil Ions et les plis transverses plus réguliers : callosités i très obtuses *>• fortement ru- 1 gueux : callosités des élytres petites ou moyennes, Schuenherri. s /avec de petites écailles co- lorées formant des bandes plus ou moins larges : lignes i élevées, transverses, parta- Lly très : / g eanl les sillons , plus écar- tées et plus irrégulières:cal- losités plus petites et plus aiguës 4. Germt DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 15 premiÈiie division. {Eublepharus.) Prothorax subcylindrique non rugueux sur le dos et sans étranglement sensible à la base. Angles huniéraux peu marqués et plus ou moins émoussés. Arrière-corps subcylindrique chez les mâles, et plus ou moins élargi de la base à l'extrémité chez les femelles : élylres brusquement penchées en arrière et fortement calleuses à l'inflexion. Gibbosilé longitudinale du rostre courbée en avant et en arrière de manière à former un creux entre les tuber- cules superoculaires et l'insertion des antennes (fîg. 4). Palpes labiaux de trois articles bien apparents, les deux derniers non courbés au-dedans de la bouche, ni cachés par le premier (fîg. 1 ). PREMIERE SUBDIVISION. Antennes grêles : tous les articles du funicule étroits , notablement plus longs que larges et obeoniques. Lobe interne des mâchoires denté en dedans. Cuisses plus forte- ment renflées en massue ; les deux premiers articles des farses plus étroits et plus longs. I. Eublepharus Servillei, Gay et Solier. Long. 10 à 15 mil]. Larg. 3 à 5 mill. (1). Niger , oblongus , mas subcylindricus , fœmina postice sensim maxime dilatata.Prothorace cylindrico ante valde bituber- culato , dorso laxe puncto-granulato. Elytris subtilisseme granulatis, punctato-striatis, lateribus plicatis , ante api- (1) Dans la longueur on ne comprend pas le rostre, qui est verti- cal. La largeur a été mesurée à la partie correspondante aux callosités des élylres. 16 ANNALES cem quadricallusii) postice cita alba sqttamata. Pectore ab- domineqxie squamulis albidis maculât is. Antennis pedi- busque ^racilioribus nigris. Femoribus valde clavatis versus apicem albido einetis. Cette espèce, bien distincte des suivantes par ses an- tennes grêles, avec les articles du funicule tous plus ou moins allongés et obconiques, et par ses pattes moins épaisses, et dont les cuisses sont plus notablement ren- flées en massue avant leur extrémité, se distinguerait en- core d'elles, et en particulier du Roulai, dont elle se rapproche davantage, lors même que ces caractères im- portants viendraient à manquer. D'un noir assez obscur, allongé. Arrière-corps s'élargis- sant à peine de la base vers les callosités postérieures des élytres chez le mâle, mais plus notablement dilaté chez la femelle. Entre les yeux et la gibbosité du rostre on voit de petites écailles blanches, et en arrière des yeux > sur la tête, deux taches rondes formées par des écailles semblables. Tubercules superoculaires, gros, obtus et plus rapprochés. Prothorax subcylindrique très faiblement rétréci vers sa base , à lobe antérieur avec deux gros tu- bercules obtus. Base légèrement sinuée et velue. Dos de ce prothorax ayant des petits points enfoncés, écartés, et au milieu desquels on distingue une légère granulation. Côtés tinement granuleux et marqués en arrière d'une tache blanche, irrégulière, formée par de petites écailles. Élytres couvertes de très fines granulations, plus serrées et plus prononcées sur les côtés et à l'extrémité que sur le milieu du dos. Elles ont des rangées de points oblongs, bien marqués. Leur base, un peu plus large que celle du prolhorax, est comme échancrée, et la partie del'écus- son pénétrant dans leur suture est renflée et comme glo- buleuse , cependant un peu oblongue. On voit quatre DE LA SOCIÉTÉ EfTOMOLOGIQUE. 17 callosités avant l'extrémité ; les postérieures très fortes, et les antérieures légèrement marquées. Ces dernières et l'intervalle qui les sépare, couverts de granulations aussi serrées que sur les côtés , imitant , vues à la loupe , une bande noire distincte du fond des élytres. Chacune d'elles présente en arrière de la callosité postérieure une bande formée par des écailles blanches , généralement un peu arquée , quelquefois bifurquée vers le haut et quelquefois accompaguée seulement d'une petite tache en forme de point et distincte de la bande. Ces deux cas se présentent quelquefois réunis sur un certain nombre d'individus. La poitrine et l'abdomen ont trois rangées de taches blan- ches, écailleuses comme les précédentes; une médiane et les deux autres latérales. Ces taches, quelquefois con- fiuentes, forment sur l'abdomen des bandes transverses. Chacune des cuisses est entourée, un peu avant l'extré- mité, d'un anneau blanc également écailleux. Du Chili. Voyage de M. Gay, notamment dans la pro- vince de Valdivia et dans l'archipel de Chiloë. DEUXIÈME SUBDIVISION. Antennes épaisses : articles du funicule, de trois à sej t courts, de quatre à six suborbiculaires : lobe interne des mâchoires, inerme.Les deux premiers articles des tarses courts et larges. II. Eablcpharus Rouleli, Gay et Solieu. Long. 13 à 19 mill. Larg. 3 { à 6 mill. (PL l,fig. 5.) Niger oblongus, mas subcylindricus, fœminapostice vix dit-i- tata. Prothorace rylindrico laxe pimctulato aute hand mit vin. 2 18 . ANNA IMS visB bituberculato. Elytris taxe granulatis obsolète punctato, striatis ante apicem valde bicallosis.Postice maculis squam- matis albido cœrulescentibus duabus. Pectore abdomincqur squammis cœruleo-albidis maculatis. Antennis crassis. Fe- moribus ante apicem squammis cœruleis cinctis in-aliquibus, maculis squammatis albidis aut luteis. Var. A. Elytris transversim plicatis et striis punctatis ma- yis distinctis. Généralement plus grand et plus étroit que le précédent , surtout chez la femelle, qui s'élargit peu vers la partie postérieure, qui est seulement un peu moins cylindrique que dans le mâle. Tubercules superoculaires plus aigus, sensiblement plus écartés et séparés par un sillon longi- tudinal s'étendant sur une partie du rostre, dont la base est couverte de petites écailles blanchâtres ou jaunâtres, et ayant souvent une teinte bleuâtre. Prothorax subcy- lindrique, à dos presque lisse, avec quelques petits points écartés, de chacun desquels sort un poil court, couché en avant, et remplissant presque entièrement ce point. On voit de chaque côté une tache formée par des écailles semblables à celles de la base du rostre. Les deux tuber- cules du lobe antérieur sont entièrement effacés ou très peu saillants. Leur place est cependant marquée par des poils noirâtres assez nombreux, lorsque ces tubercules manquent complètement. Base du prolhorax sublron- quée et velue. Èlytres un peu avancées vers leur base et recouvrant celle du prothorax, lorsque l'insecte relève ce dernier. L'écusson ne fait aucune saillie apparente entre ces élytres, dont les stries ponctuées, les rides et les granulations sont ordinairement très peu prononcées et même presque entièrement oblitérées. Chaque élytren'a qu'une seule callosité très forte, au-dessous de laquelle on aperçoit de chaque côté de la suture une tache formée DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19 d'écaillés semblables à celles des côtés du prothorax. La poitrine et l'abdomen ont des taches semblables à ces dernières. Les cuisses ont un anneau , un peu avant les genoux, formé d'écaillés généralement bleuâtres, mais quelquefois blanchâtres, plus rarement jaunâtres. Abdo- men couvert de gros poils noirs , courts et couchés en arrière. Dans la var. A, les plis transverses des élytres et leurs stries ponctuées sont bien marqués. Du Chili. Du voyage de M. Gay dans les localités déjà citées. deuxième division. (Ceropsis.) Prothorax à dos rugueux, moins cylindrique, un peu renflé dans son milieu, et présentant un étranglement près de la base. Angles huméraux marqués par un tuber- cule qui les fait paraître aigus. Arrière-corps, semblable dans les deux sexes, plus ou moins ovale. Antennes, pattes et tarses épais. Les deux premiers articles de ces derniers courts et larges. Callosités des élytres petites ou moyennes. Ces dernières peu penchées en arrière de ces callosités. Elévation longitudinale du rostre allant en ligne droite depuis les tubercules superoculaires jusqu'à l'extrémité des crobs, et se bifurquant depuis l'insertion des an- tennes. Deux derniers articles des palpes labiaux courbés en dedans : on n'aperçoit que le premier article en regar- dant la bouche par sa face inférieure. III. Eublcpharus Schœnherri y Gay et Sol. Long. 16 à 20 mill. Larg. 5 à 7 mill. Niger oblongus. Capite suprà profunde et late sulcato. Pro- thorace dense sinuato-rugoso , ante bitubereulato. Elytris 20 ANNALES ante apice in mediocriter obtuse callosis , sulcatis. Intersti- tiis granulatis, costatis, lineis transversis numerosis, paral- lelibusquejunctis. Entièrement noir, oblong subparallèle. Angles numé- raux légèrement saillants et paraissant légèrement aigus à cause d'un petit tubercule situé sur chacun d'eux. Tête avec un sillon profond et large, se prolongeant entre les tubercules superoculaires très gros, très saillants et obtus au bout. Gibbosité longitudinale du rostre avec un sillon longitudinal dans le proloDgement de celui de la tête. Dos du prothorax couvert de lignes élevées, tlexueuses, très prononcées et irrégulièrement entremêlées. Partie de l'écusson entrant dans la suture des étytres suborbi- culaires, légèrement oblongue et très relevée. Elylres couvertes de nombreux sillons partagés transversalement parles lignes élevées, nombreuses, parallèles, formant des rangées de grandes fossettes, et réunissant les inter- valles entre les sillons. Ces intervalles étroits, cosli- formes et finement granuleux. Le quatrième un peu plus relevé et plus court que les autres , et épaissi à son extré- mité postérieure en callosité médiocre, obtuse et liss<». Le troisième et le cinquième se réunissent en cercle au- dessous de celte callosité. Les intervalles suivants se joi- gnent, en se courbant, au deuxième; le premier ne se joint qu'au neuvième et tout près de l'extrémité. Ce neu- vième , ou le dernier, bien marqué en arrière et peu dis- tinct, du moins comme intervalle saillant ou côte, dans les deux tiers antérieurs. Abdomen couvert de points en- foncés, du milieu de chacun desquels sort un gros poil noir couché en arrière. Des mêmes provinces que les précédents. DE LA SOCIÉTÉ ENTÔMOLOGIQUE 2L IV. Eublepharus Gcrmari, Gay et Sol. Long. 11 à 17 mill. Larg. 4 { à 7 mill. Oblongo-subovalis, niger squammis cœruleo-albidis variega- tus. Capite inter oculos fossulato. Prothorace laxe punc- tato-rugoso. Elytris reticulatis cinereis vel cinereo cœru- leis, fasciis tribus nigris abbreviatis. Callis posticis minutis acutis. Var. A. Elytris nigris, sutura lineisque angustissimis trdnsversis per pares junciis cœruleo-albidis. Moins oblong, un peu plus convexe que le précédent et subovalaire , l'arrière-corps étant plus rétréci vers la base des élytres. Angles huméraux ayant chacun un tu- bercule très aigu les faisant paraître saillants. On voit sur la tête, entre les tubercules superoculaires moins gros et plus aigus, une fossette orbiculaire ou peu obIongue,en avant de laquelle se présente sur le rostre une ligne élevée, lisse, allant jusqu'à la bifurcation de l'é- lévation longitudinale. Tergum du prothorax couvert en dessus de plis élevés, sinueux, moins nombreux que chez le précédent, étroits antérieurement et sur les côtés, et plus larges et moins saillants sur le dos à la partie pos- térieure. Ces plis forment des fossettes au milieu des- quelles on voit une petite écaille cendrée ou cendrée- bleuàtrc. Eiytres couvertes d'écaillés de même couleur, et ayant chacune trois bandes n'atteignant ni la suture , ni le bord extérieur, dont la dernière, en forme de tache, située à la partie postérieure. Elles ont de larges sillons interrompus transversalement par des plis moins nom- breux et moins réguliers que chez le précédent, et réu- nissant et interrompant les intervalles cosliformes, ce qui les fait paraître réticulés. Le rostre, l'abdomen ponctué sur les bords des segments , la poitrine et les pattes sau- ■21 ANNALES poudrées de petites écailles semblables à celles qui ornent les élylres. Du Chili. Du voyage de M. Gay dans les provinces déjà citées. Genre Physolhorus. (PI. 2, fig. de là 5.) Menton très long et étroit, subfiliforme, échancré à l'extrémité de manière à former une dent de chaque côté, et paraissant soudé avec son pédoncule, la suture étant peu ou point apparente. Echancrure progéniale très profonde et atteignant l'extrémité du premier ar- ticle des palpes labiaux {fig. 1). Languette presque semi-orbiculaire, pédonculée à sa base et trilobée antérieurement par les fossettes des palpes entièrement apicales {fig. 1). Palpes maxillaires de quatre articles , dont le premier très gros, rentlé et cupuliforme, débordant notablement de toutes parts l'article suivant, court et obconique Le troisième, plus petit que le second , à peine obconique. Le terminal très petit, étroit, cylindrique et arrondi au bout {fig. 1 et 2). Palpes labiaux , allongés de trois articles diminuant successivement de grosseur: le dernier, étroit et assez long, subcylindrique, arrondi au bou\.{ fig. 1). Mandibules courtes, épaisses , sans dent au côté in- terne [fig. 5). Labre nul. Epislome presque entièrement enfoncé et légèrement échancré antérieurement. Tête globuleuse. Yeux ovales, déprimés, latéraux et écartés au-dessus de la tête. Rostre allongé , déprimé, un peu étranglé dans le milieu, à peine ou point courbé. Scrobs droits, obli quant vers la partie inférieure de la tête (fig. 3> DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 2" Aulenues insérées un peu au-delà du milieu du roslre, de douze articles. Scape grêle, en massue, n'atteignant pas les yeux. Funicule de sept articles : le basilaire étroit, long et en massue au bout; le deuxième, égale- ment étroit et allongé , plus court que le précédent et lé- gèrement obconique^le troisième et le quatrième obeo- niques: ce dernier plus court que le précédent , qui lui- même est notablement moins long que le deuxième 5 le cinquième et le sixième moniliformes; le septième court, cupuliforme et aussi large que la massue ovale-oblongue, de quatre articles : les deux premiers grands et les deux suivants petits , surtout le dernier ( fig. 5). Prothorax très convexe en dessus, subglobuleux, ré- tréci antérieurement, lobé en dessus et sur les côtés près des yeux , et échancré en dessous {fig. 4). Poitrine avec un canal , pour le roslre, s'étendant jus- qu'aux pattes intermédiaires. Mesosternum offrant, en avant des hanches de ces pattes, une forte saillie en demi-tube, et recevant l'extrémité du rostre. Premier segment de l'abdomen, vu en dessous, ren- flé; les trois ou quatre suivants très courts, sublinéaires, transverses. Pattes longues^ les antérieures beaucoup plus que les autres. Tibias de ces dernières plus ou moins compri- més, au moins dans un des sexes, fortement courbés au bout, éperonnés et ayant trois épines terminales, dont une plus forte éloignée des deux autres inégales , un peu courbes , insérées à peu près au même point, à la base de l'éperon, et paraissant n'en faire qu'une en regar- dant le tibia par devant. Un sillon longitudinal en dehors de tous les tibias (jîg. 5). Tarses étroits, allongés, à deux premiers articles étroits et garnis de très longs cils aux parties antérieures. Troi- » ANiNNALES sième article court, plus large que le précédent , divisé profondément en deux lobes orbiculaires garnis en des- sous de brosses de poils. Quatrième article , regardé gé- néralement comme nul , très petit, à peine visible et lié à la base du dernier, étroit , en massue (Jlg. 5). D'après les observations de M. Gay, la démarche de ces insectes est lente et très gênée, mais non saccadée. Us s'arrêtent à chaque instant pour écouter. Us grimpent très bien au moyen de leurs longues pattes antérieures , et se cramponnent encore mieux. Ils se laissent tomber au moindre bruit, et contrefont les morts comme la plupart des curcidionites. Ce genre nous a présenté quatre espèces, dont voici une analyse : très notablement ( plus ou moins tuberculeux, i. Maillef. gibbeuses,protho-\ raxpluslransverse\ Rostre : / lisse et légèrement ponctué. 2. Lœvirostris. f sans taches huméralesrleurs I tubercules formant de'grân- l des fossettes 3. Gaureaui. médiocrement \ fgibbeuses, avec 1 avec une impression anté- un étranglement/ rieure sur le prothorax, et à leur extrémité :\ une tache humérale tripal- elles sont : J mée : leurs tubercules rap- I proches , ne formant point de fossettes: point d'impres- ysion sur le prothorax. . . i. Boyeri. I. Physotîiorus Maillei, Gay et Sol. (PI. 2, fig. (3 et 6.) Niger valide gibbosus subinflatus. Capite punctato , rostin lato asperato. Prothorace magno ralde transverto varia- DE LA SOCIÉTÉ ÈNÎÔMOLOGIQtJE. 2S loso-punctato. Elytris tuberculis numerosis seriatis : serie- bus paribus minoribus. Tibiis angustis parùm depressis. An mas? Entièrement noir, fortement convexe sur le protho- rax et surl'arrière-corps, l'un et l'autre comme renflés. Tète ponctuée. Rostre large, couvert d'aspérités tuber- culeuses entremêlées de points enfoncés. Prothorax très gros , notablement transverse , couvert en dessus de gros plis irréguliers formant de très gros points, oblitérés près de la base et sur l'étranglement antérieur. Elytres fortement gibbeuscs, renflées et couvertes dérangées nombreuses de tubercules, alternativement gros et pe- tits ; les grosses rangées forment comme des côtes élevées et les autres des sillons interrompus. Abdomen couvert de très gros points écartés. Tibias , les antérieurs sur- tout, étroits, peu comprimés. Du Chili. Voyage de M. Gay dans la province de Val- divia et dans l'archipel de Chiloë. II. Pltysothoi-us lœviroslris, Gay et Sol. Long. 6 v à 13 mill. Larg. 3 à 6 mill. Niger valide gibbosus subinflatus. Capite punctato. Rostro angustato leviter punctulato. Prothorace subgloboso vario- luso- punctato. Elytris tuberculis numerosis seriatis , serie- bus paribus minoribus. Tibiis anticis valde compressis. An fœmina precedentis ? Il ressemble au précédent, mais il s'en distingue par des caractères importants, s'ils ne sont pas sexuels (I). (1) Nous hésitons, quoique nous le soupçonnions, à admettre ces différences comme sexuelles, à moins qu'elles soient particulières à cette seule espèce. Le Ph. Boyeri no les présente pas, quoique tfâk aS ANNALES Rostre plus étroit, moins comprimé, lisse, avec quel- ques petits points enfoncés. Prothorax à peine plus grand que les élytres et à peine transverse. Tibias antérieurs plus larges et fortement comprimés. Le reste comme chez le Maillei. Des mêmes localités. III. Physothorus Goureaui, Gai et Sol. Long. 10 à 13 mill. Larg. 4 à 5 mil!. Niger mediocriter gibbosus. Prothorace varioloso-punctato , longitrorsum late sulcato. Elytris apice coarctatis, sulcis tuberculis Iaxis interruptis, interstitiis subcostatis tuber- culatis. Noir, moins gibbeux que les deux précédents; tête cou- verte de points écartés ; rostre large , médiocrement allongé, à ponctuation serrée, avec des lignes élevées plus ou moins interrompues ettrès légèrementsinueuses. Pro- thorax couvert en dessus; de très gros points enfoncés le rendent inégal. Ces points sont oblitérés à leur partie an- térieure, où l'on voit une impression arrondie prolongée en arrière en large sillon. Élytres avec un étranglement remarquable à son extrémité postérieure; elles ont des sillons larges au milieu desquels on voit quelques tuber- cules assez gros , écartés et formant des fossettes plus ou moins oblongues. Intervalles légèrement en forme de côtes couvertes de tubercules plus petits que ceux des sillons et écartés comme eux. Abdomen à ponctuation forte et écartée; pattes épaisses } tibias larges, les antérieurs comprimés , mais moins que chez le Lœvkollis. pensons posséder les deux sexes de cette espèce , à en juger par la longueur des pattes antérieures. Le Lœvirostris devrait être joint au Maillei , et ce dernier nom conservé , si c'était réellement les deux jexes d'une même espèce. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 27 Du Chili. Recueilli avec les précédents par M. Gay. IV. Physolhorus Boyeri, Gay et Sol. Long. 12 à 15 mill. Larg. 4 *- à 6 mill. Niger mediocriter gibbosus. Prothorace varioloso-punctato. Elytris apice coarctatis, tuberculis numerosis seriatis ,■ se- riebus paribus minoribus , utrinque macula humerali tri- palmata albido-squammata. Noir, médiocrement gibbeux ; rostre large, ponctué, inégal et avec quelques tubercules écartés. Prothorax peu convexe, couvert de très gros points enfoncés , le ren- dant inégal. Èlylres avec un étranglement à leur extré- mité, couvertes de tubercules nombreux assez aigus , creusés en dessous et en arrière pour recevoir un petit poil court , et disposés en séries. Ceux des rangées paires plus petits que les autres ; chacune d'elles avec une ta- che numérale tripalmée, formée par de petites écailles blanchâtres. Abdomen fortement ponctué; pattes ro- bustes. Tibias plus longs, moins épais et peu comprimés chez les mâles $ plus courts, plus larges et assez compri- més chez l'autre sexe. Du Chili. Voyage de M. Gay dans les provinces préci- tées. Au nom de MM. Gay et Solier , SOLIER. ANNALES EXPLICATION DES PLANCHES. Planche première. Fig. 1 à G. Délails de Y Eublepharus Roule ti. 1. Menton et palpes labiaux très grossis. 2. Mâchoire gauche vue dans la position naturelle et très grossie. 3. Mâchoire droite vue dans une autre position et très grossie. 4. Tête et antenne très grossies. 5. Insecte de grandeur naturelle. 6. Patte antérieure sur une échelle double. Fig. 7 et 8. Détails du Servillei. 7. Antenne grossie. 8. Mâchoire très grossie. - Fig. 9 à 12. Détails du Schœnherri. 9. Menton et palpes labiaux, tels qu'ils se présentent en regardant la bouche par sa face inférieure. On les a fi- gurés situés dans Téchancrure progéniale. Le tout for- tement grossi. 10. Mâchoire très grossie. 11. Menton et palpes labiaux vus de côté et très grossis. 12. Mandibules grossies. Fig. 13 à 15. Détails du Germari. 13. Menton et palpes labiaux très grossis. 14. Les mêmes vus de côté. 15. Mâchoire grossie. Planche IL Fig. 1 à 5. Détails du genre Physothorus (type Maillei). 1. Partie inférieure de la bouche très grossie. 2. Mâchoire grossie. 3. Tête et antennes grossies. 4. Insecte sur une échelle double. 5. Patte et tarse antérieurs grossis. _-//*/! Je la .'<><■ h'ntomo logique de Franc, DiàriLr du/jenre EoEÎqJiarua: G Eubl /.W^ ;.8.Kubl ,l«W/„ 9.1a Kubl Schoaih* \,m ./,/,, ..;., /„, I..,,„,„, ,/.■ /;.„„; i un pi ' Détails tût genre PI 6 ronch««™ .ilio.us //*>/-,• MaUUi.) DE LÀ SOCIÉTÉ ENTOMOI.OClylF.. 29 MEMOIRE SUR LA LONCHOEA PARVICORNIS (Maigeil), ET LA TERE- MYIA laticoRnis (Macquart); Par M. Perris. (Séance du 19 décembre 1838.) M. Macquart, dans son Histoire naturelle des Dip- tères, affirme qu'on n'a pas encore observé le mode de développement de sa tribu des Lauxanides. Je crois donc pouvoir donner comme nouvelles les observations que j'ai faites au sujet de deux diptères de cette tribu, la Lou- chœa parvicornis et la Teremyia laticornis. (î) La larve du premier de ces insectes vit dans les ti- ges du chiendent (Trhicum repens. Linn.). La Loncliœa perce, à l'aide de sa tarière , une très jeune pousse, ou plutôt un bourgeon de cette graniinée, et y dépose un œuf. La présence de ce corps étranger, et infailliblement aussi d'une liqueur plus ou moins caustique inoculée dans la plaie, affecte d'une manière toute particulière la por- tion du végétal qui a été attaquée. Le bourgeon s'hyper- trophie, s'allonge en décrivant des courbes plus ou moins prononcées, et se dilate ensuite en forme d'ellipse ou de fuseau. C'est une véritable galle qui représente as- sez un gros bourgeon légèrement aplati , quelquefois scs- sile, mais presque toujours porté sur une sorte de pé- doncule épais et presque cylindrique. Elle est ordinaire- \) Voy. pi. 5, 6g. I et H. 30 ANNALES ment longue de deux pouces, mais on en trouve souvent qui vont jusqu'à trois. Elle est extérieurement revêtue d'écaillés, d'abord vertes, ensuite jaunâtres, serrées, sy- métriquement imbriquées, pubescentes , et quelquefois prolongées à leur extrémité par un appendice, une sorte de petite languette bifide, un peu réfléchie, et hérissée de poils blanchâtres. Ces écailles sont des feuilles avortées, ou plutôt les gaines des feuilles 5 elles sont larges, minces, et marquées de stries longitudinales : celles du sommet sont en faisceau, étroites, souvent difformes, quelque- fois véritablement foliacées. Si l'on coupe la galle le long de son axe, on voit que ces écailles sont très rappro- chées à leur base, et qu'elles naissent d'une substance verdâlreet un peu grumeleuse, creusée au centre d'un sillon longitudinal et étroit, qui se dilate ensuite comme la galle elle-même, et forme une alvéole elliptique. C'est là qu'on trouve la larve , qui vit de la substance charnue de la galle, et agrandit ainsi son habitation, en tour- nant à son profit les matériaux qui la composent. C'est elle aussi qui a creusé le sillon , ou , pour mieux dire, la galerie dont j'ai parlé, et c'est là qu'on la trouve quand elle est jeune, et quand la galle n'a pas acquis tout son dé- veloppement. Voici , selon moi, l'explication de ce tra- vail: Lorsque la mère a confié un œuf au bourgeon, celui- ci est encore fort petit : la larve naissante s'établit au cen- tre et commence à miner ; la tige s'allonge , la larve , de son côté, continue sa galerie, et ce n'est que lorsque la tige n'est plus susceptible de se développer en longueur, qu'elle se dilate, parce que la larve, ayant atteint l'extré- mité, irrite continuellement cette partie qui constitue son domicile définitif. Remarquons, avant d'aller plus loin, que l'extrémité de la galle n'est point bouchée par la matière grumeleuse DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE 31 qui forme tout l'intérieur de celle-ci. Il existe là une la- cune, de manière à former un orifice assez spacieux , mais fermé par les écailles supérieures qui se sont allon- gées et rapprochées au sommet, sans adhérer entre elles; interdisant ainsi l'entrée à tout ennemi du dehors, mais présentant une issue libre et facile. On ne trouve jamais qu'une seule larve dans une galle. Cette larve est conformée comme la plupart de celles des muscides : elle est un peu conique, c'est-à-dire que son diamètre va en s'élargissant un peu, à partir de l'extré- mité antérieure; elle est longue de trois lignes, blanchâ- tre, glabre, molle, entièrement apode, et un peu trans- lucide. Sa têle est petite, étroite, rétractile, légèrement échancrée, et surmontée, de chaque côté, d'un appen- dice charnu, bi-arliculé , anlenniforme , mais faisant l'office des palpes : les mandibules consistent en deux cro- chets minces, rétracliles, et dont la partie recourbée peut seule devenir saillante, et est susceptible d'un léger écar- tement. Les tiges de ces crochets s'enfoncent dans le premier et le deuxième segment, et sont contiguës jus- qu'aux trois cinquièmes de leur longueur, où elles com- mencent à devenir divergentes : leur couleur est noire, ce qui permet de les suivre, grâce à la translucidité du corps , et leur consistance est écailleuse. Le corps est un peu plus convexe en dessus qu'en dessous $ il se compose de onze segments , dont le dernier est muni de deux pe- tites cornes tronquées, roussàlres, et presque écailleuses : ce sont deux stigmates , de chacun desquels part une tra- chée tubulaire, légèrement sinueuse, d'un blanc plus clair que celui du corps, et que l'on peut suivre jusque près du bord antérieur du deuxième segmeut, où elle s'abou- che à un autre stigmate latéral, qui paraît au microscope 7d ANNALES comme un petit prolongement de la trachée elle-même , et qui est à peine visible. C'est dans la cellule que j'ai décrite, et que tapissent plus ou moins des excréments d'un vert brunâtre, que la larve subit, sans aucun travail préliminaire, ses der- nières transformations. L'enveloppe de la nymphe pré- sente la forme d'une ellipse allongée; elle est d'un brun rougeâtre et écailleuse ; on y voit à la loupe la trace des segments, mais un peu contractés, ce qui fait qu'elle est un peu moins longue que la larve, et elle porte à sa par- tie antérieure deux petites cornes qui ne sont autre chose que les palpes durcis, et postérieurement les deux stig- mates dont j'ai déjà parlé. Les deux premiers segments sont, tant eu dessus qu'en dessous, marqués de chaque côté d'un sillon parallèle au bord extérieur, qui se trouve aplati et comme marginé, et marqué sur la tranche d'une sorte de suture longitudinale. La nymphe présente toutes les parties qui constituent l'insecte parfait ; sa tête est obtusénient conique , à cause d'un mamelon vésiculcux placé sur le vertex, et qui, par sa dilatation , sert à rompre l'enveloppe extérieure lors- que l'insecte veut sortir; les antennes et le style sont cou- chés perpendiculairement sur la face ; la trompe est sail- lante et appliquée, ainsi que les palpes, sur la partie antérieure du sternum; les pattes reposent sur la poi- trine , les jambes repliées sur les cuisses, et les tarses di- rigés parallèlement à la ligne médiane^ les pattes posté- rieures sont recouvertes, à l'exception des tarses, par les ailes qui se dirigent obliquement vers l'abdomen. La nymphe est blanche, et acquiert insensiblement les cou- leurs de l'insecte parfait; ce sont d'abord les yeux qui noircissent, puis les antennes, ensuite la trompe, les palpes, les pattes, enfin tout le reste du corps. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLGGIQUE. .T» Lorsque l'insecte veut sortir, le mamelon dont sa tèie est munie se dilate, et la coque se fend le long de la suture latérale dont nous avons parlé : il ne lui reste plus alors; qu'à écarter les écailles qu'une admirable combinaison de la nature a laissées libres à l'extrémité delà galle, et ce dernier travail n'exige ni beaucoup de temps, ni de grands efforts. Il naît ùesLonchœa depuis le commencement du prin- temps jusqu'à la fin de l'été, et conséquemment il se forme des galles durant toute celte période. Les œut'i pondus au printemps et pendant une partie de l'été pro- duisent des insectes parfaits la même année; mais les larves nées à la fin de l'été et au commencement de l'au- tomne ne subissent leur dernière métamorphose que dans le courant du printemps de l'année suivante; elles pas- sent toute la mauvaise saison tantôt à l'état de larve, tan- tôt sous celui de nymphe. La galle dans laquelle eilcs vivent est assez commune aux environs de Mont -de- Marsan , pour que j'aie pu observer et constater tous ces faits. (1) Quoique la Lonchœa parvieornis ne soit pas une es- pèce nouvelle, je crois toutefois devoir en donner une description succincte : Longueur, 2 1/2 à olignes ; tête noire , pubescenîe sur le front, trompe et palpes noirs et hérissés de poils très déliés; antennes d'un noir mat, descendant un peu au- delà du milieu de la face ; troisième article presque réni- forme, et non ovale , ainsi que l'exprime M. Macquarl \ thorax, écusson, métathorax et abdomen d'un noir lui- sant et un peu verdàlre; extrémité de la tarière d'un fauve obscur; pattes noires, sauf le premier et le deuxième (1) Voy. pl.2, fig. G. vin. 5 ru ANNALES articles des tarses qui sont fauves^ cuisses antérieures ciliées en dessous ; ailes jaunâtres, plus foncées à la base; et le long du bord extérieur; cuillerons blancs, balanciers noirs, moins la tige, qui est d'un fauve un peuterne. Je passe maintenant à la Teremyia laticomis. (1) La larve de ce diptère vit sous l'écorce de divers aibres morts, abattus et coupés par tronçons-, j'en ai trouvé sur le robinier, le peuplier, l'érable. Dans le cou- rant de l'été , la Teremyia , à l'aide de sa tarière , perce l'écorce de ces arbres dans les intervalles des boursouf- flures ou saillies , c'est-à-dire dans les parties où elle est le moins épaisse et le moins dure, et y dépose ses œufs , quelquefois en assez grand nombre. Ilsdonnent naissance à des larves qui ressemblent beaucoup à celles de la Lon- chœa, dont j'ai parlé avec quelques détails; elles ont ab- solument les mêmes organes , les mêmes formes, la même disposition de parties 3 aussi me dispenserai -je de les décrire. Je ferai remarquer seulement que les larves de la Teremyia sont un peu moins grandes, plus étroites, plus effilées que celles de la Lonchœa; que leur tête est plus profondémenlécbancrée , au point de paraître bifide lorsqu'on ne la regarde pas sous un grossissement consi- dérable. Ces larves vivent du liber des arbres: à l'endroit où on les trouve, les couches les plus intérieures du liber et la surface du bois sont humides et mucilagineuses, comme le paraissent déjeunes branches d'un arbre vivant lors- qu'on les dépouille au moment où la sève est le plus abon- dante. Cela me fait croire qu'elles ont la faculté de sécré- ter quelque liqueur qui a pour but de ramollir les fibres ligneuses , de les décomposer même et de les approprier ,|) Voy. i-l. 3,fig. 5. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 35 ainsi à leur destination. Dans les endroits où se trouvent les larves, l'écorce se soulève très facilement 5 souvent même elle n'est plus en contact immédiat avec le bois , car en la pressant on la voit s'affaisser sensiblement. Autant que je puis en juger, les larves mettent à se dé- velopper trois, quatre et même cinq jours; car c'est principalement vers la fin de juin et dans le courant de juillet que les œufs sont déposés, et vers la mi-novembre on rencontre peu de larves transformées en nymphe. Ce retard dans leur croissance trouverait une explication dans la nécessité où elles sont de ramollir leur nourri- ture, travail préliminaire qui absorbe nécessairement beaucoup de temps. Elles parcourent, en se nourrissant, d'assez grands espaces, et, lorsque le moment de leur transformation est venu, elles s'enfoncent, Je plus sou- vent, dans les lames en partie décomposées et triturées du liber, et y subissent leur première métamorphose. Ce que j'ai dit de l'enveloppe de la nymphe de la Lou~ chœa s'applique à celle de la Teremyia; je me bornerai donc à donner la figure de celle-ci , qui ne diffère de la première que par sa taille un peu plus petite et ses cornes antérieures un peu plus saillantes. Pour le même motif je ne dirai rien non plus de la nymphe proprement dite. L'insecte parfait naît à la fin du printemps; il rampe sous l'écorce qu'ont soulevée le travail de la larve et l'action de l'air et du temps : après bien des peines, bien des ef- forts, sans doute, il arrive à l'extrémité du tronçon de l'arbre , à moins qu'il ne rencontre plus tôt une division de l'écorce, nettoie son corps, secoue ses ailes, et va jouir de sa liberté. Voici une description rapide de la Teremyia ïaticor- nis .Longueur, 2 lignes; tète, trompe, palpes et an- tennes dun noir mat, celles-ci atteignant l'épistome; m AXNAI.ES troisième article à peu près elliptique; vertex , thorax , écusson, métathorax et abdomen d'un noir bleuâtre, luisant; tarière noire; pattes noires, avec le premier article des tarses fauve*, cuisses antérieures ciliées en dessous; ailes hyalines à base jaunâtre-, cuillerons très petits et blancs; balanciers entièrement noirs. Je terminerai cette notice par un rapprochement suc- cinct des deux genres qu'elle concerne. M. Macquart avait trouvé dans ses observations des motifs suffisants de séparer du genre Lonchœa de Meigen le diptère dont il a fait le genre Tercmyia. Je partage l'opinion de ce sa- vant diptérologiste. A part le mode de reproduction, qui déjà semble constituer une distinction générique assez saillante , je remarque que ces deux insectes présentent , dans leurs organes les plus importants , des différences caractéristiques bien marquées. Lesantennesde la Lonchœa sont courtes, et n'atteignent pas à beaucoup près l'épislome; le deuxième article est, du côté de la face , très convexe à son bord antérieur ; le troisième est sensiblement concave à sa partie supérieure, et tend à devenir réniforme; le style, vu au microscope, esta peine cilié. Les antennes delà Tercmyia sont plus longues et descendent jusqu'à l'épislome -, elles sont aussi bien plus larges :, le deuxième article est à peine convexe antérieurement; le troisième n'est presque pas concave au-dessus, et il est beaucoup plus long et plus dilaté ; le style paraît au microscope hérissé de petites soies raides et réunies en petites touffes un peu écartées. Les palpes delà Lonchœa sont en massue légèrement courbée vers la face-, ceux de la Teremyia , quoique ayant la même forme, et décrivant la même courbe, sont évidemment plus dilatés. La tarière ou loviscapte de la première est assez large; ses deux bords, fortifiés par une espèce de \n/i de la Soey ErvfomJfyûiaue de Ira. Tom vm.rt. j. Sa rate 3-i/fl, coque !\. fa nymphe* h. Larve de /a Tcrcmvi; Loti? j.sl. Portion du style 8. Intente de ùi Terc" fi..i ftrûà 10 Trompe et palpes de la Tcrc a u. Eœtrêmitè de l'ahdomen tarière delà LoiL? L3 , /'.dtremtte de laSdomen et tarière delà TcTe* 4. . f/atfe (/« chiendent dans taijuet/e »7 côte noire et écailleuse , sont parallèles et se fléchissent brusquement près de l'extrémité, qui est calleuse, pour former une pointe à angles assez ouverts dont chacun des côtés porte trois cils à peine visibles au microscope ; sa forme rappelle celle d'un glaive romain. La tarière de la seconde, sensiblement plus étroite à la base , et dont les côtes latérales sont plus déliées, est aussi plus longue et va toujours en se rétrécissant jusqu'à l'extrémité où elle se termine en pointe à peine obtuse , munie de deux très petites soies divergentes, visibles à la loupe; ses bords sont pourvus, dans toute leur longueur, de cils bien apparents au microscope, raides et écartés, et au nombre de sept de chaque côté : elle représente un poin- çon aplati. Le genre Teremyia est donc très naturel, et M. Mac- quart m'excusera, je l'espère, d'avoir cherché à justifier son opinion , comme si elle avait été l'objet de quelques doutes. .itt/i de la Soc l ■ ntomoloaique de France ve 2 . Appendice laéé ptac au nord antérieur du 5™ Aêame/lt de cAaa. respiratoire à Coque de la nymphe i La même lorsque lingerie en est sorti . O . . la nymphe J .Trompe de la Siphoneiïe 8. Abdomen. a. Siphonella nuets.lno 6, Ire. -grossie b . Sa Télé vue de profil çiu est peut, être un à. Y, ,,„,,/„■ (i, (,/,. de Inn - ^ro.'Sie l> . Ora/nfcur ntt t > C. Af/f/ip/ie vue t/e profit ' (1 ■ A uviplu- l'iwp.u derrière .2 . a Scatopliat^a j cro h fui . grossie b (/rondeur natureite C Tête eue ,ù> profit à .La larve . e . La - npnpAe Ann de la Soc L'ntomoloqigue deFrance . Tom VIII n S l a llclomv/a ç ibb a grossie -\> Grandeur nouvelle •■ . C. Corps vu de profil d Antenne groMlKl a . Pelecocera htg.ubrià\ qros.ae h Grandeur naùwelle . C . Tête vue de profil 3 . a . CriOrhuia b O mû ifor mio~ . itnpeu y-OJSie b. Grandeur naturelle C lete vue de profit 4jWA.de la Soc Knt,>nwL>qhjue Je France. 7hm i ////V - Kdouftrii /'srru- del a .Oyrtosia marginaux/, frâ f. Patte ptj-lerùxtre 7 REFLEXIONS CRITIQUES Sur le species des Hyirocanthares et des Gyriniens de M. le Docteur ch. aube. Par un amateur, membre de la Société eutomologique de France. (Séance du 2 janvier 1838») Nous devons des remercîments à M. le docteur Aube, d'avoir bien voulu continuer le Species de M. le comte Dejean; et, comme il le dit dans sa préface , il serait à dé- sirer que tous les entomologistes, dont les études se sont dirigées sur telle ou telle famille, voulussent bien faire des Species particuliers âe ces mêmes familles. Cependant nous avons lieu de nous étonner que daus un ouvrage, qui n'est pour ainsi dire que la suite du Spe- cies de M. Dejean, qui parle titre mis sur la couverture, paraît publié sous son nom, et qu'il aurait été impossible de faire sans sa collection, on se soit autant écarté de tous les principes qu'il a émis dans les avertissements de son Species et de ses catalogues, et suivis dans ces ouvrages. Nous ne contestons pas ici le mérite du Species de M. Dejean } mais ce n'est pas là son principal ouvrage: le pricipal ouvrage de M. Dejean , celui qui a rendu des services immenses à l'entomologie, c'est sa collection, ce sont ses catalogues, qui ont fait connaître l'arrangement méthodique de celte collection. Le premier catalogue surtout, publié en 1821 , a fait pour ainsi dire une révolution dans l'entomologie, et m ANNALES c'est depuis sa publication que les collections, et surtout celles des provinces , ont commencé à être classées et nommées passablement. Les meilleures preuves que l'on puisse donner des services rendus par cet ouvrage, c'est la promptitude avec laquelle toute l'édition a été achetée, le prix que l'on attachait aux rares exemplaires que l'on trouvait dans les ventes, et surtout les sollicitations faites auprès de M. Dejean pour qu'il en publiât une seconde édition. Pendant de longues années, M. Dejean a mis sa collec- tion à la disposition de toutes les personnes qui voulaient la consulter; chacun venait nommer chez lui les insectes qu'il voulait déterminer, et l'on peut dire, sans bles- ser la vérité, que presque toutes les collections de France, même celles des provinces, sont maintenant classées et nommées d'après sa nomenclature. Nous ne voulons pas répéter ici ce qui a été dit par M. Dejean dans l'avertissement de la troisième édition de son Catalogue, sur l'adoption des noms les plus ancienne- ment publiés; mais nous dirons une chose qu'il n'a pas osé dire, et qu'il est cependant utile de faire connaître. Plusieurs entomologistes de Paris, parmi lesquels nous nous bornerons à désigner M. le comte de Castelnau, poussés par un sentiment que nous ne saurions définir, ont pris à tâche, toutes les fois qu'ils ont fait paraître quelques publications, de donner de nouveaux noms aux insectes qu'ils décrivaient, quoiqu'ils sussent très bien que ces insectes étaient sous d'autres noms, que leur avait donné M. Dejean, dans presque toutes les collections et dans ses catalogues imprimés. Il y a beaucoup d'espèces que nous pourrions citer, rapportées d'Espagne, en 1812, par M. Dejean, et depuis ce temps connues sous des noms que ces Messieurs ont cru devoir changer. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE . ® Certainement il importe très peu à M. Dejean de voir conserver les noms qu'il a donnés ^ car il y a un bien pe- tit mérite à nommer des insectes, mais cela est très im- portant pour nous autres, pauvres amateurs de province, qui nous voyons à tout instant obligés de changer des noms que nous avons adoptés depuis plus de quinze ans. Nous croyons donc que M. Aube a eu un grand tort, en devenant pour ainsi dire le complice de ce qui avait été fait par les entomologistes dont nous venons de par- ler; mais le plus grand tort dans tout ceci appartient peut-être à M. Dejean, qui aurait dû ne pas laisser paraître un ouvrage, pour ainsi dire sous son nom, sans en conser- ver la direction, et nous ne saurions trop l'engager à le faire pour les suites à son Spccics qui pourraient être publiées à l'avenir. En supposant même que l'on adoptât le principe de conserver les noms les plus anciennement publiés, il nous semble que les noms de catalogues imprimés doivent être considérés comme des noms publiés, et prendre rang de date avec les autres ; car qu'enlend-on par des noms publiés ? Gomme l'a dit M. Dejean^chacun sait avec quelle légèreté travaillent beaucoup de nos jeunes amateurs; il est souvent impossible de reconnaître les insectes qu'ils veulent décrire; et doit-on regarder comme décrit un insecte que personne ne peut reconnaître? n'est -il pas même possible que quelqu'un, pour faire conserver les noms qu'il a donnés, fasse des phrases diagnostiques abso- lument au hasard et qui n'aient aucun rapport aux in- sectes? regarde ra-l-on alors ces insectes comme décrits, et adoptera-t-on leurs noms? cela ne serait pas possible. Il faut donc examiner si les descriptions sont conve- nables, et si l'on admet l'examen, rien ne peut tracer le point où l'on doit s'arrêter. Nous croyons donc que les 7fl * ANNALES noms de catalogues imprimés ont autant de droits que ceux des espèces qu'on décrit tous les jours si légère- ment, et qu'ils doivent prendre rang de date avec eux, et nous croyons surtout, comme M. Dejean, qu'il n'y a pas de plus faux principe que celui de l'adoption absolue des noms les plus anciennement publiés, et que ce faux principe est la cause principale de la publication des plus mauvais ouvrages. En examinant attentivement le volume de M. Aube, nous avons aussi cru remarquer qu'il altacbaitlrop d'im- portance à tout ce qui était publié, et pas assez à ce qui ne l'était pas. Nous regrettonsque, comme l'a fait M. Dejean, dans son Spccies et dans ses catalogues, il n'ait pas indi- qué les noms spécifiques qui avaient pu être donnés par différents entomologistes, aux espèces qu'il décrivait. Nous croyons aussi qu'il aurait dû faire suivre le nom de l'espèce du nom de l'entomologiste qui lui avait donné ce nom , comme l'a fait M. Dejean daus son Spc- cies, au lieu de reléguer ce nom dans la synonymie, ou même de l'oublier totalement , comme il le fait souvent ; nous signalerons toutes ces omissions au fur cl à mesure que nous les rencontrerons. Les catalogues de M. Dejean élant entre les mains de presque tous les amateurs de province , il aurait été né- cessaire pour notre intelligence, et pour nous éviter des recherches inutiles, de signaler toutes les espèces qui avaient été confondues avec d'autres par M. Dejean, ou qu'il ne regardait que comme de simples variétés ; il au- rait fallu aussi faire connaître les espèces décrites comme appartenant à sa collection , qu'il a reçues postérieure- ment à l'impression de son dernier catalogue. M. Aube a peut-être bien fait de changer la forme du slyle, cl de supprimer les verbes auxiliaires, les pronom;- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIE. 71 et les articles , mais il aurait dû suivre une marche uni- forme , ce qu'il n'a pas fait; et je crois qu'il n'y a pas une seule description qui soit entièrement écrite d'après le style qu'il a voulu adopter. Ainsi , par exemple, il dit presque toujours: le dessous du corps, au lieu de dire, dessous du corps. Ainsi que l'a dit M. Dejean dans l'avertissement de son dernier catalogue, M. Aube a trop restreint le nombre des genres, et nous croyons qu'il faudrait rétablir les genres Thernwnect us ,. G raphoderus , Scutoplerus , Cy- mathopterus , liant us et Lioptems, qui nous paraissent très naturels et suffisamment distingués; nous croyons aussi qu'il faudrait rétablir le genre Jgabus tel qu'il avait été primitivement établi par Leach sur une seule espèce, le Serricornis , et qu'il faudrait rendreaux cinquante-huit dernières espèces du genre Agabus de M. Aube le nom de Colymbetes , comme étant la portion la plus considérable de l'ancien genre de ce nom. Dans ce cas , il deviendrait indispensable de créer un nouveau nom générique pour les huit dernières espèces du genre Colymbetes de M. Aube. Enfin , nous croyons que les divisions établies dans les genres ne sont pas toujours très heureuses ni très natu- relles , et qu'elles éloignent les unes des autres des espèces très voisines; il nous paraît aussi que M. Aube ne s'est pas assez attaché à rapprocher les espèces qui avaient entre elles le plus de rapports, et que souvent elles sont séparées par des espèces très différentes. Nous allons passer maintenant aux observations de détail que nous avons pu faire en examinant rapidement l'ouvrage de M. Aube. P. i). Haliptas lineatus. Il aurait fallu dire, pour I* i n _ telligcnce des amateurs de province, que cette n ANNALES espèce avait êlé confondue avec {'Obliquas par M. Dejean. P. 12. Haliplusflavicollis. Dire aussi qu'il avait élé con- fondu avec le Ferruglncus par M. Dejean. P. 15. Haliplus guttatus. Dire qu'il avait élé regardé comme une variété du Ferrug/'neus par M. De- jean , et donner la citation qu'il en avait faite. P. 18. Haliplus cinereus. Dire qu'il avait été confondu avec Ylmprcssus par M. Dejean } M. Aube a ou- blié d'indiquer la patrie de cette espèce qui se trouve dans les environs de Paris et dans le nord de la France. P. 25. Ifaliplusjîuviatilis. Mêmes réflexions. P. 55. Cncmidolus cœsus. Le mot cœsus doit s'écrire par un JE et non par un OE. P. 41. Pœlobius. Ce nom générique doit également s'écrire par un JE et non par un OE. P. 47. Cybister giganleus. Les femelles ne diffèrent desmdles que par la simplicité des pattes anté- rieures. Cette phrase est souvent répétée, mais nous croyons que le mot simplicité ne peut pas être employé dans le sens qu'on veut ici lui don- ner. P. 64. Cybister Dejeanii. Nous croyons qu'il n'est pas dans l'usage de donner le nom d'un entomolo- giste vivant à un insecte que cet entomologiste ne connaît pas et qui n'est presque pas connu. Généralement, on ne doit donner les noms des entomologistes vivants qu'à des insectes que l'on a reçus de ces entomologistes, ou tout au plus qu'à ceux qu'ils peuvent se procurer, car il est désagréable pour un entomologiste qu'il y ail un • DE LA SOCIETE ENTOMOLOCIQUE. 75 insecte qui porte son nom et qui ne soit pas dans sa collection. P. 09. Cybister dissirnilis. Nous croyons que cet insecte est le véritable Fimbriolatus de Say ; M. Dejean l'a reçu sous ce nom de cet auteur. P. 74. Cybister Ternminkii. Nous croyons qu'il faut écrire Temminckîi. P. 70. Cybister tripunctatus. Il aurait fallu indiquer à quelle variété M. Dejean avait donné le nom de Similis, P. 81. Cybister Gory. Dans d'autres genres, M. Aube écrit souvent Goryi; il aurait fallu adopter une manière uniforme. P. 90. Notasicus. Ici on a oublié le nom générique. P. 91 . 77 existe une paire de celte espèce Nous croyons que le mot paire est un mot trivial qui ne peut être employé dans un ouvrage scientifique. P. 99. Cybister [œvigatus. Il aurait fallu indiquer ce qui distinguait la variété que M. Dejean a nommée Consentaneus. P. U)± Dytiscus. Plusieurs entomologistes pensent que, dans beaucoup d'espèces, il y a des femelles dont les élytres sont sillonnées, et d'autres dont les élytres sont lisses; plusieurs autres, au con- traire , pensent que les femelles à élytres lisses ne sont pas de la même espèce que celles à élytres sillonnées $ cette question aurait dû être disculée. P. 107. Dytiscus F isauus, ffispanus. Dej. catal. Cet in- secte , pris en Espagne, en 1809 ou 1810, par M. Dejean, avait été nommé par lui Hispanicus et non Ilispanus, comme on peut le voir dans ses catalogues. M. le comte de Caslelnau a changé ce nom, ainsi que beaucoup d'autres. 74 ANNALES T. 111. Dytiscus perplexus , et P. 113. D. ci ramifie x us. Comme le Circumflexus est un insecte beaucoup plus commun , et plus connu que le Perplexus , nous croyons que la description aurait dû être donnée à la dernière espèce et non à la première. Ri 151. Acilius canaliculalus. Le nom de canaliculatus n'a pas été donné à cette espèce par M. Nicolai , mais il l'a décrit comme le canaliculatus d'Illi- ger, ce qu'il aurait fallu dire. Il aurait aussi fallu citer Gyllenhal. P. 132. Acilius scmisukatus. Celte espèce a été envoyée à M. Dejean par M. Say, sous le nom ùeMediatus. P. 134. Il aurait fallu dire que la variété de cette es- pèce, que M. Eschscholtz a nommée Abbrcvia- tus , venait de Silcha , sur la côte méridionale de l'Amérique, et non des États-Unis. P. 154. Acilius mecliatus. D'après ce que nous avons dit ci-dessus , c'est à tort que M. Aube cite Say , et il faut changer le nom de cette espèce. P. 157. Acilius variegatus Cette espèce a été nommée par M. Buquet , ce qui n'est nullement indiqué. P. 139. Acilius Laporti. 11 nous semble qu'il faudrait écrire Laportei. P. 141. Acilius circumscriplus. M. Dejean a changé le nom de cette espèce , parce qu'il adoptait le nom spécifique de circumscriptus pour le dytiscus, que Gyllenhal a décrit depuis sous le nom de dubius. P. 1 j7. Acilius incisus. Il aurait fallu désigner en quoi consistent les variétés que M. Dejean a nommées Forsstrœmii et Scupturatus. V. 1 70. Hydaticus decorus. M. Dejean a reçu celle espèce de M. Klug, sous le nom de Marmoiatus, ce qu'il aurait fallu indiquer. Il arrive très souvent à DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. 7.H M. Klug de changer les noms qu'il a donnés, ce qui produit fréquemment des erreurs, et ce qu'il faut éviter autant que possible. Pî 179. Hy dations Luczonicus. Il nous semble que l'on écrit ordinairement Luzotncus. I*. 197. Hydalicus Setvillianus. Il nous semble qu'il auraitmieux valu ûire Se/villei. P. 207. Hydaticus bwillatus. Rien n'indique ici que le nom de Bivittatus a été donné à cet insecte par M. Dejean. P. 225. Colymbetesstriatus. Nous sommes ici complète- ment en désaccord avec M. Aube , et nous avons peine à concevoir sa manière de procéder. Il est positif que cet insecte est le Dytiscusfus- cus de Gyllenhal , M. Aube le dit lui-même dans sa synonymie. Il est aussi positif, au moins pour nous , quoique M. Aube ne le dise pas , que c'est aussi \a fuse us deSchonherretde Paykull ; com- ment donc supposer que ces trois auteurs, tous trois Suédois , qui sont pour ainsi dire les con- tinuateurs de Linné, et qui le citent dans leurs ouvrages , n'aient pas connu l'espèce qu'il a dé- crite, étaient fait uue transposition en donnant au Fuscusle nom de Striatus, et réciproquement. M. Aube n'aborde pas cette question ; il se con- tente de dire que la synonymie de cet insecte est fort embrouillée , ce que nous ne croyons pas, et qu'il s'est décidé, en comparant les deux phrases de Linné, dont l'une dit : Elytris sublilissitnc Iransversim striatis , et l'autre: Elytris transver- sim striatis. Nous trouvons cette raison fort peu concluante; en général, il faut très peu s'en rap- porter aux descriptions des anciens auteurs, et 7fi ANNALES nous croyons que la tradition est un bien meil- leur guide, surtout quand il y a d'aussi bonnes raisons en sa faveur En supposant même qu'il y ait doute, ce que nous ne pensons pas , nous ferons observer à M. Aube que , depuis plus de quinze ans , tout le monde en France a adopté une opinion contraire à la sienne , et qu'il vient bouleverser ce qui est êlabli, ce qui a les plus grands inconvénients, tandis qu'il n'y en aurait eu aucun à laisser les choses telles qu'elles étaient. P. 227. Colymbetes Dahuricus. Ce nom s'écrit mainte- nant DauricuSt P. 228. Colymbetes fuscus. Voyez ce que nous avons dit ci-dessus pour \eSirialus. P. 220. Colymbetes viser iatus. M. Aube dit ici : le seul individu que fai pu observer est une femelle , et appartient à M. le comte Dejean. M. Aubé était donc certain que cet insecte était le vicinus de M. Dejean, mais nous lui demande- rons comment il est certain que ce soit le Trise* î iatus de Kirby ; il peut bien le supposer, mais il n'en est pas certain, et il aurait dû par conséquent adopter le nom de M. Dejean. P. 233. Colymbetes Grocnlan die us. Cymatoplerus Bogc- manni, var. Dej.catal. M. Dejean dans sou der- nier catalogue ne cite pas celle espèce comme une variété du Bogemanui, mais bien comme une variété du Dolabralus. P. 257. Colymbetes conspersus. Il nous paraît très ex- traordinaire que cet insecte, qui est trèscomiuun dans toute la France et dans toute l'Allemagne, n'ait p;*s été connu de Fabricius-, aussi pensons- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 77 nous, comme M. Dejcan, que c'est à lui qu'il faut rapporter le Dytiscus noiatus de Fabricius 5 c'est au moins celui d'Olivier, et d'après la description de cet auteur, il ne peut y avoir aucun doute à cet égard. P. 239. Colymbetes rtotatus. M. Dejean a nommé celle espèce Suluralis et non Suturatus. P. 245. Colymbetes vicinus. Pour éviter des recherches inutiles, il aurait fallu dire que M. Dejean a reçu cet insecte depuis l'impression de son dernier calalogue. P. 253. Colymbetes collaris M. Gebler a nommé Insolu- tus et non Insolatus, la variété indiquée par M. Aube, que l'on trouve en Sibérie. P. 254. Colymbetes agilis. Il aurait fallu dire que M. De- jean a confondu celte espèce avec la suivante ; il aurait fallu dire aussi que la variété des États- Unis que possède M. Dejean est le Suturalis d'Hurris. P. 261. Colymbetes cicur. C'est ici, avec beaucoup de raison, que M. Aube a conservé le nom de Cicur de préférence à celui de Cicurus , qui est plus ancien, et nous eussions désiré qu'il eût agi de même en plusieurs autres circonstances. P. 268. Colymbetes Pacifiais. Il aurait fallu indiquer que le nom de Pacifiais a été donné par Eschscholtz à cet insecte. P. 269. Colymbetes Grapii. Cet insecte est sans aucun doute le dytiscus niger d'illiger; nous croyons aussi, sans en être certain, que c'est le Carbona- rius de Fabricius. P, 274. Ilybius -4 maculât us -4 notatus. Esch. Dej. D'a- près cette indication, il pourrait y avoir doute 78 AN.NALES surEsch. qui peut vouloir dire Escher ouEsch- scholtz. C'est ce dernier entomologiste qui a pris cet insecte dans le Norfolkland, sur la côte nord- ouest de l'Amérique septentrionale, ce qu'il au- rait fallu indiquer. P. 270. Jlybius biguttulus. Nous croyons que cet insecte a été nommé par Knoch , Fenestralis; il est au moins décrit sous ce nom par Say, qui cite le ca- talogue de Melsheimer,et non sous celui de Fenes- tratus, comme le dit M. Aube. Dans tous les cas, comme l'ouvrage de Say est antérieur à celui de Germar, d'après les principes de M. Aubé.Ienom de Fenestralis doit être restitué à cet insecte. P. 278. Iljbius Prescotii. Il fallait dire que M. Dejean a confondu cet insecte avec le Fenestratus . 1*. 298. dgabus œruginosus. Le mot œruginosus doit s'é- crire par un JE et non par un OE. P. 305. Agabus chalconotus. Presque tous les anciens auteurs écrivent comme Panzer, chalconatus,ce qui nous fait penser que ce nom a quelque signi- fication , et que ce n'est pas une faute d'impres- sion, comme plusieurs entomologistes semblent le croire. Il aurait fallu dire que le Brunnipes. Dej.catal. n'est qu'une variété de celte espèce. P. 3<)o. Jgabus strialus. Il aurait fallu dire que M. De- jean a confondu cette espèce avec le Gagates. Il n'y a pas de C. striatus dans l'ouvrage de Say, mais bien un Seriatus; il y a probablement ici une faute d'impression. P. 52i. Agabus parvulus. Il aurait fallu dire que cet in- secte avait été nommé par M. Eschscholtz, et rapporté par lui. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7y P. 528. Agabus bipunctatus. Il aurait fallu dire que le C. basalis. Dej. caL, se rapportait à cette espèce. P. 329. Agabus subnebulosus. Il aurait fallu dire que M. Dejean avait confondu celte espèce avec le Bi- punctatus. P. 352. Agabus punctulatus. M. Dejean a nommé cette espèce Punctatulus et non Punctulatus. P. 554. Agabus ylmericanus. Il est d'usage de ne nom- mer Americanus que les insectes des Etats-Unis. P. 355. Agabus nigricotlis. C'est probablement à cet in- secte qu'il faut rapporter le C. nigricollis. Dahl '. Dej. Calai, et le Vicinus. Dej. CataL, mais il aurait fallu le dire. Quant à la citation A/finis Dej. CataL, elle est fausse, et le Nigricollis de Zoubkoft a été regardé par M. Dejean comme une variété du Congener, et non de Y Affinis. P. 553. Agabus melanarius. Il aurait fallu dire que cet insecte a été regardé par M. Dejean comme une variété du Guttatus. M. Aube dit qu'il n'a vu qu'un seul individu de cet insecte, qui est re- gardé, dans la collection de M. Dejean, comme venant de Russie; il aurait fallu dire qu'il était indiqué comme venant de Moscou , car la Russie est bien vaste. P. 3a4. Agabus tristis. Cet insecte vient de l'île d'Ouna- laschka, l'une des îles Aleutiennes , et non de l'Amérique septentrionale. P. 372. Copelatus posticatus. M. Aube citant dans la Sy- nonymie le Copelatus multistriatus de M. De- jean , qu'il ne regarde que comme une variété de cet insecte, il était nécessaire de citer le Co- pelatus posticatus. Dej. CataL , qui est l'espèce typique. 80 ANNALES P. 577. Copelatus pulchcllus. Il aurait fallu citer le Co- pelatus margini permis. Baquet. Dcj. Calai., dire en quoi il différait du F imbr hiatus. Dcj. Catal., ou s'il n'y avait aucune différence entre eux. P. 581. Copelatus pwictulatus. Il aurait fallu dire que M. Dejean avait confondu cet insecte avec le 10. — striatus. P. 387. Copelatus Guerini. Nous ne pouvons approuver les raisons données par M. Aube, pour le chan- gement de nom de cette espèce. Les noms spéci- fiques doivent toujours être conservés, quand bien même ils donneraient une fausse idée de l'insecte; on a conservé les noms de Cebrio gi- gas, Chrysomela americana, etc., etc. P. 591. Matus bicarinatus.W aurait fallu dire en quoi YEmarginatus de M. Dejean différait de son Elongatus. P. 593. Coptotomus înterrogatus. Cet ÏDseclen'habile pas particulièrement la Caroline, mais on le trouve dans plusieurs provinces des États-Unis. P. 398. Nolerus crassicornis. Nous sommes ici presque aussi complètement en désaccord avec M. Aube, que nous l'avons été pour les Colyntbetes stria- tus et fuse us ; nous avouons cependant que la synonymie de cet insecte et celle du suivant sont fort embrouillées ^ mais par cette même raison , comme celui-ci est connu depuis plus de quinze ans, dans toutes les collections fran- çaises, sous le nom de Capricomis et le suivant sous celui de Crassicornis, il n'y avait aucune bonne raison pour changer ces noms et pour nous obliger, pauvres amateurs de province, à DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQl'E. Oà changer les étiquettes de nos collections. Nous ferons aussi observer qu'il était indispensable ici, plus qu'ailleurs, de dire que cet insecte était le Capricomis du catalogue de M. Dejean. Nous ne croyons pas, comme le dit M. Aube, que cette espèce soit plus commune que la sui- vante, n P. 400. Noterus sparsus. Voyez ce que nous avons dit pour l'espèce précédente. Il était nécessaire aussi de dire que cette espèce était le Crassicor- nis du catalogue de M. Dejean. P. 406. Noterus lœvigatus. L'individu de la collection de M. Dejean, qui lui a été envoyé par M. de Man- nerheim , postérieurement à l'impression de son dernier catalogue, Vient de Porto-Rico. P. 416. Laccophilus interruptus. Nous croyons, comme Gyllenhal , plusieurs autres auteurs et M. De- jean , que c'est celle espèce qui doit porter le nom de Minulus. Dans tous les cas, il fallait citer le catalogue de M. Dejean. P. 417. Laccophilus mihutus. Il fallait aussi citer ici le catalogue de M. Dejean, et nous croyons, en outre, que cette espèce devait porter le nom éuhscuriïs. P. 418. Laccophilus testaceus. II fallait dire que M. De- jean avait confondu cette espèce avec les deux précédentes. P. 421. Laccophilus mac ulos us. Il aurait fallu dire que le nom de cet insecte lui avait été donné par Knoch; Say cite le catalogue de Melsheimer. P. 426. Laccophilus lineatus. Il aurait fallu dire que cet insecte avait été confondu avec YlrroraLus par vin. " -*« ANNALES M. Dejean. L'individu de la collection de M.De- jean vient du Cap et non de l'Ile-de-France. P. 428. Laccophilus posticus . Il aurait fallu dire que le nom dePosiicushûa été donné parEschscholtz , qui l'a pris aux îles Philippines. P. 438. Laccophilus 4 — vittatus. Cet insecte, qui a été envoyé à M. Dejean par M. de Mannerheim, posté- rieurement à l'impression de son dernier cata- logue, vient de Porto-Rico et non de l'intérieur du Brésil. Nous ferons aussi observer à M. Aube que rien dans cet insecte ne justifie le nom de 4 — viuatus qu'il lui adonné, et que le mol de vitta ne s'emploie jamais que pour une ligne longitu- dinale et non pour une ligne transversale. P. 459. Laccophilus variegatus. Il aurait fallu indiquer que cet insecte a été nommé par Knoch. P. 444. Celina. M. Aube aurait bien fait de donner une terminaison masculine à ce genre. P. 449. Vatellus tarsatus. Il aurait fallu indiquer que cet insecte avait été nommé parM.Buquetet que c'était Y Hydroporus tarsatus du catalogue de M. Dejean. P. 466. Hyphidrus variegatus. Il aurait fallu dire que cet insecte avait été nommé par Illiger. P. 471. Hydroporus punclatus. Barris. En indiquant le nom de l'entomologiste qui a nommé l'insecte, M. Aube a fait ici, par exception, ce qu'il aurait dû faire partout. P. 473. Hydroporus^ — linealus. II aurait fallu dire que M. Dejean ne regardait cet insecte que comme uue variété du Reticulaïus. P. 475. Hydroporus musicus. Il aurait fallu dire que DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIE E- M. Dejean avait confondu cette espèce avec le Rc- ticulalus. P. 480. Hydroporus pubipennis. Nous croyons que cet insecte est le véritable Undulaïus de Say , mais non pas Undatus , comme l'a écrit par erreur M. Aube. P. 481. Hydroporus velutinw. Il y a dans le catalogue de M. Dejean un H. velutinus qui n'a pas été dé- crit par M. Aube, parce qu'il était en très mau- vais état; mais, pour éviter toute confusion, M. Aube aurait dû donner un autre nom à ce- lui-ci. Nous saisissons cette occasion pour faire re- marquer que , dans les genres les plus voisins , if se trouve souvent des espèces qui portent le même nom spécifique, ce qui peut causer des er- reurs, et ce qu'il faut toujours éviter. M. Dejean a admis eu principe de ne pas répé- ter le même nom spécifique dans la même fa- mille; ainsi, dans son Species , il n'y a pas deux Harpaliens qui portent le même nom ; dans son dernier catalogue, il n'y a pas deux Elalérides, ou deux insectes de l'ancien genre Ahica, qui portent un nom semblable; M. Aube aurait dû faire de même pour les Hydrucanthares. P. 488. Hydroporus bicarinatus . Il aurait fallu citer le catalogue de M. Dejean , ou dire au moins que cet auteur avait donné le nom de Cristatus à cette espèce. P. 500. Hydroporus Goudotiï. Il aurait fallu dire que M. Dejean n'avait considéré cette espèce que comme une variété du Fumilus. P, 524. Hydroporus borealis. Il aurait fallu dire que U ANNALES M. Dejean n'avait considéré celte espèce que comme une variété de Y Alpinus. P. 528. Hydroporusf rater. Nous croyons que le nom de de cet insecte lui a été donné par Spence. P. 550. Hydroporus hyperboreus. Il aurait fallu dire que XAssimilis du catalogue de M. Dejean n'était qu'une variété de cette espèce. P. 533. Hydroporus Jssimilis. Il aurait fallu dire que M. Dejean ne considérait cette espèce que comme une variété du Fluviatilis de son catalogue. P. 554. Hydroporus rivalis. Il aurait fallu dire que cette espèce était le F luviatilis du catalogue de M. De- jean. P. 536. Hydroporus Halensis. Nous ne sommes pas bien persuadé que cet insecte soit le véritable Halen- sis de Fabricius, et nous croyons qu'il aurait mieux valu lui conserver le nom d'Areolatus don- né par Illiger, ce que M. Aube aurait dû indi- quer. P. 538. Hydroporus fuscitarsis. Il se trouve en Sar- daigne // habite aussi l'Italie. La Sardaigne faisant partie de l'Italie, il aurait fallu dire: il habite aussi le continent de l'Italie, si l'on ne pouvait spécifier la localité. P. 539- Hydroporus canaliculatus. Il aurait fallu dire que ce nom lui avait été donné par Illiger. P. 545. Hydroporus Ceresyi. L'ancien ingénieur-cons- tructeur du pacha d'Egypte s'appelle Lefebvre de Cerisy , et non Lefebure de Cérésy. Il faut H. Ce- risyi. P. 549. Hydroporus parallelogrammus. Il aurait fallu dire que M. Dejean ne regardait cette espèce que DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUC 85 comme une variété du Distinctus de son cata- logue. P. 551. Hydroporus Schônherri. Idem. P. 553. Hydroporus pareille lus . Idem. P. 564. Hydroporus opairinus. Il aurait fallu dire que le nom d'Opatrinus avait été donné à cet insecte parllliger. P. 578, Hydroporus humeralis. Cet insecte , qui a été nommé par M. Eschscholtz, ce que n'indiquent pas suffisamment les lettres Esch., a été pris par lui dans le Norfolk -Sund, sur la côte nord-ouest de l'Amérique septentrionale, et non dans les États-Unis. P. 585. Hydroporus pubescens. Il aurait fallu dire que M. Dejean ne regardait cet insecte que commeunw variété du Planus. P. 606. Hydroporus piceus. II aurait fallu dire que M. De- jean avait confondu cette espèce avec le Nigrita. P. 610. Hydroporus melanocephalus. L'espèce décrite sous ce nom par M. Aube n'est pas le Melanoce- phalus de Gyllenhal, mais son Nigrita. M. Dejcau en possède un assez grand nombre d'individus qui lui ont été envoyés par Gyllenhal. P. 611. Hydroporus nigrita. L'espèce décrite sous ce nom est le Melanocephalus de Gyllenhal. M. Dejean en possède également plusieurs individus qui lui ont été envoyés par le savant suédois. P. 613. Hydroporus brevis. Il aurait fallu dire que M. De- jean regardait celte espèce comme une variété du Granularis. P. 614. Hydroporus glabriusculus.. II aurait fallu dire que M. Dejean regardait cette espèce comme uup variété de son Morio. 88 ANNALES P. G17. Hydroporus angustatus. Il aurait fallu dire que M. Dejean avait confondu celle espèce avec le Trislis. P. G 18. Hydroporus obscurus. Idem. P. G21. Hydroporus umbrosus. Idem. P. 622. Hydroporus striola. Idem. P. 627. Hydroporus viciniis. Cette espèce a été rappor- tée de Tanger par M. Goudot, ce qu'il aurait fallu indiquer. P. 633. Hydroporus bilinealus. Il aurait fallu dire que M. Dejean avait confondu cette espèce avec le Granularis. P. 644. Hydroporus formosus. Il aurait fallu dire que M. Dejean avait confondu cette espèce avec le Le- pidus. Nous croyons aussi que c'est au Formosus qu'il faut rapporter le Lcpidus d'Alger, décrit par Gyllenhal dans la Synonymia insectorum de Schonnherr. P. 649. Gyriniens. Nous croyons que M. Aube aurait dû commencer cette famille par le genre Dinentes et la terminer par le genre Orectochilus. P. 655. Enhydrus oblongus. Il aurait fallu dire que cet insecte avait été nommé par M. Dejean , et que c'était le Gyrinus oblongus de son catalogue. P. 656. Gyrinus striolatus. Il aurait fallu dire que cet insecte avait été nommé par M. d'Urville. P. 662. Gyrinus venator. Il aurait fallu dire que cet in- secte avait été nommé par M. Mac-Leay. P. 663. Gyrinus ellipticus. Il aurait fallu dire que cet in- secte avait été nommé par M. Dejean et citer son catalogue. P. 670 Gyrinus limbâlus. C'est à la variété B de celte DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 81 espèce qu'il faut rapporter le Dichrous, Knoch. Dej. calai. P. 676. Gyrinus elongatus. Cette espèce n'est point YE- longatus. Dahl. Dej. catal. y mais une nouvelle espèce qui a été confondue par M. Dejean avec le Bicolor. P. 678. Gyrinus bicolor. M. Àubé a regardé l'individu qui se trouve dans la collection de M. Dejean sous le nom d' Elongatus. Dahl., et qu'il a reçu de Dahl. comme une variété de celle espèce, cependant elle nous paraît bien différente. P. 679. Gyrinus Caspius. Il aurait fallu dire que M. De- jean regardait cet insecte comme une variété du Bicolor. P. 683. Gyrinus minutus. Les individus de cette espèce, que l'on trouve dans l'Amérique du nord, ont été confondus par M. Dejean avec le Dichrous de Knoch ; mais le véritable Dichrous est la variété B du Limbatus de Say et de M. Aubé. P. 690. Gyrinus œneus. Il aurait fallu dire queM. Dejean regardait cet insecte comme une variété du Mu- rinus. P. 694. Gyrinus picipes. Il aurait fallu dire que cet in- secte a été nommé par Eschscholtz, qui l'a rap- porté de la côte nord-ouest de l'Amérique-Sep- tentrionale, ce qui nous fait croire que ce n'est pas Y/Eneus de Kirby. P. 695. Gyrinus impatiens. Cet insecte faisait partie du quatrième envoi de M. Lebas, qui en a envoyé 58 individus j M. Dejean en a eu 24 pour sa part; il aurait fallu dire qu'il l'avait reçu postérieure- ment à l'impression de son dernier catalogue. P. 697. Gyrinus analis. Il aurait fallu dire que cette es- 88 ANNALES pèce était des État-Unis; on a oublié d'indiquer la patrie. P 705. Gyrhius Chiliensis. Il nous semble que l'usage est d'écrire Chilensis. P. 704. Gyrinus winator. Il aurait fallu citer le catalogue de M. Dejean , et dire que le nom de Lineatus avait été donné par Hofîmansegg. P. 708. Gyrinus ouatus. Il aurait fallu dire que le nom d'Ovatus avait été donné par Klug. P. 709. Gyrinus gibbus. Il aurait fallu dire que M. De- jean avait confondu cette espèce avec VOvatus. P. 71-i. Gyrinus marginatus. Le véritable Marginal us de M. Dejean se rapporte zxiSplendidulus deM.Aubéj celui-ci a été considéré par M Dejean comme une variété de son Marginatus. P. 715. Gyrinus Capensis. Confondu par M. Dejean avec son Marginatus. P. 719. Gyrinus strigosus. A été confondu par M. Dejean avec le Slriatus. P. 721. Gyrinus s plendi du lus. Est le véritable Margina-r tus de M. Dejean. P. 722. Gyrinus abdominalis. A été confondu par M. De- jean avec son Marginatus. P. 726. Orectochilus. M. Dejean n'a placé dans ce genre que les espèces dont le labre est très avancé $ il il nous semble qu'elles sont assez distinctes des autres pour former au moins une division. P. 727. Orectochilus Schonherr. Fient de la Sierra-* Leona. Nous croyons qu'il faut ici, de Sierra- Leona. P. 740. Orectochilus gageticus. M.Weslermann a envoyé cet insecte sous le nom de Gangiticus. P, 742. Orectochilus spéculum. Il aurait fallu dire quç DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE, 89 M. Dejean avait reçu cet insecte postérieurement à l'impression de son dernier catalogue. P. 743. Orcctochilus disais. Il aurait fallu dire que cet insecteavaitété nommé iS'cr/c^wparEschschoUz, qui l'a rapporté des îles Philippines. P. 744. Orectochilus inar^inepennis. Il nous semble qu'il faut écrire Marginipennis. P. 749. Gyretes dorsalis. Il aurait fallu dire que cet in- secte était le Sefttiluntètus de M. de Mannerheim, et que M. Dejean lavait reçu postérieurement à l'impression de son dernier catalogue. P. 756. Gyretes mono. M. Chevrotât possède une paire. Il nous semble que le mot paire est trivial, et ne peut pas être employé dans un ouvrage scien- tifique. P. 757. Gyretes levis. L'usage général est d'écrire lœuis, par un JE. P. 759. PorrorIiy7ichus.Laporte,Trigonocïieilus, Dejean (inédit). Il nous semble qu'on ne peut pas dire inédit d'un genre cité dans un catalogue im- primé. P. 761. Dinentes Cy clous, Eschscholtz (inédit). Même observation que ci-dessus. II fallait dire, au lieu A' inédit , Dejean , catalogue. Nous ferons eu outre observer que le nom de Mac-Leay est Dinentua et non pas Dinentes. P. 765. Dinentes grandis. Il faudrait dire que le nom de Varians a été donné à cet insecte par Klug, et non par M. Dejean. P. 764. Dinentes proximus. Il faudrait dire les diffé- rences qui existent entre les Proximus et Aterri- mus du catalogue de M. Dejean. P. 774. Dinentes punctatus. Cyclous punctalus; Dcj. PQ ANNALES cataL Nous ferons d'abord observer que cet in- secte a été nommé par M. Dejean Punctulatus, et non Punctatus. P. 775. M. Dejean possède trois individus mâles de cette espèce ayant été pris en 4 J tique, sans autre distinction plus précise. Nous ne concevons pas cette phrase, car il est dit positivement dans la collection et dans le catalogue de M. Dejean, que cet insecte est du cap de Bonne-Espérance. P. 785. Dinentes australis. M. Dejean a reçu cette espèce de M. Gyllenhal, comme le véritable Rufipes de Fabricius. P. 786. Dinentes subspùwsus.M. Dejean a reçu cette es - pècede M. Westermann, qui habite Copenhague, et qui peut consulter la collection de Fabricius, comme le véritable Australis de cet auteur 5 nous croyons donc qu'il faut, comme l'a fait M. De- jean, rendre le nomd'Justralis à cette espèce, et celui de Rufipes à la précédente. UE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. JVOTICE SUR UNE NOUVELLE ESPÈCE DE LÉPIDOPTÈRE APPARTE- NANT AU GENRE PAPILIO ; Par M. H. Lucas (1). (Séance du 20 mars 1829.) Linnaeus en créant le genre Papilio lui avait donné une grande étendue, car il comprenait les Fanessa, les Nymphalis , les Satyrus , etc. , etc. Mais depuis il a été beaucoup restreint, et avec les nouvelles coupes généri- ques qu'on a établies à ses dépens , on en a formé aujour- d'hui une tribu que les lépidoptérologistes ont désignée sous le nom de Papillonides. Les genres que cette tribu renferme, et qui sont au nombre de six, ont été pour la plupart créés aux dépens du genre Papilio. Ainsi parmi ceux que les lépidoptérologistes ont cru devoir établir , nous citerons le genre Omithoptera de M. le docteur Boisduval, qui renferme des espèces appartenant au con- tinent Indien , aux Moluques, aux Philippines et aux îles de la Sonde. D'un autre côté, M. Svvainson a cru devoir rapporter à la tribu des Papillonides une espèce de lépi- doptère qui avait été placée dans les Erycina par La- treille et dans les Papilio par Fabricius; cette nouvelle coupe générique porte le nom de Leptocircus , Swains. Le genre Thaïs, établi par Fabricius, adopté par Latreille, et conservé par tous les entomologistes , a subi quelques modifications, car c'est aux dépens de ce genre qu'a été (\) Voy. pi. 8,% t. 92 ANNALKS créé celui de Doriiis par M. le docteur Boisduval. Ce même auteur a placé à côté de ce genre celui û'Eurychus; il renferme des espèces qui jusqu'à présent semblent être propres à la Nouvelle-Hollande. Enfin c'est aussi à la tribu desPapillonides qu'appartient le genre Parnassius, qui a élé établi par Latreille et adopté par toutes les per- sonnes qui se livrent à l'étude de l'histoire naturelle des Lépidoptères. Tel est en peu de mots l'état actuel de la tribu des Papillonides, dont le genre type est celui de Papilio. Ce genre, qui semble répandu daus toutes les par- ties du monde , est excessivement nombreux, car il ren- ferme plus de deux cent vingt espèces, suivant l'ouvrage de M. le docteur Boisduval. Il est facile de concevoir qu'un genre si nombreux devait être fort difficile à étu- dier et même à classer méthodiquement; c'est au reste ce qu'a très bien senti l'auteur du Species des Lépidop- tères, car, dans son ouvrage sur ces insectes , il a essayé, afin de rendre ce genre plus facile à l'élude, de partager en plusieurs groupes les nombreuses espèces qui le com- posent, et cet auteur, après les avoir toutes comparées entre elles, s'est vu conduit à établir trente deux groupes, qui malheureusement seront toujours difficiles à distin- guer entre eux , par ce que leur auteur ne leur a assigné aucun caractère. L'espèce que nous allons faire connaître, et qui appar- tient au genre Papilio, est fort remarquable, et semble, parla forme de ses ailes et la disposition des taches dont ces organes sont ornés, appartenir au vingt-neuvième groupe. Cette espèce, que nous dédions à M. Duponchel , auteur de l'excellente suite des Lépidoptères d'Europe, et que nous plaçons près des Papilio Graji et Scamander , nous a été communiquée par M. E. Prévost, qui croit, mais avec doute, l'avoir reçue des environs deRio-Janeiro. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 93 Le muséum de Paris en possède un individu très frais, auquel malheureusement il manque les anlennes; cet in- dividu a été trouvé par M. Touchard dans la province d'Entre-Rios, située entre le Parana et l'Uruguay (Plata)j ce voyageur en a fait don à ce vaste établissement, centre de toutes les sciences naturelles. Papilio Duponchelii , Lucas. Enverg. 3 pouc. 3 lignes. P. alis suprà nigris , in medio vittà ochraceâ trajcctis ; pos- ticis duplici lunularum miniatarum ordine insignibus, ex terno vix conspicuo. Alis infrà nigrescentibus, posticis tri- plici lunularum ordine distinctis ,• duobus minio tinctis, intermedio ochraceo subnigrescente ,• antennis nigricantibus; capite thorace que nigris, minio maculatis. Palpis ochra- ceis. Abdomine fusco-nigrescente . ad latera maculis ochra- ceis nimiatisque ornato. (Fœminam tantùm novi.) Les ailes en dessus sont noires , traversées dans leur milieu par une bande d'un jaune d'ocre paie , maculaire, formée de taches irrégulières, affectant cependant une forme plus ou moins oblongue. à l'exception de celles qui sont situées à l'extrémité. Ces taches, sur les premières ailes, sont au nombre de neuf, et de cinq seulement sur les secondes, avec quelques atomes de même couleur. Les secondes ailes présentent deux rangées , en demi-cercle, de lunules d'un rouge carmin, dont l'interne est beau- coup plus apparente que l'externe, laquelle peut se ma- nifester en dessus par quelques atomes rougeàlres et par deux lunules d'un rouge carmin, situés près de l'angleanal. La rangée interne est formée de sept lunules, dont les deux premières beaucoup plus prononcées , les suivantes un peu plus petites, à l'exception cependant de celle qui est M ANNALES siluée près de l'angle anal, celle dernière, très grande, 1res élroife à sa base, s'élargit ensuite et se présente sous la forme de deux petites lignes, dont l'une est dirigée pos- térieurement et l'autre antérieurement. La dent repré- sentant la queue est petite, peu allongée, grêle et ar- rondie à son extrémité. Les échancrures de toutes ces ailes sont bordées de jaune d'ocre pâle. Les ailes supé- rieures en dessous sont d'un brun noirâtre, avec la bande qui les traverse, d'un jaune d'ocre un peu moins foncé qu'en dessus. Les ailes inférieures en dessous sont aussi d'un brun noirâtre , et elles diffèrent du dessus eu ce que la bande qui les traverse est composée de huit lâches , en ce que leur bord antérieur est d'un jaune d'ocre pâle, en ce que les deux rangées en demi-cercle de lunules, sont beaucoup plus prononcées,surtout cellequi est exlérieurc, et dont les lunules qui la composent sont au nombre de cinq ; et enfin , en ce qu'il existe entre ces deux rangées, une troisième rangée également en demi-cercle , formée de taches d'un jaune d'ocre pâle, très légèrement teinté de noirâtre :ces taches sont au nombre de huit, dont les deux premières et la dernière sont les plus petites. Les antennes sont peu allongées, noires. La tête est noire avec sa partie antérieure et ses côtés d'un rouge car- min. Les palpes sont d'un jaune d'ocre pâle. Le thorax est noir, orné de quatre lâches d'un rouge carmin, dont deux , très grandes, situées sur les côtés antérieure- ment , les autres , beaucoup plus petites, et placées posté- rieurement. L'abdomen est d'un brun noirâtre, orné sur ses côtés de taches d'un jaune d'ocre pâle et d'un rouge carmin ; le bord antérieur du dernier segment est en- tièrement de celte dernière couleur. Cette espèce a été trouvée dans la province d'Entre- Rios, siluée entre le Paranaet l'Uruguay. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 95 IIESCRIPTIOX d'une nouvelle espèce du genre agrotis (Treitsehke); Par M. Pierhet. (Séance du 2 janvier 1859.) agrotis Des il lii. Mihi (1). Alis anticis griseo-rufis, lineis tribus transversis, exterioriplus minusve angulatâ , maculis ordinariis rufo-brunneis , costâ nunc albâ, nunc griseâ , maris latiori ; nervis interdûm albidis, margine externo série punctorum, nigrâ ; posticis maris albis : fœminœ fuscantibus. Les ailes supérieures de celte espèce sont d'un gris roussâlre, quelquefois un peu fauve, avec trois lignes transverses , ondulées , blanchâtres , plus ou moins bor- dées de brun ; l'extérieure de ces lignes est dentelée. Les taches ordinaires sont petites, d'un brun cendré, la réni- forme est marquée dans son milieu d'uneligne blanchâtre, plus ou moins apparente ; la troisième tache, située près de la base de l'aile, est étroite et de médiocre longueur; un peu en dehors de la ligne extérieure, on remarque une série transverse de points blancs, placés chacun entre deux petits points noirs, quelquefois peu visibles. Le bord antérieur est marqué d'une série transverse de points noirs. La côte est tantôt d'un gris cendré, tantôt (1) Voy.pl. 8,fig.2. 06 ANNALES d'un blanc assez pur qui tranche agréablement sur ta couleur du fond; les nervures des ailes sont ordinai- rement blanches, quelquefois grisâtres et marquées de brun. Les ailes inférieures , blanches dans le mâle, sont bru- nâtres dans la femelle, plus pâles vers la base , avec les nervures plus obscures. Le bord externe de ces ailes présente une ligne d'un brun foncé, qui va en s'alténuant jusque près du bord ab- dominal , où elle disparaît entièrement. La tête est d'un blanc grisâtre ; le thorax est roussâtre en dessus avec les pter) godes blanchâtres, et bordées de brun ; il offre à sa partie antérieure une ligne brune qui forme un angle dans son milieu ; l'abdomen est d'un blanc roussâtre, plus pâle à la base et en dessous } les an- tennes sont roussàtres, légèrement peclinées dans le mâle, filiformes dans la femelle ; les pattes sont rousses et anne- lées de brun extérieurement. Cette noctuelle, qui appartient au genre dgrolis de M. Treitsthke, paraît devoir être placée à côté des Agr. Cursoria, Valligera et Ripœ. Elle semble même se rap- procher beaucoup de cette dernière espèce. Elle a été trouvée pour la première fois, en 1857, dans les environs de Saint Sauveur-le-Vicomle, en Normandie, par notre honorable collègue, M. Bottin-Desilles, ancien magistrat, qui a eu l'aimable obligeance de m'en envoyer quatre individus variés, qu'il a obtenus d'éclosion cette année. Je me plais donc à m'acquitter d'un devoir de justice et d'une dette de reconnaissance , en la dédiaut à cet ento- mologiste distingué, dont le talent d'observateur s'est déjà révélé dans nos Annales, par une notice pleine Ann Je /« .'".-■■■ . , > :■/,. >/o,jtMOLOGIQUE. 148 notre jugement; et il ne faut pas toujours croire que la nature est limitée dans sa création, c'est-à-dire que puisqu'elle a créé des aranéides avec huit yeux et même six, elle aurait fort bien pu en créer d'autres avec quatre yeux et môme deux (4). Au reste , c'est ce que vient con- firmer le nouveau genre de M. Mac-Leay, qui entraîne naturellement avec lui celui de Tessarops de M. Rafi- uesque. Maintenant que nous pensons qu'il n'y a plus au- cun doute sur la validité de ces nouvelles coupes géné- riques, l'ordre des Aranéides nous offre donc des genres chez lesquels l'organe de la vue est de huit, de six, de quatre et enfin de deux yeux. L'espèce type de ce nouveau genre est : Nops Guanabacoœ, Mac-Leay, Ann., hist. nat., vol. II, pl. 1, fig. 1. Long. 5 lignes. N. sanguineo-rubra. Palpis maxillaribus articulo ultimo crasso obscuro hirsuto pilis canescenlibus ; cephalothoracis macula oculiferaparva nigra, pectore punctato piano ; ab- domine obscuro hirto, fusulis pallidioribus ; pedibus versus apicem hirtis , unguibus nigris. Cette espèce, qui habite Cuba, se trouve dans les mai- sons et ne construit pas de toile. G u$ . Hypoplœtea, Mac-Leay. Nous croyons que cette nouvelle coupe générique est un double emploi de celle de-5e/e/?o/?.ï,crééeparM. L.Du- (1) Nous pouvons dire que la classe des Acères nous offre des gen- res chez lesquels les organes de la vue sont entièrement nuls, tel est, par exemple, le genre Ccecalus de M. L. Dufour, et celui de Cryptoslenrma de M. Guérin-Méneville , appartenant tous deux à Tordre des Phalangiens. 1 20 ANNALES four, dans les Ann. génér. des Sa. phjs. En effet, si l'on compare ce nouveau genre avec celui de Selenops, on verra que les caractères du premier sont tout à fait iden- tiques avec ceux du second. Le principal trait caractéris- tique sur lequel repose le genre Selenops, est que les organes de la vue sont sur deux lignes : la ligne anté- rieure courbée en avant est formée par six jeux; la li- gne postérieure, très rapprochée de l'autre, estpluslongue que l'antérieure et indiquée à ses extrémités, par deux 3 eux seulement. Cette disposition est exactement la même dans le genre Hypoplœiea, seulement la dernière paire d'yeux de la première ligue, et ceux de la seconde ligne affectent une forme plus ou moins ovalaire, c'est le seul caractère qui distingue ce nouveau genre de celui de Se- lenops. Comme nous pensons que ce caractère a trop de valeur, nous considérons les Hypoplœlea comme étant des Selenops. L'espèce sur laquelle ce double emploi a été fait est assez remarquable, et paraît appartenir à la deuxième famille, ou celle des Aïsses, de M. Walcke- naer. Nous désignerons donc cette nouvelle espèce sous le nom de Selenops celer. Hypoplœtea celer , Mac-Leay, Ann. hist. nat. , vol. II, pi. 1, flg. 2. Longueur 6 lignes 1/2. H. Flavescente grisea, abdomine fascia apicole nigra emar- ginato terminato; ad basim tripunctato , punctis interpi- los ochreo flavos nigris ; femoribus trifasciatis fascia média fulva utrinque nigra fasciis externis nigris. Tibiis subfas- ciatis. Cette espèce, qui se trouve à Cuba, court avec beau- coup de célérité. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 121 Les Deitwpis forment un genre assez remarquable ; leurs organes de la vue , ainsi que ceux de la locomotion , semblent les rapprocber beaucoup des Dolomedes. La seule espèce connue est le : Deinopis lamia, Mac-Leay. Ann., hist. , nat., vol. II, pi. 11, fig. 5. Longueur, 5 lignes^. 7). villosa grisea, capite medio lineis duabus ochraceis obscu- ris , sterno vitta lata utrinque instructo ; abdomine punctis quatuor minutis nigrescentibus basalibus, maculis duabus versus médium nigris ; pedibus maculis nigrescentibus va- riegatis. Les Myrmarachnes ne doivent pas constituer un nou- veau genre , c'est une nouvelle espèce de Attc qui appar- lient sans aucun doute à la famille des Voltigeuses de M. Walckenaer. Cette espèce, que M. Mac-Leay appelle Mynnarachne melanocephala , est très remarquable par la forme tout à fait cylindrique de son abdomen, ce qui lui donne quelque ressemblance avec le genre Myrmccia de Latreille. Les mandibules sont aussi fort remarqua- bles, et présentent le caractère de la famille des Volti- geuses de M. Walckenaer en ce que, dans les mâles, ces organes sont ordinairement beaucoup plus développés que dans les femelles. Nous désignerons cette espèce sous le nom de : Altus melanocephalus. Myrmarachne melanocephala, Mac-Leay, Ann., hist. nat., vol. II, pi. i, fig. 4. Longueur, 4 lignes \. M. Capite nigro'j antennarum articula primo rufo basi 122 ANNALES jlavo; palpis maxillaribus brunneo-nigris ; thoracis abdu- minis que pedunculo rufis; abdomine nigro ; palpis labia- libus pedibus quepiceis. Cette espèce a été trouvée au Bengale. Enfin, le dernier genre est celui d'O^'o/Ao/w. Il ressemble beaucoup aux Chersis de M . Savigny ou aux Palpimanes de 31. L. Dufour. L'espèce sur laquelle ce nouveau genrea été créé est fort curieuse, d'abord par la position qu'occupent les organes de la vuesur le céphalothorax, et surtoutla dis- position de la dernière paire, qui sont tellement rapprochés tntre eux, qu'au premier aspect ils ne semblent former qu'un œil. Les organes de la locomotion sont aussi fort remarquables, surtout les articles composant la pre- mière paire de patles. L'exinguinal se trouve confondu avec la hanche, qui est très développée, et on peut môme dire outre mesure; le fémoral est excessivement renflé; les articles qui suivent, tels que le génual, le libial et le tarse diminuent successivement de grosseur. La seule es- pèce connue est le : Otiolhops TValchcnacril , Mac-Leay , Ann., hist., nat., vol. II, pi. 11, fig. o. Longueur, 5 lignes. O. Cephalothorace glabro palpisque labialibus castaneo brun- neis , pedibus brunneo-testaceis ; abdomine nigro-hirsuto. Cette espèce a été trouvée à Cuba. Enfin M. Mac-Leay établit encore deux nouveaux gen- res :1e premier est désigné sous le nomd' Hemarochne et le second sous celui de Sclerachne; nous ne pouvons rien dire sur la validité de ces coupesgénériques, M. Mac-Leay ne leur ayant assigné aucuns caractères distinctifs. Telle est l'analyse que nous avons cru devoir faire des DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. t2 _ > genres nouveaux établis par M. Mac-Leay dans son travail, et en comparant ces nouvelles coupes génériques avec celles qui sont déjà connues, nous avons été conduits à en détruire deux} ainsi nous avons vu que le genre Hy- jjoplœtea est un Selenops , et que le genre Myrmarachnc est un vrai Aitus. Pour les autres coupes génériques, telles que celles de Nops, de Deinopis et â'Oiiothops , elles doivent être conservées, et formeront dans l'ordre des Aranéides un type de genres vraiment remarquables par leur organisation, aussi anomale que bizarre. 1^i ANNALES NOTE MONOGRAPHIQUE sur le genre Macrodontia , ÉTABLI par m. audinet- SERVILLE, DANS SA NOUVELLE CLASSIFICATION DES longicornes, publiée dans les Annales de la Société entomologique } t. I. Par M. Gory. (Séance du 17 avril 1839.) M. Serville a assigné à ce genre les caractères sui- vants. Jambes sans épines internes. Antennes filiformes, n atteignant pas la moitié des él y très, de onze articles cy- lindriques, semblables dans les deux sexes; le troisième plus long que le quatrième. Corselet, muni latéralement de deux ou trois épines plus ou moins longues et fortes , l'intervalle entre la première et la seconde visiblement crénelé, ou même finement épineux. Palpes assez longs ^ article terminal un peu dilaté, comprimé, obconique. Mandibules glabres, presque droites , un peu recourbées vers leur extrémité, notablement plus longues que la tête dans les mâles, mullidentées intérieurement, quelque- fois unidenlées à leur partie extérieure, largement cana- liculées en dessus. Tête ayant au milieu une large dépres- sion. Eljtres très déprimées, arrondies au bout, et muniesd'unepeliteépinedroiteà leuranglesutural.isci/s- son arrondi postérieurement. Abdomen entier. Pattes longues; cuisses aussi longues que les jambes. Tarses DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. MS ayant leur premier article large, triangulaire , plus court que le second. Le dernier très grand, plus long que les trois autres réunis. M. Serville a fait dans ce genre deux divisions, et, dans chacune, il n'y a qu'une seule espèce. Depuis son tra- vail, j'ai eu le bonheur d'acquérir deux nouvelles es- pèces , et qui toutes deux modifient les deux divisions de cet auteur, puisque l'une possède bien trois épines laté- rales au corselet, mais n'a pas les mandibules uniden- tées extérieurement, versl'extrémité, etl'autre n'a qu'une seule épine, et encore très petite, à chaque angle du bord postérieur du corselet, et ses mandibules mutiques extérieurement : je pense donc que l'on ne peut s'arrêter à ces divisions, qui pourraient par la suite, nous forcer à les multipliera l'infini. Je vais donc ici ajouterles deux espèces nouvelles, ce qui portera à quatre le nombre des espèces composant ce beau genre. Toutes sont propres, jusqu'à présent, aux Amériques. Ces insectes sont de grande taille ; ils se trouvent dans les plantations, sous les écorces et au pied des arbres ; ils ne font usage de leurs ailes que le soir, et rarement. Leur vol est lourd, peu élevé , et de courte durée. Ils ne produisent aucun bruit. 1° M acrodonlia cervicornis, Audi net Serville. Ann. de la Soc. ent. de France, t. I, p. 140, n. 1. Cerambyx cervicornis. Linnée. Mus.lud. ulr. p. 65, n.2. — Linnée, Syst. nat. t. 1, 2, p. 622, n. 5. Prionus cervicornis. Fabr. Syst. el. t. 2, p. 259, n. 12. — Fabr. Ent. syst. t. 1, 2, p. 245, n.12. — Fabr. Mant. 1. 1, p. 129, n. 12. — Fabr. Syst. ent. p. 161, n. 6. \-26 annai.es Prionus Cervicornis. Oliv. Entom. t. 4, g. 66, p. 15, n.8, pi. 2, fig. 8, a.b. — Latr. Gen. cr. et ins. t. 5, p. 55. — Voet. Coleopt. éd. Panz. t. 5, p.4, n. 4, pi. 2, fig. 4, ?,pl.5,n.5, pi. 2, fig. 5. £ Serrariusminor et major. — Schoenherr. Syn. ins. t. 1, pars 5, p. 558, n. 15. Ctrambyx cervicornis. Linné. Syst. nat. éd. Gntel. 1. 1, part. 4, p. 1814, n. 5. — Degeer. Ins. t. 5, p. 94, n. 1. — Shaw. Nat. mise. pi. 284. — Herbst. (Borowsk) Naturg. t. 6, p. 422, n.2, pi. 16. — Schwarlz. Nomencl. t. 1, p. 61, n. 58. — Blumenb. Handb. éd. 7 : a. p. 550, n. 2. — Meidinger. Nom. p. 150, n. 13. Cuviers. Dyr.-hist. t. 2, p. 217, n.2. Cerambyx cervinus. Linné. Mus. Adolpb. Fridr. 82. Merian. Sur. ins. p. 48, pi. 48. Peliv.Gazoopb. pi. 147, fig. 15. Roes. ins. 2, scarab. p. 2, pi. I, fig. 6. Gronov. Zooph. p. 159, n. 523. Naturf. t. 9, p. 65. N. Schaupl. d. nat. t. 4, p. 68. Mus. Petrop. p. 647, n. 96. Aubenf. Misc.pl. 90, fig. 3. l)É LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 127 Cerambyx Cervinus. Schoenherr. Syn. ins. t. \, pars 5, p. 338, n. 15. Nota. Cet insecte étant connu de tous les entomolo- gistes , et figuré dans beaucoup d'auteurs , je crois inutile d'en faire une nouvelle description. 2° Macrodontia Dejcanii. (Mini) (1). Acteojn Dejëaïv (Collection). Mandibules beaucoup plus longues que la tête, assez arrondies, nautiques extérieurement, fortement caré- nées en dessus, crénelées depuis leur extrémité intérieure jusqu'à une forte dent qui est placée à peu près aux deux tiers de leur longueur, et mutiques après cette dent jusque près de leur naissance, où elles sont de nou- veau crénelées. Tête profondément creusée en dessus et très fortement rugueuse dans celte partie, avec une im- pression arquée en avant et une carène longitudinale près des yeux j les bords latéraux de la tête sont très finement ponctués. Corselet plus large que long , fortement et irré- gulièrement ponctué dans son milieu , lisse sur les côtés ; il est un peu échancré vis-à-vis de la tête, et a sa base presque droite; les bords latéraux sont crénelés, et chaque angle postérieur est armé d'une forte épine qui se redresse un peu. Ecusson arrondi. Elylres un peu carrées à la base, creusées au-dessous de l'épaule, se dilatant vers le milieu de leur longueur, ayant les bords latéraux très relevés , arrondies à l'extrémité avec une petite dent à langle suturai j elles ont cinq bandes longitudinales, irrégulières dans leur forme, et qui toutes se rejoignent un peu avant l'extrémité. Mandibules, tête, antennes, corselet , bandes des élytres , dessous du corps et pattes, noirs. Palpes et élytres d'un jaune fauve. (2) Voy. pi. 0. 128 ANNALES Cette belle espèce a été prise par M. Lebas dans la Colombie. et* Macrodontia Crenala, Oliv., Entom., t. IV, G c 66, p. 27, pi. 12, fig. 45. Macrodontia Servillei , Ann. de la Soc. eut. de France , 1. 1, p.l40,n. 2. Prionus quadri-spinosus, Sciioenhekr, Syn., Ins., t. 1, pars. 5, p. 346, n. 65. J'ignore quel motif a pu porter M. Schoenberr, dans sa Synonymie, à faire précéder le nom de Prionus crena- tus, Oliv., de celui de quadri-spinosus, sans nom d'auteur ; je crois doncdevoirrétablirle nom primitivement adopté. Je ne connais point cette espèce en nature, mais, d'après la figure qu'en donne Olivier, je partage l'opinion de M. Serville, et n'hésite pas à ranger cet insecte dans le genre Macrodonlia. Macrodontia flavipennis , CnEVROLAT, Ann. de la Soc. ent. de France, t. II, p. 65, pi. 5, flg. 1. Dans sa description, M. Chevrolat a oublié de men- tionner la crénelure qui existe à chaque bord latéral du corselet, et l'épine assez saillante qui existe à chaque angle postérieur. Dans l'individu que je possède, il n'y a que la première paire de jambes qui soit un peu spineuse intérieureineul. ■ ■ A! ae rodonti a D&'ecuui DE LA SOCIÉTÉ ËMPOMOLOGIQUE: f 2'J sur le Sybistroma Dufourii , macq , Par M. LÉorv Dliour. {Séance du 8 mai 1839.) Depuis que j'envoyai a mon honorable et savant ami i M. Macquart,le singulier Dolichopode qu'il a décrit et figuré dans le septième volume des Annales de la Société, et qu'il a daigné me dédier, non seulement j'ai retrouvé ce même diptère, qui est un mâle , mais j'ai découvert dans les mêmes localités des individus femelles, que je crois lui appartenir. C'est encore au mois de juillet qu'en 1858 je saisis surles vitres de mon laboratoire un Sybistroma Dufourii ; mais ce qui me fit attacher plus de prix à cette décou- verte, ce fut l'heureuse rencontre sur cette même vitre, et le même jour, d'un Dolichopode femelle, qui, sauf la configuration des antennes, avait, par sa taille et ses cou- leurs, la plus grande ressemblance avec ce Sybistrome. L'élude scrupuleusement comparative de ces deux in- sectes, me laissa la conviclion intime que cette femelle ne différait pas spécifiquement du mâle précité. Peu de jours après, en promenant mon filet dans le fossé d'un jardin attenant à mon habitation, j'entraînai un autre Sybis- troma Dufourii, et deux femelles identiques à celle que j'a- vais prise sur le fait de cohabitation, à la vitre de mon appartement. Je possède donc aujourd'hui dans ma col- lection trois mâles et trois femelles de ce Dolichopode. vin. V 150 ANNALES La largeur de la face et du front, la forme différente des antennes, dont le style est dépourvu de raquette ter- minale, et l'absence de l'armure copulatrice sont les ca- ractères essentiellement dislinctifs de ces femelles. Le style antennaire de celles-ci est, comme dans le véritable genre Dolichopus , simple, brièvement villosule au mi- croscope et tout à fait dorsal. Les trois articles constitu- tifs de l'antenne sont courts et serrés; le premier conoïde on atténué vers son insertion, le troisième petit, orbicu- îairc , comprimé, recevant le slyle à sa base dorsale. Ti- bias hérissés, comme dans les Dolichopes, de petites soies raides et noires plus rares aux antérieurs. Corcelet avec des soies noires ainsi que dans le Sybistrome. Nervures des ailes de la plus rigoureuse conformité dans ces deux sexes. Que ferons-nous maintenant, je le demande aux ento- mologistes consciencieux, d'un mâle qui appartient au nouveau genre Sybistroma dont ou ne connaît pas les fe- melles, et d'une femelle que toutes les analogies portent à regarder comme celle du mâle précédent, et qui rentre évidemment dans le vieux genre Dolichopus ? Sont-ils donc rares les exemples, dans un môme couple d'in- sectes, d'antennes simples dans les femelles et diverse- ment composées , ou même monstrueusement dévelop- pées dans les mâles? Les Lophyrus , les Cerocoma, et mille autres encore, sont là pour répoudre. Ainsi je n'hésite pas à me prononcer. Notre insecte, qui demeure encore nouveau comme espèce , est un Do- lichopus. L'épi Ih ète de Dispar lui eut peut être convenu, mais, par un sentiment de respect qui, comme on le pense bien, n'est pas désintéressé, il faut lui conserver celle que lui a obligeamment donnée M. Macquarl. En voyant le couple que j'ai lui destine, ce savant diptérologiste parla- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 131 géra, je l'espère, ma conviction-, il pensera aussi avec moi que le genre Sybisiroma, fondé par Méigen, est des- tiné à subir le sort des Elis de Fabricius, qui ne sont que des mâles de Scolies, et de plusieurs autres genres fondés sur la connaissance d'un seul sexe. Qu'il me soit permis de terminer ces observations par le signalement collectif des deux sexes de l'espèce. Volicfiopus Dujuurii. Sybistroma Dufourii. Macq. Ann. Soc. entom., t. vu , p. 4^5, pi. 11, fig. 4. 3Jas. JEneus , griseo-flavido pruinosus ; an tennis , halteribus , ab- dominis segmentis tribus primis (margine postico excepto), ventre pedibusque testaceis ,■ tarsis obscurisj alis vix fnmo- siSj antennarum artieulo ultime in feinina breviter orbicu- lato , in mare subpyriforme ; maris antennarum stylo corporis longitudine sub apicali , patella ampla elliptica terminato , genitalibus albido-testaceis , lamellis ovatispi- losis. Hab. inhumidis. (Saint-Sover, Landes). Long. 1 j Un. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 133 ESSAI sur les Fulgorelles, sous -tribu de la tribu des CICADAIRES, ORDRE DES RHYNGOTES 5 Pau M. Maximilien Spinoea. (Séance du 3 juillet 1839.) La Mouche Porte-Lanterne était connue des curieux avant d'entrer dans le domaine de la science. Les rela- tions des voyageurs, les contes merveilleux des sau- vages, les dessins d'une artiste habile, mais peu in- struite (1), avaient répandu, en Europe, la renomméede ces éclaireurs gigantesques du Nouveau-Monde. Linné , qui fut le premier à concevoir le plan d'une méthode d'histoire naturelle, générale et rationnelle, fut aussi le premier à y assigner une place convenable aux Porte- Lanternes. Il vit très bien, avec sa sagacité ordinaire, qu'ils ressemblaient, par les traits essentiels de leur or- ganisation extérieure, aux espèces de son genre Cicada plus qu'à toulautre insecte quelconque.il les plaça, à côté d'elles , dans son ordre des Hémiptères , où il les isola , en créant le genre Fulgora, auquel il attribua les carac- tères suivants : Caput, fronte producld inanî. Anlennœ brèves , infra oculos , articulis duobus, ex- teriore globoso majore. (L) Mademoiselle Mérian (Marie Sybille 1 . 43 i ANNALES Roslrum inflexum, ciotigalum , vagind quinque arti- culât a. Pecles gressorii. La plupart de ces caractères manquent de précision, et conviennent tout aussi bien au genre Cicada j quelques uns manquent même de vérité absolue. Les antennes ne sont pas proportionnellement plus courtes que dans les Cicadelles. Elles ont plus de deux articles; celui qui est grand et globuleux n'est pas ter- minal. Le rostre, fléchi et allongé , est commun à tous les hé- miptères. Dans les Fulgorelles, il a généralement plus de cinq articles. Les pattes ne sont pas seulement propres à la marche ; elles sont aussi propres à la saltation que dans tous les autres hémiptères sauteurs. Linné n'a connu que huit espèces de son genre Ful- gora. Elles ont toutes le caractère de tête qu'il avait si- gnalé ; cependant les têtes de ces huit espèces sont si dif- férentes entre elles, que les auteurs , qui n'ont pas osé s'écarter de la ligne tracée par ce grand maître , se sont crus obligés d'ajouter que les Fuîgores ont la Icte vari- jorme; ils n'ont pas eu l'air de voir ce qui était d'ailleurs évident, c'est qu'une indication aussi vague prouvait, à elle seule, que le genre Fulgora n'était pas encore res- treint dans ses justes limites. La méthode de Linné fut généralement adoptée dès qu'elle fut connue, et elle fut fidèlement suivie jusqu'à la publication des premiers ouvrages de Fabrigius. On se rappelle la vogue qu'obtint le système de ce dernier auteur à son apparition. On sait qu'il reposait presque exclusivement sur les accidents des parties de la bouche. Ce n'est pas ici le lieu d'en discuter les qualités et les dé- DE LA SOCIÉTÉ ÉNTÔMOLOGIQUE. i$*i fauls; mais, quel que soit le mérite très contestable de ce système si exclusif , on sera obligé de convenir que l'ap plicalion que l'auteur à faile de ses principes au genre ■) Fulgora n'a pas été heureuse. Les phrases génériques de VEntomolog/a systemalica et du Systema Rhyngoloruni ne parlent plus ni de la tête, ni des pattes; elles n'a- joutent rien à ce que Linné a dit d'incomplet, et ne rec- lifient même pas ce qu'il a avancé d'erroné sur les an- tennes; elles ôtent encore un article au rostre, pagina (jimdri articulata, ce qui est trop ou trop peu : trop , si on ne compte que les articles découverts et dépassant le labre, car il n'y en a que trois $ trop peu, si on lient compte de tous les articles indistinctement, de l'ouver- ture œsophagienne jusqu'à l'extrémité, car alors il y en a six. h'Entomologia syslematica contenait vingt -cinq es- pèces de Fulgorcs ; il y en a trois de plus dans le Sys- tema RhyngoLoiiim ; mais, en revanche, l'auteur en a retranché sept autres, dont cinq entrèrent dans le nou- veau genre Dclphax ; qui était un démembrement des Fulgoresy et les deux autres passèrent dans le genre Ci- cada. De plus , Fabricius a créé, au dépens de ce dernier genre, ses nouveaux genres F la fa, Lys ira, Dcrbecfïtsus, qui tiennent de bien plus près aux Fulgorcs qu'atout au- tre genre du Syst. Rhyngot. Cependant, il ne dit pas un seul mot qui fasse soupçonner ce voisinage ; ce silence nous permet de penser que l'entomologiste de Kiel n'a pas même entrevu la possibilité de ce rapprochement, et que les caractères communs à toute la famille des Ful- gorcs lui ont échappé entièrement. C'est à Latreille qu'il était réservé de saisir le 111 de l'a- nalogie, et de réunir ces genres dispersés au hasard dans h Systema Rhyr: 156 ANNALES lui la famille des F ulgorelles. Elle est composée de quatre genres, savoir: l°le genre Tetligometra, qui doit être placé ailleurs , comme j'espère le prouver dans la suite; 2° le genre Fulgora, qui comprend les genres Fulgora , Flata'y Issus et Derbe, de Fabricius, les genres Pakil- loptera et Cixîus, qu'il avait lui-même établis dans son IJist. nat. des Crust. et des Ins., tom. XII, et un insecte du Piémont, qui est à lui seul le type d'une subdivision très remarquable : à coup sûr, Latreille n'aurait pas sa- crifié ainsi le résullat de ses propres observations, et il n'aurait pas essayé de confondre ce qu'il fallait distinguer s'il eût travaillé vingt-cinq ans plus tard, et s'il n'eût pas cédé en partie à l'exemple de ses contemporains, qui ne voulaient pas mettre à l'étude des Hémiptères l'attention qu'ils ne refusaient pas àcelle des Coléoptères ; 3° legenre Asiraca, qui est un démembrement des Delphax, Fab. ; et 4° le genre Delphax. Les caractères des F ulgorelles , tels que Latreille les a établis, sont certainement moins vagues et plus exacts que ceux du G..Fulgora, Fab. Néanmoins, ils laissent encore quelque ebose à désirer. Anie nnœ sub oeufis inseriœ. Cela était vrai de toutes les espèces que Latreille connaissait. Depuis lors, M. Bur- meister a publié son G. Botriocera , qu'on ne saurait pla- cer ailleurs, et qui a cependant ses antennes insérées dans une cchancrure au-devant des yeux. De mon côté, je possède quelques Cicadelles exotiques, voisines desify- ihoscopes, dont les antennes sont placées au-dessous de l'angle infero-interne des yeux. Elles sont donc bien près d'être sub-oculis. Oculi sœpissimè frontiSy in multis produclœ, et roslri- formis laleribus inferis inserti. La tête des F ulgorelles diffère beaucoup de celle des Cigales et des Cicadelles. DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 157 Mais ces différences ne consistent pas dans la position des yeux à réseau, qui est généralement la même. Ils sont toujours placés vis-à-vis des angles antérieurs du prolhorax, tantôt les débordant en arrière et les recou- vrant en partie , tantôt étant en simple contact avec eux , tantôt n'en étant séparés que par un rebord très étroit. Ocel/i, etc. L'existence des ocelles n'est pasconstante. 1 1 y a exception quelquefois dans tout un genre, quelque- fois seulement dans certaines espèces du même genre. Comment oserait-on choisir un caractère aussi variable, pour un caractère de famille ? Thoracis segmentum anticum transversum, plerisque laie trigonum; posticwn trigonum at prœccdenli opposi- tu/n, illo majus, scutelli forme 5 ambo conj uncluni rhom- bum delineantia. Cette description ne convient qu'à quelques espèces, et elle est en général inexacte. Le dos du protborax, Thoracis segmentum anticum, n'est pres- que jamais un simple triangle : il est le plus souvent pen- tagone ou hexagone 5 plusieurs de ses côtés sont souvent courbes , saillants ou rentrants. Le dos du mesolhorax, segmentum posticum , est d'autant plus apparent qu'il est moins recouvert par le bord postérieur du protborax. C'est le contour de ce bord qui détermine son contour an- térieur. Il est rare qu'il soit droit, et il le faudrait pour que ce segment fût encore triangulaire. A la vérité, il fi- nit postérieurement en pointe. Mais celle circonstance n'est pas particulière aux Fulgorellcs. Dans les cas les plus nombreux, il faudrait avoir une imagination bien complaisante pour reconnaître un rhombe dans l'en- semble des deux pièces réunies. Plus bas, Latreille ajoute, en parlant du rostre, api- culo secundo tertio paulo brevloie. Je présume qu'il n'a voulu parler que des derniers articles dépassant le labre. 158 ANNALES Mais, dans les grandes espèces, le second de ceux-ci ou i'avant-dernier atteint les premiers anneaux du ventre, et il est souvent deux ou trois fois plus long que le troi- sième ou dernier. A travers toutes ces inexactitudes, Lalreille a eu cepen dant le rare mérite d'être le premier à saisir un des caractères essentiels de la fami Ile. Fulcra rosiri, dit-il, ge- n.arum processible formata, angustissima vïx distinguen- da, frontis cljpcir/ue lalera verlicaliler occupantia. Le fait est vrai pour toutes les Fulgorclles, et il n'est vraf que pour elles. Comment se fait-il, après cela, que La- lreille ait mis à la tête de cette famille son genre Teltigo- meira, dont il dit positivement : frons plana, transver- sa : cfypeus distincte fulcratus? (1) Trois auteurs vivants, MM. Germar, Burmeister et Guérin, ont étudié les Fulgorclles d'une manière spé- ciale. Leurs travaux, sur celte famille, ont considérable- ment augmenté la masse de nos connaissances. Le premier, le docteur Germar, en avait parlé très sa- vamment, dans son Magasin d'Entomologie, tom. 3, 1818, tome 4, 1821, puis dans les Archives de Thon 1830(2). Mais, en 1833, il a refondu ses premiers travaux, dans un Conspeclus generuni cicadariarum , qui a été publié (1) II y a dix ans environ que la maison Burdin do Cliambéry me fit un envoi d'arbres fruitiers, composé d'espèces demandées. J'y ai trouvé deux jeunes plants avec cette singulière étiquette : Néfliers sans pépins, qui en ont quelquefois. Depuis lors, toutes les fois que je rencontre un genre qui n'a pas les caractères de la famille, une es- pèce qui n'a pas les caractères du genre , et un individu qui n'a pas ceux de l'espèce , je me rappelle, malgré moi , les néfliers de la mai- son Burdin. '2) Je n'oi pas pu m • procurer ce donner ouvrage DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 139 dans la Revue Entomotogîque de M. Silbermann, t. i , p. 174 et suivantes. Il y divise les Cicadaires en cinq races, ou stirpes : 1° Suidai an tes; 2° Fulgorellœ; 5° Teiti- gometrœ; 4° Membracides; 5° Cieadellœ. Voici comment il s'explique sur la seconde , la seule que nous ayons à traiter. St. 2 da Fulgorellœ. Antenna? et ulrinquè ocellus so- litarius antennis approximalus, in genarum piano per- pendiculari inserti. Anlennœ biarticulata? , arliculo secundo papilioso, setigero. Tibia? posticœ spinis cir- cumdatœ. A. Margo coslalis elytrorum brevis , aut irregularitei striatus. I. Antennœ oculis breviores, capilulo incrassato. i . Elytra et alae saltem apice dense venosa et reticu- lata. Clypeus trigonus, basi truncalus. a. Caput in labulum produclum. G. Fulgora, Lin. Fah.— Fulg. Laternaria /' recurva , Fab., etc. b. Caput auticè obtusura. <-• G. Phenax, Germar. — Fulgora variegata, Olivier. 2. Elytra apice retieulata. Clypeus oblongo-ovatus. Caput conico-elevatum. G. DiCTYOPnouA, Gerrnar.—^Fulg., europea, liyalinata , fenestvala, Fab., etc. 3. Elytra et alœ diebotome venosa, non retieulata. / Clypeus oblongo-ovatus , caput oblusum. G. Flata , Fab. — Fl. nervosa cunicularia, Fab., etc. Elytra plus minùsve irregulariter retieulata, exiùs medio angulata. Caput collari latius, clypeo co- nico. Ocellus nullus. a. Elytris fornicatis. i 40 ANNALES V® G. Issus, Fab. — /. coleoptralus, Fob., dissimilis, FaU. b. Elytris perpeudiculariter deflexis. j /^ G. Ampiiiscepa , Germar. — A. nodi permis el r 'malina, Gertnar. 5. Elytra et alœsallem apice densa venose et reli- culata. Oculi, saltem in inferiore parte peduncu- lali, verticis margine laterali involuti. G. Lystra, Fab. — L. lanata? costala, lurca, Fab., etc. II. Antennœ oculos superantcs, capitulo emarginato. Alœ dichotomè venosœ. G - Derbe , Fab. — ^ï). hœmorrhoidalis, Fab., etc., /&f'ulgora Bonelli, Lat. ? III. Antennœ oculos superantcs capitulo cylindrico. 1. Tibiœ posticœ appendice gladiiformi apice ins tructœ. a.Capitulumantennarumarticulobasilarilongius. G. Delphax , Latr. — Delplu limbala , marginata , Fab., etc. b. Capitulum antennarum articulo basilari bre- vius. G. AsirACA , Fab. — Delph. cylindricornis clavicornis , Fab., de Tibiœ posticœ appendice carentes. a. ïentaculi palpiformesad basin clypei. G. Otiocerus , Kirby.— Cobax^ Finlemi, Germar. b. ïentaculi nulli. G. Anotia, Kyrby-Anotla Bonnetii, Kirby. B. Margo costalis elytroruni striis transversis parallelis percussus. I. Alœ perpendiculariter deflexae. G. Poeciloptera , Latr. — Flata candida , phalœnoides , vitlala, Fab., etc. II. Alœ incuinbcntes. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 14! G. Ricania, Germar. — rlala1iyaHna,ocellata,Fab., etc. Ce lableau met en évidence tout ce dont la science est redevable à la sagacité de M. Germai'. Il a le premier in- diqué un des caractères essentiels de la famille. Anteu- nœ et utrinquè ocelius solitarius, antennis approximatifs , in genarum piano perpcndicul art inserii. Il a le premier employé l'innervation des ailes supérieures à la forma- tion des nouvelles coupes. Il a donné une place rationnelle à toutes celles de Fabricius , de Latreille, et de Kirby. Enfin, il en a proposé quatre autres qui lui appartiennent exclusivement,' Phenax , Dycliophora/Amphiscepa et Ricania. C'est à l'obligeance inappréciable d'un des membres fondateurs de ]aSociété entomologîquc que je dois de pou- voir rendre un compte quelconque des travaux du doc- teur Burmester. M. Seuvillr, que je prie d'accepter ici mes vifs remerciments , a eu la générosité, non seu- lement de me communiquer soixante-sept Fulgorelles très remarquables de sa riche collection, mais ayant fait faire pour lui-même une traduction française du tome II de Y Handhuch cler Entomologie, il a eu la complaisance d'en faire faire une seconde copie pour moi et de me l'envoyer. C'est sur celte copie, qui renferme à peu près tout ce que M. Burmeistcr a dit des Rynckota , que j'ai compris combien j'avais perdu à ne pas bien entendre la langue allemande , et combien de doutes et de pénibles recherches que je me serais épargnés, si j'eusse pu con- sulter le Handbucli lorsque je travaillais à mon Essai sui- tes H èiniptèrcshètèvopu tes. M. Buumeistek était à Ber- lin, dans une position qui lui permcllait de voir beau- coup ; aussi a-t-i! beaucoup vu et très bien vu. Je me con- sidère comme très honoré de m'ètre souvent rencontré aveclui, quoique sans le savoir, et cela, non seulement 142 ANNALES dans la division de certaines coupes, dans rétablissement de quelques genres, mais, ce qui est bien plus bcureux, dans la création des noms, comme cela m'est arrivé pour le genre P/iysomerus. Si l'augmentation progressive de mon cabinet , et si l'indulgence des savants m'encouragent à donner une suite à mon premier travail, je n'oublierai pas de le rec- tilierd'après celui du docteur Bijrmeister, en tout ce qui s'accordera avec les principes posés dans mes considéra- tions générales, et je me ferai un devoir de rétablir l'u- nité de la nomenclature, en reconnaissant d'avance que partout où il y aura identité parfaite de résultats, la prio- rité des noms est toute de son côté. M. Burmeister divise ses Rhynchota en six tribus. La quatrième est celle des Cicadines, que l'auteur caracté- rise ainsi : des ailes ayant des cellules ; bec dirigé en ar- rière _, de manière quil part de la base de la tête-, tarses de trois articles', antennes courtes, setacées, de trois à six articles. Les Cicadines sont ensuite sous-divisées en quatre familles. La troisième, celle des Fllgorines., a pour caractères: deux ocelles, ou peint d'ocelles; an- tennes insérées sous les yeux. Elle comprend vingt-quatre genres. En voici le tableau : I. Front n'étant pas séparé des joues par un re- bord tranchant, i. G. Tettitjomelra. II. Front séparé des joues par un rebord Iran- chant. A. Prothorax et mésothorax formant un rhombe dont le diamiètre transversal est plus grand que le diamètre longitu- dinal. «. Jambes simples. 2. G. Issus." f>. Jambes dilatées. 7>. G. Funibrwhii.^ DE LA SOCIÉTÉ ENTÛMOLOCIQFE. B. Prothoraxet mésothorax formant un rhonibe dont le diamètre transversal est presque égal au longitudinal. a. Prothorax plus étroit que le mésothorax, a. Bord antérieur des élytres sans côtés pa- rallèles. 0. Antennes atteignant au-delà du rebord des joues. g Jambes postérieures ayant de fortes épi- nes à leur extrémité. Dernier article des antennes plus long que l'article basiliaire. Dernier article des antennes plus court que l'article basilaire. Les deux derniers articles des anten- nes égaux en longueur. t ^§ Jambes postérieures n'ayant pas de for- tes épines à leur extrémité. Un appendice sous chaque antenne. Point d'appendice sous les antennes. I KJ. Antennes n'atteignant pas le rebord des joues. g Front très étroit. Front prolongé vers le haut, et pointu. Front non prolongé, mais arrondi. *?§ Front.large, quadrangulaire. f Front non prolongé supérieurement. «a Ailes réticulées partout , avec des cellules carrées. Élytres longues et étroites. Élytres échancrées au bord anté- rieur. jij3 Ailes avec des nervures fourchues parallèles, ne formant pas des cellules allongées, si ce n'est à l'extrémité des ailes. Antennes insérées dans une échan- crure au devant des yeux. Antennes insérées sous les yeux. Jambesantérieures point dilatées 143 i . G . Deîphax. s :. G . Asiracd. G. G. Ugyops. 7. G. Otiocerus. 8. G. Anotxa. \j 9. G. 10. G. M. G. \% G. Hynnis, Derbe.$ Plerodyctiu. Colpuplera.' ir>. G. tiulhriorfra. H4 ANNALES en tonne de feuilles allongées. Front étroit. 14, G. Cixia. .ïambes antérieures en forme de y feuilIesallongées.Frontlarge. 15. G. Caloscelis. f -j- Front prolongé avec le vertex , en un y cône saillant 1G. ('.. Pseudophana. (î Bord antérieur des élytres offrant des nervures transversales obliques. 0. Antennes n'atteignant pas au delà du bord des joues. Vertex séparé du front par un rebord. 17. G. IîicaniaP Vertex non séparé du front. 18. G. Pœciloptera. 4 00. Antennes atteignant au-delà du bord des joues. d9. G. Fia la b. Prothorax de même largeur que le méso- thorax. «. Front et vertex courts. § Deuxième article des antennes ovalaire et allongé. Front aussi large que long. 20. G. Pœoceni. Front plus large que long. 21. G. Aphana. %% Deuxième article des antennes globu- leux. Front enfoncé, avec deux bords éle- vés, mais point de saillie médiane. 22. G. Lystva. Front sans enfoncement, et ayant dans son milieu des saillies médianes. 25. G. Phetiax. /? Front et vertex prolongés. 2i. G. FuUjora. Ce qui frappe le plus dans le (ableau précédent, c'est le nombre des genres considérablement augmenté. Dans la métbode de M. Germak, il n'y en avait que quatorze. Ici, ils montent à vingt-quatre. Le G. Pseudophana, Durm., est le même que le G. Dictyophana, Germar. Le G. Tet- ii»omcLra reparaît de nouveau dans les Ful^orellcs. Le G. Amplùscepa, Germar, est supprimé; les espèces qui sont censées lui appartenir rentrent dans le genre Issus. Le G. Cixia, Burin., répond à l'ancien G. Cixius, Latr.,et DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 445 'data, Germar.,et lesFlates, Burin., sontun démembre- ment des Pecilopteres, Latr. et Germar. Des dix genres ajoutés, trois appartiennent à M. GuÉrin, deux à M. de Laporte, et quatreàM.BuRMEisTER. Ce sont les G. Hyn- nis , Plerodyctia , Colpoptera et Botkriocera. Je ne les connais pas, et je ne puis en rien dire. Le dernier est bien extraordinaire, et si nous nous en tenons à la lettre du tableau, il a bien l'air d'un des Néfliers de la maison Burdin. A mesure que l'occasion s'en présentera, j'ex- poserai les motifs qui m'ont empêché de suivre dans tous ses détails la méthode de ce savant auteur. Le travail de M. Burmeister a paru en 1855. Dès 1834, M. Guerin Menneville avait donné , dans la partie zoologique du Voyage de M. Bel langer aux Indes-Orien- tales, une nouvelle classification des Fulgorelles , avec les descriptions de plusieurs espèces inédites, et des fî gures très remarquables par leur exactitude et par leur beauté ; il a mis un soin particulier à l'étude des an- tennes» et il en a tiré tout le parti possible. On lui doit les genrefjEurybrachis , Ugyops et Aphana, adoptés par M. Burmeister. Il nomme Cumal lia le genre Phenax, Genn. ; il supprime le genre Ampliiscepa du même, et, en reprenant les traces de Latreille, il replace les Teiiigomètres dans les Fulgorelles. Je ne copie pas ici son tableau synoptique, parce que je le crois dans les mains de tous mes lecteurs ; mais je puis porter té- moignage de l'esprit consciencieux dans lequel il a été composé. M. Guerin a eu la complaisance de me confier ses dessins originaux, ses notes manuscrites, et plusieurs Fulgorelles très rares de sa riche collec- tion ; je ne saurais mieux lui en témoigner ma recon- naissance qu'en déclarant que j'y ai puisé des connais- sances précieuses , et que j'y ai trouvé de riches malé- viu. 10 146 ANNALES riaux pour remplir plusieurs lacunes et pour corriger quelques erreurs. Plusieurs autres savants ont fait connaître isolément des Fulgorelles nouvelles , et ils en ont indiqué quelques unes comme des types de nouvelles coupes ; mais aucun d'eux n'a embrassé, à ma connaissance, l'ensemble de la famille , et n'a rien innové dans son ordonnance gé- nérale. On voit par cet exposé qu'il en a été de la famille des Fulgorelles comme de toutes les autres familles d'in- sectes. A mesure que les espèces se sont multipliées dans les cabinets , on a reconnu la nécessité de multiplier les coupes génériques. Mais quel est le cabinet, dit quelque part le docteur Kirby, qui ne contienne quelque nou- veauté, lorsqu'il contient les produits immédiats de quel- ques chasses originales? Le mien est dans ce cas 5 je re- grette sans doute son extrême pauvreté; cependant, comme il contient quelques produits de ces chasses immé- diales, il contient aussi quelques espèces inédites. J'y ai trouvé plusieurs Fulgorelles qu'il m'a paru impossible de rapporter aux genres connus. Mais comment en pro- poser de nouveaux, lorque de tous côtés des voix d'un timbre bien différent s'élèvent à la fois sans se mettre ce- pendant ni en accord, ni à l'unisson, et crient contre lout ce qui leur arrive , repoussent les distinctions avant de les connaître, ou bien ne s'en emparent que pour les confondre pêle-mêle et pour les anéantir ? Les savants qui s'occupent d'autres branches d'histoire naturelle n'en veulent pas, parce qu'ils sont bien aises de croire savoir l'entomologie sans se donner la peine de l'approfondir. Les paresseux n'en veulent pas, parce qu'ils sont fâ- chés d'être obligés d'apprendre des noms qu'ils ont delà DE LA SOCIÉTÉ ËNDOMQLOGIQUE. 147 peine à retenir , et parce qu'ils ne se soucient pas d'étu- dier des différences dont ils n'avaient pas même soup- çonné l'existence. Les observateurs des mœurs et des habitudes des in- sectes n'en veulent pas, parce que la méthode pour eux n'est pas une science $ ils oublient qu'avant de savoir ce que fait un animal , il faut savoir ce qu'il csl$ que pour le bien connaître , il faut d'abord recourir à l'anatomie de ses pièces extérieures; que ceite anatomie est une vé- ritable science, et que la méthode en e?t une branche, en ce qu'elle est l'ordonnance rationnelle de tous les faits qui lui appartiennent. Cette science vaut-elle plus, vaut- elle moins que les autres? je n'aborderai pas cette ques- tion 5 laissons les maîtres du Bourgeois gentilhomme dis- cuter entre eux sur la prééminence de leur art. Les néophites et les vétérans de la science ont égale- ment le malheur de n'en pas vouloir : les premiers, parce qu'ils voudraient pénétrer dans le sanctuaire du temple, au moment où ils ont mis le pied sur le péristyle ; les se- conds, parce qu'au lieu d'aimer les fruits heureusement greffés sur l'arbre qu'ils ont planté, ils s'imaginent voir la démolition de leurs propres travaux dans ceux des ou- vriers qui arrivent après eux } cédant alors à la faiblesse de l'orgueil humain, ils nous quittent, en nous disant, très inutilement sans doute, j'ai fait ce au il y avait de mieux à faire; tenez-vous-en à ce que f ai fait (A). (1) Je conserve une lettre de feu Fabricius, dans laquelle il me parle de la Monographia apum Anglice du docteur Kirby. Il ne me cache pas que les divisions du G. Apis , proposées par l'auteur anglais, n'ont pas son approbation. Cependant ces divisions ont été reçues par tous les entomologistes impartiaux ; elles ont été sanctionnées par l'as- sentiment universel, et elles sont maintenant autant de genres dis- tincts qui ont une place fixe dans toutes les méthodes. lig ANNALES Ayant à vaincre de si fortes résistances, j'ai pensé que des descriptions partielles de quelques espèces anormales ne suffiraient pas pour justifier l'introduction des nou- velles coupes génériques. Il m'a semblé qu'il me fallait d'abord embrasser la famille des Fulgorelles dans son ensemble, saisir ses rapports rationnels, fixer sa place , discuter l'importance de ses caractères extérieurs, coor- donner ses divisions et ses subdivisions d'après les dif- férents degrés d'importance des différents caractères, descendre insensiblement aux détails, et ne décrire les nouveaux genres et les nouvelles espèces qu'après y avoir été conduit par la marche analytique que je devais m'im- poser. A quel ordre d'insectes appartiennent les Fulgorelles ? Telle est la première question que je devais d'abord me proposer. Pour y répondre , j'ai repris le cours des idées suivies dans mon Essai sur les Hémiptères-H ' ètéropteres , et c'est sur la tète en général, et sur les parties de la bouche en particulier, que j'ai porté mes premiers regards. Une pièce qui est, pour moi, l'analogue de la mâchoire infé- rieure, et qui porte ordinairement un autre nom, com- posée de plusieurs articles , creusée intérieurement en canal, et dirigée en arrière dans son état normal, me prouve que les Fulgorelles sont des Arthritignates. Mais en faisant abstraction de cette dénomination peu usitée, un suçoir composé de trois pièces, dont une inter- médiaire (la langue proprement dile), et deux latérales et symétriques , renfermé dans le canal inférieur de la mâchoire comme dans une espèce de gaine, m'a prouvé que les Fulgorelles sont des li hyn go La , Fab., ou des Rhynchoia, Burm. , car c'est ainsi que M. Burmeister a ré- formé le nom adopté par Fabricius , réforme qui est sans DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUK. 1 i!> doute 1res conforme au génie de la langue grecque , mais qui n'offre aucun avantage appréciable pour l'entomo- gieou pour la latinité. Quelle est la place rationnelle (1) des F ulgorelles dans l'ordre des Rit) ngot.es ? Seconde question qui se présente immédiatement après la précédente. J'observe que l'ex- trémité de la pièce articulée qui sert de gaîne au suçoir est, dans les Fulgorelles comme dans les Hétèroptères, constamment appliquée, pendant le repos, contre la sur- face inférieure du tronc qui lui sert de retraite naturelle , tandis que, dans les Psyllides , les Aphidiens , les Gal- linsectes, cette même extrémité est constamment libre dans les mêmes circonstances. Donc les Fulgorelles sont plus voisines des Hétèroptères que des Rhyngotes à ex* trémilé de la gaîne libre, que j'ai nommés, par celle raison, Pendulirostres. Cependant les Rhyngotes à extrémité de la gaine à suçoir retiré contre la poitrine, offrent plusieurs combi- naisons, opposées entre elles, dans la conformation de leur tête et de leur bouche. Dans les uns, et ce sont les Hétèroptères , tous les articles de cette gaîne sont à dé- couvert 5 dans les autres, tous les articles basilaires sont masqués par d'autres pièces delà lêle. Ceux-ci forment une tribu nombreuse , dont les Fulgorelles font partie, et à laquelle nous conservons le nom de Cicadaires, qui a été conservé par ceux qui nous ont précédé. L'existence des articles basilaires, masqués par d'autres pièces de la tête, est aisée à deviner par un œil un peu (1) Les expressions de méthode naturelle, méthode artificielle , et autres semblables, m'ont paru toujours si vagues, et souvent si er- ronnées, que j'ai renoncé, pour mon compte, à en faire usage. Je leur substituerai désormais celles de méthode rationnelle , de marche arbitraire, etc. Tout le monde est en état d'en apprécier la justesse. ibO ANNALES exercé; mais il faudrait employer le scalpel pour la mettre en évidence. Or, les organes qui ne sont visibles qu'à l'aide duscalpel sont étrangers à l'anatomie des pièces ex- térieures, et n'entrent plus dans une méthode ration- nelle. A notre grand regret, il nous faut renoncer à l'em- ploi de ce caractère. Heureusement ce sacrifice va être bientôt compensé. Il y a généralement une telle dépendance entre toutes les parties solides d'un corps organisé, que l'une d'elles ne peut changer de forme sans influer sur les formes de plusieurs autres. Nous pouvons donc présumer que l'existence des ar- ticles cachés sera décélée, en dehors, par la forme et par la [position des pièces entourantes et superposées. Or, c'est ce qui se vérifie aisément, en comparant la tête d'une Cicadairek celle d'un Héléroptere. On est d'abord frappé du nombre et de la variété de toutes ces diffé- rences, et on se perd dans les détails de chaque pièce prise à part. Mais bientôt un examen plus attentif ramène tous ces effets à une seule cause, et nous montre la clef de tous ces contrastes dans la teneur d'une seule loi, que nous pourrons formuler en ces termes : Dans les Hètéroptères , la tête se développe en avant de son bord postérieur jusqu'à son extrémité antérieure , dans la direction de l'axe du tronc. Dans les Cicadaires, à partir d'une ligne transversale, qui est censée tirée au- devant des yeux à réseau, la tête se replie brusquement en bas, et continue h se diriger en arrière, dans une di- rection opposée a sa direction primitive.. Les conséquences nécessaires de cette loi sont nom- breuses. Voici quelques unes des plus importantes. i« Les trois lobes terminaux, savoir, l'intermédiaire cl les deux latéraux, qui existent dans les Cicadaires DE LA SOCIÉTÉ ENTONOLOGIQGË. tël comme dans les Hctcrop/ères, doivent se prolonger en dessous, dans les premiers, et finir à la surface infé- rieure du corps. 2o Ils ne peuvent s'étendre , dans ce sens, sans refou- ler en arrière la surface inférieure du prolhorax. 5° La surface supérieure du prothorax ne participe pas du refoulement de la surface inférieure, et ses angles an- térieurs ne sont pas déplacés. 4° Les angles antérieurs n'étant pas déplacés , le refou- lement en arrière du prothorax doit être nul sur les côtés; il augmente en s'en éloignant, et il doit être à son maxi- mum en parvenant à la ligne médiane. 5° Cette disposition de la poitrine favorise le dévelop- pement du lobe intermédiaire de la tête, et s'oppose à celui de ses lobes latéraux. 6° Le développement en longueur du lobe intermé- diaire de la tête donne lieu à l'apparition d'une pièce que nous n'avons pas vue dans les Hétéroptères , et qui leur était sans doute inutile. Cette pièce, nommée par convention , le Chaperon, n'est qu'un prolongement du lobe intermédiaire, dont elle n'est séparée que par une suture transversale plus ou moins prononcée. Il n'y a en- tre eux aucune articulation mobile; le chaperon ne se meut qu'avec le lobe dont il fait partie, et celui-ci ne se meut qu'avec toute la tête. 7° Les lobes latéraux de la tête étant, au contraire, gênés dans leur développement par les parois internes du prothorax , et par l'agrandissement du lobe inter- médiaire, ils doivent, ou se rétrécir, en se glissant péni- blement entre eux , et se rapprocher de la longitudipa\e parallèle à l'axe du corps , ou passer au-dessous du pro- thorax, et tourner, pour ainsi dire, les barrières qui s'opposaient à leur développement en largeur. 152 ANNALES 8° Le repliement de la tète, en dessous et en arrière, en faisant passer les trois lobes à la surface inférieure, les réduit nécessairement à n'avoir qu'une seule face exté- rieure. 9° L'écartement produit par l'agrandissement extraor- dinaire du lobe médian , doit empêcher les deux latéraux de se rejoindre du côté interne. Le contraire a toujours lieu dans les Hctéropières, en conséquence de la direc- tion de la tête qui est toujours en avant. 10° La porliou basilaire du rostre, comprise entre l'extrémité et l'ouverture œsophagienne, doit poser im- médiatement sur les membranes internes qui séparent la tête de la cavité thoracique. 11° Il ne peut pas y avoir de canal rostral au-dessous de la tête : ses traces, si elles existent, ne sont visibles que sous le sternum et sous le ventre. Maintenant, si l'on observe que l'extrémité du labre est souvent sur la même ligne transversale que l'origine des pattes intermédiaires, que l'ouverture œsophagienne est toujours en avant du chaperon, à peu de distance des yeux à réseau , et que l'origine du rostre est toujours contiguë à l'ouverture œsophagienne, on comprendra pourquoi les premiers articles du rostre ne deviennent visibles que lorsque la tète s'écarte notablement de sa po- sition normale. Or, cet écartement est très limité dans la plupart des Cicadaircs, et surtout dans nos Fulgorelles. Je ne crois pas que l'extrémité du labre ou du chaperon puisse décrire un arc de 60 degrés. Il est donc bien prouvé que la retraite intérieure des premiers acticles est une des conséquences directes de la loi générale que nous avons énoncée plus haut. Cela posé, il me semble que nous eu savons assez pour DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 153 diviser l'ordre des Rhyngotes en trois tribus, de la ma- nière suivante. Tète se dirigeant en avant de la base jusqu'à Extrémité [ l'extrémité du lobe in- du rostre s'ap-l termédiaire. La face su- puyant , pen-| périeure des trois lobes dant le repos , ï terminaux de la tète n'é- sur la surface i tant jamais renversée [inférieure du I sur la face inférieure de la [corps. J tète. Pointde chaperon. l re tribu. Hétéroptères. Tète commençant un j peu au devant des yeux à se courber en bas, se dirigeant ensuite en ar- rière. La face supérieure des lobes terminaux s'é- tendant à la face infé- rieure de la tète. Un ^chaperon 2 e tribu. Cicadaires. Extrémité du rostre toujours libre k pendant le repos 5 e tribu. Pendulirostres, Celle division diffère un peu de celles de Latreille et de M. Burmeister, qui d'ailleurs différent aussi entre elles. Les raisons que j'ai alléguées prouveront du moins que ce n'est pas sans quelque apparence de bons motifs que je me suis écarté de deux autorités aussi respectables. Notre seconde tribu comprend les Fulgorelles. Par quels caractères les distinguerons-nous des autres Cica- daires? C'est la troisième question que j'avais à résoudre. Si la tête d'un H éléroptère n'éprouvait qu'un change- ment de direction de haut en bas et d'avant en arrière , nous verrions les trois lobes terminaux conserver, dans le plan inférieur, les rapports qu'ils avaient entre eux dans le plan supérieur. Nous verrions la première pièce des lobes latéraux séparée du lobe intermédiaire par une suture longitudinale plus ou moins enfoncée , mais toujours apparente. Nous verrions les (rois lobes s'éten- 154 ANNALES dre à peu près dans le même plan, si l'intermédiaire était lui-même applati. Nous les verrions , au contraire , vers leur côté interne, et le long du sillon suturai , continuer, pour ainsi dire, la surface courbe adjacente du lobe in- termédiaire, si celui-ci était convexe ou caréné. Les secondes pièces des lobes latéraux seraient toujours très petites proportionnellement aux premières. Elles y se- raient ordinairement enclavées, et souvent elles ne se- raient pas en contact avec le lobe intermédiaire. Eh bien ! c'est précisément ce qui a lieu dans la plupart des Clca- d air es. Des formes de tête dont les détails sont susceptibles d'une infinité de modifications, mais qui sont toujours dessinées sur le même modèle, s'allient, danslesuns, avec des organes de stridulation , et avec la présence de trois ocelles^ dans d'autres, avec deux ocelles seulement, ou avec leur absence totale , et avec celle des organes de stri- dulation. La tête des Fulgorelles est formée sur un type bien différent. Le renversement de haut en bas et d'avant eu arrière ne suffit plus pour nous en expliquer toutes les particularités. îl nous faudra recourir à une autre cause, et nous aurons à nous en rendre compte lorsque nous justifierons nos subdivisions subséquentes. Maintenant, bornons-nous à signaler les différences essentielles. La première pièce des lobes latéraux n'est plus séparée de l'intermédiaire par un sillon longitudinal. On voit à sa place une arête saillante, souvent rebordée, qui part du bord postérieur de la tête et qui descend , sans interrup- tion , jusqu'à la base du chaperon. Cette pièce , nommée plus souvent la joue, est dans un plan vertical, et elle fait avec le lobe médian un angle presque droit. Elle est en- tourée, d'un côté, par l'arête qui la sépare du lobe mé- dian, de l'autre, par le bord antérieur de la seconde pièce, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ISS et enfin , par le contour du prothorax. Elle porte l'an- tenne, l'ocelle lorsqu'il existe, etl'œil à réseau. Une coupe transversale des trois lobes, prise où l'on voudra, entre lesyeux et le chaperon, offrirait à peu près les trois côtes d'un carré ou d'un parallélogramme rectangulaire, sans aucune coupure, et souvent avec une saillie assez forte au sommet de chaque angle. La seconde pièce est dans un plan presque vertical, comme la première $ mais elle est beaucoup plus étroite. Elle se glisse , le long du rostre , entre les branches du sternum et le chaperon. Elle n'est visible qu'après avoir soulevé les hanches de la première paire de pattes, qui se collent contre le reste, dans l'état normal, et qui la cachent entièrement. Ces caractères me semblent assez tranchés. De là la di- vision des Cicadaircs en trois sous-tribus. ÎDes organes de stri- dulation. Trois ocelles. . . . 4 f e s.-tribu. Stridulanls. Point d'organes de stridulation. Deux ocelles , ou point d'ocelles. ... 2 e - s.-tribu. Cicadellaires. Lobes latéraux de la tête séparés de l'in- termédiaire par une carène, ou au moins par une arête sensible. ... 5 e s.-tribu. Fulgorelles. On voit, par la disposition de ce tableau, que le G. Teuigometra ne peut entrer que dans la seconde sous- tribu. Mais il y sera très rationnellement placé à la fin de la série de tous les genres, car la position et la forme de ses antennes nous conduisent insensiblement à la troi- sième sous-tribu. On voit aussi que la tête des Cicadel- laires a plus de rapport avec celle des Stridulants qu'avec celle des Fulgorelles. MM. Germar et Bcjrmeister on! suivi une marche arbitraire en plaçant les Fulgorelles entre les Stridulanls et les Cicadellaires. îls s'en sont 156 ANNALES laissé imposer par la grandeur de la taille. M. GuÉrin a très bien fait d'en revenir à la méthode de Latreille; la seule place rationnelle des Fulgorelles est celle que ce grand naturaliste leur avait assignée ; tant il est vrai que sa sagacité instinctive le sauvait de toute méprise, même dans les cas où ses raisonnements auraient pu l'induire en erreur! Après les Telligometres, les Cercopldes me sem- blent les Cicadellaires les plus rapprochées des Ful«o- relles.LesiïJembracides, qui occupent l'intervalle du pas- sage dans plusieurs méthodes, d'ailleurs si différentes entre elles, s'en éloignent davantage. On n'a qu'à observer la forme de la tête$ quoiqu'elle ait subi le renversement caractéristique de toute la tribu, ce renversement est bien moindre :il commence plus tard, c'est-à-dire bien plus en avant. Le repliement en dessous se prolonge si peu en arrière, que la base du chaperon et l'origine des pre- mières pattes sont à peu près sur la même ligne trans- versale. La séparation des trois lobes sur la face supé- rieure de la tête est même assez visible, dans le G. Cenirotus, qui est, par cela même, le plus voisin des Stridulants. Elle l'est moins dans les G. Hoplophora Umbonia, etc.; elle ne l'est pas dans les G. Sntilia, Dai- ms, Tragopa, etc. Lasous-tribu des Fulgorelles est-elle susceptible de quel- ques grandes divisions? Quatrième question à résoudre. Le chaperon, cette pièce qui manque aux Hélcroptères, et qui se trouve dans toutes les Cicadaires J n'a pas la même forme dans toutes les Fulgorelles. On peut en dis- tinguer deux types bien différents: chacun de ces types est commun à plusieurs genres; chacun d'eux est en har- monie avec certaines formes déterminées des autres par- lies du corps 5 chacun d'eux semble dépendre d'un prin- cipe différent de la formation de la tête. Ce caractère DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 157 m'a paru bien tranché, et je n'ai pas hésité à l'employer pour diviser la sous-tribu eu deux familles. Cette division m'a été d'un grand secours pour la disposition métho- dique des genres anciens et nouveaux. Dans la première famille, le chaperon paraît être une continuation du front et des joues ; on ne le distinguerait même pas si la suture transversale, que nous nommerons désormais base du front ou du chaperon , pouvait disparaître tout à fait. Le chaperon a trois faces ; les deux latérales sont presque perpendiculaires à celle du milieu , et sont séparées par des arêtes saillantes; l'intermédiaire est un prolongement du front, les deux autres sont les prolongements des joues; les arêtes intermédiaires sont aussi des prolonge- ments de celles qui séparent les joues et le front; mais comme le chaperon est triangulaire et finit en pointe, elles convergent en arrière, en s'abaissant insensible- ment , et elles s'effacent souvent à peu de distance de l'extrémité. Dans les genres de cette famille, le prin- cipe qui a présidé à la formation du front et des joues a également présidé à la formation du chaperon. Ce sont les Fulgoreiles par excellence; je les ai nommées Fulgo- rites. LeurFulgora en ouvre la série. Dans la seconde famille , la forme du chaperon tranche brusquement avec la forme des autres parties delà tète. Il est encore triangulaire, et il finit également en pointe; mais il n'y a plus de carènes ou d'arêtes latérales : les trois faces se confondent en une seule. La tête est toujours plus ou moins convexe , et elle a même quelquefois un commencement de carène médiane-, près de sa base, la conformité de ce type, avec celui qui est commun à toutes les Cicadaires des deux autres sous-tribus, est évidente. Le chaperon des Cercopides , par exemple, est parfaite- ment semblable; il est seulement un peu plus petit. J'ai 158 ANNALES , nommé les espèces de cette famille , Issues , parce que le G. Issus, qui en fait partie , est le plus nombreux en es- pèces européennes. Dans un travail qui embrasserait tous les Rhyrigotes,\es'hsites devraient venir immédiatement après ou avant les Tell igome très ; mais dans un travail particulier sur les Fulgorelles , j'ai cru qu'il fallait com- mencer par le géant de la sous-tribu , par les célèbres P orle-lanterncs . Nous voici enfin arrivés à l'examen des caractères gé- nériques. On sait ce que je pense sur ce sujet; je m'en suis expliqué, dans mon Essai sur les Hémiptères-Hété- ropteres , et j'y suis revenu dans mon Mémoire sur les Stéraspes et sur les Acmœoderes. Maintenant je ne me ré- péterai pas 5 mais j'ajouterai que s'il est vrai qu'il n'y ait, dansles insectes, aucune partie de leur corps qui ne puisse donner de bons caractères génériques, il ne s'ensuit pas que toutes les parties fournissent des caractères égale- ment bons dans toutes les fam lies. Quand elles sont bien déterminées, quand elles ont été resserrées dans les bor- nes rationnelles, c'est-à-dire quand elles ne contiennent plus des Néfliers de la maison Burdin, il n'y en a aucune qui n'ait ses règles particulières de critique. Lorsqu'une pièce quelconque n'acquiert jamais un certain volume, dans toute une famille , lorsqu'elle est rudimentaire dans quelques genres, lorsqu'elle est avortée dans quelques autres, lorsqu'elle paraît, disparaît et reparaît, indépen- damment de toute loi appréciable, dans les espèces du même genre, ou dans les individus de la même espèce, on est fondé à croire que celte pièce ne joue qu'un rôle très secondaire dans les habitudes des insectes de cette famille, qu'ils en tirent peu de secours, et qu'ils peuvent s'en passer aisément. Telle est la bouche, dansles espèces qui n'ont pas besoin de se nourrir pendant la dernière DE LÀ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. M période de la vie (1 ) ; telles sont les ailes , dans celles qui ne sont pas destinées à s'élever dans les airs (2) ^ telles sont les pattes , dans ceux qu'un vol facile dispense d'une marche fatigante et mal assurée, etc. (5) Par contre, lorsqu'une pièce quelconque acquiert un volume extraor- dinaire dans plusieurs espèces de la même famille, lors- que cette augmentation de volume est accompagnée d'un changement dans les formes, lorsque tous ces change- ments peuvent se rapporter à un type constant, lorsque ce type se retrouve dans les espèces où celte pièce est restée dans les proportions ordinaires, on est également fondé à croire que cette pièce est chargée d'une fonction spé- ciale , et que l'exercice de cette fonction joue un rôle im- portant dans l'économie de ces insectes. Une méthode qui ne tiendrait aucun compte de ce caractère , qui ne le mettrait pas en première ligne , me semblerait bien peu rationnelle. Celle qui leUr préférerait l'emploi des pièces qui pourraient indifféremment être ou ne pas être, serait encore pire. Elle serait plus qu'arbitraire, elle serait anti- rationnelle. Ceci ayant été dit à propos des Fulgorelles , le lecteur éclairé devinera dès à présent où je veux en venir; il com- prendra bien que je compte lui parler de cette tête énorme qui se prolonge au-delà desyeux, à une distance quelque- fois égale aux deux cinquièmes de la longueur totale, dont le prolongement est, tantôt horizontal , tantôt ascendant et oblique, tantôt vertical et recourbé en arrière, dont l'extrémité a quelquefois une forme bizarre , imitant une feuille , un fer de lance , une fleur de lis. C'est ce singu- (1) Ex. : dans les Lépidoptères , plusieurs espèces nocturnes; dans les Himénoptères, les Eucharis; dans les Diptères, les OEstrides, etc. (2) Ex. : les Carabiqnes , les Formicaires neutres, etc. (5) Ex. : les Lépidoptères tétrapodes. 160 ANNALES lier prolongement que nous nommerons désormais protubérance céphalique , dont tous les accidents, quoi- que très variés, peuvent être ramenés à un type commun, et dont l'existence même peut être expliquée par une loi particulière à la famille dont nous nous occupons. Cette loi consiste en un développement extraordinaire du lobe intermédiaire de la le te, dirigé en un sens dif- férent de celui du renversement ordinaire , commun à toute la tribu des Cicadaires. Ce développement a sans doute un but. Nous y reviendrons plus tard. Commen- çons par exposer les effets immédiats du fait que nous avons posé comme une loi, nous verrons augmenter en conséquence le nombre des pièces intégrantes de la tête, et nous serons obligés d'imposer des noms nouveaux à chacune de ces pièces que nous chercherions inutilement ailleurs. Les deux tendances opposées rompent nécessairement la continuité qui existait entre la base de la tête et son bord postérieur. La pièce unique qui occupait cet espace a été brisée. Chacun de ces morceaux est devenu une pièce indépendante, qui a continué à croître dans le sens qui lui était propre, et qui a constitué une face distincte. Chaque face continuant à croître encore, après être arrivée au contact de la face voisine, la suture intermédiaire a dû être une arête saillante , au lieu d'être un sillon enfoncé. La protubérance céphalique, qui est, comme nous l'avons observé, la résultante de l'assemblage de ces nouvelles pièces, est devenue un polyèdre dont les côtés sont le plus souvent des surfaces courbes. Lorsque la protubé- rance céphalique des Fulgorclles est parvenue à un cer- tain degré de développement, le polyèdre a au moins quatre côtés. L'un, que nous nommerons la face verticale, part du bord postérieur de la tête , et se compose du ver- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 161 tex proprement dit, et de son prolongement au-delà des yeux à réseau. La seconde, opposée à la première, sera pour nous la face frontale ; elle part de la base de la tête ; elle se compose pareillement du front proprement dit, compris entre la base et les yeux à réseau , et d'un pro- longement faisant partie de la protubérance. Les deux autres, que nous nommerons faces latérales, sont sy- métriques et opposées entre elles. Elles partent des arêtes qui séparent les joues et le front , et elles se prolongent plus ou moins entre les deux autres. Le sommet de la tête est le point de la protubérance le plus éloigné des yeux à réseaux. Le bord antérieur est une ligne idéale, qui est censé tirée des deux yeux au point le plus avancé, point qu'il ne faut pas confondre avec le sommet. Des quatre faces principales , la frontale est celle qui acquiert le plus de développement, aux dépens des trois autres. C'est à elle qu'appartient presque toujours le som- met delà tête. Elle le dépasse quelquefois , en remontant jusqu'à sa surface opposée , où elle rejoint l'extrémité de la face verticale. Souvent elles interceptent ensemble les deux faces latérales dont les extrémités sont plus ou moins distantes. La frontale se divise souvent en trois facettes. Les arêtes intermédiaires sont semblables à celles qui séparent les faces principales entre elles età celles qui séparent les joues et le front. Ces arêtes se rejoignent au sommet de la tête, lorsque ce point fait partie de la face frontale, mais s'effacent ordinairement à une certaine distance de la base. Près de cette ligne, les trois fa- cettes se confondent ensemble. La facette médiane est ordinairement divisée longiludinalement par une ca- rène médiane qui part du sommet, et qui est souvent plus courte, et jamais plus longue que les arêtes laté- vin. II m ANNALES raies. Les facettes latérales sont symétriques, étroites et allongées. Tel est le maximum de composition que peut atteindre la protubérance céphalique. De ce point à celui où elle n'existe plus , il y a une foule de combinaisons intermé- diaires que l'on peut disposer dans un ordre rationnel, et qui sont comme autant de degrés d'une échelle construite parla nature. En supposant l'existence de quatre faces principales , la protubérance peut se détourner de sa direction en avant , se recourber plus ou moins brusquement en ar- rière. Il peut y avoir alors froissement et rétrécissement des faces latérales, avec rebroussement et renversement de la face verticale. Lorsque les deux faces opposées , frontale et verticale , s'agrandissent aux dépens des deux faces latérales , celles-ci deviennent tantôt des fossettes rudimentaires, lantôt des fentes semblables à des sillons transversaux. Elles peuvent enfin disparaître entièrement. Lorsque les faces latérales ont disparu, la protubérance céphalique peut encore subsister , et alors ses côtés peuvent être occupés par un prolongement des joues ou par les facettes latérales de la face frontale. Lorsque la face frontale n'est pas divisée en trois fa- cettes, elle peut avoir ou n'avoir pas de carène médiane. S'il y a dans ce cas une protubérance , ses côtés se ré- duisent à l'arête qui sépare la face verticale de la face frontale. Quoiqu'il n'y ait pas de protubérance , les quatre faces principales et les trois facettes de ta frontale peuvent sub- sister et être séparées entre elles par des carènes sail- lantes, comme pour prouver que chacune a eu son centre propre de formation. Ï)E LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. 1G'> Quoique le lobe intermédiaire de la tête n'offre plus aucun brisement, quoiqu'il n'y ait qu'une seule face con- tinuée sans interruption de la base de la tête au bord postérieur , il peut y avoir une protubérance cépha- lique, comme pour prouver la tendance de la tète des Fulgorelles à se développer dans un sens opposé au ren- versement auquel est assujettie la tète de toutes les Cicadaires. Je me suis appliqué de mon mieux à étudier toutes ces combinaisons si variées. A chaque changement de forme nettement déterminable, j'ai cru qu'il fallait faire une pause, qu'à chaque pause devait répondre une coupe gé- rique , et que chaque coupe devait avoir un nom , car il vaut toujours mieux fixer l'idée par un seul mot, que par une longue phrase. La plupart des genres sont donc éta- blis d'après les formes de la tête. Les caractères que j'aurais préférés à tous autres ne m'ont pas sufti dans l'ordonnance des Issites et dans celle des Fulgorit.es à tête peu ou point protubérante. J'ai été forcé de recourir à d'autres caractères auxiliaires. Mais ces espèces sont précisément celles qui ressemblent le plus aux Cicadellaires. Elles sont, s'il m'est permis de m'exprimer ainsi, les moins Fuigoroïdcs de toutes les Fulgorelles. Je me serais donné une peine bien inutile, et la marche que j'ai suivie aurait été bien arbitraire, si cette tête, si étrangement conformée, n'était pas destinée à remplir quelque fonction spéciale , et si l'exercice de cette fonc- pas directementtion ne dépendait de cette étrange con- formation. Vos faces, me dirait-on , vos arêtes médianes et latérales ne sont que des inégalités de surface qui n'ont aucune influence sur les mœurs de l'animal ; elles ne valent pas mieux que les cornes des Bousiers et de tant m ANNALES d'autres Lamellicornes. Elles ne devraient fournir que des caractères spécifiques. Mais, répondrai-je , celte l'onction spéciale existe. Cette tête doit faire l'office d'une lanterne dans l'obscurité. Elle doit servir à l'animal pour voir et pour se faire voir. C'est précisément la ca- pacité de cette fonction qui distingue la tête des Fulgo- rclles de celle de tous les autres insectes connus. Toutes les modifications des pièces extérieures , qui peuvent augmenter ou diminuer cette capacité, sont donc quelque chose de plus que des caractères spécifiques. On a contesté , dans ces derniers temps , l'existence de cette faculté. Mais qu'a-t-on dit pour refuser aux Fulgo- relles cette propriété lumineuse qui leur avait été attri- buée par des voyageurs qui avaient parcouru les régions qu'elles habitent, et par les habitants fixes de ces mêmes contrées? On a dit que plusieurs observateurs attentifs et éclairés les ont gardées pendant un certain espace de lemps,etqu'ilsnelesontpas vues luire pendantla nuit. On peut y répondre par le témoignage contraire de ceux qui attestent l'émission de cette lumière , et faire remarquer qu'une seule déposition affirmative détruit, lorsqu'elle est croyable , un nombre quelconque de dépositions né- gatives. Mais, admettant même la véracité de celles-ci, et certainement je n'ai jamais songé à la révoquer en doute, on pourrait encore répondre qu'elles prouvent seulement que cette lumière n'est pas visible pendant toutes les nuits. On a dit que si cette lumière existait, elle serait diri- gée de manière qu'elle ne servirait pas à éclairer l'ani- mal. Ceci est-il vrai ? Il me semble, au contraire, que la lumière émise servira partout où s'étendra la portée de la vue. D'abord, l'arête qui entoure les yeux et qui les sépare du front, peut suffire pour prévenir l'éblouisse- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. KiS ment. Puis, je ne comprends pas pourquoi l'animal ne verrait pas les objets placés à sa portée, lorsqu'ils seraient éclairés par les rayons de lumière sortis de la lanterne. Quand même on se ferait une idée très exagérée de la faiblesse de celte portée, il y aurait toujours une émission de lumière et une vision. Ces conditions suffiront pro- bablement pour que les deux sexes se reconnaissent, car leur instinct respectif leur apprendra à se placer dans la position la plus convenable pour eux-mêmes, et cette position ne paraît pas difficile à trouver. Si on prétend que la lanterne ne suffit pas pour bien voir, personne ne conteste qu'elle ne suffise pour être bien vu. On a dit encore que la protubérance céphalique était vide , et qu'on y chercherait en vain une place que l'on pût considérer comme le siège de la lumière. Mais est-ce que la lumière d'une lanterne a besoin d'être placée sur le verre réfringent qui en laisse passer les rayons?Est-ce que son foyer,son siège réel, n'en est pas toujours plus ou moins distant? N'est-il pas souvent fixé à laparlie opposée? Celte distance n'est-elle pas même nécessaire à l'existence du réverbère qui augmente l'intensité de la lumière dans un espace déterminé ? Si le fait que l'on oppose était bien dé- montré, il prouverait seulement que le siège delalumière n'est, ni à L'extrémité, ni sur les côtés de la protubérance céphalique. Mais il ne s'ensuit pas qu'elle ne puisse être ail- leurs, par exemple, dans l'intérieur de la tête : celle-ci n'est pas vide , quand même la protubérance le serait. On a dit enfin que les lumières mouvantes, qui éclairent les nuits des tropiques, proviennent d'insectes qui ne sont pas des Fulgorelles. On a cité les Lampj rides , les Elatérides , etc. Ces faits sont vrais; ils prouvent seule- ment que les Fulgorelles ne sont pas, entre les tropiques, les seuls insectes lumineux. 106 ANNALES La docte société anglaise, qui a concouru à la publica- tion des cinq volumes de Y Enlomological Magazine, a consacré plusieurs de ses séances à l'examen de cette question. Ce que j'en ai dit est à peu près le résultat de cette discussion. La décision a été pour l'affirmative, à la majorité de neuf voix contre trois. Je me range de l'avis de cette majorité; et quoique je n'aie jamais vu briller dans les airs la lumière des grands Porte-lanternes, j'aime à croire à son existence, comme je veux croire à celle de la Chine, où je n'ai jamais mis le pied. Je m'étais fait cependant une objection un peu plus spécieuse, après avoir lu un morceau intéressant de M. Burmeister, sur les lueurs que répandent certains insectes, traduit et inséré dans la Revu&de M. Silbermann , t. 1 er , p. 210. L'auteur, ne voulant rien hasarder, laisse la question indécise; mais il établit d'abord, d'après de fortes présomptions, que le phosphore doit être la sub- stance lumineuse, et il observe qu'étant opaque par elle- même , elle ne peut le devenir que par le concours d'un autre agent. Ici il passe en revue plusieurs causes possibles, et toujours ne voulant rien hasarder, il n'en récuse au- cune; mais il insiste particulièrement sur l'influence de la respiration , sur l'action de l'air, et sur la combustion du phosphore. Dès lors l'objection se présente d'elle- même; si la propriété lumineuse est un effet de la respi- ration, elle ne peut être interrompue qu'autant que la respiration reste suspendue, et celle-ci ne peut être sus- pendue longtemps sans que la vie del'animal ne soit com- promise. Cependant les observations de Richard, de Sié- rer , du comte deHoFFMANSECG , du prince de Neuwied, de M. Lacordaire, témoins irrécusables, nous apprennent que les grandes Fulgores d'Amérique , celles qu'on a nommées expressément Porte- lanternes , passent un DE LA SOCIÉTÉ EN£0MOLOGIQUE. 107 temps très considérable, sans émettre aucune lumière ; donc elles ne sont pas lumineuses. L'objection n'est que spécieuse , et la conséquence esl un peu forcée. Je ne dirai pas que la propriété lumineuse peut ne pas être phosphorescente , ou que le phosphore peut être lumineux sans le concours de l'air , parce qu'en réalité je ne le crois pas ; mais je remarquerai quelasus- pension de la respiration ne compromet la vie de l'animal qu'autant qu'il s'agit de la respiration générale, c'est-à- dire de l'introduction du principe vital donné par l'ai mosphère dans l'intérieur des organes chargés de toutes les fonctions vitales. Mais il n'en est pas de même de la circulation partielle de l'air dans le fond d'une poche que l'on croit vide , qui ne contient à coup sûr ni viscères ni organes du mouvement, et qui est placée à une des ex- trémités du corps où elle semble ajoutée par surérogation. Cette circulation peut être arrêtée indéfiniment sans que la respiration générale en souffre, et sans que la vie de l'animal soit compromise. Qu'on suppose dans les Fulgo- relies l'existence d'une valvule mobile soumise à la vo- lonté de l'animal , et que celte valvule puisse ouvrir ou fermer la communication des grands conduits respira- toires avec le petit canal destiné à introduire l'air dans le petit espace où le phosphore combustible a été produit et déposé, il est clair que cette valvule sera fermée sans inconvénient jusqu'à ce que l'animal ait besoin de l'ou- vrir. Il est probable que ce besoin ne se fera sentir qu'à la saison des amours, et il est possible que cette saison n'arrive pas durant la captivité. L'existence de la protubérance céphalique nous ex- plique pourquoi les joues sont séparées du front par une arête saillante, pourquoi elles font un angle avec lui, et pourquoi elles lui sont presque perpendiculaires \ elles 468 ANNALES sont les piliers du dôme de lumière que la nature a voulu élever. La surface extérieure du pilier est un mur pres- que plan, sur lequel on voit, en allant de haut en bas , les yeux à réseau , les ocelles et les antennes. L'œil est ordinairement implanté sur un tubercule tubuleux à large diamètre posé obliquement, quelquefois assez haut, près du bord postérieur, peu sensible et sou- vent effacé au côté opposé. Lorsque ce tubercule a une hauteur plus remarquable, ce qui n'a lieu cependant que d'un seul côté, on a dit que l'œil était pédoncule, et on s'est servi de ce caractère pour signaler quelques genres. Je n'ai pas osé m'en prévaloir. Le point où la hauteur latérale de ce tubercule change un œil sessile en un œil pédoncule m'a paru indéterminé et indétermi- nable. Uocclle manque trop souvent pour mériter plus de confiance ; j'en ai tenu peu de compte dans le choix des caractères génériques. Les antennes méritent plus d'attention 5 elles sont im- plantées , comme les yeux , sur un tubercule large et tu- buleux, dans l'intérieur duquel elles peuvent se retirer eu partie ; elles sont composées au moins de quatre articles, dont les deux premiers sontordinairement beaucoup plus grands que les autres. Le premier, le plus souvent cylin- drique ou faiblement obconique, peut alors s'enfoncer dans le fond du tubercule antennaire ; et dans ce cas il est arrivé qu'on a pu prendre le tubercule pour l'article, ou qu'on a cru à l'existence de deux articles distincts. Dans un petit nombre, ce premier article acquiert un dévelop- pement extraordinaire qui ne lui permet plus de rentrer dans le tubercule, et ce développement est accompagné de formes anormales. Nous en aurons des exemples dans le petit groupe des Delphaeoïdes, où nous en profiterons DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 1G9 comme ceux qui nous ont précédé , pour la formation des principales coupes. Le second article , loin de pouvoir se retirer, comme le premier, dans l'intérieur du tubercule antennaire, est susceptible d'acquérir une grosseur extraordinaire, de prendre la forme , tantôt d'une massue sphérique, tantôt d'un ellipsoïde allongé, ou aplati , ou en olive. Son ex- trémité est concave , rarement ronde , plus souvent ovale ou allongée en fente étroite , intérieurement tapissée par une membrane tendre et llexible. La surface extérieure est souvent couverte de granulations qui l'ont fait com- parer à un cryptogame du G. Pezlza. On adit alors qu'elle est spongieuse. Les dimensions et les formes de cet article, la présence et l'absence de ses granulations, les modifi- cations de sa cavité terminale, les points différents de cette cavité qui donnent naissance au troisième article, fournissent autant de caractères qui sont plus que spéci- fiques , et dont il aurait été très inconvenant de ne faire aucun usage dans la distinction des genres. L'inconve- nance aurait été d'autant plus sensible, qu'en bien des cas, ce second article est le seul apparent. De même que le pre- mier peut s'enfoncer dans le tubercule , le troisième peut se retirer dans le second , et le quatrième est si fragile, qu'il disparaît souvent dans les exemplaires 5 le second article est alors le seul reconnaissable , et on doit être bien aise qu'il puisse suffire pour reconnaître la Fulgorellc que l'on a sous les yeux. La spongiosilé du second article, ses granulations ex- térieures, nous offrent un phénomène unique qui est jus- qu'à présent inexpliqué. Je sais bien que les conjectures qu'on pourrait hasarder actuellement n'inspireront au- cune confiance, parce qu'elles sont dénuées de faits à leur appui. Cependant je ne saurais taire que ce phénomène 170 ANNALES me semble être étroitement lié avec celui de la phospho- rescence, ou, pour mieux dire, de la facuté lumineuse. S'il y a une valvule qui ouvre l'accès de l'air à la substance luminifère, elle doit être placée bien près de l'origine des antennes $ les muscles qui meuvent celles-ci doivent être bien près de ceux qui ouvrent et qui ferment la valvule. La nature ne multiplie ses agents que lorsqu'ils doivent agir en des lieux distants et à des fins différentes. Pour- quoi l'ouverture et la fermeture de la valvule ne répon- draient-elles pas à des mouvements déterminés de l'an- tenne, et pourquoi ces mouvements seraient-ils étrangers à la circulation de l'air dans l'intérieur de l'antenne? Pourquoi l'ouverture de la valvule, en établissant une communication entre les conduits aériens de la tête et de l'antenne, ne produirait-elle pas l'introduction de la lu- mière dans l'intérieur de l'antenne même? Si cela était, le second article semblerait fait exprès pour lui servir de fanal. Sa cavité est vide, comme celle de la protubérance céphalique. Son enveloppe est extensible et translucide. Les granulations, vues au microscope, m'ont paru offrir une petite cavité qui n'est certainement pas piligère , dont les téguments sont plus minces, et qui doit opposer moins de résistance au passage de la lumière. Ce fanal serait dans des proportions bien minimes, sans doute 5 la lumière qu'il émettrait serait fortement colorée; sa sphère d'action aurait bien peu d'étendue ; cependant , il pourrait suffire à éclairer l'œil qui le touche de si près, et à servir de signal à l'individu que son instinct appelle à la recherche et guide à la reconnaissance. Le troisième est toujours un pygmée, comparative- ment au second} sa petitesse, sa tendance à s'enfoncer dans l'article qui le précède, le rendent très difficile à ob- server. On est heureux de pouvoir s'en passer dans l'or- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGigiE. 171 donnance de cette famille. Le quatrième, partant de l'ex- trémité du troisième, consiste en une soie fine, allongée et finissant en pointe ; vue successivement à l'œil nu et à la loupe , elle m'a toujours paru inarticulée. Si de la tête, où siègent les principaux organesdessens, nous passons aux organes extérieurs du mouvement , nous serons frappés d'une particularité qui est commune à tous les individus de la tribu des Cicadalres. Quoique leurs ailes, lorsqu'elles existent, soient assez grandes, quoique le système alaire paraisse assez bien développé, ces espèces ne sont pas , en général , capables d'un vol étendu, rapide et élevé; quoique leurs pattes paraissent semblables à celles des autres insectes marclieurs, il s'en faut de beaucoup qu'on puisse les prendre pour de grands coureurs. L'observation nous apprend que, lors- qu'ils se croient en danger, lorsqu'ils sont pressés do prendre la fuite, c'est-à-dire au moment où ils ont besoin des mouvements les plus prompts et les plus faciles, ce n'est ni au vol ni à la course qu'ils ont recours, mais c'est toujours à la saltation. Ce phénomène s'explique , en partie , par l'attitude or- dinaire de leurs pattes pendant l'état normal. L'origine de celles des deux premières paires est située au-dessous des angles antérieurs du prothorax et du mésolhorax. Les hanches des mêmes paires , étroites et allongées, s'é- tendent obliquement au-dessous de la poitrine, d'avant en arrière et de dehors en dedans, dans l'espace plus ou moins resserré que le renversement de la lète et le refou- lement du thorax laissent encore subsisler. Dans les Fulgorellcs , cet espace est si étroit , que les hanches an- térieures se collent contre le chaperon et dérobent entiè- rement à la vue les pièces adjacentes des lobes latéraux (les Fukra vosiri). Le fémur se replie en avant sous la 172 ANNALES hanche; mais le tibia et le tarse se replient de nouveau en arrière, au-dessous du fémur, en sorte que les cro- chets des tarses sont notablement eu arrière de l'origine des pattes. Celles de la troisième paire ont une autre con- formation 5 elle est en harmonie avec celle du mésotho- rax, qui s'est moins ressenti du refoulement général. Les branches sont rapprochées à leur naissance, placées près de la ligne médiane; elles sont courtes, épaisses, très fortes. Les fémurs, les tibias et les tarses ne se re- plient pas les uns sur les autres^ les mouvements de leurs articulations semblent moins libres, et ces pattes semblent perdre en agilité ce qu'elles gagnent en force et en gran- deur; qu'elles se meuvent ou qu'elles se reposent, leurs différents articles peuvent faire différents angles entre eux , mais il n'y en a aucun qui soit absolument dirigé en avant. Cela étant, supposons que l'insecte veuille sauter: les extrémités des pattes seront fixes , les quatre antérieures se déploieront 5 le déploiement naturel des différentes pièces qui étaient pressées les unes contre les autres, élè- vera le corps de l'insecte, et puisque les extrémités sont fixes , l'origine de chaque patte sera ramenée en arrière ; ce recul produira une flexion forcée des pattes posté- rieures, qui, n'étant pas ployées pendant le repos, de- vront faire un effort pour subir ce recul. La détente de ce ressort estlacauseimmédiate dusaut, mais son existence provient de la conformation de la tête $ et nous en venons à cette conséquence remarquable : les Cicadaircs en gé- néral , et les Fulgorelles en particulier, ne sont des in- sectes sauteurs que parce qu'une partie de leur tête est renversée de haut en bas, et d'avant en arrière. Il n'est pas aisé de mesurer la portée du recul 5 il est probable qu'elle est au moins égale à la longueur des banchesan- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMQLOGFQUE. 173 lérieures , qui peuvent passer du plan horizontal à une position presque verticale ; et si on pouvait conclure de la plus longue portée du recul, la plus grande force de Y élan, les Fulgorelles seraient évidemment les sauteuses par excellence , entre toutes les Cicadaircs. Au surplus, les pattes des Fulgorelles m'ont fourni ra- rement des caractères génériques 5 elles m'ont paru tou- jours inoffensives. Rien qui ressemble à une pince ou à un instrument de prise quelconque ; rien qui annonce une humeur guerrière ou un instinct carnassier. Les tibias et les premiers articles des tarses sont le plus souvent ter- minés par une couronne d'épines; elles peuvent aider l'animal à se fixer sur les feuilles ou à se crampon- ner à la tige des végétaux, sur lesquels il passe son inno- cente vie. Nous verrons aussi quelques tibias garnis d'é- pines latérales: ces pièces, ainsi que les fémurs, sont généralement cylindriques ou prismatiques. Dans un pe- tit nombre de cas très exceptionnels, quelques unes de ces pièces sont dilatées , aplaties , foliacées ou spatuli- formes. Quand ces formes anormales m'ont paru bien tranchées et communes aux deux sexes , je n'ai pas hé- sité à les regarder comme de bons caractères de genre; elles gênent évidemment les mouvements de l'animal ; elles doivent donc avoir une destination spéciale, il serait très peu rationnel de n'en pas tenir compte. Les tarses ont trois articles ; le troisième est armé de deux crochets sim- ples, et garni en dessous d'une pelotte membraneuse peu apparente, surtout après le dessèchement. On a écrit que les grands Porte-Lanternes des tropiques s'élèvent à de grandes hauteurs, et on a conclu qu'ils avaient un vol très étendu. Celle conséquence ne me sem- ble pas rigoureuse. La Fulgorel/e peut s'élever de bran- che en branche et monter jusqu'au sommet d'un arbre, 174 ANNALES par une succession de sauts peu étendus et fréquemment répétés; parvenue au faîte, la Fulgorelle n'aurait qu'à se soutenirà cette hauteur pour passer d'un arbreàunaulre. Jl y aurait loin de là au vol rapide, soutenu et balancé des insectes qui possèdent cette faculté à un autre degré éminent, comme la plupart des Himénopthres , certains Lépidoptères, les Nevroplbres des G. JËshna, Libellula, etc. Ceux qui leur ont comparé les Fuïgorelles, sont aussi ceux qui n'ont pas voulu voir en celles-ci des insectes nocturnes et lumineux. La protubérance céphalique, qui devenait inexplicable, s'expliquait alors en la comparant à une espèce de vessie aérienne qui pouvait diminuer ou augmenter la pesanteur spécifique de l'animal. On ne se refusait pas à croire qu'il fût le maître d'y introduire et d'en chasser l'air à volonté, tandis qu'on ne songeait pas que l'introduction et l'expulsion, pareillement volontaire d'une bien moindre quantité de ce fluide, aurait suffi pour expliquer la présence et l'absence de la lumière. L'exem- ple des espèces européennes vient à l'appui de mon opi- nion. Les DiclyophoraEuropœa, P annonica et Cyrnea ont une tête protubérante ; leur protubérance est assez grande, surtout dans les deux dernières espèces ; elle semble vide- elle est allongée etterminée en pointe, de manière à avoir un faux air de ressemblance avec la poupe d'un bâtiment; cependant ces Fuïgorelles, bien connues , sautent tout aussi bien et volent tout aussi mal que la plupart des Gi* cadaires. Quoique le vol des Fuïgorelles soit, à nos yeux, borné, lent et paisible, leurs ailes n'en méritent pas moins toute notre attention; leurs attaches respectives , leur struc- ture, leur innervation, la position qu'elles affectent pen- dant le repos, entreront nécessairement dans la descrip- tion des genres; les belles couleurs dont elles sont parées DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 1"îîi entreront de même dans celles des espèces. Mais ces des- criptions seraient inintelligibles si nous ne nous enten- dions pas sur la nomenclature des différentes parties, telles que les nervures , les cellules et les autres espaces déterminés , les contours, ainsi de suite. Les ailes supérieures prennent naissance aux angles an- térieurs du mésothorax, au-dessous d'une petite pièce mobile que nous nommerons indifféremment écaille hu- mérale ou écaille alaire. Leur système osseux consiste toujours en trois côtes longitudinales ou nervures prin- cipales plus ou moins ramifiées, s'anastomosant entre elles au moyen d'autres nervures obliques ou transver- sales. Ces trois côtes se séparent à peu de distance de leur origine et atteignent le contour extérieur de l'aile. Je les nommerai, en allant de dehors en dedans, le radius , le cubit us et le post-cubitus. Le radius se sépare des deux autres presqu'en nais- sant; il se prolonge sur le bord antérieur. En l'exami- nant attentivement, on reconnaît qu'il est double , c'est- à-dire qu'il se compose de deux côtes semblables, ados- sées l'une à l'autre à leur naissance, mais pouvant dans quelques cas se détacher et laisser même entre elles un espace assez étendu. Quand la branche interne sera bien distincte, nous la nommerons nervure sub radiale, en lais- sant à l'autre le nom de radius.Le cubitus et le post-cubitus, après s'être séparés, comme je l'ai dit, à peu de distance de l'origine, communiquent entre eux par une nervure transversale, et forment avec elle une cellule remarqua- ble que nous nommerons la cellule basilaire. La gran- deur relative et la forme de cette cellule ne sont pas les mêmes dans toute la sous-tribu ; mais elle existe toujours, et les traces de son existence sont encore recounaissa- bles , même lorsqu'elle ne consiste plus qu'en une fente I MÙ ANNALES longitudinale ou en un enfoncement punctiforme. Des bords de cette cellule, les deux nervures se prolongent en arrière en se dirigeant, le cubitus vers le radius , et le post-cubitus vers le bord interne $ elles divisent ainsi la surface de l'aile en trois espaces, que nous aurons à distinguer et que nous nommerons, le premier pan ex- terne, compris entre le radius et le cubitus $ le second pan discoïdal, compris entre lecubitus et le post-cubitus; le troisième pan interne, compris entre le posi-cubiius et le bord interne. De ces trois pans, les premier et le der- nier partent de l'origine de l'aile, le discoïdal ne com- mence qu'en arrière de la cellule basilaire. Le pan externe est toujours bien prononcé depuis l'ori- gine jusqu'au delà de la moitié de l'aile , parce que , dans cet espace, le radius et le cubitus sont également appa- rents, et s'élèvent également au-dessus des anastomoses intermédiaires. Mais il arrive souvent que le cubitus s'affaisse peu à peu et que les dernières ramitications des- cendent au niveau des anastomoses les plus voisines de l'origine. Dans ce cas, on ne saurait dire exactement où finit le pan externe, et on voit qu'il se confond insensi- blement avec le pan discoïdal. Lorsque la jonction du radius et du cubitus est mieux déterminée, on a pu croire à l'existence d'un stigmate tel qu'on l'a reconnu dans les ailes supérieures des Hyménoptères. Mais le cas présente tant d'exceptions, la ressemblance est si éloignée, le pré- tendu stigmate est si souvent un espace partagé en plu- sieurs petites cellules, que j'ai renoncé à l'emploi d'une dénomination qui supposerait souvent l'existence de ce qui n'existe pas, et qui ne serait jamais parfaitement juste, parce qu'elle exprimerait plutôt une analogie de position qu'une ressemblance de forme. Le post-cubitus a en général une consistance plus égale DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. 177 dans toute sa longueur, et le point où il atteint le bord interne est ordinairement mieux déterminé. Il s'ensuit que le pan interne se confond plus rarement avec le dis- coïdal. Maintenant, si l'on conçoit une ligne tirée de ce point à celui où le cubitus rejoint le radius, lorsque leur jonction est apparente, ou bien perpendiculaire au bord externe, lorsque le pan externe et le discoïdal se con- fondent insensiblement, on divisera le dernier en deux parties, le plus souvent idéales, dont l'antérieure sera pour nous Y avant- dis que, et l'autre sera Y arrière-disque. Le bord postérieur de l'aile sera pour nous tout le con- tour extérieur de /' arrière-disque. Le bord interne est le contour du pan interne. Ils finissent, l'un et l'autre, au même point. En arrière de celui-ci , le bord postérieur commence quelquefois par suivre la direction du bord interne ; il s'en écarte ensuite pour aller rejoindre le bord externe. Ces changements de direction sont tantôt insen- sibles et arrondis, tantôt brusques et anguleux. Lors- qu'il y a deux angles plus ou moins prononcés, je les ai distingués en postéro-externes et postcro-internes. Le pan interne a aussi deux ou trois nervures longitudinales principales; je les nommerai netvures internes. Elles partent de l'origine de l'aile, derrière le post-cubitus. L'une d'elles longe le contour extérieur. Nous la nom- merons la cote interne. Elle est conformée de la manière la plus convenable à la position de l'aile, pendant le repos. Les trois pans de l'aile ne sont pas dans le même plan. Pendant le repos , Y interne est presque horizontal 5 il e^l destiné à couvrir le dos de l'abdomen. La cote interne es! d'abord arquée de manière à suivre le contour postérieur du mésothorax qu'il ne recouvre jamais ; de là elle se prolonge presque en ligne droite, en contact immédiat, vm. 12 178 ANNALES avec sa pareille de l'autre aile, sans jamais passer au- dessus ni au-dessous, en sorte que la ligne du contact répond à la ligne médiane de l'abdomen. Lorsqu'il y a recouvrement des deux ailes, il est toujours en arrière du pan interne, et il appartient à l 'arrière -disque. Le pan discoïdal s'écarte plus ou moins du plan horizontal , et descend obliquement de dedans en dehors. Le post-cubims est l'arête de l'angle plan qu'il fait avec le pan-interne. L'ouverture de cet angle est d'autant plus grande que l'abdomen est plus large, et que son dos est moins élevé. Le pan externe reste quelquefois dans le même plan que le discoïdal. Lorsqu'il s'en écarte, il se rapproche ordi- nairement du plan vertical. Il y a cependant quelques cas bien exceptionnels, où il s'étend dans la direction contraire, et où il revient presque au plan horizontal. Nous en verrons quelques exemples dans les Flaididcs des G- Rcania et Pœciloptcra. Dans le mouvement, le pan discoïdal passe toujours au i lan horizontal , et les deux autres , s'ils font angle avec lui , prennent nécessairement une position oblique. Celle du pan interne est constante dans ce sens. Celte obliquité est indispensable pour assujettir ensemble les deux ailes du même côté. Dans les Fulgorelles , il n'y a point de grande agrafe comme dans les Cigales, point de série «le petits crochets comme dans les Cercopides. Les deux ailes ne peuvent pas s'accrocher l'une à l'autre, et se tenir étroitement au moyen d'une espèce d'articulation artificielle. La nature y a suppléé, en partie, en plaçant au bord interne de l'aile supérieure, et au bord antérieur de l'aile inférieure, une côte saillante et solide , et en les disposant de manière que celle de l'aile supérieure passe derrière l'autre et descend plus bas à cause de l'inclinai- son oblique et quasi-verlicale du pan interne. Ou con- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. m çoit maintenant que pendant la durée du vol , tant que les deux ailes doivent obéir aux mêmes mouvements, tant que ces mouvements ne sont pas contrariés par des forces étrangères, les deux ailes se tiennent assez bien pour ne pas se séparer, car il faudrait pour celte sépara- tion qu'il y eût à la fois et le long de la ligne du contact, exhaussement de l'aile supérieure et abaissement de l'in- férieure; chose impossible, dans l'hypothèse permise. Cependant il faut convenir que cet assujettissement est moins intime que ceux dont nous avons cité quelques exemples. Il doit donc être plus difficile à maintenir. Le vol doit être plus fatigant et moins étendu. Il me semble que celte observation n'est pas sans utilité pour expli- quer ce que nous savons des Fu/goreilcs européennes, et pour confirmer ce que nous pensons des grandes es- pèces exotiques. L'obliquité même du pan interne nous conduit au même résultat, car il me semble évident qu'une aile à plusieurs plans doit remplir son office moins bien que celle qui n'en a qu'un seul. Les ailes inférieures nous occuperont moins, parce qu'elles jouent un rôle moins important. Homogènes comme les supérieures , dans le sens qu'on attache ordi- nairement à ce mot, elles sont cependant moins con- sistantes. Leurs nervures, toujours moins nombreuses, sont moins saillantes, en exceptant toutefois les longitu- dinales principales. Souvent la saillie des nervures secon- daires ou transversales est nulle en dessous, et alors leur présence n'est décélée que par leur plus grande opacité. Semblables en ceci aux ailes inférieures de toutes les Ci- cadaires, elles ont un seul pli longitudinal, lorsqu'elles sont retirées durant le repos. Mais la portion postérieure re- lativement à l'origine , celle qui est l'inférieure pendant l'inaction et l'interne pendant le vol, est plus grande danà 180 ANNALES les FulgortUes que dans les aulres sous-lribus. Son bord inlerue est aussi long que l'abdomen, il esl fixe, à la base, aux cotés du métathomx ; il se loge ensuite dans une rainure sub-inarginale du dos de l'abdomen , et sou- vent il ne s'en détache pas même lorsque l'aile est éten- due. Un pareil assujettissement me semble un obstacle de plus à la rapidité et à la durée du vol. Lorsque ces ailes sont repliées, elles se croisent au-dessus de l'abdomen, et elles y son entièrement couvertes et cachées par les su- périeures, qui ne se croisent cependant pas. La nervure qui répond au pli est plus forte que les aulres. Toujours saillante en dessous, elle est lasculequi y puisse paraître carénée et tranchante. Quand l'aile est étendue, son contour postérieur offre souvent uneéchan- crure dont le sommet répond à l'extrémité du grand pli de l'aile. Cette échaucrure est plus grande dans quelques genres. Mais ses proportions ne m'ont pas paru rigoureu- sement les mêmes dans tous les individus de la même espèce, et je crains qu'on ne puisse pas en tirer des ca- ractères spécifiques dignes de toute notre confiance. J'achèverai ce que j'avais à dire sur les ailes des Fui- gorcllcs, enappellant l'attention des naturalistes sur une particularité dont il serait bon de se rendre raison. La nervure transversale qui ferme postérieurement la cel- lule basilaire des ailes supérieures est, en dessous, très saillante; elle forme une espèce de tubercule laminiforme et tranchant, quelquefois échancré etunidcnté, ordinai- rement vertical, plus rarement penché en avant ou en arrière. Cette saillie ne s'explique pas, comme celle du post-cubitus , par la nécessité d'un surcroît de force dans l'arête qui termine deux plans différents , car la cellule basilaire et le disque de l'aile sont dans le même plan. Elle ne s'explique pas davantage par l'assujettissement DE LA SOCIETE EHX0MOLOG1QUE. 181 réciproque des deux ailes du même côté , car lorsqu'elles sont étendues, elle est toujours à trop de distance en avant de l'aile inférieure pour lui servir de point d'at- tache. A quoi sert-elle? On sait que les Rhyngotes, qui sont si éloignés des Co- léoptères et des Orthoptères par les parties de la bouche , en sont cependant les plus rapprochés par la forme du tronc, et surtout par le développement et par la mobi- lité du prothorax. Mais indépendamment des modifica- tions produites par la poussée en avant de la pièce tho- racique qui est immédiatement derrière le prothorax , poussée qui a lieu dans tout l'ordre des Rhyngotes, le prothorax des Cicadaires est encore influencé par le ren- versement de la tète qui caractérise cette tribu ; les an • gles antérieurs n'étant pas déplacés, comme nous l'avons déjà remarqué , on peut les considérer comme deux pi- vols sur lesquels l'anueau prothoracique a fait une révo- lution telle, que la coupe transversale, qui aurait été ver- ticale, s'est abaissée en avant et s'est relevée en arrière , en prenant une position oblique, d'autant plus éloignée de la verticale, que le renversement de la tête a exercé plus d'influence. Le dos du prolhorax étant poussé en avant, il a été nécessairement arrêté, non seulement par les points fixes qui lui sont propres , mais encore par ceux qui sont propres à la tête , c'est-à-dire par les yeux, car le renversement ne commence qu'au delà de la ligne qui est censée tirée de l'un à l'autre. Il s'ensuit que le bord antérieur peut s'avancer derrière le vertex , et qu'il doit se retirer en face des yeux. Nous nommerons l'a- vancement intermédiaire lobe médian , et les sinuosités latérales échancrures post-oculaires. Le lobe médian est ordinairement courbé en arc de cercle ou en arc d'el- Ijpsc, quelquefois plus accuminé, très rarement ter- 182 ANNALES miné en pointe. Ces différents traits nous donneront d'excellents caractères spécifiques, mais nous n'en tire- rons pas d'autre parti. Il en sera de même de la courbure des êchancrures post-oculaires qui pourront être plus ou moins restreintes, et quelquefois même presque effacées. Le bord postérieur s'étend toujours plus ou moins en ar- rière, en recouvrement de la portion antérieure du mé- sothorax; il est rarement entier, droit ou arrondi. Le plus souvent il a une échancrure qui n'est pas la même dans tous les genres, et qui est toujours en rapport di- rect avec la portion du mésothorax qui reste à découvert dans l'état normal. Mesuré à son maximum de largeur, le prothorax est toujours plus Large que la tête. Lorsqu'on a dit le contraire, on a pris la mesure trop en avant, et on n'a pas tenu compte d'une partie de la largeur. En rè- gle générale , il est pareillement aussi large ou au moins presqu'aussi large que le mésolhorax. Cette règle a cependant une exception que je signalerai en temps et lieu. Elle m'a paru très remarquable, en ce qu'elle change beaucoup le faciès des espèces où elle se présente , et j'ai cruy voir un caractère assez bon pour en faire mention dans le signalement d'une sous-famille. Du reste, si on suit le contour du dos du prothorax , antérieurement bi- échancré et unilobé, latéralement arrondi ou en ligne oblique, postérieurement plus ou moins échancré, on conviendra qu'il faudrait forcer le rapprochement d'une manière bien arbitraire pour y voir une espèce de trian- gle et la moitié d'un rhombe. En dessous, et à la poi- trine, l'extrémité du prosternum est toujours reculée en arrière, au delà de l'origine des ailes supérieures, et quelquefois jusqu'au-dessous de la pointe postérieure du dos du mésothorax. Les pièces paires qui le compo- sent ne se rejoignent qu'à leur extrémité postérieure, DE LA SOCIÉTÉ EiVloMOUMilyl K. ISS et elles laissent entre elles un espace triangulaire qui csf rempli par la tète renversée en dessous. Au sommet pos- térieur de ce triangle, à la jonction de ses deux branches, le prosternum est encore creusé en gouttière, et reçois, non seulement l'extrémité du chaperon, mais même une portion de cet article du rostre qui est le premier en évi- dence, et qui est réellement le quatrième. L'autre partie du thorax a été divisée par les métho disles en deux autres que l'on a assimilées séparément au prolhorax , et qu'on a regardées comme autant de seg- ments annulaires et indépendants. Je ne suis pas le pre mier à élever quelques doutes sur cette manière de voir qui a été accréditée par l'autorité de Latueille , qui a été adoptée par la plupart des entomologistes vivants , et que je n'ai pas hésité à suivre jusqu'à présent, parce que j'ai toujours pensé que la meilleure des langues est celk' qui est !a mieux comprise , et que les termes convenus ne sont jamais inconvenants. En me rangeant ici de l'avis de ceux qui pensent que la division du thorax en trois segments n'est pas toujours exacte, je rappellerai quel ques unes de leurs objections. D'abord les deux derniers segments sont tellement as sujettis l'un à l'autre, qu'il n'y en a aucun qui ait, à lui seul , un mouvement propre et indépendant. Ce manque de faculté ne provient pas de la soudure accidentelle de deux pièces originairement distinctes et mobiles. Cette exception particulière de la loi générale prouverait un arrêt de développement, et n'aurait lieu que lorsque les deux pièces , ou au moins l'une d'elles, seraient à l'état rudimentaire. Le cas de la règle sérail d'ailleurs plus fréquent que celui de l'exception. Or, ici le cas qu'on voudrait regarder comme l'exception est non seulement le plus fréquent, mais il est même le seul 484 ANNALES connu. On n'a aucun exemple du contraire. L'assujettis- sement réciproque des prétendus segments existe tou- jours , quand même ils seraient arrivés au maximum de leur développement. Cet assujettissement réciproque est une conséquence nécessaire de la structure interne de cette partie du tho- rax ; il n'y a qu'une cavité commune. Ses muscles mo- teurs agissent ensemble sur toutes les pièces de son en- veloppe. S'il y en a de spéciaux, ils appartiennent exclusivement aux membres qui en sortent. En second lieu , ces prétendus segments ne sont pas annulaires. Les sections de la poitrine ne correspondent pas avec celles du dos. Il n'y en a que deux en dessous ; il y en a presque toujours davantage en dessus. Il y en a quatre dans les Himénoptères ailés : le premier au devant des ailes supérieures, et dont le milieu se nomme ordinairement le disque du mésothorax ; le se- cond, qui commence latéralement à l'origine des ailes supérieures, et dont le milieu répond à Vécusson pro- prement dit; le troisième, qui est pour les ailes infé- rieures ce que le second est pour les supérieures , et dont le milieu est le porie-écusson ; le quatrième , enfin , est le métathorax proprement dit. On serait bien embarrassé de rapporter chacun de ces quatre segments à l'un des deux de la surface inférieure, si on voulait faire un rap- prochement rationnel , complet et rigoureux. Que fera-t-on de la première section dorsale, quand elle ne sera plus apparente sur les flancs, et quand la ra- cine des ailes supérieures répondra aux angles anté- rieurs du mésothorax ? Que fera-t-on de la seconde, quand la première , étant apparente latéralement, sera censée la pièce supérieure DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 18.. du segment , dont le cerceau inférieur porterait les pattes de la seconde paire? Que fera-t-on , dans tous les cas, de la troisième, qui est constamment séparée par deux incisions latérales des deux pièces qui portent les pattes intermédiaires et les pattes postérieures? Que fera-t-on de la quatrième, et ne sera-t-elle pas uu hors-d'œuvre, si on place dans le même segment les pattes postérieures et les ailes inférieures ? Si, dans l'impuissance de résoudre la difficulté, ou voulait couper le nœud, en combinant deux à deux les quatre sections dorsales, afin d'en réduire le nombre à celui des sections pectorales, comment justifierait-on cette nouvelle combinaison du reproche de l'arbitraire? a-t-on un critérium rationnel pour prononcer entre deux sillons transversaux, parfaitement semblables, et pour décider que l'un est la limite de deux segments dif- férents, et que l'autre sépare simplement les pièces in- tégrantes du même segment? Dans les Rhyngotes , il n'y a que trois sections dor- sales. La troisième, ou le metathorax , répond aux deux dernières des Hyménoptères prises ensemble. Elle donne naissance aux ailes inférieures, et elle sert d'attache à l'abdomen : c'est une difficulté de moins. Les autres res- tent, et conservent toute leur importance. Comme j'a- vais à maintenir les faits en m'écartant le moins pos- sible de la nomenclature généralement admise, j'ai conservé à la première et à la dernière section les noms connus de mésothorax et de metathorax , et j'ai donné à l'intermédiaire celui de segment sub-alaire. Toutes les sections dorsales du thorax des Fulgorellcs sont séparées par des lignes élevées, par des arêtes sem- blables à celles de la tète : c'est un fait général et cou- 186 AiNNALES stant dans cette famille. Toutes les pièces attiques et in- articulées de leur enveloppe extérieure sont , ou disjointes entre elles, ou adhérentes par une sulure saillante et caréniforme. Le mésotkorax a toujours son véritable bord antérieur au delà de la racine des ailes su- périeures , et enfoncé au dessous du prothorax. Il n'est visible qu'à l'aide du scalpel. Mais comme nous n'aurons à traiter que des pièces extérieures, nous nommerons bord antérieur la limite antérieure de l'espace que le pro- thorax ne recouvre jamais. Cette limite est souvent re- bordée, et ce rebord semble fait exprès pour arrêter le mouvement rétrograde du prothorax. Le contour de ce bord idéal est déterminé par celui de la pièce qui le li- mite, le plus souvent arrondi ou en arc d'ellipse, dans un très petit nombre de cas, acumiué et anguleux. Les bords latéraux convergent en arrière, et finissent en pointe, en sorte que le dos présente à peu près l'aspect d'un triangle dont les trois sommets répondent aux ra- cines des deux ailes supérieures età la pointe postérieure. Celte forme triangulaire a fait comparer celle pièce à un (cusson; et, en effet , elle est certainement l'analogue de i'écusson des Coléoptères. Mais elle n'a aucun rapport d'analogie et de connexion avec celui des Hyménoptères. Le dos offre souvent les traces de trois lignes longitudi- nales élevées qui la divisent en qualre compartiments. On peut présumer que chacun de ces compartiments ré- pond à un centre particulier de formation , et qu'il y a eu une époque où ce tout unique a été composé de quatre pièces distinctes et disjointes. La surface du prothorax présente souvent les nièmes indices. Cette observation me semble venir à l'appui de celle que j'ai faite sur le pro- thorax des Acmœodeies dans mon Essai sur les espèces de ce genre communique à la Soc. Fut. de France , en DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIOUE. J87 1838. L'existence des quatre pièces primitives est en- core reconnaissable, dans les Hêtêroptbres , à la portion du mésolhorax, qui est constamment cachée sous le pro- lliorax. Le segment sub-alaire des Fulgorelles est un sillon profond , en sautoir, ouvert en avant , dont les sommets divergents sont à la naissance des pattes antérieures, et dont la pointe postérieure est derrière celle du mésolho- rax. La côte interne de l'aile supérieure se loge dans l<; fond de ce sillon. Elle est contournée près de la base de manière à s'y adapter commodément. Les deux arêtes marginales qui séparent les trois sections dorsales sonl, à l'égard de cette côte, les parois d'une espèce d'étui étroit, allongé , et dont le couvercle supérieur aurait été enlevé. A l'extrémité postérieure , une petite carène Ion gitudinale coupe le segment sub-alaire en deux parties, et semble quelquefois un prolongement du mésolhorax. Malgré la grande différence des formes, cette carène, si étroite, et si courte est , d'après sa position, le véritable analogue de la pièce qu'on nomme écusson dans les Hy- ménoptères. Quanta celui des Hétéropieres , j'y vois la seconde section dorsale de la seconde portion du thorax , ou l'analogue du segment sub-alaire. La première , ou le mésothorax , me semble entière- ment cachée sous le prothorax. Les deux sections sont toujours séparées par une suture transversale: celle fi est quelquefois un sillon, comme dans les Pentatorniles, cl tantôt une arête saillante, comme dans quelques C or é ites, etc. Le nom de segment sub-alaire ne lui conviendrait guère, car elle se prolonge en arrière, en passant au des sus du mciailwrax , et elle s'étend au-dessus de l'abdo- men ! en y recouvrant en partie les ailes inférieures 1H8 ANNALES croisées pendant le repos. Cependant on voit souvent, sur ces bords latéraux, une rainure qui sert de retraite au bord interne des ailes supérieures. Il s'ensuit que l'é- eusson des Ilétéroptères est l'analogue de celui des Hy- ménoptères , et du segment sub-alaire des Cicadaires. Je suis fâché de ne l'avoir pas présenté sous ce point de vue dans mon Essai sur les Hémiptèrcs-Hétéropleres . Le métailiorax fortement écbancré en avant pour rece- voir les deux premières sections dorsales, l'est moins sen- sïblementen arrière, où il embrasse 1'abdoinen, quiestses- sile , et qui est à peu près de la môme largeur. Son bord postérieur est élevé. On voit sur son dos une ligne élevée, en sautoir, ouverte en avant, et dont la pointe approche toujours et atteint souvent le bord postérieur. On pourrait prendre cette carène pour la limite de deux sections dor- sales distinctes. Dans cette manière de voir, l'antérieure serait analogue à celle qui est la troisième dans les Hymé- noptères, et que nous pourrions nommer le second seg- ment sub-alaire, et l'espace triangulaire médian serait l'analogue du post-ècusson. En considérant sous cet as- pect la seconde portion du thorax des Fulgorelles, ou pourrait dire qu'il a quatre sections dorsales, comme celui des Hyménoptères. Mais cette manière de voir m'a paru sujette à des graves objections. La division du mé- lalhorax en deux sections est nulle ou inappréciable dans tous les Rhyngote.s des deux premières tribus. Il y est caché, en tout ou en partie, par les prolongements du mésothorax et du segment sub-alaire. La carène en sau- toir n'est pas apparente dans un grand nombre de Ful- gorelles, et surtout dans les petites espèces de la seconde famille. Dans celles où elle est la plus apparente, elle s'ar- rondit insensiblement vers les bords latéraux, et elle dis- paraît généralement avant d'atteindre l'origine des ailes DE LA SOCIÉTÉ ËNTOMOLOGIQUÊ. 180 inférieures. Dans le doute, j'ai pensé qu'il fallait signaler ces analogies , comme un sujet d'étude , mais qu'elles n'é- taient ni assez générales, ni assez bien démontrées, pour servir de base à la méthode et à la nomenclature. Toutes les sections pectorales du thorax sont très lâche- ment réunies, et semblent presque disjointes. Elles ne sont attachées l'une à l'autre que par une membrane flexible qui leur permet de s'écarter et de se rapprocher à vo- lonté. Les deux dernières , celles qui appartiennent à la seconde portion, et que nous pourrions nommer très ra- tionnellement mesopectus et metapectus, sont quelquefois si écartées naturellement, que la membrane intermédiaire est toujours apparente. II en est de même des différentes pièces qui entrent dans chacune des deux sections. Toutes celles qui se touchent, et dont la suture n'est pas élevée en carène, ne tiennent que par une membrane ordinai- rement très étroite, mais qui a encore assez de flexibilité pour leur permettre un certain écartement. Entre les autres avantages que la Fulgorclle peut tirer de celte fa- culté, qui semble jusqu'à présent un attribut particulier de celte sous-tribu , nous remarquerons celui qu'elle en lire évidemment pour donner au rostre et au suçoir une retraite sûre et commode. Les patles intermédiaires sont trop distantes à leur origine, et le mésoslernum est trop large, pour que les deux pièces qui le composent puissent former un canal rosirai tel qu'il existe dans plu- sieurs H étéroptbres, et tel que la ligne médiane du canal réponde à la suture des bords internes des deux pièces, qui n'en font plus qu'une seule, et que ses parois laté- rales répondent à leurs bords externes. Mais ce canal que la Fuigorelle ne saurait former par le rapproche- ment des deux pièces mésosîernales, elle le forme quel- quefois par leur éloignemenl. La membrane inlermé- 1U0 ANNNALES diairc remplit le creux du sillon, et les bords internes des deux pièces en sont les parois latérales. Par suite de la même faculté, le canal se prolonge pareillement sous le metapectus. Mais ici les hanches delà troisième paire sont si rapprochées, à leur naissance, que le métaslernum est beaucoup plus étroit, et la solidification est si arriérée, qu'il ne parvient jamais à la consistance de la corne. Il s'ensuit que le canal rosirai se change en un pli membra- neux, dont les feuillets s'ouvrent inférieurement et obéis- sent toujours aux mouvements des pattes postérieures. V abdomen est sessile , large au moins autant que le thorax, ne se rétrécissant qu'à peu de distance de l'ex- trémité, souvent déprimé, n'étant jamais comprimé, et ne paraissant l'être que parce que son dos est plus ou moins caréné, et parce que celte carène s'élève quelque- fois à une grande hauteur proportionnellement à sa lar- geur. Il est toujours composé de six anneaux , dans les deux sexes. Si on les a comptés différemment, c'est parce que le premier anneau du dos semble en former deux , et parce que le sixième ventral change de forme en deve- nant partie de l'appareil génital. Ces anneaux tiennent peu entre eux , et leur substance a toujours une certaine mollesse. On peut en juger parles rides difformes et irré- gulières qu'on remarque à l'abdomen des individus des- séchés et conservés dans les cabinets. Elles sont , dans l'insecte parfait , semblables à celles des larves et des nymphes des espèces qui acquièrent la dureté normale lorsqu'elles arrivent à leur dernier état. Le premier segment dorsal ne paraît double que parce qu'il a deux orifices plus ou moins grands , pareils à ceux qu'on voit sur le même segment dans les mâles des Si rld niants, et communiquent par un sillon transversal assez rapproché du bord antérieur. Mais si on observe DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. t& attentivement le bord latéral, on recon naît qu'il est cou- linu et qu'il n'y a qu'un seul segment. Que devons-nous penser de ces deux orifices? Dans les Stridulanis, chacun d'eux répond à une cavité qui peut agrandir l'espace où se meuvent les organes de la stridulation, quoiqu'elle ne le contienne pas , et qui peut concourir à la transmis- sion du son, quoiqu'elle n'ait aucune part à l'entrée et à la sortie de l'air. On ne les trouve pas dans les femelles, qui sont muettes. Mais les Fulgorelles passent pour n'être pas stridulanles,et cependant ces oriflees s'y trouvent, et ils s'y trouvent dans les deux sexes. Les segments normaux , savoir : les 1 er , 2 e , 5 e , 4 e et 5 e se composent de six pièces distinctes placées à côté l'une de l'autre, et formant un anneau transversal, savoir: une grande plaque dorsale, deux petites plaques latérales de chaque côté, l'une supérieure et l'autre inférieure, et enfin une grande plaque ventrale. Les deux grandes plaques opposées , que nous pourrions nommer les cer ■ ceaux supérieur et inférieur, ne tiennent aux quatre petites que par des ligaments membraneux très relâchés, qui Se prêtent à l'action des muscles internes , et qui leur permettent de se mouvoir indépendamment les unes des autres. Les deux petites plaques du même côté sont, au contraire, très étroitement agrégées, et leur suture mé- diane est une carène saillante qui fait partie du bord externe de l'abdomen. Il y a sur chaque plaque supé- rieure un stigmate trachéen, qui surpasse en grandeur relative tous les stigmates abdominaux des autres divi- sions de l'ordre des Rhyngotes. Les six plaques dorsales, ou cerceaux supérieurs, main- tiennent , dans les deux sexes , les formes normales. Il en est toujours ainsi de deux premières plaques ven- trales. Les 5 e , i et 5 e sont encore de même dans tous les 492 ANNALES mâles , et dans la plupart des femelles. Les individus de ce sexe nous offriront des exemples d'exceptions très re- marquables dans quelques genres de la sous-famille de CixioïJes. Dans toutes les femelles, la sixième plaque ventrale est une pièce annulaire dont la paroi supé- rieure est d'une seule pièce flexible et membraneuse, tandis que l'inférieure, la seule visible en renversant l'insecte sur le dos, est fendue longitudinalement et com- posée de plusieurs pièces, toutes doubles et symétriques. On voit d'abord, le long de la fente, deux appendices lon- gitudinaux qui s'adaptent l'un à l'autre du côté interne, et qui forment le conduit de Voviscapte dont ils sont le véritables étuis; puis deux lobes externes, ordinairement plus courts et plus larges, séparés des appendices internes par un sillon suturai plus ou moins profond, et diverse- ment contourné; enfin deux autres pièces implantées librement au-dessous de la paroi supérieure de la plaque annulaire, derrière les lobes externes , et en debors des appendices internes. Nous les nommerons les écailles imlvaires, parce qu'elles nous semblent les analogues des pièces auxquelles M. Léon Dufour a imposé celte dénomi- nation. Elles sont cependant assez distantes de l'orifice de la vulve, qui est au point médian inférieur, à l'origine même de Voviscapte. Le conduit de Voviscapte peut être ouvert ou fermé inférieurement; ses étuis peuvent être minces ou épais , tranchants ou arrondis, épineux, dentelés ou inermes. Les écailles vidvaires peuvent adhérer à l'oviscapte pres- qu'à son origine, se coller extérieurement contre les ap- pendices internes, et mériter le nom d'étuis externes de Voviscapte; ils peuvent aussi ne le rejoindre qu'à une certaine distance de son origine, et n'en envelopper que l'extrémité postérieure. Ces détails appelleront noire at- DE LA SOCIETE ËNfOMOLOGIQUE. 193 lention lorsque nous en serons à l'examen des genres et des espèces. Dans le mâle, la sixième plaque ventrale est formée d'une seule pièce entière , cornée et annulaire. L'ouver- ture postérieure de cet anneau est oblique, de haut en bas, et d'arrière en avant, en sorte que sa paroi supé- rieure étant beaucoup plus prolongée en arrière que l'in- férieure , elle apparaît souvent sur le dos de l'insecte , et alors on pourrait la prendre pour un septième ou hui- tième anneau dorsal. L'appareil génital est contenu dans l'intérieur de cette pièce , dont il peut sorlir et où il peut rentrer à volonté. Il consiste dans la verge et son étui ; cet étui est un tube d'une seule pièce, dont l'extrémité postérieure se divise en deux branches inarticulées , que nous nommerons les branches de V armure copulatricc. Ces deux branches , qui s'étendent plus ou moins du mi- lieu sur les côtés, présentent des formes très variées; tantôt elles ressemblent à deux feuilles d'acanthe, dont l'extrémité est roulée et repliée en dessus; ellessont quel- quefois dentées, épineuses; elles ont souvent quelques échancrures , et si ces échancrures sont profondes, elles semblent subdivisées en plusieurs feuillets. Leur dureté n'est pas toujours la même, elle égale ordinairement celle de la corne; elles ont quelquefois plus de flexibilité, sans être pour cela mobiles à volonté. Il n'y a aucune discon- tinuitéentre elles et la base de la pièce annulaire dont elles font partie, et elles doivent obéir aux mêmes mouve- ments; elles sont séparées par une fente droite, médiane et longitudinale, qui a un faux air de la fente du sixième anneau dans les femelles d'autres Rhyngotes. Lorsque l'extrémité de Yoviscapie est cachée dans la femelle, lors- que l'armure copulatrice du mâle est postérieurement en évidence, les deux sexes ont à leur extrémité une fente vin. 13 l'Ji ANNALES à peu près semblable , mais celle du mâle est la plus al- longée ; il est alors aisé de se tromper , de prendre la fe- melle pour le mâle, et vice versa. Il faut bien que celte méprise soit naturelle, puisqu'un savant aussi respecta- ble que M. Burnieisterne l'a pas toujours évitée $ il lui est échappé d'attribuer au mâle de la Phcnax reiiculata le ventre d'une femelle (1). On se garantira de celte erreur en examinant si la sixième plaque ventrale est entière ou fendue, si les deux pièces, qu'on pourrait croire des écailles vulvaires^ sont capables d'un mouvement propre et latéral, si la fente intermédiaire est pleine ou vide, si dans la vide on n'aperçoit pas l'extrémité postérieure du pénis ; car il est de fait que ce pénis, dont je n'entrepren- drai pas la description, parce que je le regarde comme un organe interne qui ne devient extérieur que dans l'acte passager de l'accouplement, a un grand volume relatif dans toutes les Fulgorelles, qu'il est logé librement dans le creux de la plaque annulaire , et qu'il est aisé d'en apercevoir une partie à travers les fentes de son élui. Tournons maintenant les yeux sur l'extrémité posté- rieure du lube intestinal et sur les pièces qui entourent l'anus. Les Fulgorelles nous offriront certaines particula- rités qui me semblent concourir à justifier la place que nous leur avons assignée dans notre méthode. Toutes les Cicadaires ont non seulement leur orifice anal distinct de l'orifice de la vulve, mais ils l'ont séparé par une cloison cornée et lubuleuse qui entoure l'extré- mité du lube intestinal; ce tube, que nous nommerons désormais le tube anal, est interne, très courl et presque rudimentaire dans les Siridulants. II eslencore de même dans les Membracidcs , qui sont encore en ceci les Cica- (4) Burmeistf.r, Gen. inseet. Rhyngothes , t. 1 , G. Lyslra, fig. 2. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQL'K. 195 dellaires les plus voisines des Stridulants. Mais peu à peu on voit ce tube s'allonger, à mesure que la partie supé- rieure de la dernière plaque dorsale se raccourcit 3 il est déjà visible extérieurement dans les Cercopides, et il parvient à son maximum de développement dans les Ful- gorelles , qui ont cette paroi pelite, en comparaison de son analogue chez les Stridulants. La correspondance de ces deux développements qui procèdent en sens inverse, s'explique très bien par la né- cessité de la mise en liberté de l'anus, soit pendant toute la durée de l'accouplement, soit pendant celle de la ponte des œufs. Si l'ouverture de la sixième plaque ventrale est bien grande, elle peut suffire à la distance qui doit sub- sister entre l'anus et les parties génitales pendant l'exer- cice des fonctions génératrices , et c'est ce qui arrive dans les autres Cicadaires. Mais si elle n'a pas assez de lon- gueur, comme dans les Fulgorelles, il faudra que le tube se prolonge davantage en arrière et qu'il y jouisse d'une certaine liberté, et qu'il puisse se redresser de lui même aussi haut que besoin sera. La paroi supérieure de la plaque membraneuse, flexible dans les femelles, n'y op- pose aucun obstacle aux mouvements indépendants du tube anal. Mais dans les mâles, il n'est pas tout à fait de même^ chez eux, celte pièce esi encore destinée à former la paroi supérieure de l'étui de la verge et à en fermer l'ouverture postérieure; sa longueur doit donc être pro- portionnelle à celle des branches de l'armure qui en oc- cupent les autres parois, et son extrémité doit se courber d'autant plus en bas que celle de l'armure se relève moins en haut. Cette destination particulière met le tube anal dans une dépendance directe de l'étui, dont il devient partie intégrante. Il est évident qu'il ne doit se redresser que lorsque la verge doit sortir. Or, pour cela , il fallait 1% ANNALES qu'il fût enclavé dans la plaque ventrale et annulaire qui entoure la verge. S'il en eut été autrement, il aurait pu se redresser lorsque les organes génitaux auraient été inactifs et retirés , et alors il aurait mis inutilement une partie de la verge à découvert. Il fallait de plus que l'ar- mure copulatrice dût l'obliger à sortir en dehors pendant l'acte de l'accouplement, car sans cela son redressement aurait été impossible dans la seule circonstance où il au- rait été nécessaire. Les formes du tube anal sont très variées, non seulement selon les genres, mais même selon les espèces et selon les sexes. Cette sorte de détails n'a de place que dans les des- criptions particulières. Le tube est rarementcylindrique, le plus souvent obconique et plus large à l'extrémité qu'à la base. Ses bords latéraux, souvent dilatés par lamelles, se rejoignent quelquefois de manière à n'en faire qu'une seule, qui se prolonge en arrière au delà et au dessous de l'ouverture postérieure. Nous la nommerons alors la pla- que anale. Le tube intestinal est toujours libre dans l'intérieur du tube anal, et se prolonge visiblement lors de l'ouver- ture postérieure, et l'anus est toujours découvert à l'ex- térieur. Il consiste en une fente longitudinale et dorsale, entourée de fils serrés et déliés qui forment une espèce de frange. On se demande d'abord à quoi sert cette série d'appendices filiformes. On pourrait la prendre pour une espèce de brosse ou de balai, apte à nettoyer en partie l'extrémité postérieure. Sans lui refuser absolument cet emploi, j'aurais quelque peine à croire qu'un organe qui existe dans toutes les circonstances et dans tous les indi- vidus de la sous-tribu, n'ait qu'un emploi aussi secon- daire , et qu'il ne serve qu'à une fonction nécessairement accidentelle et passagère. Si l'on observe que, d'après la DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 197 conformation de leurs parties génitales, les deux sexes des Fulgorelles doivent adhérer bout à bout par leur ex- trémité postérieure pendant l'accouplement, et que la su- perposition absolue d'un individu sur l'autre est impos- sible ; si on réfléchit ensuite que les deux individus doivent préluder à l'accouplement en se plaçant volon- tairement dans la position respective qu'ils seront obligés de garder pendant la durée de l'acte; si on remarque que leurs parties sexuelles sont alors hors de leur vue, et que le tact doit venir à leur aide ; si les attouchements nécessaires ne peuvent venir ni des pattes, ni des an- tennes, on conviendra, avec moi, que la frange anale des Fulgorelles peut être un moyen de reconnaissance et de communication entre les différents sexes de la même espèce. Le corps et les membres des Fulgorelles sont ordinai- rement enduits, en partie, d'une substance étrangère que M. Burmeister a comparée à la cire, parce qu'elle se dissout entièrement dans l'alcool , et que je crois un peu animalisée, parce que, brûlée à la flamme d'une bougie, elle exhale une odeur de corne assez sensible ; c'est surtout dans les femelles et à l'enlour de leurs par- ties génitales que cette substance acquiert plus d'épais- seur et plus de volume. On en a conclu qu'elle pouvait servir à la défense des œufs après la ponte , et l'analogie apparente du tube anal avec une espèce de couvercle a contirmé cette conjecture, en faisant supposer que les oeufs pondus pouvaient séjourner au-dessous jusqu'à leur éclosion. Je ne contesterai pas la possibilité hypothéti- que du fait , quoiqu'on n'en ait jusqu'à présent aucune preuve directe, et quoique j'aie la preuve du contraire dans plusieurs cas particuliers ; mais en l'admettant avec doute, j'observerai qu'il ne suffirait pas pour expliquer tous les U8 ANNALES phénomènes connus. Celte substance cornéo-cireuse est plus abondante à l'extrémité postérieure du ventre, mais elle peut exister partout ailleurs; je l'ai observée sur la tête, sur le cervelet , sur les pattes , sur toutes les ailes, et notamment sur les supérieures^ elle est aussi plus abon- dante dans les femelles, mais les mâles n'en sont pas dé- pourvus $ je l'y ai vue dans les régionales plus distantes de leurs parties sexuelles^ et lorsque celles-ci en sont revê- tues, elles le sont naturellement, et on a eu tort de les croire saupoudrées de blanc par le contact de la femelle. Je regarde cet enduit comèo-cireux comme une espèce de fourrure défensive que la nature a accordée à des ani- maux dont les téguments extérieurs sont toujours d'une certaine mollesse, et qui ne tiennent entre eux que par des ligaments très relâchés. Cette fourrure est le produit de l'animal ; c'est une sécrétion qui sort indifféremment de tous les pores exhalants. On peut la comparer à celle de quelques Melasomes (1). Il est probable qu'elle est plus épaisse là où les pores sont plus ouverts; il est également probable que cette condition se vérifie mieux dans la portion membraneuse des téguments que dans leur portion cornée ; voilà pour- quoi on acru que cette substance sortait des interstices des segmenls du corps , et qu'on y a vu une analogie avec la sortie de la cire produite parles abeilles. Cependant les pièces cornées transsudent aussi la même substance, et l'unique différence est en plus ou moins. Lorsque la trans- sudalion par le même pore est de courte durée , l'enduit extérieur conserve un aspect pulvérulent ou écailleux ; (1) Voyez surtout les G. Eurychora et Pogonobusis, Sol. Elle existe aussi dans les G. Asida, Opalrum, etc.; mais comme ceux-ci ont le corps bien plus dur que celui des Fulgorclles , je crois qu'elle leur sert plutôt à se déguiser qu'à se couvrir. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. 199 mais si elle est plus longuement prolongée, il sort de chaque pore un filet fin et allongé. Les filets qui sortent de la même pièce se groupent en flocons ou en houppes. Tous ceux qui sortent des pièces intégrantes du même segment transversal forment autant de couches distinctes ; toutes ces couches, houppes et flocons, s'écartent et se rapprochent, selon les positions respectives des pièces tégumentaires dont elles sortent. S'il en était autrement, cette fourrure si épaisse, dont les fils seraient si étroite- ment serrés les uns contre lesautres, serait bien plus nuisi- ble qu'utile à l'animal, qui ne saurait comment s'en déga- ger 5 elle deviendrait pour lui un poids insupportable et une enveloppe meurtrière qui gênerait tous ses mouve- ments et qui s'opposerait au libre exercice des fonctions animales, sans lesquelles la vie est impossible. Nous allons voir un exemple de ce que nous venons de dire dans le mode de la respiration abdominale. On sait que l'air est introduit dans les trachées par des stigmates spacieux, situés sur les pièces latérales et supérieures des six premiers anneaux; ces pièces peuvent à volonté s'ap- procher et s'éloigner du cerceau dorsal. Lorsqu'elles sont arrivées au maximum du rapprochement, l'abdomen est affaissé, la pièce latérale supérieure est couchée presque horizontalement, et son bord interne s'enfonce sous le dos. Cette position me semble celle du repos, celle qui doit coûter le moins d'effort à l'animal , en un mot la po- sition normale. Le tissu delà fourrure participe au même repos ; ses fils ne subissent aucun écartement, et l'abdo- men ne perd rien de la couverture qui lui sert de défense passive. Supposons maintenant qu'il y ait écartement, ce changement s'effectuera par une conversion des pièces la- térales, qui sera telle, que la supérieure passera d'un plan quasi horizontal à un autre quasi vertical. Le cerceau dorsal sera soulevé, et l'abdomen semblera renflé. Cette 200 ANNALES position sera celle d'une tension générale, celle des plus grands efforts, celle des plus fortes inspirations. L'air pénétrera aisément dans tous les vides qui se formeront dans l'épaisseur de la fourrure cornéo-cireuse ; il y en aura nécessairement un en cône tronqué et renversé, vis-à-vis de chaque stigmate abdominale -, la respiration ne peut rencontrer, dans ce cas, aucun empêchement. Lorsque l'animal reviendra à la position normale, et nous devons croire qu'il y reviendra le plus tôt possible, il pourrait encore respirer par les stigmates thoraciques, quand même la respiration abdominale serait tout à fait interrompue; ce qui n'est certainement pas démontré. 11 y en a ordinairement quatre sur les flancs de la se- conde portion du thorax, au-dessous de l'origine des ailes : deux à la première section , derrière l'origine des pattes intermédiaires ; deux à la seconde , près des som- mets des angles postérieurs; mais la respiration abdo- minale peut être rallentie , sans être suspendue. Une por- tion de l'air qui a pénétré dans l'épaisseur de la fourrure, peut continuera y séjourner même après que l'abdomen s'est affaissé, et après qne les fils du tissu se sont serrés et rapprochés. Cette portion d'air retenu sera pour la Fulgorelle une provision semblable à celle que plusieurs insectes aquatiques conservent à l'aide des poils qui cou- vrent leur surface et qui entourent les orifices de leurs trachées. Celte provision permettra à la Fulgorelle de res- pirer pendant un certain temps, sans aucun effort , et sans sortir de sa position normale. Lorsqu'elle sera épuisée, il sera toujours le maître de la renouveler en reprenant, pour peu d'instant, la position qui rétablit la communi- cation directe des stigmates avec l'air ambiant extérieur. Comme une substance sécrétée quelconque ne fait pas partie du corps d'un animal, quand même elle y adhére- rait encore après sa sortie, il aurait été très peu rationnel DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 20 î d'employer l'enduit cornéo-cireux des Fulgorelles comme caractère de genre ou d'espèce. Je me suis imposé la loi de n'en jamais parler, sous ce rapport. Tels sont les principes qui m'ont guidé dans la classification des Ful- goreUes , et d'après lesquels j'ai esquissé le tableau qui va suivre. On y trouvera quelques coupes nouvelles qui ont exigé de nouveaux noms; quoique je pense toujours que les noms ne sont pas des définitions , ceux que j'ai choisis auront le faible mérite d'être significatifs; je les ai com- posés en latinisant, de mon mieux, un, deux ou trois mots grecs choisis dans le Thésaurus d' Henri Etienne. Voici leur signification respective. Phriclus, Horrible. Arœopus, Mince, pied. Enchophora , Lance , porter. Lophops, Crète , front. Pyrops, Feu , front. Acanalonia, Sans règle, aréole. Epischts, Opaque. Elydiptera, Enveloppe, aile. Dilobura , Deux lobes, anus. Calyptoproctus. Cacbé , derrière. Dichoptera, Bipartie, aile. Monopsis, Une, face. Plegmatoptera, Filet, aile. Plectoderes, Pli , col. Omalocéphala, Plate, tète. v> Ommatidiotus, Ocellé. Cladodiptera, Veine , aile. Alyclerodus, Avec nez. Elastnoscelis, Lame, jambe. Si quelques uns de ces noms ont été employés ailleurs, il faudra les changer. C'est un des daDgers fréquents que courent les dénominations significatives; il aurait fallu avoir bien du malheur pour ne l'avoir pas évité, si on eût créé des mots nouveaux et insignifiants (1). (1) M. Alex. Nordmann, auteur d'un très bon mémoire intitulé -.Sym- boles ad monographiam slaphilinorum^etc.^ inséré dans le tome IV ex Acad. cœs. Petropol. comm. y dit expressément : Pariler gênera Lea- cheana, quœ in Stephensi calalogo emimerantur, quura Ma nomina iUa omni sensu careant, neque quidem signifîcent, veluli; Goërius^Talgins , Raphirus^Bisnius, Gabrius, Olhrius et Cafius,alque temere ficta viden- tur, velrejeci, vel tantum in transcursu commemoravi., vel pro iis sa- niora et aptiora proposui. Un rejet ainsi motivé n'esl-il pas un peu dur, et son autocratie est-elle incontestable? 202 ANNALES RÈGNE ANIMAL ilaire étant occupée par , n _ Me.jouci. . . 4. G. Pyrops. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. "XK B. Seconde sous- famille des Fulgorites. — Lystroïdes. ; Faces latérale» plus ou moins refoulées en arrière par le 'hroussement de la f.ice frontale dont le développement ariêle même celui de la face verticale. Une protubérance „ „ . , f.,' n î*> cépbalique, dans quelques espec.sseulem.nl • O. G. ApkOma, (jL'El.. ' Cinquième plaque dorsale de , Une pro- \ l'abdomen opciouliforme, pouvant / tubéran- couvrir les anneaux suivants. . . G. G. EpiSCÎUS. Faces laté-l ce cépba- \ ( ralement l liquo. / Cinquième plaque dorsale de \ compri. I [ I'abUouieu de forme ordiuaire. . 7. G. VilobUTO. mies par 1 le front el 1 , Division du front en par le I I trois facettes, nulle; veneidonl/ , B'cond ar \ fron * presque bori- Q _, a i/ déveiop\ / llcl ' Des faces latérales. Ailes Heures ne se croi- pas à leur exlrè- Tèie pou ] mité 21. G. CiXÎUS. LA 1 . | Point de faces latérales. Ailes supérieures se croi- "es \ I " at à leur «"*»i«- • 22. G. Plectoderes. J ««uA f Ailes supérieures se croi- _ nertures i Second article des antennes plus long 'Zh , que le premier 23. G. DdphaX. FAI!. Juuesfa rann- ■ h'ées. le fiont/ /Pattes de la forme ordi- un angle ( Second ar- I naire 24. G . Al'ŒOpUS 1res ob l liclede remier. | Patles anlérieures dilatées -„ ' . , , \et aplaties 25. G. Asiraca. Lat. Deuxième famille des Fulgorelles. — Issues. O v l Tibias postérieurs jf/étantplus élevés é P iueux - ' ■ • E. 1« s.-fcm. Wrf«. '■ g que les écailles/ ! Numérales. ) Tibias postérieurs \ muliques. . . . F. 2 e s.-fam. Derboïdes. c D l étant moins élevés que les écailles < V numérales G. 5° s.-fam. FUuoïdcs Xi DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 20Î E. Première sous-famille des Issites. — Issoïdes. y ' Tète protubérante. . . .26. G. Mycterodu, de la forme „°j£l" 1 Tète non ( Point d'ocelles. 27. G. Issus , Fab. 1 protubé- rante. ( Des ocelles. . . 28. G. Ommatidiolus. j ' [ Dos du prothorax plus If aplaties cM large °I ue lon 8- ■ • 29 - G - Eurybrachys, Giér.0 V ^> 1 dilatées ^ Dos du prothorax au I moins aussi long que [large 50. G. Caliscelis , Lap. F. Deuxième sous-famille des Issites. — Derboïdes. y ne dépassant pas les joues. . . . 51. G. Verbe, Fab. Second article sans appendices. . . .52. G. Anotia, Kirby. ^1 dépassant les' joues. ^ Second article ayant un ou plusieurs ap- pendices 55. G. Otioc.erus, Kirby. G. Troisième sous-famille des Issites. — Flatoïdes. <* V* séparée A Facette médiane de la face frontale protu- ri r T r„ - \' du ra l bérante ù ^. «. LopilOpS. v Pattes aplaties et dilatées. . . 55. G. ElasmOSCeliS.O s de. Front distincte- t/ la formel nient séparé du _., n „ . . n /\ ob. G. Jîicania, Gek. la forme/ ment séparé du ordiuaire. V Yerlei / Front f Amen- \ confr.n [ nés dé- I du avec V passant { '.«.'!': ) ju '"s. . 57. G . Ftala, Fab. J S. .11' pis ajoncs. 58. G. Pceciloptera-, Ger. . 59. G. Acanalonia. O lr / ±0(\ ANNALES A. Première famille des Fulgoiutes. ^ C FCLGOttOÏDES. I.G.Fulgora, Lin., Fab., Lal. y Ger. , Burni., Gué?-., etc. Tôle très grande, égalant à peu près les trois quarts du reste du corps; protubérance céphalique, horizontale, vésiculeuse, renflée, tétraèdre. Les quatre faces du té- traèdre séparées des joues par une carène continue qui va de la base du front jusqu'au bord postérieur de la tête, plus ou moins convexes, séparées entre elles par des arêtes saillantes, mais faisant des angles peu appréciables, en sorte que la coupe transversale de la protubérance est un polygone curviligne à angles émoussés; son dos est gibbeux un peu en avant des yeux , puis rentrant et ex- cavé, enfin notablement renflé près de l'extrémité. Là/ace verticale de la protubérance est beaucoup plus étroite; les arêtes qui l'entourent commencent vis-à-vis de l'angle antéro-interne des yeux à réseau ; presque obi i- térées au point de départ, elles s'élèvent progressivement en avançant 5 après s'être rapprochées en dessus de la première gibbosité, elles se prolongent, en avant, sur deux lignes presque parallèles, et elles passent au-dessus de l'excavation, et elles atteignent le renflement; là elles se brisent brusquement, pour rejoindre le sommet de la face verticale qui n'atteint pas celui de la tête, mais qui lui est réuni par une carène courte, longitudinaleet médiane. Les deux faces latérale* sont disposées obliquement sur les côtés de la surface dorsale de la protubérance. Après s'être élargies, au-dessus de la première gibbosité, aux dépens de la face verticale, elles se rétrécissent Jusqu'à leurextrémité, qui n'alteintpasle sommet de celle-ci. La face frontale occupe toute la surface inférieure de la pro- tubérance céphalique; elle commence à se renfler, en se DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 207 détachant du front proprement dit; elle se divise nette- ment en trois facettes^ les deux facettes extérieures, beau- coup plus étroites que la médiane, occupent un plan oblique, sur les côtés de la surface inférieure delà pro- tubérance, en remontant insensiblement en haut, et après avoir dépassé l'extrémité des facettes latérales, elles pas- sent sur la surface supérieure où elles se touchent sans se confondre, étant séparées par l'arête qui va du sommet de la face verticale à celui de la tête. La facette médiane, très renflée et très large proportionnellement, est subdi- visée en deux portions égales et symétriques, par une arête saillante qui descend du sommet de la tète et qui s'efface à une certaine distance du front proprement dit. Le sommet de la tête est celui d'un angle tétraèdre formé par le concours de quatre arêtes qui appartiennent exclusivement à la/hce frontale, savoir les deux qui séparent les deux facettes extérieures de la médiane, celiez qui sépare les deux extérieures entre elles, et celle qui divise la médiane en deux parties égales. Des miroirs réfringents le long de toutes les arêtes de la face frontale. Ceux des facettes extérieures , et surtout ceux qui adhèrent à leur arête supérieure, plus grands et plus apparents que les autres. Front proprement dit, d'abord presque horizontal, se relevant ensuite en face des yeux, à la base de la protubérance céphalique, en sorte que si on observe l'insecte après l'avoir renversé sur le dos , on remarque vis-à-vis des yeux une excavation qui prend toute la largeur de latète entre le front proprement dit et le renflement de la protubérance ; les deux arêtes qui séparent les trois facettes s'effacent le long de cette excavation, et reparaissent sous le front proprement dit, où elles ont même un ou deux petits tubercules denti- formes ; la base du front est faiblement et largement -208 ANNALES échancrée , elle a uu rebord saillant et épais; les angles extérieurs sont notablement dilatés et forment un repli rentrant, étroit et profond, qui va rejoindre les bords du chaperon. Chaperon ; sans carène médiane, à carènes latérales qui continuent celles du front, dépassant à peine la moitié de la longueur totale; portion sans carène, très convexe, s'affaissant, et se rétrécissant rapidement, de manière à former un triangle dont le sommet postérieur est très aigu. Joues perpendiculaires, séparées du reste de la tête par une carène sinueuse et inégale, mais qui n'est ni brisée, ni disconlinuée, dilatées devant la racine des an- tennes , épineuses en avant des yeux. Yeux à réseau ronds, moyens, portés sur un tubercule immobile. Tubercules coupés obliquement, effacés en avant, très saillants en arrière, et y formant une espèce d'épine plus haute que les yeux. Un ocelle sur chaque joue, entre l'œil et l'antenne , mais un peu en avant de la ligne qui est censée tirée de l'un à l'autre ; antennes insérées au centre d'un tubercule antennaire large et profond , de quatre articles ; premier article, caché en partie dans le tubercule antennaire, et beaucoup plus étroit que lui $ second article, très grand, sphérique, granulé ou spongieux ; troisième, très petit, inséréà l'extrémité supérieure du second dans une petite cavité où il peut se retirer entièrement 5 soie terminale, très fine, plus longue que les trois autres articles pris en- semble. Rostre de six articles , les trois premiers , inapparents en dehors, cachés par le front ou par le chaperon ; qua- trième recevant le labre qui est étroit, finissant en pointe, et qui couvre extérieurement la base du suçoir; cinquième DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 20!) 3Ussi long que le mésoslernum et le métaslernum pris ensemble 5 sixième atteignant le bord postérieur du se- cond anneau du ventre. Dos du prothorax, ayant son maximum de largeur à ses angles postérieurs, passant toujours au-dessus des écailles humérales, indépendamment du repos, et du mouvement des ailes supérieures. Bord postérieur, assez étendu en arrière en recouvrement du mésothorax , très faiblement échancré, presque droit; échancrures post- oculaires, larges et peu rentrantes. Lobe médian, évi- demment plus large que long; son bord antérieur, arrondi. Existence passée dequatrepièces primitives, indiquée par l'existence présente de trois carènes qui vont du bord antérieur au bord postérieur: l'intermédiaire droite lon- gitudinale ; les deux latérales , partant du bord antérieur du lobe médian , arquées en avant , rentrantes vis-à-vis des échancrures post-oculaires , obliquement divergentes en arrière , atteignant les deux angles postérieurs. Dos postérieur du mésothorax, que le prolhorax laisse toujours découvert, plus large que long, triangulaire, scutelliforme; carène médiane, oblitérée à quelque dis- tance delà pointe postérieure ; arêtes latérales, sinueuses, brisées, effacées en avant, et ne faisant pas de fer-à- cheval. Mésosternum et métaslernum plus solides que dans les autres Fulgàrellês.Le premier, aplati et quadrangulaire; le second, triangulaire, à face extérieure concave, et à pointe postérieure arrondie. Abdomen large, déprimé dans la position normale, ne paraissant jamais comprimé dans celle de la plus forte tension; carène dorsale et médiane, ne s'élevant jamais en arête. Hanches intermédiaires et postérieures, ayant chacune vin. 14 210 ANNALES no gros tubercule aigu et spiniforme à leur côté externe. Fémurs et tibias prismatiques ; pas moins de six épines latérales aux tibias de la troisième paire; extrémité tar- sienne garnie d'une rangée de petites épines, fines, aiguës, et formant une espèce de demi-couronne. Tarses de trois articles; troisième beaucoup plus long que les deux autres, muni de deux onglets simples, et d'une petite pelotte membraneuse. Fan discoïdal des ailes supérieures très grand, propor- tionnellement aux deux autres ; pan externe étroit, plus ou moins penché en avant , et faisant toujours un angle avec le discoïdal; en plan oblique lorsque l'aile est éten- due , et lorsque le discoïdal est horizontal, en plan pres- que vertical lorsque l'aile est retirée et lorsque le discoïdal a une inclinaison oblique ; radius indivis , épais, saillant en côté, et suivant le contour extérieur de l'aile. Nervure sub-radiale nulle ou confondue avec le radius. Cubitus et post-cubitus s'approchant insensiblement, l'un du radius, l'autre du bord interne, et s'effaçant avant de les rejoindre, en sorte que les trois pans de l'aile, qui sont bien distincts à l'avanl-disque , semblent se confondre à l'arrière-disque; cellule basilaire , triangulaire ; deux nervures discoïdales : Y antérieure se bifurquant assez près de l'origine; l'autre plus en arrière ; cellules du pan externe et de l'avaut-disque affectant indifféremment toutes les formes, et résultant du croisement irrégulier des nervures secondaires, qui sont toujours bien moins ap- parentes que les nervures principales; arrière-disque traversé dans toute sa longueur par les ramifications des nervures principales, qui sont alors très rapprochées, sub-parallèles . et se maintenant à la même hauteur jusqu'au bord postérieur^ les espaces intermédiaires , étroits et allongés, sont coupés par des nervures secon- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 211 claires transversales, le plus souvent obliques et arquées , mais n'étant cependant pas sans un certain parallélisme ; les cellules quadrangulairesqui en résultent onlleurs deux côtés longitudinaux beaucoup plus élevés que les deux autres. C'est à ces traits particuliers de réticulation qu'on distinguera les deux fractions du pan discoïdal , quoique leurs limites soient vagues et indécises ; la réticulation du paninterne est semblable à celle de Y avant- dis que. Il y a deux nervures principales qui s'anastomosent avant d'at- teindre Yarrière-disque; les angles postérieurs arrondis, mais Yantêro-externe est bien plus distant de l'origine que l'autre, et il est d'autant plus aigu que l'autre est plus obtus; le bord postérieur est dirigé en conséquence d'a- vant en arrière, et de dehors en dedans, en supposant les ailes étendues. Les ailes inférieures ont l'échancrure ordinaire du bord postérieur bien apparente et arrondie. Les parties génitales sont volumineuses. Dans la femelle, les appendices internes de la sixième plaque ventrale se détachent peu à peu, à leur origine, des deux lobes externes, et leur extrémité est cachée sous les écailles vulvaires , en sorte que si ce sixième an- neau n'était pas visiblement fendu en dessous, on le croi- rait semblable aux précédents. Les écailles vulvaires offrent d'abord les mômes apparences ; mais en les exa- minant de plus près , on reconnaît qu'elles sont creusées du côté interne , et qu'elles forment la gaine extérieure de l'oviscapte; leur face inférieure, celle qui passe au-des- sous de l'oviscapte, est convexe et subtriangulaire. Des trois côtés du triangle, l'extérieur est arrondie, les deux autres sont parallèles, l'un à l'axe du corjis et l'autre à sa coupe transversale ; on voit une petite dent au côté in- terne, près du sommet de l'angle postérieur. Le tube anal 24 g ANNALES a une forme que nous ne retrouverons plus dans les au- tres femelles des genres suivants; mais ses ailes latérales se relèvent au-dessus de lui, se tiennent par leur face in- férieure, et forment ensemble une espèce de cuiller deux fois plus longue que le tube, en ovale, concave en dessus et un peu échancrée à son extrémité. Dans le mâle, la sixième plaque ventrale est entière , et son bord postérieur est droit. Les deux branches de l'armure copulatrice sont raides , droites, allongées et re- pliées en dessus en feuilles d'acanthe ; leur fente intermé- diaire est trèsétroitej elles sont certainement plus grandes que les écailles vulvaires de la femelle, dont on ne pour- rait pas dire : genitalia feminina valvis daabus m ajo ri- bus obtecta (1). Le tube anal n'existait plus dans les individus que j'ai eu sous les yeux. Mais si la figure deVHist. nat. des Ins., par MM. Audouin et Brullé, tom. X, fol. 4> est fidèle, comme je n'en doute pas, elle ne peut appartenir qu'à un mâle dont le tube anal différerait beaucoup de celui de la femelle. Espèces. Le G. Fulgora est celui qui contient les plus gros indi- vidus de la sous-tribu $ ils habitent exclusivement les ré- gions chaudes du nouveau continent, où ils ont attiré dès les premiers temps l'attention des voyageurs, qui se sont empressés de les recueillir et d'en enrichir les cabinets de l'Europe; cependant, ces individus y ont été peu étu- diés, et malgré leurs dissimilitudes notables , on lésa confondus sous le nom commun de Fulgora candelaria, Lin. Ce n'est que depuis très peu d'années qu'on a com- mencé à soupçonner l'existence de plusieurs espèces dis- (I) Bukmeîrtek, Gen . tus. Rhynch. Gen. Lyslro , page 2. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. $1* linetes. M. Guéuin de Méneville a été le premier à dé- tacher de la Laternaria les petits individus du Mexique, et à y voir une autre espèce qu'il a nommée Fulgoi a Cas- tresii. (Voyez Mag. de Zoo/., sect. IX /zetfig. 174.) Il a de plus indiqué l'existence d'une troisième espèce, d'après un individu du Muséum , dont la description annoncée n'est pas encore publiée Celte manière de voir est géné- ralement adoptée; je la respecterai, quoique ces diffé- rentes espèces me semblent plutôt des 'variétés locales. Mais si là Fulgora Castresii est réellement une espèce, il faudra en admettre une troisième au moins, intermé- diaire entre elle et là Laternaria. Peut-être faudra-t- il en admettre davantage, outre celle du Muséum , qui est jusqu'à présent imparfaitement connue, mais qui semble plus distante de la Laternaria que ne l'est la v C 'astres iî. Les exemplaires que j'ai examinés m'ont offert trois com- binaisons de couleurs et de formes qui seront , comme l'on voudra, trois types distincts où trois modifications remarquables d'un même type. V & 1. Fulgora Laternaria, Auct. Femelle de Cayenne, communiquée par M. Géiné. Taille plus grande que dans les deux suivantes; lon- gueur A totale, mesurée du sommet de la tête jusqu'à l'ex- trémité de l'abdomen, non compris le tube anal , qui est un peu soulevé, 2 pouces et 6 lignes; longueur de la protubérance céphalique, 1 pouce; son maximum de largeur, 6 lignes ; maximum de largeur du thorax , me- suré aux angles postérieurs du prolhorax, 6 lignes. (M. GuÉbin dit que la tête est plus large que le corcelet; je présume que nous n'avons pas pris la largeur de ce- lui-ci sur la même ligne.) Arêtes inférieures de la face frontale peu saillantes, et n'ayant chacune que deux ou 214 ANNALES trois petites dents avortées ; rides longitudinalesde la face verticale peu profondes; intervalles peu élevés et presque plans; ailes supérieures couleur de feuille sèche, variées de noir sur le pan externe , et à l'extrémité du pan dis- eoïdal, près du bord postérieur 5 quelques traits de la même couleur, clair semés sur l'avant-disque. Tache ocellée des ailes inférieures , bipupillée; pupilles, dis- tantes ; diamètre de l'antérieure étant tout au plus le tri- ple du diamètre de l'autre ^ ventre jaunâtre, comme dans le corcelet. 2. Fulgora Servillei, N. sp.? Du Brésil. — Femelle de mon cabinet : mâle de la col- lection de M. Serville. Taille moyenne : longueur totale, 2 pouces et 4 lignes ; longueur de la protubérance céphalique, 10 lignes 5 son maximum de largeur, 4 lignes -, maximum de largeur du cervelet, 6 lignes 5 arêtes inférieures de la face fron- tale , comme dans l'espèce précédente ; rides longitudi- nales de la face verticale , également peu profondes; in- tervalles peu élevés et ridés transversalement, paraissant presque granuleux, à grains difformes et aplatis; ailes supérieures verdàlres, variées de noir sur l'avant-disque, ainsi que sur l'arrière-disque et sur le pan interne $ tache ocellée des ailes inférieures, bipupillée ^ les deux pu- pilles plus rapprochées que dans la précédente ; le diamè- tre de l'intérieur étant presque le sextuple du diamètre de l'autre ; ventre rouge. Le mâle diffère de la femelle par deux taches noires sur le dos du mésolhorax, par la couleur des ailes supé- rieures, plus voisine de la feuille sèche, par les taches noirâtres du disque, moins grandes, et enfin par la cou- leur rouge du ventre, un peu plus pâle ; ces faibles diffé- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. . 21 S rences proviennent sans doute d'un état de moindre fraî- cheur. v 5. Fulgora Castuesii, Guérin. Une femelle du Mexique, donnée par M. Gueuin. Taille plus petite } longueur totale, 2 pouces et 12 li- gnes ; longueur de la protubérance céphalique, 9 lignes ; son maximum de largeur, 5 lignes; maximum de lar- geur du corcelet, 6 lignes 5 arêtes inférieures de la face frontale plus saillantes , et avant au moins six dents bien prononcées ; rides de la face verticale plus profondes ; intervalles convexes, arrondis, entiers ; ailes supérieures verdàtres, variées de noir et brodées antérieurement de rouge, comme dans la femelle de la Servillei ; tache ocel- lée des ailes inférieures n'ayant qu'une seule pupille grande, réniforme, et résultante du rapprochement et de la réunion des deux pupilles qui sont restées à une cer- taine distance dans les deux précédentes; ventre de la couleur du corcelet, comme dans la s La te inaria. J'ai omis expressément les taches blanches des ailes supé- rieures , ce ne sont que des efflorescences de celte sécré- tion cornéo-cireuse qui est sortie du corps de l'insecte, et qui n'en fait plus partie; au surplus, elles sont petites et distantes dans l'individu du n" 1 , plus grandes et plus rapprochées dans ceux du n° 2, et nulles dans celui du n ( > 5. Si nous tenions beaucoup à l'idée que ces trois espèces ne sont que des variétés, nous pourrions observer que nous n'avons signalé aucune différence essentielle dans la forme du corps, que la différence de la taille peut tenir à l'influence du climat et surtout à l'action de la chaleur; que les individus les plus grands nous viennent des ré- gions les plus voisines de la ligne; que cette influence 5M6 ANNALES peut modifier d'autant plus chaque partie du corps, que la forme de celle-ci est moins déterminée parles besoins de la vie animale } que la protubérance céphalique est précisément dans ce cas; et enfin, qu'étant ridée ouplis- sée longitudinalement avant son développement, le der- nier terme de son accroissement doit être plutôt en lar- geur qu'en longueur. On voit constamment, dans toutes lés espèces et dans tous les individus du genre Fulgora, deux enfoncements symétriques sur le dos de leur prolhorax. Nous en re- trouverons des traces dans plusieurs autres genres, et nous nous contenterons d'avertir de leur existence; leur destination sera expliquée lorsque nous en serons au genre Apkœna. \ 0> 2. G. PnitiCTus, Mihi, Tête protubérante; protubérance céphalique égalant tout au plus le quart de la longueur totale, dirigée d'a- bord horizontalement, puis ascendante, et enfin recour- bée en arrière, sans gibbosité supérieure, sans excavation inférieure et sans renflement terminal; extrémité dilatée et trifide; vertex proprement dit trapéziforme et descen- dant obliquement d'arrière en avant} face verticale plus étroite que le vertex, horizontale^ extrémité ascendante } bord antérieur anguleux; sommet en angle droit n'étant pas réuni au sommet de la tête par une arête continue. Faces latérales étroites, allongées, perpendiculaires à la face verticale dont elles suivent le contour, ascendantes avec lui, tronquées en ligne droite et terminées en ar- rière de son sommet, vis-à-vis des extrémités latérales de son bord antérieur. Face frontale , à base échancrée , mais sans repli laté- ral, embrassant le chaperon, divisée en trois facettes con- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUK. 217 tinues en partant à peu de disfance de la base et en re- montant sans interruption jusqu'au sommet de la tête ; facette médiane opposée et presque parallèle à la face verticale; portion appartenant au front proprement dit, plus large, mais beaucoup plus courte que celle qui ap- partient à la protubérance céphalique : celle -ci ondulée, c'est-à-dire se relevant d'abord et s'abaissant ensuite , se relevant une seconde fois et se rabaissant encore pour se relever une troisième et dernière fois ; dilatée alors et di- visée en trois branches triangulaires, qui lui donnent quelque ressemblance avec une espèce de fer de lance. Le sommet de la branche intermédiaire est aussi le sommet de la tète; c'est celui d'un angle tétraèdre , formé par le concours de quatre arêtes, savoir : deux latérales qui sé- parent la facette médiane des deux extérieures; une su- périeure médiane , longitudinale , très courte , qui se di- rige en arrière vers le sommet de la face verticale et qui ne l'atteint pas; une autre inférieure qui ressemble à une continuation de la précédente sur la surface opposée qui divise la facette médiane en deux parties égales et sy- métriques, et qui s'efface vers le milieu de la protubé- rance céphalique; les facettes extérieures pressées entre la facette médiane et les faces latérales étroites, allon- gées, se maintiennent, dans un plan oblique inférieur, jusqu'aux angles antéro-internes des faces latérales ; par- venues à ce point, elles se détournent, elles montent dans un plan oblique supérieur, et elles vont se rejoindre et se confondre au devant du sommet de la face verticale. Chaperon y de la forme ordinaire; carènes latérales, dilatées près de la base; angles basilaires, arrondis; ca- rène médiane , en côte arrondie, allant de la base jusqu'à l'extrémité. Joues , yeux a réseau t ocelles, antennes , rostre , la- 218 annales bre et autres parties de la bouche, comme dans le genre précédent, auquel je renvoie le lecteur pour ne pas gros- sir cet ouvrage par trop de répétitions, en l'avertissant que toutes les fois qu'une pièce quelconque sera omise dans la description d'un genre, il est sous-entendu qu'elle est semblable à son analogue dans le genre qui précède immédiatement. On supposera répété tout ce qui ne sera pas contredit. Le bord postérieur de la tête est coupé plus oblique- ment que dans le G, Fulgora, aussi le lobe médian du prothorax est-il plus étroit et plus avancé ; les deux en- foncements du dos sont de même bien prononcés ; la di- vision primitive, en plusieurs pièces, est en évidence sur la ligne médiane où la carène suturale, très apparente en avant, se bifurque en arrière, de manière que l'espace compris entre ses branches postérieures reste encore membraneux et flexible ; le bord postérieur est droit , et n'a qu'une petite échancrure étroite et médiane. Dans la femelle, les deux lobes externes du sixième anneau sont plus écartés ; les appendices internes s'en dé- tachent plus nettement et sont plus étroits et plus sail- lants. Les écailles vulvaires diffèrent aussi en ce que le bord interne de leur face inférieure est assez échancrée pour laisser voir l'extrémité de l'oviscapte. Le tube anal est court, cylindrique, convexe en dessus, plan en des- sous, latéralement rebordé , à rebords droits et n'étant ni dilatés, ni ailés; ouverture postérieure, coupée oblique- ment de haut en bas et d'avant en arrière , terminée en croissant; cornes du croissant n'étant pas plus écartées que les bords latéraux. Dans le mâle , les plaques ventrales, de quatre ou cinq anneaux, sont largement et faiblement échancrées : la sixième est entière ; les branches de l'armure copulatrice DE LA SOCIÉTÉ IvNTOMOLOGIQUE. 219 sont oblongues, sillonnées en dessous. Sillon court et large , parlant de l'écliancrure latérale, et se prolongeant un peu en arrière; extrémité inerme, arrondie, et non repliée en dessus. Tube anal, comme dans la femelle, mais proportionnellement plus étroit ; rebords latéraux plus minces et plus dilatés; cornesducroissant plus acu- minées. Espèce unique. PniUCTUS DIADEMA. Fulgoradiadema, Linn. et Fab., Syst. Rhyng, p. 2, n.o. La Cigale couronnée, Sioll, Cig., pag. 51, pi. 5, fig.22. Cayenneet Brésil. — Mâle et femelle de ma Collection. Je ne ne m'appesantirai pas sur la description d'une espèce qui est connue depuis longtemps, et qui est as- sez commune dans les cabinets. Les couleurs sont à peu près les mêmes dans les deux sexes ; seulement les mâles ont plus de rouge à la base des ailes inférieures. Cepen- dant je suis forcé d'entrer dans quelques détails sur les formes. Dans les genres dont on ne connaît encore qu'une seule espèce, et qui peuvent néanmoins en comprendre plusieurs , il est malaisé de distinguer ce qui est propre à l'espèce de ce qui est commun au genre. La face verticale a, de chaque côté, trois fortes échau- crures arrondies. Ces deux espaces intermédiaires sont également arrondis; leur diamètre est à peu près égal à celui des échancrures, et leur bord extérieur est plus saillant. Les faces latérales s'adaptent, par leur arête su- périeure , au contour de la face verticale, et elles ont deux tubercules placés au-dessous de cette arête : l'un, entre la première et la seconde éebancrure, l'autre entre la seconde et la troisième. Leur arête inférieure, au con- traire , n'est point échancrée , et elle suit le contour de la 220 ANNALES face frontale. Les angles postérieurs du vertex sont très proéminents, aigus, et dirigés en arrière. J.e bord anté- rieur du lobe médian du prollioraxa, de chaque côté, une petite dent vis-à-vis de l'angle postéro-interne des yeux à réseau. L'arête , qui s'en détache , se dirige de ce point à l'angle postérieur du prolhorax, et s'efface vers le milieu du dos. L'arête médiane du mésothorax n'at- teint pas la pointe postérieure. Les deux arêtes latérales consistent chacune en deux lignes élevées, arquées et disjointes , dont l'une , plus extérieure , part du bord an- térieur, et l'autre du bord postérieur, qui tournent leur convexité en dehors et qui s'oblitèrent vers le milieu du dos. Il n'y a pas de fer-à- cheval. L'échancrure ordinaire des ailes inférieures n'est pas sensible. Le mésosternum est plus mou et plus large que dans le G. Fulgora. Nous ignorons, jusqu'à présent, si le P h rictus dia- dema est luminifère, soit dans son état habituel, soit dans quelques circonstances de sa vie. Toutes les parties de sa protubérance ne sont pas également propres à la trans- mission de la lumière. Quoique la couleur de la face ver- ticale soit plus claire, quoique le blanc y domine, son opacité m'a paru incontestable. J'en dirai autant des tu- bercules blanchâtres des faces latérales. Ces pièces ne sont pas plus translucides que les parties pâles et décolo- rées du corcelet. Le reste des faces latérales est d'une teinte sombre et obscure On pourrait croire qu'il en est de même de la face frontale, si on s'en laissait imposer par sa coloration en rouge foncé. Mais en l'observant plus attentivement, et en la plaçant contre la lumière , on reconnaîtra que ses parois sont plus minces, et qu'elles laissent voir le vide de la protubérance. Les facettes ex- térieures paraîtront visiblement translucides. On remar- quera une série de taches blanches et transparentes, très DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 221 rapprochées et même confluentes, le long de leur arête supérieure, sur la feuille trifide qui termine la protubé- rance. Voilà , à mon avis , les véritables et les seuls vers réfringents. Il faut aller les chercher au bout de la lanterne. Nous les retrouverons au même endroit dans plusieurs des genres suivants. G. Enchophora, Mihi. Tête protubérante. Protubérance céphalique, assez renversée en arrière pour que la face frontale devienne supérieure, tandis que la verticale devient inférieure, et pour que son sommet soit plus ou moins reculé au-dessus du corcelet. Face verticale , plane depuis le bord postérieur de la tète jusqu'au devant des yeux à réseau, renversée en- suite en arrière, brusquement rétrécie sur la ligne du rebroussement, finissant en pointe plus ou moins loin du sommet de la tête. Faces latérales, ne consistant d'abord qu'en un pli étroit et transversal, s'élargissaut dès que la protubé- rance commence à rebrousser chemin , se prolongeant sur ses côtés, et n'atteignant pas le sommet de la face ver- ticale. Face frontale, largement échancrée à sa base, sans repli latéral , se partageant en trois facettes à peu de dis- tance du chaperon. Front proprement dit, ascendant un peu obliquement, mais faisant toujours partie de la sur- face inférieure de la tête. La facette médiane occupe le premier plan de cette surface. Les facettes extérieures sont souvent penchées en dehors, et leur inclinaison oblique s'approche plus ou moins de la verticale. Tels sont les traits communs à toutes les espèces de ce 222 ANNALES genre. On ne les trouve reunis dans aucun aulre. Ils m'ont paru suffire à l'établissement d'un genre à part. Des cinq ou six espèces connues , j'en ai vu quatre bien distinctes. Leur tête, quoique modelée d'après le même lype, présente des différences très remarquables. Ces détails devraient être renvoyés aux descriptions particulières. Espèces. 1 . Enchophora recurva , M., pi. 1 et 2. Fulgorarecurva, D. Lefehvrein liileris. — — Oliu.y EncycL niéthod., tom. VI, pag. 5G9, n. 11? La Cigale porte-auvent, Stoll , Cig. , pag. 45, pi. IX, fig. 44? Du Brésil. Femelle de ma Collection ; mâle de M. Ser- VILLE. Protubérance céphalique, très brusquement recour- bée etrétrécie un peu en avant des yeux, très compri- mée latéralement, reculée en arrière au-dessus du bord postérieur du prolborax. Face verticale, concave, à bords latéraux et trancbants. Verlex proprement dit, îrapéziforme, rétréci en avant. Reste de la face beaucoup plus étroit que le verlex, et s'en délacbanl même en fai- sant avec lui un angle rentrant, terminé en pointe un peu en avant du sommet de la tête. Faces latérales , n'étant d'abord que deux fentes transversales et borizonlales qui occupent un très petit espace entre les joues et la raciue de la protubérance. L'intérieur de la fente est plissé. Au delà elles s'élargissent et elles s'aplanissent pour for- mer les pans latéraux de la protubérance. Leur surface est encore ridée. Leur extrémité est tronquée en ligne droite, un peu en avant du sommet de la face verticale. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGJQUE. 223 Les deux facettes extérieures de la face frontale, plus larges que la médiane près de la base de la tête, se main- tiennent dans le même plan tant qu'elles appartiennent au front proprement dit; parvenues à la racine de la protubérance, brusquement resserrées entre la médiane qui se renverse en arrière et remonte à la surface supé- rieure de la tête , et les faces latérales qui en occupent les côtés, elles ne consistent plus alors qu'en deux sillons étroits, allongés, profonds, visibles seulement en des- sus. Elles s'élargissent de nouveau dès qu'elles ont dé- passé en arrière les deux faces latérales , et elles se pro- longent en un plan très oblique et presque perpendicu- laire. Leur arête supérieure, qui est alors celle qui les sépare delà facette médiane, est fortement échancrée. Enfln, elles vont se rejoindre au sommet de la tête, où elles ne sont séparées que par l'arête longitudinale qui va de ce point au sommet de la face verticale. La facette médiane est divisée, tout le long de la protubérance, par une carène étroite , tranchante , et d'autant plus élevée, qu'elle est plus proche du sommet de la tête. En appro- chant de ce point, cette carène s'arrondit ; son élévation, alors très remarquable, et celle des deux arêtes qui sé- parent les trois facettes, ont fait comparer l'extrémité de la protubérance à une massue trilobée. La carène qui en- toure les joues n'est ni épineuse , ni tuberculée : elle est seulement un peu dilatée au-dessous des antennes et au- dessus des yeux. Une arête médiane et longitudinale par- court toute la longueur du chaperon. Face postérieure de la tête en plan oblique. Lobe médian du prothorax avancé en pointe, et reçu dans une échancrure du bord postérieur de la tète. Carène médiane très élevée, ayant, à son extrémité postérieure, une bifurcation très courte qui trahit cependant la préexistence des deux pièces dis- £24 ANNALES jointes. Arêtes latérales atteignant les angles postérieurs. Echancrures post-oculaires, peu rentrantes. Bord posté- rieur, droit. Arêtes dorsales du mésothorax comme dans iePhrictus diadcma, mais bien moins apparentes. Couleurs. Tête, d'un vert sale. Protubérance cépha- lique, verte, moins mate$ arêtes, peu translucides; extrémité, noire. Dos du prothorax et du mésothorax, ailes supérieures, d'un vert également sale, mélangé de taches brunes et pâles. Abdomen , rouge. Ailes posté- rieures, obscures; base, et portion du disque, rouges. Pattes verdatres. Dans la Jemetlc , les pièces extérieures de l'appareil génital ne diffèrent pas de celles du Phrictus diadema. Le tube anal est proportionnellement plus long, et plus étroit, également convexe en dessus et plan en dessous. Le tube proprement dit est obeonique. Le contour supérieur de son ouverture représente une ellipse ouverte près de son sommet postérieur. Le contour inférieur est échan- cré. Les bords latéraux se détachent davantage du dos du tube proprement dit; ils sont faiblement arqués, et leur maximum de dilatation est vers le milieu de leur lon- gueur. Dans le mâle, les branches de l'armure copulatrice s'écartent un peu plus que dans les deux genres précé- dents$ vers leur extrémité, elles se replient, et se roulent en dessus et en dehors. Le tube anal est plus allongé et plus cylindrique que dans la femelle. Sa surface infé- rieure est concave. Ses bords latéraux , étant penchés en bas, forment une espèce de canal renversé, et concourent à former, en dessus, l'étui de la verge. Vue de bas en haut, l'extrémité du tube ressemble à un croissant dont les cornes sont dirigées en bas. DE LA SOCIÉTÉ ENTOJtOLOGlQUE. 22"> "2. Encïiopiiora viiudipemSis. N. sp.? pi. 2 e , fig. 2. Du Brésil. — Femelle de la collection de M. Serville. Longueur du corps, 2 pouces. Larg. 2 pouces 5 lignes. Larg. de l'envergure des ailes, 5 pouces. Protubérance céphaljque, moins comprimée que dans l'espèce précédente, n|oins effilée et moins prolongée en arrière. La largeur djHa face verticale est, après le rétré- cissement de la protubérance, au moins le tiers de la lar- geur du vertex. Les faces latérales , qui s'élargissent dès qu'elles sont arrivées sur les côtés de la protubérance, s'y maintiennent à la même largeur, jusqu'à leur extrémité, et n'ont pas de pli longitudinal. Les facettes extérieures de la face frontale sont toujours visibles au - dessous des faces latérales, et elles ne présentent, nulle part, les fausses apparences d'un simple sillon. Les trois arêtes de la facette médiane se détachent de la base de la tête en côtes arrondies, et elles ne commencent à devenir minces et tranchantes qu'en approchant du sommet. L'intermé- diaire , plus saillante que les deux autres : celles-ci ayant une faible échancrure près de leur extrémité. Chaperon, autres parties de la tête et du corps, tube anal , comme dans \aïïiecuiva. Couleurs. Tête et chaperon , vert foncé. Protubérance céphalique , rougeâtre. Dos du prolhorax et du méso- thorax, vert jaunâtre. Reste du corps, pattes et ailes inférieures, orangés. Ailes supérieures, vertes, avec cinq points noirs , trois entre le radius et le cubitus , deux sur le bord antérieur du post cubitus. Antennes, orangées. Mâle inconnu. 5. EïSCHOPHORA VARIEGATA, Ni Sp.? pi. 5, fig. 3. Brésil. — Collection de M. Seiiville. Taille delà précédente. La protubérance céphalique est viu. 1 S 226 ANNALES encore un peu comprimée, mais bien moins que dans les deux espèces précédentes , et elle fait le passage à la sui- vanle,où elle cessedel'être,etoù elle est même visiblement déprimée. Ici, elle s'élève d'abord dans le même sens que le front proprement dit, puis elle se recourbe doucement en arrière, et quoiqu'elle s'y plonge à peu près autant que dans la Firidipeimis,e\\e a bien moins de courbure, parce qu'elle n'a pas commencé par se diriger brusque- ment en avant, et parce qu'elle s'élève proportionnelle- ment un peu plus haut. Le vertex est un rectangle plan et transversal. La portion de la face verticale qui occupe la surface postérieure et inférieure de la protubérance, ne dépasse pas en largeur le quart du vertex. Elle s'en détache brusquement, en faisant avec lui un angle aigu et rentrant. De là elle se rétrécit insensiblement jusqu'à son extrémité, qui se confond avec le sommet de la tête. Cette circonstance est très remarquable. Notre Encho- phora variegata est, à ma connaissance , la seule Fulgo- roïde où ces deux sommets ne soient pas plus ou moins distants. Les faces latérales , planes et transversales près de leur origine, ne consistent qu'en un pli très étroit au point du rebroussement de la tête. Au delà, elles s'élar- gissent, et elles s'aplanissent de nouveau sur les côtés de la protubérance, puis elles se rétrécissent encore insensi- blement, et elles finissent en pointe à quelque distance du sommet de la tête. Les trois arêtes de la face frontale commencent un peu au-dessus du chaperon, et atteignent le sommet, qui est ainsi celui d'un angle solide pentaèdre, formé par le concours de cinq arêtes, dont deux appar- tiennent à la face verticale , et trois à la face fronlale. Le front proprement dit est plus long que large, presque plan, tricaréné : carènes, en côtes arrondies 5 bords la- téraux , sub-parallèles. Les deux facettes extérieures s'é- DE LA SOCIÉTÉ ENT0M0L0G1QUE. £27 cartent du plan de la facette médiane, et se penchent latéralement pour s'étendre le long de la protubérance, au-dessus des faces latérales qu'elles dépassent, et pour atteindre le sommet. La facette médiane se rétrécit aussi d'avant en arrière ; ses trois arêtes s'élèvent en même temps, en sorte qu'elle semble bisillonnée près du som- met. L'arête qui entoure les joues est élevée et tran- chante, sans épines, sans tubercules et sans dilatations. On remarque seulement un angle à la naissance de cha- cune des arêtes de la protubérance. La base du front est aussi largement et plus profondément échancrée que dans les deux précédentes. La carène médiane du chaperon est effacée près de la base. Le second article des antennes est en ovale allongé. Le troisième sort du bord extérieur du second, en deçà de son extrémité. L'avant-disque des ailes supérieures n'a presque pas de nervures trans- versales , et il ressemble un peu à celui des Dyctiophores. Couleurs. Tète , obscure. Dos du prolhorax , d'une teinte un peu plus claire. Dos du mésolhorax, noir, varié de jaune. Ailes supérieures, jaunes, variées de noir. Ailes inférieures, jaunes, avec détaches noires près du bord interne, et blanches sur l'avant-disque : extrémité, noire. Pattes , obscures $ fémurs , biannelés de jaune. Sexe inconnu. L'abdomen n'existait plus. • 4 Enciioviioua Servi llei, N. sp.? pi. 2, fig. 5. Patrie inconnue. —Collection de M. Serville. Long. 8 lignes. Larg. 2 lignes 7. Envergure des ailes supérieures, 8 lignes. Protubérance céphalique renversée, comme dans toutes les Enchophores, mais n'étant pas comprimée latérale- ment, et s'étendant beaucoup moins en arrière, car elle dépasse à peine le bord antérieur du prothorax. Vertex, 2-28 ANNALES comme dans la Fariegaïa. Portion de la face verticale appartenant à la protubérance, égalant en largeur la moitié du vertex , courte , terminée en pointe à une dis- tance assez notable du sommet de la tête. Faces latérales, en plan oblique et continu, sans rides et sans plis, de l'origine jusqu'à l'extrémité, triangulaires : côté anté- rieur et supérieur, arqué; côté postérieur et inférieur, droit : extrémité n'atteignant pas en arrière celle de la face verticale. Front, ascendant, presque perpendicu- laire, divisé en trois facettes à peu de distance du chape- ron. Facettes extérieures étant, sur le front, dans le même pian que la facette médiane, se rétrécissant brus- quement au devant des yeux , fléchissant obliquement, et passant au plan quasi vertical , tandis que la facette mé- diane passe au plan horizontal , s'élargissant ensuite de nouveau , et allant se rejoindre, sans se confondre, au- dessous de la tête, où elles sont séparées par une arête longitudinale et médiane, qui va du sommet de la protubé- rance à celui de la face verticale. Facette médiane, oc- cupant tout le plan supérieur de la protubérance, un peu convexe, se maintenant partout à la hauteur des arêtes qui la séparent des facettes extérieures, n'étant sillonnée nulle part, et ayant seulement deux faibles dépressions terminales séparées par une arête très courte qui part du sommet; celui-ci étant, en conséquence, le sommet d'un angle solide tétraèdre dont les quatre arêtes appartien- nent à la face frontale. Carène qui entoure les joues, comme dans la Variegaïa. Il y a, sur chaque joue et au- dessus de chaque oceile, une petite ligne élevée, transver- sale et arquée. Chaperon convexe, sans carène médiane. Innervations des ailes supérieures, comme dans la Varie- «aia. Second et troisième articles des antennes , comme dans les anchoph. Recuvvae\P r iridipennis. DE LA SOCIETE E3KTOMOLOGIOJUE. 229 Couleurs. Celte espèce est très jolie. Tète , dos du pro- thorax et du mésothorax, rouge-brun. Dos du niétha- thorax et premier anneau dorsal, d'un brun plus foncé. Dos de l'abdomen, rouge écarlale. Dessous du corps, patles et tube anal, d'un brun très foncé, presque noir. Portion simplement veineuse des ailes supérieures, bleue tachetée de noir. Portion réticulée ou arrière-disque des ailes supérieures, noire avec quelques tâches bleuâtres: nervures principales, rouges. Ailes inférieures, obscures: nervures, noires; sur le disque , une large bande bleue, irrégulière , formée par quatre ou cinq taches allongées et interceptées par les nervures longitudinales. Dans lafcmelle,\e tube anal ressemble à celui des deux premières espèces. L'ouverture postérieure est coupée un peu moins obliquement, et les branches de son échan- crure sont un peu plus aiguës. Mâle inconnu. x " ° o. Enchop-oka fuscata, JVihi. pi. o, fig. ± Aphaena fuscata. Guéri, i , J'oy. de la Coq. ZooL , pag. 184, pi. ins., n° 10. ïSouv. Guinée. — Collection de M. Guéiun. Quoique cette espèce ait beaucoup de rapport avec quelques Aplicnes , ia forme de sa tète la place évidem- ment dans les Enchopiiores. La protubérance céphalique est un tétraèdre recourbé et renversé en arrière. La face verticale en occupe le plan inférieur, et fiait en pointe, sans atteindre le sommet de la tète. Les faces latérales ne sont visibles que sur les côtés, comme dans la Servillei, mais elles sont beaucoup plus étroites, à cause du renver- sement plus brusque et plus étroit de la tête. La face frontale est pareillement divisée en trois facettes. Les deux extérieures qui étaient , sur le front, dans le même 27,0 ANNALES plan que la médiane, se renversent avec elle de dessous en dessus, se prolongent sur les côtés au-dessus des faces latérales, les dépassent, et se penchant alors obliquement en dedans, elles vont se rejoindre au delà de la face ver- ticale, à la surface inférieure de la protubérance. Mais elles ne s'y confondent pas , et elles sont toujours sépa- rées par l'arête ordinaire qui va du sommet de la faee verticale à celui de la tète. Toutes les arêtes de la face frontale sont en côtes arrondies, très saillantes. La facette médiane est de plus divisée par une arête médiane et longitudinale qui va de son extrémité jusqu'à la base, en sorte que le sommet de la tête est encore celui d'un angle solide tétraèdre, comme dans les autres Enchophorcshors la Variegata. Cette facette se rétrécit, entre les yeux, vers la ligne du rebroussemenl, pour s'élargir de nouveau et prendre, à la face supérieure de la tête, la forme de la feuille du milieu d'une fleur de lis héraldique. L'inner- vation des ailes supérieures diiîère un peu de celle de ses congénères. Les nervures trasversales et sub-parallèles du pan discoïdal commencent plus près de la cellule ba- silaire , et la réliculation de l'avant-disque est presque semblable à celle de l'arrière-disque. Voyez pour le autres détails, Guéri n, loc. cit. Je possède une sixième espèce du même genre dont je n'aborderai pas la description, parce que mon exem- plaire est mutilé. La protubérance céphalique à été brisée, AL Lefebvre , auquel je l'ai communiquée, et qui la connaissait d'ailleurs , m'a écrit que la proéminence fron- tale qui a disparu était ascendante et recourbée , comme dans /«"Recurva, mais beaucoup plus courte, plus mince, et finissant en pointe. La base de la protubérance subsiste encore, et elle ne laisse aucun doute sur l'existence des quatre faces du tétraèdre. Celte espèce est un peu plus DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. S5Î petite que la Recwva. Le corps est verdâlre , varié de jaune pâle. Les dos de l'abdomen rouge. Pattes annelées de noir et de vert. Ailes supérieures verdàtres, variées de brun : deux taches blanches, opaques, sur le pan interne, le long du cubitus : innervation du pan discoïdal , comme dans la Fuscata; avant-disque d'une couleur plus claire et plus transparante. Ailes inférieures hyalinées, lavées du rouge 5 nervures rouges, quelques grains élevés et clair-semés sur le dos du protborax ; carène médiane, unique, entière, atteignant les deux bords opposés. Lobe médian, terminé en pointe ; trois lignes élevées, sub-pa- rallèles , saillantes au milieu et effacées vers les deux extrémités. Faciès de VEnchopli. Recùrvà: — Du Brésil. Dans la femelle, le tube anal ressemble à celui de la Scrvillei. L'ouverture est échancrée et coupée verticale- ment. Les côtés sont droits, rebordés , mais non dilatés. Les côtés de la protubérance céphalique, les faces laté- rales et les facettes extérieures delà face frontale offrent, dans la plupart des Enchophores, des rides transversales qui ont quelquefois des apparences de régularité. Je n'en ai pas parlé dans les descriptions, parce que je les ai regardées comme des effets accidentels du dessèchement, survenus ou après la mort ou à l'instant de la dernière métamorphose. Eu effet, ces rides ne se voient que sur les parties de la tète les plus minces et les moins solides ; sur celles qui ont toujours un peu de translucidité, et qui seraient les seules propres à laisser passer une lumière qui serait nécessairement faible et colorée. 4. G. Pyiiops, Milii. Tète très protubérante. Protubérance conique, allongée: tantôt droite, alors 2Zi ANNALES oblique et un peu ascendante } plus rarement arquée, alors plus ascendente et relevée. Face verticale, occupant toujours la surface supé- rieure de la protubérance, se rétrécissant insensiblement du bord postérieur jusqu'à son extrémité, qui n'atteint pas le sommet de la tête. Faces latérales étant, à leur base, dans le même plan que les joues, dont elles semblent une continuation, se maintenant, jusqu'à leur extrémité, sur les côtés de la protubérance, n'atteignant pas le sommet de la face verticale. Face frontale J divisée en trois facettes. Les deux exté- rieures ne passant de la surface inférieure de la protubé- rance à sa surface supérieure qu'après avoir dépassé l'extrémité des faces latérales, et allant se rejoindre au delà entre le sommet de la face verticale et le sommet de la tête. Facette médiane, relevée en dessus, à son extré- mité, ou très près de son extrémité; carène médiane, nulle, ou commençant loin de la base du front. Sommet souvent obtus. Base du front profondément échaucrée; éebancrure, souvent bisinuée. Chaperon sans carène médiane. Lobe médian du prothorax large el peu avancé. Echau- crures post-oculaires, nulles. Carènes dorsales, oblité- rées; celles du mésothorax pareillement nulles ou peu apparentes Ce genre est assez nombreux en espèces. Les diffé- rences des formes m'ont engagé à les répartir en deux groupes dont les caractères distinclifs sont bien tran- chés, quoique de moindre importance. DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. 2Ô5 l rf Division, A. Protubérance èêphalique ascendante, arquée 5 extré- mité renflée. Face verticale, n'étant pas terminée en pointe, et n'étant pas conjointe au sommet de la tête par une arête intermédiaire. Faces latérales terminées par une ligne oblique qui fait un angle très aigu avec l'arête supérieure, et très obtus avec l'inférieure. Facéties extérieures de la face frontale se rejoignant, et se confondant ensemble à leur extrémité. Facette médiane ayant une carène médiane longitudi- nale qui commence vers le milieu de la protubérance , et qui n'atteint pas l'extrémité ; celle-ci convexe et renflée. Deux fossettes rapproebées sur le dos du prothorax. Trois lignes élevées sur le dos du mésothorax. Ailes richement colorées. Espèces. \. Pyrops gandelap.ia. Mihi, ' Fulgoracandelaria, Lin. Mus. Lud. Url. loô. — — Fab.Syst. Rhyng. 2. 4. — — EncycL, ins. t. YI, pag. 068, n. i. Cigale chinoise porte-lanterne. iS7o//,pl. 10, fig.46etA. Indes orientales. Mâle et femelle de ma collection. Cette espèce, assez connue, est le type d'après lequel j'ai proposé les caractères de la division. La portion des joues qui est entre les yeux et les faces latérales est assez grande, et elle est dans le même plan que les faces mêmes. L'arête intermédiaire fait un angle droit avec celles qui séparent les joues du front et du vertex. Des an ANNALES trois lignes élevées du niésolhorax l'intermédiaire n'at- teint pas les deux bords opposés; les deux latérales sont courbées en arc de cercle, convexes en dehors, ouvertes en avant, sinuées en arrière, et atteignant le bord posté- rieur. Les nervures transversales et sub-parallèles com- mencent sur l'avant-disque des ailes supérieures , à peu de distance de la cellule basilaire , et elles ne diffèrent de celles de l'extrémité que par leur moindre hauteur, qui va cependant en augmentant assez vile, en sorte que tout le pan discoïdal a à peu près la même réticulation. Le tube diffère peu dans les deux sexes. II est également obeo- nique, convexe en dessus, plan en dessous, à côtes rebordés et non dilatés, à ouverture perpendiculaire et échancrée en croissant. Celui de la femelle proportion- nellement plus court et plus large, à côtés un peu arqués. Les deux lobes externes de la sixième plaque sont très écartés. Les appendices internes sont à leur origine épais, saillants en dessous et à bord inférieur tranchant. Elles sont terminées par une espèce de griffe, large, arrondie, à face interne concave, et à bord postérieur quadridenté. Elles tiennent les écailles vulvaires pareillement écartées, en sorte que celles-ci ne se rejoignent qu'à leur angle postero-interne. Dans le mâle , les deux branches de l'armure copulatrice sont entières, convexes, en ovale aHongé. Nous rapporterons à cette espèce comme variétés de cou leur, 1° la Fulgora Laternaria, Pal.-Beauv. iris, d' slf. Ilemip. , pi. 19, n. 2, vieux exemplaire décoloré; 2° la Fulgora maculata,Encycl. loc. cit., pag. 569, n. 6, ou la Cigale verte Porte-Lanterne de Coromandel, Stoll, Cig„ pi. 2G , fig. 143 et A , variété locale des Indes orientales ; 5" la Fulgora Lathbuiyi, Rirbj , de la Chine. C'est un de C3S Negrinosqui sont si fréquents dans les pavsehauds. DE. LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE, 2r,îi 2° PïftOPS SEltBATA, Miki. - Fulgora serr.sta, Fab, syst. Bhyng. 22. La Cigale poi le-scie, Stoll. Cig. y p. 117, pi. 59, lig. 170 et A. Surinam. Quoique je n'aie pas cette espèee en nature, je ne doute pas, d'après la figure de Stoll, qu'elle n'appartienne au fi. Pjrops. Je ne suis pas aussi certain qu'elle réunisse tous les caractères de la division A, où je l'ai placée pro- visoirement, parce que la courbure et le redressement de la protubérance céphalique ne me permettaient pas de la mettre dans la division suivante. 2 e Division, B. Protubérance céphalique _, horizontale, droite; extré- mité, tronquée. Face verticale, terminée en pointe et conjointe avec le sommet de la tête au moyen d'une arête intermédiaire. Faces latérales , terminées par une ligne transversale qui fait un angle droit, tant avec l'arête supérieure qu'a- vec l'arête intérieure. Facettes extérieures de la face fronlale, étant séparées à l'extrémité par l'arête, qui va du sommet de la tête à ce- lui de la face verticale. Point de fossettes sur le prothorax, et point de lignes élevées sur le mésolhorax. Ailes à couleurs ternes et sombres. Espèces. *® 3. Pyrops tenebrosa, Milti. Fulgora tenebrosa, Fab. S/st. Rhyng. 5, îi. 256 ANNALES Porle-Lan(crne brune de Guinée, Sioll, C%.,.pag. 2f, pi. 2, fig.7. Côte d'Afrique. — Mâle de la collection de M. Ser- vi LLE. L'arête qui sépare les joues et les faces latérales est en- core distante des yeux à réseau, mais moins que dans la Candelaria ; elle est en arc de cercle; du reste , ces faces semblent des continuations des joues, de même que la lace verticale est réellement une continuation du verlex; Toutes les arêtes de la protubérance sont sinueuses et dentelées, mais elles varient beaucoup en élévation ; dans quelques individus, elles sont presque effacées, et on a de la peine à les distinguera la vue simple. Dans le mâle, le tube anal est convexe en dessus, con- cave en dessous^ son ouverture postérieure est perpen- diculaire et éebancrée en croissant} ses bords latéraux sont renversés en bas, ainsi que les cornes du croissant , et ils concourent avec les brandies de l'armure copula- trice à la défense de la verge. Les nervures anastomosli- ques de l'avant-disque des ailes supérieures sont obliques et ramiiiées. La réliculalion rectangulaire n'a lieu que sur l'arrière-disque. Les nervures principales et longitudi- nales, soit simples, soit bifurquées et veineuses, sont par- tout plus élevées que les autres; elles semblent même tu- berculées à l'origine des nervures anastomostiques , mais ce caractère n'est pas constant. Fabrîcius avait sans doute sous les yeux un individu bien prononcé, puis- qu'il a dit, dans la diagnose de \a lr 'Fulgora tenebrosa: Elytris scabris griseis. Il était, au contraire, effacé dans l'individu que Palissot-Beauvois a publié comme une espèce distincte, Fulg. sjf ricana, FaL-Beaus 1 , ins. d'yJf., pag. 168. Hcmipt. , pi. 19, fig. 5. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 257 4. Pyrops obscurata, M ht. ' Fulgora obscurala, Fab. syst. Rhyng. 5, 10. Nouvelle-Hollande. Fabkigius a confondu cette espèce avec la suivante, à laquelle se rapporte le synonyme de Stoll. L'espèce de la Nouvelle-Hollande est Parva, selon Fabricius. Celle de Guinée est au moins de moyenne grandeur. Fuï S 5. Pyrops puisctata, Mihî. Igora punctata, Encycl., lom. VI, p. 569, n. 8. Cigale porte-lanterne ponctuée, Stoll, Cig., p. 54, pi. 6", fig. 28. Côte de Guinée. Stoll dit positivement que les ailes inférieures sont parsemées de points noirs des deux côtés ; elles sont sans tache dans YObscwaia et dans les deux espèces suivantes. ' 6. Pyrops Servillei, Ni spJ pi. 2, fig. 1. (Pi. 2 des Annales.) Java. — Femelle de la collection de M. Serville. Longueur du corps, prise du sommet de la têtejusqu'à l'extrémité du tube anal, 2 pouces. Longueur de la protubérance céphalique , 10 lignes. Largeur du mésolhorax à l'origine des ailes supé- rieures, 4 lignes. Envergure des ailes supérieures, 5 pouces et 8 lignes. La protubérance céphalique est comparable à une py- ramide hexaèdre tronquée, dont les six côtés sont la face verticale, les deux faces latérales et les trois facettes de la face frontale. En ceci, elle ressemble aux autres Py- rops de la même division. La face verticale finit en pointe et son extrémité est très rapprochée dusumnietdela tête. 2Ô8 ANNALES Toules les arêtes de la pyramide sont assez saillantes, un peu sinueuses el den'elées; dents distantes, triangulaires, comprimées, plus aiguës le long de la face verticale et de la facette médiane frontale, moins prononcées au bord inférieur des faces latérales, nulles à l'extrémité de la fa- cette médiane ; sommet de la tète, obtus ; joues et arête qui les entoure comme dans la Tcnebrosa ; base du front profondément échancrëe$ échancrure arrondie; un peu v.n avant de la base, on voit une ligne transverse, élevée en côte arrondie, de laquelle partent les deux arêtes qui partagent la face frontale en trois facettes; dos du corce- let comme dans la Tcnebrosa. Dans la femelle, l'ouver- ture postérieure du tube est perpendiculaire et sans échan- crure. Couleurs. Tête et dos du corcelet tachetés de points noirs et ronds, disséminés sans ordre sur un fond clair lavé de rouge; ailes supérieures avec les mêmes taches sur le même fond ; quelques poinlsorangés beaucoup plus gros le long des nervures principales; dos du métatho- rax et de l'abdomen noir; bord postérieur des anneaux pâle ; dessous du corps pale ; un peu de noir aux derniers anneaux du ventre ; pattes pâles ; fémurs biannelés et ti- bias tacheté de noir; ailes inférieures sans taches, translu- cides , blanches , un peu enfumées , surtout vers l'extré- mité; nervures transversales d'un blanc de lait qui tranche avec la couleur moins claire du fond, et qui fait paraître les ailes comme ondulées. 7. PyrOPS ALBIPENNIS, N. Sp.7 Guinée. — Mâle, collection de M. Seryille. Long, du corps, 9 lignes {; longueur de la protubé- rance céphalique, 5 lignes ;. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. S59 Largeur du corps à l'origine des ailes supérieures, 1 ligne v- Envergure des ailes supérieures, 15 lignes. La protubérance céphalique est plus rigoureusement horizonlale que dans les précédentes, et elle semble plu- tôt conique que pyramidale, parce que toutes ses faces et facettes soûl plus convexes, parce que ses arêtes sont plus effacées, et parce que sa coupe transversale offre le con- tourd'unecourbe fermée et continue ; les arêtes, qui sont censées séparer les trois facettes de la face frontale, ne sont visibles qu'à l'extrémité, là où la facette médiane se relève en haut le long de la protubérance ; elles sont rem- placées par cinq petits tubercules distants et disposés sur la même ligne longitudinale. La base du front est encore profondément échancrée, mais le front est plan et sans côte transversale. Dans le mâle, le tube anal est convexe en dessus, concave en dessous , parce que ses bords la- téraux se replient en bas pour fermer l'étui complexe de la verge. L'ouverture postérieure est coupée obliquement de haut en bas et d'arrière en avant, c'est-à-dire que la paroi supérieure est plus avancée en arrière que la paroi inférieure, ce qui est précisément le contraire de ce qu'on a observé dans la plupart des Fulgorelles,el surtout dans les individus du sexe féminin. Couleurs. Corps blanc-sale; côtés tachetés de noir sur la protubérance céphalique, sur les joues et sur les flancs du prothorax ; quatre petits points sur le dos du prolho^ rax et deux autres semblables sur le mésothorax , de la même couleur ; dos de l'abdomen grisâtre ; portions sail- lantes des deux arêtes qui séparent les trois facettes fron- tales, savoir ; leur extrémité et leurs cinq tubercules, orangés ; ailes supérieures et pattes d'un blanc-sale, ta- •2-40 ANNALES eheté de noir^ ailes inférieures blanches , Iranspareules, sans taches el sans ondulations. 8. Pvrops anivulviws, Mihi. Fulgura anuularis, E ncycl. ,lom. VI, pag. 568, fig.//6. Cigale porle-lauterne à taches blanches, Stoll, Cig. , pag. 57, pi. 14, fig. 69. Guinée. — Je n'ai pas vu celte espèce en nature. B . Seconde sous-famille des F ulg o n i t e s . LysthoÏdes. 5. G. Apiijena, Guérin. V Protubérance céphali cite, nulle, ou formée exclusive- ment par les trois facettes de la face frontale. Vc.rtex sans prolongement, plan ou concave , ordinai- rement plissé etéchancré en avant el constamment qua- drifovéolé. Faces latérales ne consistant plus qu'en deux faces transversales ou en deux fossettes triangulaires et hori- zontales. Front proprement dit, obliquement ascendantet pres- que vertical, plus long que large; face verticale, tantôt protubérante, tantôt repliée eu arrière et prolongée en ce sens aux dépens du verlex et des faces latérales ; division en trois facettes élant toujours appareil le su rie front pro- prement dit quand il n'y a pas de protubérance, et à la racine de celle-ci quand elle existe. Base du front largement échancrée. Chaperon triangulaire, n'ayant de carène médiane qu'à son extrémité ^ carènes latérales minces, tranchantes et plus ou moins dilatées en dehors; arêle qui sépare les DE LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIQUE. Ui joues et le front, également dilatée en dehors de manière à cacher les joues, si on observe l'insecte renversé sur le dos. Joues perpendiculaires, étroites et concaves. Yeux à réseau ronds, de moyenne grandeur; tuber-* cule sub-oculaire n'étant apparent qu'à l'angle postéro- extcrne de l'œil. Un petit ocelle de chaque côté, entre l'œil et l'antenne. Tubercule antennaire\E LA SOCIETE ENTÔMOLOGIQUE. 253 par un sillon arqué qui coupe également l'arèle médiane. Carène médiane du mésothorax effacée en arrière , assez loin de la pointe postérieure. Arêtes latérales conver- gentes en avant, et se rejoignant sur la ligne médiane, brisées irrégulièrement en arrière, et n'atteignant pas le bord postérieur. Cinquième anneau dorsal n'étant pas plus long que le quatrième. Réticulalion des ailes supé- rieures, comme dans la plupart des yJphènes. Couleurs. Dos de la tête, lobe postérieur du protho- rax, et ailes supérieures, verts. Celles-ci, lavées de brun, et ayant quatre grandes taches noires, allon- gées et difformes : la première sur le pan discoïdal, près de son origine et le long du post-cubitus; la seconde sur Je pan externe , vers le milieu et le long du cubitus ; les troisième et quatrième, encore sur le pan dicoïdal, à son extrémité. Dessous de la tête et du corps, lobe antérieur du prothorax, dos du mésolhorax et du métalhorax, pattes, gris rougeâtre. Dos de l'abdomen, rouge. Avant- derniers anneaux du ventre, noirâtres. Ailes inférieures, rouges à la base, hyalines à l'extrémité; portions rouge et hyaline séparées par une bande obscure, transversale, irrégulière, plus large près du bord antérieur. Il y a de plus quelques taches également , obscures , disséminées sans ordre sur les parties rouges et hyalines. Dans lâfemelle le cinquième anneau du ventre est lar- gement échancré. Les parties génitales extérieures sont proportionnellement courtes et larges, comme on le verra mieux par la ligure que nous en donnons. Elles ont be- soin de se replier en haut pour pouvoir se cacher sous l'anneau dorsal opereulii'orme. Le tube anal est aussi assez court, obconique, dilaté en arrière; le tuhe propre- ment dit, convexe en dessus, l'est encore un peu en des- sous. Les bords latéraux se détachent brusquement du 254 ANNALES tube, et forment deux rebords minces, horizontaux et arrondis. L'ouverture postérieure est perpendiculaire, échancrée en croissant, à cornes horizontales. J'ai dédié cette espèce à M. GuÉrits Memveville, qui l'avait connue avant moi , et qui m'en a communiqué un dessin fait par lui-même d'après un individu du cabinet de M. PcucnERON. 7. G. Dilobl'ra, Mihi. Tétcnn peu protubérante. Protubérance céyhaYique, sub-cunéiforme.Les grandes faces de cette espèce de coin étant formées comme dans le G. Episcius , par les deux faces opposées , verticale et frontale. Face verticale beaucoup plus large que longue, hori- zontale, plane, et faisant un tout continu, comme dans le genre précédent Faces latérales consistant en deux fossettes triangu- laires et transversales, prolongées à leur angle interne, et se réunissant au milieu, au moyen d'un sillon très étroit qui se glisse de l'une à l'autre, derrière le bord an- térieur, entre lui et la face verticale. Face frontale formant également une surface conti- nue, oblique, ascendante et relevée perpendiculairement près de l'extrémité. Division de la face en trois facettes, étant tout à fait effacée, près de la base du front, ne com- mençant que vers le milieu de la face, et alors tracée sim- plement par deux petites lignes élevées, d'abord distan- tes , longitudinales, elsub-parallèles aux bords latéraux, se rapprochant ensuite, en décrivant un arc de cercle, et se rejoignant sur la ligne médiane. Leur point de réunion est l'analogue du sommet de la tête. Mais il ne mérite plus ce nom, par sa position distante et en arrière du DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 259 bord antérieur. L'espace compris entre ces deux lignes élevées est la facette médiane, qui est divisée en deux parties égales par une troisième ligne un peu élevée et parallèle aux deux autres. Les deux facettes extérieures, moitié moins larges que la médiane, l'entourent de côté et en avant, passent au-dessus , se relèvent un peu per- pendiculairement , et viennent se réjoindeau milieu sans qu'il y ait la moindre trace d'une arête intermédiaire. Lobe médian du prolhorax peu avancé , beaucoup plus large que long, son bord antérieur arqué à faible cour- bure. Dos peu convexe, moitié postérieure n'étant pas plus élevée que l'antérieure. Carène médiane , peu sail- lante. Les latérales très écartées et tout à fait marginales, comme dans les \ Aphmes. Écbancrurcs post-oculaires arrondies, peu rentrantes. Fossettes ordinaires distantes. Bord postérieur largement, mais peu profondément échancré. Abdomen, comme dans les Aphenes ; cinquième an- neau dorsal n'étant pas propre à couvrir les suivants. L'innervation des ailes , comme dans les Aphènes ; le radius seul est un peu tortueux près de l'extrémité, et le bord antérieur est un peu rentrant, cependant beaucoup moins que dans le G. Episcius. On voit, sur le pan discoïdal, sur l'avant-disque, à côté des nervures principales, certains petits espaces beaucoup plus transparents que le reste de l'aile, ronds, bien cir- conscrits, à contour rebordé en dessus et épais, ayant au centre un point noirâtre, stigmatiforme, placé sur la ner- vure même ou à l'extrémité d'un rameau très court, qui s'en détache immédiatement et qui n'émet pas d'autres ramifications. Le mauvais état de mon exemplaire unique ne m'a pas permis d'autres observations. Mais c'est sur le vivant qu'il faudrait employer le microscope. \ 256 ANNALES Ces espaces circulaires seraient-ils des bulles d'air? ces points stigmaliformes, qui sont creux en dessous, se- raient - ils perforés? Je ne sais qu'en penser. Je n'ai retrouvé quelque chose de semblable que dans les es- pèces du G. Lystra. Les antennes diffèrent beaucoup de celles des genres précédents, et rapprochent nos Dilobures du G. Lystra. Le tubercule antennaire est de moyenne grandeur , et ne paraît pas conformé de manière à donner retraite à tout le premier article. La portion de celui-ci qui est en évi- dence , est plus longue et aussi large que le tubercule ; le second très grand, et très granulé, globuleux et non ova- laire, mais un peu plus renflé en dessus ; le troisième très petit et inséré à l'extrémité du second, dans une cavité assez grande pour le recevoir lorsqu'il est retiré ; le qua- trième est en soie fine et allongée. Pattes très comprimées. Arête extérieure des tibias di- latée en lance mince, étroite et parallèle à l'axe du tibia ; celle de la troisième paire en scie, à cinq dents aiguës, triangulaires et distantes. Espèce unique. DlLOBURA CORTICINA, Mihi. pi. 5. fjg. 1. Aphaena eprticina, Z?urm., trad. manus., pag. 66, n. 2. Du Brésil. — Une femelle, envoyée par M. Buquet. Long, du corps, sans compter le tube anal, 3 lignes; long, de la protubérance céphalique , 1 ligne {5 larg. du corps, 5 lignes 5 envergure des ailes, 1 pouce et 10 lignes. Le chaperon n'a pas de carène médiane. La base du front est presque droite $ elle ne semble largement et faiblement échancrée qu en raison de la dilatation des DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGlQUE. Sffif angles basilaires du front. Les facelles extérieures de U face frontale ont une ligne élevée, transversale, au point où elles se trouvent en dedans pour passer au devant de la facette médiane. Les deux arêtes qui séparent les trois facettes , font un angle rentrant à leur point de réunion. L'arête qui sépare les joues et les fossettes analogues des faces latérales , est uni-anguleuse. Une ligne élevée part du sommet et descend jusqu'à l'œil à réseau. Les tégu- ments de cette espèce semblent moins solides que ceux des autres LUiroïdcs. On peut en juger par les rides irré- gulières de la tête et du dos du corcelet. L'arête médiane du mésothorax est peu élevée. Les deux latérales sont beaucoup plus saillantes; elles s'écartent vers le milieu, en décrivant une courbe bisinuée, et elles atteignent le bord postérieur; elles se réjoignent en avant sur la ligne mé- diane, en décrivant un arc de cercle qui forme le fer à cheval. Tput l'espace renfermé est aplati, terne, ridé, inégal, et tranche nettement avec le reste du dos. Voyez, pour les autres détails, Bup.m-, loc. cit. Dans la femelle, le tube anal proprement dit est court, oheonique; son ouverture posté.- ieure est perpendicu- laire, mais ses bords latéraux ont pris un développement remarquable. Ils s'étendent de chaque côté en lamelles très minces et ciliées extérieurement, qui décrivent de chaque côté un arc d'ellipse, et qui conservent partout un même diamètre égal à celui du tube proprement dit. Elles le dépassent notablement, et elles se rapprochent au delà de son ouverture. Leur extrémité est coupée obliquement d'avant en arrière et de dehors en dedans. Maie inconnu. M. BuMEcsTER , en plaçant cette espèce dans son G. Âpluviia, l'a prise pour type d'une division dont le carac- tère , déduit de la forme du second article des antennes , vm. 17 258 ANNALES est en contradiction avec les caractères du genre. Je suis persuadé que s'il eût mis un peu plus d'importance à la conformation de la tête, il n'aurait pas hasardé un rap- prochement qui n'est pas très heureux. Dans les sept pre- miers genres des Lystroïdes, il y a dégradation et avorle- ment partiel du tétraèdre céphalique. Dans toutes , il y a surtout un arrêt de développement des faces latérales, mais lçs causes de cet arrêt ne sont pas partout les mêmes. Dans les Jphènes, c'est la face frontale qui s'est agrandie, aux dépens des autres pièces du tétraèdre, parce qu'elle a changé de direction et parce qu'elle a rebroussé che- min en arrivant à la hauteur des yeux. Dans les Episcies et dans les Dilobures, au contraire, où elle n'avait pas à revenir en arrière, elle a pu se développer sans porter obstacle au développement de la face verticale ; leur ac- croissement simultané et leur tendance à se rapprocher sans se courber l'une vers l'autre, et en se maintenant dans le même plan, ayant lieu sans rupture et sans flexion de leurs hords latéraux, a dû produire nécessairement une compression et un rétrécissement des faces latérales, tandis que l'extension des mêmes bords de longueur se prêtait au développement des joues qui ont remplacé les faces latérales sur les côtés de la protubérance. Ce mode de conformation est certainement très distinct de tous les autres. Pour en retrouver d'autres exemples, il nous fau- dra entrer dans la sous-famille de Dycùopkoroïdes; mais là, les faces latérales ne seront pas simplement avortées et déformées, elles seront complètement anéanties. Les proportions très différentes des trois facettes de la face frontale suffisent, d'autre part, pour tracer une ligne de séparation entre les Episcies et les Dilobures. Dans les premières, la facette médiane était destinée à dépas- ser les deux autres, elle devait souffrir moins d'empê- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2.% cLeraent des restes rudimenlaires des faces latérales, et elle devait se rapprocher avec moins de difficulté du som- met de la face verticale. Dans les Dilobures, au contraire, cette facette médiane devait achever son développement normal sans pouvoir atteindre le dessus de la tête. Cesont les facettes extérieures que la nature avait destinéesà rem- plir l'espace intermédiaire. Il est donc vrai de dire que la face frontale des Dilobures, quoique placée dans les mêmes circonstances que celle des Episcics, en est exac- tement tout l'opposé. 8. G. Omalocephàla. Mihi. Tête sans protubérance. Vctiex plan , horizontal ; bord antérieur arrondi. Faces latérales consistant en deux fossettes oblongues, transversales, distantes; chacune d'elles égalant tout au plus le quart de la largeur de la tête. Front plan, presque horizontal, faisant avec le verlex un angle qui a évidemment moins de 90 degrés, plus long que large; bord supérieur épais, dépassant le vertex et remontant à son niveau ; point de traces d'une division en trois facettes ; on voit seulement de chaque côté, près des angles antérieurs, un petit sillon qui se tourne aussi- tôt en dedans et qui se prolonge au-dessus de la tête en- tre le bord supérieur du front et le bord antérieur du ver- tex ; ce sillon , qui est continu d'un côté à l'autre , est or- dinairement une fente très étroite, dont le fond n'est pas apparent; mais lorsqu'il a un peu plus de largeur, on aperçoit quelques rides internes. Je regarde ce sillon transversal comme un reste avorté des deux facettes extérieures, qui ne commenceraient, dans ce cas, qu'au point où finirait le front proprement dit. Cette manière de voir n'implique aucune conlradic- 2(i0 ANNALES tion avec les caractères que nous avons employés dans le tableau synoptique de la sous-famille. Base du front largement échancrée, en raison de la dila- tation des angles basilaires du front, droite au milieu. Chaperon sans carène médiane. Joues très étroites, cachées en partie parla dilatation en dehors de l'arête, qui les sépare du front ; un pli élevé entre les yeux et les faces latérales. Yeux à réseau oblougs, transversaux; tubercule sub- oculaire , saillant en arrière et s'appuyant sur les flancs du prothorax , épais et obtus. Un ccelle proportionnellement plus grand que dans les genres voisins, placé de chaque côté, très près des yeux, vis-à-vis de leur angle inféro-inlcrne. Tubercule aniennaire et premier article des antennes très courts et ordinairement cachés par le second article $ celui-ci granulé, globuleux et sub-sphérique, comme dans les Dilobures, mais proportionnellement beaucoup plus grand 5 troisième article cylindrique plus gros, pareille- ment que dans les autres genres, mais pouvant de même s'enfoncer tout à fait dans la cavité terminale du second; quatrième, en soie fine et allongée. Corps large et déprimé notablement dans sa moitié an- térieure 5 dos du prothorax et du mésothorax ne s'élevant pas au dessus du niveau du vertex. Lobe médian du prothorax très peu avancé , beaucoup plus large que long; bord antérieur en arc de courbe, à faible courbure ; échancrures post-oculaires presque obli- térées; arête médiane peu élevée; les deux latérales tout à fait marginales , comme dans le genre précédent. Abdomen assez large , mais moins déprimé que dans les genres voisins; carène médiane plus saillante. 11 s'en- suit que le pan discoïdal des ailes supérieures est toujours DE LA SOCIETE ENT6MOLOGIQUS. 261 penché davantage en dehors pendant le repos; le cin- quième anneau dorsal de la forme ordinaire, n'étant pas apte à recouvrir les suivants. Ailes supérieures étroites cl oblongues; contour entier; radius et cubitus droils ou faiblement arqués; cellule ba- silaire étroite, -oblongue, longitudinale $ nervures trans- versales de Tavant-disque étant aussi nombreuses que celles de l'arrière-disque, mais d'un parallélisme moins régulier, et élant partout aussi épaisses et aussi élevées que les nervures longitudinales principales; caractère qui suffirait à lui seul pour distinguer les Omalocêphales de toutes les autres Lvstroïcles. Point d'échancrure apparente aux ailes inférieures. Quatre épines latérales aux tibias postérieurs. y o Espèces. \. O.WALOCEPIIALA FESTIVA, Mlll, v O Fulgora festiva. Fab., Syst. Rhyng. A, 7. Indes-Orientales. — Femelle, collection de M. Stn- yjlle. Front et verlex plus allongés que dans l'espèce sui- vante; bordsupérieurdu premiersub- triangulaire et ter- miné en pointe 5 vertex presque aussi long que large $ siilon intermédiaire assez large pour laisser apercevoir les rides internes. L'avancement en pointe du front en a probablement imposé à Fabricius, qui avait d'ailleurs établi son genre Fulgora sur des caractères trop vagues et trop secon- daires, et qui l'a composé d'espèces très disparates. 11 est singulier qu'il n'ait pas saisi les rapports naturels de cette Omalocéphale avec la suivante, qu'il faut aller chercher dans les Cercopcs du Syst. fihyng.On voit bien qu il n'a- 2li2 ANNALES vait plus la première sous ses yeux lorsqu'il a décrit la seconde. 2. Omalocephala cincta, Mihii Cercopis cincla, Fab. Syst. Rhyng. 90, 9. Sénégal. — Mâle et femelle de mon cabinet. Le bord supérieur du front est arrondi; le vertex est beaucoup plus large que long. Le sillon intermédiaire con- siste, vers le milieu , en une fente suturale trop étroite pour laisser apercevoir quelques rides internes. (Voyez, pour les couleurs très ressemblantes de ces deux espèces, Fab., loc. cit. ) Dans les femelles , le bord postérieur de la cinquième plaque ventrale a une petite échancrure médiane; les pièces génitales extérieures sont de la forme ordinaire; le tube anal est court, obconique, convexe en dessus, plan en dessous, à côtés faiblement rebordés, à ouverture postérieure coupée obliquement d'avant en arrière et de haut en bas ; paroi inférieure de cette ouverture profon- dément échancrée, échancrure arrondie. Dans les mâles, la paroi inférieure du sixième anneau ventral est postérieurement biéchancrée, échancrures larges et arrondies; dent intermédiaire droite, plate, étroite, aussi longue que l'anneau, et terminée en pointe mousse ; la face supérieure est un peu relevée en haut, no- lablement rebordée en arrière et profondément échan- crée pour faire place au tube anal. Celui-ci est comme dans les femelles, mais proportionnellement plus étroit et plus long : l'armure copulatrice, largement creusée en dessus pour loger le pénis, se termine en deux branches solides, courtes, mutiques, distantes entre elles de toute la largeur du pénis, mais chacune est renforcée en des- sous par un appendice mince et sub-membraneux, dont DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 263 le bord interne estassez rapproché de celui de sa pareille pour défendre suffisamment la face inférieure de la verge. 11 n'y a pas de feuillets supérieurs, et l'extrémité posté- rieur du pénis est à découvert si on détache ou si on sou- lève le tube anal; son enveloppe semble cornée, et son ouverture, visible en dessus, semble un sillon étroit et longitudinal. ^ S 9. G. Lystra, Fab. Tèle sans protubérance. rertex beaucoup plus large que long, horizontal, transversalement concave ^ bords latéraux relevés en haut et plus ou moins prolongés au-dessus des yeux à réseau. Faces latérales ne consistant plus qu'en une fossette très petite au-dessus des angles supérieurs du front j fos- settes très distantes, réunies par un sillon transversal très étroit, équivalent à la suture du front et du vertex. Front presque vertical faisant avec le vertex un angle de 90 degrés environ, plus long que large ; angles basi- laires arrondis $ angles supérieurs échancrés; bords laté- raux droits, parallèles, dilatés en dehors en recouvre- ment de joues, surtout près de la base et en face des antennes ; division en trois facettes, bien prononcée de la base jusqu'au bord supérieur; arêtes intermédiaires di- vergentes de bas en haut; facettes extérieures sub-lrian- gulaires, finissant en pointe mousse près de l'origine des faces latérales; facette médiane en trapèze renversé, s'é- largissant de bas en haut, divisée en deux parties égales par une arête médiane et longitudinale , semblable aux deux arêtes latérales 5 bord supérieur droit, séparé du ver- tex par le sillon suturai , qui établit une communication entre les deux fossettes, restes uniques des faces latérales. Base du front largement échancrée ; échancrure ar- rondie. Sa* ANNALES Chaperon ayant une arête médiane qui commence h quelque distance de la base. Joues étroites et concaves. Feux à réseau ronds, proéminents; tubercule sub- oculaire bien apparenten arrière etse détachant en dehors des côtés du prothorax. Un petit ocelle de chaque côté, au-dessous de l'œil à réseau, naissant à l'extrémité d'un petit tubercule court, cylindrique et tubuleux. Corps moins déprimé que dans les Omalocéphalcs , du moins dans sa moitié antérieure. Dos du prothorax augmentant graduellement de hau- teur d'avant en arrière : lobe médian beaucoup plus large que long} son bord antérieur arrondi au milieu, sinué latéralement et terminé derrière les yeux en angle aigu et proéminent ; échancrures post-oculaires bien prononcées en dedans, en raison de l'angle extérieur du lobe médian, effacées en dehors t arête médiane plus élevée sur le lobe postérieur que sur l'antérieur; lés deux latérales n'étant pas tout à fait marginales ; les deux pièces extérieures du tergum n'étant pas absolument rejetées sur les flancs et étant encore visibles sur le dos. Cinquième anneau dorsal de Y abdomen operculiforme et apte à couvrir les suivants. Ailes supérieures comme dansles Omajocèp haies ; ner- vures anastomosliques du pan discoïdal. moins épaisses et moins élevées que les nervures longitudinales ; réticu- lalion rectangulaire n'ayant lieu qu'à l'arrière-disque. Trois épines latérales aux tibias postérieurs-, l'épine an- térieure manque dans plusieurs individus; dans quel- ques uns elle manque seulement à l'un des tibias ; les deux autres m'ont paru moins variables. Dans la femelle, le seul sexe que je connaisse, la cin- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIE. 288 quième plaque ventrale n'a pas d'ëchancrure médiane. Le tube anal est très aplati. Les parois du tube propre- ment dit ne se détachent pas des bords minces et dilates : elles forment avec eux un large croissant à ouverture postérieure coupée perpendiculairement, et à cornes plates et horizontales. Espèces. 1. Lystiia lanata, Burm,, Rkynch.,G. Lystra, n. 6. V Cicadalanata, Lin., Mas., Lud., Ulr., 165. La cigale Poulette, StolL, Ci*., p. 46, pi. 10, fig 49 etD. Fulgora lanata , Encycl., loc. cit., tom.VT, p. 57, n. 52. Cayenne. Femelle de mon cabinet, envoyée par M. Du- ioint. „ Rapportez à cette espèce, comme une simple variété, la Lystra Morio, Burm.', /oc. cit., n. 4. La présence et l'absence de l'enduit cornéo-cireux, qui font paraître l'une (la ^Lanata, Burm.) farineuse, et l'autre (la Mo- no, id.) glabre et brillante , ne sont que des accidents in- dividuels dont on ne peut tirer aucun caractère spé- cifique. Cette espèce, qui est assez connue, ainsi que la sui- vante, en diffère, indépendamment des couleurs, par l'innervation des ailes supérieures. Les nervures anaslo- mostiques du pan discoïdal sont partout moins élevées et moins épaisses que les nervures longitudinales prin- cipales. Dans fa Pulverulenta , les anastomoses de l'avant- disque sont , si non aussi élevées , du moins aussi épaisses que les nervures principales , et elles sont toujours beau- coup plus saillantes que les nervures transversales et sub- parallèles de l'arrière-disque- 260 ANNALES 2. LySTRA PL'LVERULENTA, BuWt., RflJ ficll,, G. LjS- tra, n. 5. Fulgora pulverulenta, Encycl., tom.VI, pag. 53, n. 33. La Cigale petit-coq, Sioll, Cig., pag. 47, pi. 50, fig. 50etE. De Cayenne. Femelle, envoyée par M. Dupont. Je ne sais trop pourquoi M. Blrmeister rapporte à celte espèce la Lystra lanata, Fab. Les synonymes de Linné et Stoll, cités par Farricius, conviennent à la précédente. Dans toutes les deux on voit , à leurs ailes supérieures, certaines taches arrondies et bleuâtres qui ressemblent beaucoup à ce que nous" avons vu dans les Dilobures. Files sont plus petites, moins régulièrement circulaires, et leur contour est moins épais; mais elles sont égale- ment placées le long de quelque nervure longitudinale, et elles ont également un point central stigmatiforme. Comme elles sont relevées en dessus , on les a prises pour des espèces de callosités, ce qui supposerait qu'elles ont plus de solidité que les parties entourantes. Il en est tout auWement, car elles sont autant de foyers particuliers d'une sécrétion circonscrite d'enduit eornéo-cireux. Cette sécrétion exige certains degrés de porosité et de té- nuité dans la surface supérieure, qu'on ne peut concilier avec son élévation, qu'en supposant un renflement exté- rieur et un vide interne. Ces prétendues callosités se- raient-elles des bulles d'air? 5 10. G. Calyptoproctus, Mihi. Tetc snns protubérance. Vertcx plan, horizontal, beaucoup plus large que long} bords latéraux non relevés du haut. DE LA SOCIÉTÉ EÇITOMOLOGIQUE. 207 Faces latérales comme dans le G. Lyslra. Front au moins aussi large, et quelquefois plus large que long, presque perpendiculaire, et faisant avec je vertex un angle d'environ 90°, s'élevant à son niveau , et quelquefois le dépassant, en étant séparé, comme dans . les genres précédents, par une sulure transverse qui communique avec les deux faces latérales. Division en I rois facettes, imparfaitement tracée. Base du front largement échancrée Chaperon peu convexe: carène médiane nulle ou peu saillante. Corps très déprimé : moitié postérieure n'étant pas plus convexe que l'antérieure. Lobe médian du prothorax beaucoup plus large que long ; bord antérieur arrondi $ angles extérieurs n'étant pas saillants et aigus. Arêtes dorsales oblitérées : les deux extérieures tout à fait marginales. Pièce extérieure du te.rgum , rejetée absolument sur les flancs , très petite, sub-triangulaire, rétrécie en avant. Dos du lobe posté- rieur plan et au même niveau que le lobe antérieur. Bord postérieur largement et faiblement éebancré. Arêtes ordinaires du mésothorax peu apparentes. Cinquième anneau de Y abdomen très grand , operculi- forme , pouvant couvrir à la fois les deux suivants , et le tube anal , unicaréné ou tricaréné en dessus. Second article des antennes , en sphéroïde allongé, comme dans les Jphenes qui ont précédé, et comme dans le^s Poioceres qui vont suivre, et non sphéwque, comme dans lds Lystres, les" Omalocéphales et les Dilo- bures. Pan discoidal des ailes supérieures très peu penché eu dehors, et se rapprochant du plan horizontal plus que dans aucun des genres précédents, lléticulation reclan- 26S ANNALES gulaire commençant sur l'avant-disque même, et se- tendant sur tout l'arrière-disque. Pattes le plus souvent de la forme ordinaire, et alors ayant au moins cinq épines latérales aux tibias posté- rieurs. L'espèce unique, qui fait exception , diffère aussi de ses congénères par plusieurs autres caractères , et doit être le type d'une division particulière. Ce genre a été établi d'après la Tufgorà elegans , E/i- cycl. Les espèces qui le composent auraient été des Lyslres pour Farricius, des Poïoceres pour M. de La- porte et des Pœoceres pour M. Burmeister. Le seul ca- ractère essentiel qui sépare ceux-ci de nos Calyptoproc- tes consiste dans la forme différente du cinquième an- neau dorsal. Ce caractère me semble très rationnel , parce que là différence des fondions correspond à la différence des formes. Malheureusement j'ignore jusqu'à présent s'il est commun aux deux sexes. Des trois genres de Lystroïdcs où je l'ai observé : les G. Episcius , ' Lyslra et Calypto- proctus , je ne connais encore que des femelles. Dans les Calyptoproctes de ce sexe, le tube anal ressemble à ce- lui des Lysires. Le tube proprement dit est court : ses bords latéraux sont dilatés en lamelles minces et hori- zontales. L'ouverture postérieure est perpendiculaire et échancrée en croissant. Les cornes du croissant sont les extrémités postérieures des deux lamelles latérales. l re division, A. Pattes antérieures de la forme ordinaire. Quatre épines latérales aux tibias delà troisième paire. Première nervure discoïdale n'étant pas parallèle à la seconde, se bifurquant et se ramifiant au delà, comme dans les genres précédents. DE LA SOCIÉTÉ ElNTOMOLOGIQUE. 2t>9 î ,e SUBDIVISION À. Cinquième anneau dorsal Iricaréné en dessus, aussi long que les trois précédents pris ensemble. Espèces, !. Calyptoproctls lystroïdks , N . sp.P pi. 5, fig. 5. Du Brésil. Femelle de la collection de M. Skivvilli:. Un peu plus grand que YElcgaus qui suit, et auquel il ressemble beaucoup. De légères modifications de formes semblent le rapprocher des espèces du G. Lysira. Le front a un peu moins de hauteur. Le bord antérieur du vertex est plus élevé : il s'avance au-dessus du bord supérieur du front en couvrant en partie le sillon inter- médiaire. Son sommet est anguleux. Voyez, pour les autres caractères , l'espèce suivante. Couleurs. Tête, dos du corcelet et pattes d'un gris clair tacheté ou varié de brun et de noir; venfre pâle, ayant peu de taches obscures; dos du métathorax et de l'abdo- men d'un gris plus foncé sur le dos des 2 e , 5 e , 4 e et5 c au^ neaux, lavé de vert aux bords postérieurs des 2 e , 5% et 4% ainsi que sur les carènes du 5% une bande blanchâtre à la base de celui-ci , ailes supérieures hyalines, tachetées de noir } taches irrégulières ^ un espace rougeàtre près de la base ; nervures brunes ou rougeàlres ; ailes inférieures vitreuses et transparentes; nervures noires. 2. Calyptoproctus elf.gaws, Mihi. Fulgora eiegans, Encjcl., tom. X, pag. 576, n. 56. Pœocera elegans , Bumi., trad.manuscr., pag. 66. La Cigale à taches argentées, Stoll, €/<;., pag. 8i , pi. 21 , Gg. 111. Du Brésil. —Femelle de mon cabinet. 270 ANNALES Front inégal sélargissant de bas en haut, remontant un peu plus haut que le verlex ; bord supérieur tran- chant; division en trois faces, confuse et très imparfai- tement tracée ; faces latérales consistant en deux fossettes triangulaires transversales, horizontales; sillon inter- médiaire faisant partie de la surface supérieure de la tête: vertex quatre fois plus large que long, à bords opposés arrondis et sub-parallèles$ l'antérieur plus étroit; angles antérieurs effacés ; postérieurs plus saillants et arrondis ; bords latéraux un peu rebordés, mais ne s'élevant pas au- dessus des yeux ; chaperon caréné au milieu ; carène n'at- teignant pas la base du front ; dos du prothorax ridé Irans- versalemenl} carène médiane n'atteignant pas le bord postérieur 5 angles extérieurs du lobe médian arrondis; échancrures post-oculaires, consistant en un petit sillon longitudinal, court, mais assez profond ; arêtes ordinaires du mésothorax peu élevées $ l'intermédiaire remplacée par un sillon longitudinal ; les deux autres convergentes en avant, formant un point de rebroussement sur la ligne médiane, écartées et arquéesau milieu, atteignantlebord postérieur; espace compris entre elles aplati et ridé trans- versalement ; les trois carènes du segment operculiforme égales entre elles, droites et parallèles; extrémité du seg- ment tronquée en ligne droite. (Voyez, pour les couleurs et pour les autres détails, les auteurs que nous avons cités.) SECONDE SUBDIVISION, B. Cinquième anneau dorsal, unicaréné en dessous et n'é- tant pas plus long que les deux précédents pris ensemble. 5. Calyptoproctus lugubris, Mihl. Lystralugubris, Perty , Delcct. ins. Bras., pag. 1 77 , tab. 55, fig. 5. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. 871 Du Brésil. — Voyage de MM. Spix et Mavtius. N'ayant pas vu cette espèce en nature, j'en ignore le sexe. La description du docteur Feriy ne parle pas de la forme du cinquième anneau dorsal , mais on voit claire- ment dans la ligure qu'il est operculiforme , unicaréné et échancré. 4. Calyptoproctus marmoratus, N. sp.l Amérique septentrionale. — Femelle de la collection de M. Serville. Longueur 5 lignes ; largeur 2 lignes \ $ envergure des ailes supérieures, 16 lignes. Front un peu inégal, plus large que long, dilaté aux an- gles basilaires , se rétrécissant de bas en haut, ascendant d'abord obliquement, se redressant ensuite près du bord supérieur, mais ne s'élevant pas à la hauteur du vertex, ayant de chaque côté, dans la partie où sa direction se rap- proche de la verticale, 2 lignes obliques enfoncées, que nous pouvons regarder comme des rudiments d'une di- vision à trois facettes. Les faces latérales se réduisent à deux dépressions planes et verticales, parallèles au front et placées au-dessus de ses angles supérieurs ; elles sont réunies, comme dans les autres Calyptoproctes , par un sillon transversal qui est plutôt antérieur que supérieur. Le vertex , comme dans YElegans , cependant plus con- cave^ bords plus saillants; les latéraux obliques et si- nueux. Lobe médian du prolhorax proportionnellement plus étroit et plus avancé ; angles extérieurs sans saillie; échancrures post-oculaires assez rentrantes, arrondies^ carène médiane n'atteignant pas le bord antérieur ; bord postérieur échancré. Dos du mésolhorax distinctement tricaréné; arête médiane droite n'atteignant pas la pointe postérieure ; les deux latérales distantes, en arc de cercle, 272 ANNALES dont la convexité est tournée en dehors. Cinquième seg- ment dorsal postérieurement arrondi et recouvrant tout le tube anal. Couleurs. Gris verdàtre , varié de noir; couleur noire en petits points sur le front, en marbrures irrégulières sur le dos de la tête et du corcelet, en grandes lâches eon- tluenles sur le milieu du dos de l'abdomen. Ailes supé- rieurs verdàtres près de l'origine, vitreuses et transpa- rentes, avec des taches noires marbrées plus grandes et plus rapprochées le long du contour extérieur^ nervures obscures 5 ailes inférieures hyalines; nervures noires. v r 5. Calyptopuoctus mjctlosus, N. sp.l Patrie inconnue. — Une femelle de la collection de M. Servjlle. Plus petite que la précédente, à laquelle elle ressemble beaucoup par l'ensemble de ses formes; front rugueux; traces d'une division en trois facettes, visibles seulement à l'aide d'une loupe ; vertex moins concave; bords moins élevés ; les latéraux encore un peu obliques d'avanlen a: - rièreet de dedans en dehors, mais arrondis et sanssinuo- sités. Prothorax proportionnellement plus court et plus large que daus les espèces congénères; angles extérieurs du lobe médian, émoussés ; échancrures post-oculaires faiblement arquées et très peu rentrantes ; dos ridé trans- versalement 5 carène médiane eftacce en avant 5 bord pos • lérieur presque droit. Le mésothorax était endommagé dans l'individu que j'ai observé. Couleurs. Corps, ailes et pattes , noir-mat j une large bande hyaline sur le disque des ailes inférieures; une ta- che transversale de chaque côté sur les cinq premiers an- neaux de l'abdomen, très étroites sur le premier et le second, beaucoup plus largos sur les trois autres. DE ÏA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. r ?.7.~ II ne faut pas confondre cette Lystroide avec la Lystru. luctuosa, Guéri n. Celle-ci est une Poïocère dont nous connaissons les deux sexes, et dont nous aurons à re- parler plus bas. 2 e Division, B. Pattes antérieures, aplaties et dilatées ; cinq épines la- térales aux tibias de la troisième paire. Première nervure discoïdale, parallèle à la seconde sut l'avant-disque de l'aile, émettant, à partir de son origine jusqu'à l'extrémité, et toujours du côté antérieur, un grand nombre de nervures longitudinales, droites, paral- lèles au cubitus, et coupées par d'autres nervures transver- sales, également parallèles entre elles, en sorte que la ré- ticulation de la portion du pan discoïdal comprise entre cette première nervure et le cubitus, est rectangulaire comme celle de l'arrière-disque. Espèce unique. 6. Calyptoproctus heteroscelis, N.sp.? Lystraheteroscelis , D. Lefebvrcin litteris. Du Brésil. — Femelle de mon cabinet, envoyée par M. BuQUET. Je laisse à cette espèce le nom spécifique que lui a im- posé M. Lefebvre, auquel je l'avais communiquée et qui la connaissait d'ailleurs. Mon exemplaire est maintenant mutilé. Ses tibias antérieurs étaient comprimés et dilatés en spatule. Les fémurs de la même paire existent encore; leur arête interne est dilatée en lame mince et arrondie. Dans les fémurs intermédiaires, l'arête interne est encore une lamelle droite, étroite et allongée. Les fémurs posté- rieurs et les tibias des deux dernières paires sont de la forme ordinaire. vin. 18 274 ANNALES y L'Hetcroscelis ressemble à VElegans, et surtout au Lystroïdes, par les formes de la tête et de l'abdomen ; il a de même le front inégal et un peu plus élevé que le vertex, le sillon intermédiaire supérieur et le cinquième segment dorsal tricarénéj il ressemble, au contraire, aux V Marmoraïus ex Luctuosus par les dimensions du seg- ment operculiforme, qui n'est pas aussi long que les trois précédents pris ensemble; il diffère enfin de toutes lesau- tres Calyptoproctes connus , par la convexité majeure du front, par l'absence totale des lignes élevées sur le dos du mésotborax et par les carènes extérieures du segment operculiforme, qui sont effacées près de la base. Couleurs. Tête, pattes et dessous du corps, gris-clair et (achetés de noir; dos du prothorax et du méso thorax de la même couleur, mais sans taches ; dos du mésolhorax et de l'abdomen, verts; les ailes supérieures ont sur un fond hyalin deux taches noires : l'une plus petite, près de la base; l'autre, beaucoup plus grande, forme une bande large, longitudinale et arquée, dont les deux bouts tou- chent le bord antérieur. Entre ces deux taches noires, il y en a une troisième, rousse ou orangée, qui longe le post- cubitus; on "«oit déplus quelques petites taches noires sur les grands espaces hyalins, et vice versa, de petits espaces hyalins clair-semés au milieu des grandes taches noires. Ailes inférieures, hyalines, lavées de vert près de leur origine } nervures, noires. 11. G. Poiocera, Delaporte. Tête, sans protubérance. Front, évidemment plus large que long, en parallé- logramme transversal , ascendant obliquement, et faisant avec le vertex un angle d'environ 45 degrés; angles basi- laires arrondis et quelquefois dilatés; bord supérieur re- DE LA SOCIÉTÉ EJTCWOLOGIQUE. "27:> montant plus ou moins haut, selon les espèces j traces d'une division en trois facettes, nulles ou peu apparentes. Faces latérales, comme dans les Caljptoproctes ; sillon transversal qui communique de l'une à l'autre, pouvant être antérieur ou supérieur, selon que le front s'élève plus ou moins haut, comparativement au vertex. Vertex, comme dans le genre précédent. Chaperon et base du front, de même. Corps, également large et très déprimé} dans quelques espèces il l'est même davantage 5 elles offrent des exem- ples du maximum de dépression, tel qu'on le connaît dans cette famille. Autant que la forme de l'abdomen le per- met, les ailes, en repos, se rapprochent plus qu'ailleurs du plan horizontal; mais cela n'est jamais rigoureuse- ment vrai du pan discoïdal, qui est toujours un peu pen- ché en dehors. Le lobe médian du prothorax est Cil trapèze; son bord antérieur est très faiblement arqué , et souvent même coupé en ligne droite $ ses angles extérieurs sont effacés; les échancrures post-oculaires sont aussi très peu ren- trantes et très faiblement arquées. Le cinquième anneau de Y abdomen est de la forme or- d inaire. Quatre épines latérales au moins aux tibias postérieurs, mais pouvant varier en nombre et monter à cinq elà six, non seulement dans les différents individus de la même espèce , mais même dans les différents tibias de la même paire et du même individu. Ce genre a été fondé par M. Delaporte, et nommé par lui Poiocera. M. Bub3ieister est survenu après lui, et il a changé le mofPoiocera en Pœocera, de même qu'il a changé Acu- 276 ANNALES ct'pkulus i Ajthcnu, Rhyngota , clc, en Acoçeplialns Aphana, fi/iyiichota, etc. Celte réforme est- elle admissible? je n'en suis pas con- vaincu? Il y a sans doute des règles à suivre lorsqu'on veut lati niser les mots dérivés du grec; ceux qui les connaissent feront très bien de les observer lorsqu'ils auront des nou- veaux noms à composer; mais ces règles ne s'appliquent pas aux noms anciens, la date de ceux-ci fait disparaî- tre les taches de leur origine. On doit rejeter un nom lors qu'il est donné à une coupe qui n'est pas admissible; on peut encore le rejeter lorsqu'il a été employé ailleurs. Mais de quel droit le rejetterait-on, parce qu'il ne serait pas tout à fait conforme aux règles des langues savantes? 11 ne s'agit, en fait de nomenclature entomologique, ni de parler grec, ni de parler latin j il s'agit seulement de s'en- tendre, au moyen d'un seul mot, sur tout ce qui a été dit en plusieurs, et de ne plus confondre ce qu'on a appris à distinguer. Or ce but est atteint, toutes les fois que le mot proposé peut être appris et retenu ; quand cette con- dition a été remplie, si un grammairien pouvait changer le mot parce qu'il ne le trouverait pas conforme au génie des langues anciennes, tel autre pourrait le changer en- core parce qu'il serait contraire au génie des langues mo- dernes, tel autre parce qu'il serait trop long, tel autre parce qu'il serait trop dur à l'oreille, tel autre parce que la signification ne lui semblerait pas exactement conve- nable, enfin tel autre par humeur ou par caprice * ainsi un seul genre d'insectes pourrait bientôt avoir autantde noms de baptême qu'un hidalgo castillan, et l'entomologie de- viendrait une tour de Babel. Pour moi, puisque le sujet de la question n'est pas un article de foi, je n'aurai pas à me prononcer entre Poio et Poeo , et je m'en tiendrai DE LA SOCIETE EJSJOMOLOGIQliE. ii) .< (a première version, parce qu'elle esl la plus ;hj- cienne. Espaces. i. POIOCERA PERSPICILLATA, Mihl. Lustra perspicillata, Fab., Syst. Rkyng. 59. 15. — îucluosa, Guér., Voyage de la Coq., p. 18b. F ulgora perspicillata, Encycl. ins t {om. X, p, 574, D.54. Cicada atrala, Fab., Eut. syst., IV, 11, 29. Du Brésil. Femelle de mon cabinet. Mâle des collée lions de MM. Serville et Guérin. FabriciuSj, induit probablement en erreur par quelque étiquette erronée de l'exemplaire qu'il a décrit, a dit à tort que cette espèce se trouve aux Indes-Orientales. Au défaut de tout autre caractère, l'innervation des ailes supérieures suffit pour distinguer celte espèce de toutes celles de ses congénères qui sont à ma connais- sance. La première nervure discoïdale se bifurque très près de la cellule basilaire, se dirige parallèlement à la seconde, et , avant d'arriver en face du point où celle-ci commence à se bifurquer, elle envoie à l'extrémité six branches rapprochées entre elles et parallèles au cubitus, tandis que toutes celles qui vont suivre, et que j'ai pu observer, n'en envoient que trois dans le môme inter- valle, et encore non parallèles entre elles, et plus ou moins divergentes. La Perspicillata semble faire le pas- sage des Poïoceres aux Calyptoproctes de la division B , tandis que les autres Poïoceres ont leurs ailes supérieures semblables à celles des Calyptoproctes de la division A. Front ayant un pli transversal élevé, un peu en des- sus de la base ; division en trois facettes, presque effacée, invisible à l'œil du$ haut du front courbé ^ bord supé- 273 ANNALES rieur renversé sur le dos de la tète. Sillon entre le front et le vertex supérieur. Bord antérieur du lobe médian du prothorax coupé en ligne droite. Dans \dijemelle, le tube anal est plus épais, le tube proprement dit peu convexe en dessus, plan en des- sous. L'ouverture postérieure est perpendiculaire et échancrée en croissant; les cornes du croissant sont des prolongements des bords latéraux qui sont minces, ho- rizontaux, nettement détachés du tube en dessus, peu dilatés et faiblement arqués. Dans le mâle, les bords latéraux ne se détachent pas du tube, qui est un peu courbé en dessous vers son extrémité. L'ouverture pos- térieure est oblongue, sans échancrure , coupée obli- quement de haut en bas et d'avant en arrière. Les couleurs, que je ne décrirai pas en détail, parce que cette espèce est assez connue, diffèrent un peu dans les différents sexes. Dans la femelle, la tache hyaline des ailes inférieures est plus large, le jaune est pale, et le noir domine da- vantage sur l'abdomen. Dans le mâle, le jaune acquiert une teinte rougeâtre, et le noir de l'abdomen se réduit à quelques taches punc- tiformes sur le dos des segments intermédiaires. 2. PoiOCERA MACLLATA, Milli. Lystra maculata , Guçriti ', T'oyage de la Coq., page 187. Lystra panthcrina, D. Lefebvre, in lilteris. Du Brésil. Femelles de mon cabinet envoyées par M. Buqlet ; màie de la collection de M. Guérin. Cette espèce, qui diffère beaucoup de la précédente par ses couleurs, s'en rapproche beaucoup par les for- mes. Toutes les différences, hors celles de l'innervation DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 279 des ailes supérieures, sont très minutieuses. Le haut du front n'est pas bombé; il se renverse moins en arrière, et il s'élève un peu perpendiculairement. Toutes les arê- tes du chaperon, du front, du prothorax et du mësothorax sont plus saillantes. La division du front en trois facettes est visible à l'œil nu dans sa moitié supérieure; elle est tracée par deux lignes élevées qui vont du milieu du front à ses angles supérieures. Les angles antérieurs du vertex ont leur sommet mieux prononcé : les postérieurs sont moins avancés en dehors. 5. POIOCERA PALLIDA, Milli. Lystra pallida, Guérin, Voyage de la Coq., p. 188. Du Brésil. Mâle de la collection de M. Guérit*. Plus grande que les deux précédentes, elle en diffère beaucoup par les couleurs. Par les formes, elle tient le milieu entre elles. Elle ressemble à la première par les angles antérieurs du vertex aussi arrondis, et par les arêtes de la tête et du corcelet, plus élevées. Elle res- semble à la seconde par l'innervation des ailes supé- rieures. 4* POIOCERA FLAVO-PUJXCTATA, Milli. Lystra flavo-maculata, Perty_, Del. ins. Bras., p. 170, tab. 55, fig. 4- Du Brésil. Je n'ai pas vu eette espèce en nature : il en est de même de la suivante. 5. Poiocera Luczotu, de Lap., Ann. Soc. eut., t. I, p. 222, pi. 6, fig. l,a,b,c, d. L'auteur ne dit rien ni du sexe ni de la patrie de cet insecte. Les détails des figures ne se comprennent pas 280 ANNALES bien. Par exemple, la fjg. 1 représente l'insecte entier posé sur ses pattes, et en conséquence la tête vue en des- sus. La figure 1 a, offre à part cette même tète, mais telle qu'on peut la voir quand l'insecte est renversé sur le dos, et en conséquence vue en dessous. Je ne saurais deviner en quelle position a été prise la figure \ a. Elle ne res- semble à rien. v o Poioceua Servillei, Mt'hi. Lystra Servillei , Cucrin , Voyage de la Coq., p. 187, pi. 10;, ins. fig. 8. Du Brésil. Mâle et femelle de mon cabinet, envoyés par M. Buquet. Lors de la publication du Voyage de la Coquille, M. Guéiun ne connaissait sans doute qu'une femelle dé- pouillée de son tube anal, et il ne pouvait rien dire de positif sur celte pièce et sur les différences sexelles. Je puis maintenant remplir eu partie celle lacune. La Poïocera. Servillei diffère d'abord des Poïochres n. 1, 2 et 5, par l'absence d'un pli élevé et tranversal près de la base du front; par la disparition absolue de toute trace d'une division en trois facettes 5 par la réduc- tion au même plan de toute celle face, qui n'est ni bom- bée ni renversée en arrière; par la position des faces latérales qui font partie du dos de la tête, et enfin par la largeur du sillon intermédiaire, qui laisse apercevoir quelques plis internes. Le lube anal du maie ressemble à celui des femelles des aulresïPoïocbres : il n'est qu'un peu plus long et un peu plus étroit comparativement. Mais relui de la femelle est bien différent; le tube pro- prement dit est plus convexe en dessous qu'en dessus ^ il esl court, large, obeonique ; l'ouverture postérieure • si perpendiculaire et profondément écliancrée en crois- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 281 sant : les cornes du croissant sont, à l'ordinaire, les pro- longements des bords latéraux qui se détachent nettement de la paroi inférieure du tube proprement dit, et qui se confondent insensiblement avec sa paroi supérieure, en formant avec elle une plaque horizontale dont le contour est semblable à celui d'une circonférence de cercle dont le ventre serait sur le tube même, et qui serait coupée postérieurement par une autre circonférence de moindre diamètre dont le centre serait en dehors et en arrière du tube. 7. POIOCERA LEFIDA. N. sp. ? Du Brésil. Mâle envoyé par M. Buquet. Long. , 3 lignes {. Larg. , 2 lignes. Envergure des ailes, 1 pouce. Front plan, oblique, ascendant, n'étant ni bombé en haut ni renversé en arrière; sans plicature près de la base; n'ayant de traces d'une division en trois facettes qu'aux angles supérieurs; ne remontant pas au niveau du front. Sillon transversal entre le front et le vertex très étroit, et plutôt antérieur. Fossettes qui remplacent les faces, et qui communiquent entre elles par un sillon suturai, triangulaires , déprimées et presque verticales, comme dans nos numéros 1, 2 et 5. Vertex à rebords peu élevés; angles latéraux également arrondis, les pos- térieurs peu avancés en dehors. Dos du prothorax ridé transversalement , caréné longitudinalement , carène médiane, en avant. Bord antérieur du lobe médian ar- rondi, caractère qui sépare nettement cette espèce de Soutes les précédentes, dans lesquelles on sait qu'il est coupé en ligne droite. Innervation des ailes supérieures comme dans les numéros 2, 5 et G. Tube anal du mâle ikux fois plus long que large ; plan en dessous, con- 282 ANNALES vexe en dessus, obcouique^ ouverture postérieure per- pendiculaire, échancrée en croissant; bords latéraux formant les cornes du croissant, nettement séparé de la paroi supérieure du tube proprement dit, se confon- dant dans le même plan avec l'inférieure, faiblement ar- qués , et n'étant pas dilatés en lamelles horizontales. Fe- melle inconnue. Couleurs. Cette petite espèce est très jolie. Tête, pro- thorax, poitrine et mésothorax , gris foncé, teint de brun. Dos du mésothorax, vertex et premier segment dorsal, noirs. Reste du dos de l'abdomen d'un beau rouge de carmin tacheté de noir. Pattes obscures; deux anneaux pâles aux tibias des deux premières paires. Tibias et tar- ses postérieurs entièrement pâles; extrémité des épines noire. Ailes supérieures brunes, parsemées de petites taches rondes et bleuâtres, d'autant plus foncées qu'elles sont plus rapprochées de l'origine, blanches et hyalines à l'extrémité; vers les trois quarts de leur longueur, une large bande transversale hyaline, tachetée de noir, attei- gnant les deux bords. Ailes inférieures hyalines, vei- nées et réticulées de noir; base obscure, veinée de bleu. M. Bukmeister rapporte encore. à son genre Pœo- rqué que dans les deux genres suivants. Radius et cubi- DE LÀ SOCIÉTÉ ENTÔMOLOGIQUE. m lus très rapprochés cl sub-parallèles; cellule basilaire pe- tite, en quadrilatère irrégulicr, ayant un certain espace opaque vis à vis de la seconde cellule discoïdal. Nervures principales et longitudinales du pan discoïdal, au nom bre de deux, déliées, sinueuses, étant presque aussi min- ces que les nervures anastomostiques. Celles-ci commen- cent immédiatement en arrière de la cellule basilaire ; elles se contournent dans tous les sens, en entourant de petites cellules en très grand nombre, et en affectant toutes les formes. Les pattes sont minces et allongées $ il y a cinq épines latérales aux tibias de la troisième paire. Ce genre, qui diffère beaucoup des Dycùophores par l'innervation des ailes supérieures, s'en rapproche cepen- dant plus que des Dichoptères qui vont suivre, par la substance du corps moins solide , par la forme de la pro- tubérance céphalique et par l'appareil génital de la fe- melle, comme nous le verrons mieux en parlant des Dyclioplwres. Dans la femelle, le seul sexe que je connaisse jusqu'à présent, le tube anal semble se rétrécir d'avant en ar- rière ; mais le tube, proprement dit, est réellement cy- lindrique, droit, allongé, convexe en dessus, plan en dessous^ son ouverture postérieure est ovale, entière, coupée obliquement de haut en bas et d'avant en arrière 5 ses bords latéraux ne se détachent pas nettement de la pa- roi supérieure, mais ils se penchent notablement en des- sous, et ils vont en diminuant insensiblement de largeur de la base jusqu'à l'extrémité postérieure. 386 ANNALES Espèce unique. / ° Pl.EGJHATOPTERA PRASINA, N. SpJ Cayenne. — Une femelle de mon cabinet, envoyée par M. Feisthamel. Long. 8 lignes 5 larg. 2 lignes ~. Envergures des ai- les supérieures, 1 pouce et 6 lignes. Antennes, corps et pattes, verts. Sommet de la tête, bords latéraux du prothorax et radius, jaunes. Ailes, transparentes; nervures, vertes. 15. G. Dichoptera, Miki, Tête, protubérante. Protubérance céphalique , brusquement ascendante, mais non recourbée en arrière , formée , comme dans toutes les D) etiephoroïdes, par la face verticale et par un prolongement des joues. Face frontale, très grande, ascendante et nettement di- visée en trois facettes, depuis la base jusqu'à l'extrémité. Facette médiane en ovale étroit et allongé, ouvert près de la base, fermé supérieurement et terminé au sommet en pointe, divisée en deux parties égales par une arête longi- tudinale en côte saillante qui part du sommet, et qui dis- paraît, à quelque distance de la base, vers le tiers de la facette ou vers le milieu du front proprement dit. Les facettes extérieures se rétrécissant insensiblement de bas en liaul , et restant dans le même plan que la mé- diane jusqu'au commencement de la protubérance, pas- sant ensuite sur les côtés, et remontant insensiblement, sans se rétrécir, mais en se rapprochant continuellement, jusqu'à la surface supérieure, où elles ne sont plus séparées que par une arête longitudinale qui va du sommet du DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOlAXilQUE. 287 vertex à celui de la tête. Celui-ci étant aussi le sommet d'un angle solide tétraèdre, formé par le concours de qua- Ire arêtes qui font partie de la seule face fronta!e,savoir: une supérieure et longitudinale entre les deux facettes extérieures, deux autres latérales entre chaque facette extérieure et la facette médiane , une autre d'abord anté- rieure , puis inférieure au milieu de la facette médiane. Faces latérales , nulles. Vertex , proprement dit, plan, horizontal, en rec- tangle , presque carré. Portion de la face verticale pro- longée sur la protubérance, n'étant séparée du vertex par aucune suture, ni par aucune arête transversale, d'un tiers plus étroite et plus courte , redressée supérieu- rement , faisant partie de la surface postérieure de la protubérance , mais ne se renversant pas au point de passera sa surface inférieure comme cela arrive dans le G. Enchophora. Bords, saillants et tranchants 5 angles , saillants et rentrants, également arrondis. Base du front, profondément échancrée en rond. Chaperon, ayant ses angles basilaires dilatés, ses arêtes latérales saillantes , son disque très convexe se détachant des bords et dessinant un ovale allongé, sa carène mé- diane en côte très élevée qui va de la base à l'extrémité. Joues, plus larges, proportionnellement à leur lon- gueur, que dans les genres voisins, les yeux, les antennes et les ocelles étant un peu plus éloignés du rebord de l'arête latérale. Prolongement occupant les côtés de ia protubérance en remplacement des faces latérales, sub- triangulaire; bord supérieur, fortement sinué près de l'extrémité. Yeux à réseau , ocelles et antennes , comme dans le genre précédent, mais beaucoup plus rapprochés, l'o- celle étant presque en contact avec l'œil. -88 ANNALES Lobe médian du prothorax, presque aussi long que large, pouvant glisser au-dessus de la tôle , dont la face postérieure est coupée obliquement. Bord antérieur, arrondi, six échancrures post-oculaires peu rentrantes. Arête médiane, tranebante , atteignant les deux bords opposés. Les deux autres, n'étant pas tout à fait margi- nales. Pièces extérieures du tei-gum, penchées en dehors, mais visibles sur le dos. Dos du mèsoikorax , ayant les trois lignes élevées or- dinaires, droites, parallèles et distantes 5 l'intermédiaire, n'atteignant pas la pointe postérieure, et les deux exté- rieures n'atteignant pas le bord antérieur. Abdomen , large et peu convexe : carène médiane, sur le 5 e , 4° et 5' segments seulement. Ailes supérieures , ayant leur bord antérieur moins arqué que dans les Plegmatoptères. Pan externe, pres- que aussi étroit. Innervation du pan discoïdal, très diffé- rente. L'avant-disque n'a pas de nervures anastomostiques. Des deux principales, la première se bifurque près de l'origine , et sa branche interne se bifurque de nouveau vers le milieu de l'avant-disque. La seconde se bifurque un peu plus loin et une seule fois. Toutes ces branches ont entre elles un angle très aigu , et s'écartent peu de la direction longitudinale. Les grandes cellules qu'elles in- terceptent, sont très étroites proportionnellement à leur longueur 5 elles sont terminées postérieurement, par une grosse nervure transversale qui court en ligne bri- sée du cubitus au point où le post-cubitus rejoint le bord interne. Celle nervure fait une espèce de plicature qui divise nettement le pan discoïdal en deux parties dont le niveau est inégal , l'antérieure étant visiblement plus éle- vée que l'autre. L'innervation de celle-ci est aussi bien DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 289 différente : elle consiste en une vingtaine de nervures longitudinales, sub-parallèles et équidistantes. Les in- térieures sont dichotoraes ; les autres sontsimples. Toutes les cellules intermédiaires, longues et étroites, sont cou- pées en angle presque droit par plusieurs nervures transversales et sub-parallèles, dont le nombre et la po- sition diffèreut d'une cellule à l'autre. Les pattes , plus fortes que dans les P legmatopteres , sont de la forme ordinaire, et elles ont pareillement cinq épines latérales aux tibias postérieurs. Dans la jemelle, l'appareil génital extérieur semble différer de celui des autres Dj ctiophoroïdes , et il se rap- proche davantage de celui des premières sous-familles. Il en est de même du tube anal, qui est de nouveau un peu obeonique , très convexe en dessus , plan en dessous ; qui a son ouverture postérieure coupée très obliquement du haut en bas et d'avant en arrière, inférieurement échancrée, et dont les bords latéraux, fort épais , mais non dilatés, se détachent très nettement de la paroi con- vexe supérieure, et se confondent avec la paroi plane inférieure. ^ Espèce unique. ^DlCHOrTERA IIYALIN\TA, Mihî , pi. 4, fig. IIL ., t. I,p. 175. v Fulgora byalinata, Fab. , Syst. Rhyng. ,4,6. Encjcl. , loc. cit., p. 572, n. 175. Indes-Orientales. Mâle et femelle de mon cabinet. Celte espèce , assez connue, ne doit pas être rare dans les régions chaudes de l'Asie. Je crois pouvoir me dis- penser d'en faire une description détaillée, et je me bor- vm. 19 293 ANNALES lierai à une seule remarque. La Dichopiera hyalinata est la Fulgorite dont les téguments extérieurs sont les plus durs , et celle dont la surface est moins enduite de la sub- stance cornéo-cireuse qui est si ordinaire et si abondante dans la plupart des Fulgorclles. Ce fait ne vient-il pas à l'appui de ma manière de voir sur la destination spéciale de cette substance? -^ i 14. G. DYcnopnoRA, Germar. Tête, protubérante. Protubérance céphalique , conformée de même que dans les Plegmatoptè/es , présentant dans les différentes espèces des différences secondaires de grandeurs de ses faces et facettes; mais dans toutes, on est frappé de la ressemblance de son profil avec la tête d'un poisson. Les deux màcboires sont représentées par les deux faces op- posées, savoir : la verticale , et la facette médiane de la frontale. Le contour de la bouclie fermée est représenté par les deux facettes extérieures ; cependant toutes nos Dyctiophorcs ne ressemblent pas au même poisson. Les distances sont grandes : les unes sont comparables à des Syngnathes j les autres à des Cyprins, etc. Voyez le G. Plegrnaloptcra , pour la plupart des dé- tails. Nous ne traiterons ici que des ailes supérieures , parce qu'elles nous fournissent le seul bon caractère gé- nérique, et des parties génitales, parce que nous avons renvoyé ici ce que nous avions à en dire. L'avant-disque des ailes supérieures n'a pas les nom- breuses nervures anastomostiques, près l'origine, que nous avons vues dans les Plegmatoptères , et le pan dis- coïdal n'est pas nettement biparti , comme dans les Di- choptères. Leur coupe les rapprocbe plutôt des seconds, par la faible courbure du radius et par la largeur un peu DE LA SOCIETE ENTOMOEOGIQUE. m moindre, proportionnellement à la longueur; elles s'en rapprochent encore par l'innervation de lavant-disque, qui est également partagé en un petit nombre de grandes cellules longues et étroites, formées par les nervures principales, et par leurs premières branches longitudi- nales $ mais elles en diffèrent parce qu'il n'y a pas une ligne de démarcation tirée entre la portion réticulée et la portion non réticulée, et parce qu'il n'y a aucune pli- cature qui indique un changement de niveau ; la réticu- lation régulière commence plus ou moins près du bord postérieur, selon les espèces; les cellules de l'arrière- disque sont toujours moins nombreuses, parce que leurs nervures longitudinales varient seulement de huila douze. Le nombre des rangées varie aussi en certaines limites , non seulement selon les espèces, mais encore selon les sexes, et même selon les individus } la première nervure discoïdale, au lieu de se détacher du bord postérieur de la cellule, comme daus les deux genres précédents, et de commencer à se ramifier avant la seconde discoïdale , semble une branche du cubitus , soit qu'elle ait la même origine sur la cellule basiliaire, soit qu'elle se détache immédiatement du cubitus à quelque distance de la cel- lule, et qu'elle ne commence à se bifurquer qu'après la seconde discoïdale. Dans \afemelle, les divisions de la sixième plaque ven- trale sont à l'extérieur conformées à l'ordinaire, mais ses appendices internes, qui s'enfoncent sous les écailles vul vaires,sonl bien différents de ce que nous avons vu dans le genre Pyrops. Destinés exclusivement à former l'o- viscapte, ils se changent en deux demi-tubes, creusés à leur face interne, pouvant se joindre par le bord supé- rieur seulement, formant ensemble un tube ouvert en dessous, qui se rétrécit insensiblement d'avant en arrière, 202 ANNALES et qui est terminé en pointe mousse. Les deux écailles vulvairts sont bilobées. Les lobes inférieurs embrassent intérieurement l'extrémité de l'oviscapte. Les lobes su- périeurs consistent en deux feuillets oblongs , membra- neux, borizontaux, interposés entre le tube anal et l'appareil génital. La forme du tube offre quelques dif- férences dans les différentes espèces du genre, mais il est toujours conforme au type dont les Plegmat.optères fe- melles nous ont offert le modèle. Dans le mâle, la sixième plaque ventrale est entière et annulaire. Les branebes de l'armure copulatrice sont en feuilles minces, allongées et un peu recourbées en baut. Elles sont disposées latéralement de manière à y suffire à la défense du pénis que le tube anal laisserait à décou- vert, parce qu'il n'a pas de rebords dilatés et courbes en bas; mais il est lui-même coudé, deimanière à bouclier postérieurement l'étui de la verge, et à s'opposer à sa sortie. Espèces. \ . DycnoriiORA i'hoboscidea,^. sp. ? pi. 5, fig. IV. Sénégal. — Femelle, collection de M. Seuville. Longueur du corps, 1 pouce^ largeur idem, 1 ligne 1/2$ protubérance céphalique, 5 lignes; envergure des ailes, \ pouce et 5 lignes. Protubérance cépbalique un peu ascendante, pyrami- dale } faces et facettes planes, et paraissant même con- caves en raison de la saillie des arêtes intermédiaires ^ extrémité visiblement renflée. Face verticale ayant son sommet en poiute mousse et une ligne médiane saillante près du sommet, s'abaissant insensiblement d'avant en arrière , et devenant un sillon enfoncé sur le verlex proprement dit. Facette médiane de la face frontale T)E LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQt'E. 593 relevée brusquement en haut, près de l'extrémité , cou- pée un peu en arrière du sommet par une ligne transver- sale, peu élevée, qui semble limiter en dessous le ren- flemenl terminal de la protubérance. Sommet arrondi; ligne qui va de ce point au sommet de la face verticale, peu élevée. Une seule arête médiane sur le dos du pro- lliorax ; trois sur celui du mésotborax , l'intermédiaire n'atteignant pas la pointe postérieure. Six épines laté- rales aux tibias postérieurs. Ailes supérieures étroites proportionnellement à leur longeur. Arrière-disque ayant trois ou quatre rangées de cellules quadrangulaires, et neuf ou dix nervures longitudinales. Tube anal de la fe- melle , comme dans la Plegmatopiera prasina. Feuillets supérieurs des écailles vulvaires nuls ou peu apparents. Couleur. Corps , brun foncé} trois lignes droites, pa- rallèles, continues, sur le dos du mésolhorax, du protho- rax et de la tête , effacées vers le milieu de la protubé- rance, d'une couleur pâle, qui a pu être verte dans le vivant. Dos de l'abdomen, verdâtre. Dessous du corps, paie. Pattes, vertes. Ailes, vitreuses, transparentes; ner- vures, noires 5 supérieures ayant deux taches obscures, l'une au bord extérieur, et l'autre, plus grande, près du bord postérieur. On remarque de plus des taches pâles et translucides sur les facettes extérieures de la face fron- tale , plus nombreuses et confluenles vers l'extrémité. Tout le contour du rentlement terminal de la protubé- rance, également pâle et translucide ; une grande tache triangulaire, blanche et évidemment transparente, vers l'extrémité de chacune des arêtes qui séparent le pro- longement des joues et la face verticale. D'après les règles de l'analogie, toutes ces parties transparentes ou trans- lucides sontaulant de vers réfringents. Cette espèce serait donc lumineuse, et le nom générique de Pscudophana, 204 ANNALES que M. IUrmkister a substitué à celui de Dyctiophora , on ne sait trop pourquoi, serait une contre-vérité. 2. DïCTIOl'HOUA cvuisea. N, sn. ? Corse. — Mâle, collection de M. Sf.rville. Longeur, 5 lignes^ larg., 2/5 de ligne; protubérance . < cphalique, 1 ligne. Protubérance céphalique allongée, comme dans la pré- cédente, mais plus brusquement rélrécie à son origine, et se maintenant au delà à peu près à la même épaisseur, en sorte que dans cet intervalle elle est plutôt cylin- drique que pyramidale. Extrémité non renOée. Arêtes saillantes, minces et tranebantes. Faces et facettes très concaves, et formant autant de sillons longitudinaux de différentes largeurs. Une arèle longitudinale sur la facette médiane de la face frontale , allant du sommet de la tète à la base du front. Une autre semblable sur la face verti- cale , allant de son extrémité au bord postérieur. Deux arêtes longitudinales sur le prolborax, entre la médiane et les deux latérales ordinaires, qui se confondent ici avec les bords latéraux. Trois arêtes semblables sur le méso- thorax, continuant celles du prolborax: l'intermédiaire n'atteignant pas la pointe postérieure. Ailes supérieures proportionnellement moins étroites que dans la précé- dente. Réticulation de l'arrière-disque ayant à peu près le même nombre de nervures longitudinales, et étant néanmoins beaucoup plus serrée , parce qu'il y a huit à neuf rangées de cellules quadrangulaires. Six épines la térales aux tibias postérieurs. Couleurs. Corps et pattes , blanchâtres , tachetés de brun , ou de gris foncé. Aili s , vitreuses, transparentes : nervures, noires; quelques taches brunes sur l'extrémité des supérieures. DE LA SOCIÉTÉ EKTQMOLOG1QUE. 295 V 5. Dyctiophoka Senegaleissis, N.sp.? Sénégal. — Mâle et femelle collection de M. Serville. Semblable à la précédente, un peu plus petite et plus ramassée. Protubérance céphallque plus courte, moins rétrécic à son origine, plus cylindrique $ extrémité ar- rondie, mais non renflée. Arêtes de la facette médiane de la face frontale moins élevées et moins tranchantes que les autres. Six épines latérales aux tibias postérieurs. Dans le mâle, la réticulation de l'extrémité de l'aile supé- rieure est comme dans le mâle de X^Cymea. Dans la femelle, elle est bien moins serrée. En quelques endroils il n'y a que trois ou quatre rangées de cellules rectan- gulaires. Celte différence est-elle sexuelle? est-elle indi- viduelle? Dans tous les cas, quelle confiance accorder à un caractère aussi variable? Le tube anal des deux sexes est conforme au type par- ticulier à chaque dans les espèces de ce genre. Dans le mâle , le tube proprement dit fait un coude , et se courbe en dessous : son ouverture est coupée très obliquement de haut en bas , et d'avant en arrière, la paroi inférieure est échancrée en croissant dont les cornes semblent pres- que verticales. Dans la femelle, le tube ne fait pas de coude, ses bords latéraux sont penchés en dessous ; mais ils sont partout de la même largeur; l'ouverture posté- rieure est également oblique, mais la paroi inférieure est moins échancrée. Couleur. Protubérance céphalique, noire ; arêtes, blan- ches. Tête, blanche : une bande noire en dessous, près de la base du front. Dos et flancs du corcelet, noirâtres. Reste du corps, pâle, tacheté de noir. Pattes, pâles; fémurs et tibias, annelés de noir. Ailes, hyalines : nervures, obscures- 296 ANNALES. Plusieurs lâches obscures, difformes et conflueiites , sur l'extrémité des ailes supérieures. Cette espèce se trouve aussi en Sardaigne. M. Gêné m'en a communiqué des larves et des nymphes, toutes fe- melles, recueillies en 1838 par M. Cîglïani , son élève. L'insecte parfait n'a pas été rencontré, probablement parce que la saison n'était pas assez avancée. La larve, un tiers plus petite que l'insecte, est entiè- rement testacée , pâle, hors les tarses noirs. Les arêtes de la tête et du corcelet, comme dans l'insecte parfait. Parties génitales extérieures peu développées. Tube anal n'étant pas prolongé en arrière : on ne voit que son ouverture couchée à l'extrémité postérieure du dos. Épi- nes latérales des tibias postérieurs peu apparentes. Ailes nulles. La nymphe , deux fois plus grande que la larve, a ac- quis les couleurs de l'insecte parfait ; son corps a pris plus de consistance. Les pièces extérieures de l'appareil géni- tal sont aussi distinctes que dans l'insecte parfait. On voit déjà quatre épines latérales aux tibias postérieurs; ce- pendant le corps semble avoir pris plus de développe- ment en largeur qu'en longueur. Le tube anal, quoique un peu saillant en arrière, est encore très court. Les ailes inférieures sont nulles, et les supérieures ne consistent encore qu'en deux moignons rudimentaires cornés, opa- ques, coupés postérieurement en ligne droite, atteignant ta peine le premier anneau de l'abdomen. Une nervure longitudinale, qui nous semble le rudiment du cubitus, la divise en deux parties , dont l'une, externe, répondant à la portion que nous avons nommée \epan externe, est re- jetée entièrement sur les côtés du corps, où elle se tient en un plan presque vertical ; l'autre, interne, beaucoup plus graude, horizontale, ne laisse apercevoir que quelques DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 297 veinures plus opaques, irrégulièrement contournées et ramifiées. 4. DïCTiopuouA Pannonica, Ilcrr.-Schœff. Dentsch., Fr. 15, f. Pseudophana Pannonica, Bunn., trad. manusc, p. 62. Fulgora cylindrica, D. Frhvadsky, in liiteris. Romélie. — Femelle de mon cabinet, envoyée par M. Fiuwadsry. Long. , 5 lignes^ larg. , 1 ligne 1/2. Protubérance cé- phalique , 2 lignes. Indépendamment delà taille et des couleurs, cette es- pèce diffère de la précédente par la plus grande longueur relative de la protubérance céphalique; elle est rigou- reusement horizontale , son plan supérieurétant partout le même que celui du verlex et du dos du corcelet; elle forme une espèce de prisme hexaèdre, dont les six faces sont la face verticale, les deux joues et les trois facettes de la face frontale. La face verticale dépasse les joues , et égale en longueur la facette médiane qui lui est opposée j son bord antérieur est anguleux; le sommet de cet angle communique avec celui de la tète par une arête courte , épaisse et presque verticale. Les deux arêtes qui séparent les trois facettes de la face frontale, partent de la base du front et se prolongent en lignes droites et parallèles. L'extré- mité de la facette est arrondie ; le sommet de la tête, peu saillant, est celui d'un angle solide tétraèdre, formé par le concours des deux arêtes latérales qui séparent les trois facettes de la petite arête sub-verticale qui sépare les deux facettes extérieures, et d'une quatrième arête infé- rieure et longitudinale qui divise la facette médiane en deux parties égales en parlant du sommet et en augmen- tant insensiblement de hauteur jusqu'à la base du front. J ii'jS ANNALES Il y a à l'extrémité de la facette médiane un espace circu- laireplus mince et susceptible de renflement. Les facettes extérieures sont un peu concaves ; toutes les autres sont planes. La face verticale a aussi une arête longitudinale médiane , moins élevée que les latérales, et souvent effa- cée à une certaine distance du sommet. Le prothorax et le mésothorax ont trois lignes dorsales, élevées, droites, parallèles, continues. Il n'y a ordinairement que cinq épines latérales aux tibias postérieurs. Le cubitus et la première nervure discoïdale des ailes supérieures ont leur commune origine à l'angle postéro-externe de la cellule basilaire. Les nervures principales et anastomos- tiques augmentent également de hauteur à l'arrière-dis- que. Les rangées de cellules régulières montent, en quel- ques endroits, au nombre de huit et de neuf. Le tube anal a l'ouverture postérieure coupée très obliquement, presque supérieure, entière 5 ses bords latéraux, penchés, à l'ordinaire, en bas, ne se rétrécissent pas insensible- ment d'avant en arrière, comme dans la P roboscidca , mais ils décrivent de chaque côté un arc de courbe tel , que son maximum de largeur est un peu en arrière de l'origine. 5. DyctiophOra. Europ.ea, Gcrm., Rei>. Ent. de Silb. , tom. I, pag. 175. PseudophanaEuropœa, Burm. , trad. manusc, p. G2. Fulgora Europaea, Fab. , Syst. RJiyng.,o, 28. La Cigale à tète en pointe conique , Sioll, Çyg., p. 48, pi. -il, «g. 41. Environ de Gènes. — Mâle et femelle de mon cabinet. Cette espèce, plus commune que la précédente et plus anciennement connue, eu diffère par plusieurs caractères essentiels DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIE. 209 Protubérance céphalique, à peine un peu plus longue c]ue le front; elle est plus du double dans la Panuonica; elle est d'ailleurs évidemment pyramidale et non prisma- lique, comme dans la Panuonica. Ses arêtes principales , celles qui séparent les joues de la face frontale et de la face verticale, sont très saillantes, minces et tranchantes. Les joues et la face verticale sont, par cela même, plus conca- ves; la dernière estsub-triangulaire. Des trois arêtes dor- sales du prothorax, les deux extérieures n'atteignent pas le bord postérieur. Les nervures de l'extrémité des ailes supérieures ne sont pas plus élevées quecelles du disque, et le nombre des cellules comprises entre les mêmes ner- vures longitudinales varie de quatre à cinq. Une tache un peu opaque, verdàtre , à l'extrémité du pan externe, à l'endroit où le cubitus communique avec le radius au moyen de plusieurs nervures anastomosliques obliques. 6. DYCTlOriIOUA affinis, N. sp. ? Patrie douteuse. — Femelle donnée par feu de M. du Ciustofori. v/^ Très voisine âeVEuropcea , et cependant bien distincte } elle en diffère par les caractères suivants : protubérance céphalique plus courte que le front proprement di(. Toutes ses arêtes très saillantes, mais en côtes arrondies. Les trois arêtes dorsales du prothorax atteignant égale- ment le bord postérieur. Six épines latérales aux tibias postérieurs. Arrière-disque des ailes supérieures à réti- culation plus serrée ; cellules comprises entre les mêmes nervures longitudinales, de sept à huit. Point de tache colorée et un peu opaque vers l'extrémité du pan in- terne. r>00 ANNALES 7. DvCTiopiiOUA virescens, Germar. , loc. cil. Pseudophana virescens, Burtn., irad. manusc, p. 62. Fulgora virescens, Fabr., Syst. Rhyng. A, 15. Du Brésil. — Mâle envoyé par M. Klug. Je conserve à cetle espèce le nom sous lequel je l'ai re- çue; cependant la phrase de Fabricius conviendrait mieux à Y Jf finis. La protubérance céphalique de notre Virescens, plus courte que le front proprement dit, est loin d'être coni- que; au lieu définir en pointe, son bord antérieur est dou cernent arrondi. La face verticale n'est ni triangulaire, ni sub-triangulaire, c'est un trapèze dont le petit côté pa- rallèle où le bord antérieur égale au moins les deux tiers du côté opposé. Les deux arêtes qui séparent les trois fa- cettes de la face frontale ne commencent qu'à une petite distance de la base ; elles s'écartent en s'en éloignant, et elles vont se rejoindre au sommet de la tête après avoir décrit une espèce d'ellipse trè/ allongée et ouverte pos- térieurement, comme dans les Dichoptères et dans les Flegmatojjt'erc.s. L'arête médiane, au contraire, se pro- longe jusqu'à la base, et semble continue avec la carène du chaperon. Les facettes antérieures sont très compri- mées et très étroites près du sommet de la tête. Celui-ci est épais et un peu renversé en arrière, en sorte qu'il va toucher la face verticale, qui est en cet endroit très rap- prochée. L'arête médiane du vertex, les trois arêtes dor. siles du prothorax et du mésothorax, comme dans YJf- finis. Première nervure discoïdale des ailes supérieures, sortant du cubitus, à une distance appréciable de la cel- lule basilaire. Réticulation de l'arrière-disque, à peu près comme dans Y Aj finis. Une tache verte, un peu opaque, vers l'extrémité du pan interne, comme dans 1 Europœa. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOC1QUE. ^ 301 File ne prend que deux cellules marginales ; dans l'Euro- pœa, elle en prend au moins qualre. Trois épines laté- rales, aux libias postérieurs. 8. PSEUDOPHAIMA DISTINGUERA, N. 5/7.? De Cayenne. — Femelle envoyée par M. Feisthamei.. Cette espèce, certainement bien distincte, diffère des n os 4,-5 et 6, par les caractères qui lui sont communs avec fa Virescens , savoir •• la brièveté de la protubérance céphalique, l'ovale ouvert postérieurement de lafacelle médiane, le rétrécissement des facettes extérieures vers l'extrémité, le contact immédiat du sommet de la tète avec le sommet de la face verticale, l'origine de la pre- mière nervure discoïdale en arrière de la cellule basi- laire , et enfin les trois épines seulement aux libias pos- térieurs; elle en diffère par les caractères suivants : la face verticale, un peu rétrécie en avant, est presque triangulaire; elle n'a pas de ligne médiane élevée. Des ■rois arêtes dorsales du prothorax, les deux extérieures n'atteignent pas le bord postérieur; celles du mésotliorax, au contraire, se rejoignent en avant et forment le fer à cheval , comme dans mPlegmatoptera prasina. La tache opaque verdâtre des ailes supérieures n'occupe pas moins de quatre cellules marginales. Tube anal de la femelle comme dans ja. Plegmatoptera (1). V (1) M. Burmeister rapporte à son genre ^Pseudophana plytèieur* espèces qui ne nous sont pas bien connues , tes^Fulg. noctividafgra- minht, feneslrata èt%ivida, Fab. La dernière est probablement un de nos 4 , 6 , 7 et 8. Toutes ces espèces vertes ont des teintes fugaces qui changent après la mort, et qui passent au jaune plus ou moins pâle. On ne peut rien en conclure. A en juger par la figure de Pal.-Beauv., YafFulg. feneslrata est réellement une Dyetiophora. gûâ ANKALES c 15. G. Moxopsis, 3/ihi. Tcic, protubérante. Protubérance ccphalùjue j formée exclusivement par la face frontale, par la face verticale et par le prolonge- ment des joues, Face frontale j, n'ayant aucune trace d'une division en trois facettes, plane, oblique, ascendante, faisant avec la face frontale un angle plan très aigu , divisé dans toute sa longueur en deux parties égales par une ligne élevée qui va de la base au sommet. Base, échancrée. Bords latéraux , droits et sub-parallèles le long du front proprement dit , courbés au delà en arc d'ellipse. Sommet, se confondant avec celui de la face verticale. Faces latérales, nulles, remplacées sur les côtés de la protubérance par un prolongement des joues qui se ré- trécit en s'éloignant des yeux, et qui finit en pointe près du sommet de la tête. Face verticale, plane, horizontale, un peu plus lon- gue que large. Bord postérieur, profondément échancré. Bord antérieur, en arc d'ellipse, semblable à celui qui termine la face frontale , avec laquelle il est en contact immédiat au sommet de la tête. Une ligne droite, élevée en côte arrondie, part du sommet, se dirige en arrière, se bifurque à peu de distance du bord postérieur, et di- vise la face frontale en deux loges , dont les contours sont semblables à ceux de deux feuilles lancéolées. Chaperon, ayant une carène médiane. Yeux, grands, oblongs, en contact immédiat avec le bord antérieur du protliorax. Un très petit ocelle de chaque côte, un peu en avant de l'œil à réseau. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Sfflli Les antennes n'existaient plus dans l'exemplaire uni- que que j'ai eu sous les yeux. Proihorax, ayant son lobe médian très avancé et for- tement rebordé. Échancrures post-oculaires, bien ren- (rantes. Dos n'ayant que les trois carènes dorsales ordi- naires ; l'intermédiaire, droite et atteignant les deux bords} les deux extérieures, obliques, partant du som- met antérieur de l'arête et atteignant les angles posté- rieurs. Pièces extérieuresdu tergum , un peu penchées en dehors, et néanmoins visibles en dessus . Bord postérieur, échancré; échancrure, anguleuse. Portion à nu du disque du mésothorax } en rhombe plus long que large. Dos , tricaréné 5 carènes, droites, parallèles, ne formant pas de fer à cheval. Abdomen endommagé. Pattes , moyennes, delà forme ordinaire: trois épines latérales aux tibias postérieurs. Ailes supérieures, comme dans les Dichopteres , qui sont d'ailleurs assez distantes sous les autres rapports. Pan discoïdal, également biparti. Avant-disque, plus éle- vé, sans nervures anaslomostiques, n'ayant qu'un petit nombre de grandes cellules longitudinales comprises entre les premières ramifications des nervures princi- pales. Arrière-disque, à niveau plus bas, réticulé; réti- culation assez serrée, à cellules carrées ou quadrangu- laires. Nervure transversale qui sépare les deux portions du pan discoïdal, assez saillante, un peu moins brisée que dans les Dichopibres, et rejoignant le cubitus un peu plus en avant du point où celui-ci communique avec W radius. r,lH ANNNALFS Espèce unique. MOIS'OPSIS TABIDA, Mihi , pi. i , fig. IV. Des Étals-Unis de l'Am.-Sept. — Mâle de la collection de M. Servi lle. Long. , 5 lignes ; larg. , 1 ligne ; long, de l'aile supé- rieure, 4 lignes. Couleur générale du corps, des pattes et des ailes, testacé pâle. Tube anal , coudé et penché en bas : ouverture posté- rieure , entière, oblongue, coupée très obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. VC 16. G. Elidiptera, Mihi. Teie , protubérante. Protubérance céphalique , composée des mêmes pièces que dans les quatre genres précédents, peu avancée, n'étant jamais plus longue que le front proprement dit. Face frontale , étroite, allongée , oblique, ascendante, plane ou convexe selon les espèces, se rétrécissant insen- siblement de bas en haut, sans traces d'une division quelconque en trois facettes, mais souvent divisée en deux parties égales par une ligne élevée qui part du som- met et qui n'atteint pas la base; celle-ci, échancrée. Sommet, se confondant avec celui de la face verticale. Faces latérales , nulles , et remplacées sur les côtés de la protubérance par un prolongement des joues , finissant en pointe et n'atteignant pas le sommet de la tête. Face verticale, horizontale, plane, ne paraissant con- cave qu'en raison de l'élévation de ses bords , en trapèze rétréci en avant. Arête qui la sépare de la face frontale ou bord antérieur de la tête , plus ou moins anguleuse ; sommet de cet angle, étant aussi celui de la tète. Vertex DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ~Q?> proprement 'dit, excessivement court, ses angles poste- rieurs, aboutissant à une très petite distance en arrière du bord antérieur des yeux à réseau. Derrière de la tète, en un plan très oblique. Feux à reseau, ronds ou ovales, et alors notablement prolongés en arrière au-delà du bord postérieur de la tète, en contact immédiat avec le prothorax. Tubercules sub-oculaires, nuls. Un ocelle de chaque côté , au-dessous de l'œil. Antennes, retirées dans tous mes exemplaires; massue du second article étant seule apparente : celle-ci, diffé- rente dans les différentes espèces. Abdomen, large , d'une convexité moyenne ; dos , ca- réné. Ailes supérieures, penchées en dehors, pendant le repos; pan externe, souvent un peu relevé, et se rappro- chant du pan horizontal. Pan discoïdal , n'étant ni rétréci , ni biparti. Première nervure discoïdale, partant du radius, comme dans les Monopsides et dans quelques Dyctiophores. Bord interne de l'aile, faisant un angle à l'extrémité postérieure du post-cubitus. Il s'ensuit que l'extrémité du pan discoïdal est dilatée, sans se relever en haut, que son bord interne dépasse nécessairement la ligne médiane du corps, lorsque les ailes sont retirées , et qu'il doit y avoir croisement des deux arrière-disques. Pattes , moyennes, assez fortes. Une seule épine laté- rale aux tibias postérieurs. Espèces. / G 4. Elidiptera callosv, N. sp. ? pi. 6, fig. II. J/ Du Brésil. — Femelle envoyée par M. Buquet. Long., 5 lignes 412 9 larg. , 1 ligne \ 2. Long, des ailes supérieures, 4 lignes. Vin. 20 30G AN.NALKS Massue du second arlicle des antennes , sans granula- tions, cylindrique et allongée. Face frontale, arquée et convexe; arêtes minces et tranchantes s celle du milieu , effacée à certaine distance de la base. Face verticale, presque aussi large que longue, faisant un angle pres- que droit avec la face frontale : bord antérieur, arrondi ; ligne médiane, élevée, atteignant les deux bords oppo- sés. Angles postérieurs , aboutissant au devant des yeux. Vertex proprement dit , nul. Yeux à réseau , ronds ; six échancrures post-oculaires, moyennes. Dos du protho- rax, plus long proportionnellement que dans les autres congénères. Lobe médian, plus large que long , anté- rieurement arrondi; arête dorsale, large, peu élevée , effacée eu avant; bord postérieur, fortement rebordé , largement échancré ; angle de l'échancrure, très obtus. Arêtes du mésolhorax, larges, aplaties, droites, paral- lèles; l'intermédiaire n'atteignant pas la pointe posté- rieure. Carène du chaperon, ne commençant qu'à une certaine distance de la base du front. Pan externe des ailes supérieures, dilaté. Radius, arqué. Un gros callus, épais, convexe, arrondi en avant, tronqué eu arrière, sur l'arrière-disque , vers le milieu de sa largeur, et aux deux tiers de sa longueur. Aile, froissée, et plissée der- rière le callus. Couleurs. Corps, antennes et pattes, blanchâtres. Deux bandes longitudinales sur le haut de la face frontale, deux petites taches sur la verticale, deux autres sem- blables sur le lobe médian du prothorax, deux lignes transversales vis-à-vis des échancrures post-oculaires, dix autres taches en trois lignes transversales 4 ,4 et 2 , sur le dos du*mésothorax, noires. Ailes supérieures, né- buleuses, variées de gris et de blanchâtre. Callus, noir, brillant , entouré de blanc. Un petit point noir, un peu DE LA SOCIETE ENTOMOI.OG1QUE. W3 en arrière du callus. Ailes inférieures, blanches, opaques, extrémité hyaline. J 2. Elidiptera advena, Gêné , pi. 6, fig. III. Sardaigne, recueillie par M. Gêné. — Mâle de mon cabinet , femelle communiquée par M. Gêné. Formes de la précédente 5 plus petite. Massue du second article des antennes , granuleuse , en ovale oblong. Face frontale, plus étroite -.arête médiane, atteignant la base du front. Bord antérieur de la tête, anguleux. Sommet, avancé sur la face frontale. Face verticale, deux fois au moins plus large que longue. Deux fossettes triangulaires, aboutissant aux angles postérieurs, séparées par l'arête médiane qui se dilate en avant, en formant un triangle dont la base se confond avec le bord antérieur de la tête, et dont le sommet est au milieu de son bord postérieur. Prothorax , comme dans la Callosa , un peu plus court $ échancrure du bord postérieur, un peu moins obtuse. Un petit point calleux , rond , sur l'arrière-disque , aux trois quarts de sa longueur, à peu de distance de son bord extérieur. Ailes n'étant ni pliées, ni froissées , derrière le point calleux. Les douze premières cellules marginales et extérieures de l'arrière-disque, ayant une grande tache oblique et opaque; nervures intermédiaires plus élevées que celles du reste de l'aile : les trois ou quatre cellules suivantes , ou marginales postérieures, ayant au milieu un petit point élevé et calleux. Couleurs. Testacé , très pâle. Points calleux, taches obliques des cellules marginales, noirs. Quelques taches d'un testacé plus foncé , sur les nervures longitudinales. Ailes inférieures . blanc de lait opaque. Dans le maie, la sixième plaque ventrale est en dessous profondément biéchanerée. Les échaucrures sont dis- 30S ANNALES tantes et arrondies. Le processus intermédiaire est large, aplati , entier. Les branches de l'armure copulatrice sont très écarlées , minces, foliacées, en ovale oblong. ])ans mon exemplaire, l'extrémité postérieure de la verge est en évidence. Elle a , en dessus , une longue fente lon- gitudinale. Elle semble très déprimée , et ses bords laté- raux paraissent comme ciliés ou frangés. 11 est malaisé dedeviner jusqu'à quel point les formes primitives ont été changées par le dessèchement. Le tube anal est caché entre la verge et les ailes croisées ; il faudrait mutiler cet individu pour juger de sa forme. Dans \a femelle, les écailles vulvaires sont très écartées à leur origine; elles sont minces, peu convexes, en ovale oblong et transversal. Elles se rejoignent en dessous, sur la ligne médiane , où elles enveloppent l'extrémité postérieure de l'oviscapte, qui paraît avoir beaucoup de largeur et d'épaisseur, proportionnellement à/sa lon- gueur. Le tube anal m'a paru semblable à celui des Dyct. Pannonica et Europœa du même sexe. ° 5. Elidiptera Genei. N. sp.? Italie supérieure. — Une femelle prise à Saint-Didier, sous l'écorce de sapin, au commencement d'août, com- muniquée par M. Gêné. Très voisine de la précédente, dont elle est cependant bien distincte. Elle en diffère par la face frontale, plus courte, plus large à sa base, et absolument plane, comme dans les deux espèces suivantes, faisant un angle plus aigu avec la face verticale; parles dimensions de celle-ci, qui est plus longue que large; par la ligne médiane en- foncée en sillon et non élevée en arête; par l'arête dor- sale du prothorax, n'atteignant pas le bord antérieur; par l'oblitération des trois arêtes dorsales du m éso thorax: m LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ^>09 par le bord externe des ailes supérieures, moins arqué; parleur pan externe, plus étroit et n'étant pas plus large que dans les Dyctiophorcs et dans les Monopsides ; par l'absence des points calleux sur l'arrière-disque, et enfin par la teinte unicolore et testacée de tout le corps, des ailes, des pattes et des antennes. 4. Elidiptera margimcollis. N. sp.? pi. (j. fig. IV. Sicile. — Mâle de mon cabine», envoyé par M. Giton- MAXN. Long., alignée 1/2; larg., 2/'51igne; long, des ailes su- périeures, 2 ligues 1/2. Massue du second article des antennes, granulée, glo- buleuse, en sphéroïde un peu allongé. Face frontale, plane , ascendante , faisant avec la face verticale un angle aigu qui n'a pas plus de 90°. Front propremement dit n'étant pas plus long que la portion de la face qui fait partie de la protubérance cépbalique. Arête médiane, épaisse, peu saillante , diminuant d'épaisseur d'avant en arrière, n'atteignant pas la base du front. Face verticale, an moins trois fois plus large que longue, sans arête mé- diane, très concave, et paraissant même sillonnée longi- tudinalement ; bords latéraux, dilatés, relevés perpen- diculairement, minces et tranchants. Yeux à reseau, en ovale plus allongé que dans les trois espèces précédentes. Arête médiane du chaperon ne commençant qu'à une certaine distance de la base. Lobe médian du prothorax, étroit , acuminé : bords latéraux semblables à ceux de la face verticale, dilatés, minces, tranchants et relevés en haut. Prothorax, très court. Cette espèce, qui diffère beaucoup de la précédente par tous les caractères que nous venons d'exposer , s'en rapproche d'ailleurs par la forme des autres parties du corps, et notamment par le r,|() ANNALES radius, moins arqué, par le pan externe des ailes supé- rieures et par l'absence des points calleux à leur extré- mité. Dans le mdle y la sixième plaque ventrale a en dessous deux échancrures profondes, arrondies et distantes. Le processus intermédiaire est large, plan, rétréci en ar- rière, bilobé à lobes divergents et arrondis. Les branches de l'armure copulatrice, comme dans le mâle dcYJdvcna. Extrémité postérieure du pénis, également à nu dans mon exemplaire , mais en meilleur état, n'étant ni com- primée, ni frangée ou ciliée 5 la fente longitudinale éga- lement reconnaissable en dessous. Le tube anal est long, étroit, sans rebords, un peu aplati, faiblement convexe en dessus, plan en dessous, insensiblement courbé en bas , mais non coudé : ouverture postérieure , un peu oblique, en ovale transversal, entière. Couleurs. Antennes, pattes, tète et poitrine, blan- châtres. Une bande transversale à l'extrémité du chape- ron , une autre semblable à la base du front , deux autres longitudinales sur les prolongements des joues faisant partie de la protubérance céphalique, obscures. Ailes su- périeures et dos du corcelct, gris-brun, avec quelques marbrures plus claires : rebords tranchants du lobe mé- dian du prothorax, blanchâtres. Ventre, gris, avec quel- ques taches blanchâtres latérales. Ailes inférieures, ob- scures, unicolores. 5. Elidiptcra cikcticlps. A r . sp,? Sénégal. — Femelle, collection de M. Seuvili.e. Long., 5 lignes: larg., 1 ligne 1/5; long.de l'aile supé- rieure, 4 lignes 1/2. Indépendamment de la taille, plus grande, et de la plus grande longueur relalive des ailes supérieures , celle DE LA SOCIÉTÉ EN TOMO LOGIQUE. 7A 1 espèce, d'ailleurs plus voisine de la précédente que do toute autre, en diffère encore par l'absence totale d'une arête médiane sur la face frontale } par la protubérance céphalique, plus courte^ par le prolhorax,un peu plus long; par les bords latéraux de son lobe médian , non relevés en lames tranchantes; par les trois arêtes dorsales du mésothorax, également saillantes, droites et parallèles; et enfin par la distribution des couleurs. Corps , antennes et pattes, pâles ou blanchâtres. Une large bande, partant du sommet de la tête, s'étendant de chaque côté sur les joues et sur les flancs du thorax jus- qu'à l'origine des ailes supérieures, noire. Arêtes du mé- sollmrax, bordées; anneaux du ventre, tachetés de la même couleur. Quatrième sous-famille des Fllgoiutes. ClXIOÏDES. M. G. Pii.'ENax, Germar. Tète, sans protubérance. Pièces principales du télraèdre céphalique entières et distinctes, mais sans aucun renfle- ment, couchées à plat et séparées entre elles par des ca- rènes très saillantes. Front, ascendant, oblique , renversé en arrière sur le dos de la tête, se rétrécissant insensiblement de bas en haut : angles basilaires très dilatés , formant une espèce de pli et embrassant le chaperon. Base, droite. Division en trois facettes, bien prononcée par des arêtes intermé- diaires aussi élevées que celles qui séparent les quatre pièces principales du tétraèdre céphalique. Facette médiane, composée de deux parties : l'une inférieure, eu triangle , dont la base adhère à celle du 312 ANNALES Iront, et dont le sommet ouvert répond à peu près à un tiers de la hauteur de celui-ci , concave et sans carène longitudinale $ l'autre supérieure, occupant le milieu du Iront , en ovale oblong, fermé en haut et ouvert en bas, traversée par une arèle longitudinale qui part du sommet supérieur et qui n'atteint pas l'ouverture inférieure. Facettes extérieures , concaves , un peu relevées obli- quement en dehors, resserrées d'abord entre la facette médiane et les bords latéraux , s'étendant ensuite au-des- sus de la première , entre elle et le vertex , sur le dos de la tête:, nettement séparées par l'arête longitudinale qui va du sommet du vertex à celui de la tête; divisées vers le haut en deux branches par une arête qui descend d'a- bord eu ligne droite du vertex, et qui se courbe ensuite parallèlement à l'ovale de la facette médiane dont elle se rapproche , et autour de laquelle elle disparait. Faces latérales, nulles. Vertex, plan, en trapèze un peu rétréci eu avant, divisé en deux parties égales par une arête longitudinale saillante. Chaperon, peu convexe; carène médiane, saillanleen côte arrondie, et allant de la base à l'extrémité^ arêtes latérales, dilatées en dehors; angles basilaires , arrondis et embrassés par les angles basilaires du front. Joues , étroites , concaves , surtout au dessous des an- tennes , à cause de la dilatation majeure des angles basi- laires du front. Yeux à réseau , moyens, ronds; tubercule sub-oculaire, visible à l'angle postéro-externe. Un petit ocelle de chaque côté, au dessous de l'œil a réseau. Antennes , insérées au centre d'un tubercule anleu- naire, peu élevé, mais assez grand pour recevoir tout le DE LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIQUE. r,I5 premier article et la lige du second. Massue de celui-ci , granulée , globuleuse et semblable à un sphéroïde irrégu- lier, aplati au pôle inférieur et un peu allongé au pôle supérieur, qui est creux , et qui reçoit le troisième article, très petit, à l'ordinaire; le quatrième, en soie très déliée: elle m'a paru proportionnellement plus courte que dans les autres Fulgorelles. Corps, large, épais et un peu déprimé, à peu près comme dans les Fulgoroïdes , et beaucoup moins que dans les Lyslroïdes. Lobe médian du prothorax , beaucoup plus large que long : bord antérieur très faiblement arqué, presque droit au milieu ^ angles extérieurs, effacés. Six échan- Ci ures post-oculaires, arrondies et rentrantes. Arête médiane, en côte arrondie, n'atteignant pas le bord pos- térieur. Les deux fossettes ordinaires , apparentes et punctiformes. Arêtes latérales, tout à fait dorsales , diri- gées obliquement des angles extérieurs du lobe médian aux angles postérieurs du prolhorax. Pièces extérieures du tergum, étant entièrement visibles en dessus. L'abdomen est très difficile à observer. Les femelles, le seul sexe que j'aie vu , sont presque toujours envelop- pées dans une épaisse fourrure cornéo-cireuse qui nous dérobe toutes leurs formes. En cherchant à dépouiller les individus desséchés de cette parure étrangère, il est difficile de ne pas enlever quelques unes des pièces pos- térieures, qui sont d'une grande fragilité. Le tube anal , par exemple, se détache très aisément. De quatre femelles que j'ai eues sous les yeux , aucune ne l'a conservé. M. Burmeister en a donné une figure qui est censée vue en dessus ; voyez Burni , Ger. ins. , llliyng. , Gk-Lyslra, lig. II. Celte figure laisse beaucoup à désirer ; je crois qu'elle représente la femelle, quoique l'auteur la rapporte :,i i annai.es aumàle. La forme du tube anal, qui cstaplali,ailéetdilalé, me semble venir à l'appui de ma manière de voir. Quoi qu'il en soit, ne connaissant pas de véritables mâles, voici ce que j'ai remarqué dans toutes les femelles : Le dos et les trois premiers anneaux du ventre sont a peu près de la forme ordinaire ; le quatrième commence à être largement et profondément échancré en rond ; le cinquième , deux fois au moins plus long que large , est profondément échancré en angle très aigu. Le sommet de cette échancrure est si rapproché de la base , qu'il est souvent caché parlebord postérieur du quatrième anneau, i alors la plaque semble fendue en deux parties égales , ce qui n'est pas rigoureusement vrai. Les bords internes de l'échancrure ont un pli qui peut aussi induire en erreur, et qu'on pourrait prendre pour la suture de deux anneaux. Le sixième est réellement fendu , comme dans toutes les Fulgorelles du même sexe. Mais ces deux divisions, comprimées dans le sens de la longueur, sont trèsétroites,elrejetécsenarrière.Lesappendicesinternes ou les étuis de l'oviscapte séparés sont, à l'origine, étroits et allongés; ils s'élargissent un peu d'avant en arrière, vers les deux tiers de leur longueur, ils ont un petit tuber- cule mamelonné, et au delà, jusqu'à l'extrémité, un petit sillon longitudinal. La portion de l'appendice qui est en dehors de ce sillon se dilate peu à peu , et prend, vers l'extrémité, la forme trompeuse d'une écaille vulvaire aplatie et horizontale. Les véritables écailles vulvaires font saillie en dessous , derrière les lobes externes de la sixième plaque, et se dirigent obliquement en arrière; «.lies sontcourtes, quadrangulaires, convexes en debors, creusées en dedans, et elles embrassent l'cxlrémilé de l'oviseai'te. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7Ali Pattes, de la forme ordinaire; six épines latérales aux tibias postérieurs. Innervation des ailes supérieures , comme dans les Fulgoroïdes , et très différente, en conséquence, de celle de toutes les autres Cixioïdes. M. BuKMEiSTEu a établi un rapprochement entre le (i. Phœnax et son G. Lystra , qui est probablement plus étendu que celui que j'ai conservé sous le même nom. Je ne sais pas si ce rapprochement est bien rationnel , il est dumoins certain que la comparaison des deux têtes ne le justifie pas celles ne sont pas composées du même nombre de pièces. Ces faces latérales , qui existent toujours dans les vraies Lystroïdes , ont entièrement disparu dans les Phœnax. Les pièces qui restent n'ont pas subi les mêmes lois dans leur développement respectif. Dans les Lystroïdes, il y a eu empiétement d'une pièce sur l'autre, du front sur les faces latérales et sur le vertex , de la facette médiane sur les facettes extérieures : les pièces comprimées, ou refoulées, se sont creusées , ridées ou plissées ; leurs sutures avec les pièces voisines sont deve- nues des sillons enfoncés. Dans le Phœnax , il n'est ar- rivé rien de semblable : les pièces ont été moins nom- breuses, parce que le type primitif était différent; mais chacune est restée à sa place , et elle y a pris tout le déve- loppement dont elle était susceptible. En effet, toutes les sutures intermédiaires sont , ou des côtes élevées , ou des arêtes saillantes : or, on sait que les saillies des sutures ont lieu lorsque les deux pièces qui se louchent, crois- sant indépendamment l'une de l'autre, continuent à croître de même après avoir été touchées et réunies. 31 G ANNALES Espèce unique. '' Piixxax iviiïiculata , Gcrm. , Re\>. de Silbermarui , !. 1 er , p. 175. Burm., trad. manuscr., p. G7. Eumalliavariegala, Guérin, Voy. de M. Bellangcr , p. 451. Fulgora variegala, Encycl.ins., t. X, p. 575, n°451. La grande Cigale bigarrée , Stoll. , Cig. , p. 45, pi. 9 , fig. 45. Du Brésil. — Deux femelles de mon cabinet, une troi- sième de la collection de M. Guerin, une quatrième com- muniquée par M. Geivé. La Fui*, sanguinea, Encyel. , loc. cit., n° 51 , ou la Cigale à tôle obtuse , Stoll. , Cig. , p. 52, pi. 5, fig. , 25, serait-elle de ce genre? M. Buiimeister parle aussi de deux Lystres qui me sont inconnues , et qui lui semblent voisines des Pkœnax, les Lyslr. multiguttata et auricoma, Burm. 18. G. Cladodii'tera, Mihi. Tcte , sans protubérance. Fioul , quadrangulaire , presque aussi long que large , sans traces de division en trois facettes, sans arête mé- diane, ascendant presque verticalement, un peu renversé en arrière, séparé du vertex par une arête transversale qui est plutôt supérieure qu'antérieure. Faces latérales, nulles. Vertex, plan, horizontal, deux ou trois fois plus large que long. Base du front , largement écliancrée. Chaperon , court , peu convexe ; arêtes latérales , peu saillantes et nullement dilatées ; arête médiane, nulle; DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. "17 côtés verticaux, plus hauts que dans les genres voisins. Rostre, ne dépassant pas l'origine des pattes posté- rieures. Arêtes qui séparent les joues et le front, ne faisant pas saillie sur le front , mais simplement dilatées au dehors et au-dessus des joues. Celles-ci, très courtes , et cachées en partie par l'arête qui les sépare du front. Veux à réseau, très grands, oblongs, obliquement transversaux , occupant toute la région supérieure des joues, prolongés en arrière bien au delà du vertex, étant en contact immédiat avec le bord antérieur plus que dans toute autre Fulgarite. Un ocelle très petit, de chaque côté, placé entre l'œil et l'arête , plutôt qu'entre l'œil et l'antenne. Massue du second article des antennes, granuleuse, épaisse, sub-cylindrique; extrémité, tronquée. Dos du prothorax, plan, sans arêtes dorsales. Lobe médian, large, antérieurement arrondi; six échan- crures post-oculaires, insensiblement et largement ren- trantes; bord postérieur, largement et très faiblement éehancré. Dos du mésothorax , sub-triangulaire, scutelliforme. abdomen,, oblong, assez large; convexité moyenne; dos des segments intermédiaires, élevé en carène. Ailes supérieures , oblongues. Radius , droit à par- tir de l'origine jusqu'aux trois quarts de la longueur de l'aile. Pan externe , étroit. Deux nervures discoï- dales , partant immédiatement du bord postérieur de la cellule basilaire. La première , ayant l'origine com- mune avec le cubitus. Point de nervures anastomosti- ques transversales; point de cellules quadrangulaires dis- posées par rangées. Toute l'innervation consiste dans les ramifications diehofomesel longitudinales des nervures principales, et toutes les cellules sont étroites, allongées, et ayant leur angle antérieur, celui dont le sommet est tourné vers l'origine de l'aile, toujours plus ou moins aigu. Pattes , moyennes 5 fémurs anU rieurs , droits , compri- més; arête interne , lamelliforme; tibias, minces et allongés; quatre épines latérales à ceux de la troisième paire. Espèce unique. ClADIDOPTEUA MACROPnTHALIUA, N.sp.1 pi. 4, t. I. Du Brésil. — Femelle de mon cabinet, envoyée par M. BUQUET. Long., 4 lignes 1 2; larg., 2 lignes. Envergure des ailes, 11 lignes. Un pli transversal sur le front, un peu au dessus de la base. Deux petites cavités rondes, et à front membraneux , sur le verlex, comme celles des Aphenes. Trois lignes élevées, droites et parallèles, sur le dos du mésotborax. Couleur générale du corps, le gris-rougeâtre varié de noir. Les teintes rougeâtres sont plus fortes sur le dos de l'abdomen j le noir domine sur le front , sur le chape- ron , et sur la poitrine. Une large bande d'un blanc un peu verdàtre, s'élargissant insensiblement d'avant en arrière, parcourt sans interruption la base du front et les tlancs du thorax. Ailes, vitreuses ; nervures saillantes, noires et entourées de noir. Les quatre pattes antérieures, noires ; une grande tache blanche sur les tibias, un peu au-dessus de l'extrémité tarsienne ; pattes postérieures , grisâtres. Dans celte Jemelle , les deux appendices internes de la sixième plaque ventrale s'enfoncent, presque dès leur DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 7,10 origine, sous les écailles vulvaires, qui sont grandes, très rapprochées , extérieurement convexes et ovalaires. Le tube anal est droit, sans rebords latéraux, convexe en dessus, plan en dessous, en demi-cylindre allongé, et aplati ; ouverture postérieure, entière , coupée oblique- ment de bas en haut et d'avant en arrière. 49. G. Achilius, Kirby. Tête , non protubérante, formée des mêmes pièces que dans les Cladidoptercs , mais dans des proportions bien différentes. Front, beaucoup plus long que large, se rétrécissant insensiblement de^bas en haut, remontant un peu sur le dos de la tète, sans aucune trace d'une division en trois facettes, mais étant divisé en deux parties égales par une arête médiane et longitudinale. Faces latérales , nulles. Vertex, plus large que long, bifovéolé Bord anté- rieur , anguleux; son sommet se confondant avec celui de la tète. Base du front, profondément échancrée, mais si peu prononcé, que le front et le chaperon semblent continus. Chaperon, ayant une carène médiane qui continue celle du front. Lobe médian du prothorax, peu avancé, plus large que long; bord antérieur, arrondi, épais ; échancrures post- oculaires , peu rentrantes , et n'étant pas remplies par les yeux à réseau, qui sont moyens, ronds , et peu proémi- nents en arrière au delà des angles postérieurs du vertex. Prothorax , d'une longueur moyenne ; son bord anté- rieur, ne permettant pas à la tête de glisser au-dessus de lui en se redressant ; son bord antérieur étant largement et faiblement échaucré ; échancrure, non anguleuse. 7r20 ANNALES Dos du mésothorax , plus large que long, sub-lriangu- laire, scutelliforme. abdomen, ovale et déprimé. Dans les femelles , les parties génitales sont sur le même type que dans les gen- res précédents. L'extrémité de l'oviseapte est pareille- ment enveloppée par les écailles vulvaires. Ailes supérieures , non réticulées ; cellules de l'extré- mité, n'étant ni carrées, ni quadrangulaires. Première nervure discoïdale sortant du cubitus , à peu de distance de la cellule basilaire. Pattes, de la forme ordinaire. Une seule épine latérale aux tibias postérieurs. Ce genre avait été proposé par M. le doct. Kirby dès 4810. On apensédepuis qu'il fallait leréunirauG. Cixius. Je l'en crois très distinct: 1° Par l'absence de tout rudiment des faces latérales: 2° Par le rebord antérieur du protborax, qui ne per- met pas à la tête de glisser au-dessus de lui ; 5° Parla forme du dos du mésothorax, qui n'est pas en rhombe plus long que large; 4° Par l'origine de la première nervure discoïdale, plus éloignée de la cellule basilaire 5 { 5° Par les tibias postérieurs, qui sont uni-épineux ^ 6° Par la forme de l'oviseapte et des écailles vulvaires. Espèces. 1. Acninus flaihmeus, Kirby , Trans. of the Lond. Soc, t. XII, p. 475, pi. 25, fig. 15. Nouvelle -Hollande. —Femelle de la collection de M. SliRYILLE. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ?m s 2. Aciiilius bicinctus, N. sp.? pi. 7, fig. I. 1/ Àmér.-Mérid. — Femelle de la collection de M. Srcn- VILLE. Long. , 2 lignes ; larg. , l ligne 1/2. Longueur de l'aile supérieure, 5 lignes. Testacé-pâle; arêtes frontales, plus foncées Une grande tache noire près du sommet de la lête. Dos de l'abdomen et extrémité du ventre , noirâtres. Ailes supé- rieures, hyalines; nervures, saillantesel testacées; bord postérieur, noir; deux bandes transversales delà même couleur, l'une immédiatement derrière la cellule basi- laire , l'autre, un peu au delà du milieu, plus grande, en arc de cercle dont la convexité est tournée en avant. 20. G. Ugyops, Gucrin. Tête, sans protubérance et composée des mêmes pièces que dans les trois genres précédents. Front, étroit , beaucoup plus long que large, peu ré- tréci de bas en haut , peu renversé en arrière près du sommet, fortement caréné dans toute sa longueur. Iîase, droite. Vertex , plan , horizontal , peu rétréci en avant , ayant deux arêtes longitudinales ; bord postérieur, pro- fondément échancré ; échancrure, anguleuse. Chaperon, caréné dans toute sa longueur. Rostre , atteignant à peine les hanches postérieures. Joues , faisant avec le front un angle d'environ quatre- vingt-dix degrés. Yeux à réseau , grands, ovales, entiers, proéminents en arrière, bien au delà des angles postérieurs du vertex. Ocelles, nuls. vm. 2! 522 ANNALES Antennes, insérées très près et un peu au-dessous des yeux, presque aussi longues que la distanee du som- met de la tèle à la pointe postérieure du mésothorax , de quatre articles bien distincts : le premier, sub-cylin- drique ou très faiblement obeonique , très long, dépas- sant de beaucoup l'arête qui sépare les joues et le front , ne pouvant pas s'enfoncer entièrement dans la cavité du tubercule antennaire qui est large et court; le second, de la même forme et de la même grandeur que le pre- mier, granuleux , à granulations piligôres^ le troisième, très petit, inséré à l'extrémité du second; le quatrième, en soie longue et déliée. Proihorax , d'une longueur moyenne. Lobe médian, avancé au-dessus de la tète, dont la face postérieure est assez oblique; bord antérieur, acuminéj éebancrures post-oculaires, assez rentrantes; bord postérieur, lar- gement et peu profondément éebancré en arc de cercle. Dos du mésothorax , comme dans les Aéhities , plus large que long , sub-triangulaire, scutelliforme. Abdomen oblong, déprimé latéralement. Segments intermédiaires un peu élevés en carène. Ailes supérieures, comme dans les Achilies -.première nervure discoïdale, sortant immédiatement de la cellule basilaire au même point que le cubitus. Pattes, de la forme ordinaire : trois petites épines la- térales aux tibias postérieurs. Ce genre est un de ceux qu'on pourra ebanger de place à volonté, pourvu qu'on change l'ordre successif des caractères qu'on voudra employer. Il se rapproche des G. Delphax , Arœopus et Asiraca par la longueur des antennes , et il s'en éloigne par la grandeur de l'angle plan formé par l'intersection des joues et du front. Il se rapproche des Cixîes et des Plcctodères par l'innerva- DE LÀ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGTQUE. 323 tion des ailes supérieures et par les trois épines des tibias postérieurs. Il s'éloigne des premiers par l'absence des faces latérales , et de tous les deux par l'avancement du prothorax au-dessus de la tète. Espèce unique. Ugyops PERCnERONii, Giiérin. Voyait de Bellanger, pag. 478. Ugyops Percheronii, Guérin, Iconogr. du règne ani- mal, pi. 57. DelaCochincliine. Femelle delà Collection de M. Gué- rin. La carène médiane du front est sillonnée, à partir du sommet de la tête, jusqu'à la moitié de sa longueur. Le vertex a une fossette triangulaire près du milieu du bord postérieur. Il n'y a qu'une ligne élevée sur le prolho- rax. Il y en a cinq sur le mésothorax , droites , équidis- tantes et sub-parallèles. La médiane n'atteint pas la pointa postérieure. Les cinq premiers anneaux du ventre sont courts, postérieurement échancrés, et comme re- foulés en avant, sur la ligne médiane, par l'énorme dé- veloppement des pièces génitales. Ceci établit un rapport déplus entre les Ugyops et les genres voisins des Del- phax. Je ne saurais en dire davantage. L'individu de la Collection GuÉRiNn'est plus sous mesyeux au momentoù j'écris. 21. G. Cixius, Latr. Tcte, sans protubérance. Pièces du tétraèdre céphali- que , bien distinctes , séparées par des arêtes saillantes , mais couchées à plat, et sans aucun renflement, comme dans les Phénax. Front, plus long que large, se rétrécissant insensible- 524 ANNALES ment de bas en haut, sans (races d'une division en trois facettes, partagé en deux portions égales et symétri- ques par une aréle longitudinale qui va de la base jus- qu'au sommet. Base , profondément éebancrée. Faces latérales, toujours apparentes, différant en longueur et en largeur selon les différentes espèces. Vertex, plan, ne paraissant concave que parce que ses bords sont plus ou moins élevés. Sommet, ordinai- rement anguleux, se confondant quelquefois avec celui de la tête , le plus souvent communiquant avec celui-ci par une arête longitudinale qui sépare alors les deux faces latérales. Chaperon, ayant une carène médiane qui continue celle du front , et qui va de la base jusqu'à l'extrémité. Jones, étroites, verticales , planes, ne paraissant con- caves que parce qu'elles sont cachées en partie par l'arête qui les sépare du front. Feux à réseau, grands, ronds, proéminents en ar- rière, en contact immédiat avec le prothorax. Tuber- cule sub-oculaire, nul. Un ocelle de chaque côté, entre l'arête marginale et l'œil à réseau, vis-à-vis de l'angle inféro-interne de ce- lui-ci. Premier article des antennes et tige du second, pou- vant s'enfoncer dans la cavité du tubercule antennaire, dont les bords sont d'ailleurs peu saillants. Massue du second article, granuleuse, épaisse, plus longue que large, sub-cylindrique : extrémité tronquée. Troisième et quatrième articles, de la forme ordinaire. Prothoracc différent de celui de toutes les Fulgorelles précédentes, en ce qu'il ne s'étend presque pas en arrière en recouvrement du mésothorax , et en ce que son bord postérieur, presque parallèle à l'antérieur, est profondé- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Ô2S menl échancré : éehanerure en angle aigu. Le prothorax ne consiste plus qu'en son lobe antérieur. Il devient très court, et ses deux bords , effectivement très rapprochés , le paraissent encore davantage , parce que l'antérieur est plus ou moins couché en arrière, et ne s'oppose pas au renversement de la têle dans la même direction. Les arêtes longitudinales sont nécessairement très courtes^ la médiane est la seule qui reste , et encore s'efface-t-elle le plus souvent sous le repli du bord antérieur. Les deux autres ont disparu, et les pièces extérieures du tergum ne se distinguent plus de ses pièces intermédiaires. Le mésothorax , découvert en avant, est plus long que large , et en forme de rhombe. Les trois arêtes ordinaires subsistent toujours. Elles sont droites , parallèles , équi- distantes} les deux latérales ne convergent pas en avant pour former une espèce de fer à cheval. Dans quelques espèces, on voit de plus, entre la médiane et chacune des latérales , une autre arête semblable et parallèle aux trois autres^ L'abdomen est large et aplati 5 la carène dorsale mé- diane a une élévation moyenne. Le pan discoïdal des ailes supérieures est toujours penché en dehors. Point de nervures transversales pa- rallèles, toutes les anastomoses n'étant que des ramifi- cations quasi-longitudinales des nervures principales La ceilule basilaire est en triangle allongé. Il y a encore deux nervures discoïdales; mais la première part du même point que le cubitus, et ne se bifurque qu'après lui et après la seconde nervure. L'arrièrc-disque de l'aile est nettement limité, d'un côté, par une nervure oblique qui va du cubitus au radius, et de l'autre par la réu- nion immédiate du post-cubitus et du bord interne. En arrière de la nervure auaslomostique qui va du cubitus <"2c> ANNALES au radius, il y a souvent un espace, dont la forme et les dimensions varient selon les espèces, opaque et coloré. On l'a regardé comme un analogue du stigmate alaire des Hyménoptères. Ce rapprochement ne me semble pas admissible. Toutes les nervures ont au moins une, quelquefois deux rangées longitudinales de tubercules puncliformes et piligères dont la couleur tranche sou- vent avec celle du fond. Pattes, de la forme ordinaire. Deux ou trois épines latérales aux tibias postérieurs. M. Herrich-SchcTffer si- gnale la Minuta, Germar, comme la seule espèce de ce genre qui ait les tibias postérieurs mutiques. Je ne l'ai pas vue. Dans la femelle, les appendices internes de la sixième plaque ventrale sont longs, étroits, terminés en pointe, creusés intérieurement, et tels qu'ils doivent être pour former un oviscapte. Les écailles valvulaires ont exacte- ment la même forme 5 elles embrassent étroitement les deux autres pièces, et elles forment un second étui supé- rieur et extérieur. La pièce supérieure qui sert de sup- port acquiert en môme temps un haut degré de dévelop- pement; elle devient une lamelle ovale, transversale, presque perpendiculaire à l'axe du corps, échancrée fai- blement en dessous pour le passage du tube anal, plus profondément en dessous pour celui de l'oviscaple. Le tube anal est allongé, droit, cylindrique, un peu aplati, sans rebords latéraux, à ouverture postérieure perpen- diculaire et entière. Dans le mâle, la sixième plaque ventrale est inférieu- rement biéchancrée : échancrures profondes, arrondies, séparées par une dent spiniforme, plate et horizontale. Les deux branches de l'arme copulati ice peuvent se com- parer à deux feuilles engainantes, distantes à leur 01 i- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. T.27 gine, dilatées, arrondies et rapproeîiées à leur extrémité postérieure. Le tube anal, cylindrique et sans rebord, comme celui de la femelle, se recourbe en dessous pour défendre le pénis, et son ouverture postérieure, tou- jours entière, est coupée obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Ce genre contient plusieurs espèces européennes assez counues, telles que les Flata leporina , Germ. ; Fallida, flcrr.-Schœff.; Albicincta, Gcrin.\ Contaminata, id.; Stigjnatica, id.-, Ncrvosa, Fab. Voyez, pour les carac- tères spécifiques, et pour leur synonymie, H err.-Schœff., Nomencl. entom., 1" cahier, pages 05 et 105. Toutes celles que j'ai vues ont leurs faces latérales plus larges que longues. Elles sont, au contraire, plus longues que larges dans l'espèce suivante. Cixius Servillei, N. sp.t Patrie inconnue. Une femelle de la collection de M Serville. Un peu plus grande que le Cixius nervosus [Flata), Fab. Arête longitudinale du front un peu dilatée au som- met de la tète. Arête qui va de ce point au sommet du vertex, canaliculée dans toute sa longueur. Faces latérales deux fois plus longues que larges, en triangle tel que le sommet postérieur est beaucoup plus aigu que l'interne. Vertex très acuminé en avant et entre les faces latérales, à rebords très élevés, ce qui le fait paraître très concave: arête médiane effacée. Échancrure postérieure de la tète en angle aigu. Dos du mésothorax tricaréné. Une seule rangée de points élevés, moyens, équidistants sur toutes les nervures : ceux du radius sem- blables auxautres. Couleur générale du corps et des pattes, testacé-pâle. 328 ANNALES Ventre , obscur^ bord postérieur des quatre premiers anneaux, blanchâtre. Ailes supérieures, hyalines; points élevés des nervures, deux larges bandes transversales et quelques taches irrégulières, noirâtres. Ailes inférieures, plus minces, transparentes et sans taches. 22. G. PlectodÈres, Mihi. Dans l'exposition des caractères de ce genre, je vais me borner à ce qui le distingue, à mon avis, du G. Cixius. Voyez , pour les autres détails, ce qui a été dit à l'article de celui- ci. Faces latérales de la tête, nulles. Front, renversé en arrière, remontant au-dessus de la tète , bien plus sur les côtés que vers le milieu, étant encore plus long que large, mais moins que clans les Cixies , et ne se rétrécissant pas sensiblement de bas en haut. Prothorax, penché obliquement en avant ; bord anté- rieur, sans rebord , enfoncé au dessous de la tête; bord postérieur, mince, élevé, seul apparent, en sorte que le prothorax n'est visible en dessus que sous les apparences d'un pli transversal et tranchant. Arrières-disques des deux ailes supérieures, croisés pendant le repos , comme dans les EUdipteres. Point où le post-cubitus rejoint le bord interne, étant beaucoup plus près de l'origine que celui où le cubitus s'anasto- mose avec le radius. Ligne de séparation entre les deux portions du pan discoïdal, très oblique de dedans en dev hors , et d'avant en arrière. Lne seule épine latérale aux tibias postérieurs. Appareil génital extérieur de le femelle, comme dans Je G. dchiUus. DE LA SOCïÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 529 Espèce unique. Plectoderes coijlaris, Mihi , pi. 6, fig. V. )/ Flata colla ris, Fab. , Syst. Rhyng. , 53, 42. Cayenne. — Femelle recueillie par feuBAivo^, com- muniquée par M. Gêné. 25. G. Delphax, Fab. Ce genre, et les deux qui le suivent immédiatement, forment, dans les Cixioïdes, un petit groupe bien dis- tinct. Nous les réunirons sous le nom de Delphacoïdes. Leur caractère essentiel réside dans l'angle que font entre eux les joues et le front. Au lieud'ètre droit, comme dans les autres Fulgorites , il est plus ou moins obtus ; il y a mêmecertainesespècesoù son ouverture est trèsgrande,et oùTinclinaisondesjouesestà peine sensible. Sous ce point de vue, les Delphacoïdes nous semblent les mo\nsfulgo- riformes de toutes les Fulgorelles. Ce sont elles qui l'ont le passage aux Tettigomètres et aux CicadeUaires. C'est par elles qu'il aurait fallu, ou commencer, ou finir, dans un travail qui eût embrassé tout l'ordre des Rhyngotes , et dans lequel le G. Fulgora aurait dû être au milieu de sa sous-tribu, ou le point central dont seraient partis , comme autant de rayons divergents , tous les autres gen- res qui s'écarteraient plus ou moins de ce type absolu pour se rapprocher, par différentes routes, des autres tribus ou sous-tribus voisines. Mais dans cet tssai, qui est essentiellement monographique, j'ai pensé qu'il y avait une autre marche à suivre, et qu'il fallait prendre le point central pour le point du départ, s'en éloigner pas à pas, et lui rattacher successivement tous les points de ia circonférence,. h^ femelles des Delphacoïdes ont, comme les Phœnax 550 ANNALES cl les Ugyops , l'origine de leur oviscapte très voisine de la base du ventre. Les plaques ventrales intermédiaires sont, ou tendues au milieu et divisées en deux lobes re- jetés sur les côtés, ou profondément échancrées et à échancrures très allongées. Uoviscapte est long , étroit , comprimé latéralement, un peu arqué, terminé en pointe émoussée. Au premier aspect, on pourrait le prendre pour une tarière en forme de sabre ; mais en l'exami- nant avec un peu plus d'attention, on reconnaît qu'il est formé de quatre valves inermes , creusées du côté interne, propres à y ouvrir un passage aux œufs, mais trop faibles pour entamer les corps un peu durs. Les deux internes et un peu supérieures sont les appendices internes de la sixième plaque ^ les deux autres externes et un peu inférieures, sont les analogues des écailles vul- vaires. Ce mode de conformation est semblable à celui que nous avons observé dans les Cixies ; mais la por- tion du sixième segment inférieur dont se détachent les écailles vulvaires, au lieu d'être perpendiculaire à l'axe du corps , est renversée à plat sous le ventre , au-dessus de l'oviscapte. Il s'ensuit que l'abdomen peut redresser ses segments postérieurs durant l'accouplement , et que le tube anal devant être entraîné par ce mouvement, il n'a pas besoin d'être aussi long que dans les Fulgomllcs, où l'écarlement des derniers anneaux de l'abdomen est, ou nul, ou très borné. Dans les mâles , la grandeur de l'appareil génital et l'énorme allongement des dernières plaques ventrales, au moment de leur sortie, produit les mêmes effets. Aussi voyons-nous, dans les deux sexes de toutes les Delphacoïdes , le tube anal très court, dépassant à peine le dernier anneau, ayant une ouverture assez large, et coupée perpendiculairement. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 351 Les Delphacoïdcs diffèrent encore des autres Fulgo- rites , par l'échancrure inférieure de l'œil à réseau, par l'origine des antennes attiguë à l'œil au fond de cette échancrure, par la position de l'ocelle entre l'œil, et l'arête qui sépare les joues et le front, et enfin par la mobilité indépendante de l'épine apicale des tibias pos- térieurs. Revenons au G. Delphax. Tête , sans protubérance , assez large. Front, presque vertical de la base jusqu'aux yeux, et dans cet espace , au moins aussi long que large , renversé souvent en arrière et alors s'étendant un peu sur le dos de la tête, n'ayant le plus souvent qu'une seule carène longitudinale, en ayant quelquefois deux, qui produisent une espèce de division de la face en trois facettes. Facettes latérales , nulles. Vertex , plan, horizontal, plus ou moins long en raison inverse delà longueur du front; bord postérieur, peu échancré. Base du front , droite ou faiblement échancrée. Chaperon, avec ou sans arête médiane , selon les es- pèces. Rostre , ne dépassant pas l'origine des pattes posté- rieures. Joues, faisant avec le front un angle obtus, triangu- laire. Yeux à réseau, occupant tout le haut des joues, ob- Iongs, transversaux, proéminents en arrière, au delà des angles postérieurs du vertex; bord inférieur, échancré; échancrure aiguë. Un ocelle de chaque côté , entre l'œil à réseau et l'arête qui sépare les joues et le front , près de l'angle infé- ro-interne de l'œil. 332 ANNALES Antennes , dépassant l'arête qui sépare les joues et le front, mais n'étant guère plus longues que la tête, insé- rées dans l'échancrure des yeux assez loin du bord des joues , de quatre articles : le premier épais , obeonique, ne pouvant pas s'enfoncer dans la cavité du tubercule anlennaire; le second n'étant pas plus épais que le pre- mier, mais deux fois plus long, granuleux , cylindrique, tronqué à l'extrémité ; troisième, très petit, sortant de l'extrémité du second, où il peut se retirer entièrement; quatrième, en soie longue et déliée. Tubercule anten- naire, nul ou peu apparent. Prothorax , d'une longueur moyenne, ne pouvant ni glisser au-dessus de la tête, ni permettre à celle-ci de glis- ser au-dessus de lui. Lobe médian, plus large que long ; bord antérieur, arrondi; échancrures post-oculaires, insensiblement rentrantes; bord postérieur, droit , ou très faiblement échancré. Dos du mésothorax , sub-triangulaire , scutelliforme, et non en rhombe allongé comme dans les Cixies. Abdomen, n'ayant que les deux premières plaques ventrales visiblement entières. Aile s supérieures , oblongues , ne se croisant pas ; cel- lule basiliaire, ouverte en arrière, ou terminée par une nervure très peu apparente; première nervure discoïdale sortant immédiament du cubitus: point de réticulation proprement dite à cellules carrées ou quadrangulaires. Faites , de la forme ordinaire. Deux épines latérales, aux tibias postérieurs. Épine interne de l'extrémité tar- sienne, grande, denticulée eu dehors , creusée en dedans , mobile par elle même. M. Herricb-Schœffer s'est servi d'une manière beureuse du nombre des arêtes frontales pourparlager le genre en deux divisions. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 533 V e Division. Front, unicaréné; arêle unique , plus ou moins sil- lonnée vers le haut du front. Rapportez à cette division : 1. Delphax limbata, Fab. Sjst. Rhyng.,&4 , 5. Delphax anceps, Germar. Mag., t. 4, pag. 105, n. 10. D'Allemagne, envoyée par M. Waltl; et de Sardaigne, communiquée par M. Gène. 2. Delphax tvotula, Germar. De Suède. — Une femelle de mon cabinet, donnée par M. Zetterstesdt à feu de Cristofori. M. Herrich- Schœjfer rapporte à cette espèce les Delph. striata et siria- lella de Fallen. 3. Delphax unicolor, Herrich-Schœf. Nom. Entom., pag. 6G, et Faun. ins. Germ., 145, 19. $ . De Sardaigne. — Une femelle communiquée par M. GÉlNÉ. Dans cet exemplaire, le ventre est testacé, comme le reste du corps ; devant de la tête, noir ; arêtes, pâles. Ne se- rait-ce pas la Delphax striala, Fab. Sjst. Rhyng.^ 84, 8? Mais M. HERRicn-ScH^FFER rapporte celle-ci à la Del- phax dispar, Zeti., qu'il caractérise par la phrase sui- vante , nervis dimidii apicalis prœserlim marginalis fuscis. Dans le nôtre , toutes les nervures sont également pâles. La synonymie de Fabricius présentera toujours des difficultés insurmontables, lorsqu'on n'aura pas le secours de la tradition. S'il eût donné moins d'importance aux accidents de couleurs, s'il eût décrit les formes avec un peu plus de précision, il nous aurait laissé moins d'embarras. 3"i ANNALES 4. DELrnAx pellucida, Mihi. Fab. Syst. Rhyng., 84, G. Dolphax pellucida, Germar, Mag., tom. 3, pag. 212, n.3. $. Delphax hémiptera , Zetterst., ins. Lapp., pag. 30G, n.4. Delphax pellucida, Germar, Mag., tom. 5, pag. 217, n.8. 9. De Provence et de Sardaigne — Envoyée par MM.Can- teineu et Gêné. Dans la femelle, les ailes inférieures sont quelquefois rudimcnlaires. On a eu tort d'en faire uue espèce dis- tincte. Dans le mâle, le noir domine davantage sur l'ab- domen et sur les ailes supérieures. 2 e Division. Front, bicaréné, et ayant des traces d'une division en trois facettes. Rapportez à celte division : 5. Delphax «icaritsata , Herr.-Schœf., nom. Eut. i, pag. 60 et 106. Delphax bicarinata, Faim. ins. Germ., 143,21. Allemagne. Je ne n'ai pas vu celle espèce en nature, mais si la figure de la Faun. ins. Germar est fidèle, comme je n'ai aucun motif d'en douter, elle diffère de la suivante, en ce que les deux arêtes frontales sont plus écartées près de la base que vers le haut du front. G. Delphax pteridis, Gêné. N. sp.? Sardaigne, sur les fougères.— Mâle et femelle, commu- niqués par M. Géivg. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 335 Femelle, long., 1 ligne; larg., 1/2 ligne. Mdîe, un peu plus petit. Arête médiane du chaperon, nulle. Arêtes du front, moins élevées et moins tranchantes que dans les espèces de la première division. Les deux du milieu , parlant de la base, rapprochées, droites, parallèles, effacées en haut vers le point où le front se renverse doucement en arrière et remonte sur le dos de la tête. Vertex, beaucoup plus large que long , bifovéolé: bord antérieur, arrondi; bord postérieur, très faiblement échancré. Trois arêtes dor- sales sur le prothorax; la médiane n'atteignant pas le bord antérieur; les deux autres commençant vis avis des angles postérieurs du vertex, un peu divergentes et effacées avant d'atteindre le bord postérieur. Disque du mésothorax, plus large que long : les trois arêtes dor- sales, peu élevées, droites, parallèles, écartées 3 les exté- rieures, très courtes ; l'intermédiaire, n'atteignant pas la pointe postérieure. Ailes supérieures, rudimentaires, opaques, coriacécs , à nervures effacées : bord latéral, renversé sur les côtés, un peu rebordé : bord postérieur, tronqué transversalement et dépassant à peine le premier anneau dorsal. Ailes inférieures, nulles. Couleur, variable. Var. a. $. Grise-testacée. Front, poitrine et pattes, plus clairs. Abdomen, plus foncé ; contour de l'ouverture du tube anal, blanc. Var. b. Ç. Grise-testacée, unicolore : le ventre seule- ment un peu plus foncé. Bords latéraux de l'abdomen et contour postérieur du tube anal, blancs. Var. c. £ . Ç . Noire : tête, dos du prothorax, antennes et pattes , testacé - pâle. Contour postérieur du tube anal, comme dans les deux variétés a et b. 53G ANNALES 24. G. Arjeopus. Mihù Ce genre ne diffère du précédent que par les caractères suivants. Échancrure inférieure des yeux à reseau , en fente étroite et aiguë. Origine des antennes, à l'entrée de cette fente, au lieu d'être au centre de l'échancrure, comme dans les Delphax. Antennes , plus longues que la tête et le prothorax pris ensemble. Le premier article , plus long que le second, aplati, comprimé, pubescentet non granulé, posé sur une tige membraneuse qui peut s'enfoncer dans la cavité antennaire, tronqué à son extrémité. Second article, de la même forme que le premier, également pubescent et non granulé, diminuant insensiblement de largeur vers l'extrémité; celle-ci portant le troisième article, qui est excessivement petit. Le quatrième , en soie longue et déliée. Cellule basilaire , nettement terminée en arrière par une nervure transversale bien prononcée. Première ner- vure discoïdale, sortant du sommet de l'angle postéro-in- lerne de la cellule , à une certaine dislance en arrière de la naissance du cubitus. Premiers anneaux du ventre, plus courts, plus refoulés en avant 5 origine de l'oviscapte , plus près de la base de l'abdomen. Espace unique. Ap.jEOPUS crassicornis, Mihi. Delphax crassicornis, .Ffl&. Sjst. Kkyrig. 83, 2. Asiraca crassicornis, Latr. Gen. Ins., tom. 3, pag.168. Citada crassicornis, Panz. Faun. ins. Germ.jasc. 3j, n. 18 et 19. Environs de Gènes ; assez rare. DE LA SOCIÉTÉ EXTOMOLOGIQUE. ">1 25. G. Asiraca, Latr. Ce goure diffère du précédent par les caractères sui- vants. Second article des antennes étant, à son origine, plus étroit que le premier, ne diminuant pas insensiblement de largeur 5 extrémité, tronquée en ligne droite. Troisième article, encore très petit, mais moins que dans les Arœopes, et visible aisément à l'œil nu. Les premiers anneaux du ventre, assez grands, en sorte que l'origine de l'oviscapte est visiblement distante de la base de l'abdomen d'un tiers ou d'un quart de sa longueur. Fémurs et tibias des deux premières paires , compri- més latéralement et lamelliformes ; ceux de la première, à plaques larges et ovales , ceux de la seconde, en lames étroites et effilées. Cellule basilaire, ouverte postérieurement $ première nervure discoïdale, sortant du cubitus , comme dans le G. Delphcc. Espèce unique. Asiraca clayicorws , Lat. Gen. ms iJt tom. 3,pag. 167, n. 1. Delphax clavicornis, Fab. Syst. Rhyng., 83, 4. Cicada clavicornis^ Coqueb.Illust., 1, 53, tab 8, fig. 7. Italie et Sardaigne. — Plus commune que X Arœopus crassicornis. V Asiraca cylindricornis , Latr., loc. cit., n. 2, n'ayant pas les pattes antérieures comprimées et dilatées, est pro- bablement un Arœopus. J'en dirais peut- être autant du Delphax cylindricornis, Fab., loc. cit., n. 5, si je le con- naissais mieux. vm. 00 AivjrojrcES. FAUNE ENTOMOLOGIQUE DE L'ANDALOUSIE; par M. Rambur, Docteur-Médecin. Chaque livraison contient 5 planches et 5 feuilles de textes. La quatrième livraison, comprenant une partie des Lépidoptères, est en vente chez Arthus-Bertrand. Prix de chaque livraison : 6 fr. GENERA ET INDEX MÉTHODICUS, LEPIDOPTERORUM EUROPiEORUM ; auctore Boisduval. Chez Roret, rue Haute-Feuille, 10 bis. A vendre, par suite du décès de M. Th. Roger, l'ou- vrage complet jusqu'à ce jour d'HiBNER, sur les Pa- pillons et les Chenilles d'Europe. S'adresser à M. Roisduval, chez lequel il est déposé. Errata. Tome VII , page 404, ligne 28, au lieu de. araignées , lisez .- chenilles. \ ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 330 ESSAI sur les Fulgorelles, sous -tribu de la tribu des CICADAIRES, ORDRE DES RHYNGOTES. Pau M. Maximii.ien Spikola. (Séance du 3 juillet 1830.) (Suite). \ B. 2 e Famille des FulgjûrÉllesL ISSITIiS. Arêtes qui séparent les joues et le front, ne se prolongeant pas sans interruption sur les cotés du chaperon. Tel est le caractère essentiel de la seconde famille des Fulgorellcs. Le chaperon des Iss it es peuX néanmoins avoir des arêtes longitudinales : il peut être divisé en plusieurs faces; mais ces facesetces arêtes ne sont pas des continua- tions de celles de la tête. Or, ce défaut de continuité me semble un fait de la plus haute importance : il nous ap- prend que le principe qui a présidé à la formation de toute la tête , dans les Fukprites, a cessé d'agir, dans les Issites, à une certaine distance des yeux, et qu'il ne s'est pas étendu aux parties les plus voisines de l'orifice oral. Cette différence dans le principe de formation peut nous faire entrevoir plusieurs autres différences de détail. D'abord, la tête doit être moins protubérante En effet, la protubérance céphalique a disparu dans la plupart des Issites, et, lorsqu'elle existe , elle est chez eux peu dé- vm. 23 340 ANNALES veloppée, et pour ainsi dire rudimentaire ; ses parois sont rarement un peu translucides , Je plus souvent opaques et colorées : on peut présumer qu'elle est rarement lumi- neuse. En second lieu , la tête doit être plus simple. En effet, les faces latérales ne reparaissent jamais dans les 'Issites. Le front est rarement divisé en trois facettes; le verlex recule peu à peu vers le bord postérieur, et finit par être, pour ainsi dire, absorbé par le front, qui se renverse et se prolonge en arrière. Dans ce dernier cas , la tête est arrivée à son plus haut degré de simplicité. Les Fulgorites ne nous en ont offert aucun exemple. Dans toutes les espèces de la même famille, nous avons vu les angles postérieurs du prothorax passer au-dessus des écailles alaires, et les couvrir en partie. Nous n'avons jamais vu ces écailles plus élevées que les régions voisines du prothorax. Il en est encore de même , dans quelques genres, de la seconde , et précisément dans ceux par les- quels nous allons commencer, parce qu'ils sont les plus voisins desFulgorii.es. Mais, dans un grand nombre d'au- tres Issites, le prothorax s'abaisse en face des écailles alai- res jet, comme celles-ci se maintiennent au niveau ordi- naire , elles sont visiblement plus élevées que les flancs du prothorax. L'affaissement latéral de ceiui-ci n'est lui- même qu'une conséquence du rétrécissement du corps : l'abdomen s'en ressent également 5 mais souvent il ac- quiert en hauteur ce qu'il perd en largeur. Son dos-s'é- lève en carène continue ou en crête dentelée; sa hauteur est alors en harmonie avec la position des ailes, durant le repos. Le pan discoïdal est penché beaucoup plus bas que dans les Fulgorites, et son plan, toujours oblique, se rapproche bien davantage du plan vertical. Nous n'avons pas vu dans les Fulgorites une nervure DE LA SOCIETE ENTOMÛLOGIQUE. .lil partant de l'origine des ailes supérieures , entre le radius et le cubitus. Nous la verrons pour la première fois dans la troisième sous-famille des Issues ; je l'ai nommée la sub-radiale, parce que, quand elle est distante du radius , elle communique continuellement avec lui, au moyen de plusieurs nervures transversales obliques et sub-paral- lèles $ et, quand elle en est plus rapprocbée , elle se con- fond avec lui vers l'origine, et l'on voit aisément qu'elle en est une division interne. L'accord du dessin des ailes avec leur inclinaison pres- que verticale , celui du rétrécissement du corps avec l'é- lévation des écailles alaires, m'ont engagé à rassembler tous les genres qui réunissent la plupartde ces caractères, et à en former une sous-famille, que j'ai nommée Flaloïde, en l'honneur du G. Flata, qui est le plus aneien et qui contient les plus grandes espèces. D'autres issues se dis- tinguent par une tête très comprimée latéralement , par le dos du corcelet plus long que large, et par les tibias postérieurs dépourvus d'épines latérales; j'en ai fait la sous-famille des Derboïdes, dont le type est le G. Derbe, Fab. Les autres Issues seront nos Issoides proprement dites. Première sous-Jamille des Issites. ? ISSOÏDES. 26. G. Mycterodùs, Mihi Ce genre diffère du G. Issus, auquel nous renvoyons pour de plus amples détails , par les caractères suivants. Télé, protubérante. Protubérance horizontale, formée par le prolonge- ment du front et du vertex. Facejrontale, ascendante obliquement, et de manière 3ii> ANNALES que sa coupe longitudinale dessine une ligne courbe dont la cavité est tournée en bas, nettement divisée en trois facettes, qui ne commencent cependant qu'à une grande distance de la base.Facetle médiane, occupant tout le front proprement dit, se rétrécissant eu triangle sous la pro- tubérance, et terminée en pointes. Facettes extérieures , en plan oblique, occupant les pansinféro-externes de la protubérance. Arêtes intermédiaires, élevées et arron- dies. Sommet de la facette médiane, distant de celui du verlex$ arête qui va de l'un à l'autre, interposée entre les deux facettes extérieures, droite, saillante et caréni- forme. Face verticale, horizontale , plane, continue, beau- coup plus longue que large. Vertex proprement dit, un peu plus large, n'étant séparé du reste de la face par au- cun trait transversal. Portion protubérante, formant un triangle isocèle dont la hauteur est plus longue que la base. Sommet, arrondi. Bords latéraux, minces et un peu élevés. Innervation des ailes supérieures comme dans V Issus coleoptratus . Ailes inférieures, rudimeutaires ou nulles. Pattes, de la forme ordinaire. Deux épines latérales aux tibias de la troisième paire. Espèce unique. ' Mycterodus nasutus, Mihi. Issus nasutus, Herr.-Sch.Nom. Ent., pag. Go. — — Id. Faun. ins. Germ., 144, 15. Gênes et Sardaigne. Les deux sexes, de mon cabinet. Dans les deux sexes , le tube anal est allongé, et son ouverture , toujours supérieure comme dans la plupart des Issues , est un peu en avant de la moitié de la Ion- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 343 çneur. Mais, dans le mâle, il est proportionnellement plus court et plus large \ son extrémité est plus arrondie : elle doit couvrir en dessus l'extrémité de la verge, dans le large espace que les deux écailles vulvaires laissent entre elles. 27. G. Issus, Fab. Tête, sans protubérance. Front, séparé du vertex par une ligne transverse plus ou moins élevée , ne remontant pas sur le dos de la tête. Vertex , horizontal , plan , pouvant paraître concave lorsque ses bords sont plus relevés. Bord antérieur de la tète, répondant à l'arête îransverse qui sépare le vertex et le front. Base du front , plus ou moins éebancrée. Chaperon , très convexe, pouvant avoir une arête mé- diane, n'en ayant jamais de latérales. Joues , verticales , faisant avec le front un angle pres- que droit. Yeux à réseau, assez grands, ronds, sans échancrure, assez préominents en arrière, au delà des angles posté- rieurs du vertex, mais étant toujours séparés du bord an- térieur du prothorax par le bord postérieur de la tête. Ocelles , nuls. Antennes, sortant d'un tubercule anlennaire assez sail- lant sur lesjoues, au-dessous et à une certaine distance des yeux, courtes, de quatre articles. Le premier et la tige du second, pouvant se retirer au fond du tubercule antennaire. Massue du second, globuleuse, granulée, tronquée à son extrémité , au milieu de laquelle est inséré le troisième, qui est très petit à l'ordinaire. Quatrième , en soie longue et déliée. Dos du prothorax et du Mésoikorase fris ensemble, plus 54 4 ANNALES large que long. Angles postérieurs du prothorax, couvrant en partie les écailles alaires. V abdomen, plan en dessous, plus ou moins convexe en dessus. Dans un petit nombre d'espèces, dont M. Ger- mar a fait son genre Amphiscepa, la carène dorsale est si élevée, que l'abdomen a plus de hauteur que de lar- geur, comme dans la plupart des Flatoïdes. Les ailes, re- tirées, prennent alors une position presque verticale; mais c'est alors le bord interne de l'aile supérieure qui s'élève d'avant en arrière , au-dessus du plan horizontal, et il n'y a que peu ou point d'abaissement du bord ex- terne. Dans les Flatoïdes, au contraire, le bord interne s'élève très peu, si ce n'est à l'extrémité, et il y a toujours un abaissement notable du bord externe. Le contour des ailes supérieures, et la forme de la cel- lule basilaire, qui est toujours assez petite, diffèrent selon les espèces. Le première nervure discoïdale sort tou- jours de la cellule basilaire; mais son origine est plus ou moins rapprochée de celle du cubitus, et quelquefois elles se confondent ensemble. Le cubitus est arqué et parallèle au radius. Toutes les nervures principales sont très saillantes, peu ramifiées, et à branches faisant entre elles des angles aigus. Les anastomostiques bien moins apparentes, obli- ques, sinueuses, diversement inclinées, d'autant plus serrées qu'elles sont plus loin de l'origine, ne formant pas un réseau régulier de cellules carrées ou quadrangu- iaircs. Ailes inférieures , quelquefois nulles ou avortées. Pattes, assez fortes, de la forme ordinaire : deux épi- nes latérales aux tibias postérieurs. Dans \dijemelle, l'extrémité de l'oviscapte est enve- loppée par les écailles vulvaires. Le tube anal est aplati , DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE, *4o dilaté, plan en dessous; son ouverture est tout à fait su- périeure, et souvent à égale distance de l'origine et de l'extrémité. Dans le mâle, les branehes de l'armure copulatrice res- semblent aux deux divisions de la sixième plaque ven- trale , telles qu'on les voit dans la plupart des Cicadel- laires femelles. On pourrait se méprendre sur le sexe, si la sixième plaque ventrale n'existait pas d'ailleurs , et si elle n'était pas, comme dans toutes les F ulgorelles mâles, entière et annulaire. Le tube anal est encore aplati , et à face inférieure pjane ou concave } mais il est étroit, al- longé, et quelquefois courbé en dessous. L'ouverture pos- térieure est également supérieure et distante de l'extré- mité. Espèces. Après avoir détaché de ce genre toutes les espèces qui appartiennent aux genres voisins , il est encore assez nombreux. J'en connais seize bien distinctes, pour les- quelles j'ai dressé le tableau ci-après. o4f. ANXAI.ES t 1 G. Issis. y I Z i j'àUne, et s'inlerpo>ant entre elle fe'l le ïtdii."'. 1 • PeClinipenUtS, Gl'KR. rené / depass.inl I es. médiane. / ti -imité du eorps d'une 3 S. ] domen. I dépassa ^pei, une carène = 1.2 . / évidemment ! i i ? J - S il p '" s h" g ë e que ) 11 ^ p""^r!>"r '""(.eux?" . Z h S / = | t? [ n'élnul pas plus longue que '■"■S"- ' oins égale a celle de l'ai)- _ , domen. . . S. LoMJ tpetinis. 3. Prasinus. ' Y yant une carène médiane. 4. TendhlOSUS , FllIV. arrondi . S. Servillei. G. Coleoplrutus , Fab. 7. Z?/7a.«ar fCU DE CttjSTOFOIU. Taille de l'Issus coleoptratus. (Voyez ci-après, n° 6.) Tôle, comme dans l'espèce précédente ; division du front en trois facettes, mieux prononcée ; are les intermé- diaires, plus saillantes tout autour de la facette médiane, et effacées à moindre distance de la basej celle-ci, plus large, plus arrondie. Facettes extérieures, remontant davantage sur le dos de la tête. Arête médiane du front, variable en longueur et en épaisseur, n'atteignant jamais ni le sommet, ni la base. Chaperon, ayant une arête longitudinale médiane, en côte arrondie, commençant à une certaine dislance de la base. Ailes supérieures, comme dans le Coleoptratus , plus larges que dans le v Prasinus. Couleurs. Corj:s et pattes , blanchâtres, tachetés de gris-noirâtre. Taches obscures, disposées en bandes trans- versales sur le chaperon, en points moyens et distants sur les facettes extérieures du front cl sur le dos du cor- celet, en points rapprochés et confluents sur la facette médiane et sur le vertex, en lignes longitudinales sur les fémurs et sur les tibias. Abdomen, blanchâtre : base des plaques dorsales intermédiaires, milieu du ventre, quel- ques taches sur les côtés, noirâtres. Ailes supérieures, grises, obscures; nervures principales, noires, anasto- moses transversales, blanchâtres. Ailes inférieures, noires- Dans la femelle , les écailles vulvaires sont noires, très volumineuses. Elles commencent à envelopper l'ovis- caple très près de son origine. Les lobes externes de la sixième plaque ventrale sont courts et souvent cachés sous le bord postérieur de la cinquième. Le tube anal n'est ni rebordé, ni dilaté, mais il est un peu obeonique : son DE LA SOCIÉTÉ ETYMOLOGIQUE. 531 ouverture est plus voisine de l'origine que de l'extrémité ; celle-ci , en arc d'ellipse. Dans le màlc, les branches de l'armure copulatrice sont latérales, oblongues, en feuilles lancéolées, concaves à leur face interne, et suffisantes pour entourer et pour défendre le pénis, sans le concours du tube anal. Celui- ci est en conséquence très court; sa paroi inférieure se prolonge très peu en arrière de l'ouverture postérieure ; celle-ci est simplement en ovale un peu allongé, coupée obliquement de haut en bas, et d'avant en arriére. r 5. Issus Servillei , N. sp. ? Amérique Septentrionale. — Collection deM. Serville. Taille des précédents. Facette médiane , en ellipse fer- mée de toutes parts, dont legrand axe est dans le sens de la longueur, dont le sommet supérieur est distant du vertex, et dont l'inférieur tombe sur la base du front. Arête longitudinale, correspondant au grand axe, en côte saillante. Arêtes latérales qui séparent les trois fa- cettes, plus élevées vers les deux extrémités , presque ef- facées vers le milieu. Sommet supérieur de la facette mé- diane, réuni à celui du vertex par une arête longitudi- nale, qui continue l'arête médiane de la facette, et qui sépare les deux facettes extérieures dont l'extrémité su- péro-interne est tronquée en lignedroite, tandis que l'in- féro-inlerne est en pointe. Chaperon, sans arête mé- diane. Vertex , presque aussi long que large : angle du sommet, droit ou peu obtus; bord postérieur, plus pro- fondément échancré que dans ïe'Tendi/iosus. Cependant, comme le bord antérieur du prolhorax fait un angle en- core plus aigu, les bords adjacents de la tète et du corcelet ne se collent pas exactement entre eux. Il y a encore, der- m ANNALES rièrc les yeux, cet hiatus qui se retrouve dans la plupart des espèces du genre. Couleurs. Blanchâtre, tacheté de gris-brun. Taches disposées en petits points sur les facettes extérieures du front et sur les flancs du prolhorax, en marbrures sur les ailes supérieures, en anneaux sur les quatre pattes an- térieures, noirâtres. Ailes inférieures, blanches et trans- parentes. Sexe inconnu. G. Issus coleoptratus, Fàbr. Sjst., Rhyng. 99, 4. Var. a. Cercopiscoleoptrata, Panz, Faun.Germ.,fasc. %tab.\\. Var. oc. Cercopis coleoplrata, Germar , Mag. Ent. , tome IIÏ, pag. 24, n. 2. Var. |3. Issus Lauri, Ahrens, Faun. ins. Cur. fasc. 2, tab.\9. / Var. y. Fulgora gibbosa , Encycl., tome VI, p. 576, n.49. Commun en Europe. — Les deux sexes, de mon cabinet. Taille des précédents. Facette médiane en rectangle plus long que large , à bord supérieur droit , à angles su- périeurs bien prononcés, à bords latéraux droits et pa- rallèles, à angles inférieurs ou basilaires arrondis, à bord inférieur arqué , et atteignant au milieu la base du front. En tout le reste, semblable à la SenùlleL Couleurs très variables. Var; a. Corps et ailes supérieures, d'un gris cendré, qui s'éclaircit quelquefois après le dessèchement un point noirâtre sur chaque aile supérieure. Var. (3. Corps et pattes blanchâtres , pâles. Ailes supé- rieures , d'un vert plus ou moins clair : encore un point noir aux ailes supérieures. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3S3 Var. y- Couleurs de la variété précédente, plus de point noir aux ailes supérieures. Une quatrième variété existe dans la collection de de M. Serville , mâle et femelle. Couleurs delà var. a. Ailes supérieures, variées de blanc sale et de gris noi- râtre; point de tache noire et punctiforme. Le mâle a été pris dans les environs de Paris. La femelle, plus endom- magée , était simplement étiquetée exotique. Je présume que ceci ne doit s'entendre que des contrées de l'ancien continent qui participent de la faune européenne, et qui appartiennent surtout à la région dite méditerra- néenne, telles que l'Asie-Mineure , la Syrie , l'Egypte , la Barbarie , etc. Le tube anal des deux sexes diffère beaucoup de celui du Tendinosus. Il est en ovale oblong, trois fois plus long que large, ayant son maximum de largeur vers la moitié de sa longueur, médiocrement convexe en dessus, concave en dessous. Son ouverture postérieure est ronde, supérieure , placée au tiers de la longueur dans la fe- melle, à la moitié dans le mâle. Dans celui-ci, les branches de l'armure copulatrice n'enveloppent pas le pénis dans tous les sens , et sa surface supérieure a besoin d'être défendue par le tube anal. 7. Issus dilatatus, Herr.-Schœff. Nom. Enlom. ,i, 106. Issus dilatatus, Burm., trad. manuscr., pag. 50. Fulgora dilatata, Encycl., tome VI, p. 577, n. 50. Italie et Sardaigne. — Mâle et femelle, de mon cabinet. Taille des précédents. Tête, proportionnellement plus large. Facette médiane , en rectangle , comme dans le Coleoptratus , mais évidemment plus large que long, et à bord inférieur presque parallèle au supérieur, distant partout de la base, etéchancré au milieu. Ve:tex, deux ôM ■ ANNALES fois plus large que long ; angle du sommet plus ouvert que dans le Colcoptraïus. Le tube anal de la femelle est étroit, allongé, sub-cylindrique , comme dans \e Tendinosus du môme sexe. L'ouverture postérieure est placée tout au plus au quart de sa longueur. Celui du mâle est propor- tionnellement plus large et plus court , mais de la même forme ; il s'ouvre supérieurement, vers le tiers de sa lon- gueur. Son prolongement sert à défendre la verge du côté où l'armure copulalrice la laisserait à nu. i^ Celte espèce, qu'on a souvent confondue avec le Co- lcoptraïus, présente de même de nombreuses variétés de couleur; quelques unes se rapprochent beaucoup de cer- taines variétés de la précédente ; aussi fera-t-on bien de s'en tenir aux différences des formes pour les distinguer. Je n'en connais cependant aucune qui ait un point noir aux ailes supérieures, comme les var. se et j3 de l'autre es- pèce, et vice versa; je n'ai vu aucun exemplaire ûuCo- leopiratus dont le corps ait une teinte rougeàtre , et dont les lianes soient même rouge de carmin. Cette belle va- riété dui'Dilataïus se trouve en Sardaigne et en Sicile. M. Gém; m'a communiqué un mâle de la première loca- lité, et j'ai eu de feu de Crisiofori une femelle de la seconde. . ^ ISSUS COMPRESSES , N. Sp.? Brésil. Femelle envoyée par M. Blqlet. Taille des précédents, mais faciès bien différent. Front, un peu plus long que large, verticalement ascen- dant, un peu convexe. Base, sans échancrure, droite, fortement rebordée, en sorte que la suture du front et du chaperon est une arête saillante et non un sillon , comme dans les autres 7ssus, et dans la plupart des Fid- gorelles. Division du front en trois facettes, apparente près de la base, effacée vers le milieu du front, nulle DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 335 dans sa moitié supérieure. Facette médiane, semblable à la moitié inférieure d'un carré ouvert par le haut; bords latéraux, parallèles; angles émoussés; base de la facette, parallèle à celle du front. Arête longitudi- nale médiane, en côte arrondie, n'étant saillante qu'au- dessus de la facette. Chaperon, très convexe, ayant une arête longitudinale très élevée, en côte arrondie. An- gles basilaires du front, tronqués obliquement. Angles supérieurs, bien prononcés,, droits. Bord antérieur de la tête, en ligne droite, transversale, visiblement en arrière du bord antérieur des yeux à réseau. Vertex, quatre fois plus large que long. Bord postérieur, échan- cré, à échancrure anguleuse et obtuse, se collant exac- tement contre le bord antérieur du prolhorax. Un petit tubercule ocelliforme et aveugle, sur chaque joue, à l'angle inféro-interne de l'œil à réseau. Échancrures post-oculaires du prothorax, nulles. Dos du prothorax et du mésothorax pris ensemble , faisant une espèce de rhombe à côtés rectilignes, plus large que long} carac- tère remarquable, car, dans les autres Issus, le rhombe n'existe pas, ou il n'a pas ses côtés rectilignes. Bord pos- térieur du prolhorax et bord antérieur du mésolhorax , droits, transversaux et rebordés, en sorte qu'ils peuvent s'écarter et se rapprocher, mais non glisser l'un sur l'au- tre. Abdomen , oblong. Dos , très élevé en carène conti- nue, et dessinant un arc de courbe; maximum de hau- teur, répondant au second anneau, à peu près égal au maximum de largeur. Ailes supérieures, prenant, durant le repos, une position presque verticale, telle que le bord interne s'élève au-dessus de la carène abdominale, sans que le bord externe descende bien bas au-dessous de l'abdomen, opaques, coriacées, convexes. Radius, arqué, pan externe, un peu dilaté ; nervures principales et anas- 3S6 ANNALES tomosliques, également peu relevées. Bord interne, fai- sant une espèce de bourrelet près de l'origine, dans toute la portion qui doit se loger dans la rainure du mésotho- rax , ou , pour mieux dire , dans le segment sub-alairc dorsal. Ailes supérieures , très étroites près de l'origine , arrondies et dilatées vers l'extrémité. Quoiqu'elles ne soient pas tout à fait impropres au vol , elles n'ont qu'un développement imparfait ; leur moitié interne est avor- tée ; aussi n'ont-elles pas besoin de faire un pli et de s'ap- puyer sur les rainures dorsales de l'abdomen pour se retirer sous les ailes supérieures, pendant tout le temps de l'inaction. Point d'épines latérales aux tibias posté- rieurs. Le tube anal de la femelle (le mâle, inconnu) est étroit, allongé , convexe en dessus, concave en des- sous, à côtés parallèles, sans rebords et sans dilatations , à extrémité arrondie; son ouverture est supérieure, ronde et attiguë à l'origine même. Couleurs. Tête, corcelet et abdomen, couleur de feuille sèche, qui a pu avoir une teinte rougeàtre dans le vivant. Facettes extérieures du front, tachetées de noir.Une tache de la môme couleur, sur le dos des 5 e , 4 e et 5 e segmenrts. Pattes, grises. Épines tarsiennes, noires. Ailes supérieu- res, brunes; inférieures, hyalines, légèrement entamées. Cette espèce appartient à la division B du & Issus, Burin., tracl. manuscr.,pag. 50. Je pense, comme M. Bur- mlister, que celle division répond au G.Amphiscepa de M. Germar. Il faudra y rapporter les Issus musearius, Genu., ctjjvdipennis , id. Nous y ajouterons une espèce nouvelle, Y Issus dijforniis { Derbe Bonellii , Hcrr.-Sch. Nom. Bnt. , I , pag. 05. "■"£> Eurybrachys Bonellii, Guêr. Voy. de Bell., pag. 467 , et Burm., trad. manusc., pag. 52, n° 5. Caliscelis heterodoxa, Lap. , Ann. de la Soc. Ent., tom. II, pag. 251 et suiv., pi. 9, fig. A. ï& Caloscelis heterodoxa, Burm., trad. manuscr., pag. 61 . Italie méridionale. Mâle et femelle, démon cabinet/re- cueillis en Sardaigne par M. Genk. J'ai eu aussi un mâle de Toscane, communiqué par M. Pechioli, et un autre de Sicile, fourni par M. GnoHMANiv; mais je ne crois pas que cetle espèce habite l'Italie supérieure. Latreille s'est vin. 25 372 ANNALES trompé en donnant le Piémont pour patrie à l'individu qu'il a décrit; Boelli l'avait eu de Sardaigne. La division du front en trois facettes est tracée par deux arêtes saillantes, mais non tranchantes, qui des- cendent du bord supérieur jusqu'au milieu du front. Les facettes extérieures sont plus étroites que la médiane , et se prolongent davantage en haut. Le bord supérieur a une échancrure médiane. La base est sujette à un renflement variable , et qui fait aussi varier son contour. Selon que le rendement est petit, moyen ou grand, ce contour est largement échancré, droit ou proéminent et anguleux. Le bord supérieur a une petite échancrure au point qui sem- ble répondre au sommet de la tête. Les bords du vertex sont relevés $ ceux du prothorax, au contraire, n'ont pas de rebord. L'arête médiane et dorsale est à peine sensi- ble. Le dos du mésothorax est parfaitement lisse. Les ai- les supérieures sont opaques, homogènes , sans traces de cellules, et n'ayant sur leur disque que deux nervures principales qui me semblent les analogues du cubitus et du post-cubitus. Les deux sexes présentent des différences très remar- quables. Latreille et M. de Laporte n'ont connu que le mâle; c'est à M. Géisé que nous devons la découverte de la femelle. Le mâle est plus petit; sa tête est moins renflée à la jonction du front et du chaperon. Le milieu du front et le vertex sont concaves ; les facettes sont plissées longitudi- nalement, comme si le haut de la tête eût été comprimé latéralement, ou eût subi un arrêt de développement en largeur. La seconde nervure discoïdale, analogue du post- cubitus, a une direction oblique d'avant en arrière , et de dehors en dedans ; elle est très saillante, en côte arrondie, et elle atteint presque le bord postérieur. Les cinq pre- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 373 mières plaques ventrales sont postérieurement échan- gées, à échancrures un peu anguleuses. La paroi infé- rieure de la sixième est entière. Les branches de l'armure copulatrice sontoblongues, inermes et très rapprochées 5 elles ne sortent pas du plan inférieur 5 leur face externe est lisse et convexe, la supérieure et interne est concave, comme elle doit être pour faire une partie de l'étui de la verge. Le tube anal est court, en cylindre tronqué posté- rieurement de haut en bas et d'avant en arrière, sans ai- les , sans rebords latéraux, et impropre à faire partie de l'étui de la verge. Celle-ci est défendue en dessus et sur les côtés par les appendices terminaux de ses propres té- guments ; elle finit en une pièce solide, cornée, pointue, à pointe dirigée en bas et latéralement rebordée, à côtés penchés dans le même sens, de manière à former une es- pèce de canal. La femelle est d'un tiers plus grande que le màSe. Le renflement de la tête est plus fort à la jonction du front et du chaperon. Le front et le vertex ne sont plus con- caves. Les arêtes frontales sont plus saillantes. Les fa- cettes extérieures ne sont plus plissées, et leur concavité n'est qu'une conséquence de l'élévation des arêtes laté- rales. En un mot, tout prouve que cette tête n'a pas subi l'arrêt de développement que nous avons observé dans celle des mâles. Les lamelles des fémurs et des tibias an- térieurs sont proportionnellement plusétroites.Laseconde nervure des ailes supérieures est beaucoup plus courte et moins élevée ; elle disparaît vers le milieu de l'aile. Les quatre premières plaques ventrales sont assez fortement échancrées , à échancrures anguleuses. La cinquième est entière, et elle paraît d'autant plus grande que l'échancrure des autres plaques laisse à nu le milieu de sa base. Les lobes externes de la sixième sont arrondis, très petits et 574 ANNALES très écartés. Los appendices internes, larges à leur base, élevés et tranchants à leur bord interne, ayant leur face supérieure canaliculêe, forment ensemble l'oviscapte ex- térieur, dont la longueur égale à peu près le tiers du ven- tre, et dont l'extrémité atteint celle du tube anal. Les écailles vulvaires, étroitement appliquées contre les bords de l'oviscapte, ielaissent partout à découvert et ne passent pas au-dessous de lui. Elles consistent en deux petites plaques étroites elallongécs qui finissenlpostérieurement en pointe mousse. Le tube anal, comme dans le mâle; troncature postérieure, un peu moins oblique, ouverture plus arrondie. Couleurs. Celles du mâle sont assez connues par ce qu'en a dit M. de Laporte. C'est ce qu'il y a de plus vrai et de plus complet dans ses figures et dans sa des- cription. Celles de la femelle sont bien différentes; elle est testacée , avec des petits points d'une teinte plus fon- cée. Les antennes, le chaperon, le post-cubitus et deux bandes longitudinales sur le dos de l'abdomen , noirs. Cette différence de couleurs ne doit pas nous surprendre ; on en trouve des exemples fréquents dans toute la tribu des Cicadaires. Souvent des mâles noirs ou à teintes très sombres s'y associent à des femelles à teintes pâles et blanchâtn s (1). Le genre Caliscelis s'écarte non seulement des autres Fulgoreiles, mais, en général, de toutes les Cicadaires , (1) Malgré leur petitesse, les Caliscelis ont aussi leurs parasites. Dans le maie de Sicile, que m'a envoyé M. Grohmann, j'ai ti'ouvé une larve ou nymphe peu reconnaissable , fixée par sa partie posté- rieure, entre la cinquième et la sixième plaque ventrale. Elle égale en grandeur l'appareil génital, dont elle paraît une dépendance au premier abord. Elle est renversée sur le dos. La tète se courbe un peu en haut, et va se cacher au-dessous de la plaque dorsale. DE LA SOCIETE ENTOMOLOG1QUE. 57S par une anomalie 1res remarquable. L'inclinaison de la tête, du haut en bas, commence à l'ordinaire sur la ligne qui est censée tirée au-devant des yeux à réseau; mais son renversement d'avant en arrière ne commence réel- lement qu'à l'extrémité du front, à sa jonction avec le chaperon. Il s'ensuit que le bord antérieur de la tète est à la base du front , et qu'il est très distant du sommet , qui est à son bord postérieur ou supérieur. L'histoire de l'espèce unique que nous connaissons est assez curieuse. Découverte par feu Bonelli, qui la rap- porta de Sardaigne, communiquée par lui à Latreille, celui-ci la décrivit, dans son Gênera, assez bien pour qu'elle ne fût plus méconnaissable , et il la laissa dans son genre Fulgout, qui comprenait toutes nos Fuhiorelles, hors nos Dclphaccïdes. Depuis lors elle fut perdue de vue, et la plupart des savants qui ont parlé des Fulgo- relles ne l'ont pas connue. MM. Gueiun, Hi:iuucii- Scn.EFFEu et Burmeisteu ne l'ont pas vue; chacun d'eux a vogué au plus près en se livrant à ses propres con- jectures. M. Guérin crut y reconnaître une de ses Euiy- Z>rac/iy t ï.M.llEiiRicii-Scii effer y vil une Dcrbe. M. Bur- meister n'en a parlé que sur l'autorité des autres. M. de Laporte fut le premier à reproduire cet insecte, et il en a donné une ligure. Il en fit, avec raison, son nouveau genre Caliscelis ; mais non seulement il ne s'aperçut pas de l'identité de son espèce avec la Fulg. Bonellil , Latr. , mais il plaça même sou nouveau genre dans les Cerco- pides , ce qui est absolument inadmissible. M.Burmeis- ter a corrigé la seconde erreur sans relever la pre- mière. Il a rendu aux Fulgorelles le G. Caliscelis , qu'il nomme Caloscelis; mais il admet aussi VEurybrachis Bonellii^ Guérin, et il ne songe pas à la comparer avec la ■ Caloscelis heterodoxa. Il se pourrait néanmoins que le 370 ANNALES G. Caloscelis, Burm., ne fût pas le même que le G. Ca- liscelis, Lap. L'auteur l'a établi d'après une espèce du Brésil que je ne connais pas ; les caractères qu'il lui as- signe ne s'accordent pas avec ceux que nous avons si- gnales. Les voici tels que je les trouve dans la trad. ma- nuscr., pag. 60 : « 15 (69) Caloscelis. — Caliscelis Laporle. « Front et vertex non prolongés en avant, mais arron - « dis , de sorte que le bord antérieur et le bord posté- « rieur du vertex sont parallèles. Front point nettement v rhomboïdal, aplati et sans rebord au milieu, circonscrit « latéralement par un rebord. Il est un peu creusé aumi- « lieu, avec deux lignes parallèles, enfoncées, divergen- te tes par le bas. Chaperon petit, avec une carène élevée. « Antennes courtes $ deuxième article, globuleux, corné, « cylindrique, obtus, suivant M. de Lapoute. Ailes hya- « Unes, nervures foui chues , formant à l'extrémité beau- » coup de petites cellules; en avant sont deux rangées / . Ù4. PœciloplerOÏdeS. îsl V . . Tëlc non protubérante ^5. Rosea. jï/ effacée à la base . . > .0 6. Pellucidd. *Î5 S £ n étant pas elfacée à 4>' prolongeant , _ inlerrupiion , sur le r -' n i.MiJiisiiumninra, sur le •- „ J. * |S ^ \ milieu du chaperon. . ... " . PiinOrpœpcnUlS g | g Sîg | \ dan. h. 8. Reticulata. Ger. '•Heure! 9. Servillei. M. iper ralicbant nbre ~l (bords!, f 10 - Splendida. Guér. i-2 J hf so,n%e « \bords H- Ocwtoa. UÉR. . / ayant des *! I - I III \.a"e n .T?12. #/«• / rtwaculala A, i:i.r. in peu au delà d.»j 1 i. Fasciula. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 595 u 1. Ricania albizona, Germar., Cat. Drege, D.166I. Cap de Bonne-Espérance. — Une femelle de mon ca- binet. , envoyée par M Thorey. Longueur, 1 ligne ?, largeur, f de ligne. Front, plus large que long, sans carène médiane, moins ascendant que dans les congénères, et se rappro- chant davantage du plan horizontal. Traces d'une divi- sion en trois facettes, commençant vis-à-vis des angles postéro-internes des yeux, à peu de distance des bords, descendant en ligue courbe, s'abaissant insensiblement , et s'effaçant avant d'atteindre la base du front. Chaperon, sans arête médiane. Vertex, au moins quatre fois plus large que long ; bords opposés, sub-parallèles et faible- ment arqués. Point de lignes élevées., ni sur le protho- rax, ni sur le mésothorax. Écailles alaires, remarquables par leur développement extraordinaire, couvrant les an- gles postérieurs du pro thorax pendant le repos, et s'a- vançant jusqu'aux angles posléro-externes des yeux à réseau. Pan discoïdal des ailes supérieures, penché en dehors lorsque les ailes sont retirées ; pan externe, étant alors dans un plan presque horizontal , et faisant avec le pan discoïdal un angle rentrant, dont l'arête est le cu- bitus. Écailles vulvaires, proportionnellement très gran- des. Tube anal, inobservé. Couleurs. Corps, antennes et pattes, noirs; ailes supé- rieures , de la même couleur. Deux larges bandes trans- versales sur l'avant-disque, et quelques taches le long du bord postérieur, blanches; ailes inférieures , obs- cures. 306 ANNNALES v 2. R.1CANIA PLAlNIPENMS, N. sp.'f Afrique. — Mâle, de la collection de M. Serville. Longueur du corps, 5 lignes ; longueur des ailes supé- rieures , 4 lignes; largeur prise à l'origine des ailes, i ligne i. Front, presque vertical, plus large que long; angles supérieurs, droits; inférieurs, arrondis ; bords latéraux, arqués et saillants. Division en trois facettes, bien pro- noncée; arêtes intermédiaires, écartées, commençante peu de distance du bord supérieur, arquées parallèlement aux bords latéraux , disparaissant avant d'atteindre la base. Facette médiane , deux fois plus large que les exté- rieures , en ovale transversal , dont le contour n'est bien marqué que sur les côtés, et qui est divisé longitudinale- ment, ou dans le sens du petit axe , par une arête mé- diane qui n atteint ni la base ni le sommet. Chaperon, sans arête médiane. Vertex , au moins quatre fois plus large que long, arqué; bord postérieur, un peu plus courbé que l'antérieur. Sommet de la tête, effacé. Pro- thorax, pouvant glisser sur la face postérieure de la tête, qui est coupée obliquement ; bord antérieur du lobe mé- dian , arrondi ; échancrures post-oculaires , peu rentran- tes; ligne médiane dorsale, peu élevée. Ecailles alaires, de la grandeur ordinaire. Mésothorax, endommagé dans l'exemplaire que j'ai vu. Dos de l'abdomen, convexe, faiblement caréné. Ventre plan. Pan discoïdal des ailes supérieures , penché en dehors, mais bien loin d'être perpendiculaire; pan externe, très large, relevé en haut et revenant au plan horizontal. Trois épines latérales, aux tibias postérieurs. Branches de l'armure copulalrice, allongées, recourbées en haut à leur extrémité. Tube anal, concave en dessous, et défendant la face supérieure DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 397 de l«i verge; son ouverture, perpendiculaire, en crois- sant, dont les cornes sont dirigées en bas. Couleurs. Corps, gris-brun; pattes et ventre, un peu plus clairs 5 ailes supérieures , variées de quelques teintes plus claires et d'autres plus foncées, sur un fond gris- brunâtre ; ailes inférieures, hyalines près de la base, enfumées et obscures vers l'extrémité; épines apicales des tarses et des tibias, noires. J 5. Ricania Donovanii , Mlhi. Ricaniahyalinata, Guérin, Voyag. de Bellanrjer, Zoo/., pag. 4G6. Cicada byalinata, Bonovan, d'après M. Guêrih. Je n'ai pas l'ouvrage de Donovan. Offak. — Mâle, de la collection de M. Guéri n. J'ai changé le, nom de celte espace pour éviter toute confusion avec \nRicania hyalinaJFlata), Fab. } queje crois très différente. Le earaclère essentiel de la Dono- vanii consiste dans le rapprochement extraordinaire du radius et de la sub-radiale. Ces deux nervures décrivent un arc d'assez forte courbure, et sont parallèles entre elles, depuis l'origine jusqu'au tiers du bord antérieur. A ce point , il y a un épaississement anguleux de la sub-ra- diale tel , qu'on pourrait le prendre pour un stigmate. Au delà, la sub-radiale se rapproche insensiblement du radius , et elle le rejoint à l'extrémité de l'aile ; tout l'es- pace intermédiaire est très étroit, comme je l'ai déjà re- marqué , et il est coupé par plus de trente nervures obli- ques, sub-parallèles etéquidistantes. Le tube anal du mâle est allongé; sub- cylindrique, sans rebords latéraux. L'ouverture postérieure est terminale, coupée oblique- ment de haut en bas et d'avant en arrière ; un peu échan- 598 ANNALKS crée en dessous. Voy., pour les autres détails, la descrip- tion et la ligure de Donovan. 4. RlCANIA PiEClLOPTEUOÏDES, N. sp.? PI. G, fig. G. Brésil. — Femelle envoyée par M. Dupont. Tête, proéminente au delà des yeux ; proéminence in- ter-oculaire, dirigée en avant, courte, et terminée en pointe mousse. Front, beaucoup plus long que large, as- cendant obliquement, terminé supérieurement en pointe, sans traces de divisions en trois facettes, ayant une ca- rène médiane bien prononcée, mais très courte , partant du sommet, et disparaissant vers le tiers du front; base, droite, peu ou sensiblement échaucrée. Bords latéraux , minces et tranchants, ayant un rebord anguleux vis-à- vis de la naissance des antennes. Chaperon très convexe et sans arête médiane. Vertex, pian, horizontal, avancé en pointe mousse au delà des yeux. Bord antérieur ou arête qui sépare le front et le vertex, bien prononcé; bords latéraux et postérieurs , moins élevés ; une arête médiane et longitudinale , allant du sommet jusqu'au bord postérieur. Joues, planes et verticales. Yeux à ré- seau, grands, ronds et entiers. Ocelles, nuls. Antennes, atteignant à peine les bords des arêtes qui séparent les joues et le front, dans l'individu desséché que j'ai sous les yeux; mais comme le premier article, dont l'existence ne me semble pas douteuse , est entièrement retiré au fond du tubercule antennaire , je présume qu'elles doi- vent les dépasser lorsqu'elles sont poussées en dehors. Lobe médian du prothorax, assez large et peu avancé : son bord antérieur, droit, ayant même une petite échan- crure au milieu, rebordé, à rebord qui se prolonge des deux côtés jusqu'aux écailles alaires , et qui passe à une certaine distance des échancrures post-oculaires, d'ail- DE LÀ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 399 leurs peu rentrantes. Arôle médiane, atteignant les deux bords opposés. Il y a de plus deux autres lignes un peu moins élevées, disposées en sautoir ouvert en avant, partant ensemble de l'extrémité postérieure de l'arête médiane, et atteignant le rebord antérieur derrière les yeux à réseau. Dos du mésolborax, tri caréné. Arêtes la- térales, convergentes en avant et formant le fer à che- val; droites, et parallèles en arrière, atteignant le bord postérieur. Ailes supérieures, sub-triangulaires; bord postérieur, droit. Angles postéro -externes arrondis postéro-internes, aigus. Radius, coudé très près de son origine^ espace compris entre le radius et la sub-radiale, coupé par un grand nombre de nervures transversales et sub-parallèles qui interceptent autant de cellules qua- drangulaires beaucoup plus larges que longues. Pan dis- coïdal et espace compris entre la sub-radiale et le cubi- tus, étant parcourus, dans tous les sens, par des nervures veineuses ou arborescentes qui circonscrivent un nom- bre infini de cellules, souvent assez petites, mais dispo- sées sans ordre quelconque , et affectant indifféremment toutes les formes; pan interne, tubercule; bord interne de l'arrière-disque , faisant un angle rentrant avec le bord du pan interne, comme dans les genres où les ailes supé- rieures peuvent se croiser; mais ici, elles sont ascendan- tes, et elles ne se croisent pas. Deux épines latérales aux tibias postérieurs. Couleurs. Le blanc-verdâtre , plus pâle en dessous. Ailes supérieures, vertes: inférieures, blanches. Yeux à réseau , à disque noir et à contour hyalin. Dans mon individu , le sexe femelle est encore recon- naissable, mais l'abdomen est déformé par une compres- sion accidenlelic qui ne me permet de rien dire du tube anal et des organes génitaux. 400 ANNALES 5. RlCANlA ItOSEA, N. Sp.? Java. Mâle, de la collection de M. Sery ille. Tète, large, et n'étant pas proéminente au-delà des yeux. Front plus long que large, ascendant oblique- ment, et se rétrécissant insensiblement de bas en haut; bords latéraux, un peu arqués. Division en trois facettes, sensible seulement vers le haut de la tète. Arêtes inter- médiaires, peu élevées, partant du bord postérieur, arquées parallèlement aux bords latéraux, disparais- sant avant d'atteindre le milieu. Arête médiane longitu- dinale, assez élevée au milieu du front, n'atteignant ni la base, ni le bord supérieur. Celui-ci, qui est en même temps le bord antérieur de la tête, droit et assez forte- ment rebordé. Vertex, trois fois plus large que long. Bord antérieur du prothorax, s'avançant en pointe mousse sur le vertex, de manière que le bord postérieur de celui-ci n'est visible que sur les côtés. Point d'arête médiane sur le dos du prothorax. Trois lignes élevées, droites, parallèles, équidistanles, sur le dos du mésolho- rax: les deux extérieures , n'atteignant pas le bord an- térieur. Innervation des ailes supérieures, très fine ; es- pace compris entre le radius et la sub-radiale, partagé en un grand nombre de petites cellules quadrangulaires, beaucoup plus larges que longues. Bord postérieur, droit; angles postéro-externes arrondis, postéro-internes ai- gus : arrière-disque ascendant, comme dans les Pœci- loptcroïdes. Dans le mâle, branches de l'armure copu- latrice, minces, allongées et foliacées; tube anal , long et étroit, peu convexe en dessus, plan ou concave en dessous, sans rebords latéraux, ouvert supérieurement vers la moitié de sa longueur, coudé ensuite brusque- ment en bas: extrémité arrondie. — Femelle, inconnue. DE LA SOCIÉTÉ ENT0MOLOGIQUE. 401 Couleurs. Antennes, corps et pattes, blancs sans taches. Tête, dos du corcelet et ailes supérieures, cou- leur de rose. j 6. RlCANlA PELLUCIDA, Mihi. ■ Cixius pellucidus , Guérin , Voy. de la Coq., Zoo!., page 189. Java. Femelle, de la collection de M. Guérin. Cet insecte a le chaperon des Issiies, les écailles alaires et les ailes des Flaloïdes, l'arête qui sépare le front et le verlex àes' Hicanies ; il n'a de commun avec les Cixies que la longueur du front proportionnellement à sa lar- geur. Sous tous les rapports , il en est très distant. Chaperon, très convexe, sans arêtes latérales , mais ayant une carène médiane très saillante. Front , trois fois plus long que large, fortement rebordé, à rebords sail- lants et tranchants, n'étant pas divisé en trois facettes, mais étant partagé en deux larges sillons longitudinaux par une arête pareillement élevée et tranchante qui des- cend du sommet, et qui se perd à quelque distance de la base, en sorte qu'il y a interruption entre elle et la ca- rène médiane du chaperon. Vertex, plus large que long, à disque plan et horizontal, à bords élevés, minces et tranchants : l'antérieur, anguleux , en angle obtus, dont le sommet est peu avancé au delà des yeux ; le postérieur, échancré , à échancrure anguleuse. Lobe médian , étant , en raison de la moindre largeur du vertex , plus étroit et plus acuminé que dans les trois espèces précédentes. Ecailles alaires, de la forme ordinaire. Abdomen, moins haut que large; dos en toit, à deux versants, dont le faîte est faiblement élevé. Ailes, penchées en dehors,, en plan oblique, plus éloigné du vertical que dans les es- pèces suivantes; pan externe, n'étant pas relevé hori- 402 ANNALES. zontalement. Radius, faiblement arqué. Sub-radiale, droite, rejoignant le radius vers les deux tiers du bord antérieur. Espace intermédiaire, coupé par buit ner- vures transversales, sub-parallèles, et partagé en neuf cellules assez grandes; les sept intermédiaires, aussi larges que longues: les deux extrêmes, évidemment plus longues que larges. Espace contigu, compris entre la sub- radiale et le cubitus, partagé en deux grandes cellules, étroites etaliongées, par une nervure transversale com- plète. Deux épines latérales seulement aux tibias posté- rieurs. Voyez , pour les autres détails, Gucrin, loc. cit. 1 7. RlCANlA PANQRPJEPENIXIS , Miîlî. Q Cixius panorpœpennis, Guérin, Voy. de la Coq., Zool., page 190. Port-Jackson, à la Nouvelle-Hollande. Femelle ,de la collection de M. Guékin. Cette espèce, dont les formes sont calquées sur le même type que celles de la précédente , en diffère, indé- pendamment des couleurs, par des proportions un peu plus larges. Le front n'est pas deux fois plus long que large ; le vertex est au moins deux fois plus large que long; le sommet de la tête est plus obtus; les arêtes mé- dianes du front et du chaperon, se continuant, sans in- terruption, près de la base du front : celle-ci est profon- dément échancrée en rond. On voit de plus , de chaque côté du front , deux espaces étroits , arqués , à convexité tournée en dehors, plus enfoncés et d'une couleur plus sombre que le reste de la têle. Je les regarde comme des rudiments des facettes extérieures. Les arêtes qui sépa- rent les joues et le front sont encore minces et tran- chantes, mais elles sont moins saillantes que dansla'Te/- lucida. Le dos de l'abdomen étant encore moins élevé DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 405 la position des ailes supérieures, pendant le repos, est aussi plus éloignée de la perpendiculaire^ l'espace com- pris entre le radius et la sub-radiale n'a pas moins de seize cellules plus larges que longues : mais celui qui est entre la sub-radiale et le cubitus n'en a que deux, comme dans la Pellucida. Voyez encore, pour les autres détails, Guérin, loc. cit. 8. Ricania reticulata, Bui m., trad. manuscr., ^ pag. 65, n. t. Flata reticulata , Fab., Syst. Rhjng., 47, 12. Cigale à ailes de gaze , Stoll, Cig., pag. 29, pi. 4, fig.49. Brésil. Femelle, collection de M. Serville. Je n'insisterai sur cette espèce, d'ailleurs assez con- nue, qu'autant qu'il le faudra pour la distinguer, indé- pendamment des couleurs, de celle qui va suivre, et que je décrirai avec plus de détails. Front, plus large que long ; bords latéraux, arron- dis, même aux angles supérieurs ; arêtes intermédiaires des trois facettes, partant du bord supérieur, diver- gentes, courbées paraléllement aux bords latéraux ; bord antérieur du vertex, faiblement arrondi, et n'ayant pas de sommet anguleux ; des trois lignes élevées du méso- tborax, les deux extérieures se rejoignent en avant, et y forment un fer à cheval fermé sur la ligne médiane. Ce caractère est commun a]à J Reticulata et aux quatre espèces qui vont suivre: nous n'en reparlerons plus, pour ne pas nous répéter. Mais en dehors des trois arêtes or- dinaires, il y a quelquefois de chaque côté une autre ligne élevée qui part du bord antérieur du mésothorax , et qui se prolonge plus ou moins en arrière, sans at- teindre jamais le bord postérieur. Dans la 'Reticulata , ces deux arêtes surnuméraires existent : elles sont vin. 27 404 ANNALES droites, s'abaissant insensiblement d'avant en arrière, très voisines des deux intermédiaires, et disparaissant à peu près vis-à-vis dn point où celles-ci commencent à se courber en dedans pour former le fer à cbeval 5 les ailes supérieures ont de 25 à 24 nervures transversales dans l'espace compris entre le radius et la sub-radiale ; les douze plus voisines de l'origine, droites, semblables et équidistantes; les autres, plus rapprochées, obliques, sinueuses, dissemblables, quelquefois nouées et anasto- mosées entre elles. L'espace compris entre la sub-ra- diale et le cubitus n'a jamais moins de trois cellules, sou- vent quatre et même cinq, également étroites, mais d'inégale longueur. Tout le pan discoïdal est divisé en cellules assez grandes, dont le nombre est variable, et qui sont taillées en polygones irréguliers, comme les pierres des murs cyclopéens. Elles se pressent, et elles se rapetissent , en s'éloignant de l'origine : celles de l'ar- rière-disque ont quelquefois une forme presque rectan- gulaire. Dans la femelle, le seul sexe que j'aie observé, le tube anal est une lamelle ovale : la portion du dos ré- pondant au tube proprement dit , est la seule un peu con- vexe; l'ouverture est supérieure, coupée obliquement de haut en bas et d'avant en arrière , un peu distant de l'ex- trémité, qui est arrondie et entière -.l'espace intermé- diaire est un peu creusé en canal. 9. Ricania Servillei, N. sp,? Ile de France. Femelle, Collection de M. Serville. Longueur du corps, 2 lignes ^longueur des ailes su- périeures, 4 lignes. Largeur du corps , prise à l'origine des ailes , 1 ligne ; largeur des ailes supérieures, prise à l'extrémité du pan interne . 5 lignes.- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 405 Chaperon, ayant une petite arête longitudinale qui disparaît à peu de distance du front; front, un peu plus long que large; bords latéraux, arrondis aux angles ba- silaires, droits et parallèles à la hauteur des yeux ; divi- sion en trois facettes, n'étant visible que vers la moitié supérieure du front ; arêtes intermédiaires, commen- çant à quelque distance du bord supérieur, très écartées, divergentes, mais non arquées, disparaissant vers le mi- lieu du front; vertex, quatre fois plus large que long, anguleux -.sommet, bien prononcé en angle obtus ; bord postérieur, profondément échancré en rond ; face posté- rieure de la tête , coupée obliquement , et permettant au prothorax de glisser au-dessus; lobe médian, assez avancé, arrondi; arête médiane dorsale, atteignant les deux bords opposés; échancrures post- oculaires, très rentrantes^ portion du prothorax placée entre les yeux à réseau et les écailles alaires , penchée notablement en dehors, et faisant partie des flancs plutôt que du dos 3 les deux lignes élevées du mésothorax, placées en dehors du fer à cheval , partant encore du bord antérieur, mais plus écartées, et se prolongeant davantage en arrière du point où commence la courbe du fera cheval 5 abdomen, presque aussi haut que large; milieu du dos, en carène; bords postérieurs des segments intermédiaires, relevés en haut, et faisant paraître la carène dorsale comme dentelée. Ailes supérieures prenant, pendant le repos, une position presque perpendiculaire ; leur bord anté- rieur, descendant alors beaucoup au-dessous du corps ; dix Jouit nervures tout au plus entre le radius et la sub- radiale : les neuf premières, constantes, transversales, sub-parallèles , interceptant des cellules quadrangulaires presque aussi longues que larges: les autres , beaucoup plus rapprochées , confuses et variables; espace compris J 400 ANNALES entre la sub-radiale et le cubitus, comme dans la Reticu- laia; pan discoïdal , n'ayant que six rangées transver- sales de cellules toujours étroites et allongées, diminuant plutôt de largeur que de longueur à mesure qu'elles s'é- loignent de l'origine, et devenant d'autant plus régu- lières, qu'elles se rapprochent davantage du bord posté- rieur : les marginales, étant sub-rectangulaires et semblables entre elles ^ deux épines latérales seulement aux tibias postérieurs. Couleurs. Corps et pattes , testacés. Une large bande transversale noire, entourant le milieu de l'abdomen. Ailes hyalines; nervures, noires^ supérieures, ayant une tache marginale brune à l'endroit où se rejoignent le ra- dius et la sub-radiale. 10. Ricania splendida , Guérin, Voyag. delaCoq., In- scct. , pag. 191 , pi. 10 , fig. 10. B Flatasplendida, Fab., SysL Rhyng. 50, 21. Dory , à la Nouvelle-Guinée. — Femelle , collections de M. Guérin et Serville. Front , plus arrondi vers le haut que dans la Servillei. Division en trois facettes, mieux prononcée. Arêtes in- termédiaires, descendant au-dessous du milieu, très écar- tées, courbées parallèlement au contour des bords laté- raux. Tète , corcelet et abdomen, à peu près comme dans laL'Scrvillei. Innervation des ailes supérieures, tout au- trement disposée. Jonction du radius et de la sub-radiale, reculée presque au bout de l'aile: espace intermédiaire, coupé par plus de quarante nervures, obliques, très rap- prochées , sub-parallèles près de l'origine et vers le mi- lieu, divergentes et quelquefois bifides plus près de l'ex- trémité. Cellules interceptées , beaucoup plus larges que DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 407 longues. Espace compris entre le sub-radiale et le cubi- tus, ne formant dans ses deux premiers tiers, à partir de l'origine, qu'une seule cellule, quoiqu'on y voie plu- sieurs nervures transversales qui partent delà sub-ra- diale, parce qu'aucune n'atteint le cubitus. Cellules dis- coïdales. assez grandes, plus longues que larges, difformes et irrégulières, ne commençant à paraître par rangées que près de l'arrière-disque. Rangée apicale, composée de cellules alternativement rectangulaires, non pétiolées, et triangulaires pétiolées. Deux épines latérales aux tibias postérieurs. Tube anal, sans rebords latéraux. (Voy. pour les autres détails, Guérin, loc, cit.) C'est à côté de WSplendlda qu'il faudra probablement placer, lorsqu'elle sera mieux connue, une autre Rican le, dont je n'ai vu qu'un seul individu de la collection de M. Serville. Il avait perdu la tète et le prothorax. Le fer à cheval du mésothorax, ouvert en avant ; l'innerva- tion des ailes supérieures, à peu près comme dans la Splendida, mais la rangée apicale composée exclusive- ment de cellules semblables et rectangulaires plus longues que larges. Couleur générale, le brun noirâtre. Cinq ta- ches inégales et transparentes sur les ailes supérieures; une grande, au bord antérieur; une autre petite et punc- tiforme, au milieu de l'avant -disque } les trois autres, le long du bord postérieur. Cette espèce, bien distincte de toutes les autres, est de Java. 11. Ricania OCULata, Guérin, Voy. de la Coq., Ins. , pag. 192, pi. 10, fig.9. Toujours indépendamment des couleurs, cette espèce diffère de la' Splendida, \° en ce que l'avant-disque com- mence, à très peu de distance de l'origine, à être partagé 408 A.VNALLS en cellules étroites, longitudinales et sub- rectangulaires, en sorte qu'en allant de la base à l'extrémité, ces cellules augmentent en nombre et ne changent pas de forme; 2<> en ce que le tube anal de la femelle a deux rebords la- téraux, étroits et horizontaux, qui sont séparés du dos du tube proprement dit , par deux petits sillons longitu- dinaux. (Voyez pour les autres détails, Guèrin, loc cit.) * 12. Kicania Kllgii, Mlhi. Brésil. — Femelle envoyée par M. Klug, sous un autre nom que je n'ai pas pu conserver, ayant perdu la note où il était consigné. Long, du corps, 5 lig. 1/4. Id. des ailes supérieures, 5 lignes. Long, du corps à l'origine des ailes, 1/2 lig. Id. des ailes supérieures à leur angle postéro-interne, 5 lig. 1/4 Voisine de teServillei et de la Beticulatn. Front, pro- portionnellement plus long; côtés, plus droits et paral- lèles. Angles basilaires, arrondis. Aucune trace d'une di- vision en trois facettes. Arête médiane, bien prononcée, partant du bord supérieur et disparaissant à très peu de distance de la base. Celle-ci, droite. Chaperon, peu con- vexe : une arête longitudinale , effacée près de la base. Vertex, au moins quatre fois plus large que long. Bord antérieur, droit; sommet, effacé. Bord postérieur, lar- gement échancré. Point d'arête médiane sur le dos du prothorax. Ligne médiane du mésothorax, déprimée et élargie en avant. Arêtes latérales formant le fer à cheval, assez saillantes. Point de lignes élevées en dehors du fer à cheval. Ailes supérieures, penchées en dehors pendant le re- pos, comme dans les précédents; pan externe, ne se re- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGiQEE. 409 levant pas horizontalement. Espace compris entre le radius et la sub-radiale , coupé par plus de trente ner- vures obliques et assez rapprochées, la plupart simples et sub-parallèles, bifides et divergentes. Espace compris en- tre la sub-radiale et le cubitus, plus étroit que le précé- dent, coupé par un moindre nombre de nervures trans- versales et parallèles, partagé en cellules presque aussi longues que larges. Pan discoïdal , divisé en huit rangées au moins de cellules quadrangulaires, toujours plus lon- gues que larges. Dernière rangée, ou rangée marginale , composée de cellules plus étroites et beaucoup plus lon- gues que celles de l'avant-dernière rangée. Quatre épines latérales aux tibias postérieurs. Dans la femelle, le tube anal est de moyenne grandeur, obconique , convexe en dessus, plan en dessous, sans rebords latéraux. Ouver- ture terminale , ovale, entière, coupée obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Couleurs. Corps et pattes , d'une couleur de fève sèche qui a pu avoir eu une teinte verdâtre avant le dessèche- ment. Ligne médiane du mésothorax , blanchâtre. Bran- ches du fer à cheval , d'une teinte obscure, qui tranche avec celle du fond. Dos de l'abdomen, noirâtre. Ocelles , rouge de carmin. Ailes supérieures, brunes. Trois bandes larges et irrégulières sur l'avant-disque, quelques taches près du bord postérieur, hyalines et vitreuses $ nervu- res, noirâtres. Ailes inférieures, transparentes^ extrémité, brune. °15. Ricania tiumaculata, Guér. , Voy. delà Coq., Insect., pi. 9, 190. Dory , Nouvelle-Guinée. — Femelle de la collection de M. Guérin. Cette espèce, beaucoup plus petite que la précédente et \! -Ï10 ANNALES tout autrement colorée, en diffère encore : i<> par la di- vision du front en trois facettes, aussi bien marquée que dans la Spletidida; 2° par l'innervation des ailes supé- rieures , semblable à celle de cette dernière espèce et à celle de lifiRic. oculata. Elle diffère de celle-ci par l'ab- sence des lignes élevées sur le mésothorax , en dehors du fer à cheval. (Voyez pour les autres détails, Guérin, loc. cit.) M. RlCANIA FASCIATA, MUÙ. Q Fiata fasciala, Fab., Sjrst. Rhyng, 47, 8. Java. — Femelle de la collection de M. Seuville. Fa- bricius dit que cette espèce vient de l'Amérique méri- dionale; je crois qu'il a été induit en erreur. La Fasciata fait le passage ées'Ricanics aux Finies et aux Pœciloptères , par la grandeur de ses ailes supé- rieures; elles ont 8 lignes de longueur, tandis que le corps n'en a pas plus de trois et demi. Front, plus large que long, se rétrécissant insensible- ment de haut en bas; angles basilaires, arrondis; traces d'une division en trois facettes, très douteuses, varia- bles, et visibles tout au plus près du bord supérieur; arête médiane , peu élevée, disparaissant vers le milieu ; base, largement échancrée. Vertex, au moins six fois plus large que long, si l'on mesure la longueur sur la ligne mé- diane, quatre fois tout au plus, si l'on mesure le long des bords latéraux. Bord postérieur, largement échancré. Le 1er à cheval du mésothorax est ouvert en avant. Il y a deux autres lignes élevées plus extérieures, partant du bord antérieur, s'abaissant insensiblement, et se per- dant près des branches du fer à cheval au point où celles- ci commencent à converger en dedans. Le radius, coudé à son origine, puis faiblement arqué, devient sinueux aux DE LA SOCIETE ENTOMOLOG1QUE. ili deux tiers de sa longueur, et, à ce point, le bord antérieur de i'aile est largement et faiblement échancré. Derrière celle échancrure, la sub-radiale , qui est alors assez rap- prochée du cubitus, a aussi une plicalure convexe et sail- lanle. L'espace compris entre elle et le radius est coupé par des nervures courtes, obliques, sub-parallèles , très rapprochées, mais dont le nombre n'est pas constant. L'espace voisin, compris entre la sub-radiale et le cu- bitus, n'a, au contraire, que des veinures ramiûées peu appareilles el n'étant souvent visibles qu'à l'aide de la loupe. Nervures principales du pan discoïdal, commen- çant à se bifurquer très près de l'origine. Bifurcations, faisant entre elles des angles très aigus. Cellules du pan discoïdal, étant également longues et étroites; celles de lavant-disque n'étant pas plus larges que celles de l'ar- rière-disque, et toutes celles delà dernière rangée étant sub-rectanguiaires et non pétiolées. Trois épines laté- rales aux tibias postérieurs. Dans la femelle, le tube anal est ovale , oblong , plan en dessous, nettement triparti en dessus^ la portion médiane ou le lube proprement dit, court, obconique, à ouverture terminale, perpendicu- laire et échaucrée en dessous } les deux extérieures, en lames minces, horizontales, dont les bords latéraux sont arqués, et les deux extrémités finissent en pointe mousse, dépassant l'ouverture terminale de la médiane, et repré- sentant les cornes d'une espèce de croissant. (Voyez, pour les couleurs, Fab. , /oc. cit.). ^/ Plusieurs autres Fiâtes du Syst. Bhyng. seront proba- blement rendues aux Bicanies lorsqu'elles seront mieux connues. Mais les descriptions de l'auteur sont si vagues, qu'elles ne donnent aucune lumière sur les véritables ca- ractères génériques. J'en dirai autant de quelques ligures de Stolt, telles que lig. 102 , pi. 19 ; tig. 155, pl|27 , etc. 412 • ANNALES Autant que j'ai pu en juger, d'après un mauvais exem- plaire de la eolleclion de M. Guerin , la Flata pyralis de cet auteur a le vertex plan, horizontal , nettement séparé du front parune arête transversale qui répond au bord an- térieur de la tête. Je la regarde comme une Ricanie , mal- gré la grandeur de ses antennes , qui dépassent en etfet l'arête qui sépare les joues et le front. Si on mettait beau- coup d'importance à ce caractère, au lieu de placer cette espèce dans le G. Flata, dont la tête est bien différente, elle pourrait former une division du G. Ricania, à laquelle il faudrait peut-être rapporter notre Pœcilopteroïdes. v à 37. G. Flata, Fab. Tête, rarement protubérante. Toute la portion com- prise entre les deux joues, étant occupée exclusivement parla face frontale, qui remonte, sans interruption, delà base jusqu'au bord postérieur, en passant sur le dos de la tête, et en arrivant au contact immédiat du prothorax ; face postérieure de la tête , coupée obliquement, en per- mettant au prothorax de glisser au-dessus. Joues , planes , verticales ; arêtes qui les séparent de la face frontale, ordinairement minces, tranchantes, et n'ayant pas de rebord extérieur. Chaperon , peu convexe , et le plus souvent sans arête longitudinale. Yeux à réseau , moyens, ronds , entiers, distants du prothorax, souvent entourés en arrière par un pro- longement de l'arête qui sépare les joues et la face fron- tale. Ocelles, nuls. Les deux premiers articles des antennes , pris ensem- ble, dépassant toujours l'arête qui sépare les joues et la face frontale. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. il"» Lobe médian du proihorax , plus ou moins avancé, el toujours beaucoup plus élevé que les lobes latéraux qui descendent plus bas que les écailles alaires, et qui passent rapidement sur les flancs; échancrures post-oculaires, très rentrantes, à sommet souvent aigu et distant du bord antérieur-, bord postérieur, presque aussi élevé que le lobe médian , et passant quelquefois au-dessus des écail- les alaires, droit ou faiblement échancré. Dos du mésothorax, triangulaire et scutelliforme. Abdomen, souvent plus haut que large , le dos étant toujours relevé en crête, ou en carène. Ailes , prenant dans le repos une position presque ver- ticale, descendant alors au-dessous du ventre, <*n sorte que, dans quelques espèces, les supérieures se touchent par leurs angles postéro-externes^ espace compris entre le radius et la sub-radiale, coupé par un grand nombre de nervures transversales, un peu obliques, et sub-pa- rallèles. Tibias postérieurs , épineux. Le nombre des épines tibiales, l'innervation des^ailes supérieures, les inégalités du front, les proportions du tube anal et des parties génitales, varient selon les espè- ces. Nous aurons à en faire remarquer les différentes mo- difications. Le caractère essentiel qui distingue le G. Flata de toutes les Ftatoïdes précédentes, dont les ailes supé- rieures sont également pourvues d'une nervure sub-ra- diale, consiste dans la disparition absolue du vertex, et dans l'extension de la face frontale de la base du chape- ron jusqu'au bord postérieur de la tête. Celui qui le dis- tingue du genre qui va suivre se réduit à la plus grande longueur des deux premiers articles des antennes. Pris ensemble, ils n'atteignent pas, dans les Pœciloptères , l'arête qui sépare les joues et la face frontale ; mais ce ca- 414 ANNALES raclère relatif de plus ou wotrc.y n'a certainement pas l'im- portance qu'on ne saurait accorder qu'aux caractères ab- solus. J'avoue qu'il fournit une antithèse brillante, et qu'il fait un bel effet dans un tableau synoptique. Cepen- dant, si l'on ne s'arrête pas aux extrêmes les plus distants, si l'on parcourt la série des passages intermédiaires, on en vient à se méfier de ces coupes qu'on croyait si nettes, et on finit par les trouver très vagues et purement arbi- traires. En effet, que l'on mette en masse toutes les es- pèces des deux genres qu'on avait voulu séparer d'après la longueurrelalive de leurs antennes, on verra : 1° Qu'il est impossible de mesurer celle longueur d'une manière rigoureuse, parce que leurs articles sont plus ou moins contractiles, et parce qu'ils peuvent rentrer plus ou moins les uns dans les autres ; 2° Qu'il est fort difficile de comparer leur longueur à celle des arêtes qui séparent les joues et la face frontale, parce qu'on ne sait pas si l'antenne qu'on veut comparer a pris toute l'extension dont elle est susceptible ; 5" Que les proportions relatives des deux premiers ar- ticles sont très variables, surtout dans les espèces qui ont les plus longues antennes; que le plus grand est tantôt le premier, qu'il est tantôt le second, et que quelquefois même ils sont égaux entre eux ; 4° Que les formes sont aussi variables que les propor- tions; que ces articles peuvent être, indifféremment et selon les espèces, cylindriques, obconiques ou en massue ; qu'ils peuvent être lisses ou granulés ; que la massue peut être sphérique , en olive ou en cylindre $ que l'extrémité peut être droite, oblique ou écltancrée^ 5° Que ces différences de forme et de grandeur n'ont aucun rapport avec les différences des autres parties du corps, et qu'elles ne semblent comparaître que pour té- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOEOGIQUE. 41 S moigner du rôle très secondaire que les antennes doivent jouer dans l'économie de ces petits animaux ; 6° Que les dimensions des antennes peuvent varier dans les différents individus du même sexe et de la même espèce. On sera alors tenté de croire que les Fiâtes et les Pœ- ciloptbvcs sont rationnellement inséparables. Pour moi, je l'avoue, je partage cette opinion. Cependant , par res- pect pour la chose jugée, par égard surtout pour l'auto- rité de Latt cille, qui a fondé le genre G. Pœciloplera, et qui a été suivi par tous ceux qui lui ont succédé , je ne donnerai pas au G. Flala toute l'étendue que je voudrais lui donner, et je n'y comprendrai maintenant que les espèces à très longues antennes. Espèces. & 1. Flaïa mmbata, Fab., Syst. Rhyng., 40, G. Va Fulgora marginella, EncycL, t. VI, p. 175, n. 43 Cigale phaSénoïde verte, Sioll, Cig. pag. 50, pi. H , fig. 54, etc. 3 Var. a. Flata nigricornis, Fao. Syst. Rhyng., 4-5,4. v O Var. a. Flata pallida, Guévin, et Fulgora pallida, En- cycL, t. VI, p. 575, n. 42. Cigale porte-laine, SlqII, Cig., pag. 101, pi. 26, fig. 45. Afrique équinoxiale. — Femelles, collection de MM. Serville et Guep.in. Les deux premiers articles des antennes, allongés, sub- eylindriques ou très faiblement obeoniques. Le premier, lisse, verdàtre, dépassant l'arête qui sépare les joues et la face frontale ; le second , plus long que le premier, noir et granuleux. Front , étroit, creusé profondément , ascendant, en surface courbe et convexe, s'étendant assez 41 G ANNALES sur le dos de la têtc^ base profondément échancrée en rond. Trois lignes élevées sur le prothorax ; deux autres, plus écartées et n'atteignant pas le bord antérieur, sur le mésothorax. Dos de l'abdomen , en crête anguleuse et aiguë, ascendante d'avant en arrière jusqu'au troisième segment, descendant ensuite très brusquement jusqu'au niveau du tube anal. Radius, coudé à son origine, peu arqué : sub-radiale , parallèle au radius, et terminée à son point de jonction avec le cubitus, qui se prolonge jusqu'à sa rencontre avec le radius. Fémurs, sub-cylin- driques ; arêtes, effacées. Deux épines latérales aux tibias postérieurs. Dans la femelle, le tube anal est court, ovale, aplati, un peu concave en dessous, triparti en dessus par deux sillons divergents en arrière : portion du mi- lieu, ou tube proprement dit, en cône tronqué et peu convexe; ouverture, très oblique d'avant en arrière, et de haut en bas, presque horizontale, en ovale longitudi- nal , sans échancrure terminale ^ les deux portions exté- rieures, ou les bords latéraux, en lamelles minces, étroites, à bord extérieur arqué, ne dépassant pas en arrière la portion médiane. (Voyez , pour les couleurs et pour les variétés , les auteurs que nous avons cités.) C» % Flata au roua, Mihi. Pœciloptera aurora, Guérin, Voyag. de Belfangcr , Zool. , pag. 409. Java. — Femelles des collections de MM. Siinvittèet Guérin. Dans l'exemplaire de M. Guérin, les antennes n'é- taient pas en bon état; mais dans celui de M. Servit.™ et dans le mien, j'ai vu qu'elles dépassent les arêtes qui sé- parent les joues et le front. Cette espèce est donc du DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 417 v G. Flala, tel qu'il est maintenant admis. Elle est très voi- sine de la précédente, dont elle est d'ailleurs bien dis- tincte. Les deux premiers articles sont également sub- cylindriques et sans granulations } mais le premier est plus grand que le second , cl il dépasse plus ou moins l'arête qui sépare les joues et le front. Dans l'individu de la collection Serville, il est au moins le double de l'au- tre ; dans le mien, le second égale à peu près les deux tiers du premier. Cette différence d'un individu à l'autre est-elle réelle, ou bien y aurait- il dans le mien une ré- traction du premier article dans le fond du tubercule antennaire? Le front est un peu plus large que dans la Lim- bata; ses bords sont moins élevés. Des trois lignes éle- vées du prolhorax, les deux latérales sont peu saillantes, et l'intermédiaire est effacée. Les deux lignes extérieures du mésothorax sont aussi moins élevées et beaucoup plus courtes. Le radius ne fait pas de coude notable à son origine. Les arêtes des fémurs sont saillantes, et les fémurs sont prismatiques. Le tube anal de la femelle con- siste en une grande plaque mince et operculiforme, en toità deux versants, concave en dessous, échancrée à son extrémité^ sommet de l'échancrure apicale, étant un point de rebroussement de la première espèce. C'est sur le faîte de ce toit que pose le tube proprement dit 5 il est étroit, sub-cylindrique et ouvert postérieurement vers la moitié de la longueur de la plaque. Dans tout l'espace compris entre cette ouverture et l'extrémité, le dos est creusé en canal , se rétrécissant insensiblement en ar- rière et aboutissant au sommet de l'échancrure apicale. (Voyez, pour les autres détails, Guér., foc. cit.) 418 ANNALES 5. Flata floccosa, Guêr., Foyag. de Bellangcr, Zool., pag. 472, pi. 3,fig. 4. De Java. Je n'ai pas vu cette espèce en nature $ cependant, l'ex- cellente figure qu'en a donnée M. Guekin ne laisse aucun doute sur la place qu'on doit lui assigner. On y voit que le premier article dépasse l'arête qui sépare les joues et la face frontale^ que le second est encore plus long, comme dans la Limbata; qu'ils sonHpus les deux lisses et sans granulations, comme dans VAurpra. Le radius n'a pas de coude à son origine. La face frontale semble se rétrécir vis-à-vis de la naissance des antennes, ce qui ne ne se voit pas dans les deux précédentes. Le tube anal ressemble à celui de YAurora. (Voyez , pour les autres détails, Guér., loc. cil.) ^ 4. Flata Stollii , Mihi. La Cigale papillonnée, Stoll, Cig., p. 37, pi. 7, fiT>. 35. java. — Femelle de mon cabinet. Tubercule antennaire assez saillant. Premier article des antennes, épais, cylindrique, n'étant pas, dans mon exemplaire, plus long que le tubercule , lisse. Le second, dépassant visiblement l'arête qui sépare les joues et le front, granuleux, sub-cylindrique ou faiblement obco- nique, tronqué un peu obliquement à son extrémité. Troisième et quatrième, de la forme ordinaire. Le troi- sième, obconique, naissant à l'angle extérieur de la tron- cature apicale du second. Face frontale ne se rétrécissant pas vis-à-vis de la naissance des antennes. Prolhorax, plus court que dans YAurora; bord antérieur du lobe médian , plus arrondi et également rebordé ; arêtes du milieu, effacées. Mésolhorax, endommagé. Abdomen, tout DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 410 au plus aussi haut que large. Dos des segments intermé- diaires, en carène dentelée dont le maximum de hauteur répond au troisième segment. Ailes supérieures, comme dans les espèces précédentes, penchées presque perpendi- culairement pendant le repos , et descendant alors beau- coup plus bas que Labdomen. Radius, coudé à son ori- gine, comme dans la Llmbala. Deux épines latérales, aux tibias postérieurs : l'épine supérieure, plus petite. Tube anal, comme dans la femelle d&VAurora. Plaque un peu pîusallongée et un peu plus profondément échancrée. Cin- quième anneau du ventre, ayant au milieu une échan- crure larges, profonde et arrondie. Étuis de l'oviscapte, en lames verticales et tranchantes. Ecailles vulvaires, presque aussi large à leur base qu'à leur bord posté- rieur, enveloppant l'extrémité de l'oviscapte. Couleurs. Corps, antennes et pattes, blanchâtres. Deux bandes longitudinales sur le front, quatre taches, dont les deux extérieures, plus grandes, disposées en ligne transversale, sur le dos du prothorax, huit autres en deux lignes transversales et quatre sur le mésolhorax, noires. Base des anneaux de l'abdomen, extrémité des écailles vulvaires, tube anal, bruns. Ailes supérieures bleuâtres: une large bande blanche, partant de l'ori- gine de l'aile, suivant le bord antérieur jusqu'aux trois quarts de sa longueur, se repliant ensuite en dedans, décrivant un arc de cercle dont la convexité est tournée vers le bord postérieur, et qui n'atteint pas le bord in- terne ; une autre petite bande transversale très étroiïect plus rapprochée de l'extrémité, de la môme couleur. Pan interne, testacé-pâle. Ailes inférieures, hyalines, à refiels bleu très clair : nervures, noires. Les ailes supérieures sont saupoudrées de cette substance cornéo- cireuse que les Fulgorelles sécrè'ent si abondamment sur l'a- viu. 28 420 ANNALES vanl-disquc$ cette efflorescence forme des flocons courts, épais et circonscrits, qu'on a pris pour autant de taches de l'aile, quoiqu'elles n'en fassent pas réellement partie. / o 5. Flata fostic v , N . sp.P Cap de Bonne-Espérance. Collection de M. Seuville. Long, du corps, alignes | ; long, des ailes supérieures, A lignes. Tubercule antennaire, saillant. Premier article des an- tennes, entièrement caché dans le fond du tubercule; second article, cylindrique, épais, granuleux, presque aussi grand que dans YAnotia coccinea, très long, dé- passant non seulement l'arête qui sépare les joues et le front , mais étant deux fois plus long que la tête mesurée de la base du front jusqu'au bord postérieur^ face fron- tale , sans traces de division en trois facettes , et sans arête médiane et longitudinale, mais notablement proé- minente entre les yeux: proéminence inter-oculaire, conique et obtuse-, dos du corcelet, lisse et sans arêtes; ailes supérieures, arrondies, n'ayant de nervures sub- parallèles et obliques-transversales que dans l'espace compris entre le radius et la sub-radiale^ innervation du reste de l'aile , veineuse ou arborescente. Le mauvais état de cet individu ne m'a pas permis d'en dire davantage. Couleurs. Corps, ailes supérieures et pattes, vert- tendre; second article des antennes, noir. Une tache de la même couleur sur le bord interne de l'arrière-disque, à peu de distance du bord postérieur. Contour de l'aile derrière celte tache, orangé; ailes inférieures, blanc de lait, à peine translucides. ' 38. G. Poeciloptera, Lalr. Ce genre ne diffère du précédent que par la moindre DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 421 longueur de ses antennes, qui sont censées ne pas dépas- ser les bords latéraux des joues. On sait ce que je pense de ce caractère. Pcs espèces qui le composent, les unes ont les faces des Fiâtes que nous avons décrites , d'autres s'en éloignent beaucoup par leurs formes secondaires, comme on le verra dans le tableau général de celles qui me sont connues et dans les descriptions particulières. Latrejlt.e proposa cette coupe en 1805, et la nomma d'abord '^Pœkil /optera dans le Gen. Ins. et Crust. y tom. III, pag. 165. Plus lard, il adopta le changement d'orthographe proposé par M. Germar en 1818, Mag. eut., tom» 3, pag. 218 , et il consacra le nom de Pœcilop- tère en 1825 dans ses Fam. val. du règne anim., p. 427, en restituant le nom de Fiâtes aux espèces qu'il avait nommées Cixies dans X Hist. nat. des Crùst. et des Ins., lom. XII, pag. 521. Cependant les Cixies diffèrent beau- coup du type du G. Flata, tel qu'il a été signalé par Fabricius, et leur intrusion dans cette classe est une de ces inexactitudes dont le Syst. Rkyng. offre tant d'exemples. C'est pour eux que Latreille aurait dû créer un nouveau nom, d'autant plus que ses Pœcilop- teres devaient contenir, non seulement les espèces que nous avons laissées dans ce genre, mais encore toutes celles qu'il nous a fallu rapporter aux Fiâtes et aux lii- canies. M. Germar avait réparé en partie la faute de La- treille , en reproduisant le G. Cixius, que M. Bur- meister a encore changé en Cixia. Mais ayant formé du G. Pceciloptcra, Latr., les trois genres Ricania, Flata et Pœciloptera, par une fatalité singulière, l'es- pèce type du àrF/ata, Fabr., la°F/. Ocellata, Syst. Rhyng.y 49, 18, s'est trouvée encore une Pcecilopierc. Voyez le tableau pag. 422. 422 ANNALES v Espèces. Y G. POECILOPTERA. nuiles. f Lobe médian du prolliorai , i~, t _, , _ L echnneré en avant. . . . °\ ■ PhalœnOldeS, BURM. } Lobe médian du proihorax, f nï-iant pas échaniré en '.»«'" v -92. Mélanaria, M. Ê - | £ ibles en haut du front £)5. MaCltlatd, GlJÉR. [ Front proprement dit i_: i"2 f l n'ayant pas d'arête inédiaity' [-1 U f protubérant emre" 1 l0 "S ill,di '"' ,!e - ' • *C<4. 5«* ? »adra/«,FRIV. Tes yew à réseau, j froDlproprfmfm ,,;, ayanl I une arête médiane et loii|îi 7 _„ _ 1 ludinàie yVo. Jodipennis. tronqué très obliquement de haut en bas eude.^,, rr , .. „ r dedans en d. bois '-'.Vb. Truncalicorms, M. li, J. /aigus *.pl. Falcata, Guér. ■g*^ Jl-\ ?| /entier et arrondi enaïanYc8. Candida, BURM. ; /tubercule. . V.p9. Productif, M* fi ts \ °- '.non tubercule. .iO. Marginellu. Y Q\\. Aspericollis, M. S .a il d« ibaut. . j2, Septentrionales AI. baut «o bas. * 013. JBrasiliensisAl. pnraiè- les. SI 014. Dominicensis, ( droits 1 e. I parallèles l vers le -S | ?■= - \ baul , di- ?j §.s ; lakise. 1) lo. Coromandelica, M. ° S ImijieutPlG. Ocellata, Burm. \precqoe boricsDtai V V17. RicanioïdesA\. \ brusquement rélrécies aui deux tiers de leur longueur , ires ëlw/ics , > . . ... \ à Uur extrémité h q18. AcumwipentUS, il DE LA SOCIETE ENTOMOLOGJQUE. 48iï v Q t. POîLCILOl»TKRA PIIAL^JNO'lDES , Blll'lU., IfCul. matlllS., pag.64, n.2. *S & Flata phalœnoïdes, Fab., Syst.Rhyng., 46, 4. La cigale phalénoïde, Stoll, Cig., p. 25, pi. 11, fig. 9, Brésil. Les deux sexes de mon cabinet. Cette espèce est une des mieux connues du genre, et une des plus communes daus les collections. Il serait inutile d'en entreprendre une description complète : je me bornerai seulement à quelques détails secondaires que l'on omet ordinairement, et auxquels j'attache de l'importance, parce qu'ils serviront à faire reconnaître l'espèce, indépendamment de ses couleurs. Les deux premiers articles des antennes sont obeoniques, lisses et sans granulations : le second est environ deux fois plus long que le premier; cependant il ne dépasse pas l'arête qui sépare les joues et le front. La face frontale est con- vexe , à peine un peu plus longue que large , sans traces de division en trois facettes , ayant une petite arête lon- gitudinale, peu élevée vers le haut, effacée près de la base$ dos du corcelet , sans lignes élevées ; bord anté- rieur du lobe médian du prolhorax , sensiblement échan- cré ; -une seule épine latérale aux tibias postérieurs. Point d'ocelles. Dans \di femelle , le bord postérieur de la cinquième plaque ventrale est biéchancré ou trilobé; les deux lobes externes de la sixième sont larges et courts ; les ap- pendices internes sont comprimés en lame de sabre, dont la face interne est creusée en canal : leur extrémité est enveloppée par leurs écailles vulvaires. Celles-ci ont leur bord interne denticulé: le tube anal, comme dans les v - \.Fl. aurora eVSiolliï du même sexe; espace dorsal com- pris entre l'ouverture du tube proprement dit et l'extré- 421 ANNALES mité de la plaque lamelleuse, n'étant pas sensiblement sillonné. Dans le mâle , la cinquième plaque ventrale est sem- blable aux précédentes. La paroi inférieure de la sixième n'a pas d'échancrurc} les branches de l'armure copula- trice sont en feuilles minces, allongées et un peu relevées en dessus. Le tube anal ne diffère de celui de la femelle , qu'en ce que la plaque qui porte le tube anal proprement dit est proportionnellement plus étroite, moins con- cave en dessous et sans échancrure apicale. V2. POECILOPTERA MELANARIA, N.SpJ Cayenne. Un exemplaire, provenant de la collection de feuBATvoN, communiqué par M. Gène. Celle espèce, qui est très distante de la Phalénoïde par ses couleurs, en est très voisine par ses formes. Le» différences notables se réduisent aux suivantes : second article des antennes, semblable à une olive dont le petit bout aurait été coupé en biais, ayant quelques granula- tions peu apparentes à l'œil nu; un très petit tubercule ocelliforme, mais sans doute aveugle, entre les yeux et les antennes; lobe médian du prothorax, entièrement arrondi , ayant une petite dépression médiane et sub- marginale, mais sans échancrure véritable : une arête dorsale commençant derrière celle dépression, et attei- gnant le bord postérieur; trois lignes élevées sur le mé- sothorax: les deux extérieures, convergentes en avant, et dessinant un fer à cheval fermé. Le mauvais état de l'individu ne m'a pas permis de reconnaître son sexe et de bien voir les derniers anneaux de l'abdomen. Deux épines latérales aux tibias postérieurs» Couleurs. Corps, antennes, ailes et pattes, noirs. Celle couleur s'éclaircit insensiblement aux ailes supérieures, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 42o en allant delà base à l'extrémité, qui est brune. Une lâche au milieu du front 5 tarses et premiers anneaux du verlex, leslacés. / O 3. Poeciloptera maculata, Gucrin , Iconogr. du règne anim. y Ins., pi. 58, fig. 7. Pœciloptera maculata, Cuérin, Voy. de Bcllangcr, Zool., pag. 470. Java. Femelle de mon cabinet. Les deux premiers articles des antennes, lisses, sans granulation, sub-eylindriques ou très faiblemeut obco- niques, atteignant le bord des joues, et devant le dépas- ser si le premier article pouvait sortir davantage du tu- bercule antennaire. Cette possibilité est pour moi une probabilité, et cette réflexion me fait regarder la L Ma- culata comme une des transitions nombreuses des°Flaies aux^Pœciloptères : le second article paraît au moins trois fois plus long que le premier; un ocelle ou un petit tu- bercule ocelliforme de chaque côté , entre les antennes et les yeux 5 face frontale, convexe, comme dans les deux espèces précédentes, mais étant proportionnelle- ment un peu plus étroite, et ayant ses bords latéraux un peu plus élevés; arête médiane, peu élevée, partant du bord postérieur et descendant jusqu'au milieu du front. Traces d'une division en trois facettes assez apparentes, consistant en deux arêtes peu élevées, très écartées, par- tant du bord postérieur, et descendant parallèlement aux bords latéraux jusqu'au premier quart de la longueur du front; lobe médian du prothorax, sans échancrure anté- rieure. Point de lignes élevées sur son dos, ni sur celui du méspthorax ; dos de l'abdomen dans la femelle, comme dans les ThalenoïJes; cinquième plaque ventrale, n'ayant 4-26 ANNALES qu" une petite édiancrure médiane, étroite , profonde et arrondie; écailles vulvaires, sans dentelures internes. Voy., pour les couleurs et pour les autres détails, Gué- rin, lac. cit. 4. Poeciloptera subquadrata, Friwaldsky , iiililteris. Pœciloptera subquadrata, Herr.Sch.fn. Germ. cont., fisc. 134, fig. 2 et 3. Romélie. — Mâle et femelle démon cabinet, envoyés par M. Friwaldsky. Longueur du corps, 1 ligne 7; longueur dit corps, 7 li- gne ; longueur des ailes supérieures, 2 lignes 7. Antennes, courtes, et ne pouvant certainement pas dé- passer les arêtes qui séparent les joues et le front. Pre- mier article, le p!us souvent enfoncé dans le tubercule antennaire, assez spacieux; le second, épais, globuleux, rétréci et tronqué à son extrémité, visiblement granulé. Troisième et quatrième, de la forme ordinaire. Tète, large, proportionnellement à la largeur du corps, et ressemblant, sous ce rapport, à celle des lit carnes plutôt qu'à celle dos Pœciloplircs précédentes. Base du front, largement écbancrée. Angles basilaires un peu dilatés et arrondis. Front proprement dit, presque aussi large que long. Face frontale, insensiblement proéminente entre les yeux. Proéminence inter-oculaire, courte, obcouique et obtuse. Arêtes qui séparent les joues et le front, un peu rebordées latéralement. Un véritable ocelle, de chaque côté, au-dessous de l'angle inféro-interne de l'œil à ré- seau ^ celui-ci, grand , sans échancrure, proéminent en arrière , et étant en contact immédiat avec le prolhorax. Lobe médian, large et peu avancé. Bord antérieur, droit. Dos plan Ligne médiane, déprimée. Dos du mésotlio- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. 427 rax, sans lignes élevées apparentes. Ailes supérieures, contournées et inclinées à peu près comme dans les trois espèces précédentes. Radius, très coudé près de l'origine. Espace compris entre le radius et la sub ra- diale partagé en un grand nombre de cellules transver- sales et semblables, comme dans toutes les PœcllopCeres. Espace compris entre la sub-radiale et le cubitus, plus large, mais plus court que l'autre, ne consistant qu'en une seule cellule, grande, étroite et allongée. Point de nervures anastomostiques sur le pan discoïdal. Une seule rangée apicale de petites cellules étroites et allongées, la plupart triangulaires et pétiolées. Abdomen, n'étant pas plus haut que large. Dos des premiers segments, étant ce- pendant élevé en carène, et formant ensemble une es- pèce de crête dentelée. Une seule épine latérale aux ti- bias postérieurs, très près de l'extrémité tarsienne, et souvent assez petite pour échapper à l'attention des ob- servateurs. Dans la femelle, la cinquième plaque ventrale a, au milieu, un petit écusson, plan, saillant en triangle, dont le sommet touche le bord postérieur 5 celui-ci est large- ment et profondément échancré en rond. Les étuis de l'oviscapte paraissent minces, tranchants, notablement arqués; mais ils sont presque entièrement enveloppés par les écailles vulvaires, qui sont en marteau, dont la tête est très dilatée, et dont le bord interne est fortement denticulé. Le tube anal est court, son extrémité n'attei- gnant pas celle des écailles vulvaires; il est en plaque ovale, plus longue que large, sans échancrure apicale. Le tube anal proprement dit est moitié plus court que la plaque, peu convexe en dessus, à ouverture oblique et supérieure, sans canal apparent de l'ouverture à l'extré- mité. 428 ANNALES Dans le mâle, les cinq premiers anneaux du ventre sont de la forme ordinaire. La paroi supérieure du sixième est entière. Les branches de l'armure copula- Irice consistent en deux feuillets oblongs, lancéolés, peu distants en dessus, embrassant le pénis latéralement et même un peu en dessus. Le tube anal, plus court que l'ar- mure copulatrice, n'étant ni rebordé, ni lamelliforme, réduit au tube proprement dit, en cylindre, dont l'axe est plus du double du diamètre. Ouverture postérieure, oblongue , coupée très obliquement de haut en bas et d'a- vant en arrière. Couleurs. Corps, antennes et pattes, d*un blanc sale, qui a pu avoir une teinte verdâtre avant le dessèche- ment. Ailes supérieures, un peu plus pâles. Dix à douze petits points noirs, ronds et distants, clair-semés sur le pan discoïdal et sur l'espace compris entre la sub- radiale et le cubitus ; cinq d'entre eux disposés en ligne droite- longitudinale, entre les deux principales nervures discoï- dales. Ailes inférieures, blanc de lait. Épines tibiales et tarsiennes, noires. Ocelles, rouges. 5. POECILOPTERA JODIPEjNNIS, Milli. PRicanea jodipennis , Gucrin , J r oyag. de la Coq., pag. 191. Dory, Nouvelle-Guinée. — Collection de M. Guériin. Cette espèce, que je n'ai plus sous les yeux, m'a paru différer de la' Subcjuadrata , indépendamment des cou- leurs, par une ligue élevée qui part du sommet de la proéminence inter-oculaire, et qui descend le long du front proprement dit. Je n'ai aperçu aucune arête entre le front et le verlex. 11 n'y a réellement qu'une seule face , comme dans WSubquadrata , et ces deux espèces , évidemment congénères, ne sauraient être des ïiicanïcs, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. 420 G. POECILOPTEBA TRUINCATICORNIS, N. SpJ PI. 7°, fig. 5. Java. — Femelle de la collection de M. Serville. Grandeur des FI. limbaia el c aurora. Espèce bien dis- tincte de toutes les autres par la forme très remarquable du second article des antennes , beaucoup plus grand que le premier ; il ne dépasse pas l'arête qui sépare les joues et le front; il s'approche cependant de son bord, et il le dépasserait, si le premier article pouvait sortir davan- tage du fond du tubercule antennaire, et, si cela arrivait, notre Pœciloplère deviendrait une v Fiate, tant il est vrai que ces deux genres n'en devraient faire qu'un seul. Il m'a paru lisse, sans granulation, obconique, un peu comprimé , et tronqué très obliquement de dedans en delwrs, en sorte que l'angle interne est beaucoup plus avancé que l'externe. Toute la troncature est étroitement fendue; l'intérieur delà fente est visiblement mem- braneux. C'est à son extrémité la plus avancée , à son angle interne, qu'est inséré le troisième article, qui est très petit, et qui porte le quatrième en soie fine et allon- gée. La face frontale est divisée en trois facettes d'iné- gale grandeur, celle du milieu étant presque aussi large que les deux autres prises ensemble. Les deux arêtes in- termédiaires sont très saillantes: elles commencent à peu de distance du bord postérieur de la tête : elles suivent le contour delà face frontale, parallèlement à ses bords, et elles descendent jusqu'au milieu du front proprement dit. Une arête médiane commence sur la face frontale , au même point que les deux autres } mais elle descend plus bas, et elle ne disparait qu'à peu de distance de la base. La ligne médiane du prolborax et du mésothorax est pareillement une arête saillante. On voit de plus, sur le dos du second, deux autres lignes élevées, droites et 430 ANNALES parallèles à la médiane, parlant du bord postérieur, et disparaissant vers le milieu. Le dos de l'abdomen était masqué par les ailes en toit, à versanls presque verticaux, et descendant beaucoup plus bas que le ventre. Les supé- rieures, un peu coudées à leur origine, sont étroites, sub-triangulaires et tronquées très obliquement. Quoi- que leur bord postérieur soit droil, les deux angles sont arrondis, ou plutôt émoussés , et le postéro-externe est, pendant le repos, beaucoup plus avancé en arrière que le postéro-interne. Innervation, à peu - près comme dans la VRicania nwfa^Dans la femelle, le tube anal à peu près comme â_, fïg. 6, et c'est sur ces apparences que j'ai fixé la place que cette espèce occupe dans le tableau synoptique. Mais ses ailes sont- elles réellement dans la position normale du repos par- fait , de la complète inaction ? J'ai de la peine à le croire. Elles me semblent plutôt surprises dans une de ces posi- tions transitoires qui peuvent ou précéder ou suivre celle qu'elles prennent définitivement pendant le vol, position où elles sont assez redressées ; mais où elles ne sont plus, ou bien où elles ne sont pas encore assez écartées pour voler. Dans ce cas, il faudrait réformer cette partie du tableau synoptique; mais l'espèce n'en resterait pas moins très distincte de toutes celles du genre. Celte^ace Jrontale, dans laquelle le frontproprement dit est évidem- ment plus large que long, nous suffirait pour la recon- naître entre toutes celles du tableau. La grandeur relative et le contour des ailes supérieures sont â peu près les mê- mes que dans les espèces précédentes. Le radius est éga- lement coudé près de son origine. L'espace compris entre le radius et la subradiale a la même réticulation ; mais le cubitus est plus saillant, plus tortueux, et l'espace compris entre lui et la subradiale est plus étroit et plus irrégulier. L'aile a une gibbosité derrière l'angle postero-externe de la cellule basilaire, près de la sortie du cubitus, qui la traverse longitudinalement. Toutes les nervures trans- versales ou anastomostiques du pan discoïdal sont moins élevées que les ramifications longitudinales des nervures principales, et la plupart d'entre elles ne sont guère visi- bles à l'œil nu. Il y a deux épines aux tibias postérieurs. Dans la femelle , le seul sexe que je connaisse , la cin- quième plaque ventrale n'est pas échancrée postérieure- DE LA SOCIETE EiNTOMOLOGIQUE. 443 ment; mais elle a un petit écusson triangulaire pareil à celui que nous avons vu dans la femeïïè de'\ii Subq uarl rat a. Dans mon exemplaire,les appendices internes de la sixième plaque ne sont pas enveloppés par les écailles vulvaires, ce qui me prouve de plus en plus que cet individu n'est pas dans l'état normal. Elles sont conformées comme dans la femelle dù°Brasiliensis , mais leur extrémité dé- couverte m'a permis de voir qu'elles sont terminées par quatre ou cinq dents aiguës placées à la suite l'une de l'autre, et tournées obliquement en arrière et en dehors. Les écailles vulvaires, très écartées accidentellement, semblent peu dilatées à l'extrémité ; leur bord interne est denticulé} le tube anal est redressé en haut, sans doute pour ne pas gêner le jeu de l'oviscaple, il est conformé à peu près comme dans les Fœcilopt'Brasilicnsis'eiCoro- mandelica. Couleurs. Corps et pattes, testacés; dos de la tête et du corcelet, bruns $ massue des antennes, crête abdominale, tube anal, oviscfcpte, épines tibialeset tarsiennes, noires; ailes supérieures, brunes, ombragées de teintesplus claires vers l'extrémité, plus obscures sur lagibbositédel'avant- disque ; portion tuberculée du pan interne, noirâtre. V 18. POECILOPTERA ACUMIMPENN1S, N. Sp.? Saint-Domingue. — Collection de M. Serville. Longueur prise du bord antérieur de la tête jusqu'à l'extrémilé des ailes supérieures en inaction, quatre li- gnes. Le front proprement dit est déjà plus long que large, plan , ascendant obliquement, sans arête médiane, et sans traces de division en trois facettes; mais la face frontale l'est encore davantage, parce que, à la hauteur des yeux, elle se renverse brusquement en arrière, et elle 416 ANNALES s'étend horizontalement sur le dos de la tète jusqu'à son bord postérieur, qui est fortement rebordé. Il n'y a au- cune solution de continuité dans toute cette espèce, au- cune arêle, aucune suture. Ce Irait suffit pour fixer la place de cette espèce, et pour la distinguer des ^Ricanies, avec lesquelles elle a d'ailleurs beaucoup de ressemblance. Les antennes avaient disparu dans l'exemplaire unique que j'ai eu sous les yeux 5 ce n'est donc que par induction que je l'ai mise plutôt dans le G. Pœciloptera que dans le G. Flata. Le prolhorax est arrondi antérieurement, les écbancrures post-oculaires sont effacées et le bord posté- rieur est arqué parallèlement au bord antérieur. Le mé- solhorax et l'abdomen étaient trop endommagés pour être décrits; le sexe n'était plus reconnaissant. Les ailes supérieures sont frappantes par leur rétrécissement pos- térieur et par leur allongement. Ces caractères donnent à cette espèce un faux air de ressemblance avec notre Ts- sus longipennis. Sans être coudées à leur origine, les ailes sont arrondies et dilatées 5 elles ne commencent à se ré- trécir qu'au premier quart de leur longueur; au delà, leur bord externe décrit d'abord une courbe rentrante et à faible courbure, puis il se prolonge en ligne droite, et parallèlement au bord interne^ les angles postérieurs sont émoussés ; le bord postérieur est très court et un peu échancré ; l'espace comprisentre le radius et la sub- radiale est comme dans toutes lès Pœcilopteres ; l'espace voisin, compris entre la sub-radiale et le cubitus, est notable- ment gibbeux, assez près de son origine : nervures trans- versales du pan discoïdal peu nombreuses et peu appa- rentes ; les tubercules ordinaires sur le pan interne ; deux épines latérales aux tibias postérieurs. Couleurs, probablement altérées parle dessèchement: corps, pattes et antennes, blanchâtres $ ailes supérieures DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 447 de 3a même couleur ; deux grandes lâches noires, l'une transversale, au-dessus de lagibbosité, l'autre difforme, plus en arrière, sur le pan discoïdal ; d'autres taches obs- cures, plus petites, le long du bord externe, à partir de l'origine jusqu'au point où ce bord commence à se pro- longer en ligne droite parallèlement au bord interne. v 59. G. Acanaloima, Mlhi. Tête, non protubérante. Face frontale, occupant tout le devant de la tête, de la base jusqu'au bord postérieur. Vertex, nul. Chaperon, sans arête. Joues, planes et verticales, séparées de la face frontale par des arêtes minces, tranchantes et non rebordées. Feux à réseau, sans échancrures. Un ocelle de chaque côté, entre les yeux et les bords des joues. antennes, ayant leur premier article enfoncé dans le creux du tubercule antennaire ; le second, globuleux, un peu granuleux, n'atteignant pas le bord des joues, don- nant naissance au troisième à son extrémité 5 celui-ci, très petit et de la forme ordinaire, ainsi que le quatrième en soie iine et allongée. Ahdomen, plus haut que large. Ailes, inclinées, pendant l'inaction, en un plan pres- que perpendiculaire. Les supérieures ayant encore une nervure sub-radiale séparée du radius près de son origine, mais le rejoignant à une très petite distance, et formant ensuite avec lui une côte unique, épaisse, aplatie, non 448 ANNALES sillonnée, et parcourant tout le bord externe de l'aile : toutes les autres nervures, veineuses ou arborescentes; cellules interceptées, irrégulières, difformes et dissem- blables. Pattes, de la forme ordinaire , tibias postérieurs, mu- liques; corps, étroit et allongé. Espèce unique. Anacalonia Servillei, N. sp. ? pi. 7, fig.II. Philadelphie. Mâle, collection de M. Serville. Long, du corps, alignes}; larg. id., 1 ligne. Longueur des ailes supérieures, 4 lignes. Tête, large; front, plus large que long, sans trace de division en trois facettes; arête médiane, bien prononcée, atteignant les deux bords opposés ^ base, largement échan- crée-, bord postérieur, rebordé ; prolhorax, étant à peine deux fois plus long que large; lobe médian, peu avancé, antérieurement arrondi; échancrures post-oculaires, peu rentrantes; dos, unicaréné ; bord postérieur, faible- ment échancré; écailles alaires, plus élevées queles flancs du prothorax ; trois lignes élevées, droites et parallèles, sur le dos du mésothorax; ventre, plan ; dos de l'abdo- men, caréné; carène en crête dentelée. Ailes supérieures, oblongues; angles postérieurs , arrondis; tube anal du mâle ne dépassant pas en arrière l'armure copulatrice, lamelliforme; lamelle de moyenne largeur, arrondie pos- térieurement, sans sillon supérieur, sub-membraneuse ; tube proprement dit, moitié plus court que la lamelle, peu convexe, ouvert supérieurement; ouverture oblon- gue, coupée obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4i9 Couleurs. Antennes, corps et pattes, blanchâtres. Ailes supérieures, vertes, lavées de jaune, avec quelques taches sub-marginales, étroites , noirâtres; les inférieures plus minces , blanches et translucides. Les deux derniers articles des antennes, épines et crochets des tarses, noirs. 450 ANNALES EXPLICATION DES PLANCHES. (Voy. pi. 10 à 17 des Annales.) Tête, j. Joue. k. Face frontale. — k' . Facette extérieure. — k' . Facette mé- diane. /. Face latérale. y . Face verticale. — 'y ' .Yêrtex proprement dit. — y ' . Prolonge- ment de la face verticale. m. Chaperon. n. Labre. Tube anal et parties génitales, a. Tube anal. 6. Tube intestinal. c. Branches de l'armure copulatrice du mâle. d. Verge. e. Sixième plaque ventrale du mâle faite en forme d'anneau. f. Écailles vulvaires de la femelle. g. Lobe externe de la sixième plaque ventrale de la femelle. h. Appendices internes de la môme plaque. Ailes supérieures. 1 . Radius , ou bord externe. 2. Cubitus. 3. Première nervure discoïdale. 4. Seconde nervure discoïdale. 5. Post-cubitus. G. Cote interne. q. Pan externe. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. *5t r. Avant-disque, s. Arrière-disque. t. Pan interne. ù. Cellule basilaire. planche première (10 e des Annales). I. Enchophora recurva, o*. — A, abdomen et parties géni- tales vues de profil. — B, id.- vues en dessus. — C , id. vues en dessous. Iï. Enchophora recurva, ^. — A, abdomen et parties génitales vues de profil. — B , id. vues en dessus. — C ., id. vues en dessous. III. Lophops Servillei. — A, tête vue de profil. — B, id. vue de face. IV. Monopsis tahida. — A , tête vue de profil. — B, id. vue de face. — C, aile supérieure. planche il (II e des Annales). I. A. Pyrops Servillei. II. A. Enchophora riridipennis, gr. nat. — B, tête vue de pro- fil, grossie. C III. A. Enchophora Servillei, gr. nat. — B, tête vue de profil , grossie.— C, id. vue de face. planche ni (12 e des Annales). I. A. Jphœna nigromaculata. Tête vue de face , grossie ; o , appendice frontal. — B, id. vue en dessus , grossie. II. A. Enchophora fuscata. Tête vue de profil, grossie. — B,id. vue de face. — C, id. vue en dessus; p, sommet de la tête. vin. 30 482 ANNALES III. A. Enchophora variegata. Tète grossie. - A, vue de face. — B, id. vue de profil. IV. A. Dyctiophora proboscida. Vue en dessus, un peu gros- sie; ? , miroir réfringent de la face verticale. — B, tête vue en dessous; *, extrémité translucide de la facette médiane de la face frontale. V. A. Calyptoproctus lystroïdes , gr. nat. — B, lête vue de face. — C, id. vue en dessus; ? , sillon qui sépare le vertex et le front. — D, abdomen , extrémité vue en dessous. — x , cinquième anneau dorsal operculi forme. planche IV (13e des Annales). I. A. Cladodiptera macrophthalma , gr. nat — B, tète vue de face ou en dessous. II. A. Episcius Guêrinii, gr. nat. — B, tète vue de profil; 1, 2, 3 , 4 , 5 et 6 articles du rostre , dont les trois pre- miers enfoncés sous le chaperon, dans l'état normal; 6, extrémité du suçoir mise en évidence. — C, tète vue en dessus. — D, id. vue de face. — E, tibia et tarse postérieurs. — F, dernier article du tarse. III. Aile supérieure de la Dichoptera hyalinata, considé- rablement grossie. planche V b (14* des Annales). I. A. Dilobura corticina, gr. nat. — B, tête vue de face. — C, id. vue de profil. IL A. Plegmatoptera prasina , $ grossie. — B, tète vue de face. — C, id. vue de profil. — D, extrémité de l'ab- domen vue de profil. — E, id. vue en dessous. planche vi (15 e des Annales). I. Tète de VAphœna farinoa, vue en dessus. — A, vertex dépouillé de l'enduit cornéo - cireux qui cache ordi- nairement les quatre fossettes sub - membraneuses. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 453 — B, id. avec les flocons cornéo-cireux qui simulent deux taches blanches et farineuses, II. Elidiptera callosa, grossie. III. A. Elidiptera advena, grossie. — B, tête vue de face, — C , id. vue en dessus ; y, face postérieure de la tête, sur laquelle le prothorax peut glisser à volonté. IV. A. Elidiptera marginicollis , grossie. — B, tête vue de face. — C, id. vue en dessus ; y, face postérieure. V. A. Plectoderes collaris , grossie. VI. A. Ricania pœciloptéroïdes, grossie. — B, tête vue de pro-* fil. — C, id. vue de face ou en dessous, VII. Pœciloptera ricanioïdes. planche vil (16 e des Annales), I. A. Achilius bicinctus , grossi. — B , tête vue de face. — C, id. vue de profil. II. A. Acanalonia Servillei, grossie. — B , tête vue de face. — C, id. vue de profil. III. A. Pœciloptera truncaticornis, gr. nat. — B, tête vue de face. — C, id. vue de profil. IV. A. Elasmoscelis cimicoïdes, grossie. — B, tête vue de face, — C, id. vue de profil. — D, fémur, tibia et tarse pos- térieurs. planche vin (17* des Annales). I. A. Caliscelis Bonellii, femelle très grossie. — B, tête vue de face. — C, id. vue de profil. — D, abdomen vu en dessous; 1 , 2, 3, 4 et 5, les cinq premiers anneaux du ventre. — E , abdomen du mâle vu de profil -, d', extrémité cornée des téguments supérieurs de la verge. — F, extrémité du ventre d'un autre mâle, i.,i ANNALES — P, parasite ( larve ou nymphe ) fixé sous les der- niers anneaux du ventre. IL Les deux sexes de Y Issus grilloïdes dans l'acte de l'accouplement, les ailes supérieures ayant été expres- sément détachées. — A, femelle. — B, mâle. Arm /n/ma/,x,aro.vœ nn t/f In X,;r Entomofoçique dr France Tom 1 111 ri li/J^du^ 'lcgmaloplera pra.t Arui de la Soc. /wifom.'/outyttc dt A Tom VU! PI 16. <6 ""du Afemouc l.Afh.am&.Jarihffsa 2 . Ehdiptera <«//osa 3 \'\y aJvemt . ± .VAi. m,ir,ji/u,<>//L<- Y ' .S l'iecloilores ,-olÙfu 6 Kicama ptecilopteroidePj ■ Pepciloptera riru/>ioi,/tv Ann de /a t■ /•./ strangulo, [xr,hç macula.) (Orthosia, Tr., Boisd., Steph.) Chenilles à 16 pattes, cylindriques, épaisses, rases, ve- loutées, médiocrement allongées, à tète moyenne , glo- buleuse, ayant les lignes ordinaires bien distinctes. Elles vivent exclusivement de plantes basses, et se tiennent pendant le jour cachées sous leurs feuilles ou sous des pierres. Chrysalides cylindrico- coniques, luisantes, assez courtes , renfermées dans des coques de terre arrondies , peu solides, et enterrées assez profondément. vin. 32 4 34 ANNALES Insectes parfaits. — Antennes assez longues, simples ou crénelées dans les 5 . Palpes ne dépassant pas sensible- ment la tête, très grêles, incumbents, velus; leur der- nier article à peine distinct. Toupet frontal peu saillant , uni, d'une seule touffe. Thorax convexe, lisse, peu carré. Abdomen dépassant peu les ailes inférieures, lisse , ter- miné carrément dans les 5 , en pointe brusque dans les Ç> . Ailes supérieures , un peu aiguës à l'angle apical , très légèrement dentées, ayant les deux lignes médianes bien distinctes dans toute leur longueur, souvent les ner- vures plus claires que le fond, les deux taches supé- rieures visibles mais peu développées, la réniforme tou- jours étranglée dans son milieu et salie de brun. Au repos, les supérieures couvrent les inférieures et sont dis- posées en toit très incliné. C'est encore dans l'intention de diviser l'ancien genre Orthosla que j'ai créé celui-ci. Comme le genre Tœnio- campa, il me semble composé d'espèces qui ont entre elles la plus grande affinité. Leurs chenilles, ou du moins toutes celles qu'on connaît jusqu'ici, vivent exclusive- ment de plantes basses. La plupart d'entre elles se tien- nent, dans leur jeunesse, au sommet des plantes ou parmi leurs fleurs ; mais, quand elles ont atteint une cer- taine taille , elles descendent à terre et s'y cachent dans les broussailles ou sous les feuilles inférieures. Le matin, elles grimpent le long des tiges, et, après avoir pris leur nourriture , elles restent souvent allongées le long de la hampe des (leurs ou des principales nervures des feuilles, jusqu'à ce que la chaleur les force à se retirer. Telles sont les mœurs de toutes celles qui sont connues dans ce genre; mais il existe toutefois une exception bien remar- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. m quable et dont j'ai déjà parlé ailleurs : la chenille d'une espèce voisine de YHûmûis vit, jusqu'à sa transforma- tion , cachée, comme les Agrotis , près de la racine des graminées, et, bien qu'elle se nourrisse de leurs feuilles, cette vie retirée lui donne un aspect gras et vernissé comme celui des véritables Agrotides. Pour comble de ressemblance, et comme pour ajouter une nouvelle preuve à cette vérité : que les mœurs des chenilles influent puissamment sur leur conformation extérieure, ses tra- pézoïdauxdeviennent luisantsetsubtuberculeux, comme ceux de beaucoup de larves souterraines ou endophytes. J'avoue cependant que le papillon ne porte point les traces de cette vie anormale , et j'ai été le premier à citer avec une franchise dont j'espère qu'on me tiendra compte, cette exception qui semblerait devoir boulever- ser la méthode naturelle que je soutiens , si les meilleures méthodes n'offraient pas toujours quelques contradictions isolées comme pour attester l'indépendance de la nature. Les insectes parfaits du genre Anchoscelis se distin- guent au premier abord des autres Orthosides par la forme de leurs ailes et celle de leurs lâches principales. Ils sont très sujets à varier; aussi l'espèce commune a- t-elle fourni aux Allemands l'occasion de créer à ses dé- pens jusqu'à cinq autres espèces. Ils n'offrent rien de par- ticulier dans leurs mœurs; mais, bien différents des Tae- niocampes, qui éclosent toutes dès les premiers jours du printemps , ce n'est qu'à la fin de l'automne que ceux-ci sortent de leurs chrysalides. Au reste, ce n'est pas seule- ment sous ce rapport qu'ils en diffèrent, et si, l'on veut comparer ces deux genres sous tous leurs états, je n'hé- site pas à dire qu'on sera étonné qu'ils aient pu être réu- nis si longtemps dans la même coupe générique,, 4-8S ANNALES Espèces. Nitida, Fub. | Litciu, Lin., F. Humilis, Fab., Dup. \ Var.? Depuncta, Bork. Agrotoïdes(I), Guèn. ( Var.? Ornatrix, Euh. Pistacina, Fab. Haematidea, Dup., Tr. Var. Lyclinidis,F.,#u6.,#wp. y av. Serina, Esp. Var. Rubetra, Esp. Var. Schœnobœna, Esp. [ Var. Canaria, Esp. Gen. 5. EUPERIA, M&f. ( Cosmia , Och., Tr., Boisd. ) Chenilles à 16 pattes, rases, cylindriques, à tète glo- buleuse ; ayant toutes les lignes bien visibles. Elles vivent sur les arbres, à découvert. Chrysalides cylindrico-coniques, à partie postérieure (i) C'est de cette dernière espèce que j'ai parlé dans les générali- tés comme offrant des mœurs très différentes de toutes les autres. M. Rambur m'écrit qu'il a trouvé sa chenille en Touraine à peu près en même temps que moi , et ses observations 6ont conformes aux miennes. Quant au nom à imposera cette noctuelle, les avis sont très partagés : les uns veulent y voir Y Humilis , d'autres la rapportent à la Populeti; mais je puis affirmer que la chenille de Yllumilis, figurée par Hubner , n'a aucun rapport avec celle-ci , et que le papillon repré- senté par M. Duponchel sous le même nom, et que je me rappelle avoir vu en nature , ne me paraît pas appartenir à la même espèce. Quanta la Populeti d'Ochsenheimer, que j'ai vue également en na- ture, elle se rapporte, sans contredit, au G. Tœniocumpa, et n'offre aucune ressemblance avec la mienne. J'ai donc cru devoir lui imposer un nouveau nom , aucun n'ayant été publié. Nota. Au moment où je me dispose à envoyer ce Mémoire à la Société , je reçois une livraison du supplément de mon collaborateur, qui a donné à cette espèce le nom de Subjecla, que je m'empresse d'adopter pour éviter le double emploi. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 487 arguë, entièrement saupoudrées d'une efflorescence bleuâtre ou violàtre, renfermées dans des coques de terre légères, mêlées de soie, et enterrées peu profondément. Insectes parfaits. — Antennes crénelées dans les S. Palpes ascendants, bien développés, peu velus, leur der- nier article presque aussi long que le deuxième, terminé en pointe. Thorax lisse, peu carré. Abdomen dépassant les ailes inférieures, un peu déprimé dans les r , lisse dans les deux sexes , terminé chez les femelles en pointe aiguë. Ailes supérieures entières, aiguës à l'angle apical, et coupées carrément au bord terminal ; ayant les deux lignes médianes très nettes, très écartées, au moins à leur partie supérieure, nullement dentées, les deux taches supérieures seules visibles, peu marquées, mais un point noir arrondi , toujours bien distinct à la partie in- férieure delà réniforme, et séparées par une traînée om- brée toujours bien sensible et formant comme une troi- sième ligne médiane. Ailes inférieures un peu luisantes, plus claires au bord interne. Au repos, les supérieures les recouvrent et sont disposées en toit écrasé. Comprises autrefois avec les N.AJfinis et Dijfinis dans le genre Cosmia , les espèces qui composent celui-ci ont en effet quelques points de ressemblance avec lui. Ce- pendant, même en admettant que le vrai genre Cosmia, et conséquemment le genre Telhea qui n'en peut être séparé , soient déplacés dans les Noctuo-Bombycides, et qu'ils doivent venir se placer tous deux ici, ce dont de plus amples observations et l'étude des exotiques nous démontreront peut-être plus tard la nécessité, je pense néanmoins que les espèces qui composent mon genre Eupcria ne peuvent être réunies aux véritables Costnia , 4S8 ANNALES dont elles diffèrent par une foule de caractères à l'état de chenille et d'insecte parfait , ainsi qu'on peut s'en assurer en les comparant. Le genre qui nous occupe aujourd'hui conduit naturellement aux Xanlhies; ces insectes par- faits ont un faciès particulier qui ne permet de les con- fondre ni avec ces dernières, ni avec le genre précédent : ils ont du reste les mêmes mœurs , mais ce n'est plus au printemps ni à l'automne qu'ils éclosent, c'est vers le milieu de l'été 5 aussi leurs transformations sont-elles rapides , car leurs chenilles prennent tout leur accrois- sement dans la même saison. Celles-ci sont en général vertes, avec les lignes ordi- naires plus claires; elles n'offrent rien de particulier dans leur forme, mais elles vivent d'arbres à haute tige. Elles sont voraces , et n'épargnent pas les chenilles qu'on renferme avec elles ; aussi est-il prudent de les isoler. J'ai fait sur celles de la Trapezina une expérience qui m'a donné des résultats trop extraordinaires pour qu'il ne me soit pas nécessaire de la répéter plusieurs fois avant de la porter à la connaissance de mes collègues. J'attends avec impatience l'occasion de lever tous mes doutes à cet égard, et j'aurai alors l'honneur d'en in- struire la Société. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUÉ. 4S9 Espèces. Trapezina, Lin. Abluta, Hub., Tr. Fulvago, Hub. Gen. G. CIRROEDIA. Mihi. {xippoeiS-fc, tirant sur le fauve, jaunâtre.) (Xanthia, Tr.,Boisd., Steph.) Chenilles à 4G pattes, cylindriques, assez courtes, garnies de quelques poils à leurs parties antérieure et postérieure, à tête petite, subglobuleuse. Elles vivent sur les plantes basses. Chrysalides Insectes parfaits. — Antennes crénelées dans les £ • Palpes grêles, incumbents ou droils, peu ve- lus ; leur dernier article très court et obtus. Thorax peu carré, presque lisse. Abdomen dépassant à peine les ailes inférieures , lisse , terminé carrément dans les § , nulle- ment aplati et terminé en cône très arrondi dans les 9 • Ailes supérieures dentées, ayant une saillie marquée vers le milieu du bord terminal j les deux lignes médianes très marquées et très rapprochées au bord interne, nul- lement dentées ^ l'anté-terminale nulle, ainsi que la ta- che orbiculaire. Au repos, elles recouvrent les infé- rieures et sont disposées en toit un peu écrasé. L'unique espèce qui compose ce genre â été placée jusqu'ici dans les Xanthies. Un seul coup d'œil jeté sur l'insecte parfait suffit pour faire reconnaître qu'il en dif- fère assez notablement, et qu'il est complètement inter- médiaire entre elles et le genre Euperia. Je ne connais I9Ô AXXALES la chenille que par la figure sans texte que M. Daube en a donnée dans Y Iconographie des clicnilles. Si elle est bien exacte, elle me confirme encore dans la persuasion où j'étais que laXerampeUna doit former un genre séparé. Elle diffère principalement ûeXanthia, en ce que la chenille vit sur les plantes basses et porte quelques poils à ses extrémités, par la forme des palpes et celle des ailes supérieures, par leurs lignes médianes qui la rap- prochent des Ochria , etc., etc. Les autres caractères La séparent aussi nettement de ce dernier genre. spece* \ Xerampelina, Jfub. j Centrage, Curt., Steph Gcn. 7. XANTIIIA. Omn. Chenilles à 10 pattes, cylindriques, assez courtes, épaisses , rases , veloutées , à tête petite , le plus souvent fauve, luisante, globuleuse ; ayant la ligne stigmatalebien distincte, les autres en général confuses. Elles vivent sur les arbres et se tiennent de préférence parmi leurs fleurs, dont elles habitent même souvent l'intérieur pendant leur jeunesse. Chrysalides cylindrico-coniques , lisses, luisantes, assez courtes, renfermées dans des coques de terre très légères et enterrées. Insectes parfaits. — Antennes , quelquefois sim- ples , le plus souvent crénelées dans les $. Palpes, tantôt dépassant la tête et avancés , en forme de- bec, avec leur dernier article très long et aigu, tantôt velus, droits ou incumbents, avec le dernier article court et obtus. Thorax convexe, parfois entièrement DE LA SOCIÉTÉ ENÏÔMOLOGIQUE. 491 lisse, le plus souvent muni d'une crête linéaire entre les ptérygodes , et à collier saillant et caréné. Abdomen , toujours plus ou moins aplati, au moins dans l'un des sexes, lisse, dépassant peu les ailes inférieures. Ailes supérieures, entières, un peu aiguës à l'angle apical , à fond jaune ou rougeàtre, ayant les deux lignes mé- dianes plus ou moins dislinctes, écartées, dentées, les deux taches visibles , la réniforme presque toujours salie de noir inférieuremcnt, la ligne anté terminale brisée ou punctiforme. Au repos , elles recouvrent les infé- rieures , et sont disposées en toit un peu écrasé. Le genre Xanihîa, adopté depuis longtemps par tous les entomologistes, n'est pas plus solide que les autres genres de cette tribu. Assez nombreux , mais très hété- rogène en sortant des mains de M. Ochsenheimer qui l'a créé, il a été successivement démembré avec raison par MM. Boisduval , ïreilschke et Stephens. C'est dans ce dernier auteur qu'il est le plus naturel, mais c'est là aussi qu'il est le plus court. Tel que je le donne ici, il renferme à peu près les mêmes espèces que chez l'auteur anglais , mais j'ai dû y ajouter celles qui n'y figurent pas, parce qu'elles sont étrangères à la Grande-Bretagne. Ré- duit à la Croceago , le genre Xanlhia serait très facile à caractériser, parce que cette espèce offre à l'état parfait des formes tout à fait tranchées 5 malheureusement il n'en est pas de même des autres espèces, qui ont un tout autre faciès, mais qui se lient nécessairement avec la première par les X. Citrago et Sulphurago. Pour donner une idée bien claire des mœurs et de l'arrangement du genre Xanthie, il est nécessaire de le partager en trois groupes. Chacun de ces groupes aura son histoire sé- parée. -102 ANNALES Le premier (A) vit , à l'état de chenille , sur les grands arbres. Ces chenilles sont, au moins dans leur jeunesse, un peu atténuées antérieurement : les lignes autres que la stigmatale n'y sont pas très marquées , mais les der- niers anneaux y sont souvent ornés de larges taches qui rappellent un peu celles des Triphœna , quoiqu'elles soient d'une forme différente. Elles aiment à se retirer parmi les fruits membraneux ( samares ) des ormes, qui leur offrent une retraite commode pendant le jour. Celles de Ferruginea et de Gilvago (1) sont tellement voisines l'une de l'autre, qu'il est difficile de les distinguer, sur- tout parce qu'on les trouve souvent mélangées. Les pa- pillons offrent des teintes moins pures que celles du groupe suivant, avec lequel ils se lient parla Gilvago et ses innombrables variétés. Le deuxième groupe (B) a des mœurs toutes particu- lières. Les chenilles vivent jusqu'à la deuxième ou troi- sième mue dans l'intérieur môme des chatons des saules. Elles commencent par s'introduire dans l'axe, et y pra- tiquent une petite galerie qui les contient tant que leur grosseur ne dépasse pas un ou deux millimètres. Le chaton ainsi attaqué dans sa partie vitale ne tarde pas à se dessécher, et il adhère si peu à l'arbre que la moindre secousse suffit pour le faire tomber. Aussi les chasseurs de chenilles qui connaissent cette particularité la met- tent-ils à profit. Un coup sec donné sur le tronc de (1) Je ne sais jusqu'à quel point tout ceci peut s'appliquer à celle de la Rubecula, que je ne connais point , mais qui doit être voisine des deux autres, comme son papillon. Je n'ai pas non plus assez de certitude sur la chenille de la Bufina , que j'ai cependant élevée plu- sieurs fois , mais mélangée , pour la rapporter à ce groupe. Enfin j'ai omis aussi VEvidens, dont il faut absolument connaître les premiers états avant de la rapporter avec certitude au G. Xanthiu, DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. M» l'arbre fait pleuvoir une grêle de fleurs qu'ils ramassent et qu'ils emportent pêle-mêle , bien assurés que plusieurs d'entre elles contiennent déjeunes chenilles de Xanthies. Quand la jeune larve aalteint l'épaisseur de (rois à quatre millimètres, elle ne quitte point pour cela le chaton, et elle se loge entre les organes sexuels de la fleur et souvent tout près de la surface ; mais il faut bien de l'attention pour l'apercevoir couchée parmi les élamines, etsouvent recouverte presque entièrement de pollen. Même à cet âge, c'est encore l'axe du chaton qu'elle préfère, et géné- ralement après qu'elle l'a rongé en entier, elle dédaigne les filets des étamines, et va à la recherche d'une autre fleur. Elle s'accommode même fort bien de cette nourri- ture, quoique parvenue à l'âge adulte, si on prend la peine de la lui fournir toujours fraîche; mais, comme dans la nature les chatons ne persistent pas longtemps, force lui est bien de se rabattre sur les feuilles. Les in- sectes parfaits de ce groupe ont tous entre eux beaucoup de ressemblance : tous ont le fond des ailes supérieures d'un brun-jaune , parsemé de taches ferrugineuses dans lesquelles se perdent les taches ordinaires. Ils éclosent à l'automne, et volent au coucher du soleil dans le voisi- nage des prairies où les chenilles ont passé leur vie. Le groupe (C) n'a rien de remarquable pour les mœurs. Ses chenilles vivent sur les grands arbres : elles ont ab- solument la même forme que celles du groupe B, et souvent aussi les mêmes dessins. Elles mangent les feuilles, et se tiennent pendant le jour dans les parties les plus touffues , mais simplement abritées ou cachées sous les écorces. On les trouve parvenues à toute leur taille dès le commencement de l'été, et leurs papillons éclosent, comme tous ceux du genre, dans le courant de l'automne. Ils se lient intimement avec ceux du groupe 49 i ANNALES. précédent par la Sulphurago , mais on les dislingue air premier abord à une ligne très foncée qui traverse l'aile supérieure entre les deux lignes médianes, et à l'allon- gement de leurs palpes qui vont, dans la Croceago, jus- qu'à former une espèce de bec très saillant. Cette der- nière, par l'aplatissement de son abdomen, forme un passage très naturel aux Cerastis. Indépendamment de ces caractères propres à chaque groupe, le genre entier en a de communs ^ dans le nombre on peut citer : la nourriture générale des che- nilles , l'époque de leur apparition et de leur éclosion , le mode de transformation qui est partout le même, la couleur des insectes parfaits, etc., etc. Espèces. A. B. C. FeRRUGINEA,//mÔ.,7Y. SlLAGO, Hub. SULPHURAGO,F.,'A\. <*Rubecula, Tr. (Aurago, Fab. Citrago, Lin. \ Ochreago, Dup., Hub. if Var. Bulilago, Bork. Croceago, Fab. c Givago, Fab. jCerago, Hub. ( Var. Palleago,IIub. (Var. Flavescens,£ork. *Palleaco? Tr. Gcn. 8. CERASTIS. (Ocii., Tu., Boisd ; Glœa , Stepu.) Chenilles à 16 pattes, rases, cylindriques, épaisses, veloutées, à tête globuleuse, petite, luisante, souvent roussâtre , ayant la ligne sligmatale assez distincte; les autres souvent confuses. Elles vivent sur les plantes basses, au moins dans l'âge adulte, et se tiennent cachées pendant le jour sous leurs feuilles ou sous des débris. Chrysalides lisses, luisantes , cylindrico- coniques, à* DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 4^ peau fine, renfermées dans de légères coques de terre et enterrées. Insectes parfaits. — Antennes simples ou crénelées dans les g. Palpes, ne dépassant pas la tête, velus, incumbents; leur dernier article court, obtus. Toupet frontal, assez épais, d'une seule touffe, ou ayant une très légère dépression transversale dans son milieu. Thorax, peu convexe, arrondi, entièrement lisse, velu. Abdomen, aplati et élargi dans les deux sexes, lisse, velu latéralement, terminé carrément dans les £, et même dans les Ç, où il est seulement un peu plus ré- tréci à l'extrémité. Ailes supérieures, subdentées, très arrondies au bord terminal , avec l'angle apieal très ob- tus , luisantes, ayant les lignes peu distinctes, mais les deux taches supérieures très visibles , toujours salies in- férieurement de noir^ inférieures, foncées, à frange dis- colore. Au repos, les supérieures recouvrent les infé- rieures , avancent même en partie l'une sur l'autre , sont disposées presque parallèlement en plan de position, et donnent à l'insecte une forme un peu allongée. Voici un genre bien tranché à l'état parfait. La coupe des ailes, leur port au repos, leurs dessins , l'aplatisse- ment de l'abdomen, etc., etc., sont autant de caractères irrécusablement suffisants pour constituer un genre à part ; aussi reconnaît-on au premier coup d'œil les es- pèces qui en font partie. J'ose dire d'ailleurs que je J'ai rendu parfaitement homogène en en retranchant la Bu- bricosa et la Satellitia qui en troublaient l'harmonie. Les papillons écloscnt tous à la même époque, c'est-à- dire vers la fin de l'automne 5 ils voltigent le soir autour des arbres, et, après s'être abattus sur les feuilles, ils 4% ANNALES courent de l'une à l'autre avec vivacité, jusqu'à ce que le froid de la nuit vienne les plonger dans une immobilité presque complète. Ils paraissent répandus par toute l'Europe. Leurs chenilles sont aussi très semblables entre elles, mais on ne peut dire qu'elles soient bien tranchées d'avec celles des autres Orthosides. Elles ont au contraire un rapport marqué avec les Xanthia; comme elles, elles sont en général veloutées, de couleurs sombres, sou- vent marbrées de points plus clairs, dans lesquels se confondent un peu les lignes ordinaires et les trapézoï- daux. C'est de plantes basses qu'elles vivent:, mais pen- dant leur jeunesse elles se trouvent également sur les arbres , d'où elles ne descendent que quand elles ont at- teint leur seconde ou troisième mue. J'ai donné dans Y Iconographie des chenil/es celles de la V accinii et de la Spadicca, qu'on a si longtemps confondues malgré l'au- torité d'IIubner, qui du reste, il faut l'avouer, n'est pas toujours d'un grand poids en pareille matière. Les in- sectes parfaits de ces deux espèces se confondent presque entièrement, et varient à l'infini. La meilleure marque distinclive que j'aie rencontrée entre eux jusqu'ici est l'absence, chez la Spadicea, de la ligne mi-partie de clair et de foncé qui, chez la Vavcinii, traverse les ailes inférieures vers leur milieu. Au reste toutes les espèces du genre Ceraslis sans exception sont très sujettes à varier. m LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 497 Espèces. BliXI, Boisd. * Intricata, Boisd. ) Vaccinii , Zùî. * Ruticilla, 2"fr (Silène, .Faô. ) Var. Polita, Dup. \ERYTHROCEPHALA,# r .f. «Var. Dolosa (1). )Yar. Glabra, Hub. Spadicea, Hub. Gen.9. DASYCAMPA, Mihi. {Cerastis,1v>., Boisd., Stepii.) Chenilles à 46 pâlies, mon il i formes , non aplaties, entièrement garnies de poils soyeux , à tête globuleuse, luisante, sans lignes obliques. Elles vivent sur les arbres à découvert. Chrysalides lisses, cylindrico-coniques ., à peau fine, contenues dans des coques molles, irrëgulières, com- posées de soie, de poils et de terre, et placées à sa surface. Insectes parfaits.— Antennes, crénelées dans les $ .Tou- pet frontal, assez proéminent, composé de deux touffes bifides et superposées. Palpes, ne le dépassant pas, droits ou un peu incumbents , velus, assez grêles, à dernier article court, mais assez distinct. Thorax , peu convexe , carré , à collier un peu saillant, un peu caréné et suivi d'une légère touffe de poils entre les ptérygodes. Abdo- men , lisse, velu latéralement, très aplati dans les deux (1) Toutes les Dolosa que j'ai reçues jusqu'ici sont des variétés de Silène ou d'Frylhrocephala , dépourvues de points noirs sur la tache réniforme. Je n'ose certainement pas en conclure que la véritable Dolosa n'existe pas; mais je dois attendre que je l'aie vue pour affir- mer le contraire. Il en est de même de la Feronkœ d'Hubner, que je ne sais où rapporter, et qui ressemble presque à la Noctua bella. d'après la figure de cet auteur. m ANNALES aexes, terminé carrément dans les <* , et môme dans les $ , où il est seulement un peu rétréci à l'extrémité. Ailes supérieures, entières , épaisses, droites à la côte, arrondies au bord terminal , mais coupées un peu car- rément vers son sommet , à taches et lignes confuses ; la réhiforme salie inférieurement de noir. Au repos, les ailes sont disposées comme dans les Cerastis. J'ai déjà publié ce genre et le suivant dans nos An- nales, et je ne les reproduis ici que pour ne pas laisser de lacunes dans cette classification. Je renvoie à la page 225 du sixième volume pour les généralités $ je dois seulemeut faire observer ici que j'avais nommé autrefois ce genre Omalosoma , et que la chenille de la Rubiginea a été pu- bliée par moi sous ce nom générique dans 1'lccnographin des chenilles; mais comme, d'une part, il a été déjà appliqué à une division des Ophidiens, et que, d'un autre côté , sa signification (corps aplati) peut également con- venir aux Cerastis dont il est si voisin, j'ai cru devoir le changer. Au reste, je dois dire ici que, si je l'ai fait, c'est qu'il n'y avait aucun inconvénient à supprimer celte dé- nomination encore toute nouvelle et peu connue des en- tomologistes, car je ne partage point l'avis de certains naturalistes , qui renouvelleraient volontiers les noms les plus anciennement connus en entomologie, sous prétexte qu'ils font double emploi avec d'autres appli- qués aux classes de zoologie les plus éloignées, et avec lesquelles on ne saurait les confondre sans être privé de raison. Ainsi, par exemple, je ne puis trouver d'incon- vénient à ce que le nom de Cerastis désigne à la fois un genre de serpents et un genre de Lépidoptères, à ce que les Noctua soient à la fois des oiseaux et des papillons, DE F.A SOCIÉTÉ ESÏOMOLOGIQUE. 4M etc., etc. Tout ce que je puis accorder, c'est que, quand on a créé des genres nouveaux, il vaut peut-être mieux éviter, puisqu'on le peut si facilement, de choquer les personnes qui professent l'opinion contraire à celle-ci , et c'est ce que j'ai fait moi-même. Espèce, Rl'BIGINEA, Fnb. Gen. 10. MECOPÏEUA. (Mihi. Cerastis, Ocn., ïr., Boisd., Gl.ea , Steph.) Chenilles à 46 pattes, rases, cylindriques, veloutées* un peu atténuées antérieurement, à tête globuleuse, luisante, à lignes presque nulles (au moins dans l'âge adulte). Elles vivent sur les plantes basses, quand elles sont parvenues à toute leur taille; mais on les trouve aussi sur les arbres et les arbrisseaux, surtout dans leur jeunesse $ elles s'abritent sous les feuilles pendantle jour. Chrysalides lisses, luisantes, cyliudrico-coniques, ren- fermées dans des coques de terre et enterrées peu profon- dément. Insectes parfaits. — Antennes crénelées dans les 5 . Toupet frontal très épais, très serré, saillant, coupé car- rément et semblant ne faire qu'un avec les palpes. Ceux- ci ne le dépassant pas , velus, droits ou incumbenls, leur dernier article caché dans les poils du second. Thorax carré , à collier un peu saillant et suivi d'une petite crête qui forme carène avec lui. Abdomen lisse, velu latérale- ment, très aplati dans les deux sexes, coupé carrément dans les § et même dans les $ , où il est seulement un peu rétréci à l'extrémité. Ailes supérieures longues, vin. 53 SOO ANNALES étroites , ayant les bords supérieur et inférieur presque parallèles, le terminal arrondi, denté, la tacbe réni- forme seule visible, petite, non salie de noir, les lignes toutes bien marquées ; ailes inférieures sinuées, à frange discolore. Au repos, elles sont disposées comme dans les Cérastis, mais l'insecte a une forme encore plus allongée. Ce genre est dans le même cas que le précédent. J'a- jouterai seulement à ce que j'en ai dit , pag. 226, que la chenille de la Satellitia aime à se retirer, pendant sa jeu- nesse, entre les samares des ormes, comme les Xarnliia, Gilvago et Ferruginea, avec lesquelles on la trouve sou- vent mêlée. Quand elle est parvenue à une certaine taille, elle descend de l'arbre et va s'établir sur quelque plante basse, mais il arrive souvent qu'elle vit de feuilles d'arbres jusqu'à son entier développement. Les papillons de ce genre éclosent aux mêmes époques que tous les genres précédents, et ils n'en diffèrent point pour les mœurs. Espèces. ( Satellitia, Lin. I Var. Maculis croceis. *Serotina, Och. Tribu X. XYLÏNIDI. (Mihi. Nocluelidi. Lat., Boisd. Noctuidœ, Steph.) Chenilles à 46 pattes toutes égales, cylindriques, rases, à anneaux souvent renflés, ordinairement de couleurs vives, ayant toujours les trois lignes ou au moins la stig- matale distincte. Elles vivent à découvert sur les plantes DE LA SOCIÉTÉ EXTOMOLOC.IQUE. 381 ou les arbres, dont elles mangent les fleurs, les fruits ou les feuilles. Chrysalides luisantes, à anneaux abdominaux, presque toujours saillants , souvent pourvues d'une graine ou ap- pendice ventral. Elles sont renfermées dans des coques régulières, soiteomposéesde terre, et alors enterrées, soit filées avec de la soie et des débris de consistance ferme , et alors attachées aux liges ou aux mousses. Insectes parfaits. — Antennes presque toujours simples dans les deux sexes. Palpes bien développés. Spiri- trompe longue ou moyenne. Prothorax souvent saillant, en forme de capuchon. Ergots des pattes, de longueur moyenne ou courts. Ailes supérieures, tantôt subtrian- gulaires, tantôt étroites et allongées , offrant des dessins dans le sens de leur longueur, et n'élant presque jamais traversées par des lignes transverses distinctes. Au re- pos, les supérieures couvrant les inférieures et disposées, tantôt en toit très incliné, quelquefois presque parallèle- ment au plan de position , mais donnant toujours à l'in- secte une forme allongée. Ce n'est qu'ici que commence, à proprement parler, la série des chenilles qui vivent à découvert; et celles qui se cachent, même pendant le jour, ne formeront plus que de rares exceptions : aussi allons-nous trouver dans celle tribu une grande variété de couleurs et de dessins. Les plus belles chenilles de Noctuélides s'y rassemblent, pour ainsi dire, et se disputent les regards de l'observateur par leurs couleurs éclatantes ou leurs dessins gracieux. La variété dans les formes ne nous manque pas non plus ; et, quoiqu'il se présente rarement ici quelque chose de bizarre ou de très tranché, elles sont telles, qu'un enlo- 502 ANNALES mologiste un peu exercé les reconnaît au premier coup- d'œil; au*si tous les genres de cette tribu sont-ils beau- coup plus naturels que ceux des deux précédentes. Il ne faut pas s'attendre cependant à voir une tribu aussi nettement limitée que celle des Plusides ou des Ca- tocalides chez lesquelles le nombre des pattes des che- nilles ou la forme des papillons ne permet pas même l'hésitation. Nous sommes encore ici, il ne faut pas l'ou- blier, dans cet ancien genre NLCi.ua que Latreille lui- même n'a pas osé diviser même en genres, et nous pro- cédons encore par des gradations insensibles qui rendent fort difficile l'établissement des tribus. Ainsi celle-ci se rattache , d'une part , aux Orthosides par le genre Xy- llna, et aux Héliothides par le genre Chariclea. Il en faut dire autant des genres entre eux ; et plus tard, quand les Nocluélides exotiques seront mieux connues et les indi- gènes plus nombreuses, cette tribu sera peut-être par- tagée en trois ou quatre autres. Ainsi, les Xylina, qui forment un groupe bien distinct, mais que nous ne pou- vons isoler, à cause des Calocampa qui les lient aux Cu- cullies, ces dernières elles-mêmes, les Cleophana, et surtout la Char. Del ohinii, qui semble, pour ainsi dire, en équilibre entre les Xylinides et le genre Heliothis, se grouperont peut-être plus tard d'une manière plus natu- relle , à l'aide de genres et d'espèces intermédiaires , car, quoiqu'on ait pu dire, plus les genres sont nombreux, plus l'établissement de coupes générales , telles que les tribus, devient praticable et paraît naturel. Quant au mode de transformation et aux mœurs des insectes parfaits, je n'ai rien de mieux à faire que de ren- voyer à l'histoire de chaque genre, pour ne pas me ré- péter inutilement. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMÛLOGIQUE. 303 Gen. 1. XYLINA, Omn. Chenilles à 16 pattes, rases ou offrant parfois quel- ques poils épars , médiocrement allongées , à tète assez petite, subglobuleuse, ayant toutes les lignes visibles. Elles vivent sur les arbres à découvert. Chrysalides lisses, cylindrico-coniques, renfermées dans des coques assez grossières composées de terre et de quelques 01s de soie et enterrées. Insectes parfaits. — Antennes médiocrement longues , simples ou à peine crénelées dans les Q. Palpes dépas- sant peu la tête, droits, assez velus, leur dernier ar- ticle également un peu velu, de longueur moyenne. Toupet frontal saillant, divisé en quatre pointes Thorax très carré, à collier relevé, déprimé et comme échancré antérieurement, et portant, entre les plérygodes, une crête saillante et bimle. Abdomen déprimé, le plus sou- vent crête dans les deux sexes, terminé carrément dans les Ô et même dans les Q. , où il est seulement rétréci à l'extrémité. Pattes velues, à ergots courts. Ailes supé- rieures étroites, à bord terminal subdenlé, arrondi, à angle apical obtus, ayant les deux taches supérieures mal écrites. Ailes inférieures de couleurs sombres , lunu- lées en dessous. Au repos , les supérieures les recou- vrent , débordent même un peu l'une sur l'autre, et sont disposées presque parallèlement au plan de position. Peu de genres ont été jusqu'ici plus hétérogènes que le G. Xylina. On en jugera facilement quand j'aurai cité les N. Putris, Polyodoti, Puia, E.roieia, comme en fai- sant partie dans le dernier catalogue publié par M Treits^ chke ; l'index de M. Boisduval laisse lout autant à désirer. Entin M. Slephens, qui réduit pourtant ce genre à sepi. 304 ANNALES espèces, y fait figurer encore la Conspiciîtarisk côté de la Petrificata, et la Punis à côté de la Perspicillaris. Tel que je le publie aujourd'hui , je le crois au contraire des plus naturels. Le genre Xylina se rattache encore un peu aux Ortho- sides, quoiqu'il ne puisse évidemment trouver place dans leur tribu. Les chenilles, qui vivent sur les arbres, n'of- frent rien de particulier quant aux mœurs ; elles sont, en général, assez rares. Les lignes ordinaires, dessinées en jaune ou en blanc sur un fond vert, telles sont leurs principales couleurs^ cependant, celle de laLeautieri, qui se trouve abondamment sur les cyprès dans le midi de la France , est plus variée, et rappelle un peu celle de la jo- lie Anarta myrtitli , ou celles des Cucullia Abroiani et Absinthii. Les insectes parfaits ont entre eux une foule de points de ressemblance qui ressortiront suffisamment des carac- tères génériques que je donne plus haut. Il règne encore quelque confusion dans la détermination des espèces. Ainsi, les Xyl. Petrificata et Oculata sont confondues dans la plupart des collections. Je suis cependant porté à croire qu'elles forment deux espèces distinctes, et que c'est avec raison que MM. Zincken-Sommer et Treitschke les ont séparées. Je ne pense pas qu'il en soit de même des Xyl. Lcautieri et Sabinœ> qui ne me paraissent dif- férer entre elles que par la couleur. Enfin, la X. Merckii me paraît tout à fait identique avec la Ripagina de Geyer, et ce dernier nom ayant été publié postérieurement au premier, me semble devoir être supprimé. Toutes les Xylina éclosenl à l'automne; elles habitent toute l'Europe, mais plusieurs d'entre elles sont propres aux contrées méridionales, tandis que d'autres ne se trouvent que dans le nord et le centre. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 505 Espèces. Conformis, Fab. Rhizolitha, Fab. Petmficata, Fab. ,7V. Zinckemi, Tr. (Leàutieri, Boisd. Oculata, Germ., Tr. îMerckii, Ramb. sVar. Sabinœ, Tr. s feuilles. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. S07 Espèces. Vetista , 7/wô., Tr. Exoleta, Lin. Gen. 3. CUCULLIA , Omn. Chenilles à 16 pattes, égales, allongées, épaisses, mo- Diliformes, rases, luisantes, de couleurs vives, à tête un peu aplatie antérieurement 5 elles vivent à découvert sur les plantes basses, dont elles préfèrent les Heurs. Chrysalides déprimées en plusieurs endroits, à peau fine, à anneaux abdominaux tressaillants, ayant une gaine ventrale détachée sur l'abdomen, et terminées le plus souvent par une pointe spatulée^ elles sont renfer- mées dans des coques ovoïdes, grosses, épaisses, très solides, composées de soie et de terre , et enterrées très profondément. Insectes parfaits. — Antennes assez courtes, filiformes dans les deux sexes. Palpes épais, ascendants; leur der- nier article très court, tronqué, nu. Thorax, convexe, sub-carré; collier se relevant pour former une espèce de capuchon très saillant. Abdomen, non aplati, conique, dépassant de beaucoup les ailes inférieures. Pattes four- nies de longs poils. Ailes supérieures, étroites, lancéo- lées } inférieures, beaucoup plus courtes. Au repos, les supérieures couvrent les inférieures, et sont disposées en toit entièrement déclive. Tout a été dit sur ce genre si bien caractérisé. On sait comment les chenilles vivent à découvert sur les fleurs des plantes basses, toujours par groupes plus ou moins nombreux 3 comme elles dégorgent , quand on les tou- S08 ANNALES che, une liqueur verdàlre; comme elles se roulent et se laissent tomber à terreau moindre attouchement on con- naît la forme bizarre de leurs chrysalides et l'extrême ténacité de leur énorme coque, que les doigts ont peine à déchirer; enfin, on sait que les insectes parfaits volent avec une extrême rapidité, à la manière des sphinx. Cha- que amateur a nécessairement observé ce singulier déve- loppement du prothorax, qui a fait donner au genre le nom qu'il porte. L'attention qui se porte d'abord sur cette partie bizarre, ne tarde pas à faire découvrir que l'in- secte est le maître de lui donner plus ou moins d'exten- sion, et que, le plus souvent, quand la force musculaire l'abandonne avec la vie, le collier se déprime et reprend presque la position ordinaire ; aussi ce caractère si sail- lant disparaît-il souvent complètement chez les indivi- dus conservés dans les collections. Mais, quand même le genre Cucullie ne serait pas reconnaissable au premier coup d'oeil, il serait toujours facile d'observer dans celte partie du thorax un développement plus qu'ordi- naire. Les belles chenilles des Cucullia donnent, comme on sait , des papillons presque toujours fort peu brillants , à l'exception de deux espèces sur les ailes desquelles l'ar- gent est répandu avec profusion, Artemisiœ et Aigen- tina, et d'une troisième tout nouvellement découverte dans la Russie méridionale (shgyrea), et qui est encore plus éclatante, puisque ses ailes supérieures ne sont qu'une seule lame d'argent à reflet verdâtre $ mais, ce qui est vraiment désolant , c'est l'extrême ressemblance des espèces de chaque groupe entre elles et la confusion qu'elle a amenée dans la synonymie. Notre collègue M. Rambur a plus que personne contribué à l'éclaircir, et il a en même temps augmenté le genre Cucullie de plusieurs es- DE LA SOCIETE ENTOMOLOG1QUE. rm pèces que les entomologistes possédaient sans en soup- çonner l'existence. Aussi a-t-il trouvé bien des incré- dules, surtout chez les Allemands. Pour moi, à l'excep- tion de la Cucullia Caninœ que je n'ai point élevée , je puis confirmer pleinement les observations de M. Ram- bur, qui a même peut-être laisse une espèce à établir entre le Lyclmitis et YàScrophularice. Je regrette que mon collaborateur pour l'iconographie des chenilles ait figuré le premier avec trop peu de détails ces de iX espèces si voisines , car j'aurais soumis au jugement des entomolo- gistes l'espèce intercalaire dont je parle, et j'en aurais pris occasion de rectifier quelques erreurs qui ont échappé à M. Rambur, dans la description de la Scro- p h u lance. Les Cucullies paraissent dans le courant de l'été. Espèces. Verbasci, Lin. Nov.sp., Ramb. G.napïialii, /Chamomill.*; , SckophularIjE, (Andalousie.) Hub. j Rœs. Hub. \ Nov.sp., Boisd., ÂBSVNTHii,Zm. j *Var.'? Calendu Lychnitis, > . Ailes supérieures moins étroites que dans les genres précédents; denticulées ou fortement entrecoupées au bord terminal, ayant la ligne anté terminale rayonnée ou en zigzag, les taches ordi- nairement visibles, l'orbiculaire parfois nulle, mais alors la réniforme très développée. Ce genre faisait autrefois partie des Xylina. Il n'a point encore été publié, et son nom a seulement été donné par M. Boisduval à la X. Hyperici dans son icono- graphie des chenilles. Peut-être eût-il été plus juste d'ap- pliquer à cette espèce le nom générique de Dipteryg a, déjà créé par M. Stephens pour la Pinastri, qui ne peut en être séparée sous aucun de ses états; mais le métho- diste anglais , ayant réduit son genre Diplerygia à celte seule espèce, et ne publiant point les caractères de ses genres, il est impossible de deviner quelles sont , d'après DE I.A SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 511 ses intentious , les autres espèces européennes qu'on doit y rapporter; et la place qu'il a assignée dans une autre coupe générique à la Conspicillaris , qui est certaine- ment inséparable des deux espèces déjà citées, laisse ici une confusion que la création d'un genre nouveau et net- tement limité fera disparaître entièrement. Les Cloantha ont toutes, à l'état de chenilles, les mêmes habitudes^ c'est-à-dire, qu'elles se nourrissent deplantesbasses.au pied desquelles elles se cachent pen- dant le jour, à la manière de certaines Orthosides. Elles forment, sous ce rapport, une sorte d'anomalie dans la tribu des Xylinides, mais celte différence dans la manière de vivre paraîtra moins importante, quand on saura que les Cloantha se tiennent, dans leur jeunesse, à décou- vert à la sommité des plantes, et que souvent, même parvenues à toute leur croissance, on les trouve appli- quées le long des tiges. Elles sont, en général, de cou- leurs sombres, quelques unes cependant sont vertes : toutes ont la ligne stigmatale très marquée. Les plantes qui les nourrissent appartiennent à des familles très dif- férentes; les Lotus, Bumex , H ypericum , slsphodelus , sont les principales. Le mode de transformation est le même pour toutes les espèces. Les insectes parfaits volent, au coucher du soleil, et se tiennent appliqués , pendant le jour, contre le tronc des arbres. 512 ANNALES Espèces. SOUDAGINIS, Hub. HïPERICI , Fab. N. sp. Australis, Boisd. Ramb. Perspicillaris, Lin. (Conspicillaris, Lin. . ) Chenilles à 16 pattes , plus ou moins allongées , rases , lisses , très atténuées aux extrémités, renflées au milieu , à fausses pattes très longues, surlout les anales, à tête petite et aplatie, et munies d'une éminence sur la partie postérieure du onzième anneau. Elles sont très vives et se nourrissent de feuilles d'arbrisseaux sur lesquels elles se tiennent à découvert. Chrysalides peu allongées , ayant la partie abdominale composée d'anneaux assez saillants , peu conique et ter- minée carrément par des angles très prononcés. Elles sont renfermées dans des coques papyracées, recouvertes de mousse ou do débris de végétaux, et placées contre les branches ou à la surface de la terre. Insectes parfaits. — Antennes simples ou ciliées dans les $, munies à leur base d'une touffe de poils. Palpes velus, à dernier article bien visible, nu. Thorax sub- carré, à collier saillant et s'avancant parfois en une sorte de capuchon. Abdomen velu latéralement dans les $ > épais et cylindrico-conique dans les o, crête dans les deux sexes.Ailessupërieuresmédiocrementallongées, en- tières, mais entrecoupées au bord terminal, ayant les deux taches principales très grandes et presque toujours réu- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Mr» nies inférieurement. Au repos, les supérieures couvrent les inférieures, et sont disposées en toit très déclive. En créant ce genre (page ±27 des Annales), j'y renfer- mai les Xyl. Lithoriza et Rarnosa des auteurs, dont les chenilles paraissent avoir entre elles la plus grande ana- logie , et je rejetai dans le genre Cloanlha ]& Rectilinea, dont la chenille, d'après la figure d'Hubner, ne saurait appartenir aux Xylocampes. Je ne possédais d'ailleurs alors sous le nom de Rectilinea qu'une espèce que j'ai reconnu depuis être nouvelle, et dont j'ai indiqué la place dans le genre précédent. Depuis on m'a commu- niqué la véritable Rectilinea des Alpes, qui a, à l'état parfait , une certaine ressemblance avec la Ramosa , tan- dis que celle que je possédais dans ma collection se rap- proche fout à fait de la Perspicillaris ou de YHypcrici. N'ayant point élevé moi-même les chenilles de la Ramosa et de la Rectilinea des Alpes, j'aime mieux ne pas les classer quant à présent, que de le faire d'une manière trop peu certaine, et je réduirai ici mon genre Xylo- campa à la Lithoriza , que j'ai étudiée avec soin sous tous ses états. Si , comme je le crois , les caractères de ce genre conviennent à la Ramosa et même à la Rectilinea, elles devront être rétablies entête du genre, sinon la dernière devra terminer le genre Cloantha. Il existe peu de chenilles de Noctuélides aussi bizarres pour la forme que celle de la Lithoriza; on serait tenté, comme je lai dit, de la prendre pour une Ophiusa. Elle se tient appliquée pendant le jour contre les bran- chesdu chèvre-feuille, qui forme sanourritureexclusive^ si on la touche, elle se replie brusquement sur elle- même , et exécute des espèces de frétillements comme mi ANNALES les Catocaia. Une chose très remarquable encore dans l'organisation de celte singulière chenille, c'est le déve- loppement des palpes maxillaires, qui sont très allongés et se dirigent en avant comme des tentacules. La chry- salide n'est pas moins bizarre $ chacune de ses articula- tions porte en dessus un dessin en arc de cercle qui pa- raît sculpté avec la plus grande précision, et son extrémité anale se termine par une pointe tronquée car- rément. La coque qui la renferme a une consistance pa- pyracée qui approche déjà de celles des genres suivants. Le papillon éclot dès les premiers beaux jours. On le rencontre en quantité dans nos environs en frappant les arbres, contre le tronc desquels il se tient cram- ponné pendant le jour. Espèces. Lithoriza , TV. Operosa, Hub. Gen. 6. EPIMECIA (Im^XTiç, elongaius (la chenille). (Mihi. Cleophana, Boisn.) Chenilles à 1 G pattes égales, très allongées, minces, effilées, atténuées aux extrémités, à anneaux renflés, à tête petite, globuleuse, ayant toutes les lignes visibles. Elles sont très vives , et se nourrissent de plantes basses, au pied desquelles elles se tiennent pendant le jour. Chrysalides un peu allongées, pourvues d'une gaîne ventrale, longue et linéaire, à anneaux abdominaux renflés et munis en dessus chacune d'une petite touffe de poils; elles sont renfermées dans des coques ovoïdes Dr, LA SOCIKTK ftHDOMOLQGIQUE. -jl 5 composées de soie et de débris, et placées à la surface de la terre. Insectes parfaits. — Antennes , filiformes dans les deux sexes. Palpes, dépassant beaucoup la tète, comprimés latéralement, droits : leur dernier article , court, très distinct , incumbent. Thorax , grêle, lissé, à collier sail- lant et relevé. Abdomen, grêle, dépassant les ailes infé- rieures, lisse dans les deux sexes. Pattes, peu velues, à ergots assez prononcés. Ailes supérieures, très en- tières, un peu allongées, à dessins confus; inférieures, très développées. Ce genre, indiqué par M. Boisduval, est complètement iutermédiaire entre le précédent et le suivant. C'est un de ceux qu'on ne peut deviner sur l'insecte parfait , et il fallait absolument connaître la chenille pour trouver sa vérilable place. Aussi M. Treifschke, qui ne connaissait que le papillon, est-il bien excusable de l'avoir placé parmi les Leucania sous le nom de Lurida. Il faut donc rayer ce nom de Lurida de son calalogue et du mien ( où je l'avais inscrit d'après son autorité, en l'accompagnant toutefois d'une * qui indique que je n'avais point vu l'in- secte). Ce double emploi est hors de doute , puisqu'il m'a été signalé par l'entomologiste même qui a découvert la Lurida, M. Kindermam* d'Ofen. On voit assez par les caractères génériques en quoi le genre Epimecia diffère de ses voisins. Ses chenilles, qui vivent sur les scabiosa , sont douées de la même agilité que celles des Xylocampes, c'est-à-dire que, quand on les touche, elles frétillent et se retournent dans tous les sens avec une extrême vivacité. Les insectes parfaits se rapprochent un peu des Cleophana , et ont les mêmes vni. 34 516 ANNALES mœurs, c'est-à-dire qu'ils butinent le soir sur les fleuri et qu'ils éclosent à peu près aux mêmes époques. C'est à M. Daube, de Mon Ipel lier, qu'on doit la dé- couverte de la chenille de VUstnlata, découverte bien plus intéressante que celle du papillon, ainsi qu'on en peut juger par ce que j'ai dit plus haut. Et pece. | USTULATA , Boitd. I Lurida, TV. Gen. 7. CLEOPHANA. (Boisd., Tn. Calophasia , Steih.) Chenilles à 16 pattes , égales , un peu allongées > atté- nuées aux deux extrémités, sans éminences, à anneaux un peu renflés, de couleurs vives, à lête petite, subglo- buleuse. Elles vivent à découvert sur les plantes basses, contre les liges desquelles elles se tiennent appliquées pendant le jour. Chrysalides déprimées par place, à anneaux abdomi- naux un peu saillants, munies d'une gaine ventrale longue et linéaire. Elles sont renfermées dans des coques ovoïdes, papy racées, recouvertes ou parsemées de dé- bris, et attachées aux tiges ou aux mousses. Insectes parfaits. —Antennes, simples dans les deux sexes. Palpes , dépassant un peu la tête, assez épais, as- cendants , velusj leur dernier article, court, souvent peu distinct. Toupet frontal, uni ou divisé en deux pointes plus ou moins saillantes. Thorax, sub-carré, ayant tantôt le collier relevé en capuchon, tantôt les ptérygodes saillantes latéralement. Abdomen , dépassant DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. S17 un peu les ailes inférieures, lisse ou crête, terminé car- rément dans les $, et finissant brusquement en pointe dans les Ç . Ailes supérieures , un peu étroites , à franges fortement entrecoupées, ayant parfois les lignes médianes et les taches visibles ; l'anté- terminale , presque nulle. Au repos , elles couvrent les inférieures , et sont disposées eu toit très incliné. C'est à M. Stephens que nous devons l'établissement de- ce genre. Il l'a publié (sans caractère, du reste , comme tous ceux de son catalogue) sous le nom de Calophasia , que M. Boisduval a changé, je ne sais pourquoi , en celui de Cleophana , dans ses Chenilles d'Europe. Quoi qu'il en soit , M. Treitschke ayant suivi son exemple dans son supplément, et ayant assigné au genre Cleophana des caractères (insuffisants, il est vrai), je suis forcé de con- server celte dénomination déjà généralement adoptée. Au reste le genre Cleophana de M. Treitschke est beaucoup plus nombreux que le mien, puisqu'il y fait entrer mes genres Cloaniha et Xylocampn , tandis qu'il se réduit pour moi aux espèces dont les chrysalides ont une gaine ventrale saillante, et qui se métamorphosent hors de terre dans des coques papyracées. Tels sont en effet les principaux caractères de ce joli genre, mais ils ne sont pas les seuls , et ils s'appuient sur un faciès uni- forme dans les chenilles et dans J'insecle parfait. J'avoue cependant que quelques uns de ces derniers se rappro- chent un peu de certaines Cloaniha , par exemple, de la Perspictllaris ; mais , indépendamment des mœurs et de forme des chenilles et des chrysalides, qui seraient déjà des raisons bien suffisantes pour constituer un genre à part, on reconnaîtra dans les papillons une certaine dif- SIS ANS A LES férence de tournure et de dessins qui justifie encore cette séparation. Les chenilles des Cleophana sont toutes fort jolies. Elles sont plus ou moins allongées et atténuées à leurs deux extrémités. Leur nourriture consiste en plantes fasses , et c'est surtout le genre Linaria, si nombreux en espèces, qui fournit les espèces, si nombreuses aussi, de Cleophana. Elles ne prennent pas la peine de se cacher pendant le jour, et la plupart se tiennent appliquées le long des liges qu'elles ont dépouillées de leurs feuilles, ce qui rend leur recherche très facile. Nulle part on n'en trouve davantage d'aussi voisines les unes des autres, malgré la différence de leurs papillons; ainsi, les Cl. Ll- nariœ, Plaiyplera, Opali/ia, qui, à l'état parfait, sont cer- tainement les espèces du genre les plus éloignées entre elles pour les dessins et les couleurs, proviennent de che- nilles tellement semblables, qu'il est presque impossible de les distinguer. Les Chrysalides du genre qui nous occupe sont fort remarquables par leur appendice ventral. Ce n'est plus ici, comme chez les Cucull/aoalesD.anihœcia, une sorte de bouton court et comme extravasé} c'est un filet, ou plutôt une véritable gaine bien détachée, accompagnée, à sa naissance, de deux petites caroncules , et prolon- gée jusqu'au niveau de l'extrémité anale. Vue avec une forte loupe, cette gaine est rugueuse sur ses bords, et au voit régner dans le milieu une dépression longitudinale qui la partage en deux tubes soudés et communiquant ensemble, qui rappellent tout à fait la forme de la spiri- trompe, qu'elle paraît destinée bien réellement à conte- nir. On a peine, du reste, à se rendre compte de la né- cessité de cet appendice; car la spirilrompe des Cleo- phana n'est pas proportionnellement plus longue que DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGlQL'E. 519 celle de beaucoup d'autres Noctuélides, et on ne saurait se l'expliquer comme chez certains Sphingides (Convol- vuli, Ligustri, etc.), dans les chrysalides desquels la lon- gueur démesurée de cet organe justifie la présence d'un réceptacle additionnel. Un autre caractère remarquable du genre Cleophana, c'est la consistance de ces petiles coques solides comme du parchemin^ et, pour un observateur attentif, il y a encore là matière à réflexion. En effet, en se rappelant Lien la contexlure des coques que construisent les che- nilles qui doivent passer hors de terre le temps de leur transformation, on s'apercevra que leur solidité est presque toujours en raison inverse de leur capacité pro- portionnelle. Ainsi, les chrysalides qui sont à l'étroit dans leur demeure, et qui n'ont, pour ainsi dire, que l'espace strictement nécessaire pour s'y loger, comme les Born. Popull, Lanestris, Cratœgi , les Zygœna, la Pro- cris lufausta, la Ltmaeodes Textndo, etc., et le genre qui nous occupe, ont des coques impénétrables et d'une consistance presque cornée , tandis que les nymphes qui sont couchées dans des réseaux de soie molle et perméa- ble y sont toujours fort au large, comme les Lip. Sulicis, Chrysor/hœa, les Calocala, etc. -, ou bien , s'il arrive que les parois de leurs cocons soient plus rapprochées de leur corps comme chez \esBomb Neustiia,Procris,Pruni, etc., il y a alors un second tissu de soie lâche et étendu qui enveloppe la coque proprement dite. Serait-ce que cha- que espèce a besoin d'un intermédiaire particulier pour subir les influences atmosphériques, et ne laisser arriver jusqu'à elle que l'air, la chaleur et l'humidité qui con- viennent à sa constitution? ou bien, ces différences de construction aboutiraient-elles toutes à un seul but, ce- lui de soustraire la chrysalide aux attaques de ses ennc- 520 ANNALES mis, dont les aiguillons, les mandibules, etc, saraient alors arrêtes, dans le premier cas, par la dureté de la matière à entamer, et dans les deux autres, par la mol- lesse même de la bourre, et la difticulté d'arriver, au tra- vers d'une construction plus étendue, jusqu'à l'animal qui est (api au centre? J'inclinerais vers celle dernière interprétation, car, lorsque par hasard la chenille trouve un angle de rocher ou de muraille qui la met à l'abri de deux côtés, ce n'est plus au milieu qu'elle loge sa chrysa- lide, mais tout à fait au point le plus reculé, et elle ne construit son second filet que dans la partie accessible , ce qui serait difficile à concilier avec la première suppo- sition, puisque le corps abritant subissant lui-même, d'une manière particulière, toutes les variations de la température , il y aurail alors, plus que jamais, nécessité d'interposer entre lui et la coque un lissu convenable. A l'état parfait, les Cléophanes sont de jolis et élégants papillons; ils bourdonnent le soir avec rapidité autour des fleurs, et plusieurs même voltigent à l'ardeur du so- leil. Le nombre des espèces connues a doublé dans ces dernières années , et il est probable qu'il en existe encore plusieurs espèces à découvrir sur les linaires de nos mon- tagnes et des contrées méridionales de l'Europe. La plus récemment découverte est la charmante Lauleti, que je ne place dans ce genre que conditionnellement, car elle ne m'est connue que par un exemplaire unique trouvé par l'infatigable Anderregg, dans les montagnes du Va- lais, et ses premiers élats sont complètement ignorés. Une autre espèce, dont je ne connais pas non plus la che- nille , et qui est aussi un peu différente des autres par son faciès, c'est la C) mbaïaviœ, , qu'on plaçait dans le genre Erastn'a, et que M. Treitschke a rapportée ici avec raison, je crois. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. r&l Espèces. CYMBALARI.4Ï, AnARRHINI. AnTIRRHINI, COALISA , Hub. Hub. Dejeanii, Dup. Hub. Lauteti, Ander- Cyclopje A, Gresl. Serrata , TV. LinarijE, Fab. regg. Yvanii, Dup. I Platyptera, 7Y., Dup. ( Tenera, Hub. G. 8. CHARICLEA. (Steph. (Boisd., Dup. récent.) Xylina, Boisd., (index) Heliothis, Tr.) Chenilles, à 10 pattes égales, cylindriques, rases, à anneaux un peu saillants , de couleurs vives , ayant toutes les lignes visibles. Elles vivent à découvert sur les plantes basses, dont elles préfèrent les fleurs et les fruits aux feuilles. Chrysalides lisses, luisantes, un peu allongées, à partie antérieure un peu atténuée, sans gaine ventrale, renfer- mées dans des coques légères composées de terre et d'un peu de soie et enterrées. Insecte parfait. — Antennes filiformes dans les deux sexes. Palpes dépassant à peine la tête, velus ; le dernier article peu distinct. Thorax carré, ayant le collier un peu relevé et une crête bifide à sa jonction avec l'abdo- men. Celui-ci, peu velu, n'ayant qu'une forte crête sur le premieranneau dans les deux sexes, ayant l'extrémité obtuse. Ailes supérieures entières, un peu prolongées au sommet, ayant les lignes transverses très distinctes. Au repos, elles couvrent les inférieures, et sont disposées en toit très incliné. C'est encore M. Stepliens qui a créé ce genre, et il a r } ±2 ANXAI.KS été de suite adopté par les naturalistes frauçais, moins parce qu'il offre des caractères bien tranchés, que par l'impossibilité de faire entrer l'unique espèce qui le com- pose dans aucun des genres voisins. M. Treilschkea cru cependant devoir la rapporter au G. Beliolhis, et on ne peut nier, en effet, que l'insecte parfait n'ait une certaine analogie avec les espèces de ce genre} mais cette analogie n'est point confirmée par les premiers états, et la che- nille de la Delphinii appartient encore aux Xylinides. Elle a quelque ressemblance avec celles des Cfeophana , sans cependant être atténuée comme elle aux extrémités. Elle vit sur les Delphinium, dont elle aime surtout à ron- ger les fruits capsuleux, et elle se tient à découvert sur ses liges. La chrysalide n'a aucun rapport avec celles du genre précédent, non plus que sa coque, qui est presque entiè- rement composée de terre et enterrée assez profondé- ment. Les Charlclea volent autour des delphinium et des au - très fleurs qui existent à l'époque de leur apparition } mais pour avoir dans toute leur fraîcheur ces charmants lépidoptères, il faut absolument les élever de chenilles, car ils se décolorent assez promptement. Espèce. Delphinii, Lin. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. 323 DESCRIPTION d'une nouvelle espèce v'Ophthalmicus. Par M. Waga (de Varsovie). (Séance du 3 avril! 839.) OPHTHALMICUS DISPAR , Waga (I). Niger, pedibus palliais. Masc. : j4ntennarum articulo uhimo , pronoii mar- gine anteriori elytrorumque juocta scutellaris albidis. Femina : Tota aira. Habitat in pratis humidis Poloniœ borealis. Le mâle de cette espèce (fig. 4) , a la grandeur de VO. Crylloïdes , et lui ressemble beaucoup; mais l'article api- cal de ses antennes est constamment blanc, l'avant-corse- let, n'est bordé de blanc qu'antérieurement, et cette bor- dure est interrompue au milieu $ enfin , la lisière blanche des élytresn'estapparente que sur leurs bords qui son tcon- tigus à l'écusson-, elle ue s'étend que jusqu'à l'extrémité de l'écusson en formant un V, tandis que chez le Grylloïdes, elle dépasse bien encore l'écusson en formant un X. La (1) Voyez pi. 18, u° ï. VIII. 3a 524 ANNALES bordure extérieure ne se laisse guère apercevoir qu'à la loupe, tandis que, chez le Grylloïdes , elle est large et très apparente, même à l'œil nu. Chez les deux espèces, l'extrémité des élytres est également sans bordure (1), mais cette partie non bordée est beaucoup plus considé- rable dans le mâle du Dispar. Outre cela , le corps de ce dernier est d'une consistance plus faible que celui du Grylloïdes, les élytres sont plus courtes , l'abdomen plus étroit, de manière que son diamètre transversal, pris dans l'endroit le plus large, est moindre que celui de la tête, tandis que, chez le Grylloïdes , ce dernier est tou- jours surpassé par le premier. Les yeux du mâle du Dis- par sont brun-rougeàtre, et encore plus prononcés que ceux du Grylloïdes. La femelle ( flg. 2) , presque aussi longue que le mâle , est de moitié plus large que lui et toute noire , à l'excep- tion des pattes qui sont brunâtre-pâle et de quelques traces de la bordure extérieure des élytres, mais qui sont presque imperceptibles à l'œil nu. Le dernier article des antennes est couvert de poils dispersés, blanchâtres j il existe des variétés à cuisses postérieures noires. Les régions du suçoir blanches; l'éclat et la ponctua- tion sont également communs à tous. Jusqu'à présent je n'ai pu trouver cette espèce que dans le Palatinat d'Auguslow et par conséquent au nord de la Pologne , dans les prairies humides , au mois d'août et de septembre. Elle s'y cache sous l'herbe, et pendant les jours où le soleil s'augmente , elle monte sur les amas de débris de plantes desséchées, ou bien sur les pierres (1) La figure de Hahn ( Wanren, tome I, tab. xiv, figure 48) re- présente les élytres de Y Ophthalmicus grylloïdes bordées de blanc tout autour; mais le plus souvent cette bordure est interrompue der- rière. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 523 et les copeaux qui se trouvent quelquefois dans les prai- ries. A l'approche de l'homme, elle s'enfonce et s'enfuit dans l'herbe. La première fois que je trouvai en août un mâle et une femelle, je les mis dans un flacon; ils s'y sont prêtés aussitôt à l'accouplement. Vers la mi-sep- tembre, il est déjà difficile de trouver cette espèce, qui même en tout temps n'est pas très commune. de la Soc BnbtmùloflifUA de Ji Tom 1 111- /■/ tt I.Opbfliahmcus dù-pi a .'/-.■.■//, II Sllaris Soht-ri Paxiûrà ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ."2T DESCRIPTION D'UNE NOUVELLE ESPECE DE SITARIS. Par M, Pecchioli (de Pise). Telle esl la facilité avec laquelle on est porté à établir des espèces nouvelles, que la crainte d'ajouter au nombre des synonymes, dont la science n'est malheureusement que trop surchargée, me fit longtemps hésitera publier le Sitaris, dont je viens soumettre à la Société la descrip- tion, et sur les mœurs duquel je me promets d'ailleurs de lui faire part des observations que j'aurai été à même de faire. C'était en effet à partir du mois d'octobre 1855 que je possédais deux individus , mâle et femelle , trouvés sur une même plante de romarin. Je soupçonnai de suite avoir trouvé une nouvelle espèce, mais ne connaissant que YHumemlis çXVApicalis, je ne voulus pas m'en rap- porter à mes propres lumières, et je consultai à cet égard plusieurs entomologistes distingués, qui tous furent de mon opinion. Je m'abstins toutefois, pour les motifs précédents, de faire connaître cet insecte , jusqu'au mo- ment où, ayant visité, en 1857, plusieurs collections, non seulement de Paris et d'autres villes de France, mais encore de Suisse et d'Italie , je ne le rencontrai que dans celle de M. Solier, qui en possède un seul individu, et qui, le croyant aussi nouveau, m'engagea à le publier^ «fia ANNALES J'en avais déjà préparé la description el le dessin, lorsque, dans le mois de septembre dernier, j'eus le bonheur d'en rencontrer plusieurs individus des deux sexes, sur la même espèce de plante, à quelque distance de Pise. Cependant la coexistence de plusieurs indivi- dus de YHumeralis également des deux sexes , sur la môme plante, me jeta dans le doute et me fit craindre que ce ne fût qu'une variété; dès lors je me proposai de faire à ce sujet toutes les observations possibles. Dans l'espoir de surprendre leur accouplement , je ra- massai et gardai un certain nombre de jours plusieurs individus des deux espèces, réunis dans un même lieu, mais ce fut inutilement. Ne perdant pas cependant de vue ma plante, je parvins à surprendre plusieurs accouple- ments dans lesquels je reconnus, à ma grande satisfac- tion , que les deux espèces ne s'étaient point mélangées. Ce fait, accompagné des différences caractéristiques que je crus avoir reconnues dans les deux espèces , m'ont en- tin décidé à la publier, la dédiant au savant et laborieux naturaliste, qui m'en a volontairement abandonné l'honneur. L'intérêt qu'inspire naturellement l'étude des mœurs des insectes, dont dérive tant d'utilité pour la science, fut réveillé en moi par la circonstance d'avoir trouvé ce Sitaris à deux époques et dans deux localités si éloignées entre elles, et sur la même plante. Est-ce à la proximité du mur près duquel se trouvaient ces romarins qu'est due la présence de ce coléoptère sur cette plante? En fait-il lui- même sa nourriture habituelle , ou ne s'y porte-t- il que pour pondre dans ses fleurs, d'où les œufs , après avoir passé dans l'estomac de quelque Apis , seraient déposés avec le miel de cet Hyménoptère dans son nid, où la larve de notre insecte se nourrirait de celle de l'Apis ? DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. T>29 Voilà des faits que je désirerais pouvoir constater par les observations que je rac propose de faire sur cet inté- ressant sujet. Sitaius Solieri (1). S. Capite , thorace scutclloque ni gris ; antennis ni gris parumper albicantibus. Elytris dimidia parle anlica Jlavis, postica nigro-brimneis. Ab domine flavo; fenio- ribus nigro-brujineis ; tibiisque Jlavis. A peu près de la grandeur du Sitaris humeralis. Tête, thorax et écusson d'un noir luisant, très forte- ment ponctués , paraissant chagrinés. Antennes d'un noir mat et un peu blanchâtres. La poitrine est recou- verte de poils soyeux , très courts et très serrés, surtout dans le mâle, d'un jaune doré. Ces poils se retrouvent , quoique plus courts, plus rares et plus foncés, sur la. tête , ainsi que sur les tibias du mâle. Abdomen jaune, plus foncé dans le mâle. Elytres très finement ponctuées, avec une espèce de côte de points relevés, très peu visibles, au milieu de celles du mâle. Leur couleur est un jaune clair depuis leur base jusqu'à moitié, avec la moitié postérieure d'un brun-noir, plus foncé dans le mâle. Les ailes jaunâtres, avec la nervure delamêmecouleur que la moitié postérieure des élytres. Comme il existe une grande différence dans les pattes des deux sexes , je crois nécessaire de les décrire sépa- rément. Mâle. Cuisses très ponctuées et velues, d'un brun-noi- râtre, à l'exception de la moitié Ihoracique et de (1) Voyez pi. 18, n" IL 550 ANNALES la moitié cubitale des côtés, qui sont presque jaunes ainsi que les genoux. Tibias jauues avec les épines brunes , et une tache de la même couleur sur la face externe des postérieures. Les deux premiers articles et moitié du troi- sième des tarses antérieurs jaunes 5 tous les autres bruns. Les postérieurs n'ont que le pre- mier article jaune. Femelle. Les cuisses toutes d'un brun noirâtre, moins velues que dans le mâle , et paraissant par con- séquent plus ponctuées. Les quatre tibias antérieurs jaunes , avec les épines et une petite tache apicale brune. Pre- mier article des tarses antérieurs jaune, tous les autres bruns. Tibias et tarses postérieurs de la couleur des cuisses avec la seule base du premier article jau- nâtre. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOClgl'E. 85* OBSEBVATIOKS DETACHEE» POUR SERVIR A L'HISTOIRE DE QUELQUES INSECTES. Pau M. Goureau- (Séance du 4 septembre 1859.) § I. Eumène étranglée (Eumenes coarclata, Lat.\ (Voyez pi. 18, d. III, fig. \ , % 5.) L'Euraène étranglée n'est pas rare; on la trouve dans toutes les parties de la France que j'ai habitées. Elle est décrite dans le Règne arc/ma/ de Cuvier, qui donne quel- ques détails sur ses mœurs. L'auteur s'exprime ainsi: « La femelle construit sur les tiges des végétaux , et par- ticulièrement des bruyères , avec de la terre très fine , un nid sphérique, le remplit, selon Geoffroy, de miel, et y dépose un œuf (1). » Ces détails succincts ne sont pas exacts , et les obser- vations que j'ai eu l'occasion de faire sur cet insecte me permettent d'y ajouter quelque chose , et de les rectifier. J'ai trouvé dans mes promenades plusieurs nids de l'Eu- mène étranglée, les uns aux mois de mars et d'avril, les autres au mois de septembre 3 ils ne sont pas attachés à des tiges de bruyères, et d'une forme sphérique, ainsi que le dit l'auteur cité plus haut, mais fixés contre des pierres, et ressemblent à une demi-sphère surmontée d'une cheminée. On rencontre, à la vérité, pendant le (t) Cuvicr, Règne animal, tome V y page 537. E>2 ANNALES mois de juin, des nids sphériques construits avec de la terre très fine, attachés à des branches de bruyères, mais ces nids n'appartiennent pas à l'Eumène étranglée. Si on les ouvre, on voit qu'ils sont formés de parcelles de terre reliées avec des fils de soie ; que leur coque est assez molle, et que leur intérieur contient une bourse sphéri- quc de soie blanche remplie de petits œufs ronds d'un blanc un peu jaunâtre. Ces particularités les font recon- naître pour les nids d'une espèce d'Arachnide. Quant à celui de l'Eumène étranglée , il est fixé contre une pierre à l'exposition du midi; sa forme est celle d'une demi-sphère surmontée d'une sorte de bouchon plein et saillant à l'époque des mois de mars et d'avril, mais qui, dans l'origine, est une véritable cheminée; la matière qui le compose est une terre fine , dont les par- celles sont liées par une gomme solide que dégorge l'in- secte en la pétrissant} il est construit par anneaux cir- culaires un peu inclinés par rapport au plan déposition, dont le diamètre diminue successivement, et posés les uns sur les autres. Le bouchon, ou la cheminée, occupe le centre de tous ces cercles; il est de terre comme le reste du nid , percé d'un trou de \\ millimètre \ de dia- mètre , dont les parois s'épanouissent en cloche au bord supérieur. Il n'occupe pas exactement le sommet du nid , mais il est placé un peu sur le côté. Cet édifice, lisse et poli à l'intérieur, est très solide , et tient fortement à la pierre contre laquelle il est fixé. Le ciment qui réunit les mo- lécules de terre, et en fait une sorte de mortier, résiste parfaitement à l'humidité de l'air, au moins pendant une année; ceux qui ont deux ans, ou plus de date, sont moins fermes, et se démolissent assez facilement. C'est pendant l'été , dans les mois de juillet et d'août , que la femelle construit son nid; à cette époque on la DE LA SOCIÉTÉ OTQMOLOGÏQUE. 533 voit assez fréquemment posée sur la terre fine, l'argile pulvérulente, dont elle emporte des parcelles entre ses mâchoires; elle m'a paru revenir constamment au même lieu où elle a commencé à prendre ses matériaux. La forme du nid ne permetguère de douter qu'elle le con- struise par anneaux successifs en collant chaque parcelle contre ses voisines, et les polissant à l'intérieur avec ses mâchoires, taudis qu'elle laisse l'extérieur à l'état brut} elle termine son édifice par une cheminée saillante , per- cée d'un trou, par laquelle elle pond son œuf, à ce que je suppose, et qui lui sert ensuite à introduire les aliments dont la larve se nourrira ; lorsqu'elle est approvisionnée, l'insecte ferme le trou avec de la terre semblable à celle du nid et avec une si parfaite exactitude , que l'on ne croirait pas qu'il y ait jamais eu de vide dans le bou- chon ; après quoi il abandonne sa construction et l'ha- bitant qu'elle renferme au cours de la nature. Un nid trouvé le 10 septembre ayant sa cheminée ou- verte , contenait un œuf blanc , oblong , un peu courbe , de 3 millim. de longueur sur î de millim. de diamètre ; à côté se trouvait une petite chenille dont la grosseur était del millim. environ , et la longueur de 7 millim. Cette chenille est pourvue de quatre paires de pattes intermé- diaires continues, et de deux pattes anales horizontales, en forme de petites queues ; sa couleur est verte ^ la tête et le premier anneau sont pointillés de noir, et tous les autres anneaux présentent quatre petits points noirs au bord antérieur et deux au bord postérieur. Elle était en- core vivante, et faisait des mouvements pour essayer de se traîner et de s'échapper lorsque sa prison a été ou- verte. Il paraît donc constant que l'Eumène étranglée ne nourrit passa larve de miel, ainsi que Geoffroy l'a 854 ANNALES avance, mais qu'elle approvisionne son nid de petites- chenilles. D'autres nids, trouvés les 5 février et 27 mars avaient leurs cheminées entièrement fermées, et contenaient chacun une larve fort grosse et couchée en arc de cercle dans sa cellule, dont les parois étaient garnies d'une ten- ture de soie fine et blanchâtre, qui s'étendait aussi sur la partie de la pierre que recouvrait le nid. Dans l'un des coins on remarquait un petit paquet chiffonné que j'ai pris pour la dernière dépouille de la larve, et une grande quantité de grains noirâtres qui, examinés à la loupe, n'offrent rien de régulier, et que l'on doit prendre pour les dépouilles des chenilles dévorées ou pour des excré- ments. Ce coin est comme la senline de l'habitation où l'insecte accumule les débris et les ordures qui le gênent. Lorsqu'il construit sa tapisserie pour s'envelopper et at- tendre mollement sa métamorphose en chrysalide, il a soin de s'isoler de ce cloaque, et de s'en séparer par une cloison de soie. La larve parvenue à toute sa grosseur est d'une couleur jaune-paille uniforme $ elle est privée de pattes et formée de douze anneaux ; elle est amincie à sa partie antérieure et renflée à l'extrémité opposée ; elle présente deux ca- rènes latérales qui s'étendent dans toute sa longueur; la tète est petite, appliquée contre la poitrine; on y dis- lingue à la loupe deux mâchoires brunes et deux points oculaires. Lorsqu'elle a consommé toutes ses provisions et pris son développement complet, elle se file une toile de soie dont elle s'enveloppe, comme on l'a dit plus haut ; elle s'y couche en rond, et se tient dans un état complet d'immobilité jusqu'au moment de sa métamorphose, qui a lieu vers le 20 mai. La chrysalide est immobile, mais toutes ses parties DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 835 sont libres , et ont acquis leur grandeur complète , à l'ex- ception des ailes $ la tête est penchée sur la poitrine; les paltes sont pliées à leurs articulations et appliquées con- tre les côtés du thorax; les tarses sont rangés sur deux lignes à peu près parallèles ; les antennes sont étendues et couchées le long de la poitrine ; enfin , les ailes , très petites, sont placées de chaque côté sur les flancs ; l'in- secte entier est courbé en rond. Au premier coup d'œil , on reconnaît la forme d'un Hyménoptère, mais à la gran- deur du premier anneau de l'abdomen, on ne suppose pas qu'il doive donner naissance à uneEumène, on serait plutôt porté à croire qu'il appartient à une Odynère. La chrysalide est d'abord entièrement blanche ^ les yeux commencent à se colorer, puis l'abdomen, et successive- ment toutes les parties du corps 5 enfin, l'insecte s'est montré le 12juin. On peut remarquer, d'après les formes que prend l'in- secte dans ses diverses métamorphoses, que la chrysa- lide est plus allongée et plus fluette que la larve, et que l'insecte parfait est encore plus long et plus mince que la chrysalide. Ces changements que l'on remarque dans un grand nombre d'Hyménoptères sont tout l'opposé de ceux que présentent les Coléoptères en général dans leurs métamorphoses , quoique les chrysalides des uns et des autres aient la plus grande analogie dans le nombre et la disposition des parties qui les composent. § II. Esquisse de l'histoire, d'un insecte de la famille des Fouisseurs. (PI. 18, n. III, fig. A, 5, 6, 7, 8, 9.) L'Hyménoptère dont il est ici question appartient à la tribu des Fouisseurs et probablement au genre Pompile de La treille. Mais comme il ne me semble pas s'y rap- 536 ANNALES porter très correctement , et qu'il diffère un peu par ses mœurs des insectes de ce genre, je vais en donner une description succincte : Antennes. — Insérées au milieu de la face, courbées c% roulées $ . Labre. — Grand, s'étendant jusqu'aux antennes: une protubérance au milieu. Palpes. — Longs, pendants, à articles de même lon- gueur, mais diminuant de grosseur en approchant de l'extrémité. S Vo thorax. — S'étendant jusqu'aux ailes. Pédicule. — Court. Pattes. — Grêles; les postérieures allongées, sans brosses; les antérieures munies d'une épine, les quatre autres de deux épines. Couleur. — $ noire; cy noir; face blanche, excepté la protubérance du labre : un très petit point blanc à l'extrémité du dernier an- neau de l'abdomen. Mœurs. — Ç construit un nid formé de cinq à six coques en terre qu'elle place à couvert , dans chacune desquelles elle dépose un œuf et une araignée dont elle a coupé les pattes. Dans mes promenades entomologiques aux environs deCollonges, j'ai trouvé trois nids de cet insecte; le premier le 19 mars , le deuxième le 24 du même mois et le troisième le 24 décembre suivant. Le premier était placé sous une vieille écorce de noyer détachée du tronc ; il était formé de six à sept coques adhérentes l'une à l'autre, et fixées au tronc $ le deuxième était placé sous une pierre qui ne touchait pas la terre par tous les points de sa surface inférieure r et formait une sorte de voûte DE LA SOCIÉTÉ ENTÔMOLOGIQUE. 537 qui le recouvrait; le dernier était caché dans une cre- vasse profonde de Técorce d'un vieux peuplier, et formé de deux coques avec les amorces de plusieurs autres qui en avaient été détachées par accident, à ce que je pré- sume. Comme ces coques ont peu de solidité, il est pro- bable que l'insecte qui les construit a la prévoyance de les abriter de Ja pluie et de l'humidité de l'hiver qui ne manquerait pas de les détruire ou de les avarier. On voit à l'aspect de leur surface rugueuse, qu'elles sont con- struites par anneaux circulaires formés de la réunion de petites boulettes de terre fine, collées l'une à l'autre par une gomme que rend l'insecte qui les pétrit, mais leur intérieur est lisse et poli ; elles sont placées l'une à côté de l'autre, et adhérentes entre elles sans former un édifice régulier. Chaque cellule, de forme ovoïde, a 8 mil- lim. de long et 4 millim. de diamètre. Eu ouvrant plu- sieurs coques des deux premiers nids, j'ai trouvé dans chacune un cocon de soie blanchâtre, collé par l'une de ses extrémités à la cellule en un point marqué par une couleur rougeâtre produite, à ce que je présume, par une sécrétion de la larve qui l'a filé. Le cocon étant adhé- rent à la coque , l'insecte doit en sortir avec facilité lors- qu'il subit sa dernière métamorphose. En brisant ies deux coques du troisième nid , j'ai trouvé dans l'une un cocon semblable aux précédents, et dans l'autre une araignée qui n'avait plus que deux pattes; ies six autres avaient été coupées par le maître du logis pour empê- cher l'araignée de se sauver tandis qu'il travaillait à fer- mer sa coque. Il paraît qu'il n'y a pas eu d'œuf pondu de- dans, ou que, s'il y en a eu, il a été infécond, et s'est desséché; je n'en ai trouvé aucune trace, non plus, que des pattes coupées. Les larves renfermées dans les cocons étaient parve- 538 ANNALES mies à toute leur taille, et avaient 7 millim. de long sur 2 millim. de diamètre; elles étaient dans un état d'immo- bilité parfaite et attendaient dans le repos l'instant de leur métamorphose en chrysalides. Elles sont d'une cou- leur jaune paille , formées de douze anneaux séparés par des incisions bien prononcées; elles sont atténuées du côté de la tête, qui est recourbée sur la poitrine, et ter- minées par une sorte de tubercule ou d'anneau très étroit à l'extrémité opposée. La tête présente, étant vue à la loupe, deux mâchoires bistriées , noirâtres à l'extré- mité, et en dessous trois mamelons arrondis, ou un seul mamelon trilobé un peu saillant, ce qui donne à la tête la forme d'un trèfle à la première vue. Les coques ne renferment aucun débris de corps étran- ger, ce qui prouve que les larves dévorent en entier les araignées que la mère leur a données , et de plus qu'elles ne rendent point d'excréments. L'insecte parfait s'est montré à la mi-juin: D'après les faits rapportés plus haut, on peut conjec- turer que l'insecte construit son nid pendant l'été; que la larve croît jusqu'aux froids de l'automne; qu'elle s'en- veloppe alors dans son cocon pour passer l'hiver et une partie du printemps; qu'elle se transforme en chrysalide vers le mois de mai pour subir sa dernière métamor- phose au commencement de l'été. § III. Quelques traits de mœurs des insectes Fouis- seurs (Pompilcs). Les faits observés sur les mœurs des insectes, quelque peu importants qu'ils paraissent, méritent cependant d'être rapportés^ car, outre qu'ils sont toujours intéres- sants, ils servent encore à confirmer des observations DE LA SOCIÉTÉ E&TQMOLOGIQUE. 539 antérieures sur lesquelles il peut y avoir du doute, ou à rectifier d'anciennes erreurs, ou à jeter de l'in- certitude et à appeler de nouvelles investigations sur des lemarques qui ne s'accordent pas complètement avec ce que l'on savait à l'avance. Je crois donc qu'il n'est pas inutile de publier les faits suivants, que m'ont offerts plusieurs insectes de la famille des Fouisseurs. J'ai vu plusieurs fois les Pompilus fusais et exahatus parcourir avec rapidité la surface d'un terrain sablon- neux exposé au midi, entrer, en furetant, dans tous les trous qu'ils rencontraient et en sortir aussitôt, comme s'ils n'avaient pas trouvé l'objet de leurs perquisitions. D'autres fois je les ai surpris fouissant le sable à la ma- nière des cbiens qui grattent la terre, y creuser un petit enlonnoir, et s'enfuir bientôt, abandonnant l'ouvrage commencé. Je n'ai jamais vu postérieurement quel est le but de ces manœuvres ; mais je conjecture que les Pom- piles cherchent des araignées dans les galeries ouvertes ou dans le sable , pour les emporter ou pour pondre sur leurs cadavres, et que, s'ils font tant de perquisitions inutiles, c'est qu'ils ont les sens obtus et peu dévelop- pés , ainsi que semble le confirmer l'observation sui- vante. Le 16 septembre, un Pompile qui portait une araignée entre ses pattes la laissa tomber à côté de moi; il se précipita à terre pour la ramasser; mais une fourmi plus alerte s'en empara et l'emporta. Le Pompile par- courait le terrain avec une grande rapidité, mais en étourdi, allant et venant sans relâche et sans la rencon- trer , quoiqu'il n'en fût éloigné que de quelques centimè- tres : ni la vue ni l'odorat ne l'avertirent du chemin qu'il devait suivre, et sou gibier fut perdu pour lui. Le 20 août j'ai surpris le Pompilus bipwwtiius en- vi ii. 56 S40 ANNALES fouissant une araignée dans le sable au bord du Rhône; il tenait sa proie entre ses pattes et pénétra dans sa ga- lerie à reculons^ mais comme elle était creusée dans un sable sans cohérence et très mobile , des graviers tombés naturellement ou jetés à dessein l'avaient encombrée, et il ne put arriver jusqu'au fond. Alors il en sortit, dé- posa sa proie sur le bord du trou et se mit à le vider avec ses pattes de derrière et ses mâchoires ; après quoi il vint reprendre son araignée, l'entraîna dans le fond et l'y déposa. Il reparut ensuite et remplit sa galerie de sable, ce qu'il fit en grattant sur le bord avec ses pattes antérieures, et dirigeant le sable dans l'ouverture. Lors- qu'il eut achevé son opération, je m'emparai de l'insecte et j'ouvris sa galerie, où je ne trouvai, à ma grande sur- prise, qu'une seule araignée, celle qu'il venait d'enter- rer. Celle-ci , d'une assez petite taille, était certainement insuffisante pour la nourriture de la larve, et je pense que le Pompile devait en apporter d'autres. Probable- ment qu'à chaque araignée qu'il enfouit il prend la pré- caution de fermer sa galerie, afin d'empêcher d'autres insectes fureteurs de venir pondre sur la nourriture qu'il réserve à sa larve. Cette manœuvre n'est pas particu- lière au Pompile cité; j'ai vu le Lavra nigra , le Slizus sinualus et le Bernbex rostralus combler leurs galeries avec du sable et s'y prendre de la même manière pour faire cette opération. En examinant l'araignée déterrée, je remarquai que l'abdomen tenait à peine au corselet et que le pédi- cule était comme rompu. En effet, lorsque, de retour cliez moi, je voulus l'examiner de nouveau, il acheva de se déchirer, et l'abdomen me tomba dans la main. Cette lésion du pédicule peut venir des tiraillements qu'il a éprouvés lorsque le Pompile entraînait l'araignée dans DE LÀ SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. r>{\ sa galerie; mais ii peut dépendre d'une autre cause qui mériterait d'être écfaircie. On admet comme règle générale que les Hyménoptè- res fouisseurs blessent les insectes dont ils nourrissent leurs larves en les piquant avec leur aiguillon. Je doute que cette règle soit vraie $ je suppose au moins qu'elle souffre plusieurs exceptions. La piqûre des Pompiles est très douloureuse et la plus poignante de toutes celles que causent les Hyménoptères à aiguillon de nos contrées; elle produit une inflammation et une endure qui durent pendant plusieurs jours. Si la très petite goutte de venin qu'ils versent dans la plaie produit un tel effet sur un homme, il est probable qu'elle en produirait un ana- logue sur les araignées ou sur les autres insectes , et même qu'elle les tuerait, comme il arrive aux Abeilles qui sont piquées dans les combats qu'elles se livrent en- tre elles, et qui meurent bientôt de leurs blessures; mais on n'observe rien de semblable sur les insectes que l'on arrache des serres des Fouisseurs : ils vivent, au con- traire, fort longtemps après leur blessure. Des faits par- ticuliers viennent augmenter les doutes que je soulève, J'ai signalé plus haut un Fouisseur qui avait coupé six pattes à une araignée pour l'empêcher de s'échapper de son nid. Un autre Fouisseur m'a fourni un exemple sem- blable. Un jour, pendant l'été, me trouvant à Besançon, je vis tomber à mes pieds une araignée, et en même temps un Fouisseur se précipila à terre pour la ramas- ser; je fus plus agile que lui, je m'emparai de sa proie et je le pris lui-même; il était du genre Pumpilns ou Larra, autant que je puis me le rappeler, car je ne l'ai pas sous les yeux pour le décrire. L'araignée était étran- gement mutilée, elle avait les huit pattes coupées au ras du corselet. Il n'était pas nécessaire que ces araignées fus- M2 ANNALES sent blessées par l'aiguillon venimeux des insectes chas- seurs; elles étaient hors d'état de s'échapper. J'ai suivi avec soin la vie du Circeris nmata, dont l'histoire est donnée dans les mémoires de l'Académie de Besançon (1). Cet insecte blesse les Halictes femelles, dont il nourrit ses larves, en leur mordant le pédicule, et cela expliquerait la facilité avec laquelle celui de l'araignée du Bipunc.tatus s'est rompu entre mes doigts sans que j'eusse fait aucun effort pour obtenir ce résultat. Mais à quoi sert l'aiguillon des Fouisseurs, et quel est le but d'une arme aussi redou- table? je l'ignore. Peut-être qu'il n'a pas un autre usage que celui qu'en font les abeilles et les guêpes, et qu'il ne sert que dans les combats. Les abeilles n'ont point de proie à blesser; les guêpes, qui font la chasse aux diptè- res et autres insectes, ne les piquent pas, elles leur mor- dent le cou et leur écrasent la tête entre leurs mâchoires, elles mettent ainsi dans l'impossibilité de remuer. J'a- jouterai encore à l'appui de l'opinion énoncée plus haut une observation que m'a fournie le Mellinus arvensis. Le 6 septembre, je vis plusieurs de ces Hyménoptères posés sur une bouse de vache dont la surface était déjà dessé- chée et un peu dure ; il y avait aussi avec eux des Diptè- res de différents genres, tels que des Lucib'a musca et sepsis. Le Mellinus arvensis, qui nourrit ses larves de Diptères, ne chasse qu'une seule espèce, qui est, autant que j'ai pu le reconnaître, le Musca corvina (Macq.). Lorsque l'un de ces insectes venait se poser sur la bouse, on voyait le Mellinus s'en approcher doucement, comme en rempant, jusqu'à la distance de 12 à 15 millim., et de là sauter sur sa proie, la saisir par le cou avec ses mâchoires et par le corps avec ses pattes et l'emporter à (1) Séance publique de l'Académie de Besançon du 25 août 483L RE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. .%i^ lire d'aile; s'il lui arrivait de la tuer complètement, il en abandonnait le cadavre. Il parait que sa proie doit conserver un reste de vie pour lui convenir. Jamais il n'attaquait les petits Scpsis , qui se promenaient avec agilité en agitant leurs ailes ponctuées. Quelquefois il s'é- lançait sur un Lucilia cœsar; mais s'apercevanl aussitôt de sa méprise, il quittait le combat et dirigeait ailleurs ses recherches. Je ne me suis pas aperçu qu'il piquât son gibier, et je suis persuadé que dans toutes ses chasses il ne se sert pas de son aiguillon. La paix est loin de régner dans les régions les plus in- férieures de notre univers, et parmi ses iniiniments pe- tits habitants, on voit des animaux cruels et rapaces qui exercent un empire de carnage sur d'autres animaux innocents et plus faibles qu'eux. Parmi les premiers, on peut compter les Crabrons, qui font une immense des- truction de Diptères. Le 25 mai , en me promenant au bord du Rhône , sous Collonges, je vis une multitude de ces insectes dépréda- teurs enfouissant des Diptères dans le sable. Je m'arrêtai pour observer leurs manœuvres, et je ne tardai pas à voir l'un de ces insectes qui tenait une mouche entre ses pattes, et qui se posa sur le chemin. Après avoir marche pendant quelque temps en tenant sa proie étendue sous son ventre, il s'arrêta à l'endroit qui lui parut convena- ble et se mit à gratter le sable avec ses pattes antérieures pour s'ouvrir un passage; mais comme l'ouvrage qu'il avait à exécuter était assez considérable, il se débarrassa en partie de son fardeau et ne le tint plus qu'avec les crochets d'une des pattes postérieures; les jambes anté- rieures se trouvant libres , il put travailler avec facilité , et eut bientôt creusé sa galerie. Lorsqu'il eut fini, il vint reprendre sa mouche et l'entraîna dans son nid. Avant ;,i{. ANNALES qu'il eût pris son essor pour retourner dans la campa- gne, je découvris la galerie et je m'emparai du Crabrou et de tout son approvisionnement, qui consistait en trois inouehes de la même espèce que celles que j'avais vu enfouir. Il me parut alors que l'insecte chasseur com- mençait un approvisionnement sur lequel il devait bien- tôt déposer un œuf. Tous ceux que j'ai vus occupés à ser- rer des vivres étaient obligés de creuser leur galerie ou de la déloucher, soit que le sable fin et sans consis- tance dans lequel elle était pratiquée la comblât ou s'é- houlàt, soit qu'eux-mêmes prissent ce soin pour la dé- rober à d'autres insectes parasites. Ces petits animaux sont doués d'un admirable instinct ou d'un odorat très subtil, car ils ne se trompent pas; en fouissant dans un terrain qui est tout uni, ils arrivent sans erreur à leur approvisionnement déjà commencé. Les uns s'y enfon- cent sans préliminaire avec leur proie-, d'autres sont obligés de gratter. Parmi ces derniers, il y en a qui dé- posent leur fardeau avant de se mettre à l'ouvrage, tan- dis que d'autres travaillent sans l'abandonner. Leur ma- gasin est caché à 8 ou 10 centimètres au-dessous de la surface du sol. Tous les Crabrons que j'ai vus occupés à cet ouvrage sont de la même espèce; ils sont d'un noir luisant avec des taches jaunes ; ils ont de cette dernière couleur la par- tie supérieure du premier article des antennes, deux taches latérales sur les deuxième et troisième anneaux de l'abdomen, les tibias et les tarses; la lèvre est argen- tée et le bord des ailes est légèrement noirâtre. Les diptères dont ils nourrissent leurs larves sont tous aussi de la même espèce, qui m'a paru être VAthcrix Ibis ç. (Macq) Cet insecte a les yeux verts, le thorax cris avec trois bandes longitudinales noires ; le premier DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 545 anneau de l'abdomen nui r, les autres fauves; les deuxième, troisième et quatrième portant une tache en losange au milieu, et une latérale, noires, les autres sont bordés d'une bande de la môme couleur ; le dernier est saillant ; les jambes sont jaunâtres, les cuisses portent un anneau brun, les tarses sont de cette dernière couleur, et les ailes sont marquées de trois bandes irrégulières noirâtres. Si les Crabrons sont des insectes déprédateurs et de véritables fléaux pour les Diptères, ils ne sont pas pour cela à l'abri de tout danger, et ils sont soumis à leur tour à une cause puissante de destruction, non pas à l'état d'insectes parfaits, mais à l'état de larve. Le 5 novembre, je ramassai dans un bois de chêne une petite branche sèche et à demi-décomposée : je trouvai dans une galerie creusée à peu près à son centre une larve parvenue à toute sa grosseur; elle était couchée sur des débris de pattes et d'ailes que je reconnus pour avoir appartenu à des Diptères, sans pouvoir cependant en déterminer ni, l'espèce, ni le genre. Cette larve est blanche et assez grosse ; elle est formée de douze anneaux séparés par des , étranglemenls profonds ; des deux côtés règne une carène où ces étranglements se reproduisent ; les extrémités sont atténuées, la tète est ronde, écailleuse et luisante; on y distingue à la loupe deux mâchoires brunes , courbes , qui paraissent trisillonnées à leur extrémité; sous ces mâchoires on voit deux mamelons saillants terminés par une petite pointe, qui sont probablement les autres par- ties de la bouche ; elle n'a point de pattes. Sur celte larve il y en avait une autre très petite, un peu longue , à tête grosse et écailleuse et privée de pattes^ elle semblait attachée à la première et y tenir par sa tète. Il était facile de reconnaître, à une petite blessure que portail la grosse larve, et de laquelle suintait une très petite 546 ANNALES goutte d'humeur limpide, qu'elle était dévorée par la pe- tite; cependant elle ne donnait aucun signe de douleur et paraissait impassible ; ce qui porte à croire que la sen- sibilité est peu développée chez ces animaux. Il peut se faire aussi que la larve parasite se nourrisse par succion, et que celte opération, se faisant très lentement, l'ani- mal sucé n'en éprouve qu'une légère incommodité qui le conduità la mort par une maladie de langueur. Quoiqu'il en soit, c'est par le milieu du côté que la grosse larve était blessée. Dans une galerie voisine de la même branche il y avait le cadavre d'un Crabron. Cet insecte, né daus l'année qui était sur le point de se terminer ou dans la précédente, n'avait pu ouvrir sa prison , et était mort dans son ber- ceau. Je soupçonne que la larve pourrait bien appartenir à la même espèce, car on ne voit guère deux espèces différentes se loger si près l'une de l'autre, et très souvent le môme insecte rassemble toute sa ponte dans un espace étroitement circonscrit ; cependant je ne l'affirme- rais pas. Ce Crabron est d'un noir luisant marqué de jaune j on voit de cette dernière couleur le premier article des an- tennes, deux petits traits au prolhorax, un autre à l'écus- son , deux taches latérales sur les deuxième et quatrième anneaux de l'abdomen , dont le cinquième est marqué d'une bande jaune. Cette description convient à peu près au Crabro vagus. Je conjecture que la larve parasite est celle d'un Icbneumon. § IV. Accouplement de quelques Insectes. L'accouplement est l'acte le plus important de la vie des animaux , puisque c'est celui par lequel ils se propa- DE LA SOCIÉTÉ EOTOJIOLOG1QUE. 84? gent indêrmimentsur la terre. Celui des insectes offre des traits remarquables de l'industrie que la nature a donnée à certains mâles pour subjuguer leurs femelles et pour les forcer à se prêter à leurs désirs. En observant ces accou- plements, on parvient quelquefois à reconnaître l'utilité de pièces ou d'appendices dont sont munis les premiers, et qui ne paraissent pas dépendre immédiatement de cet acte important. Ainsi l'on sait que les pinces que portent à l'extrémité de leur abdomen les Libellules mâles , ser- vent à saisir les femelles par le cou, à les entraînera leur suite jusqu'à ce qu'elles consentent à rapprocher leurs parties sexuelles des leurs 5 que les grosses cuisses des jEdemères et du Cimbex femorata mâles élreignent l'ab- domen de leurs femelles, les obligent à le relever et à le mettre en rapport avecl'extrémitédu leur; que les jambes arquées, les cuisses renflées, épineuses ou dentées d'un grand nombre de Syophides ont le môme but; l'abdomen des femelles serré entre la patte et la cuisse denliculée, est forcé de s'étendre et de se relever pour se prêter à l'accouplement. Certains Apiaires parviennent au même but à l'aide de dents ou crochets dont la nature a pourvu l'abdomen des mâles. Le 25 avril , j'ai rencontré deux insectes de cet ordre posés sur une fleur d'orchis ; le mâle se tenait sur la fe- melle qu'il étreignait fortement avec ses quatre pattes an- térieures, les postérieures étaient étendues le long des côtés du ventre. La femelle qui cherchait à se soustraire à ses désirs tenait son abdomen baissé, un peu roulé en dessous et rapproché de la poitrine. Le mâle, pour la contraindre à l'étendre et à le relever, frappait dessus avec le dernier anneau de sou corps en guise de marteau, d'abord à petits coups, puisa coups redoublés, jusqu'à ce qu'il eût forcé la femelle à se prêter à ses désirs. 548 ANNALES Je m'emparai des deux insectes et je reconnus qu'ils, font partie delà section des Dasigaslres et du genre Os- mia de Lat. , et qu'ils sont probablement XOsmia lunen- sis. La femelle a 9 millimètres de long; elle est couverte de poils fauves , plus épais sur le corselet et sur le bord postérieur des anneaux de l'abdomen que sur les autres parties de son corps ; ceux de la brosse du ventre et des tarses sont d'un roux vif ^ les ailes ont leur bord posté- rieur enfumé, et les supérieures portent deux cellules cubitales complètes, dont la deuxième reçoit deux ner- vures récurrentes. Le mâle est un peu plus petit; il a la tète, le corselet, les premiers anneaux de l'abdomen et les pattes couverts de poils gris, ceux qui garnissent les derniers anneaux tirent sur le fauve } le dernier est formé d'une Lime écailleuse un peu courbe , accompagnée d'une dent de chaque côté. C'est cette lame et les deux dents qui l'escortent qui forment le marteau à l'aide duquel il subjugue sa femelle. D'après cela, il me paraît probable que les crocbets ou dents situés à l'extrémité de l'abdomen des mâles du Cœ~ lyonis couica, du Mcgacliile manichata, etc., ont le même usage et qu'ils s'en servent de même pour contraindre leurs femelles et les subjuguer. 11 est encore vraisem- blable que ces attouchements sont des moyens d'exciter les femelles et qu'elles y cèdent lorsqu'elles ont une pré- disposition inspirée par la nature. Lorsque cette prédis- position n'existe pas, elles savent se soustraire aux sol- licitations et aux moyens de contrainte que les mâles exercent quelquefois sur elles. Le 20 septembre, me trouvant sur les îles sablon- neuses du Rhône , je vis une Andrenette du genre Ilalic- tus, chargée de pollen, qui cherchait à s'enfoncer dans le sable (in pour aller à son nid ; un mâle qui la guettait s'é- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGfQUE. h M$ îança sur elle, la saisit avec ses pattes et parvint à se maintenir sur son dos; mais cette femelle, qui avait été déjà fécondée, ne voulut pas se prêtera ses désirs; elle roula son abdomen en dessous et se déroba aux tentatives qu'il faisait pour parvenir à l'accouplement; il avait beau la mordre sur le cou, la serrer avec ses pattes et la se- couer, il échoua dans son attaque et fut obligé de lâcher prise et de s'éloigner; aussitôt la femelle entra dans le sable et disparut. Le Xylocopa violacea mâle saisit sa femelle à l'impro- viste , se cramponne sur son dos et se laisse emporter à tous ses mouvements ; on les voit alors voltiger de buis- sons en buissons jusqu'à ce que la femelle cède et se prêle à ses désirs. Par ces exemples et ceux que présentent les fourmis , dont on rencontre assez souvent des couples unis poses sur des feuilles ou des troncs d'arbres , on peut conjec- turer avec vraisemblance que les mâles saisissent les fe- melles à l'improvisle , lorsqu'elles sont occupées à buti- ner sur les fleurs ou sur la terre , qu'ils volent ensemble pendant quelque temps, mais que l'union n'a lieu que dans le repos, lorsque la femelle fatiguée cède aux désirs du mâle et vient se poser quelque part. Il ne serait pas étonnant que l'abeille domestique agît de même, et que la femelle sortie de sa ruche fût saisie en l'air par un mâle avec lequel elle viendrait ensuite se poser sur une branche pour y consommer l'accouplement. L'opinion de Hubert , qui suppose que cet acte important se passe en- tièrement dans l'air, ne serait pas alors tout à fait exacte. Celle que j'expose est aussi une conjecture appuyée sur quelques probabilités, mais qui ne peut être mise hors de doute que par une heureuse rencontre, bien peu pro- bable, qui ferait trouver le mâle accouplé avec la femelle. KSO ANNALES Je termine ces observations par celle que nia présentée l'accouplement du Malachias clegans. Ce joli petit Co- léoplère mérite son nom par sa grâce et sa légèreté On Je trouve fréquemment dans les bois qui avoisinent le fort l'Écluse , pendant le mois de juin , occupé à butiner sur les fieurs, ou à donner la chasse aux insectes pius faibles que lui, tels que les Pucerons et les plus petits Cliaranconites, dont il fait sa nourriture. Je ne connais pas sa larve ; je conjecture cependant qu'elle vil sous les écorces d'arbre, car le 7 mai j'ai rencontré deux Mala- chius elegans sous une vieille écorce de châtaignier, cou- chés dans doux petites loges creusées dans le tan : ils. étaient dans un état de mollesse qui annonçait qu'ils ve- naient d'éclore , et n'avaienl pas encore pris la belle cou- leur verte qui leur est naturelle ; celle qu'ils présentaient était brun-verdàtre. On trouve quelques uns de ces in- sectes, qui portent à l'extrémité de leurs étytres deux es- pèces d'épines ou de soies écailleuses, tandis que les autres sont privés de ces appendices. Il était intéressant de sa- voir si ces épines indiquent une différence de sexe, ainsi que le dit Latreille, ou si elles sont l'indice d'une diffé- rence d'espèce, comme on l'a avancé récemment. Au mois de juin , j'ai eu le plaisir de satisfaire ma curiosité à cet égard , en voyant l'accouplement de cet insecte, et de me convaincre que les mâles seuls en sont pourvus. Les amours du Malachius elegans se passent sur une feuille de chêne ou de coudrier. Lorsqu'un mâle aperçoit une femelle, il vient auprès d'elle pour la provoquer, mais elle s'éloigne aussitôt et va se placer sur une autre feuille; le mâle ne manque pas de la poursuivre dans tousses mouvements jusqu'à ce qu'elle s'arrête et J'at- tende de pied ferme ; alors il s'en approche, se retourne et lui présente le derrière ; alors la femelle saisit avec ses. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 55* mandibules une des épines des élytres et fait de légers efforts comme pour attirer le mâle à elle ; lorsqu'elle l'a lâché, il s'éloigne de quelques pas pour revenir auprès d'elle et lui présenter de nouveau ses épines, qu'elle sai- sit , comme la première fois $ ce manège dure assez long- temps et se répète jusqu'à ce que le mâle se présente de front et donne un baiser à sa femelle ; pour cela , celle-ci ouvre ses mâchoires qui s'enlacent avec celles du mâle; en même temps les insectes croisent leurs pattes anté- rieures et leurs antennes comme pour se serrer l'un contre l'autre: aussitôt après la femelle se porte en avant de quelques pas , le mâle s'élance légèrement sur son dos, et les extrémités des deux abdomens se touchent un ins- tant; le mâle descend, s'éloigne un peu, revient bien- tôt , les insectes se donnent un nouveau baiser, qui est suivi d'un second accouplement 5 ce manège se répète dix à douze fois, après quoi chacun s'en va de sou côté. § 5. Stridulation des Cigales. Je prie la Société de me pardonner si je reviens encore sur la stridulation des cigales, mais ce sujet est si inté- ressant et si fécond, qu'on ne se lasse pas de l'étudier et qu'on trouve toujours quelques faits à ajouter à ceux déjà connus. On rencontre dans les environs de Tou- louse quatre espèces de cigales, les Plebeia, Sanguinea; Picta, et une autre espèce ressemblant beaucoup à YHœ- maiodes par la forme, la taille , les couleurs , à l'excep- tion de la base des ailes, qui n'est pas tachée de rouge. Les trois dernières espèces font partie du genre Tibicen. Les Plebeia et Sanguinea habitent sur les ceps de vi- gne et les amandiers, où ou les trouve pendant les mois de juillet et d'août; la Picta se trouve sur les buissons, 882 ANNALES les tiges d'herbe, le sol même, dans les lieux les pins chauds, sur les pentes des coteaux arènacés les plus ex- poses au midi ; la plus pelile espèce, que j'ai dit ressem- bler à YHœmatodes,se rencontre aussi surlesamandiers, dans les vignes, mais elle est beaucoup plus commune dans les bois ; elle se plaît sur les branches élevées, d'où elle s'envole au moindre signe de danger, ce qui la rend 1res difficile à prendre et à observer. Toutes les quatre ont un chant distinct qui les fait re- connaître à l'observateur qui les a déjà entendues : celui de la Plcbcia se termine par un long sifflement qui s'af- faiblit en se prolongeant } ceux des Sanguinea et Picia , sont uniformes, se ressemblent beaucoup, sauf que celui de la première est plus bruyant ; le chant de la petite es- pèce est faible, bref et ressemble à celui d'un criquet; mais tous rappellent les sons d'une crécelle plus ou moins bruyante; toutes aussi jettent un cri en s'envolant. La Plcbcia remue constamment son abdomen en chan- tant , elle l'élève et l'abaisse alternativement par un mouvement uniforme tant que dure sa chanson; les trois autres espèces commencent par relever leur ab- domen, puis ensuite à écarter leurs cuisses postérieures de leur ventre, et dans cette attitude elles entonnent leurs chansons. Cette différence de manœuvre s'explique parla différence de forme des opercules : dans la Plc- bcia, ces pièces sont grandes et couvrent en entier la cavité abdominale d'où s'échappent les sons. Si l'animal tenait son abdomen constamment abaissé, la cavité so- nore serait fermée et les sons seraient étouffés ; par le jeu de l'abdomen, les cavités abdominales se trouvent alternativement ouverles et fermées, et les sons prennent de la variété. Dans les autres espèces, les opercules ne couvrent qu'eu partie la cavité abdominale; mais le DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOC.IQUE. r,->3 trochanter de la hanche, étant très dilaté, achève de la fermer; en sorte que l'insecte est obligé, pour l'ouvrir, de relever son abdomen et d'écarter la cuisse de sou ventre. Lorsqu'un pianiste veut donner la plus grande intensité possible aux sons de son instrument, il le dé- couvre entièrement, mais il n'a pas encore imaginé de l'ouvrir et de le fermer alternativement afin de varier l'intensité des sons ; c'est cependant ce que savent faire nos insectes. Les timbales, qui sont les véritables instruments so- nores des cigales , sont formées d'une membrane mince, sèche, translucide et sonore, à peu près hémisphérique, dont la convexité est tournée du côté du dos; chaque insecte mâle en possède deux, qui sont apparentes dans le genre Tibicen et cachées dans le genre Çicada, La tim- bale n'est pas lisse à sa surface, mais elle est sillonnée par des plis dont le nombre , la forme et la grandeur varient dans la plupart des espèces. Du milieu de ces plis, du côté concave, il part un petit filet, presque imperceptible à l'œil nu, qui vient s'attacher à un disque écailleux, qui est fixé lui-même par son diamètre à l'extrémité d'une des branches du gros muscle angulaire , qui est le moteur de tout l'instrument. Réaumur, qui a si bien décrit l'appareil musical des cigales , n'a pas reconnu par quel moyen il était mis en jeu 5 c'est M. So- lier qui a fait cette découverte, et qui a vu que la tim- bale est mise en action par un mouvement de bascule que l'insecte donne au disque écailleux. On peut s'en assurer en enlevant l'abdomen d'une cigale, en découvrant dé- licatement et sans l'offeuser l'appareil musical, et en ap- puyant la pointe d'une épingle sur le disque; on le voit alors basculer, et si ou lui imprime lentement ce mou- vement, on voit les plis de la timbale se déformer suc - ;,:U ANNALES passivement, devenir concaves de convexes qu'ils étaient, et produire chacun un petit son dans ce changement de forme ; lorsque le disque revient à sa position primitive, la timbale, par sa propre élasticité, reprend sa forme na- turelle. Il paraît donc que chaque pli de la timbale repré- sente un son, et que la cigale a autant dénotes dans sa gamme qu'il y a de plis dans sa timbale; la valeur de ces notes dépend de la forme des plis, et ii est probable qu'un observateur exercé et clairvoyant pourrait lire sur la timbale la chanson de l'insecte comme un musicien lit un air sur un papier de musique. J'ai cherché à m'assurer par l'observation si les fe- melles viennent, comme on le croit, au chant des maies ; mais les longues stations que j'ai faites à côté d'eux ne m'ont jamais laissé voir les premières s'en approcher. Je suis disposé à croire qu'ils chantent par instinct et pour le plaisir de chanter; je crois aussi qu'ils le font dans l'espérance et le désir de charmer les femelles, et que le chant est un des moyens qu'ils emploient pour leur faire la cour. Pour vérifier, par une nouvelle expérience, l'exis- tence des courants d'air par les stigmates, pendant le chant, j'ai fait de l'eau savonneuse, et à l'aide d'un pin- ceau j'en ai appliqué une couche sur les deux côtés du thorax d'une Ficta que je venais de percer d'une épingle et qui poussait des cris très énergiques ; en même temps j'observais, à l'aide d'une loupe , les stigmates pour voir s'il s'élevait de leurs ouvertures queJques bulles annon- çant un mouvement de l'air contenu dans les trachées. Je n'en vis aucune, l'insecte continuai crier pendant une minute environ, et tomba ensuite asphixié, ou plutôt étouffé, car il mourut de cette opération. Je répétai la même expérience sur une Plebcia , non blessée et vi- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 555 goureuse, et je remarquai après l'application de l'eau sa- vonneuse que les stigmates s'ouvraient et se fermaient alternativement, comme pour cherchera respirer, mais il ne parut aucune huile à leur orifice^ l'insecte en se dé- battant avec violence entre mes doigts poussait des cris énergiques , il s'affaiblit bientôt et tomba asphyxié au bout d'une ou deux minutes; l'évanouissement cessa après trois ou quatre minutes, et la cigale reprit sa pre- mière force et se mit à crier avec autant d'énergie qu'au- paravant. Je lui appliquai de nouveau de l'eau savon- neuse sur les stigmates et les mêmes phénomènes d'as- phyxie et de retour à la vie se reproduisirent plusieurs fois. L'insecte, dans toutes ces expériences, n'ayant pas cessé dechanterjusqu'au moment de son évanouissement, il me semble qu'on est en droit de conclure que les cou- rants d'air que l'on a supposés à travers l ,s stigmates du thorax pour expliquer le son, n'existent réellement pas , et que l'on doit admettre comme vrai ce précepte de Linné: Tnsecta muta crisi alio proprio instrumente so- nora. (Systema nalurae.) 57 55G ANNALES EXPLICATION DE LA PLANCHE XVIII, N" III. La fig. l rc représente un nid de VEumcncs coarctala, fixé contre une pierre. a esl la cheminée qui sert à introduire les chenilles dont se nourrit la larve. La fig. 2 montre le nid renversé : on y voit la larve b et la cloi- son de soie c , dont elle l'ait usage pour s'isoler des immon- dices rassemblés dans le nid. La fig. 3 représente la chrysalide. La fig. 4 est un nid de Fouisseur ; on y voit deux coques en- tières et deux amorces de coques a a, qui ont été détachées. La fig. 5 représente le cocon retiré de la coque. La fig. 6 est une araignée , qui n'a plus que deux pattes; les autres ont été coupées par l'insecte qui l'a prise avant de la renfermer dans le nid. La fig. 7 représente la larve du Fouisseur retirée du cocon, et parvenue à toute sa grandeur. La fig. 8 montre la partie antérieure de celte larve grossie à la loupe , où l'on voit les mâchoires a a et le mamelon trilobé situé en dessous, marqué 6. La fig. est l'insecte parfait. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. IS0TE SUR LE GENRE AMBLYCHEILA DE $AY , ET DESCRIPTION D'UNE NOUVELLE ESPÈCE. Pat». M. Reiche. (Séance du 3 juillet 1859. A la séance du 7 mars 1858, j'ai eu l'honneur de pré- senter à la Société une Note sur le genre Omus d'Eschs- choltz, auquel je rapportais le genre Amblyclieila de Say ; la presque identité des caractères donnés par les auteurs précités m'induisit, comme MM. Audouin et Brulié, à réunir dans un même genre les deux espèces de Cicindelèles qu'ils décrivaient, et j'y en ajoutais deux nouvelles. Notre collègue M. Dupont acquit , vers la fin de 1838 , une collection de Coléoptères contenant entre autres quelques individus de la Nouvelle-Californie, parmi les- quels se trouvait une grande espèce deCicindèle, que je crus à la première vue être un Omus , et que M. Dupont voulut bien me prêter pour la décrire. En m'occupant de ce travail , je fus frappé de la ressemblance de ma des- cription avec celle que Say fit de 1' 'A mblycheila cylindri- formis, et, examinant l'insecte plus attentivement, je re- connus qu'il ne pouvait faire partie du genre Omus, et que ses caractères répondant parfaitement à ceux assi- gnés par Say à son genre Amblychcila, il fallait l'y rap- ; .;;s ANNALES porter et rendre à ce genre, évidemment distinct du p nre Omus, sa place dans la nomenclature. Quoique Say ail déjà donné les caractères principaux de ce genre, j'ai cru bien faire, dans l'intérêt de la science , en les donnant de nouveau avec plus d'étendue, »'t en signalant particulièrement ceux qui le distinguent du genre Omus. L'espèce que je décris pourrait être la même que celle de Say, qui paraîtrait n'avoir vu qu'un individu pris ré- cemment transformé, et qui ne lui parvint que mutilé; cependant, comme la description qu'il en donne ne se rapporte pas parfaitement à celle espèce , je l'ai décrite sous un nom nouveau , convaincu qu'il vaut mieux faire une nouvelle espèce, que de la rapporter aune descrip- tion quand on n'est pas absolument sûr de l'identité. CARABIQUES. — CïGINDÉLÈTES. Gen. ÀMBLYCHEiLA, Say. (ajjlSauç, obtus; ytikoç, lèvre.) Télé, forte, un peu plus longue que large. Palpes , à dernier article sécuriforme ; le premier ar- ticle des maxillaires, court, rcnOé; le deuxième trois fois plus long que le premier, fusi forme; les troisième et quatrième en triangle allongé; chacun moitié moins long que le second ; les palpes labiaux n'atteignant pas la longueur des maxillaires; leurs deux premiers articles, très courts , renflés : le premier caché entièrement par le menton ; le second ne dépassant pas la dent de l'échan- crure du menton ; le troisième très allongé, cylindrique ; le quatrième en triangle allongé presque aussi long que le troisième. Mandibules, grandes, arquées, aiguës, à (rois dents très fortes; celle de la base, bifide. DE LA SOCIÉTÉ ENT0M0L6GIQUE. 559 Labre, transverse, en arc de cercle, crénelé par quel- ques gros points enfoncés le long de sa marge, Jorte- ment sinué ou échancré dans son milieu; les lords de l ' échancrure avancés en deux petits lobes. Menton, trilobé; le lobe du milieu ligurant une dent forte, assez allongée, canaliculée, aiguë et recourbée en dedans; les lobes latéraux en forme de croissants. Antennes, filiformes, atteignant la longueur de la moitié du corps; leur premier article renflé, conique, de la longueur du troisième et des suivants; le second, de moitié plus court. Faites, allongées, robustes; tarses moins longs qu< les jambes: leur premier article double de la longueur des autres. Yeux, petits, hémisphériques. Corselet, très peu plus large que la tète antérieure- ment , plus étroit postérieurement , caréné latéralement. Elytres, ovales; le double de la largeur de la base du corselet 3 carénées latéralement aux deux cinquièmes d<> leur largeur; soudées; point d'ailes. Ecusson, très large, triangulaire, ne séparant pas les élytres. Les caractères qui différencient ce genre du genre Omus consistent donc, 1° dans la brièveté des deux pre- miers articles du palpe labial et la longueur du qua- trième; 2p dans la courbure antérieure de la marge du labre, qui est droit dans les Omus; 3 U dans les dentelures médianes du labre; 4<> dans l'acuité du lobe intermé- diaire du menton; 5° dans là plus grande longueur des pattes, et 6° dans la largeur des épipleurss. 560 ANNALES Amblyciieila Picoi.ominii , Dupont, Collection (1). Longueur, 28 millim.; largeur, 9 millirn. A ter, nitidus ; capite lœvigato ; thorace subq.iadrato , lœvigato sub canaliculato ; elytris obsolète punctulalii, iineis tribus elevatis; inlerstitiis , punctis prof un de impressis. Fœv.xlna. Corps entièrement d'un noir hiriilaut , poii. Tète, lisse; deux enfoncements larges, peu marqués, entre les yeux; deux points enfoncés au-dessus de chaque orbite. Epistome, lisse; un gros point enfoncé de chaque côté. Labre, lisse; de gros points enfoncés le long de sa marge : ces points, comme ceux des orbites et de l'épis- lome, servant d'insertions à des poils raides. Antennes avec quelques poils rares; leurs quatre pre- miers articles d'un brun noirâtre : les autres obscurs , pubescents. Palpes , d'un brun noirâtre, avec l'extrémité de cha- que article un peu clair. Corselet aussi long que large, avec quelques rides transverses très fines ; deux impressions antérieures, ar- quées, parallèles, obsolètes, et une autre droite, encore moins marquée le long du bord postérieur. Elytrcs , presque le double plus larges que la base du corselet, ovales , allongées, couvertes de très petits points enfoncés presque effacés ; carène effacée à son extrémité, n'atteignant que les cinq sixièmes de la longueur de Vé- (i) Voyez pi. 19, fig. 1 à 6. DE LÀ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 561 lytrc ■ une iigne élevée, aiguë, aux deux tiers du disque del'élytre, vers la carène; une autre au tiers de l'épi- pleure, toutes deux plus courtes que la carène; une pre- mière série longitudinale de gros points enfoncés sur le disque, allant jusqu'à l'extrémité de l'élytre; une se- conde semblable dans l'intervalle de la première ligne élevée et de la carène, et une troisième dans l'intervalle de la carène et de la seconde ligne élevée: celle-ci, comme la carène, crénelée par des points enfoncés très serrés 3 de gros points irrégulièrement placés à la base et à l'extrémité des élylres, et les épipleures couvertes de points semblables plus rapprochés; la plupart de ces points, précédés d'un petit point élevé , servant d'inser- tion à un poil raide. En dessous les segments de l'abdo- men lisses , avec quelques gros points enfoncés de chaque côté. Pattes couvertes de poils noirâtres. Le seul individu que j'aie vu de cette espèce est une fe- melle : M. Dupont l'a dédié à M. Picolomini , qui l'a trouvé au port ou baie de Saint-Francisco, dans la Nou- velle-Californie, sous le 48 e degré environ de latitude septentrionale. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. «63 NOTE SUR LA FAMILLE DES LONGICORNES ET DESCRIPTION D'UN GENRE NOUVEAU. Par M. Reiciie. (Séance du 5 juillet 1839. L'excellent travail sur les Longicornes, publié dans les Annales de la Société par notre savant collègue M. Ser- ville, a commencé à débrouiller le chaos dans lequel cette belle famille de Coléoptères était plongée. M. le comte Dejean profita de ce travail dans la révision qu'il fit de cette famille, lors de la confection de son dernier catalogue ; il augmenta beaucoup le nombre des genres, et de 210 qu'il était dans le travail de M. Serville, le porta à 554 (1). Encore est-il à remarquer que plusieurs des genres décrits par M. Serville manquent à la collection de M. Dejean. Ce nombre de genres est certainement très élevé, mais je suis loin de croire, comme plusieurs entomologistes, qu'il le soit trop ; je suis convaincu que l'étude approfondie de cette famille amènera non seule- ment la création de genres nouveaux pour des insectes nouvellement découverts , mais même la division en plu- sieurs de beaucoup des genres actuels. Il est bien à re- (1) Ce nombre s'est encore accru beaucoup dans la collection du comte Dejean depuis l'impression du Catalogue. 564 ANNALES gretter que M. Dejean n'ait pu encore publier les carac- tères des genres nouveaux qu'il a établis; tous ceux que j'ai eu occasion d'étudier dans cette famille, et particu- lièrement parmi les Lamiaires, m'ont paru très naturels. Dans leur formation, M. Dejean s'est servi, indépendam- ment des autres, d'un caractère qui m'a paru très impor- tant et que M. Serville avait négligé; je veux parler de la présence ou de l'absence de la saillie sternale, entre la deuxième paire de pattes : ce caractère établit de très bonnes divisions, et je ne doute pas qu'il ne soit d'un grand secours à l'entomologiste qui entreprendra la mo- nographie de cette famille si belle. Espérons que nous devrons cet ouvrage utile au savant auteur de la nouvelle classification desLongicornes, qui complétera ainsi cette œuvre estimée; ses travaux antérieurs nous garantissent un bon livre de plus. En attendant, nous qui ne nous sentons pas de force à aborder un si vaste sujet, appor- tons chacun notre pierre pour aider à la construction de l'édifice. Le genre dont je présente la description à la Société est un de ceux nouvellement découverts, dont la place est la plus difficile à fixer dans la Nomenclature; il sert de chaînon entre deux genres assez éloignés l'un de Tau Ire par tous leurs caractères. LONGIGORNES. — LAMIAIRES. Gen. Ami'Hiojv. Reiche. Corps, légèrement convexe en dessus, allongé, ailé. Antennes, sétacées , pubescentes en dessous , rappro- chées à leur insertion , plus longues que le corps dans les deux sexes, de onzearticles cylindriques ; le premier gros, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 565 d'un diamètre double de celui des autres articles; le se- cond très petit, cyatbiforme ; le troisième un peu moins long que le premier et plus que les suivants. Tête, de la largeur de la partie antérieure du corselet, canaliculée entre les antennes^ sa face antérieure apla- tie, rabattue en dessous, formant avec la supérieure un aûgle un peu aigu. Dernier article des palpe s, obconique, aigu. Labre, droit. Mandibules , légèrement arquées. Yeux , de grandeur moyenne. Corselet, [cylindrique, un peu plus long que large, ridé transversalement. Élytres, linéaires, tronquées à leur extrémité, mu- tiques ; leur base plus large que le corselet. Écusson, petit, arrondi. ' Poitrine , sans protubérance sternale. Pattes , moyennes, les antérieures n'étant pas dans le mâle plus allongées que dans la femelle. Ce genre forme le passage du genre Gnoma au genre Hippopsis; il tient au premier par le faciès , la forme des mandibules et les rides du corselet; mais il en diffère essentiellement par la forme du dernier article des palpes, la longueur relative du premier article des an- tennes, l'absence de protubérance sternale, et les pattes antérieures du mâle. Il tient au genre Hippopsis par l'inclinaison de la face antérieure de la tête, la forme des palpes et des antennes, et en diffère par les rides transversales du corselet et l'extrémité tronquée et mutique des élytres. Je crois qu'il doit être placé dans l'ordre naturel , entre les genres Co- lobothea et Hippopsis. KG6 ANNALES A. Viti'atum. Reiçke (1). Longueur, 21 millim.; largeur, 4 1/2 millim. Hab. Santa-Fé de Bogota, Colombie. Nigro-œneum , subtus pruinosum , suprà subtilissimc ru- gosum ; capite vage punctato , antice maculalata, pos- tice atque thorace vittis quatuor, elytris singulo viltis tribus obliquis subtusque 'vitta latérale, luteo-albis , tomentasis . Corps d'un noir bronzé en dessus , d'un noir glauque , en dessous; tête légèrement rugueuse, avec une petite ligne longitudinale, lisse, au milieu du vertex; lèvre su- périeure, jaunâtre à sa base 5 extrémité des palpes, rous- sâtre^ une grande tache carrée sur la face antérieure de la tête 5 deux lignes sur le vertex , en forme de V ren- versé ^ une bande sur chaque joue , se prolongeant sur les côtés du corselet, de la poitrine et de l'abdomen; deux bandes étroites parallèles sur le disque du corselet, et trois sur chaque élytre, la première paraissant un pro- longement de la bande correspondante du corselet, et se dirigeant obliquement vers l'extrémité qu'elle n'at- teint pas , la seconde parlant de l'angle humerai , et arri- vant obliquement à l'extrémité près de la suture, et la troisième presque marginale : ces taches et lignes toutes d'un blanc jaunâtre et formées d'un duvet très serré. Bord extérieur des élytres, cilié de poils noirs. (1) Voyez pi. 19, fig. 7 à 9. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOf.FQUE. 567 OBSERVATIOKS SUR UNE NOUVELLE ESPÈCE DE CRUSTACE FOSSILE ap- patitenant: au genre Macrophthalmus, Pau M. H. Lucas. (Séance du 7 août lSâO.) Desmarets, que la mort a trop tôt ravi aux sciences naturelles qu'il avait déjà tant illustrées, a publié sur les crustacés fossiles un travail fort remarquable et généra- lement estimé par les personnes qui se livrent à l'étude de l'bistoire naturelle de la careinologie. M. Al. Brongniart a aussi publié sur ces animaux un travail non moins précieux et auquel a été joint celui de Desmarets. M. Al. Brongniart, frappé des dissemblances que présentent entre eux les corps auxquels on s'était accoutumé à ap- pliquer, d'après Linnaeus, le nom d'EntomoUthus para- doxus , a démontré avec une grande lucidité que, sous ce nom, on avait réuni une foule d'animaux d'espèces fort différentes, quoique cependant ils présentassent entre eux une grande analogie. En effet, ce célèbre minéralo- giste, après avoir comparé tous ces fossiles, et en avoir fait un examen sévère, s'est vu conduit à créer un cer- tain nombre de nouvelles coupes génériques, toutes par- faitement distinctes entre elles, et qui depuis ont été adoptées par tous les carcinologistes. Ces animaux, qui 568 ANNALES sont désignés sous ie nom de Trilobites, forment aujour- d'hui un ordre que Latreille avait placé tout à fait à la fin des Crustacés , et que M. Edwards , dans son histoire naturelle sur ces animaux , range après les Cladocères , c'est-à-dire , entre ces derniers et l'ordre des Aranéi- formes. Desmarest, dans son estimable travail , ne s'est occupé que des Crustacés Décapodes, Isopodes et Branchyo- podes. C'est dans ce même travail, qu'embarrassé pour la distinction des caractères spécifiques, que, conduit par un esprit vraiment philosophique , il a reconnu , toute- fois aprôs de pénibles recherches, que ce n'était pas le hasard qui présidaità la distribution des parties saillantes des carapaces des Crustacés, mais bien les viscères qui , placés sous cette carapace, obligent cette dernière à se mouler sur eux, de manière à représenter à l'extérieur la position exacte qu'occupe chaque organe sous la cara- pace. On n'ignore pas sans doute de quel avantage a été cette découverte ingénieuse pour la détermination géné- rique et spécifique des Crustacés fossiles. En effet, que de difficultés n'aurait-t-on pas éprouvées pour la déter- mination de ces animaux, dont la plus grande partie sont dans un tel état de mutilation ou tellement cachés dans la roche, qu'on ne peut apercevoir le plus souvent qu'une partie de la portion supérieure, ou la carapace! On peut dire que cette découverte ingénieuse a fait faire un pas immense à la carcinologie; et non seulement elle contribuera à établir une distinction bien marquée entre les Crustacés fossiles, mais elle fournira encore de bons caractères pour la classification des Crustacés vivants. En effet, si l'ou jette les yeux sur les deux premières fa- milles de la classe des Crustacés, les Brachyures et les Macroures, on verra que ces saillies, auxquelles Desma- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. «68 rets a donné des noms correspondant aux organes qu'elles protègent, sont toujours plus ou moins apparentes. Au reste, c'est en nous éclairant de cette observation ingé- nieuse, marquée du cachet philosophique, que nous sommes parvenus à distinguer une nouvelle espèce de" Crustacé fossile , fort voisine d'une autre espèce qui a été décrite par Desmarest , sous le nom de Gonoplax La- trcillœi, Crust. foss., pi. !), fig. 1, 2, 5, 4, p. 99. Depuis la publication de ce travail, qui date de 1822, on a établi dans la classe des Crustacés, et surtout dans la famille des Brachyures, plusieurs nouvelles coupes génériques, dans une desquelles vient se ranger le Go- noplax Latreillœi. Parmi ces nouvelles coupes génériques, Lalrcille, dans la seconde édition du Règne animal de Guvier, a désigné sous le nom de Macrophthalmus un nouveau genre de Crustacés, dont le principal caractère est, comme son nom au reste l'indique, d'avoir le pédoncule supportant les yeux très allongé et grêle. Ce célèbre entomologiste semble n'avoir connu qu'une seule espèce, car il ne reste comme type de ce genre que le Gonoplax transversus , Latr., Encycl. méth., Hist. Nat., CCLCVÎI, 2; Camer brevis, Herbst, LX, 4. Cependant, dans le même ouvrage, tom. IV, p. 44, remarq. 2, Latreille regarde, mais avec doute, le Gonoplax Latreillœi comme étant un Ma- crophtalme} et plus loin, il dit que le Gonoplax incisus du même auteur pourrait bien aussi se ranger dans le genre Macrophthalmus . En effet, la forme de la carapace, la disposition des ca- vités orbitaires, et surtout la forme du front, sont des caractères qui indiquent évidemment que ces Crustacés fossiles appartiennent plutôt au genre Macrophthalmus qu'au genre Gonoplax. C'est, au reste , ce qu'a très bien 870 ANNALES senti M. Mil né-Edwards , dans le tom. 2 de son Hist. nat. sur les Crustacés, car ce savant range dans ce genre non seulement les deux espèces que nous avons citées ci- dessus . mais encore le Gonoplax emarginata, Desm. Macrophtiialmus Desmarestii. Lucas (1). M. Testa longiorc quàm latiore, gramtlatd ; angulis ante- rioribus prominentibus , tridentatis. Pedibus validis , elongatissimis , subgramdatis. Longueur, 42 millimètres ; maximum de largeur, 55 millimètres. Cette espèce, que nous avons dédiée à Desmarest , a beaucoup d'analogie avec le Gonoplax Latreillœi du même auteur^ cependant, après l'avoir comparée avec soin avec cette dernière, nous avons vu que notre espèce en diffère et offre même des caractères assez tranchés : c'est, du reste, ce qu'il sera facile de voir par la descrip- tion suivante. Les régions du M. Desmarestii sont généralement 1res distinctes et séparées par de profonds sillons. Les régions branchiales, qui occupent un grand espace sur la cara- pace, sont saillantes, finement granulées et à saillies transversales antérieurement ; les bords latéraux anté- rieurs de ces régions sont tridentés, mais ces dentelures sont bien moins saillantes que celles du Gonoplax La- treillœi , quoique cependant l'individu sur lequel nous faisons cette description soit beaucoup plus grand. Les régions hépatiques antérieures, peu distinctes, sont cepen- dant conslatables par un sillon transversal qui part de (Ij Voyez pi. 20. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGJQUE. &* ï'échancrure que forme la première denl au bord Ialéro- antérieur, et qui semble séparer ces régions de celles qui sont désignées sous le nom de branchiales. La région stomacale est presque cordiforme, saillante, légèrement échancrée antérieurement , arrondie postérieurement, et très finement granulée ; le sillon, qui sépare cette région de celles qui sont désignées sous le nom d'hépatiques antérieures et de branchiales, est fortement prononcé et sans aucunes granulations. La région génitale, pres- que carrée, un peu moins saillante que les précé- dentes , offre , de même que ces dernières . des granula- tions. La région cordiale est petite, assez saillante, et se confond avec la région hépatique postérieure, qui est à peine distincte. Le bord qui termine la carapace posté- rieurement est saillant et assez fortement granulé. Le bord supérieur des cavités orbitaires est très allongé, con- vexe, arrondi, et très finement granulé 5 ces granula- tions s'étendent môme jusque dans la cavité orbitaire. Le front, que nous n'avons pu observer, parce que le cal- caire dans lequel il est incrusté est très dur, doit êtrespa- tuliforme. Les pattes antérieures, ou celles qui sont ter- minées en pince, sont très grandes; leur troisième article est court, finement granulé, légèrement comprimé, aveesa partie supérieure arrondie; le quatrième article, ou la main, est très allongé , comprimé, à bord supé- rieur fortement granulé, à face extérieure entièrement lisse, tandis que la partie opposée , ou la face interne, est très finement granulée 5 ces granulations se montrent même jusque sur le bord inférieur; le doigt qui termine ce quatrième article est lisse à sa face externe, avec son bord supérieur très finement denticulé ; enûn, le cin- quième article, ou le doigt mobile, est semblable au pré- cédent pour la position des granulations, mais son bord vm. 58 572 ANNALES inférieur est très fortement denticulé, el , près de son insertion avec le quatrième article, il présente une très forte dent à base arrondie, finement denliculée, et qui forme pince avec le bord supérieur du quatrième article : ces doigts, Légèrement courbés du côté interne ou celui qui regarde la bouche, forment pince à leur extrémité. Les pattes ambulatoires semblent être très allongées, à en ju- ger par leur troisième article, ou le fémoral , qui égale à lui seul 42 millimètres; la hanche et rexinguinal sont finement granulés; le fémoral est très comprimé, à face supérieure lisse et saillante, à bords antérieurs et pos- térieurs saillants, très fortement granulés, et à face extérieure saillante et également granulée, mais beaucoup plus finement que les parties que nous venons de dé- crire. L'abdomen , dont nous n'avons pu apercevoir que le premier segment et une partie du second, est lisse, et offre transversalement des saillies assez fortement pro- noncées. Celte espèce, qui nous a été communiquée par M. L. Rousseau, aide-naturali te au Muséum de Paris, lui a été donné , dans son voyag ' en Russie, par M. Martin, qui fa trouvée près du détroit de Malacca. Le calcaire dans lequel cette espèce est incrustée est très dur, argileux et d'une couleur grisâtre. DE \A SOCIÉTÉ ENT0M0L0G1QUE. 573 OBSERVATIONS SUR UN NOUVEAU GENRE DE CRUSTACÉ DE L'ORDRE DES DÉCAPODES BRACHYURES. Par M. H. Lucas. [Séance du 2 octobre J839.) Sous le nom d'Oxystome, M. Edwards a désigné, dans son Histoire naturelle des Crustacés, une famille dont le principal caractère est d'avoir, comme le nom l'indique, une bouche ordinairement terminée en pointe. En effet , chez tous les genres que celte famille renferme , le cadre buccal est ordinairement d'une forme triangulaire, et se prolonge quelquefois si loin , que souvent il va jusqu'au niveau des yeux , et atteint presque le front. Il résulte de celte conformation que l'épistome est presque toujours nul, et que les pièces composant la bouche affectent tou- jours cette forme triangulaire ; et cela est d'aulant plus sensible, que cette conformation influe surtout sur les pièces qui sont extérieures. Par exemple, si on jette les yeux sur les organes masticatoires d'un genre quelconque de cette famille, el surtout sur un de ceux renfermés dans la tribu des Calappiens, on verra que la cinquième paire de pieds -mâchoires , ou celle qui est extérieure, est tout à fait triangulaire, et clôt par conséquent plus ou moins complètement le cadre buccal. C'est à l'aide de ce caractère, constant dans tous les genres de cette fa- .►,74 ANNALES mille, que nous avons été conduit à placer dans la tribu des Calappiens cette nouvelle coupe générique qui fait le sujet principal de cette notice. Avant d'entrer de suite dans la description des diffé- rences caractéristiques, nous avons jugé à propos dédire encore quelques nuts sur la famille des Oxyslomes de M. Edwards. Cet auteur réunit dans cette famille des genres de crustacés qui avaient été placés par La treille dans des groupes très différents et souvent très éloignés les uns des autres. C'est ainsi, par exemple, que quel- ques uns des Calappiens, qui forment la première tribu de la famille des Oxyslomes et qui renferment les genres suivants: Calappa, Platy merci, Mursia, Orythia, Ma- luta et Hepatus , étaient placés à des distances très con- sidérables et même dans des groupes tout à fait diffé- rents. En effet, les Matutes et les Orytbics formaient les premiers genres de son ordre des Décapodes Bracbyu- res, et étaient rangés dans la tribu des Crabes nageurs, tandis que les Calappes étaient placés tout à fait à la fin des crustacés Bracbyures, et étaient rangés dans la tribu des Cryplopodes. La famille des Oxyslomes de M. Edwards renferme les quatre tribus qui suivent : les Calappiens , les Leuco- siens , les Corystiens et les Dorippiens. Nous ne parle- rons pas des trois dernières tribus, parce que le nouveau genre que nous allons traiter ne présente, par ses carac- tères, aucune analogie avec elles; nous aurons donc à ne nous entretenir que de la première tribu, celle des Calappiens. Cette tribu, comme nous l'avons déjà dit plus haut, renferme six genres, suivant le travail de M. Edwards; mais depuis elle a été augmentée par l'établissement d'une autre coupe générique qui a été créée par M. Au- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 575 guste Brullé, el qui doit paraître incessamment dans l'ouvrage que publient MM. Webb et Berthelot sur les îles Canaries ^ ce septième genre a été désigné sous le nom de Crypiosoma. Enfin, nous-même, en classant la col- lection de Crustacés que possède le Muséum de Paris , nous avons été conduit à distinguer un huitième genre qui offre quelque analogie avec celui de Mursia, mais qui cependant en est bien distinct, comme on le verra à l'exposition des caractères génériques. Cette nouvelle coupe générique , à laquelle nous avons donné le nom de Thealla , nous oblige , à cause de la mer dans laquelle elle a été trouvée, dédire quelques mots sur la distribution géographique des Crustacés composant la tribu des Ca- lappiens. Ces Crustacés semblent être répandus dans toutes les mers, l'Océanie cependant exceptée; quelques genres même semblent leur être particuliers. Ainsi , par exemple, les Platymera n'ont encore été rencontrés que dans la mer qui baigne les côtes du Chili ; le genre He- patus est tout à fait américain, car il n'a encore été trouvé que sur les côtes des deux Amériques. Les Ca- lappa sont les seuls crustacés de cette tribu qui habitent des mers aussi variées, car on les rencontre dans la mer Méditerranée , dans celles des Indes et d'Asie, et jusque sur les côtes d'Afrique, baignées par le grand océan Atlantique $ cette même mer nous fournit aussi les Cryp- tosoma et les Mursia, dont les premiers ont été trouvés aux îles Canaries et les seconds au cap de Bonne- Espé- rance. Enfin , la mer des Indes est habitée par les Matuta, genre qui semble lui être particulier (1); et celle de Chine nourrit dans son sein les Orytlùa, crustacés jusqu'à (1) Ces Crustacés cependant ont été aussi rencontrés sur les cotes de la mer Rouge. 576 ANNALES présent exclusivement propres à cette mer; c'est aussi dans cette dernière mer qu'a été trouvé notre nouveau genre. Les Thealia, comme nous l'avons déjà dit, ont beaucoup d'analogie avec les Mursia, et même par la forme de leur carapace ils avoisinent beaucoup les Pla- lymera, et semblent établir un passage entre ces deux genres. Leur carapace , moins circulaire que celle des Mursia, présente de chaque côté une forte dent spiniforme qui est beaucoup plus allongée que dans ce dernier genre. Cette carapace est aussi bien moins large que celle des Platy- mera, quoiqu'elle soit armée cependant, comme dans ce dernier, d'une forte dent spiniforme 5 ce nouveau genre se distingue encore du précédent par la forme de son front, qui est tridenté , et surtout par la conformation des pattes, qui sont bien moins allongées, et ne sont nulle- ment lamelleuses, comme cela a lieu dans les Platymera. Les Calappes ne pourront être confondus avec cette nou- velle coupe générique, en ce que dans ces derniers la ca- rapace est excessivement bombée en dessus , arrondie en avant et très large en arrière, où elle se prolonge de chaque côté, de manière à former au-dessus des pattes des quatre dernières paires une voûte mince et inclinée , sous laquelle ces organes peuvent se cacher complète- ment. Les Matutes et les Oryilùes en sont bien distingués par leurs tarses , qui sont natatoires, conformation qui est surtout très sensible dans le premier genre. Enfin , les Hê pâtes ont la carapace large , arquée en avant, tron- quée en arrière, et non armée sur les côtés d'une dent spiniforme. Tels sont les caractères qui empêcheront sans doute de les confondre avec notre genre Thealia. Le genre dyptosoma de M. Brullé ne pourra être con- fondu avec notre nouvelle coupe générique par la forme DE LA SOCIÉTÉ ENTGMOLOGIQUE. 577 de la carapace, qui est presque aussi longue que large, par son front, qui n'est que Iridenlé, et surtout par les organes de la vue, qui sont fort remarquables. En effet, c'est le seul genre de la tribu des Calappiens qui nous ait offert dans celle partie de leur corps une organisation aussi bizarre. Dans tous les genres que comprend la tribu des Calappiens, les organes de la vue sont disposés de manière que, lorsqu'ils sont hors de leurs orbites, ils ne peuvent plus s'allonger, au lieu que, dans les Crypta* soma , les pédicules oculaires sont organisés de manière qu'ils peuvent s'allonger, et par conséquent sortir com- plètement de leurs orbilcs. Il s'en dislingue encore par le dernier article des pattes, qui est lamelleux et légère- ment en nageoire , surtout dans !a cinquième paire. G us . Tiiealia (i). Lucas. Testa mullb lalior quani longior, gibbosa , anlenits ro- tundata, ad iatera spitid éîongatîssimd armata, pos- terihs coarclata , ad basim duobus tubevculis spinosîs distincla. Fions triariguli formis , irispinosa. Orbitœ ovalœ , viaximœ , fissura valdb impressd inférais in- dutœ. Os angusiissimum ; anteriiis indivisum. Ster- num coarctalum. Pedes paris primi niaximi, com- pressi , cristd élevai a ornati- pedes subséquentes elongatissime , tenues. Articulo sljLifonni, subemar- ginato terminât i. La carapace, beaucoup plus large que longue, est bombée, arrondie en avaut, avec les côtés se prolon- geant en une dent spiuiforme excessivement prononcée ; postérieurement, cette carapace se rétrécit et présente à (1) Nom fabuleux. *TS ANNALES sa base deux tubercules épineux, assez saillants et peu éloignés l'un de l'autre. Le iront est peu-relevé, triangu- liforme, formé de trois épines, dont la médiane beau- coup plus prononcée. Les orbites sont ovales, très grandes, et beaucoup plus prononcées que dans les genres Plaly niera et Calappa-, du reste, elles sont comme dans le premier, c'est-à-dire qu'on remarque une fissure pro- fonde au milieu de leur bord inférieur. Les antennes in- ternes et externes sont disposées comme dans les Pla- lyinera. L'épistome.est entièrement nul. Le cadre buc- cal, à sa partie antérieure, est beaucoup plus étroit que dans les genres Plaiytnera et Calappa y et celte même partie se termine comme dans ce dernier genre par une espèce de canal longitudinal, qui n'arrive pas tout à fait jusqu'au bord des fossettes antennaires; mais ce même cadre buccal diffère surtout de celui des Calappa, en ce qu'il n'est pas divisé en deux gouttières distinctes, comme cela a lieu dans ce dernier genre. Les Platymera présen- tent bien cette organisation , mais la partie antérieure de leur cadre buccal est ordinairement beaucoup plus large. Ce ne sont pas, comme on pourrait le croire, les pieds- mâchoires externes qui occupent cette portion étroite et terminale du cadre buccal, mais bien un prolongement de l'appendice latéral des pieds-mâchoires extérieurs, qui est lamelleux, terminé en pointe arrondie extérieure- ment , et qui atteint le bord des fossettes antennaires. Les pieds-mâchoires extérieurs sont composés de deux tiges, dont l'une externe et l'autre interne. Cette dernière est formée de six articles : le premier, ou celui qui sert de base à ces deux liges, est semi-lunaire, assez grand, presque lamelleux^ le second, beaucoup plus long que large, est finement denticulé au côté interne, et pré- sente au-dessous de son anale antérieur et interne une DK LA SOCIÉTÉ ENTUMOLOCIQUE. 579 gouttière profonde dans laquelle est reçu le quatrième ar- ticle et une partie des organes qui le composent. La tige externe est très allongée, mais elle ne dépasse cependant pas l'extrémité antérieure du troisième article. Le plas- tron sternal est très étroit, moins cependant que celui des Calappa. Les pattes de la première paire sont très grandes, disposées entièrement comme celles des Ca- lappa - y le quatrième article de ces pattes est assez com- primé, orné de dents, d'une crête élevée, moins que celle cependant des Calappa, mais plus saillante que celle des Platymcra; les pattes qui suivent sont allon- gées, fines, et se terminent par un article styliforme, très allongé, aigu à son extrémité, et légèrement cannelé. L'abdomen manquant ou étant en très mauvais état aux trois individus qui étaient à notre disposition, il nous a été impossible par conséquent de constater quel est le nombre d'articles dont il est composé , et si ce nombre d'articles varie d'un sexe à un autre. The ali a Acanthophora. Lucas (1). Longueur, 28 millimètres; maximum de largeur, 64 millimètres. T. Testa tuberculatd, albido subflavescente , lenuissime aurantiaco-granulald. Pedibus primi paris subflaves- centibus, tenuissime aurantiaco-granulatis ; inths uni- maculatis; tertio articuload extremum spinoso , sub- sequentibus exterius tuberculatis. Cœteris pedibus albido- subflavescentibus . La carapace, d'un blanc légèrement jaunâtre, est or- née de petites granulations très fines , d'une belle couleur (4) Voyez pi. 21. 580 ANNALES oranger foncé; de plus, elle est couverte de tubercules arrondis, saillants, avec les bords latëro-antérieurs finement tubercules. Les régions branchiales, assez sail- lantes, sont séparées des autres régions, telles que la sto- macale, la cordiale, etc., par deux sillons profonds, lon- gitudinaux , qui ne partent pas de la partie antérieure de la carapace , mais qui se continuent jusqu'à la partie postérieure. La première paire de pattes, de même cou- leur que la carapace , est couverte , comme cette der- nière, de fines granulations d'un jaune-oranger vif 5 le second article de ces pattes est armé antérieurement et à son bord inférieur d'une très forte épine, allongée, et d'un petit tubercule épineux, prononcé, situé au-dessus: le troisième article, à sa partie antérieure, est aussi armé d'un tubercule épineux, mais beaucoup plus prononcé que celui que nous venons de décrire^ le quatrième ar- ticle , outre la crête qu'il présente à sa partie supérieure, est tubercule intérieurement, et pourvu à la face externe de trois rangées longitudinales de tubercules très forte- ment prononcés, avec le doigt qui le termine court, denticulé sur son bord inférieur, muni d'un fort tuber- cule à sa naissance, situé du côté externe; ce même ar- ticle, du côté interne ou celui qui regarde la bouche, est orné d'une tache allongée , d'un jaune oranger très vif. Le dernier article, ou l'angle mobile, est un peu plus al- longé que le précédent, armé à sa naissance et du côté externe d'un tubercule épineux, très saillant, avec son bord inférieur denticulé; l'extrémité de ces doigts, ainsi que les pattes suivantes, sont d'un blanc légèrement jau- nâtre. Cette espèce se trouve dans les mers de Chine. M. F. Prévost depuis longtemps avait eu l'obligeance de nous communiquer un test de ce crustacé ; mais comme les organes de la vue, de la manducation et de la DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 38! locomotion manquaient, il nous avait été impossible dans ce temps-là de le décrire et même de lui assigner aucune place, quoique cependant la forme du cadre buc- cal et de la carapace nous démontrât assez que c'était un crustacé appartenant à la famille des Oxystomes. Ce n'est que tout nouvellement que, M. F. Prevostayant reçu un * autre individu à peu près complet de ce crustacé, il nous a été possible de le décrire et de lui assigner sa véri- table place. Le Muséum possède cette espèce remarquable qui lui a été envoyée des mers de Chine, par M. Gaudichaud. EXPLICATION DE LA PLANCHE 21. I. Thealia acanthophora. I a. Bouche vue de face. I b. Première paire de pattes vue de face. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGfQUE. 585 NOTICE sur la Nomia Diversipes, latr. Par M. Léon Dufour. (Séance du 4 septembre 1839.) UAndrena humeralis de Jurine n'est pas , comme l'a- vait cru Latreille, la femelle du Lasius difformis de Panzer, et elle est celle de la Nomia diversipes du se- cond [de ces auteurs. C'est donc un divorce à pro- noncer et une union légitime à valider. Il existe encore dans l'entomologie beaucoup de mariages mal assortis , beaucoup de partis à accorder, beaucoup de doubles em- plois, et le redressement de ces erreurs, de ces incerti- tudes , est un progrès réel pour la science. La Nomia diversipes, qui est un mâle, n'a été décrite, à ma connaissance , et encore fort incomplètement , que par Olivier, ôansYEncycl. méth. ; car Latreille, le fon- dateur du genre, n'en a, nulle part, donné le signale- ment, et il se contente de citer une figure détestable pla- cée à la planche 14 de son Gênera. Jurine a assez bien représenté la femelle sous le nom à'Andrena humeralis, mais il s'est borné aussi à la citation de sa figure. La science réclame donc une description des deux sexes de cette rare espèce , et je vais l'essayer. 184 ANNALES Nomia humeralis. Nomic Immorale. Nomia diversifies, Latr., Geti. cr. et îns., t. 4, pag. 1 55, pi. 14, fig. 8 (pessima), mas. — Oliv. , Encycl. méth., toni. 8, pag. 57G. Andrena humeralis, Jur. , Hym., p. 251, pi. 14, G. Femina. Nigra punctato-scabriuscula , grisco -albido pubescens , prothoracis squama humerali comea 5 a/œ tegula ma- gna oblonga ; abdominis segmentis posticè subdepres- sis, glaberrimis nitidis. Maris anlennis piceo-nigris , Jacie densius -villosa ; scu- tello u trinqué unideutato ; abdomir.e albido , trifas- ciato apice subtus late cxcavato, quadridentalo ^ me- solhoracis st.erno bispinoso, larsorum ruforum articulo primo Jlavescente ; jemoribus posticis angulato-in- curvis subtriquetris , subtus niveo dense lanatis ; tibiis posticis brevibus incrassatis , spina unica acuminata terminâtes. FemifïjE antennis brevioribus nigrioribusque^ scutello ifiermi ; abdomine albido bifasciato ; pedibus simpli- cibus griseo scopulosis. Long. 5 1^2 lig. Hab. in floribus Galliœ meridionalis. Tête, corselet, et abdomen grossièrement ponctués, d'un noir terne. Palpes comme dans les Andrennes. Man- dibules brunes, pointues et simples dans le mâle , obtu- sément tridentées dans la femelle. Antennes de ce der- nier sexe, courtes, atteignant à peine le prothorax; DE LA SOCIETE ENTÔMOLOGÎQUE. S88 telles du mâle , du double plus longues, roussâtres en dessous, avec les deux premiers articles entièrement noirs. Épaules du prothorax munies, surtout dans la femelle, d'une lame cornée , mince , tranchante , jaunâtre ou sub- diaphane. Tégule des ailes grande , ovale- oblongue , ré- trécie en avant, noirâtre au centre, subdiaphane au pourtour. Écusson, transversal^ ses angles postérieurs prolongés, dans le mâle, en une petite pointe, à peu près comme dans les Cœiioxj s. Métalhorax , tronqué, droit. Abdomen avec les troisième et quatrième segments dans les deux sexes, et le cinquième dans le mâle, gar- nis à leur base d'un liséré transversal blanc , formé par un duvet écailleux, couché. Bout de l'abdomen de la fe- melle avec un duvet fourni d'un gris-roussâtre, formant, aux deux derniers segments ventraux , une sorte de brosse; aiguillon rétractile, brun, fin. Des quatre dents marginales de l'excavation sous-abdominale du mâle, les deux postérieures obtuses. Cuisses postérieures de ce der- nier sexe remarquables par leur courbure cambrée ; leur forme triangulaire, et le long duvet serré, d'un beau blanc soyeux, qui remplit toute sa concavité ; ce duvet disposé sur trois rangs ou couches, dont l'intermédiaire plus long. Tibia de ces cuisses prolongé à son extrémité tarsienne en une épine jaunâtre , aiguë , un peu cour- bée, plus longue que lui. Pattes de la femelle, toutes simples, avec les tibias postérieurs et intermédiaires re- vêtus , ainsi que le premier article des tarses , de poils gris en brosse. Ailes avec les nervures d'un brun sale , ainsi que le calus. On voit, par les nombreux caractères saillants que je viens d'exposer, combien cette curieuse espèce avait été mal étudiée. L'épithète d'humeralis, à laquelle j'ai donné la préfé- 5SG ANNALES rence, parce que l'ouvrage de Jurine a une antériorité de publication sur le Gênera de Latreille, a encore l'avan- tage d'exprimer un trait commun aux deux sexes, fourni par les épaules du prothorax Ce trait était resté ina- perçu à Jurine qui, dans sa dénomination spécifique, n'avait eu en vue que la grandeur de la tégule des ailes. La No/nie humérale est un insecte peu commun. En juillet 1807, je rencontrai, aux environs de Saint-Sever, un seul mâle que j'envoyai à Latreille. Il y a peu de jours (août 1859) que j'en ai trouvé un autre, et en septembre 18*54 je pris une femelle, la seule que je possède. L'in- dividu figuré par Jurine venait de M. Faure-Bignet. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. S8 1 / ttOTICE MntOI.4M.IOIl SUR PlCART, NATURALISTE CORRESPONDANT DU MUSEUM royal de Paris, décédé au Gabon (Afrique), a bord du navire la Clarisse, capitaine Touret, le 3 sep- tembre 1836, a l'âge de 26 ans. Par le baron Feisthamel. (Séance du 4 septembre 1859.) Le jeune Picart (Pierre- François-Guillaume) naquit à Genève, de parents Français d'origine, expulsés pour cause de religion lors de la révocation de l'édit de Nan- tes. De bonne heure il manifesta un goût très prononcé pour les sciences naturelles. Plusieurs amateurs et pro- fesseurs distingués de Genève s'attachèrent à lui et dé- veloppèrent ces dispositions en cherchant à étendre le champ de ses connaissances. Il ne tarda pas à devenir préparateur du Musée de cette ville, où il passait tout son temps. L'histoire naturelle étant devenue sa passion favorite, il comprit qu'il devait se consacrer à ses pro- grès, et plusieurs naturalistes l'ayant encouragé dans ses desseins et aidé de leur fortune, il partit, au com- mencement de 1850 , pour Bordeaux , avec l'intention de se rendre à Madère, et, après avoir visité cette île, d'explorer le groupe des îles Canaries , celui des Açores ; mais le destin en ordonna autrement. Arrivé à Bordeaux à l'époque de la révolution de 1 830, vhi. 39 ;;S8 ANNALES ne trouvant pas de bâtiments faisant voile directement pour Madère, on lui conseilla de s'embarquer pour Ca- dix, d'où il trouverait plus facilement les moyens de se rendre à sa destination. Il suivit ce conseil 5 mais il y avait eu beaucoup de temps perdu et d'argent dépensé ; il écrivit à ses mandataires pour exposer sa position et le besoin de nouvelles avances. Arrivé à Cadix , il reçut en effet quelques fonds, mais insuffisants pour continuer ses projets. Cela ne l'empêcha pas de Iravailler pour ses commettants, et il recueillit une quantité d'objets d'his- toire naturelle qu'il leur fit parvenir. Cependant l'hori- zon politique de l'Europe commençant à s'obscurcir, les souscripteurs de Genève reculèrent devant la nécessité de nouveaux sacrifices, et les engagements réciproques furent rompus. Abandonné à lui-même et privé de toutes ressources dans une ville tout à fait commerçante, il fut bientôt réduit à la plus fâcheuse extrémité, quand la Providence le mit en rapport avec un ecclésiastique respectable, M. Gultiérés, qui, partageant les mêmes goûts, et voyant un jeune homme intéressant, martyr, en quelque sorte, de sa passion pour la science, éprouva pour lui la plus grande sympathie. Dès qu'il le connut, ce vénérable ec- clésiastique avertit le consulat général de France de la position critique de notre malheureux jeune homme, et dès ce moment il fut tiré d'embarras, M. Gros, qui pré- cisément était son compatriote, le présenta à son chef, M. de Bourboujon, consul général, qui sur-le-champ l'attacha au consulat avec des appointements. Bientôt notre jeune naturaliste fut à même de s'acquitter envers son bienfaiteur^ car M. de Bourboulon, atteint par le choléra, fut l'objet des soins les plus assidus et les plus empressés de la part du reconnaissant jeune homme. DE LA SOCIÉTÉ ÈNTOMOLOGIQUE. 589 Vers la fin de l'année 1853, M. de Bourboulon, nommé consul général à Tunis, le laissa aux soins de M. Gros, chancelier du consulat chargé de l'intérim en son ab- sence. Il retrouva près du successeur les mêmes soins et les mêmes attentions qu'avait eus pour lui M. de Bour boulon, et non seulement il lui continua la place qu'il avait, mais il l'admit à sa table, lui augmenta ses appoin- lements et lui promit de l'emmener avec lui à Paris et de travaillera son avancement. Effectivement Picart ar- riva à Paris; mais, tout en cherchant à se placer à la suite de quelque agent diplomalique, il ne rêvait qu'his- toire naturelle. Son ardeur pour la science l'emporta sur toutes les considérations de la prudence, et, malgré les conseils de ses amis, il résolut de partir pour la rivière du Gabon (Afrique), aux frais d'une société par souscrip- tion. M. le baron Delcsscrt, toujours prêta encourage*, la science et ceux qui s'en occupent, aida puissamment de sa bourse la nouvelle Société, dont M. Feislhamel fut nommé directeur. De son côté, le Muséum en lit au- tant, et conféra le titre de correspondant au jeune voya- geur. Picart partit du Havre le 28 avril 1836 sur le navire la Clarisse, capitaine Tourel; armateur, M. Martin Cou- lant fils. Sa dernière lettre, du 20 avril, adressée ;i M. Feistbamel deux jours avant son embarquement, était remplie de détails les plus curieux : je la trancris ici pour donner une idée de son style et de ses moyens. « J'ai pris de nouveaux renseignements sur Je pays « que je vais habiter temporairement, et voici ceux qui « m'ont été fournis par le capitaine de la Clarisse et par «celui de la Noma , qui a déjà fait quatre voyages au « Gabon , et qui doit y retourner incessamment. Les ha- «bitants, m'ont-ils dit , sont, en général, doux et affa- o90 ANNALES « blés avec les blancs, des gens auxquels on peut se fier, « surtout lorsqu'on se trouve sous la protection d'un de « leurs chefs. L'argent n'ayant pas cours dans le pays, « toutes les affaires se traitent en marchandises couran- « tes, tels que tabac en feuille, pipes, eau-de-vie, raou- « choirs, tissus communs, couteaux, verroterie, fusils a de munition , etc. J'ai fait, en conséquence, une paco- « tille de ces articles pour une somme de 800 et quelques « francs } j'ai également fait l'achat de papier à herbier, « poudre , plomb de chasse , pierres à fusil , cordes , « ficelle, hameçons, outils, etc., nécessaires à mon usage «particulier, et ne conserve par devers moi qu'une « somme de 500 francs en argent pour parer aux dépen- « ses imprévues que je serais dans le cas de faire h bord « des bâtiments qui fréquentent la rivière du Gabon. J'ai a appris également que la rivière est très poissonneuse, «que ses produits alimentent journellement les popula- « tions qui habitent ses rives, conjointement avec les ra- ce cines d'ignames, les bananes, poules, chevreaux, etc. « Je ne serai donc pas fort à plaindre sous le rapport de « la nourriture, et, si je dois en croire le capitaine de fa « Norna, plusieurs de ces messieurs (les Nègres) ont une « cuisine très confortable. « Quant à l'histoire naturelle, le capitaine de la Cla- « risse et celui de laJVorna, étant peu chasseurs, n'y ont « pas pris garde; cependant ils m'ont dit avoir vu beau- ce coup de singes, chevreuils, perroquets gris, une autre « espèce presque noire et très criarde, et que , pour cela, « on ne rapporte pas^une grande quantité de petits oi- « seaux, de papillons et de coléoptères, dont j'ai vu «quelques uns dans la collection naissante d'un jeune « homme d'ici , et provenant du premier voyage du « capitaine de la Clarisse, » etc., etc. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 591 Le navire arriva dans la rivière du Gabon le 8 juillet. Tout le monde fut d'abord consigné jusqu'à ce que les précautions d'usage fussent prises avec les naturels du pays. Picart fut alors présenté par le capitaine Touret au roi Denis, auquel il portait quelques présents. Pen- dant deux jours il fut fêté et choyé par ses nouveaux hôtes, qui se disputèrent le soin de lui bâtir une jolie ca- bane; une réponse de ce roi fait connaître la bonté du caractère de ces sauvages. Picart avait l'intention de pas- ser un an avec eux; le capitaine Touret dit à leur chef qu'il répondait sur sa tête de la vie et du bonheur de son hôte. « Non seulement vous le retrouverez heureux et « content, lui répondit le roi., mais encore (montrant un « sauvage d'un embonpoint extraordinaire) aussi bien « porlaut que celui-là. » Il y avait cependant fort à faire, car Picart était d'une constitution grêle et sèche. Notre voyageur put enfin commencer ses courses;, le capitaine ne voulant pas qu'il descendît seul à terre, le fit accompagner dans ses excursions par un jeune nègre el le second du bâtiment, qui était son frère. Après deux ou trois courses, il avait recueilli déjà une certaine quan- tité d'insectes de différents ordres. à Le 49 juillet, descendu à terre avec son ami et sons nègre, munis de leurs fusils de chasse, ils longèrent la forêt qui s'étend derrière le village du roi Denis , près de la rivière où était mouillé le navire. Pendant la marche, Picart tenait la gauche et marchait sur la lisière de la forêt, pénétrant de temps à autre dans l'intérieur. Son compagnon, qui connaissait le pays, et qui savait avec quelle facilité on pouvait s'égarer au milieu de celte vé- gétation épaisse et touffue , lui criait , de temps à autre , de ne pas s'y aventurer. Bientôt il s'aperçoit qu'il n'est plus en vue, el l'appelle aussitôt. Lejcune nègre se joint .V.I2 ANNALES à lui} point de réponse... Us font quelques pas au milieu du fourré, déchargent leurs fusilsj les déchargent encore, et ne sont pas plus heureux. Us courent au bâtiment, afin de donner l'alarme: guidés par quelques naturels, qui se joignent à eux , les gens de l'équipage s'avancent dans la forêt à la recherche de l'imprudent voyageur. Picart s'était laissé entraîner par l'aspect de quelques oiseaux; perdu dans le bois, il avait inutilement cher- ché à revenir sur ses pas , à retrouver sa direction ; il se rappela alors, mais trop tard , la promesse qu'il avait faite d'être constamment muni d'une des boussoles qu'il avait emportées; il les avait laissées à bord. Après avoir marché longtemps et dans plusieurs directions, sans re- trouver son chemin , il monta sur des arbres d'une éléva- tion prodigieuse, espérant revoir le ciel ou apercevoir les mâts des bâtiments, ce fut en vain : des branches se brisèrent sous son poids ; il tomba et fit une chute qui ne contribua pas peu à le décourager. Enfin , après six heures de fatigues, et songeant avec horreur à la fin cruelle dont le menaçait la chute du jour, il ressaisit la bonne voie. Bientôt il entendit les cris et les coups de fusils des gens de l'équipage qui étaient à sa recherche. Grande fut sa joie , elle ne fut pas néanmoins de longue durée ! Re- venu à bord, exténué au moral et au physique, il refusa de se laisser saigner. Dès le lendemain , il fut pris d'une fièvre inflammatoire, et, après deux mois d'une longue et douloureuse maladie, il s'éteignit, le 5 septembre, dans les bras du capitaine, qui lui a prodigué les soins les plus empressés. Ceux qui ont connu cet excellent jeune homme , son esprit d'ordre et de conduite, auront de la peine à com- prendre qu'il se soit aventuré sans boussole dans une fo- rêt où nul sentier ne peut servir de point d'orientation. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 395 Ils en seront d'autant plus étonnés , qu'ils l'auroul sans doute entendu raconter souvent combien il avait souffert de la faim dans une forêt de l'Andalousie, où il fut égaré pendant toute une journée. Cet événement avait fait sur lui tant d'impression, qu'outre une boussole que lui avait donnée M. Lefebvre, il en avait acheté deux autres, afin, disait-il, de ne jamais en manquer. Entre autres détails que m'a transmis le capitaine Tou- ret, il m'a souvent répété combien le malbeureuxPicart s'affectait du temps que lui faisait perdre sa maladie, et des regrets qu'il éprouvait de ne pouvoir récolter de quoi faire un premier envoi par le retour de la Clarisse. Ses inquiétudes augmentèrent le mal, et, malgré tout ce que put lui dire M. Touret, il ne cessait de se lamenter de ne pouvoir remplir ses engagements. En vain, pour le cal- mer, ce brave marin lui offrit de le ramener au Havre , en lui faisant l'abandon de ses frais de voyage, afin de rassurer sa conscience alarmée ; mais sa dernière heure avait sonné, il ne devait pas revoir l'Europe. Regretté de l'équipage , il fut enterré sur les bords du Gabon , et une simple croix en bois, chargée d'une ins- cription, apprendra aux voyageurs et sa religion et sa fin malheureuse. Ainsi s'éteignit, à l'âge de 26 ans , l'infortuné Picarl, victime de son ardeur et de son amour pour la science. Quelques lépidoptères et coléoptères , parmi lesquels se trouvent des espèces nouvelles , ont été acquis par la So- ciété, lorsqu'on fit au Havre la vente de la succession. Trente- six flacons contenant des crustacés, chenilles, etc., dans l'esprit-de-vin, et vingt oiseaux, ont été égale- ment rapportés et vendus à un amateur de cette ville. Tels sont les renseignements que j'ai pu me procurer sur l'infortuné voyageur; je suis un de ceux qui le re- 594 ANNALES grettent le plus , ayant été à même d'apprécier son ins- truction et ses bonnes qualités. La science a perdu un homme qui lui était acquis, et le Gabon un historien na- turaliste qu'il ne retrouvera pas de longtemps. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. S95 LETTRE DE M. Lacordaire a M. Duponcïiel sur la discussion qui s'est élevée entre ce dernier et M. Guénee RELATIVEMENT AU ROLE QUE DOIVENT JOUER LES Che- nilles DANS LA classification des Lépidoptères (1). (Séance du 3 avril 1839.) Liège, 51 mars 1839. Monsieur et cher Collègue, Votre aimable lettre m'est parvenue jeudi dernier à midi. Désirant, comme vous, que l'article dont je vous (1) M. Lacordaire m'ayant écrit, dans une première lettre, en date du 23 mars dernier, que le sujet de ma discussion avec M. Guénée lui paraissait du plus haut intérêt, et qu'il avait envie lui-même d'y prendre part en publiant un article sur ce sujet, je m'empressai de lui répondre que j'approuvais d'autant mieux son projet, qu'un espril aussi juste et aussi lumineux que le sien ne pouvait manquer de saisir le point difficile de la question et d'en donner la véritable solution. Je l'invitai en conséquence à m'envoyer son article le plus tôt possible pour être inséré dans nos Annales à la suite de la réplique de M. Gué- née. Mais au lieu d'un article ex professo sur lequel je comptais, il s'est borné à m'écrire une seconde lettre, dans laquelle, après avoir déduit les motifs qui l'ont fait renoncer à son premier projet , il aborde néanmoins la question et la traite d'une manière tout à l'ait nouvelle. La Société , à qui j'en ai donné lecture dans sa séance du 5 avril dernier, en approuvé l'impression dans ses Annales, et je la remets r,9(5 ANNALES avais parlé pût être lu mercredi à la séance de la Société, je nie mis sans relard à l'ouvrage, et hier soir j'avais composé la valeur d'environ 24 pages d'impression. Je me proposais de les mellre au net aujourd'hui et de vous les expédier par le courrier de ce soir; mais en relisant ce travail , il m'est arrivé ce qui arrive souvent en pareil cas : je me suis aperçu que si j'avais bien raisonné à certains égards, sous d'autres j'étais dans l'erreur; que la question élail insoluble ou très simple, selon le point de vue sous lequel on se plaçait; enlin je suis arrivé à croire que la discussion qui s'est élevée entre vous et M. Guénée ne provient que d'unmal entendu, et qu'il serait possible de vous mettre d'accord sans que vous eussiez besoin ni l'un ni l'autre de faire aucune conces- sion. Il me paraît inutile de faire là-dessus un article destiné à la Société. Le temps me manquerait d'ailleurs, puisque je pars demain à midi , et je préfère vous expo- ser simplement ma façon de voir, dont vous pourrez, du reste , faire l'usage que bon vous semblera. Il faut commencer par se faire une idée nette de la méthode naturelle. De l'aveu de tout le monde, et du vôtre aussi, sans aucun doute, elle se propose de classer les êtres de façon à ce qu'ils soient rapprochés en rai- son des caractères qu'ils ont en commun entre eux , de telle sorte que de la place donnée à l'un de ces êtres on puisse en conclure son organisation, sinon totale- ment, du moins en grande partie. Pour atteindre ce but, que j'appellerai philosophique, il est évident que la mé- aujourd'liui à cet effet à la commission de publication, ce qui aurait eu I ieu beaucoup plus tôt, si je ne l'avais gardée par devers moi dans ' 'intention d'y joindre quelques commentaires; mais des occupations extraordinaires qui me sont survenues, et qui absorbent tout mon temps,m ? en ont ôté le Loisir Dupqncbel. DE LA SOCIETE ENTOMOLOG1QUE. S97 Ihode doit faire usage de toutes les particularités que peut offrir un être dans son organisation, son mode de développement, ses fonctions, etc. D'un autre côté, on veut que la méthode conduise en même temps à la connaissance des espèces, des genres et autres groupes : c'est là un second but évidemment dis- tinct du précédent, et je l'appellerai systématique. Lequel de ces deux buts est le plus important, le plus satisfaisant pour l'esprit, le plus réellement scientifique? Personne, je crois, n'hésitera à répoudre que c'est le premier. En effet, il conduit à la science réelle, la con- naissance des êtres; l'autre ne mène qu'à savoir les noms arbitraires que nous leur avons imposés. Mais ces deux buts sont-ils conciliables entre eux? Peut-on faire marcher de front deux principes aussi dis- tincts? Là est toute la question. Il est certain que si on y réussit quelquefois, le plus souvent on y échoue; et comment en serait-il autrement? I! suffit au système de prendre en quelque sorte le'pre- mier organe venu, de le suivre à travers toutes ses mo- difications, sans s'inquiéter des autres organes; il ne se propose que de vous faire connaître un nom , et pourvu qu'il y arrive, peu lui importe le reste. La méthode phi- losophique, au contraire, tient compte de tous les orga- nes, non seulement des organes arrivés à leur état de perfection, mais des organes en train d'opérer leur évo- lution. Il est évident qu'elle embrouille à ebaque instant son malheureux compagnon, le système, et qu'elle ne peut même vivre qu'à la condition de le mettre à mort. Aussi remarquez-vous que, placés entre deux buts in- conciliables, les naturalistes sont obligés de procédera coup de bascule en faisant prédominer tantôt l'un tantôt l'autre, sans pouvoir 1rs mettre d'accord. LVxeinple sui- o!)8 ANNALES vant, emprunté à notre arni Boisduval , va à la fois vous prouver ceci et vous le rendre plus clair. J'ouvre son dernier ouvrage, et je vois qu'il divise les Lépidoptères en deux grandes sections , les Rhopalacères et les Hctéroceres. Voilà qui est parfaitement satisfaisant sous le point de vue systématique, car je peux en tout temps vérifier les caractères tirés des antennes sur les- quels sont basées ces deux sections. Mais en est-il de même sous le point de vue philosophique? Est-ce me donner une idée bien exacte des rapports qu'ont les Lé- pidoptères entre eux que de me les présenter répartis en deux vastes groupes placés en face, ou à côté, ou enfin à la suite l'un de l'autre, comme vous voudrez, peu im- porte? cela me donne-t-il la moindre idée de ces innom- brables relations que mon esprit aperçoit entre ces ani- maux, parlant comme des rayons de chacun d'eux en se croisant dans tous les sens? La réponse ne peut être dou- teuse,et je dis qu'ici le point de vue philosophique a été sa- crifié'au point de vue systématique. Je passe aux Rhopa- locères, et je trouve qu'ils sont partagés en trois sections, les suspendus, les succincts et les enroulés. Ici me voilà arrêté net sous le rapport systématique; car comment puis-je deviner que le papillon que j'ai sous les yeux a été suspendu ou succinct lorsqu'il était à l'état de chry- salide? Si je ne sais pas son nom à l'avance, ou si je n'ai pas sous la main un ami qui me l'apprenne, il faut que je ferme le livre ou que je le parcoure au hasard jusqu'à ce que je tombe sur le nom que je cherche. Ainsi, sous le rapport systématique , cette division des Rhopa- locères est tout ce qu'il y a de plus mauvais; mais, sous le point de vue philosophique, elle me paraît excellente, ear il est clair que ce n'est pas une petite considération dans l'histoire d'un Lépidoptère que la façon dont est DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 599 suspendue la chrysalide. Donc ici le point de vue systé- matique se trouve sacrifié au point de vue philosophique, sacrifié au point qu'il n'en reste pas de traces. Voilà bien le coup de bascule dont je vous parlais plus haut. Maintenant, mon cher Collègue, vous pouvez voir clairement la raison du dissentiment qui existe entre vous et M. Guénée. La diversité naturelle des esprilsa fait que l'uu et l'autre vous avez envisagé plus spéciale- ment un seul des deux côtés de la question. Pour ce qui vous concerne, c'est le point de vue systématique qui vous a frappé, et vous avez objecté avec raison à votre adversaire que les caractères empruntés à la chenille ne pouvaient pas conduire à la connaissance du papillon 5 cela est indubitable, et vous auriez même pu ajouter que, quand bien même toutes les chenilles seraient con- nues et classées, on n'en serait pas plus avancé pour cela ; on aurait mis en ordre les chenilles, voilà tout : il reste- rait à en faire autant pour les insectes parfaits. De son côlé, M. Guénée a été frappé exclusivement par le côté philosophique de la question. II a raison quand il dit que pour assigner à un papillon sa place dans l'en- semble de ses semblables, il faut l'avoir étudié sous tous ses états et tenir compte: de chacun d'eux-, mais il se trompe quand il se flatte de pouvoir mener de front dans sa mé- thode la connaissance des papillons, des chrysalides, des chenilles, des mœurs, etc.: car, il mettra, comme il le fait, les chenilles au premier rang, auquel cas sa mé- thode ne mènera qu'à la détermination des chenilles; ou ce seront les insectes parfaits qui occuperont cette place, et alors sa méthode ne conduira qu'à la connaissance des insectes parfails; ou enfin il mettra tour à tour en avant les chenilles et les papillons, auquel cas sa méthode ne mènera à la détermination ni des uns ni des aulrcs. t;ou ANNALES Si , comme je le pense , voilà la question ramenée à sa plus simple expression et à ses véritables éléments, il en résulte que, rigoureusement parlant, elle est insoluble. Il faut cependant qu'elle soit résolue, me direz-vous, et pour cela que faut-il faire? Ici la question devient très simple, et ce qu'il faut faire est tout fait. Il faut imiter les botanistes, qui ont à la fois deux classifications, une systématique, pour arriver purement et simplement à la connaissance des espèces,, et une naturelle , où ces espè- ces sont rangées d'après le plus grand nombre de leurs affinités :1a première est à la seconde ce qu'une table analytique des matières est au corps de l'ouvrage auquel elle est annexée. Il n'y a pas absolument besoin que ces deux classifications coexistent dans le même ouvrage : souvent un auteur fait l'une et un autre auteur la seconde:, peu importe, pourvu qu'elles existent quelque part el qu'on sache où les trouver. Il est cependant des ouvrages où elles sont réunies, et eela n'en vaut que mieux. Si, jus- qu'à présent, on n'a pas songé à faire cela pour l'Ento- mologie, cela tient à la manière dont nous apprenons cette science. Remarquez bien que, tous tant que nous sommes, nous ne commençons pas par l'étudier dans les livres^ nous l'apprenons d'abord par tradition, endéler minant des espèces sur les colleclions de nos amis, et ce n'est guère que lorsque nous sommes déjà d'une certaine force que nous nous servons de livres; c'est-à-dire que nous savons à l'avance une partie de ce qu'ils doiveni nous apprendre, et que celte partie nous sert d'instru- ment pour apprendre l'autre que nous ignorons. Je suis persuadé, pour ma part, qu'un homme tout à fait no- vice, qui voudrait devenir entomologiste à l'aide seule- ment de nos livres , tels qu'ils sont faits , serait obligé d'y renoncer. DE LA SOCIÉTÉ ËKTÔMOLOGIQUE. 001 Ainsi, d'après cela, vous voyez que, pour que la science des Lépidoptères lui complète, il faudrait une classification systématique pour les insectes parfaits, une pour les chrysalides, une pour les chenilles, puis une méthode naturelle où toutes les classifications précédentes seraient résumées et combinées de manière à ce que les Lépidoptères y fussent rangés suivant le plus grand nom - brede rapports qu'ils ont sous leurs trois états ; la science, pour cela, ne serait pas disloquée. En définitive, c'est dans notre esprit qu'elle doit exister; les livres ne sont que les instruments nécessaires pour l'y faire arriver, et pourvu qu'elle arrive, qu'importent les moyens? Quel est d'ailleurs le livre qui contient toute la vérité? Celui-ci nous eu donne un fragment , celui-là un autre; c'est à notre intelligence à faire de ces fragments un tout en les coordonnant ensemble. Voilà où j'en suis arrivé après trois jours d'un travail opiniâtre, que je ne regrette pas; car, me fusse -je trompé, ce qui est bien possible, ce n'est pas avoir perdu son temps que de l'avoir employé à examiner une ques- tion aussi importante. S'il vous restait quelque doute dans l'esprit, je ne serais pas fâché que vous m'en fissiez part; je le désire môme, attendu que, cherchant l'un et l'autre la vérité de bonne foi, nous finirions peut-être par y arriver. Si même vous pensez que celte lettre puisse contribuer à éclaircir la chose dans l'esprit de quelques uns de nos collègues, rien ne vous empêche d'en donner lecture à la séance de mercredi ; mais je ne me soucie pas qu'elle soit imprimée, elle n'en vaut pas la peine (1). Si (1) M. Lacordaire se montre ici trop modeste en disant que sa lettre ne vaut pas la peine d'être imprimée : ceux qui la liront me sauront gré, sans doute, de n'avoir pas été de son avis. Quant à l'autorisation 602 ANNALES enfin elle pouvait déterminer M.Guénée à retirer la répli- que que vous dites qu'il a fait passer à la Société , je ne vois aucun inconvénient à ce que vous la lui communi- quiez; mais pour cela cependant il faudrait qu'elle eût porté la conviction dans votre esprit, ce dont vous seul êtes juge. J'ai souscrit au Dictionnaire auquel vous allez concou- rir; je trouve que vous vous êtes mis là une terrible be- sogne sur les épaules. Croyez-moi, Monsieur et cher Collègue, votre dévoué et affectionné serviteur. Th. Lacordaire. qu'il me donne de la communiquer à M. Guénée, je n'en ai rien fait, dans la crainte de laisser croire à cet estimable collègue que je re- doutais la publication de sa réplique à mon second mémoire , tandis qu'au contraire j'ai toujours désiré qu'elle eût lieu ; car je cherche comme lui la vérité dans la question qui nous divise, et si je me suis retiré un peu brusquement de la lice , ce n'est pas, comme il le suppose, pour l'empêcher de développer son opinion, mais c'est parce que je n'aurais pu continuer cette discussion sans négliger d'autres occupations plus sérieuses pour moi, et qui, jointes à mes travaux ordinaires, exigent l'emploi de tout mon temps. DUPONCHEL. DE LA SOCIÉTÉ ENT0M0l.0C.IQUE. sur M. Arsène Maille (de Rouen] ( Séance du 16 janvier 1 S il). La Société entomologique de France, sur la triste nouvelle que la mort venait d'enlever à la science M. Ar- sène Maille, décida sur-le-champ que cette perte déplo- rable serait mentionnée dans ses annales, quoique cet homme respectable ne fût pas» au nombre de ses mem- bres. Un sentiment louable, que la Société a toujours apprécié, empêcha M. A. Maille d'être notre collègue, malgré le désir qu'il en avait, et quoique tout le monde le souhaitât. Son motif était qu'ayant refusé à diverses époques, par une modestie qui était un des traits dis- tinctifs de son noble caractère, d'être membre d'aucune société savante de sa province , quoique vivement solli- cité à cet égard, il craignit, lors de la formation de la Société entomologique, de blesser, en faisant partie d'une association parisienne, plusieurs notabilités de Normandie qui l'avaient souvent pressé de siéger parmi elles (1). (1) Toutefois il prenait un si graiiil intérêt aux travaux de nuire Société , qu'il ne manquait pas de se procurer annuellement toutes ses publications. vm. 40 604 ANNALES M. A. Maille, mou ami particulier pendant seize années, si bien connu, si dignement apprécié d'un grand nombre de nos bonorables collègues par sa générosité peu ordi- dinaire, sa douce urbanité et sa politesse affectueuse, s'occupait avec délices , quand sa santé ne s'y opposait pas, de l'étude des Coléoptères, dont il possédait une collection remarquable. Observateur scrupuleux, cl doué d'un vif amour pour l'histoire naturelle en général, il avait rédigé plusieurs notes sur des insectes nuisibles aux arbres fruitiers, et notamment aux pommiers à cidre. Je les lui demandai souvent pour en enrichir nos Annales, et ne pus les obtenir; il m'alléguait tou- jours que cela ne méritait pas l'honneur de l'impres- sion (1). L'entomologie lui est redevable du voyage de M. Lebas en Colombie , qui a procuré aux amis de la science un si grand nombre de Coléoptères nouveaux, voyage qui n'aurait peut-être jamais eu lieu sans les soins et l'actif empressement de M. Maille, qui furent ensuite puissam- ment secondés par le zèle et le patronage de M. le comte Dejean. Peu de personnes savent jusqu'à quel point M. A. Maille était instruit. Une correspondance très suivie, sans au- cune interruption, et des conversations fort intimes m'ont fait connaître l'étendue de son savoir et de ses lumières; cependant je manquais des documents indis- pensables pour la notice que la Société m'a chargé de rédiger. Je me suis donc adressé à l'un de ses conci- toyens, très connu dans le monde savant par ses travaux archéologiques sur l'ancienne province de Normandie, et qui dès sa jeunesse était lié de la plus étroite amitié (\) Ces notes n'ont pas été retrouvées parmi ses papiers. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE- 605 avec celui qui sera pleuré si longtemps. C'est avec la plus extrême bienveillance que ce savant est venu à mon aide par les détails suivants, auxquels je me ferais scru- pule de changer un seul mot. « M. Arsène Maille naquit à Rouen le 7 juin 1784. Une forte éducation développa ses habitudes studieuses et mé- ditatives et lui ouvrit l'accès de toutes les branches des connaissances humaines , qu'il a successivement culti- tivées. Les sciences mathématiques appelèrent les pre- mières son attention, et il fut l'un des premiers élèves que Rouen ait fournis à l'École polytechnique. Rappelé bien- tôt dans cette ville par les affections de famille qui ont fait le bonheur de sa vie , il se livra avec le même succès à l'étude de la chimie, puis à celle de l'admi- nistration forestière, dans laquelle il entra en 1807. Quelques années plus tard , la mairie de la com- mune de La Vaupalière vint réclamer ses soins et of- frir un nouvel aliment à son activité aussi bien qu'à son inépuisable bienveillance. Une capacité peu com- mune, de consciencieux services , l'alliance si rare d'une fermeté inébranlable avec la plus touchante bonté, mar- quèrent chacun de ses pas dans ces deux carrières, et purent se concilier avec la culture de la botanique, qui a charmé une grande partie des loisirs de sa vie; mais de l'étude de cette aimable science étant passé, par une transition très naturelle, à celle de l'entomologie, il sentit qu'elle réclamait toute son activité et renonça à toute autre occupation pour s'y livrer avec une ténacité proportionnée à l'immense développement qu'elle a pris de nos jours. Ce serait à une plume plus savante que la nôtre qu'il appartiendrait de signaler quel succès sut récompenser une application si exclusive et si soutenue. Le seul besoin qu'elle laissa dans sa vie, celui d'être utile 606 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. à ses concitoyens, fut bientôt satisfait par la grande part qu'il prit à la régénération de l'instruction primaire et au perfectionnement de l'instruction secondaire , tant dans la ville que dans l'arrondissement de Rouen. Membre du conseil académique, secrétaire du comité d'instruction primaire , président de la société des salles d'asile , il de- vint lame de ces diverses administrations; il y organisa le présent et y prépara l'avenir. C'est au milieu de ces nobles et utiles occupations, c'est à une époque peu avan- cée d'une vie toute vouée à l'étude des merveilles de la nature, à la pratique du bien, à la protection du pauvre et de l'enfant, que la mort est venu le frapper avant le temps, le 51 octobre 1859. » AUDINET SERVILLE. Décembre 1839. BULLETIN ENTOMOLOGIQUE, ANftEE iS3£. PREMIER ET DEUXIÈME TRIMESTRES, SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE DÉ FRANCE. (Séance du 2 janvier 1830.) Présidence de M. Rambur , vice-président. Correspondance. — M. Fehz, de Gaunzenhausen, en Bavière, adresse à la Société un catalogue de Lépidop- tères d'Europe dont il peut disposer. Ouvrages offerts. — Bulletin de la Société agricole et industrielle du département du Lot , de Janvier à Oc- tobre 1838, in-8. La Société procède au renouvellement annuel des membres du bureau $ les élections ont lieu dans l'ordre suivant : Président, M. Rambur. Vice-président, M. Doue. vin. a H ANNALES Secrétaire , M. Brullé. Secrétaire- adj oint , M. Pierrot. Trésorier, M. Aube. Archiviste, M. Duponchel. Lectures. — M. Aube lit une note critique, faite par un membre qui désire garder l'anonyme, sur le Spéciès des Hydrocantharts qu'il a public récemment. — M. Duponchel présente le compte rendu des expé- riences faites chez lui, par plusieurs membres de la So- ciété, à l'effet de découvrir l'organe du cri dans \eSphynx à tête de mort \A cherontia alropos ). — M. Pierret lit la description d'une nouvelle espèce ù'Agrotis. Membre reçu. — M. le vicomte de Lamotlc, présenté par M. Buquet. ( Séance du 1G janvier 1839.) Présidence de M. Rambur. Ouvrages offerts. — Notice sur M. Frédéric Cuvier, ex- traite des Annales d'anatomie et de physiologie , par M. Gervais. Communications. — M. Pierret donne des nouvelles de M. Deyrolle fils, qui voyage en ce moment dans le midi du Portugal, aux frais d'une société d'actionnaires. Après s'être embarqué à Londres le 6 décembre dernier, M. Dey- rolle a touché Lisbonne le 15 du même mois. Sa santé était parfaite et il se disposait à commencer ses excursions. — -M. Amyot communique, de la part de M. Serville, une lettre adressée à ce dernier par M. Solier, de Mar- seille. DE LA SOCIETE ENTOMOLOCIQUE. m « J'ai reçu il y a peu de temps, ditM. Solier, une lettre « de M. Gay ; elle est datée de S.-Yago, du f septembre « 1858. Il vient de parcourir les provinces de Coquimba, « lllopio, Sanla-Rosa, c'est-à-dire une partie du nord du « Chili; il paraît satisfait de ses récoltes dans tous les « genres. D'après ce qu'il marque, il a de nombreux do- « cumenls sur les mœurs, l'analomie, et la distribution « géographique des insectes qu'il a recueillis. » — M. Audouin annonce qu'il s'occupe activement delà publication de ses recherches sur la Pyrale de la vigne. Ce travail formera un volume in-4, qui sera accompagné de vingt planches, montrant les dégâts causés à la vigne par la chenille de cet insecte, et le représentant dans ses divers états. L'étude que M. Audouin en a faite lui a donné l'occasion d'observer, dans la structure de cet insecte , des particularités curieuses , qui n'avaient pas encore été signalées. lia reconnu, par exemple , que la poussière écailleuse qui recouvre les ailes des pyrales était formée par des couches su- perposées, au nombre de trois au moins. Il a démontré l'existence de ces couches à l'aide d'un procédé simple, qui consiste à enduire très légèrement une lamelle de verre d'un peu de gomme liquide; renversant l'aile sur cet enduit, et appuyant dessus avec le doigt, il obtient par cette pression l'empreinte de l'aile sur la lamelle de verre. Cependant la surface de l'aile ( et il s'agit ici de la face supérieure de la première paire d'ailes), n'est pas encore dépouillée de toutes ses écailles, et ce qui le prouve, c'est que si l'on répète la même opération avec la même aile, on obtient uue seconde empreinte sur la lamelle de verre ; enfin, en appliquant encore cette aile, qui a déjà fourni deux empreintes, on en produit une troisième. lV ANNALES M. Audouin s'est assuré par le secours du microscope que les écailles avaient des dimensions différentes , qu'elles étaient d'autant plus petites qu'elles apparte- naient à une couche plus profonde , en sorte que, se re- couvrant complètement l'une par l'autre , il n'y a jamais de touché chaque fois par le liquide gommeux que la couche la plus extérieure. Le fait s'explique ainsi faci- lement. Le même membre fait une autre communication au sujet de la structure singulière du pénis de la Pyrale, qui présente à sa base une série d'épines réunies en faisceaux , au nombre de huit ou dix ; ces épines pénètrent dans les organes de la femelle , et s'écartent tout à coup à leur intérieur en forme de rosace, qui empêche au mâle de le retirer de la partie dans laquelle il l'a engagé. — M. Boisduval présente à la Société deux individus de Yylgrotis Ewopea, qui lui paraissent se rapporter à l'espèce dont M. Picrret à lu, à la dernière séance , la des- cription sous le nom de Desillii. Après avoir examiné ces individus, M. Pïerret, tout en se plaisant à reconnaître la haute supériorité de M- Boisduval , qu'il nomme son maître, croit voir à son tour dans le dessin et dans la couleur de ces deux espèces, des différences qui lui pa- raissent suffisamment tranchées } en conséqnence il de- mande à la Société, ainsi qu'à M. Boisduval, la permission de persister dans son opinion. (Séance du 6 février 1859.) Présidence de M. Ramduii. Communications. — M. Feisthamel apprend à la So- ciété que plusieurs membres l'ont chargé de réclamer auprès d'elle une table alphabétique, semblable à celle DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. v des quatre premiers numéros des Jmmles.M. Feisthamel fait valoir les avantages d'une pareille table, indispen- sable, dit-il, pour la recherche des matières scientifiques. M. Aube objecte à son tour que la Société a dû renoncer à établir une table aussi compliquée, parce que la compo- sition en étaitbeaucoup trop dispendieuse. M. Feisthamel reprend la parole pour demander qu'à partir de 1858, la table soit rédigée, sinon comme celle des quatre premiers numéros, du moins avec plus de régularité que celle des années précédentes. MM. Aube et Amyot insistent sur l'op- portunité de l'observation de M. Feisthamel. En consé- quence, la Société invite le secrétaire-adjoint à informer M. Brullé du désir qu'elle éprouve d'avoir, à compter de l'année 1838, une table rédigée dans un ordre plus mé- thodique et plus régulier. — M. Duponchel annonce qu'il vient de recevoir une réponse de M. Boyer-de-Fonscolombe, relativement à l'invitation qu'il lui avait faite d'envoyer en communi- cation à la Société la pierre qui porte l'empreinte d'un papillon, tellement exacte, qu'on y reconnaît que ce pa- pillon est une espèce de Jasius. M. de Fouscolombe ré- pond que M. le comte de Saporla, son gendre, possesseur de cet te pierre, ne veut pas s'en dessaisir, parce qu'il craint qu'elle ne se brise en route, mais il pense que le dessin très iidèle qui en a été envoyé à M. le professeur Audouin pourra convaincre les plus incrédules de l'exactitude de son assertion. M. de Fonscolombe annonce en môme temps que M. de Saporta se propose d'envoyer à la So- ciété une notice sur ce fossile , aussitôt qu'il aura réuni tous les renseignements nécessaires. — M. Pierret donne des nouvelles toutes récentes de M. Deyrolle /ils , jeune voyageur qui explore le Portugal vi ANNALES dans le but d'y faire dos recherches entomologiques. Dai>s une lettre datée de Lisbonne 28 janvier, M. Deyrolle an- nonce qu'il a déjà recueilli, malgré le mauvais temps, plus de 1,500 insectes, parmi lesquels se trouvent des espèces qu'il croit fort intéressantes. Il signale parmi celles-ci plusieurs Brachinus, dont un plus grand que le Mexica- 7ius, et qui est fort rare dans ce pays ; quelques Daomns et Acinopus, plusieurs espèces de Pristonicltus et genres voisins, une douzaine d'espèces de Brachélytres, quelques IJétér ombres, Lylia, etc. ; plusieurs espèces intéressantes de Curculionites, de Chrysomélines, etc., etc. A l'heure où M. Deyrolles écrit, les Lépidoptères ne volent pas encore ; il n'a pris qu'un très petit nombre d'insectes des autres ordres. Lectures. — M. Pierret donne lecture d'une note sur le Sphinx crctlca , par M. Bugnon de Lausanne. Dans celte note, M. Bugnon établit deux espèces parmi les individus du Sphinx connu sous le nom de Crelica; il laisse à !a première le nom de Sphinx cretica , et il donne à la se- conde le nom de Sphinx Boisduvaliï. Le même membre lit, au nom de M. Guénéc, une ré- ponse au second Mémoire de M. Duponchel sur la ma- nière d'établir une bonne classification dans l'ordre des Lépidoptères. — M. Bobineau-Desvoidy lit une courte notice où il se plaint amèrement de la nullité des progrès de la science dans l'étude des Mouches, depuis la publication de son essai sur les Myodaires. II pense qu'il faut s'en prendre surtout au défaut d'études réelles dans celte matière , et déclare qu'en France aucun entomologiste ne s'est encore sérieusement occupé de ce sujet. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. vu (Séance du 20 février 1839.) Présidence de M. Boisduval. Lectures. — Observations sur le travail de M. Mac- Leay intitulé : On some new forms of Arachnidca , par M. Lucas. Mémoire sur le Xenillus clypealor , nouveau genre de Coléoptères, par M. Robineau-Desvoidy. (Séance du 6 mars 1859.) Présidence de M. Rambur. Ouvrages offerts. — Nova Jeta naturœ curipsorum , t. XVIII, part. 2. Manuel du Coléoptériste , par M. Hope, 2 e partie, en anglais. Description du Goliathus torquatus, par le mème(exlra'\tduMagasiu d'histoire naturelle, en anglais). Iconographie et Histoire naturelle des Coléoptères , par MM. de Caslelnau et Gory •, livr. 25 et 26. Recueil de la Société d'agriculture , sciences et arts et belles-lettres du déparlement de l'Eure ; 1 er et 2 e cahiers trimestriels de 1858. Communications. — M. Gervais fait connaître à la So- ciété un travail de M. de Waga sur les Myriapodes des environs de Varsovie. — M. Audouin présente à la Société le dessin repré- sentant le Lépidoptère fossile de la formation gypseuse d'Aix , en Provence. Ce dessin lui a été donné par M. de Fonscolombe, qui n'a pu obtenirl'empreinte elle-même. M. le Président prie M. Boisduval de vouloir bien exa- miner ce dessin , et d'en faire l'objet d'un rapport. Voici ce qu'en dit M. de Fonscolombe : « Je n'ai pas pu me procurer, ou on n'a pas voulu me céder une pièce bien v ,„ ANNALES intéressante trouvée dans nos plàlrières d'Aix; j'ai ima- ginéMe la faire dessiner et ensuite colorier. Je puis en garantir l'exactitude , l'ayant vérifié avec soin ; vous ver- rez que c'est l'empreinte d'un Lépidoptère qui me pa- raît appartenir au genre Nymphale. Je l'ai cherché dans Y Encyclopédie méthodique : il m'a paru ne pas s'y trou- ver j il serait voisin de la nymphale Eroia, n° 47, J'ai pensé que ce dessin pourrait être de quelque intérêt. » (Séance du 20 mars 1829). Présidence de M. Rameur. Ouvrages offerts. — Iconorjrapliie et Histoire natu- relle des Coléoptères, par MM. de Castelnau et Gory 5 li- vraisons 27 et 28. Communications. — M. Aube communique à la Société une observation curieuse qui a été faite par M. de Waga dans les environs de Varsovie. M. de Waga fut consulté au sujet d'un insecte qui rongeait les jeunes greffes des arbres fruitiers , et occasionnait de grands dégâts. Il re- connut que cet insecte était le Polydrusus (Phyllobius) oblongus à l'état parfait. Le moyen indiqué par M. de Waga pour préserver les jeunes greffes des ravages de cet insecte , consiste à les envelopper de laine ou de co- ton très lâche, qui laisse pénétrer l'air sans livrer pas- sage au Polydrusus. M. Aube prie la Société d'agréer sa démission des fonctions de trésorier, que des changements survenus dans sa famille le mettent dans l'impossibilité de rem- plir plus longtemps. La Société exprime ses regrets à M. Aube, et accepte sa démission; elle déclare qu'elle procédera à son remplacement dans la prochaine séance. Lectures. — M. Lucas lit la description d'un Lépidop- tère nouveau {Fapilio Duponchelii), DE LA SOCIÉTÉ ENT0MOLOGIQUE. ix (Séance du 3 avril 187)9.) Présidence de M. Ramisck. Ouvrages offerts. — M. Guérin fait présent à la Société d'un numéro de la Revue do la Société cuviérienne, ren- fermant un Mémoire de M. deWaga sur les Myriapodes. Correspondance. — M. Blomart adresse à la Société un modèle de nouvelles boîtes à insectes; ces boîtes, con- struites en verre, ont l'avantage de ne passe déformer, et de laisser voir les insectes sans que l'on soit obligé de les ouvrir. Le prix des boîtes est le même que celui des boîtes en carton employées jusqu'ici par les entomo- logistes. Communications. — M. Pierret communique à la So- ciété, de la part de M. Florent Ducellier, jeune enlomo- pbile qui s'occupe de Lépidoptères, une courte notice sur des chenilles de Sphinx Nerii qui ont été trouvées dans Paris en 1 857. « Ces Nerii, dit-il, sont édos dans un jardin du faubourg Saint-Antoine, sur des lauriers conservés depuis plusieurs années, et sans doute originaires de Paris. Le jardinier qui me lésa procurés avait trouvé dix-sept chenilles, mais l'une d'elles périt instantanément pour avoir été placée au soleil. Je nourris les seize au- tres sous une cloche à melons, dans un lieu assez ob- scur, depuis le milieu de septembre jusqu'au premier oclobrel857$ à cette époque, elles s'élaient toutes chan- gées en chrysalides. Quelques jours avant leur métamor- phose, la couleur verte passait, par des dégradations plus ou moins brusques, à un brun très foncé. Les chry- salides, d'un brun très clair d'abord, devinrent tout à fait noires au bout de cinq à six jours. Les quatre pre- miers Sphinx sont éclos le 7 ou 8 octobre, les derniers x ANNALES passé le 20; une seule chrysalide n'a pas donné de pa- pillon. » Ce qu'il y a de remarquable dans celle découverte, ajoute M. Pierret, c'est que ]e Sphinx Neriia totalement manqué dans le midi, celte même année, tandis qu'en 1851 et 1855, il avait été extrêmement abondant, non seulement dans les contrées méridionales, mais même dans des climats beaucoup plus froids, où l'on ne l'avait pas encore observé. M. Pierret fait encore observer qu'en 1857 madame Lesage , née Deplantade, avait également trouvé plu- sieurs chenilles de Sphinx Nerii aux environs de Char- Ires, mais qu'elle n'avait pu réussir à en obtenir une seule éclosion. — M. Aube met sous les yeux de la Société un instru- ment destiné à la chasse aux insectes, construit sur le modèle du Thètejiiome de M. Blisson ^ seulement la char- pente de cet instrument est composée de tubes en cuivre qui se vissent les uns à la suite des autres, au lieu de se replier comme les compartiments en bois blanc, employés par M. Blisson. — La Société procède ensuite à la nomination d'un nouveau trésorier, en remplacement de M. Aube , l'una- nimité des suffrages se porte sur M. Montandou, qui est en conséquence proclamé trésorier delà Société. — La Société, conformément à un article de son rè- glement, s'occupe aussi dans cette séance du renouvelle- ment de la commission de publication. Les cinq membres qui obtiennent le plus de suffrages sont: MM. Duponchel, lîoisduval, Aube, Démary et Doué. Lectures. — Description d'une nouvelle espèce du genre Oplahalnùcus, par M. de Waga. DE LA SOCIÉTÉ ENTOM0L0GIQUE. xi (Séance du 17 avril 1839.) Présidence de M. Ramblu. Ouvrages offerts. — Description d'une nouvelle espèce de Porcellion, et observations sur ce genre de crustacés, par M. Guérin-Meneville. Bulletin de la Société agricole et industrielle du dépar- tement du Lot, numéros des mois de Novembre, Dé- cembre 1858 ; Janvier, Février, Mars 1859. Correspondance. — Le secrétaire adjointdonne lecture d'une lettre de M. Brullë , qui annonce à la Société son intention de quitter bientôt Paris , et qui la prie en con- séquence de vouloir bien agréer sa démission de ses fonctions de secrétaire. La Société décide qu'elle procédera au remplacement de M. Brullé dans la prochaine séance. Communications — M. Boisduval rend un compte ver- bal du rapport que la Société l'avait chargé défaire, sur un dessin envoyé à M. Audouin, par M. de Fonscolombe, et qui représente une empreinte de lépidoptère fossile, trouvée dans les environs d'Aix. M. Boisduval déclare , qu'après un examen attentif, il a reconnu que ce lépi- doptère devait appartenir à son genre Cyllo, et qu'il se rapprochait beaucoup des espèces décrites parles auteurs SOUS les noms de Salyrus Europa, Caumax , Jihosia, et plusieurs autres lépidoptères indiens. Le môme membre ajoute que ce Bkopalocére ne peut se rapporter exacte- ment à aucune des espèces vivantes déjà connues. Toute- fois , avant de décider si cet insecte doit être regardé comme un véritable fossile, M. Boisduval pense qu'il serait indispensable que la Société put avoirsous lesyeux *n ANNALES la pierre qui a servi de modèle au dessin envoyé par M. de Fonscolombe. La Société adopte à l'unanimité les conclusions de M. Boisduval ; elle invite donc le secrétaire-adjoint à écrire à M. le comte de Saporla, possesseur de la pierre en question , pour le prier de vouloir bien la lui envoyer en communication. Lectures. — M. Boisduval lit, au nom de M. Merck, de Lyon , la description de la cbcnille d'une espèce de lépi - doptèredu genre Agrotis, déjà connue dans le collections sous le nom de Nycti niera ; celle description est accom- pagnée d'un dessin. Note monographique sur le genre Macrodonlie de M. Audinel-Serville , par M. Gory. Membres reçus. — M. Vnglier , de Paris , présenté par M. Brullé; M. Charles Delacour, juge d'instruction à Beauvais (Oise), présenté par M. le comte de St.-Fargeau. (Séance du 8 mai 1839.) Présidence de M. Ramrur. Ouvrages offerts. — Histoire naturelle et Iconogra- phie des Coléoptères, par MM. deCastelnau et Gory. Correspondance. — LettredeM.Graells, de Barcelonne, qui annonce à la Société sa nomination à la chaire de zoologie du Muséum royal des sciences naturelles de Ma- drid. M. Graells s'empresse d'offrir ses services à ses col- lègues de la Société enlomologique de France, et les prie de croire qu'ils trouveront toujours en lui un ami sin- cère et dévoué. Communications. — M. le général Dejcau entretient la DE LÀ SOCIÉTÉ EXTOMOLOGIQTE. xm Société d'un insecte qui lui a élé donné , comme apparte- nant à l'ordre des Coléoptères, par M. Rohineau-Desvoidy (cet insecte a été le sujet d'un mémoire que M. Robineau a lu récemment à la Société). M. Dejean pense que l'espèce dont il s'agit n'est point un coléoptère, mais qu'elle doit être rapportée à la tribu desAcaridiens ; au reste, comme la faiblesse de ses yeux ne lui a pas permis d'en étudier les caractères avec une attention aussi scrupuleuse qu'il l'aurait désiré, M. Dejean a cru devoir l'apporter à la Société, afin qu'il fût soumis à l'examen d'une commis- sion spéciale. Conformément à la demande de M. Dejean , M. le Pré- sident charge deux membres de la Société de vérifier avec soin les caractères de l'insecte décrit par M. Robineau- Desvoidy. Les deux membres désignés par M. Ilambur sont MM. Lucas et Démary. — M. Audouin communique à la Société la description de quelques espèces du genre Acarus , par M. Léon Du- four. Le même membre appelle l'attention delà Société sur une larve de diptère, dontLinnœus, Fabricius et Olivier avaient déjà signalé les ravages; Linnœus, le premier , avait donné des détails sur cet insecte, qui a souvent en- dommagé des récoltes entières ^ de plus, Olivier l'avait également mentionné sous le nom de Musca pumilionis. Celte larve, dit M. Audouin , se tient à la base de la tige des seigles, près du collet, et c'est là qu'elle subit ses métamorphoses. Des agriculteurs de Grignon remar- quèrent avec étonnement, au mois de mars dernier, que les tiges du seigle qu'ils avaient semé pendant l'automne de l'année précédente, devenaient mons- trueuses à leur base, et que ce développement excessif iiv ANNALES avait arrêté la croissance dos parties supérieures. Dans l'ignorance où ils étaient de la véritable cause du fléau qui affligeait ainsi leurs céréales, ils imaginèrent de faire parcourir leurs champs par des bestiaux , qui dévorèrent toutes les parties saines de la plante, sans toucher aux portions attaquées. M. Audouin, ayant été averti par M.Boyer, professeur d'agriculture à la ferme-modèle de tirignon, reconnut bientôt la présence de la larve dont nous avons parlé , et c'est alors qu'il leur conseilla d'en- lever une à une toutes les liges malades, opération qui n'est ni moins simple, ni plus difficile à exécuter, dit-il, que l'extirpation des herbes nuisibles à l'agriculture. M. Audouin met sous les yeux de la Société un petit bo- cal qui contient la larve delà Muscapumilionis, la plante dont elle se nourrit, la chrysalide, ainsi que l'insecte parfait. Lectures. — M. Brullé lit un mémoire contenant des observations sur le Sybistroma Dujourii , par M. Léon Dufour. Après cette lecture, la Société procède par la voie du scrutin à l'élection d'un secrétaire en remplacement de M. Brullé, démissionnaire. M. Lefebvre, membreabseut, obtient quatorze voix, et M. Démary huit; le premier ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé se- crétaire. (Séance du 5 juin 1859.) Présidence de M. Doué , vice-président. Ouvrages offerts. — Bulletin de la Société agricole et industrielle du département du Lot. Correspondance. — Le secrétaire-adjoint donne lec- ture d'une lettre de M. Lefebvre , qui remercie la Société DE ÏA SOCIÉTÉ ENTOMOLOC.IQUE. xv de l'honneur qu'elle lui a fait, en le nommant secrétaire, dans la dernière séance. M. Lefebvre exprime en même temps à ses collègues le vif déplaisir qu'il éprouve de ne pouvoir accepter ces fonctions, qu il se regarderait comme très heureux de remplir encore, si des circon- stances particulières n'étaient venues entraver sa volonté. Sur la demande du secrétaire-adjoint, la Société décide que la lettre de M. Lefebvre sera insérée au Bulletin des Annales ; en outre , M. le Président charge ce fonction- naire d'èlre, auprès de M. Lefebvre, l'interprète des regrets de la Société. Paris, 40 mai 1859. A .Messieurs les Membres de la Société entomologique de France. Mes chers Collègues , Il est de ces circonstances qui font époque dans la vie, et qu'on aime à se rappeler. Dans leur nombre, pour moi bien restreint, je dois placer au premier rang et la nomination aux fonctions auxquelles vous avez bien voulu m 'appeler , à mon insu , dans votre séance der- nière , et surtout la démarche insolite dont vous avez cru devoir me faire l'honneur de l'accompagner, en chargeant votre Président et votre Secrétaire de venir en personne m'en apprendre la nouvelle , aussi douce qu'inattendue. Les expressions me manquent pour vous dire ici , comme je le res- sens, combien ce souvenir de vieux amis, d'anciens collègues, m'a ému , et plus encore combien il m'est pénible de ne point répondre, pour le moment, comme je le voudrais à cette nouvelle preuve d'af- fection et de confiance de votre part. Vous le savez, il m'a fallu de bien graves, de bien puissants mo- tifs pour me décider , dans le temps , à résigner des fonctions que j'ai- mais tant à remplir, et que, grâce à votre coopération active, je vis couronner de quelques succès pendant nos premières années. Aujour- d'hui que des affaires, pour moi d'une haute importance, entravent encore ma volonté et m'empêchent de disposer de moi-même, il m'est impossible de former actuellement quelque projet, et, par consé- xvi ANNALES quent, de vous promettre ce qu'il ne dépendrait peut-être pas de moi de tenir en reprenant la direction du secrétariat que vous vouliez bien me confier de nouveau. Et c'est par cela même que je sais par expérience ce que ces fonc- tions peuvent exiger, comment elles demandent à être remplies, que, voulant répondre dignement à votre bienveillance, je ne veux accep- ter ce poste, si bien fait pour me llatter sous tant de rapports, que lorsqu'il dépendra de moi seul de m'y consacrer entièrement. Pour moi alors ce sera non seulement un bonheur, mais encore un devoir. Latreille mourant avait reçu ma promesse de ne jamais retirer ou refuser mon concours à celte Société qu'il fonda, et dont il nous légua à tous l'avenir, à moins que d'impérieuses circonstances ne vinssent à m'y forcer. C'est le moins, lorsqu'elles cesseront, que je tienne ma parole envers notre digne maître, et que je réponde, comme elle le mérite, à la précieuse confiance que vous n'avez cessé de me témoigner. Soyez assez bons, mes chers Collègues, malgré ce refus qui me peine bien, et que la dure nécessité m'impose aujourd'hui de sa main de fer, pour me conserver votre bonne amitié; plus que jamais elle m'est nécessaire... Un temps viendra, je veux le croire prochain , où j'irai vous serrer la main, et jaser encore à nos séances de cette douce Entomologie à laquelle je dois parmi vous de si précieuses et honora- bles affections. Veuillez, je vous en prie, agréer mes hommages, et me croire, avec reconnaissance, toujours votre bien dévoué confrère. A. Lefeuvre. — Lettre de M. de Saporta , qui annonce à M. Pierret que, pour se conformer au désir de la Société , il vient d'adresser à M. Duponchel l'empreinte du lépidoptère fossile qui lui avait été demandée en communication par la Société. — Lettre de M. Perris, de Mont-de-Marsan, qui envoie à la Société une notice sur quelques diptères nouveaux. Communications. — M. Duponchel s'empresse de met- tre sous les yeux de la Société l'empreinte du lépidoptère DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xvn fossile qu'il a reçu de M. de Saporta, et dont il vient d'être question. La Société décide que cette empreinte sera soumise à l'examen de la commission de publication, et, sur sa demande, M. Audouin est invité à s'adjoindreà cettecom- mission. M. Audouin communique, de la part de M. Pecchioli, de Pise, la description d'une espèce nouvelle de Sltaris, à laquelle l'auteur donne le nom de Sltaris Solieri. A ce sujet, M. Audouin rappelle que, dans la séance du 2 décembre 1855 , il avait fait connaître les habitudes des Sitaris /ainsi qu'ils vivent dans les nids de certains hymé- noptères, particulièrement dans ceux des Antophores. M. Audouin a vu les jeunes larves sortir des œufs qui avaienlété pondus sous ses yeux ; elles ont plusieurs trails de ressemblance avec celles desMeloés et des Cantharides. Leur vie, parasite à l'intérieur des habitations des anto- phores, est très remarquable; cet entomologiste en a signalé les principaux traits, il se propose de publier bientôt les observations qu'il a pu faire. Lectures. — Description de quelques diptères nou- veaux, par M. Edouard Perris, de Mont-de-Marsan $ elles sont accompagnées de plusieurs dessins. Après cette lecture, M. le Président rappelle à la Société que M. Lefebvre n'ayant pu accepter les fonctions qui lui ont été conférées dans la dernière séance, il y a lieu pour elle de procéder à l'élection d'un nouveau secré- taire , en remplacement de M. Brullé, démissionnaire. En conséquence, la Société procède à celte élection par Ja voie du scrutin. Au premier tour , M. Démary ayant obtenu la majorité vin. b xviii ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. des suffrages, est proclamé par M. le Président secrétaire de la Société. Avant la clôture de la séance , M. Pierret annonce à la Société qu'un de nos collègues , M. Dupont, vient d'ache- ter la belle collection de Coléoptères de Madagascar , qui a été rapportée par M. Goudot. Cette collection se monte à 45,000 individus. M. Audouin annonce, de son côté, que le Muséum d'his- toire naturelle de Berlin et le Musée de Paris avaient acheté antérieurement une partie des insectes provenant du voyage de M. Goudot. Membres reçus. — M. le baron d'Hombres Firmas, cor- respondant de l'Institut, demeurant à Alais (départ, du Gard) , présenté par M. Audouin. M. Boulard (Désiré) , attaché au Muséum d'histoire naturelle de Paris, présenté par M. Doue. DE LA SOCIÉTÉ ENTÔMOLOGÏQUE BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. ASTUTEB l**3». TROISIEME TRIMESTRE. SEANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 3 juillet 1839.) Présidence de M. Doue , vice-président. Ouvrage offert. — Bulletin de la Société agricole et industrielle du département du Lot, n° 5, de Mai 1839. Communications. — M. Buquet fait part à la Société de la découverte faite à Arras et à Sa in t-Valcry -sur- Somme du Trechus disons , par MM. Colin et Henri ; suivant ces entomologistes, cette espèce de coléoplère est rare dans les deux localités. M. Buquet ajoute qu'il a reçu de M. Pesneau plusieurs individus du RipUyUus. vin, c xx ANNALES lunatus, pris à Nantes, sur des troncs de frênes et dans des champignons. Lectures. — Le Secrétaire lit, au nom de MM. Lucas et Démary, un rapport sur un mémoire de M. Robineau- Desvoidy, ayant pour titre : Mémoire sur le Xenillus clypealor (Goléoptère nouveau). Après la lecture de ce rapport, M. Audouin fait obser- ver que l'erreur sur la nature de cet insecte lui paraît si évidente, que, dans l'intérêt de M. Robineau-Des- voidy, il s'oppose à ce que le mémoire de ce dernier soit inséré dans les Annales de la Société. M. Démary pense que cela ne doit pas être un motif pour refuser d'impri- mer dans les Annales le mémoire de M. Robineau-Des- voidy, car tout le monde sait que ce savant a assez de bonne foi pour reconnaître son erreur, s'il se rend aux raisons établies dans le rapport, ou assez d'habileté pour se défendre , s'il persiste dans son opinion. Néanmoins, la Société décide que le mémoire de M. Robineau-Des- voidy ne sera pas imprimé dans les Annales. M. Démary fait alors observer que le rapport devient sans objet et ne doit pas être imprimé, car il serait injuste de publier la critique des opinions de M. Robineau-Des- voidy, sans y joindre en même temps le mémoire de ce dernier, afin que les lecteurs des Annales puissent juger la question. Malgré ces motifs, M. Audouin veut que le rapport soit imprimé , et, sur sa proposition , la Société décide qu'il sera publié dans les Annales. Mais il désire que quelques modifications soient apportées au rapport ; il croit que M. Démary n'aurait pas dû établir, dans son introduction , que cette erreur ne devait pas étonner, et qu'on en avait déjà plusieurs exemples, parce que, dit- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxi il, pour l'honneur de la Société enlomologique , il ne veut pas que l'on croie qu'il lui est difticile (Je distin- guer une Arachnide d'un insecte. Ainsi il pense qu'il faut supprimer ce passage , et que le Rapporteur doit avertir par une note que l'insecte qu'il avait à sa disposi- tion n'était pas en très bon état. M. Démary déclare qu'il est parfaitement d'accord avec M. Audouin sur le second point, et qu'il a même eu soin d'en dire quelques mots dans le rapport. Sur le premier, il répond que la question n'élait pas aussi facile à déci- der que le prétend M. Audouin, et il appuie son opinion : 1° sur l'incertitude dans laquelle sont restés tous les membres de la Société, lorsqu'on leur a présenté cet in- secte à l'une des précédentes séances ; 2° la tribu des Acarides à laquelle appartient cet insecte , s'éloigne déjà des Arachnides vraies par des caractères importants, tan- dis que quelques uns la rapprochent des Hexapodes ou insectes proprement dits, et en forment, pour ainsi dire , le passage , par conséquent que l'erreur n'a rien d'ex- traordinaire; 3° cet insecte étant microscopique , la ques- tion ne pouvait être décidée à la vue simple : or, tout le monde sait combien sont incertaines les observations faites avec les instruments grossissants , car il arrive souvent que deux personnes, regardant le même objet à travers le même microscope, le voient d'une manière différente $ 4° que la zoologie fournit des exemples plus grands encore de ces divergences d'opinions : ainsi , par exemple, les Cirriphdes , que M. Cuvïer plaçait parmi les mollusques, ont été rattachés aux articulés par d'autres naturalistes d'un grand mérite, puis placés comme intermédiaires enire ces deux ordres, et cepen- sxji ANNALES dant ici on n'avait pas à observer des animaux micros- copiques. Malgré ces motifs , la Société décide que les modifica- tions proposées auront lieu. M. Rcichelitla description de deux espèces nouvelles de Coléoptères : la première, formant un genre nouveau , qu'il nomme Âmphion , appartient à la famille des Lon- gicornes^ la seconde, au genre Amblycheila, de Say. Ces deux mémoires sont accompagnés de dessins co- loriés. M. Boisduval donne lecture d'un rapport sur un Lépi- doptère fossile, envoyé par M. de Saporla. M. Boisduval propose de faire exécuter, aux frais de la Société, un dessin exact et colorié de cette empreinte; la Société approuve cette proposition. M Audouin fait observer qu'il a examiné avec M. Duponcliel celte empreinte de Lépidoptère fossile, au microscope, et qu'il n'existe sur la pierre aucune trace d'écaillés. M. Pierret lit, au nom de M. Boulard (Désiré), une note sur quelques observations faites aux environs de Paris par cet entomologiste, et relatives au Plaiicerus caraùoïile.'. La Société décide qu'elle sera insérée dans le Bulletin des Annales. « Fabricius, dans son Entem. syst., suppl.,'tom. 7, p. 140, sp. 15, clil M, Boulard , regarde comme deux espèces distinctes le Plaiicerus caraboïdes et le P. ru/ipes. Mais je suis porté à croire que ce célèbre entomologiste a fait un double emploi , et que le dernier, ou le P. ru- fipes, n'est autre chose qu'une variété femelle du P. caraboïdes. « Dans une excursion que je fis dernièrement aux environs de Taris, je pris accouplés un très grand nombre de ce charmant coléop- DE LA SOCIETE ENTOMOLOCIQtiE. x.vm tire, cl, après avoir examiné tous ces individus avec une scrupuleuse attention., je m'aperçus cpje le P. caraboïdes était accouplé avec le P. rufipes, Eab. Je crois que ce qui aura induit Fabricius en erreur, et ce qui l'aura poussé à commettre ce double emploi, c'est que ce savant entomologiste n'aura sans doute vu qu'un très petit nombre d'individus ; de plus, je suis porté à croire que ce même auteur n'a jamais surpris cette espèce accouplée, et que peut-être aussi il igno- rait les moeurs de ce laniellicorne que j'ai été aussi à même d'ob- server. «C'est dans les premiers jours du mois de mai, de deux à six heures après, midi, par un temps calme et un soleil ardent, que l'on voit voltiger le P. caraboïdes autour des jeunes taillis de chêne {quer- cus robur). La lemelle se lient toujours sur le bourgeon de cet arbre encore jeune, et qu'elle ronge afin de se pratiquer une retraite, danfi laquelle elle est à peine visible. Pour le mâle, on le trouvée ordinaire- ment accroché à la branche occupée par la femelle, dont il découvre bientôt la retraite , et effectue sans doute là, l'acte auquel la nature le destine. C'est en observant la démarche des mâles que je parvins il découvrir, non sans beaucoup de peines, la retraite des femelles. En peu de temps je surpris dix individus accouplés du P. caraboïdes avec la femelle désignée sous le nom de P. rufipes, et dix-huit autres ac- couplements du P. caraboïdes proprement dit. Enfin, cette excursion me produisit en tout quatre-vingt-trois individus des deux sexes.» M. Duponchel donne communication d'un mémoire de M. Spinola, sur les Fuigorelles. (Séance du 7 août 1831).) Présidence de M. Boisduval. Ouvrais offerts* — Gênera et species curculionidum , cum sjnonyiniahujus familial; tom. 5, première partie; par M. Schœnherr. Séance publique de la Société d'agriculture , com- merce, sciences et arls du département de la Marne, te- nue à Chàlons, le 1" septembre 1858. xxiv ANNALES Recueil de la Soetété libre d'agriculture , sciences, arts et belles-lettres, du département de l'Eure, numéros 55 et 5G de Juillet et Décembre 1858. Correspondance. — Le secrétaire donne lecture d'une lettre du Ministre de l'instruction publique , annonçant que plusieurs publications à l'adresse de la Société ento- mologique sont déposées à son ministère. Communications. — M. Serville communique à la So- ciété une lettre de M. Fischer de Waldheim , dans la- quelle cet entomologiste annonce la découverte de trois espèces nouvelles d'Acridiens , trouvées dans la Daourie. M. Fischer fait part aussi à M. Serville d'un travail par- ticulier qu'il a entrepris sur les espèces aptères de Lo- custes , et qu'il a soumis à la Société Impériale des natu- ralistes de Moscow. M. Serville demande qu'un extrait de la lettre de M. Fischer soit insérée dans le Bulletin des Annales; la Société approuve cette proposition. Monsieur, J'ai reçu peu d'espèces nouvelles. Mais trois espèces d'Acridiens de la Daourie me paraissent cependant remarquables ; ce sont : Acridium gibbosum, thoraee carinato gibboso; elytris griseis, fusco- maculatis ; \" 7" long. Acridium dorsatum, viride, elytris raro nigro-punctalis, vitla nigra capitis tboracisque mter elytra prolongata ; \" G"' long. Acridium reticulatum, fuscescens, vitta thoracis et elytronum fusciori; elytris fortites reticulatis. Long. V (?". J'ai soumis à la Société Impériale des naturalistes de Moscou une revue des espèces aptères de Locustes, où j'ai établi quelques sous- genres, qui trouvent peut-être leur défense dans vos propres pnn DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxv «ipes de classification. La forme du thorax et de l'oviducte m'ont con- duit à la division du tableau suivant : Loc. thorace I. Tridiviso. a. Lœvi, piano (corpore lineari). Saga, Charp. b. Tuberculato (corpore crasso) Ephippiger, Latr. IL Bifido; metathorace a. Margine spinoso ; abdomine a. Conico, laevi. Onconolus, Eisch. /S. Obconico , crasso , spinoso. Jletrodes, Fisch. b. Brevi, lawi, piano, subquadrato. Olynlhoscelis, Fisch. c. Magno, carinato, rotundalo , postiee elevato , clypeiformi . Peltasles , Fisc ». III. Indiviso , subtuberculato. Bradyporus, Charp. Le nom (^Ephippiger doit être conservé au type connu sous le nom de Locusta ephippiger , F. Latr. Ephippigera vitis , Audinet-Ser- V1LLE. Onconolus ne comprend qu'une seule espèce, Locusta Laxmanni, Pall., caractérisée par la forme de son corselet et de son oviducte. Plusieurs ont l'oviducte très comprimé et en croissant, denticulé à sa pointe, comme Loc. aptera, F. (clypeata, Panz.), Denlicauda, Ser- ricauda, autumnalis , Charp. : ils composent le genre Olynlhoscelis. Il existe en Daourie quelques espèces, dont l'oviducte ressemble à celui des Ephippiger , quoiqu'il soit plus allongé et plus acéré; mais leur thorax est lisse , élevé , arrondi en arrière , en forme de casque. Je les ai fait connaître sous le nom de Peltasles. Trois espèces m'en sont parvenues, que je crois nouvelles : Venosus , Specularis et Has- tatus. Moscou , ce 25 mai 1839. Lectures. — Le secrétaire lit , au Dora de la commis- sion de publication, un projet de réimpression et de modi xxvi ANNALES iicalions du règlement. Ce projet, après quelques chan- gements , qui portent principalement sur les articles 14, 55 et 45, est mis aux voix et adopté. — M. Pierret lit, au nom de M. Lucas , la description d'une nouvelle espèce de crustacé fossile recueillie dans la presqu'île de Malaca. Ce Mémoire est accompagné d'un dessin colorié. Le même membre donne lecture d'un Mémoire de M. Guénée , ayant pour titre : Essai sur la classification des Noctuélides. — M. Duponchel dépose sur le bureau le dessin colo- rié du lépidoptère fossile envoyé par M. de Saporta, et que la Société l'avait chargé de faire exécuter. (Séance du 4 septembre 4859.) Présidence de M. Rambuk. Ouvrages offerts. — Journal entoraologiquede M. Ger- mar, deuxième numéro de l'année 1859. Séance publique annuelle de l'Académie des sciences , agriculture, arts et belles-lettres , d'Aix. Bulletin de la Société Impériale des naturalistes de Moscow. Notice sur deux Longicornes nouveaux, de la tribu des Lamiaires, avec une planche coloriée; par M. Buquel. Notice sur le genre Sphœnognatus ( Orthognalhus , Dej.), fondé sur une espèce nouvelle de la Colombie, que M. Buquet nomme Prionoïdcs , accompagnée d'une planche coloriée; par M. Buquet. Notice sur la synonymie de quelques Gorytes; Notice DE LA SOCIÉTÉ EKT0M0L0G1QUE. xxvn sur les Chrysides de la Belgique; Notice sur une nou- velle espèce de fourmis; par M. Wesmaèl. Thèse pour le doctorat en médecine 5 par M. Démary. Correspondance. — Lettre de M. Maximilien de Spi- nola, qui adressée la Société une Notice surlesOdynères des environs de Gènes. Lettre de M. Gravenhorst annonçant qu'un prodrome de sa monographie des Staphylins paraîtra dans le pro- chain numéro du Journal entomologique de M. Germar; la monographie elle - même ne sera publiée qu'après celle des Coléoptères Microplères de M. Erichson, de Berlin. Lettre de M. Léon Dufour annonçant l'envoi de deux Notices, l'une sur le Chalcis sarcop/wgœ , l'autre sur la Nomia divcrsipes. — M. le baron d'Hombres-Firmas adresse à la Société une note relative aux dégâts commis sur les mûriers, dans les environs d'Alais, par la sauterelle Porte-selle ( Locusla ephipigcr). — M. Perris adresse à la Société un Mémoire sur deux Galles nouvelles qu'il a découvertes aux environs de Mont-de-Marsan. Communications. — M. Amyot appelle l'attention de la Société sur l'ouvrage périodique allemand de M. Ger- mar, qui annonce la formation d'une Société entomolo- gique à Slettin , et à laquelle le ministre de l'instruction publique de Prusse a accordé une somme considérable. Cet ouvrage donne un extrait des statuts de celte Société, xxvm ANNALES dont l'objet principal est l'entomologie des provinces al- lemandes; elle publie un journal, forme une biblio- thèque et une collection d'insectes allemands. Les mem- bres de cette Société sont obligés tour à tour de donner des mémoires sur la partie de l'entomologie qu'il leur plaît de choisir. — M. Doumerc présente à la Société un Lépidoptère de la tribu des Tordeuses, accompagné du noyau endocarpi- que d'une pèche, où elle a subi ses métamorphoses ; ce Lépidoptère, suivant M. Duponchel, ne serait autre que Ja Pyralis rïbeana de Fabricius. « Vers le milieu du mois d'août de cette année, dit M. Doumerc, je remarquai une pèche mûre dont la base du pédicule était corrodée et perforée. Je fendis avec précaution celte pêche dans sa longueur jus- qu'au noyau , dont les valves s'écartèrent d'elles-mêmes. Je remarquai aussitôt dans son intérieur une larve verdâtre , à tète bleue, occupant la place de l'amande, dont il ne restait qu'une petite portion. Afin de connaître l'espèce à laquelle appartenait celte larve, je refermai le noyau , et l'isolai en le plaçant sous un verre reposant sur une cap- sule de porcelaine. Huit à dix jours s'étaient écoulés, lorsqu'exanû- nant de nouveau ce noyau, je trouvai dans son intérieur une petite chrysalide d'un brun fauve, fixée par l'extrémité caudale à l'une de ses parois, et entourée de quelques soies mélangées de petites crottes résidu de la dernière curée que la larve avait faite de l'amande. Je cessai alors de l'examiner jusqu'au 5 septembre, moment auquel j'a- perçus le petit Lépidoptère fraîchement éclos appliqué contre les pa- rois du verre , où je le piquai aussitôt. » M. Doumerc termine cette communication, en deman- dant si la larve de ce Lépidoptère se nourrit spéciale- ment de l'amande amère des fruits à noyaux, pour se métamorphoser ensuite dans la demeure qui lui a four- ni sa pâture; ou bien se nourrit-elle des feuilles de dif- férents arbres fruitiers, ne rongeant l'amande des noyaux qu'au moment de la métamorphose , afin de s'y loger et se mettre à l'abri des agents extérieurs. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xwx M. Duponchel fait observer que ces larves sont poly- phages, et offrent les plus grandes variations dans le choix des substances qui doivent servir à leur nourri- ture; par conséquent que ce fait n'est pas en dehors de leurs habitudes connues. — M. Pierret met sous les yeux de la Société un indi- vidu mâle de la Plusia mya , qu'il signale comme ayant été rencontré cette année dans la vallée de Cbamouny par M. Pierret père, qui l'a pris en chassant au crépus- cule. « On sait, dit M. Pierret, que cette belle espèce, » décrite pour la première fois par Esper sous le nom » de V. argenteum , a été retrouvée il y a une dixaine » d'années dans les vallées du Simplon par M. Anderegg » de Gamsen; on sait encore que toutes les Plusia mya, » qui figurent dans les collections de France et d'Alle- » magne proviennent uniquement des envois de ce zélé » et infatigable collecteur ; or, il n'est pas douteux que » des explorations, habilement dirigées, ne fassent dé - » couvrir un jour cette espèce dans les Hautes-Alpes ou » dans les parties élevées des montagnes du Dauphiné, » puisqu'elle vient d'être prise à Chamouny, localité » dont la Faune a une grande ressemblance avec celle » de ces deux contrées. » M. Pierret ajoute que son père a retrouvé aussi à Cha- mouny les Polia Tepkroleuca, Hadena Fcisihamelii et Agrotis HeU'etina, quiavaient été rapportées de ce pays pour la première fois , à Paris, par M. Feisthamel, ainsi que les Mamestrapernix, Maillardi, agrotis Simplonia, dont on doit la découverte à M. Anderegg de Gamsen. Lectures. Le secrétaire donne lecture du projet de composition du troisième numéro des Annales de l'an xxx ANNALES née 1859, loi qui! a été arrêté par la commission de pu- blication, dans sa réunion du 28 août 1859. Quelques réclamations s'élèvent après cette lecture, relativement au mémoire de M. Robineau-Desvoidy, rejeté dans Tune des précédentes séances , et que la commission de publi- cation propose d'imprimer conjointement avec le rap- port de MM. Lucas et Démary, qui doit faire partie de ce troisième numéro. M. le Président prend alors la parole, pour faire ob- server qu'il est impossible d'imprimer ce rapport et ce> mémoire l'un sans l'autre; et, puisque la Société est obli- gée de revenir sur une décision déjà prise, M. Rambur pense qu'elle doit le faire en faveur de M. Robineau- Desvoidy, dont elle a d'abord accueilli le mémoire avec bienveillance ; d'ailleurs , en admettant que ce savant ob- servateur se soit trompé, cette erreur ne sera pas sans utilité pour la science, parce que , dans la suite, elle pré- munira contre de semblables méprises. Après une discussion courte mais animée , le rapport de la commission de publication est adopté. M. Feisthamel lit une notice nécrologique sur M. Pi- card, jeune naturaliste voyageur, mort en 1858 au Sé- négal, victime de soiiamour pour la science. Celte notice sera insérée dans les Annales de la Société. Lecture d'une notice de M. le baron d'Hombres-Firmas, sur les dégâts commis aux environs d'Alais, par la saute- relle Porte-selle (Locusta ephippiger). « Le gros Grillon , sauterelle Porte-selle , Locusta ephippiger des entomologistes, que nous appelons grille vert, ou gros-gril, en lan- gu£docien 3 dit M. dlIombres-Firmas, n'est que trop connu des agri- culteurs par ses ravages dans les jardins, les champs et les vignes. Je l'accuse encore d'un tort dont beaucoup do gens ne l'auraient pas I)E LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxxi •cru coupable; il casse les brandies de nos mûriers, des jets <|iii oui jusqu'à deux centimètres de diamètre; ou , pour parler plus juste, il occasionne leur rupture. « Quand les blés sont coupés et emportés à l'aire, alors la sauterelle Porte-selle grimpe sur les mûriers qui bordent les terres. Ce ne sont pas les feuilles ou leurs pédoncules qu'elle attaque, elle ronge l'é- corce des plus beaux jets près du tronc; elle n'en dévore pas une la- nière ou un morceau d'un seul côté, mais la prend tout au tour, for- mant une véritable incision annulaire, dans le but d'en faire couler une sève abondante, si l'on n'admet l'instinct du mal. Si cette saute- relle cherchait l'écorce la plus tendre, elle dévorerait l'extrémité des pousses ou des brindilles, au lieu de s'attacher aux jets les plus vi- goureux. « Cette incision, qui pénètre quelquefois les premières couches du bois, a de 5 à 10 millimètres de large; elle est toute de bavures, bien loin d'être coupée net, ce qui, avec la chaleur de cette saison, l'empêche de se cicatriser, et bientôt une autre cause vient en hâter la perte : des coups de vent balancent vivement nos arbres, les bran- ches feuillées surtout, qui offrent plus de prise; celles que les gril- lons ont entaillées, ne conservent plus l'élasticité qui fait plier et re- dresser les branches saines, elles se tordent ou se cassent; quelques fibres qui ont résisté les retiennent pendantes et flétries. Il faut, dés qu'on les aperçoit, raser proprement avec une serpette la naissance du jet, et le détacher même avant que le vent l'ait déchiré, si l'on reconnaît l'incision faite par les Porte-selles. « Il est inutile que je décrive ici cet insecte de la famille des Or- thoptères et que j'en fasse l'histoire (1); je rapporterai seulement, comme l'ayant mainte fois observé, la ruse qu'il a de se cacher en se tenant toujours derrière les branches, du côté opposé à ceux qui le cherchent; il suit tous leurs mouvements, tourne comme eux, et monte au-dessus des feuilles de l'arbre si l'on vient regarder par des- sous : plus d'une fois j'ai perdu de vue les grillons que j'avais d'abord aperçus. Le moyen le plus sûr pour les chasser est de secouer forte- ment le mûrier, s'il est jeune et flexible, ou bien ses branches les unes après les autres dans le cas contraire ; ils tombent et on les écrase sous le pied , quoiqu'ils contrefassent les morts. « On a proposé des troupes de dindons, qui en sont assez friands ; (i) M. Dunàl l'a dri-rit el figuré .fnns !•■ Bulletin de la Soriilé d\igricu!lure 'le i'IIu.mli xxxii ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. mais ces volailles ne peuvent guère les atteindre sur les arbres, et sont d'ailleurs regardées par bien des propriétaires comme des ani- maux nuisibles à l'agriculture. Membre reçu. — M. Garnier, d'Amiens , présenté par M. Pierret. « A la date du 15 novembre 1859, une lettre de mon « ami M. Solier (de Marseille), m'instruit qu'il vient de « recevoir des nouvelles de notre confrère M. Gay. Il a «terminé heureusement son voyage de Santa -Rosa, « San-Iago, Coquimbo, etc.; parti ensuite pour la pro- « vince de la Conception, il pense que ce sera son der- « nier voyage dans la République du Chili. Ses récoltes « en insectes ont été fructueuses. » (Communiqué par M. Serville.) AJVJVOiVCJES. FAUNE ENTOMOLOGIQUE DE L'ANDALOUSIE; par M. Rambur, Docleur-Médecin. Chaque livraison contient 5 planches et 5 feuilles de textes. La quatrième livraison, comprenant une partie des Lépidoptères, est en vente chez Arthus-Bertrand. Prix de chaque livraison : 6 fr. GENERA ET INDEX METHODICUS, LEPIDOPTERORUM EUROPyEORUM; auctore Boisduval. Chez Roret, rue Haute-Feuille, 40 bis. A vendre, par suite du décès de M. Tu. Roctu, l'ou- vrage complet jusqu'à ce jour d'Hi bneh, sur les Pa- pillons et les Chenilles d'Europe. S'adresser à M. Boisduval, chez lequel il est déposé. MONOGRAPHIE DES TRACHYDÉRIDES; par M. Du- pont. Formant un volume in-8 de C0 pages , accompagné de 70 planches coloriées. La dernière partie vient de paraître. Chez Arthus-Berlrand, rue Haute-Feuille, 25. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. BULLETIN ENTOMOLOGIQUE, ANNEE 1S3». QUATRIEME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 2 octobre 1859.) Présidence de M. Doue , vice-président. Ouvrages offerts. — Manuel complet du Micrographe, par M. Charles Chevalier, in-8, 1859; par l'auteur. Essai sur les Carabiques du département de la Somme, par M. Garnier, in-8 ; 1856. Entomologie du départe- ment de la Somme, par le même, in-8, 1858; offerts par l'auteur. Mémoires de l'Académie royale des Sciences de Berlin , pour l'année 1857, in-4, 1859. — Bulletin de l'Académie vin. d xxxv. ANNALES royale dos Sciences de Berlin, de juillet 1858 à juin 1859, in-8"; offerts par l'Académie. Histoire naturelle et Iconographie des Coléoptères, par MM. de Laporte et Gory, livraisons 30 à 3i, in-8; offerte j>ar les auteurs. Communications. — M. Guérin-Méneville met sous les yeux de la Société une nouvelle espèce de Lépidoptère , appartenant au genre Papilio proprement dit, remar- quable par son faciès et sa demi-transparence, tout à t'ait analogue à celle des Idea. La description de ce Lépi- doptère a été publiée dans la Revue zoologique, sous le nom de Papilio Delessertii. Le même entomologiste présente aussi des larves de Buprestides. « Sous un des individus, dit-il, de Ster/io- cerû Chrysis, rapportés par M. Delessert, il se trouvait un petit cornet contenant les œufs que cet insecte avait pondus quand on l'a piqué; plusieurs sontéclos et ont donné des larves à grosse tête et à corps étroit, que j'ai décrites brièvement dans le N° de septembre 1859 de la Bévue zoologique. M. Gervais communique à la Société quelques détails sur le mémoire qu'il a adressé à l'Académie dans sa der- nière séance et faisant suite à ses études sur les Myriapodes, insérées dans les Annales des sciences naturelles. Il donne entre autres, la description d'un genre nouveau de la famille des Scolopendres , et celle de quelques autres espèces peu connues. L'espèce sur laquelle repose le nouveau genre qu'il propose, et qu'il désigne sous le nom de Scolopendre lia Notacantha, vit dans les jardins à Paris, se tient à la sur- face de la terre humide et sous le sable des allées; elle est DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. xxxvu delà grandeur du Pollyscenus, mais plus linéaire. Ses antennes moniliformes sont composées de vingt articles ; à leur base et à leur partie postérieure on observe un stigmate ; les pattes sont au nombre de vingt ; leur der- nier article portant des appendices terminaux analogues à ceux que l'on observe cbez les Géophiles. Sa couleur est blanche, et sur chacun des anneaux du corps on voit en dessus, au bord postérieur, deux appendices spini- formes, qui ont valu à cet insecte son nom spécifique. C'est la même espèce que l'auteur avait signalée, il y a deux ans , comme un jeune Géophile, et dont il est fait mention dans le bulletin des Annales. Lectures. — Description d'une nouvelle espèce de crus- lacé , formant un genre nouveau que l'auteur nomme Thealia; par M. Lucas. Description d'une nouvelle espèce de Jule, trouvée dans les environs de Paris, par M. Lucas. Lecture d'une notice sur les Odynères des environs de Gènes, par M. Spinola. La Société décide que cette no- tice sera insérée dans le bulletin des Annales. NOTE SUR LES ESPÈCES LIGURIENNES DU G. OdynerilS , L\TR. Les Annales des Sciences naturelles , n° de février 1839 , contien- nent deux Mémoires très intéressants snr les Odynères; l'un est de M. Léon Dufour ; l'autre de M. Audouin. Le premier de ces savants m'y invite à dissiper les incertitudes qui restent encore sur les espè- ces de ce genre qui habitent les environs de Gênes. Il me sera dif- vile de satisfaire entièrement à sa demande, ayant perdu depuis long- temps la plupart des types des descriptions de Vins. Lig. , et cette perte n'ayant été réparée que pour quelques espèces seulement, les éclaircissements que je puis donner dépendent des matériaux dont je puis disposer, et je suis le premier à convenir de leur insuffisance. Les descriptions de mon premier ouvrage, qui est maintenant, un xxxviii ANNALES peu ancien, sonl quelquefois incomplètes ; mais, en général, elles sont fidèles et véridiques : je n'en dirai pas autant de la synonymie. Ayant à cette époque peu de correspondances, manquant de bonnes traditions, réduit à ne consulter d'autres livres et d'autres insectes que ceux de mon cabinet, qui était alors dans l'enfance , ma synony- mie n'a été nécessairement qu'une espèce de divination conjecturale , et elle en a couru toutes les chances hasardeuses. Aussi dois-je sous- crire dès à présent à la plupart des corrections qui y ont été faites , el en particulier à celles dont nous sommes redevables à M. Yesmael, qui a traité les Odynères à trois différentes reprises, et qui y a tou- jours ajouté de nouvelles lumières. 1° Odynerus auclus , Ins. lig., fasc. I, pag. 88, n n 1, n'est qu'une variété du Parielum ; mais le mâle du même nom, fasc. 5, pag. 185, est une variété du Dantici , a* . 2° Odynerus Danlici , Ins. lig., fasc. I, pag. 88, n° 1 et fasc. 3, pag. 186 , n° 2 , est une espèce bien distincte de la première div. Ves- mael ou Oplopus, id. La spirale autennaire ne commence en effet ;i être sensible qu'au neuvième article, qui est encore noir, mais aplati et contourné ; le huitième est simplement aplati. Cette espèce est assez rare dans nos environs. 5° Odynerus spinipes , Ins. lig., fasc. I, pag. 89, et fasc. III, pag. 186 , n° 5, est YOdyn. melanoceplialus, Vesm. Le véritable spi- nipes doit être très rare en Italie; je n'en ai qu'un, qui encore vient de Provence. Parmi les femelles du Melanocephalus , la plupart de nos individus ont une tache transversale jaune, sur le dos du sixième anneau. Je les avais rapportées, peut-être à tort, à la Vespa sexfas- ciata, Fab.; mais si celle-ci est un mâle, elle n'a pas ses antennes roulées eu spirale, et elle appartient à une autre division. ¥ Odynems biglumis,Ins. lig., fasc. I, p. 69, n° 4,etfasc.III, p. 186, n u 4, n'a rien de commun ni avec la Vespa biglumis, Fab., qui est un Polisles, ni avec VOdynerus antelope, Vesm. Cette espèce, dont les deux sexes me sont bien connus, est très distincte. Quoique le mâle ait encore les antennes de la seconde div. Vesm., ou Ancistroceres, id., son métathorax ou gaslrothorax se rapproche de celui du Sym- morphes, en ce qu'il n'a pas d'épines latérales. La division du pre- mier segment abdominal en deux pièces est encore sensible ; mais elle l'est bien moins que dans l' Antelope, et elle paraît faire le pas- sage à certaines espèces exotiques, dont les mâles ont à la fois l'ah- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUK. xxxix (lumen des Oplopes , les antennes des Ancistroceres et le mélathoi-ax des Symmorphes. 5° Odynerus no talus , Ins. lig., fasc. III, pag. 189, n. «. $. J'ai perdu cet insecte depuis longtemps; je crois cependant qu'il devait différer de la Vespa notata, Jurine. 6" Odynerus bislrigatus, Ins. lig., fasc. III, pag. 180; également perdu. 7° Odynerus parietum, Ins. lig., fasc. III, pag. 180, n° 6. Ici M.Ves- mael a parfaitement raison , la Vespa parietum, Lin., est très diffé- rente. Latreille s'est trompé, et quoique je l'aie copié, j'avais pressenti son erreur, et j'en avais fait la remarque, loc. cit., pag. 182. Notre espèce est bien certainement la Vespa crassicornis, Panzer, et très probablement la Vespa muraria, Lin. 8° Odynerus Geoffroyanus , Ins. lig., fasc. III, pag. 153, n° 7. La femelle est bien la Vespa parietum, Panz., In. Germ., fasc. -40 (et non 29), fig. 25; mais elle diffère spécifiquement de VOdyn. parie- tum, Vesm. Je la rapporte maintenant à la Vespa simplex, Fab. Le mâle est un de ceux qui n'entrent, à la rigueur, dans aucune des divisions de M. Vesm. Antennes des Ancistroceres, corselet et abdo- men des Oplopes. Ne serait-il pas la véritable Vespa sexfasciata, Fab.? Celui que j'avais attribué à celte espèce , loc. cit., pag. 183, ne lui appartient pas : ses antennes en laisaient un Oplope. Je l'ai perdu. 9° Odynerus trifasciatus , Ins. lig. fasc. III, pag. 184, n° 8. C'est précisément l'espèce du même nom que M. Vesm. a eu le bon esprit de séparer du Parietum dans son Suppl. monog. des Odynères de la Belgique, pag. 7, n° 6. 10° Odynerus bifasciatus, Ins. lig., fasc. III, pag. 184, n° 9. Je grains bien d'avoir confondu sous ce nom trois espèces que je regarde maintenant comme très distinctes entre elles, savoir les Vespa bifas- ciata et minuta, Fab. et la Vespa bicincla, Meg. L'exposition des dif- (érences spécifiques exigerait des descriptions détaillées qui me mè- neraient trop loin , et qui trouveront leur place ailleurs. 11. Odynerus spiricornis , Ins. lig., fasc. IV, pag. 257, n° xcu ; est encore le mâle d'une espèce bien distincte. La spirale antennaire commence au septième article et fait plusieurs tours sur elle-même. L'espèce doit être rare; je n'en ai jamais eu qu'un seul exemplaire , qui est maintenant en très mauvais état. La femelle m'est inconnue; ïl ANNALES j'ai seulement un individu de ce sexe qui ressemble au mâle du Spi- ricornis par les couleurs et par la taille; feu de Cristofori me l'a donné sous le nom de FesjjaPallasii, Kxug. Je le crois de la Dalmatie. Je ne connais pas bien les Odynères oviventris et elegans de M. Vesm., et je n'ai pas vu son reniformis. Les individus d'Egypte que j'avais rapportés à cette espèce , Ann. de la Soc. cnt. y t. VII , p. 504 , en diffèrent spécifiquement par l'absence de l'éperon aux mandibules, et par les palpes jaunes : les hanches intermédiaires sont toutefois épi- neuses, et les cuisses de la môme paire sont simples. Cet Odynère inédit pourra porter le nom de coxalis. Les nouvelles espèces de M. Dufour , ses Odyn. Reaumurii , consobrimis , cognalus et rubicola, me sont également inconnues. En examinant attentivement tous les exemplaires de ma collection , je n'en ai trouvé aucun qui répondît exactement aux descriptions de l'auteur. M.Duponchel donne communication de la description d'une nouvelle espèce de Teigne, par M. Boyer, de Fons- Golombe. Le même Membre dépose aussi sur le bureau la description d'une nouvelle espèce de Grocallis, par M. Donzelle, de Lyon. Membres reçus. — M. Robineau-Desvoidy, présenté par M. Pierret; M. Crépu, présenté par M. Démary. (Séance du 6 novembre 1839.) Présidence de M. Rambur. Ouvrages offerts. — Mémoires de la Société de physi- que et d'histoire naturelle de Genève, in-4, 1859 ; offerts par la Société. Les deux dernières parties de la monographie des Tra- chydérides, famille des Longicornes , par M. Dupont, in-8, 1859; offert par l'auteur. Transactions de la Société entomologique de Londres, deuxième et troisième partie du second volume, in-8, 1859; offert par la Société. [)!•: LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xu Symbohead monographiam Staphylinorum scripsit, Alexandcr Nordmannus, in-4, 1857; offert par l'auteur. Catalogue descriptif des insectes du nord de l'Amé- rique, appartenant au genre sphinx de Linné, et qui se trouvent daus le cabinet de M. Harris, in-8. — Remar- ques sur le Scarabœus Gotiathus , et autres espèces qui ont du rapport avec lui , par M. Harris, in-8; offerts par l'auteur. Bulletin de la Société agricole et industrielle du dé- partement du Lot, N" 7, iu-8., juillet 1859; offert par la Société. Correspondance. M. Feislhamel adresse à la Société la notice nécrologique sur Picart, qu'il a lue dans la séance du 4 septembre 1859. M. Léon Dufour envoie à la Société un travail ayant pour titre -.Mémoire sur les insectes Hyménoptères qui nichent dans l'intérieur des tiges sèches de la ronce, dont il est l'auteur conjointement avec M. Perris. Communications. M. Amyot fait remarquer que, dans les deux derniers numéros des transactions de la Société entomologique de Londres, il est question de différents procédés pour la destruction des insectes ; un prix même a été fondé dans ce but, par cette Société. M. Dejean prend alors la parole pour faire observer qu'il ne croit pas qu'il existe un moyeu direct de détruire les insectes , mais ce iléau, dit-il, trouve quelquefois son remède dans l'excès môme du mal ; à ce sujet, il cite un fait fort curieux, dont il a été témoin dans le département du Gers. Une vaste forêt de ce pays , composée essentiel- lement de chênes, était ravagée par les chenilles du Boni- xLir ANNALES hix dispar- leur nombre était si considérable, qu'elles couvraient littéralement les arbres, de telle sorte, qu'en peu de temps, ils furent eutièrement dépouillés de leurs feuilles, et semblaient sortir de la saison des frimas; mais cette disparition des feuilles ayant eu lieu avant que les chenilles eussent atteint leur complet développe- ment, elles descendirent des arbres, couvrirent les che- mins, et ne tardèrent pas à périr faute d'une nourriture suffisante pour arriver au temps de leur métamorphose ; cette destruction fut si complète, que, l'année suivante, on n'en aperçut pas une seule. M. Démary présente à la Société un individu vivant du Calosoina auropunclatum, insecte fort rare des environs de Paris; il lui a été donné par M. Pierret. Ce Coléoptère, pris au mois de juin, a été placé dans une boîte avec d'autres individus de son espèce et appartenant à des sexes différents ; mais il a constamment refusé de s'ac- coupler $ c'est probablement à cette circonstance qu'il faut attribuer cette persistance si grande de la vie , chez un insecte où elle est ordinairement si courte. M. Pierret prend la parole au sujet des communica- tions suivantes : « La Société, dit-il , m'a fait l'honneur d'insérer dans ses Annales diverses notices que je lui ai présentées sur des Lépidoptères que je croyais nouveaux. L'expérience m'a démontré depuis que plusieurs de ces Lépidoptères n'étaient que des variétés d'espèces déjà connues; telle est, par exemple , une Hadena que j'avais publiée , avec défiance il est vrai, sous le nom de H. Lalenai. Je reconnais aujourd'hui que cette Hadena n'est autre que la Dentina des montagnes, plus grande et plus intense que celle des plaines. Un nombre considérable d'in- dividus, recueillis cette année par mon père dans la vallée de Cha- mouny, et parmi lesquels j'ai trouvé plusieurs variétés intermédiaires, m'ont entièrement confirmé dans l'opinion que je viens d'énoncer. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xlui Toi est encore un Polyomate d'Alger que j'ai décrit, aussi avec dé- fiance, sous le nom d'slbencerragus; cet Argus n'est certainement qu'une variété locale de notre Hylas, peu différente du Panoptes d'Hùbiier. Bien que j'aie déclaré que je regardais comme très contes- table la légitimité de ces deux espèces, je n'aurais pas dû les publier, même sous la forme du doute, puisque MM. Boisduval et Rameur , entomologistes d'un mérite bien supérieur au mien, et dont j'aurais dû écouter les avis , s'étaient prononcés d'une manière absolue contre l'opportunité de ces publications. Je citerai encore une Gortyna, que j'ai dédiée à feu Borel , qui l'a découverte le premier dans les environs de Paris. La comparaison que j'ai fiite des individus qui babitent cette localité avec ceux qui ont été trouvés près de Constantinople par les fils de M. Kindermann, et auxquels M. Treitsclike a donné le nom de G. Lunata, m'a claire- ment démontré que la G. Lunata et la Borelii n'étaient qu'une seule et même espèce. Les différences qu'on y remarque ne consistent que dans la taille, qui est plus grande, et dans la couleur des ailes, qui est plus intense cliez la Lunata que dans la Borelii, ce qu'on doit at- tribuer uniquement à l'influence du climat. Je puis être , du reste, en quelque sorte excusé d'avoir publié la Borelii , puisqu'à l'époque de cette publication aucune collection de Paris ne possédait la G. Lu- nata ; c'est à peine même si l'on pouvait avoir connaissance de la description, alors toute récente, de M. Treistcbke, qui peut revendi- quer, à juste titre, la priorité du nom. M. Boisduval a dit qu'il rap- portait la G. Borelii à la Flavago; mais je crois que la Borelii, pour être la même que la Lunata, n'en doit pas moins constituer une es- pèce distincte de la Flavago. Je suis beaucoup moins excusable d'avoir publié sous le nom de Desillii une variété de YAgrotis Bipœ, qui ne diffère du type ordi- naire que parce que le dessin et la couleur sont plus tranebés. M. Bot- tin-Desilles vient de m'envoyer trois individus de l'Agrotis, que je lui ai dédié, beaucoup moins colorés que ceux que j'ai fait figurer dans les Annales; ces individus ne diffèrent en rien des Agrolis Bipœ de la collection de M. Boisduval. C'est un devoir pour moi de rendre hommage au tact sûr et profond de ce dernier, qui a reconnu à la pre- mière inspection que ma Desillii n'était qu'une variété de la Bipœ. M. Pierret termine ses observations, en invitant le Secrétaire à vouloir bien insérer au bulletin des Annales, la rectification de ces erreurs, afin qu'elles puissent ser- xliv ANNALES vir d'exemples à ces nombreux auteurs de descriptions isolées, qui, sous le prétexte de rendre service à ta science, ne font que l'embarrasser davantage, eu aug- mentant !a confusion qui règne dans la synonymie. Lecture d'un mémoire de M. Goureau, ayant pour titre :' Observations détachées , pour servir à l'histoire de quel- ques insectes. (Séance du 20 novembre 1859.) Présidence de M. Boisduval. Ouvrages offerts. — Recueil des travaux botaniques d'Upsal, pour l'année 1856 5 in-8, 1858. Recueil de frag ments de Physique et de Chimie, in-8, 1857. Recueil de mémoires technologiques de l'Académie royale de Stockolm , in-8, 1857. Annuaire de l'Académie royale de Stockolm, pour l'année 1857, iu-8^ offerts par l'Aca- démie. Communications. — M. Doumerc présente à la Société une larve se nourrissant de la pulpe des châtaignes , et qu'il croit appartenir à une teigne; il fait remarquer que ce fait vient à l'appui de celui qu'il a communiqué dans la séance du 4 septembre 1859, où il a exprimé l'o- pinion qu'en général, les larves de ces Lépidoptères se nourrissent de la pulpe des fruits et presque jamais des feuilles. M. le baron d'Hombres-Firmas envoie à la Société plu- sieurs individus appartenant à la Locusta ephippiger, et occasionnant sur les mûriers les dégâts qu'il a signalés dans une notice, lue dans la séance du 4 septembre 185i); ces insectes , mis sous les veux de !a Société, sont recon DE LA SOCIETE ENTOMOLOG1QUE nlv nus pour appartenir à l'espèce désignée par M. d'Hom- bres-Firmas. Le même Membre communique quelques larves et chrysalides appartenant à des insectes , qu'il signale comme attaquant les cocons et dévorant les œufs de vers- à-soie.Ces insectes, que l'on nomme vulgairement Teignes utJmo en languedocien, appartiennent au Dermestes lardarius. Lecture d'un mémoire de MM. Léon Dufour et Perris . ayant pour titre : Mémoire sur les Insectes Hyménop- tères qui nichent dans l'intérieur des tiges sèches de la ronce. Membre reçu. — M. Colin, avocat, directeur du Muséum d'Histoire naturelle d'Arras , présenté par M. Pi erre t. (Séance du 4 décembre 1839.) Présidence de M. Rambur. Ouvrages offerts. Tableau de l'aile supérieure des Hy- ménoptères, par M. de Romand, in-4o, 1859 ; offert par l'auteur. Calodromus genus e familia curculionidum adunbra- tum et descriptum, par M. Boheman, in-8, 1857; offert par l'auteur. Remarques sur la cochenille du nopal , par M. Au douin, in-4, 1859 j offert par l'auteur. Description des espèces nouvelles ou peu connues d< la famille des Cicindelètes, faisant partie de la collection xl vi ANNALES du muséum, par MM. Audouiu et Brullé; offert par M. Audouiu. Communications. M. Audouiu rappelle qu'à la der- nière séance, M. d'Hombres-Firniasa envoyé à la Société plusieurs insectes qui attaquent les œufs et les cocons de vers à soie ; il a eu, dit-il, dernièrement l'occasion de constater les pertes immenses qu'ils occasionnent dans cette industrie; mais il s'est assuré qu'ils ne s'attachent qu'aux cocons morts, qui deviennent ensuite impropres à la filature et sont entièrement perdus. Le même membre présente aussi quelques considéra- tions sur la cochenille du nopal, relativement à la no- lice qu'il a offerte à la Société. Ainsi il déclare que c'est à M. Berthelot qu'il doit les faits et renseignements communiqués à l'une des dernières séances de l'académie des Sciences , faits recueillis par ce zélé voyageurpendant un long séjour aux îles Canaries. M. Berthelot est le pre- mier qui ait essayé d'introduire la cochenille dans ces Iles ; l'insouciance et la mollesse habituelle des habitants lui opposèrent d'abord les plus grands obstacles. Voyant que, dès les premiers moments , ils n'obtenaient pas de riches produits, ils abandonnèrent bientôt cette cul- ture; mais deux ans après, leur étonnement fut grand, lorsqu'ils s'aperçurent que tous les nopals étaient couverts de ces insectes; et ils occasionnèrent tant de dé- gâts sur les fruits de ces cactus, dont la figue sert de nour- riture à la plus grande partie des habitants pauvres, qu'ils voulurent les détruire. Quelques habitants seuls songèrent à tirer parti de cet incident, et en firent l'objet d'une industrie lucrative, qui prend toutes les années plus de développement, car on a estimé la valeur des pro- duits à plus de 0,000 livres pour Tannée 1856. DE LA SOCÎKTÉ ENT0MOL0GIQUE. xlvh M. Audouin ajoute qu'il s'occupe d'observer ces in- sectes dans les serres du Muséum et qu'il a demandé des renseignements au Mexique sur les insectes nuisibles à la cochenille. Cet entomologiste présente encore quelques considé- rations au sujet d'une nouvelle espèce de Sitaris décrite par M. Pecchioli, de Pise, et qui doit être publiée dans les annales de la Société. Dans un voyagequ'il a fait récem- ment en Italie, il a eu l'occasion de voir M. Pecchioli ; cet entomologiste a bien voulu le conduire dans la localité où il a trouvé le Sitaris Solieri^ celle-ci, située près de Pise, contenait un grand nombre de romarins. Ces végé- taux, au moment où ces entomologistes les observèrent, étaient couverts d'œufs tout à fait semblables à ceux du Sitaris humeralis; ils étaient enveloppés d'une matière blanche, glulineuse, et en voie d'éclosion ; cependant ils n'observèrent pas d'Antophores dans le voisinage et ne pouvaient ainsi se rendre compte des moyens par lesquels ces larves prenaient leur accroissement. Mais ils appri- rent bientôt qu'il existait dans des lieux voisins un grand nombre de ruches, infestées d'insectes destructeurs, que M. Audouin crut devoir regarder comme apparte- nant aux larves des Sitaris. M. Audouin observa encore dans une rue de Pise un grand nombre de ces Coléoptères, et comme il n'exis- tait , soit sur le sol, soit contre le mur des maisons aucun nidd'Antophore , il ne savait comment se rendre compte de la présence de ces insectes, lorsqu'il s'aperçut qu'aux poutres quisoutiennentlatoitureélaientappendus des nids d'Hyménoptères; il supposa alors que ces Si- taris avaient vécu à l'état de larve dansLces nids, et étaient tombés sur le sol après leur éclosion. m.vi;i ANNALES M. Rambur rappelle à ce sujet qu'il a trouvé aux envi- rons de Perpignan un grand nombre de Sitaris, en les cherchant dans des trous d'Hyménoptères, creusés dans des terrains arides et exposés au nord plutôt qu'au midi. Dans son voyage en Italie, M. Audouin croit encore avoir observé un fait très vulgaire, et connu sans doute d'un grand nombre d'Entomologistes ,mais qui , à sacon- naissance, n'a encore été consigné nulle part ; c'est, dit-il, que les Cétoines, pendant le vol, liennent leurs élytres termes , ce qui n'a pas lieu dans le plus grand nombre des Coléoptères. Plusieurs Membres reconnaissent l'exacti- tude de celte observation, mais M. Ilambur déclare qu'il l'a vue consignée dans plusieurs ouvrages, sans que ce- pendant il les ait assez présents à la mémoire pour pou- voir les indiquer. M. Audouin fait aussi part à la Société d'une nouvelle acquisition que le Muséum d'histoire naturelle vient de faire en achetant la belle collection de Lépidoptères exotiques, appartenant à M. Lacordaire. Le Muséum est ;mssi sur le point, dit-il, d'acquérir la collection de Diptères de M. Meigenn , ainsi que le manuscrit du bel ouvrage sur les Diptères de l'Allemagne que ce savant entomologiste a publié. Ce manuscrit, que l'on doit au zèle éclairé de M. Macquart, est accompagne d'un atlas composé de plus de 299 planches. Il annonce aussi qu'il espère que la riche collection de Coléoptères de M. Dcjean viendra se joindre aux précé- dentes; des démarches ont été faites par l'administration du Muséum auprès du ministre, afin d'obtenir les fonds nécessaires, et sans les événements politiques, il est pro- bable que tout arrangement serait terminé. Enfin , dit en terminant M. Audouin, ces diverses acquisitions ren- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xï.ix (Iront les collections enlomologiques du Muséum, qu'il se plaît à désigner sous le nom de collection nationale, l'une des plus riches qui existe, et il mettra toujours le plus grand empressement à les communiquer aux en- tomologistes ou amateurs qui le désireraient. Lectures. — Le secrétaire donne lecture d'une note de M. Solier, envoyée par M. Serville, avec quelques expli- cations de ce dernier: la Société décide qu'elle sera insé- rée dans le Bulletin. KECTIFICATIONS IMPORTANTES A FAIRE AU MÉMOIRE SUR DEUX GENRES remarquables de Curculionites du Chili (page 6 de ce vol.). A l'époque où j'informai la Société que je venais de recevoir le ma- nuscrit du Mémoire de MM. Gay et Solier, pour être soumis à la com- mission de publication et, par suite, livré à l'impression dans nos annales, M. Chevrolat, d'après quelques doutes émis par lui sur la question de savoir si ces deux genres étaient bien réellement nou- veaux, en demanda la communication pour former sa conviction. La lecture du manuscrit lui confirma en partie ses doutes, et il adressa aux auteurs une note dans laquelle il motivait son opinion. J'envoyai celte note à M. Solier, qui, ayant reconnu la vérité de plusieurs de ces observations, apporta quelques modifications au premier travail. Malbeureusement j'étais à la campagne lorsqu'on se mita imprimer , et le Mémoire a paru tel que les auteurs l'avaient d'abord rédigé. Il convient donc de donner maintenant ces rectifications, puisque les circonstances ne m'ont pas permis de corriger le manuscrit primitif. Audinet-Serville. Je reconnais que M. Chevrolat a raison en rapportant le genre Eu- blepharus au Lophotus de M. Schonherr. La cause de cette erreur est duc à la place qu'occupe ce genre dans la Monographie de cet auteur : il le met dans ses Cléonid<:s, entre le genre Barynolus et le genre Mi- nyops; tandis qu'il me semble toujours qu'il doit faire partie des En timides de ce savant monographe. Il est vrai que les caractères de ces divisions, tirées plus de la longueur du rostre que de sa forme, parais sent un peu ambigus. Cependant les caractères « rostrwm hrei'iuscv- i. ANNALES lum, ciussissniUM , extrorsum valde incrassatum » conviennent mieux, ce me semble, au Lopholus que ceux assignés aux Clêonides: « Rostrum longiusculum , extrorsum sœpius SUBINCRASSATUM. » En effet, le rostre de ces insectes se rapproche plus par sa forme de ce- lui du genre Enlimus que de celui du genre Cleonus. Au reste, le Lopholus, Se H., se rapporte évidemment à notre deuxième division, à laquelle on pourrait conserver le nom de Lopholus, en nommant Eu- blepharus la première division (1). UEschschollzii doit se rapprocher du Germari, mais il en paraît distinct, à en juger par la description. Je ne connais point l'ouvrage de M. Hope; mais j'admets sa synonymie, et l'on peut substituerle nom spécifique de Nodipennis à celui de Rouleti. Je reconnais que le Curculio slrumosus, à en juger par la figure, ne doit pas appartenir en effet au genre Lopholus; c'est donc par erreur que je l'ai cité, et on ne doit laisser que le Leprosus , Oliv., ainsi que le pense M. Chevrotât. Je reconnais également la justesse de son observation relativement à l'identité du genre Rhycphenes de M. Schonherr avec notre genre Physolhorus (2). Le mémoire a été rédigé d'après le premier ouvrage de M. Schonherr, Disposilo methodica Curculionidum, où le genre Rhye- phenes ne figure pas, et ce n'est qu'après l'envoi du Mémoire que j'ai reçu les deux parties du tome IV du Gênera et species de ces insectes, et je ne songeais plus à ce mémoire, lorsque M. Serville me lit part des observations de M. Chevrolat. Si j'admets la justesse de la synony- mie indiquée par notre savant collègue, je crois encore que la forme remarquable des pattes et tarses antérieurs des mâles de ces insectes, forme qui annonce des habitudes toutes particulières, je crois, dis-je, que la forme de ces pattes doit placer ce genre près des Macromerus, et que l'ancien genre Pœcilma de Germar, auquel le genre Rhyephe- (ij D'après les justes observations de M. Chevrolnl , la deuxième division du genre que nous avions nommé EuHepharut, correspond au genre Lopholui , Scu., et nous adoptons ce nom pour elle, en conservant à la première division le nom d'Eubltpharin: ; mais nous pensons toujours que ces inseeles seraient mieux placés dans les Entimides. (Non à supprimer ensuite). Outre celte note et la suivante, on changerait le nom spécilique de UouUti en Ntdinipennis, Hoph , puisque celle espèce est déjà publiée ; et le nom de Bojeri en celui d'Inco». (s) D'après Ie9 ménie9 observations du même savant , et dont nous reconnaissons aussi toute l'exactitude, le genre que nous avion» nommé Phytotlwrus correspond au Rhytphenes, Scu., quoique cet auteur donne pour un de» caractères : Thorax LO.\«irjs(.rLrs, pont oculos iiaod lobai os, ce qui mb convient point entièrement à nos inseeles; mais nous pensons toujours que ce genre serait mieux I rès des Macromerus. One organisation si remarquable dans les pattes et les tarses antérieurs des mâles annonce des babitndes particulières, qui, selon nous, ont encore plus d'importance qu'un fscies souvent trompeur. Au teste, nous n'avions pas encore reçu lo quatrième volume de M. Sebonhrn loi, que noue Mémoire a éla lédigéel envoyé. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG1QUE. L i nés semble appartenir, forme un petit groupe très naturel. Je ne donne, au reste, à mon opinion que la valeur qu'elle mérite; mais je suis toujours porté à donner la préférence à un caractère qui annonce des mœurs particulières sur un faciès souvent trompeur. Je consens, sans aucun doute, aux changements proposés par M. Chevrolat dans les noms des genres et des espèces déjà décrite?; mais alors le préambule du Mémoire doit être entièrement modifié, et la distance où je me trouve de la capitale rend la chose si difficile, que je préfère retirer ce mémoire. Quant à l'offre obligeante de M. Che- vrolat de m'envoyer ses espèces et les extraits des ouvrages qui me sont inconnus, j'y suis très sensible, mais je ne puis l'accepter, n'é- tant ,pas autorisé à publier des insectes du voyage à M. Gay dans une monographie particulière, à laquelle d'ailleurs je ne puis me livrer actuellement. J'ajouterai encore que je ne me sens nullement propre à me faire iconographe, étant trop inhabile dessinateur pour aller promptement; je suis certain que chaque dessin d'espèce me coûterait un jour de travail, et encore qui sait si je rendrais bien à mon gré ce que mes yeux me feraient apercevoir? Ainsi le Mémoire rédigé en commun avec M. Gay restera comme il est, sauf les changements de synonymie indiqués avec justesse par M. Chevrolat, ou je le retire complètement,, mon but n'ayant été que d'assurer à mon collabora- teur et ami une partie de ses découvertes. J'ai indiqué précédemment à mon honorable ami M. Serville le moyen de rectifier par une note les erreurs de ce Mémoire. Sol ier. Marseille, le 12 août 1839. Lecture d'un mémoire de M. Perris , ayant pour litre : Observations sur les insectes qui habitent les galles de YUlex na?ius et du Papaver dubium. Après la lecture de ce mémoire, quelques membres expriment le désir que l'auteur envoie en communication les espèces qu'il dé- crit , afin que la Société puisse se convaincre qu'elles sont nouvelles. Le Président invile en conséquence le Secré- taire à écrire à M. Perris pour lui faire part de ce désir. Membres reçus. — M. Julien Desjardins, de l'Ile-de France, et M. Schmid , présentés par M. Audouin. vin. e un ANNALES (Séance du 18 décembre 1839.) Présidence de M. Rambur. Ouvrages offerts. — Essai sur une mélhode propre h faciliter la recherche et l'étude des larves des Lépidop- tères, par M. Blisson, in-8, 1839 ; offert par l'auteur. Diptères exotiques, nouveaux ou peu counus, par M. Macquart, tome I, deuxième partie, in-8, 1858; offerl par l'auteur. The entomological Magazine, n. 25, octobre 1838, in-8; offert par M. Walker. Monographia cbalciditum, by Francis Walker, in-8 , 1859; offert par l'auteur. Histoire naturelle et Iconographie des insectes Coléop- tères, parMM.de Laporte et Gory, livraisons 54 et 35, in-8, 1859; offert par les auteurs. Traité élémentaire d'Entomologie, par M. de Laporte,. in-12, 1859; offert par l'auteur» Notice sur un cas de renversement de la jambe , com- pliqué de brièveté, chez un Goléoptère, par M. Wesmaël, in-8; offert par l'auteur. Sur le gisement des insectes fossiles, et sur les services que l'étude de ces animaux peut fournir à la géologie, par M. Brullé, in-4, 1859 (Thèse pour le doctorat ès- sciences). Sur quelques points de la méthode en His- toire naturelle , et en particulier sur les limites du genre et de l'espèce , par M. Brullé (Thèse pour le doctorat ès- sciences). Offerts par l'auteur, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. mt Correspondance. — Lettre de M. Blisson , demandant la rectification d'une erreur qui s'est glissée dans le Bul- letin des deux derniers numéros, et relative au Théren- tome dont il est l'inventeur. Lettre de M. Léon Dufour, annonçant l'envoi d'un mé- moire sur les métamorphoses du Sienocarus inquisitor. Communications. — Le Secrétaire communique à la Société les insectes envoyés par M. Perris, et relatifs à son mémoire lu dans la séance du 4 décembre. Sur sa de- mande, ils sont renvoyés à l'examen d'une commission. Les Membres désignés par le Président pour faire partie de Cette commission , sont MM. Aube et Doumerc. Sur l'invitation du Président , il est ensuite donné lec- ture des articles 14 et 15 du règlement , qui ordonnent le renouvellement du bureau à la seconde séance de dé- cembre. En conséquence, la Société procède, parla voie du scrutin , à l'élection des Membres du Bureau ; les no- minations ont lieu dans l'ordre suivant i Président , M. le comte Dejean. Vice-Président , M. Boisduval. Secrétaire, M. Démary. Secrétaire- Adjoint y M. Pierret. Trésorier, M. Montandon. Archiviste, M. DuponcheL ADDITION AU REGLEMENT. Art. 52 bis. Les manuscrits de tous les mémoires qui seront im- primés dans les annales deviendront la propriété de la Société, et seront déposés aux archives. (Séance du 17 janvier 1858.) Art. 52 ter. Sous le mot manuscrit seront compris et le texte et les dessins, coloriés ou non. Néanmoins, si les auteurs désiraient retirer leurs dessins , la commission de publication est autorisée à leur en faire la remise, sauf l'approbation de la Société. (Séances des 19 fé- vrier et 4 mars 1840.) ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. tv MEMBRES DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Année 1839) HUITIÈME DE SA FONDATION. Nota. * indique les Membres fondateurs. Les noms en majuscules sont ceux des Membres honoraires. MM, 1837. Amiens , Professeur de Mathématiques à Augsbourg. 1834. Amyot , Avocat à Paris, rue Neuve-Saint-Roch, 24. 1836. ArnauI), Secrétaire de la Direction des Douanes et Ga- belles , à Chambéry. 1835. Asmuss, Bachelier en Philosophie , à Dorpat (Livonie). * Aube, Docteur en Médecine à Paris, rue de Ponthieu, 14. * Audouin, Membre de l'Institut et de la Légion-d'Hon^ neur, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, etc. ; au Muséum. LTI ANNALES B 1836. Badham, Docteur en Médecine, Associé du collège royal des Médecins de Londres ; à Paris , rue Basse du Rempart, 46. 1833. Barthélémy, Directeur du Muséum d'Histoire natu- relle de Marseille, à Marseille. 1833. Bassy (le Chevalier), à Milan (Lombardie). 1836. Beck, Docteur en Médecine , à Copenhague. 1835. Becker, Naturaliste, à Wiesbaden (Duché de Nassau). 1835. Berce, Graveur, à Paris, rue Saint-Honoré, 338,. 1837. Bernard-Deschamps, à Auxerre (Yonne). 1832. BLAINVILLE (Ducrotay de), Membre de l'Institut, Professeur à la Faculté des Sciences et au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, etc. j au Muséum. 1837. Blanchard, Attaché au Laboratoire d'Entomologie du Muséum d'Histoire naturelle de Paris , rue Saint- Jac- ques, 161. 1838. Blisson, propriétaire, au Mans (Maine-et-Loire). 1833. Blutel, Directeur des Douanes, à La Rochelle (Cha- rente-Inférieure). 1832 Bohemann, Lieutenant, etc., à Grenna et Anneberg (Suède). * Boisduval , Docteur en Médecine , Membre de plu- sieurs Sociétés savantes, Chevalier de la Légion-d'Hon- neur; à Paris, rue de la Vieille-Estrapade, 15. 1836. Bottin-Desylles, avocat, à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche). 1836. Bouchard-Chantereaux, à Boulogne-sur-Mer. 1839. Boulard (Désiré), Attaché au Laboratoire d'Entomolo- gie du Muséum d'Histoire naturelle de Paris*, rue du Jardin-du-Roi, 9. DL LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGJQUE. lmi 1835. Bourassé, Professeur d'Histoire naturelle au petit Sé- minaire de Tours (Indre-et-Loire). 1833. Boyer, Pharmacien, à Aix (Bouches-du-Rhône). 3 838. Brème (le Marquis de), à Paris , rue de Poitiers, 8. 1832 BRONGNIARD (Alexandre) , Membre de l'Institut, Professeur de Minéralogie au Muséum d'Histoire na- turelle de Paris, etc.; au Muséum. 1832. Bruguière, Négociant, à Nîmes (Gard). * Brullé, Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon, Chevalier de la Légion-d'Honneur et de Tordre grec du Sauveur, etc.; à Dijon. 1.832. Bugnion, Membre de la Société Helvétique des Scien- ces naturelles, etc.; à Lauzanne (Suisse). 1833. Buquet, Naturaliste, à Paris, rue Dauphine, 25. €.- 1838. Calloit, Pharmacien, à Châteaudun (Eure-et-Loir). 1834. Carlier, Professeur intérimaire d'Histoire naturelle à l'Université de Liège, Conservateur du Cabinet de Zoo- logie de cette ville, Membre de la Société d'Histoire naturelle de Liège et de la Société Philomatique d'Ath; à Liège. 1837. Carré (Paul-Dorothée), ancien Major du génie, Officier de la Légion-d'Honneur, Chevalier de Saint-Louis ; à Fontainebleau, place de l'Etape-au-Vin, 111. 1833. Cartier (Ali), à Morteau (Doubs). 1834. Chaudoir (le Baron Maximilien de), à Dorpat (Livonie). * Chaudouet , Avocat, à Paris, rue Neuve-Saint-Au- gustin, 18. * Chevrolat , Vérificateur à l'Administration de l"Oe- Iroi , membre de plusieurs Sociétés d'Hisloire natu- relle; à Paris, rue Fontaine-Saint-Georgcs, 25. txm ASNALËS 1833. Children (J.-G). Esq., Secrétaire de la Société royale et Président de la Société Entomologique de Londres. 1836. Christy (G.), Membre des Sociétés Linnéenne, Zoolo- gique et Entomologique de Londres , et de la Société Wernericnnc d'Edimbourg; à Londres. 1839. Colin, Avocat, à Arras, Directeur du Muséum d'His- toire naturelle de cette ville. 1832. Coulon, Membre de la Société Linnéenne du Calvados, et de la Société Helvétique des Sciences naturelles ; à Neufchâtel (Suisse). 1839. Crépu, Docteur en Médecine , Professeur de Botanique à la Faculté de Grenoble, Conservateur du Muséum d'Histoire naturelle de cette ville, à Grenoble. 1834. Curtis (John), Membre delà Société Linnéenne de Lon- dres, Membre honoraire des Sociétés d'Histoire naturelle d'Oxford, des Georgofili de Florence , etc.; à Londres. D. 1833. Dahlbom , Docteur en Philosophie, à Lund (Suède). 1836. Dardoin, Peseur du Commerce à Marseille, rue Pisan- con, 17. 1832. Daube, Pâtissier, à Montpellier (Hérault). 1834. Davis (A.-H.), Esq., Membre de la Société Entomolo- gique, de Londres. 1837. Dejean (le Comte), Lieutenant - général , Pair de France, etc.; à Paris, rue de l'Université , 17. 1839. Del a cour, Juge d'Instruction, à Beauvais (Seine-et- Oise). 1837. Démary, Docteur en Médecine, à Paris, rue Descar- tes, A4. 1839. Desjardlvs (Julien), Secrétaire de la Société d'Histoire naturelle de l'Île-de-France. DE LA SOCIETE ENfOMOLOGIQUE. ui 1838. Desmarest (Eugène) rue de l'École-de-Mèdecine, 18. 1833. Donzel, à Lyon, place Sainte-Claire, 1. 1834. Doubleday (E.), Membre de la Société Entomologiquc de Londres, à Londres. 1 833. Doue, Chevalier de la Légion-d'Honneur, Chef de bureau au Ministère de la Guerre; à Paris, rue Sainte-Anne, 64. * JQoumerc, Docteur en Médecine, Chevalier de la Lé- gion-d'Honneur; à Paris, rue Montholon, 18. 1838. Dreer (le Chevalier), Docteur en Médecine , à Friesta (Illyrie). 1834. Drewsen, Fabricant de Papiers, à Strcndsmôllcn , près Copenhague. 1832. DuBUS(le Chevalier), à Bruxelles. 1832. DUFOUR (Léon), Docteur en Médecine, Correspondant de l'Académie des Sciences et de l'Académie Royale de Médecine , Chevalier de la Légion-d'Honneur ; à Sainl-Severs (Landes). 1832. DUMÉRIL, Membre de l'Institut, Professeur au Mu- séum d'Histoire naturelle et à l'Ecole de Médecine de Paris, etc.; au Muséum. 1837. Dupin, Docteur en Médecine, à Ervy (Aube). * Duponchel , Membre des Sociétés d'Histoire natu- relle de Paris, des Georgofili de Florence, Chevalier de la Légion-d'Honneur; à Paris, rue de Sèvres, 45. 1832. Dupont, Naturaliste des Princes, à Paris, quai Saint- Michel, 25. E r 1836. Elisalde, Docteur en Médecine, à Cadix. 1832. Emy, ancien Capitaine d'Artillerie, Officier de la Légion- d'Honneur; à Rouvray (Côte-d'Or). 1833. Escher Zollikofer, Banquier, à Zurich (Suisse). j.x ANNALES F. 1837. Faldermann, Jardinier en chef de l'Empereur de Russie, à Saint-Pétersbourg. J833. Farhoeus, Chef de district des Douanes, Chevalier de l'Etoile polaire; à Gœthembourg (Suède). * Feisthamel (le Baron), Maréchal-de-Camp, Officier de la Légion-d'Honneur, Chevalier de Saint-Louis, Membre correspondant de l'Académie royale des Sciences et Arts de Barcelonne, etc.; à Paris, rue Vaugirard, 29. 1836. Fischer de Waldheim, Directeur du Muséum d'His- toire naturelle de Moscou, etc. 1837. Fol, Négociant, à Paris, rue de Cléry, 15. 1832. Fonscolombe (Boyerde), à Aix (Bouches-du-Rhône). 1838. Fridwalsky, Docteur en Médecine, à Pesth (Hongrie). G. 1839. Garnier, Bibliothécaire et Conservateur du Muséum, d'Histoire naturelle d'Amiens. 1833. Gay, à Paris. 1833. Gêné, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle de Turin (Piémont). 1832. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Membre de l'Institut , Professeur au Muséum d'Histoire naturelle et à la Fa- culté des Sciences de Paris, etc.; au Muséum. 1833. Germar, Professeur d'Histoire naturelle, à Halle. 1835. Gervais, Elève en Médecine, à Paris, rue Neuve-Sain t- Etienne, 5. * Godet, Membre de la Société Helvétique des Scien ces naturelles, à Neufchâtel fSuissc;. m: LA SOCIÉTÉ EMOMOLOGIQL'E. ix« * Gorv, Chevalier de l'Ordre royal de Saint-Ferdinand, Capitaine de Cavalerie ; à Paris , place de la Made- leine, 32 bis. 1835. Goureau, Chef de Bataillon du Génie, à Brest. 1833. Graells fils, Professeur de Zoologie au Muséum d'Histoire naturelle de Madrid. 1832. Graslin, Propriétaire, à Chàteau-du-Loir (Sarthe). 1 833. Gr avenhorst, Docteur en Philosophie, Conseiller privé de la Cour de Prusse, Professeur de Zoologie et Dircc- : teur du Musé Zoologique de l'fJniversité de Breslau (Silésie). 1837. Gréville, Botaniste, à Edimbourg (Ecosse). 1833. Grey, attaché au jardin d'Horticulture de S. M. l'Em- pereur de Bussie; à Bopsha, près Pétersbourg. 1836. Guéneau d'Aumont, ancien Élève de l'École Poly- technique, Officier au 9 e régiment d'Infanterie. 1832. Guénée, Avocat, à Châteaudun (Eure-et-Loir). 1835. Gutch, Docteur en Médecine, à Londres. 1836. Guyot, Docteur en Philosophie, Membre de la Société Helvétique des Sciences naturelles; à Paris, rue d'En- fer, 9. 1832. GYLLENHALL , Membre des Académies des Sciences. de Paris, Stockholm, Upsal , et de plusieurs Sociétés savantes, Commandant des Gardes, Chevalier de l'Or- dre royal de Vasa, etc.; à Hœberg, près Skara (Suède). H. 1833. Ha an (de), Docteur en Philosophie, Conservateur du Muséum d'Histoire naturelle de Leyde (Hollande). 1833. Hanson (S.), Esq., à Londres. 1833. Helfer, Docteur en Médecine et en Chirurgie, à Pra- gue (Bohême). 18:4. Hérétiex, Contrôleur des Contributions directes. ,.x,t ANNALES Membre du Conseil-Général du département du Lot; à Cahors (Lot). 1839. Hombres-Firmas (le Baron d'), Correspondant de l'Ins- titut, Membre de plusieurs Sociétés savantes, etc.; à Alais (Gard). 1833. Hope(Rev.-F.-W.), Vice-Président et Trésorier de la Société Entomologique de Londres. 1838. Horeau, Docteur en Médecine, à Alger. 183-2. HUMBOLDT (le Baron de), Membre des Académies Royales des Sciences de Paris et de Berlin, etc.; à Berlin. J. 1834. Jurine, à Genève (Suisse). 1838. Kay (James), à Redwales (Angleterre). 1832. KIRBY (W.), Président honoraire de la Société Ento- mologique et Membre de la Société Linnéenne de Lon- dres, Recteur de Barbam; etc., àBarham (Angleterre). 1832. KLUG, Docteur en Médecine, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Berlin, etc. 1835. Kollar, Conservateur du Muséum d'Histoire naturelle de Vienne (Autriche). 1836. Kunze, Professeur de Botanique à l'Université de Leip- sig. L. 1832. Lacordaire, Professeur de Zoologie et d'Anatomie comparée, à l'Université de Liège. 1837. Laferté-Senectaire (le Comte de), à Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire). DE LÀ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i.xiu 1839. La motte-Bar acé (le Vicomte de), au château du Coudray, près Chinon (Indre-et-Loire). 1838. Langlois-Longueville, Chevalier de la Légion- d'Honneur, Capitaine de la garde Municipale de Paris-, rue de Tournon, 10. * La porte (Comte de Castelnau), Auditeur au Conseil- d'État, Membre de plusieurs Sociétés savantes; à Paris, rue de l'Université, 67. 1836. Leconte, Négociant, au Havre (Seine-Inférieure). 1838. Lecorbeiller , Docteur en Médecine, à Meaulne (Allier). 1833. Lefebure de Cerisy, Ingénieur de la Marine, Officier de la Légion-d'Honneur ; à Toulon. * Lefebvre (Alexandre), Correspondant du Muséum d'Histoire naturelle de Paris , des Académies et So- ciétés savantes de Lille, Catane, Moscou, Barcelonne, Membre honoraire de la Société Entomologique de Londres, etc.-, à Paris, rue du Jardinet, 13. 1834. Lepaige , ancien Député, chevalier delà Légion-d'Hon- neur-, à Dornay (Yosges). * Le Pelletier de SainT-Fargeau (le Comte), Membre des Académies de Moscow et de Dijon , de la Société d'Histoire naturelle de Paris ; à Saint-Gcrmain- en-Laye ( Seine-et-Oise). 1837. Leprieur jeune, Pharmacien, à Dieuze (Meurthe). 1836. Loches ( le Comte de), Membre des Académies royales des Sciences et des Beaux-Arts , Président de la So- ciété Académique de Savoie j à Chambéry (Savoie). 1838. Lucas, Professeur d'Histoire naturelle, à Verdun (Eure). IXIV ANNALES 1832. Lucas, Membre de la Commission scientifique de l'Al- gérie , à Alger. 1837. Lucciani, Pharmacien, à Castel-Nuovo (Toscane). M. 1832. Macquart, Membre de plusieurs Sociétés savantes , à Lille (Nord). 1833. Mannerheim (le Comte de), Gouverneur de Wiborg, Chevalier de l'Ordre de Saint-Wladimir; à Wiborg ( Russie); 1835. Marc, Négociant, au Havre (Seine-Inférieure). 1832. Marchand, Propriétaire, à Chartres (Eure-et-Loir). 1835. Marseuil (de), Professeur d'Histoire naturelle, à Sainte-Croix-lès-Le-Mans ( Sarthe ). 1832. Meissonnier, Homme de lettres, à Hyères (Var). 1832. MellY (A.), Esq., Négociant, à Liverpool (Angleterre). 1 832. Merck , Fabricant de Poêles de faïence , Membre de la Société Linnéenne du département du Rhône, etc.; quai Sainte-Claire, a Lyon. 1834. Michel, Capitaine, en retraite à Toulon. * Milne Edwards, Membre de l'Institut, Docteur en Médecine, Chevalier de la Légion-d'Honneur, etc.; à Paris, rue Neuve-Saint-Etienne , 19. 1838. Montandon, Secrétaire du Conseil de l'administration des Postes, rue Neuve-des-Bons-Enfants, 25. 1833. Montault-Desilles, à Loudon (Tienne). 1835. Morisse, Membre de la Société Géologique de France, etc.; àGraville, près le Havre (Seine-Inférieure). DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGÏQUE. j.xy N. 1833. Newmann (E.), Esq., à Londres. 1833. Nodier (Charles), Membre de l'Institut, Bibliothécaire de l'Arsenal , Chevalier de la Légion -d'Honneur, etc.; à Paris (à l'Arsenal). 1833. Nybloeus, Chef de bureau au Collège de la Chambre, Greffier dans les Ordres du Roi ; à Stockholm (Suède), O. 1835. Ocskay (Baron de Ocsko), Chambellan de S, M. l'Em- pereur d'Autriche, Membre de l'Académie impériale et royale des Curieux de la Nature , de la Société impé- riale des Naturalistes de Moscow et de la Société En- tomologique de Londres 5 à OEdembourg (Hongrie). 1837. Olnhausen, Professeur de Chimie , à Augsbourg, 1837. Paccar d (Martin), Négociant, à Châlons-sar-Saône, rue d'Autun. 1831. Paris, Avoué, à Épernay (Marne). 1833. Passerin-I, Professeur agrégé de Zoologie au Muséum d'Histoire naturelle de Florence (Toscane). 1838. Payer, à Paris, rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice, 6. 1837. Pecchioli, à Pise (Toscane). 1833. Peirolerï (le Baron), Maître- Auditeur à la Cour de» Comptes de Turin (Piémont). 1838. Perris, Chef de bureau à la Préfecture de Mont-de- Marsan (Landes). 1837. Perrochel (le Comte de), au château de Saint-Aubin ( Sarthe ) , ou à Paris, quai Voltaire, 15. i.xvi ANNALES 1833. Pictet, Membre de l'Administration du Muséum d'His toire naturelle de Genève. 1833. Pierret, à Paris, rue Corneille, 3. * Poey, Avocat, à la Havane (Cuba). R. *R\mbur, Docteur en Médecine, à Paris, rue de la Clef, 11. 1834. Ramojv de la Sagra, à Paris, rue Chauveau-La- garde, 4. 1835. Reich, Docteur en Médecine , Professeur à l'Université et à l'Académie militaire de Berlin, Cbevalierdes Ordres de la Croix-de-Fer, de Saint-Wladimirel de la Légion- d'Honneur, Membre de plusieurs Académies et Sociétés savantes; à Berlin. * Reiche, à Paris, rue du Marché-Saint-Honoré , 4. 1835. Reichenbach, Conseiller de la Cour, Professeur et Di- recteur du Muséum d'Histoire naturelle du Roi de Saxe, Docteur en Philosophie et en Médecine; à Dresde (Saxe). 1835. Rein ha rt, Professeur de Zoologie à l'Université de Copenhague. 1832. Rippert, Propriétaire, à Pau (Basses-Pyrénées). 1839. Robiiveau-Desvoidy, Docteur en Médecine, à Saint- Sauveur ( Yonne). 1832. Robyns, à Bruxelles (Belgique). 1838. Rohmer, Professeur d'Histoire naturelle , à Layrac (Lot-et-Garonne). * Romand (le Comte de), Chevalier de la Légion-d'Hon- neur, à Tours (Loire). DE LA SOCIETE ENTOMOLOG1QUE. iavii S. 1833. Sahlberg, Docteur en Médecine, Professeur de l'Aca- démie impériale d'Alexandre, Chevalier de l'Ordre de Saint-Wladimir ; à Helsingfors (Suède). 1833. Saint-Florent (Domergue de), Propriétaire, à Yan- dœuvres, près Nancy (Meurthe). 1834. Sans (Mariano de), Secrétaire de la Section d'Histoire naturelle de l'Académie royale des Sciences et Arts de Barcelonne. 1835. Saunders, Londres. 1832. SAVIGNY, Membre de l'Institut, à Versailles (Seine-ol- Oise). 1839. Schmid. 1837. Schmidt, Docteur en Médecine, à Brème. 1835. Schoeffer (Herrich), Docteur en Médecine et en Chi- rurgie, à Ratisbonne (Bavière). 1832. Schoenherr, Conseiller de Commerce, Chevalier de l'Étoile Polaire; à Skara et Sparresœter (Suède). 1834. Selys-Longchamps (de), Membre de la Société des Sciences naturelles de Liège (Belgique). * Servi lle (Audinet), Membre de la Société Impériale des Naturalistes de Moscow; à Paris, rue de Buffaut, 21 (bis). 1832. Silbermann, Avocat, un des Directeurs du Muséum d'Histoire naturelle de Strasbourg (Bas-Rhin). 1833. Solier, Capitaine du Génie en retraite, à Marseille. 1834. Sommer, Membre de plusieurs Sociétés savantes , à Altona, près Hambourg. 1833. Spence (W.-B.), Secrétaire , pour l'Etranger, de la So- ciété Entomologique de Londres. 1834. Spence (R.-H.), fils du précédent, à Londres. / lxvih ANNALES 1835. Spinola (le Marquis Maximilien de), à Gênes (Piémont): T. * Theis (de), Consul de France à Leipsig, Membre de la Société des Sciences et Arts de Saint-Quentin. 1835. Treitschke, Membre de diverses Académies et Socié- tés savantes ; à Vienne (Autriche). 1838. Trobert, Docteur en Médecine, Chirurgien de pre- mière classe entretenu de la Marine , Membre corres- pondant de la Société Anatomique et du Cercle Médi- cal de Montpellier; à Brest, Grande-Rue , 35. IL 1839. Ungher, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 76. V- 1834. Villa (Antonio), à Milan (Lombardie). 1832. Villiers (de), Capitaine d'Infanterie, Membre corres- pondant de la Société Linnéenne de Paris; à Chartres (Eure-et-Loir). W. 1836. Waga (de), Professeur d'Histoire naturelle, à Varsovie. * WALCKNAER (le Baron), Membre de l'Institut, etc.; à Paris, rue Caumartin, 21. 1838. Wendenbach (Charles de), Docteur en Médecine > à Augsbourg. 1838. Wellenberg, Docteur en Médecine, à Leyde. 1834. Westermann, à Copenhague. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxix 1833. Westwood, Membre des Sociétés Linnéenne et Ento- mologique de Londres , d'Histoire naturelle de nie- Maurice, Linnéenne d'Edimbourg, etc.; à Londres. 1834. Wilson (J.), Esq., à Edimbourg (Ecosse). Z. '1834. Zanella, à Milan (Lombardie). 1833. Zetterstedt, Professeur de Zoologie, à Lund (Suède). MEMBRES DEMISSIONNAIRES. PENDANT L'ANNÉE 1839. mm. doyère. Contamine. Von-Geheur. VlLLARET (de). GlRALDÈS. Blondel DEPUIS LE 1 er JANVIER 1840. MM. Charles-Chevalier. Viard. Luczot. MEMBRES RAYÉS DE LA LISTE COMME AYANT REFUSÉ DE SATISFAIRE A LEURS ENGAGEMENTS. MM. Bavalan (le Marquis de), à Vannes (Morbihan). Bertrand, Chirurgien Aide-Major au 7 e Chasseurs à cheval. Lix ANNALES MM. Bocandé, au Sénégal. Boié, à Kiel (Danemarck). Boisrouvray (le Baron de) , à Chartres. Boulard, Docteur en Médecine, à Orléans. Brunet, Capitaine au 51e régiment de Ligne. Companyo, Docteur en Médecine, à Perpignan. Emond-d'Esclevin, Capitaine d'Artillerie de la Marine, à Toulon. HAMMERSCHMiDTS,Docteuren Droit, àVienne (Autriche). Hoeger, àMœdling (Autriche). IIoepfner, Juge au Tribunal d'Appel de Darsmstadt. Lanier, Ingénieur Géographe à la Havane. Leclerc, Docteur en Médecine, à Tours. Leplay, Propriétaire à Saint-Chaptes (Gard). Maravigna (Carmelo), Professeur de Chimie, à Catane (Sicile). Margarot, Propriétaire, à Nîmes (Gard). Mathieu, Docteur en Médecine, à Orléans. Mille, à Aix (Bouches-du-Rhône). Morineau, Lieutenant de Grenadiers au 8 e régiment de Ligne. Saporta (le Comte de), à Aix (Bouches-du-Rhône). Thion, Docteur en Médecine, à Orléans. Tricou, Docteur en Médecine, à la Nouvelle-Orléans. Zoubkoff, Secrétaire de la Société Impériale des Na^- turalistes de Moscow. Vinsot, Docteur en Médecine à Melun. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. lxxi MEMBRES REÇUS DEPUIS LE 1 er JANVIER 1810. MM. Montet de la Roche , Receveur des Contributions directes à Crucheray (Loir-et-Cher). Coppier, Professeur d'Histoire naturelle au Collège de Bonneville (Savoie). DauverGi\e, Propriétaire, à Passy (Seine). Haefeli, Docteur en Médecine, à Baltimore (Etats-Unis). Fol, Docteur en Médecine, à Vandœuvres (Suisse). ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxiu rvxvy^'W* v\%» TABLE DES MATIERES CONTENUES DANS CE VOLUME. acridiens (découverte de trois espèces nouvelles d'), par M. Fischer de Waldheim, xxiv, Agrotis (description d'une nouvelle espèce d'}, par M. Pier- ret. 95. Agrotis ripœ (remarques sur 1'), par M. Boisduval. iv. Agrotis ripœ (remarques sur 1'), par M. Pierret. XLin. Amblycheila (note sur le genre), et description d'une nouvelle espèce , par M. Reiche. 557. Annonces. 338. xxxm. lui. lxxxii. Boîtes à insectes (nouvelles), par M. Blomart. IX. Bombix dispar (observation sur les chenilles du), par M, le comte Dejean. xli. Bulletin entomologique. i. xix. xxxiv. Calosoma auropunctatum (observation sur le), par M. Dé- mary. xlii. Cétoines (remarque sur le vol des), par M. Audouin. xlviii. Cixioïdes (essai sur les), quatrième sous-famille des Fulgorites, par M, M. de Spinola. 311. Cochenille du Nopal (remarques sur la), par M. Audouin. xlvi. Communications, il. iv. vu. vin. IX. XI. xn. xvi. xix. XXIV. XXVII. XXXVI. XLI. XLIV. XLVI. LUI. Correspondance. I. ix. xi. xn. xiv. xxiv. xxvn. xli. lu. lxxiv ANNALES Çurculionites ( mémoire sur deux genres remarquables de ) du Chili , par MM. Gay et Solier. 5. Çurculionites (rectifications à faire au mémoire sur deux genres remarquables de) du Chili, par M. Solier. xlix. Décapodes brachyures ( observations sur un nouveau genre de crustacé de l'ordre des), par M. Lucas. 573. Derboïdes (essai sur les), deuxième sous-famille des Issites, par M. M. de Spinola. 377. Diptères ( notice sur quelques nouveaux ), par M. Perris. 47. Dycliophoroïdes ( essai sur les), troisième sous-famille des Ful- riles, par M. M. de Spinola. 283. Errata. 338. lxxix. Flatoïdes (essai sur les), troisième sous-famille des Issites, par M. M. de Spinola. 387. Fulgorelles (essai sur les), par M. M. de Spinola. 133. Fulgorelles (explication des planches de l'essai sur les), par M. M. de Spinola. 450. Fulgoroïdes (essai sur les), première sous-famille des Fulgo- rites , par M. M. de Spinola. 206. Gay ( nouvelles de M.), voyageur naturaliste, au Chili, par M. Solier. m. xxxn. Gortyna Borelii (remarques sur la), par M. Pierret. xliii. Nadena latenai (remarques sur F), par M. Pierret. XLii. Insectes (observations détachées pour servir à l'histoire de quel- ques), par M. Goureau. 531. Issoïdes (essai sur les), première, sous-famille des Issites, par M. M. de Spinola. 341. Lectures, n. vi. vu. vm. x. xn. xiv. xvn. xx. xxv. XXIX. XXXVII. XLIV. XLV. XLIX. LI. Lépidoptère (notice sur une nouvelle espèce de) appartenant au genre Papilio, par M. Lucas. 91. Lépidoptères (réponse au second mémoire de M. Duponchol DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i.xxv sur la manière d'établir une bonne elassification dans Tordre des), par M. Guénée. 99. Lépidoptères ( lettre à M. Duponeliel , relative au rôle que doi- vent jouer les chenilles dans la classification des), par M. La- cordaire. 695. Lépidoptère fossile (dessin d'un), par M. Boyer de Fons-Co- lonibe. vu. Lépidoptère fossile (rapport sur le dessin d'un), par M. Bois- duval. xi. Lépidoptère fossile (empreinte d'un), par M. de Saporta. xvi. Liste des membres de la Société, lv. Locusta ephippiger (observations sur les mœurs de la), par M. le baron d'Hombres-Firmas. xxx. Locustes ( annonce d'un travail sur les espèces aptères de ), par M. Fischer de Waldheim. xxiv. Lonchœa parvicornis et la Teremyia laticornis (mémoire sur la), par M. Perris. 29. Longicornes (note sur la famille des), et description d'un genre nouveau , par M. Reiche. 563. Mae-Leay (observations sur un travail de M.), par M. Lucas. 117, Macrodontia ( note monographique sur le genre), par M. Gory. 124. Macrophthalmus (observations sur une nouvelle espèce de crus- tacé fossile appartenant au genre), par M. Lucas. 567. Maille (notice nécrologique sur M. Arsenne), par M. Serville. 603. Membres reçus, n. xn. xvm. XL. xlv. li. Musca pumilionis (observations sur la larve de la), par M. Au- douin. xiii. Noctuélides (essai sur la classification des), par M. Guénée. 473. Nomia diversipes (notice sur la) , par M. Léon Dufour. 583. f.xxvi ANNALES Odynerus ( observations sur les espèces liguriennes du genre), par M. M. de Spinola. xxxvn. Opbthalmieus (description d'une nouvelle espèce d 1 ), par M. Waga. 523. Ouvrages offerts, i. il. vit. vm. IX. XI. xn. XIV. xix. XXIII. XXVI, XXXV. XL. XLIV. XLV. LU. Papilio Delessertii (remarques sur le), par M. Guérin Méne- ville. xxxvi. Picart ( notice nécrologique sur), naturaliste correspondant du Muséum royal de Paris, par M. le baron Feistbamel. 587. Platicerus caraboïdes (observations sur le), par M. Boulard (Désiré). XXII. Plusia rnya (découverte de la) dans la vallée de Chamouny, par M. Pierret. xxix. Polyomatus abencerragus (remarques sur le) , par M. Pierret. XLIII. Polydrusus oblongus (observations sur le), par M. Waga. vm. Pyrales (remarque sur la poussière écailleuse qui recouvre les ailes des), par M. Audouin. m. Pyrale (remarque sur le pénis de la), par M. Audouin. IV. Pyralis ribeana (observations sur la larve delà), par M. Dou- merc. xxvin. Scolopendrella notacantha (remarques sur la), par M. Ger- vais. xxxvi. Sitaris (description d'une nouvelle espèce de ), par M. Pecchioli. 527. Sitaris Solieri( observations sur le), par M. Audouin. xlvii. Société Entomologique ( formation d'une), à Stettin. xxvn, Species des Hydrocanthares et des Gyriniens (réflexions cri- tiques sur le), de M. le docteur Aube, par un amateur mem- bre de la Société Entomologique de France. 67. Sphinx cretica (note sur le), par M. Bugnion. 113. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i.xxvu Sphinx nerii (observations sur le), par M. Pierret. ix. Sphinx à tête de mort ( compte rendu des expériences faites par plusieurs membres de la société, à l'effet de découvrir l'organe du cri dans le) , par M. Duponchel. 59. Sternocera chrys is (remarque sur les larves du ) , par M. Gué- rin Méneville. xxxvi. Sybistroma Dufourii (observations sur le), par M. Léon Du- four. 129. Syphonella (notice sur une nouvelle espèce de) , par M. Pcrris. 39. Teigne (observation sur une larve de), par M. Doumerc. xliv. Thérenthome (modifications apportées au) de M. Blisson, par M. Aube. x. Xenillus clypeator (mémoire sur le), coléoptère nouveau, par M. Robineau Desvoidy. 455. Xenillus clypeator (rapport sur le mémoire ayant pour titre : Mémoire sur le), par M. Démary. 463. Xenillus clypeator (discussion sur un mémoire ayant pour titre : Mémoire sur le), xx. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxix ERRATA ET ADDENDA DU TOME VIII. MEMOIRES. Page 61, ligne 20, au lieu de : or le bruit, etc., lisez : or le cri, etc. 61, 23, au lieu de /avec des bruxelles, lisez : avec des brucelles. 62, 25, au lieu de : car, si comme il dit, c'est le mouve- ment des insectes, lisez : car si, comme il le dit, c'est le mouvement des ailes. 63, 23, au lieu de : à cet organe, lisez : à cet usage. 63, 24, après cette phrase : et la suite de nos expériences prouva en effet qu'il avait raison, ajoutez ces mots : car les ayant continuées, etc. 74, 15, au lieu de : méridionale, lisez : nord-ouest. 77, 19, au lieu de: Hurris, lisez :Harris. 78, 3, au lieu de : Norfolkland, lisez : Norfolsund. 79, 15, au lieu de .-Zoubkost, lisez ••Zoubkoft. 86, 20, au lieu de : Dinentes, lisez : Dineutes. 87, 21, au lieu de : Murinus, lisez .-Marinus. 88, 28, au lieu de : Schoenherr, lisez : Schoenherri. 88, 51 , au lieu de : Gageticus, lisez : Gangeticus. 89, 9, au lieu de : Semilunatus, lisez : Semilanatus. 89, 90, au lieu de : Dinentes, lisez partout : Dineutes. 139, 17, au lieu de.* in tabulum, lisez : in tubulum. 140, 5, au lieu de : Densa, lisez : Dense. 140, 29, au lieu de ; percussus, lisez : per cursus. 1 41 , 26, 27, au lieu de : et combien de doutes et de pénibles re- cherches que je me serais épargnées , lisez : et combien de doutes et de pénibles recherches je me serais épargnés. 145, 1 , au lieu de : Glata, lisez : Flata. 145, 20, au lieu de : Aphana, lisez : Aphaena. 145, 21 , au lieu de : Cumallia, lisez : Eumallia. i.x. vx ANNALES Pag. 155, 12, ou lieu de : contre le reste, lisez : contre le rostre. 165, 27 etsniv., au lieu de : et si l'exercice de cette fonc- pas direcment lion ne dépendait de cette étrange conformation , lisez : et si l'exercice de cette fonction ne dépendait pas directement de cette étrange conformation. 172, lig.5et suiv., au lieu de : du mésothorax, lisez : du mé- tathorax. 17!>, 8, au lieu de : dans l'hypothèse permise, lisez : dans l'hypothèse prémise. ]X(i, 1, au lieu de : toutes les pièces attiques, lisez : toutes les pièces attigues. 191, 52, (en note) ati lieu de:Rhyngothes, lisez .-Rhynchota. 196, 21, 22, au lieu de : lors de l'ouverture, lisez : hors de l'ou- verture. 198, 4, au lieu de : sur le cervelet, lisez : sur le corselet. 201 , 16, au lieu de : Elydiptera, lisez /Elidiptera. 201 , 21 , au lieu de : Alycterodus, lisez : Mycterodus. 202, 5, au lieu de.-FuLGORiTES. Voyez ses caractères plus bas, 1, lisez .-Fulgorites. Voyez ses caractères plus haut, aux pages 156 et 157, et ses subdivi- sions plus bas, I. 202, 6, au Ziette/e/IssiTES. Voyez id. II, lisez : Issites. Voyez ses caractères plus haut, aux pages 157 et 158, et ses subdivisions, plus bas, II. 208, 18, au lieu de : discontinuée, lisez : discontinue. 214, 9, 10, au lieu de : comme dans le corselet, lisez : comme le corselet. 214, 17, au lieu de : cervelet, lisez : corselet. 214, 26, au lieu de : l'intérieur, lisez .•l'intérieure. 220, 15, au lieu de : plus mou, lisez : plus court. 226, 6, au lieu de : s'y plonge, lisez : s'y prolonge. 25 i, 10, au lieu de : le tube, lisez : le tube anal. 256, 26, au lieu de : Fabricius avait sans doute sous les yeux un individu bien prononcé, lisez : Fabricius avait sans doute sous les yeux un individu dans le- quel ce trait était bien prononcé. 210, 21 , au lieu de : face verticale, lisez : face frontale. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE lxxxi Pag. 244, 10, H, au lieu de : Les deux autres inféro- latérales se dé- tachent des deux arèles qui séparent les trois facettes, lisez : les deux autres inférô-latéraux sont les prolongements des deux arêtes qui sé- parent les trois facettes. 247, 1 1 , au lieu de : l'antérieur, lisez : l'antérieure. 270, lign. 5, au lieu de: division en trois faces, lisez : division en trois facettes. 281, 7, au lieu de : le ventre, lisez : le centre. 281, 20, au lieu de : et plutôt antérieur, lisez : et plutôt anté- rieur que supérieur. 281 , 21, au lieu de : les faces, lisez : les faces latérales. 288, 5 et 4, au lieu de : bord. Antérieur arrondi, six échancrures post, oculaires peu rentrantes, lisez : bord anté- rieur, arrondi : échancrures post-oculaires, peu rentrantes. 296, 5, au lieu de : M. Cigliani, lisez : M. Ghiliani. 500, 25, au lieu de : les facettes antérieures, lisez : les fa- cettes extérieures. 501 , 4, au lieu de : Pseudophana, lisez : Dyctiophora. 508, 5, au lieu de : en dessus, lisez : en dessous. 511 , 6, au lieu de : arêtes du mésothorax, bordées, anneaux du ventre, tachetés de la même couleur, lisez : arêtes du mésothorax bordées, anneaux du ven- tre tachetés, de la même couleur. 515, 50, au lieu de : après avoir été touchées et réunies, lisez : après s'être rejointes et réunies. 517, 18, au lieu de : six échancrures, lisez : échancrures. BULLETIN. IV 17, au lieu de : Agrotis Europae, lisez : Agrotis Ripa?. x, 20, au lieu de : bois blanc, lisez : bois de nover. ANNONCES. FAUNE ENTOMOLOGIQUE DE L'ANDALOUSIE; par M. Rambur, Docteur-Médecin. Chaque livraison contient 5 planches et 5 feuilles de texte. La quatrième livraison, comprenant une partie des Lépidoptères, est en vente chez Arthus-Bertrand. Prix de chaque livraison : 6 fr. GENERA ET INDEX METHODICUS, LEPIDOPTERORUM EUROP/EORUM; auctore Boisduval. Chez Roret, rue Haute-Feuille, 40 bis. A vendre, par suite du décès de M. Th. Roger, l'ou- vrage complet jusqu'à ce jour d'Hi;Bi\ER, sur les Pa- pillons et les Chenilles d'Europe. S'adresser à M. Boisduval, chez lequel il est déposé. MONOGRAPHIE DES TRACHYDÉRIDES; par M. Du- pont. Formant un volume in-8 de 60 pages , accompagné de 70 planches coloriées. La dernière partie vient de paraître. Chez Arlhus-Bertrand, rue Haute-Feuille, 25. GENERA ET SPECIES STAPHYLINORUM; auctore Guil. F. Ericusojn. Un vol. in-8, chez Morin, li- braire-éditeur, à Berlin. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 7 août 1839. AVIS. La Société croit devoir à tous ses membres quelques explications au sujet des mutations qui se sont récem- ment opérées dans la composition de son bureau. M. Brullé, secrétaire, ayant été nommé professeur à la faculté des sciences de Dijon , la Société a dû pour- voir à son remplacement. Dans la séance du 5 juin 1859, M. le docteur Démary a été proclamé secrétaire. M. Aube, trésorier, que des affaires de famille ont forcé presque dans le même temps de s'absenter de Paris, s'est vu obligé de renoncer à remplir des fonctions qui exigent une résidence continuelle. La démission de M. Aube ayant été acceptée par la Société, dans la séance du 20 mars , M. Montandon , secrétaire du con- seil des postes, a été élu trésorier dans celle du 3 avril 1839. Dès leur entrée en fonctions, ces nouveaux titulaires se sont empressés de s'entendre avec la commission de publication , afin de régler l'ordre des mémoires qui de- a vaient entrer dans la composition des Annales de 1839. La Société a décidé , conformément à l'avis des membres de cette commission , que les deux premiers numéros, qui paraissent ordinairement l'un après l'autre, et à trois mois d'intervalle, seraient réunis en un seul volume, afin de compenser, par une publication plus rapide, le retard inusité qu'a éprouvé celle des deux derniers tri- mestres de 1838. La cause de ce retard ne doit point être imputée, du reste, à l'ancienne commission de publica- tion, qui a redoublé de zèle et d'activité, malgré l'absence fréquente du dernier secrétaire, mais bien à certains membres, débiteurs de cotisations arriérées, et qui, sourds aux avis réitérés du trésorier, ont négligé de remplir les engagements d'honneur qu'ils avaient con- tractés avec la Société. Celle-ci, qui avait dû naturellement compter sur la rentrée intégrale des cotisations de ses membres, a mieux aimé suspendre momentanément ses publications, que de s'exposer à compromettre ses inté- rêts et ceux de son éditeur , en prélevant sur un exercice futur les sommes destinées à payer ses dépenses actuelles. Cette suspension se serait prolongée longtemps encore , si, dans la séance du 3 avril 1859, plusieurs membres n'avaient proposé, d'un mouvement spontané, de com- bler, à l'aide d'une contribution volontaire, le déficit de la caisse. Cette proposition ayant été mise aux voix par le président, a été adoptée à l'unanimité. En consé- quence , une liste de souscription a été ouverte 5 et elle a été remplie , non seulement par tous les membres pré- sents à la séance , mais encore par une partie de ceux en résidence à Paris qui n'y assistaient pas, ainsi que par plusieurs membres étrangers qui, depuis, se sont em- pressés de s'associer à la pensée de leurs collègues. La Société prononcera incessamment la radiation des membres qui n'ont pas exécuté les engagements qu'ils avaient contractés envers elle, et elle se propose de pu- blier la liste de ces retranchements. Avant tout, elle doit remercier les membres qui re- cevront ce double numéro de l'empressement qu'ils ont toujours mis à lui envoyer chaque année le montant de leur cotisation. L'avenir de la Société, l'avancement de la science dont elle s'occupe, reposent sur leur fidélité. La Société remercie également les entomologistes qui lui ont adressé leurs travaux. Elle recommande à ses membres de lui faire part de toutes les observations qu'ils seraient à même de recueillir; elle engage aussi toutes les personnes qui feraient imprimer leurs publications en dehors des Annales, à lui envoyer un exemplaire de leurs ouvrages. Le secrétaire en fera une analyse suc- cincte dans la séance qui suivra celle où ils auront été offerts , et il en sera fait mention au procès-verbal. L'administration a pris des mesures efficaces pour faire parvenir exactement à tous ses membres les nu- méros des Annales-, elle s'assurera, au moyen d'un con- trôle journalier , si ces numéros sont arrivés à leur des- tination. C'est ici le lieu de rappeler une délibération qui a été prise par la Société, dans la séance du 5 décembre 1838, à l'effet de séparer les attributions du secrétaire de celles du trésorier, confondues jusqu'alors. En vertu de cette délibération, le secrétaire reste chargé de la correspon- dance scientifique 5 c'est à lui seul que les membres de la Société doivent adresser leurs mémoires, ainsi que les communications qui intéressent la science. La perception des cotisations, la réponse aux réclamations des membres qui n'auraient pas reçu les numéros auxquels ils ont droit, toute la correspondance administrative enfin , est eonûée au trésorier. La Société a cru devoir faire suivre le présent avis du texte de son règlement, qu'elle vient de faire réimpri- mer avec les modifications qui résultent de plusieurs délibérations prises par elle depuis sa fondation. RÈGLEMENT HE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. CHAPITRE PREMIER. Formation de la Société. Article 1 er . La Société est. constituée sous le titre de Société ento- tnologique de France. Art. 2. Son objet est de concourir aux progrès de l'entomologie . Art. 5. Elle s'occupe de tout ce qui concerne l'histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes. Art. 4. Le nombre des membres de la Société est illimité. Les Français et les Étrangers peuvent également en faire partie. Art. 5. Tout membre français ou étranger paie une cotisation annuelle de vingt-quatre francs. Il reçoit immédiatement son diplôme, et successivement toutes les publications faites par la Société, à par tir du premier trimestre de l'année de sa réception. Art. 6. Les membres domiciliés dans les départements et à l'é- tranger, ajouteront à cette cotisation une somme de deux francs, pour frais de port sur le territoire français. Art. 7. Pour être reçu membre de la Société, il faut être présenté par un membre résident. Le bureau, sur cette présentation, nomme une commission pour faire un rapport sur le candidat. Quand le rap- port est fait, la Société prononce au scrutin secret, et à la majorité, à la séance suivante. A cet effet, les membres résidants sont convoqués par lettres. b Art. 8. La Société choisit des membres honoraires parmi les sa- Aanls qui auront illustré la science. Leur nombre ne pourra jamais dépasser celui de douze, dont deux tiers français et un tiers étrangers. Ils ne sont astreints à aucune cotisation, et reçoivent les diverses pu- blications de la Société. Lorsqu'il y a lieu à la nomination d'un mem- bre honoraire, le président désigne une commission de cinq membres, qui présente, à la séance suivante, un rapport et une liste de candidats. Art. 9. Tout membre résidant, ou non résidant, a droit d'assister aux séances et de prendre part aux délibérations. Art. 10. La Société publie un recueil périodique de ses travaux, sous le titre de : annales de la Société entomologique de France, qu'elle envoie à tous ses membres en échange de leur cotisation (1). CHAPITRE II. Du Bureau et de l'Administration de la Société. Art. 11. L'administration de la Société est confiée à un bureau. Art. 12. Le bureau est choisi parmi les membres résidants , élu au scrutin secret , et à la majorité absolue. Si , après deux tours de scrutin , il n'y a pas eu de majorité absolue , il sera procédé à un (1) Extrait du traité avec MM. Fitois-Iievrault et Cie. Les Annales de chaque année se composeront de quarante feuilles d'impression, et de seize planches in-8, dont huit seront coloriées. M. Pitois s'engage, moyennant une indemnité qui lui est accordée par la Société , à supporter tous les frais de corrections et remanie- ments qu'entraîneront l'impression des mémoires et la gravure des planches. Les auteurs des mémoires dont se composeront les Annales de la Société pourront, s'ils en font la demande avant l'impression, obtenir un tirage à part de dix à vingt exemplaires, aux conditions ci-après, savoir : pour chaque feuille de texte , il sera payé cinq centimes ; pour chaque planche en noir, dix centimes; pour chaque planche coloriée , trente-cinq centimes. Si quelque auteur désirait un plus grand nombre d'exemplaires, il en traiterait de gré à gré avec l'éditeur. scrutin de ballutage entre les deux membres qui auront obtenu le plus de voix. 11 se compose de six fonctionnaires , savoir : 1° Un président; 2° Un vice-président ; 3° Un secrétaire ; 4° Un secrétaire-adjoint; 5° Un trésorier ; 6° Un archiviste. Art. 13. La Société pourra nommer un président honoraire. Art. 14. Le bureau est renouvelé tous les ans à la seconde séance émary, Rue Descaries , 44. TRÉSORIER , M. Montandon , Rue Neuve-des-Bons-Fnfants, 25, V1CE-PRÉS1DE.NT, m. Doue, Rue Sainte- Anne, 64. SECRÉTAIRE-ADJOINT. M. Fierret, Rue Corneille, 3. ARCHIVISTE, M. Duponchel, Rue de Sèvres , 4">. SEANCES PENDANT L'ANNÉE 183», nuitième de sa fondation. / J { Janvier. 3 Juillet. ' 20 > F ^ vrj er. < 90 Mars. MERCREDIS 1 , [ / 17 | A -<" f 1 Mai. 7 i * Août. Septembre LES MERCREDIS 2 I G 20 Octobre. Novembre. Décembre. \ 5 .Juin. LES SEANCES ONT LIEU A SEPT HEURES DU SOIR Rue d'Anjou-Dauphine , 6., à Paris. TABLE DES MATIERES Contenues dans ces deux Livraisons. Mémoire sur deux genres remarquables de Curculionites du Chili; par MM. Gay et Solier. S Mémoire sur la Lonchœa parvicornis (Maigen), et la Teremyia la- ticornis (Macquart) ; par M. Perris 29 Notice sur une nouvelle espèce de Syphonella (Macquart); par M. Perris 59 Notice sur quelques Diptères nouveaux ; par M. Perris 47 Compte rendu des expériences faites chez M. Dlponchel par plusieurs membres de la Société , à l'effet de découvrir l'organe du cri dans le-Sphinx à tète de mort: par M. Duponchel. . . 59 Réflexions critiques sur le Species des Hydrocanthares et des Gy- riniens, de M. le docteur Auré , par un amateur, membre de la Société entomologique de France G7 Notice sur une nouvelle espèce de Lépidoptère appartenant au genre Papilio; par M. H. Lucas 91 Description d'une nouvelle espècedu genre ^rofts (Treistchk]; par M. Pierret 9o Réponse au second mémoire de M. Dlponchel sur la manière d'établir une bonne classification dans l'ordre des Lépidoptères; par M. Glénée 99 Note sur le Sphinx Cretica; par M. Bugmon 115 Observations sur un travail de M. Mac-Leay; par M. IL Lucas . 117 Note monographique sur le genre Macrodontia; par M. Gory. . 124 Observations sur le Sybistroma Dufourii , Macq ; par M. Léon Dufour 129 Essai sur les Fulgorelles ; par M. Maximilien Spinola 155 Annonces 338 Errata 538 Bulletin entomologique , - i